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Full text of "Bibliographie de la France (1877) Part 2"

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ANALYTIQUE 



DES MATIERES 



DE LA CHRONIQUE DU JOURNAL 



Annee 1877 



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L*€ cfciffre* renroient aux paget de la ChroniOoi 



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Bibliographic. — Curiosites bibliographiques sur 
Paris, 6. 

— L© Catalogue de la bibliothequc de la prefecture de 
police, 11. 

— Don fait a la bihliotheque du Conservatoire de 
musique, par M. Schaslcher, senateur, 19. 

— Publication a Londres d'un fac-simile de la pre- 
miere ealition du Paradis perdu, de Millon, 20. 

— Decision du ministre de Tinstructioii publiquo 
prescrivant le numerot'ge ct le foliotage dcs ma- 
nuscrits de cinque bibliothequc publique, 22. 

— Vente de la bibliotheque de Jules Janin, 26. 

— Vente de livres, CO. 

— • La Collection d'estampes et de dessina de M. Am- 
broise Firmin-Didot, 61. 

— Don fait par le sullan a I'Universite de Pesth, de 
35 ouvrages provenant de la Corvina, 75 

— Projet d'un con^res general des bibliotln'caires 
anglais, 92. 

— Rnppr.rt sur lcs Archives nationales pendant 1'ann^e 
1875, 101. 

— I,es Manuscrits franca's conserves a la bibliothequc 
imperialc de Saint-Petcrsboiir^, 1 09. 

— Publication des rnonographies d'edificcs antiques 
conservees a l'Kcnle de* Btiaux-Arts, 111. 

— La liibliollp'que nationals en 187(J, 115, 110,122, 
r;,5, 135, 1U, 14(>, 151. 

— Congres international des hibliothecaires a Londres, 
122, 173. 

Cercle de la Librairie, de rimprimerie et 
de la Papeterie. — • P> oces-vcrbtiur, du Cottseil 
d'atfrnttiistrntton^W, 29,49, G9,85, 101,105,122, 
137, 157, 181, 193, 213. 

— As>cmb!ee ^vneralo aimuelle, 33. 

— Soiree du 10 mars, 48. 

— Ouvr.'iges om.rts, 70, 100, 10'., 110, 128, 140, 192, 
216. 

— As-emblee genomic du 5 juillet. Modification do 
Parliete 5 dcs slatuts; augmentation du taux dcs 
colisalions en vuc de la consiruclion d'un h6tel du 
Cercle, 113. 

— L'Annuairo de la Librairie pour 1878, 185. 

Chroniquc. Table 1877. 



— Construction de l'immeuble destine au Cercle de 
la Librairie. Constitution d'une societe c. vile, 198, 
201- 

Documents commerciaux. — Propositions de 

reforme postale, 14. 

— Prnjet de loi d'un nouvcau tarif des douanes, 57. 

— Communications poslales avec Consiantinople; 
modifications, 73. 

— Tarif nouveau des correspondances a destination 
<\w Japon, 89. 

— Reglctncni du service d^s correspondances par le 
paqucbot de Genes a Alexandrie, 98. 

— Ouverture du bureau de douanes d'Avricourt a 
1'importatiou et au transit de la librairie venant de 
1'etrang-er, 101 . 

— Nouvcau tarif des correspondances a destination 
de 1'empire du Bresil et de rememble des colonies 
portugaises, 10G. 

— Documents do l'administration des douanes. Ex- 
portation*, 125, 1i1, 189, 213. 

— Convention de poste enire la France et TUruguay, 
189. 

— Cnrrespoudanoe avec les Etats-Unis par la voie 
d'An-leterre, 209. 

— Livres et photographies a destination des Etats- 
Unis, 209. 

Documents officiels. — Circulaire du chef du 
service de la pr.-sse aux directours de journaux, 
coiu-c.rnaut le deputde deux exeinplaires exig6 par 
la loi, 1 . 

' — Happnrt p-eVcnte a M. In Pre ident de la H6pu- 
blitjiit', jvu M. Dunns, president d«; la Commission 
supersonic dti iravnil des enf.ints et des lilies ini- 
ricun'S employes dans Tin lu-trie, 17. 

— C'rcul.iirc du ministre de l'mLerieur aux prefets, 
relative au cnlpmta^o et a la vente tlecrits et 
joumaux sur la voie publique, 93. 

— At ret 1 '! du ministre de rin-lruc'ion publique, des 
culles et <b-s beaux-arts, con<-eniaut l'emploi de la 
photogiaphie dans les elabLiss'-mcnls scentifiqueK 
et littcraires dependant do ce departoment, 97. 



CHRONIQUE. 



— Kapport deM, !e barea de Watteville sur le meme 
sujet, 158. 

Exposition de 1878. — Institul ion d'un comite 

consultatif du contcntieuT pre* du commissariat 

general, 3. 
Arr6t6 du niinistrc des travaux publics concer- 

nant le tarif a appliquer sur le? chem»ng de fer au 

transport des produits destines a Fexposition, 3. 
Exposition hbtorique de Part ancien. Liste des 

membres coroposant la 5° section du comite d'ad- 

mission, 9- 
Prorogation du delai pour la presentation des de- 

mandes d'admission, 9. 

— Tirculaire de M. Krantz, commissaire ge'ne'ral de 
PExposition, a PefFet de slimuler les exposants de 
province, 09. 

— Reunion de la Commifsion superieure des exposi- 
tions Internationales, 113- 

— RcnsHgncmcnls ^ur le systeme des entr6es sur le 
catalogue, etc., 11 4. 

— Reglement des recompenses, 137. 

— Circnlaire adressee aux rectenrs par le ministre fie 
l'instruction publiqne et des Heaux-Arls, a Pcflet 
d'organiser dans le Pa'ais de Imposition une bi- 
bliotht" quo com|'Os£o des ouvnges pub ies par des 
professeurs, dcpnis 18G7 jusqu'a- 1878, 153. 

— Lettre sur le meme ol>jet adres<-ce par le Directeur 
des sciences et leltres au president du Cercle de la 
Librairie, 169- 

— M^moire ndresse" par M. A T can aine a M. Krantz, 
tendant a Porg<-)nisa'inn d'une exposition lypogra- 
phique dans les gtleries du Trocadero, 16*9. 

— Circulaire do la Chambrc de commerce do Paris, 
202. 

Exposition de Philadelphia — Liste des cx- 
posauts franc, ais (imprimerie, librairie, gravurc), 5* 

Imprimerie. — Rapport, fait dins la seance du 9 fo 
vrier au Senat, au notn de la commission charge*c 
d'examiner la pioposiiion de loi de MM. Taillefer et 
Houssard, tendant a la nomination d'uno commis- 
sion de nenf membres charges de statuer sur les 
consequences du de'crtt du 10 septembrc 1S70, a 
Petard des imprimeurs, par M. Maleos, tdnateur, 
30, 39. 

— Discussion de cc rapport, 41, 46. 

— Rapport de M. Herault an nom de la commission 
chat gee d'examincr la petition de la Chnmbre des 
imprimeurs de Paris, relative; aux tendances in- 
dustrielles de PImpiimeric nationalc, 49. 

— Constitution du bureau de la Chambrc des impri- 
meurs typographes pour 1877, fit. 

— Constitution du bureau de la Chambrc des impri- 
meurs en taille-douce pour 1877-78. 

Jurisprudence. — Statist ique du tribunal de com 
merce pour Pannee 1K7G, 10. 

— Tribunal civil de la Se ne. — Rend de Pott t- Jest et 
Jules Verne et Hetzcl, 15. 

— Tribunal civil de la Seine. — I/Agence drs litte- 
rateurs ronlre la Sociole des gens de lettre«. — 
Concurrence, 21. 

— (linir tl'appcl de Rotirn- — Timbre mobile. — Mo- 
dification de la date. — Nouvel emploi, 25. 

— - Tribunal de commerce de It Seine. — Annonces. 
— Mode de compute. — ivgnes reeiles et ligno- 
melr<>, 32. 

— Tribunal de commerce de la Seine. — Les corres- 
poixlances poliliques publn cs dans un journal res- 
tent la propriele de Pauh ur de ces com spojidances. 
En consequence, le journal qui les a publices n'a 



paB le droit dren cSder la reproduction k d'autres 
journaux sans Pautorisation de Paul ear, 45. 

-*- Gour de Paris. — L'article 425 du Code pSnal ne' 
pcfut s'appliquer qu'A Fimprim^ur ediieur qui, au 
m^pris de to propri£l6 des auteurs, aurait imprim£ 
leurs ouvrages sans leur permission. 

La violation, de la part de.F6diteur, des conven- 
tions failes entre lui et Pauteur ne peut donner 
naissance qu'a une action en dommages-int6rets et 
non a une action en contrefaenn. 

Le fait sent d'avoir trouve chez P6diteur des 
cxemplaires non rev^tus de la signature de Pauteur, 
et cela au mepris de la convention, ne suffit pas 
pour les faire comid^rer com me contrefaits ) lors- 
qu'il n'est pas positiyemeut • etabli qu'ils appar- 
tiennent a un tiryge fait en ftraude des droits de 
Paul en r, 58. 

— Conseild'Klat, afTairedu Bulletin des communes, 85. 

— Tribunal correctionnel de la Seine. - — Cession de 
propriete des ccuvresde Pradier. — Lois post^rieures 
tixant le droit privatif de I'auleur. — Les b£ritiers 
Pradier contre Su^se. — Fixation des dommages- 
it.tei^ts. 141. 

— Cour d'a; pel de Dijon. — Colportapre et distribu- 
tion. — Complicity. — Loi dn 29 decembre 1875. 

La complicity prevue par Particle 9. de la loi du 
29 de*cemlne 1875, nVxi>te-t cUc qu'a P(5p:ard de 
celui qui a connu Pille^alitd du fail de distribution 
auquel il s'est associA 9 (N< n i6solu.) 

Dans tous les cas : l'erreur de droit ne saurait, en 
pareil cas_, ctre cousid^roe comme justificative, 77. 

— Cour d'appel de Toulouse (cb-imbre correct.) — 
Cub orlayc. — Vcnte de journaux. — Librairie 
fictive. 

La loi du 27 juillet 1849 (art. 0) s'^tend a tous 
ceux qui se livrent a une distribution quelconque 
dYcrits, meme acciden'ellcment ct dans leur domi- 
cile. L'arL 3 de la loi du 29 decembre 1875 n'a pas 
abroge" Part. (; de la loi du 27 juillrt 1849. Le d6- 
cret <lu 10 F' i ptemljro 1870, qui a rendu libra les 
profe.-sions d'imprimeur et de libriiie, ne ^anrait 
av»,ir [>our efT^t de fa ire considerer corn me libra ire 
lout individu ayant fait la declaration prescrile par 
Part. 2. 

En consequence, il faut pratiquer r6cllement 
Pindustiie d*i libr.ire pour b6neficier de l'exception 
a. la regU p;^nerale qui soutuct tout dislributeur k 
Pautoiisation administrative, 149. 

— Tribunal correciionnel de Cnsrres. - — 'Manifesto aux 
t'decteurs. — Periode electorale. — Imprimeur. — 
Itefus de dtSfifU. — Condamnation. 

La publi'-aiion pans dt^pot pre-dablo d'un mani- 
fe?te adiesst^ aux electeus constiiue, meme pen- 
dant la pcriode Electorale, Pinfiadion prevue et 
punie p-ir les articles 14 el 16 de la loi du 21 oc- 
tobre 1S14- 

Les Iranchifes e iirtees par Particle 3 de la loi du 
30 novembie 187:> n'ont pas eu pour objet d'exo- 
nerer Pimprirneur des obligations a lui imposees 
par la loi de-J814. 177. 

— Tiibunal correciionnel d'Auxerre. — Mise en vente 
de bvres t.t lirocburcs sans autorisation. — -Librairie 
fictive. — Condamnation. 193. 



Librairie. — Loi Miii>se du 23 decembre 1875 sur 
le colport^ge, 1. 

— Avis a MM. les libraires d6taillnn!s, concernant la 
ventedes livrcs d'<jtrennes dans les maga^ns de 
nouveautes, 30. 

— Pmlr^t.tion 0'e li'eurs, (Pimprimeurp, de relieurs, 
( tc, americ tins, contre uua proposition introduite 
au Connies dc Washington, a PefTet dabolir len 
droits d'entre« sur Jes livres, 48, 52. 

— Projet forme par la Cbambre des libraires, k 
Leipzig, de pubher une bistone generate du com- 



CHRONIQUE. 



merce de la librairie en Allemagne, depuis son 
origine, 79. 

— At»« aux librnireft deiaillantB pour la venle des 
IWre* d'6trennes, 185. 

— Du d^.pdt des oenvres musicales, 21 4. 

N6crologie. — N^crologie de 1876, 7. 

— Georges R.irba, 11. 

— Guil'aume-Simon Ricbault, 24. 

— J.-C. Oerriey, 28. 

— J.-G. Fick, 56. 

— A. Parent, 64. 

— J.-C. d'Fscrivan, 64, 68. 

— Jules Pelalain, 117, 161. 

— P.-M. Asselin, 156. 

— William Longman, 160. 

— Abel Pilon, 176, 181- 

— L. Labure, 176, 181. 

— M mc A. Firmin-Didot, 204. 

Nominations dans la L6giond'honneur. — 
E.-R. Fouret, 65. 

— H. Oumont, 160. 

— E. Plon, 174. 

Papeterie. — Dtscret relatif a 1'exemption de 
Pimpolsurle papier pour lesjournaux officials, 14. 

— Assemblde gdnerale annuelle des fabricants de 
papier de France, 81, 94. 

— La fabiicaliondu papier au Japon, 82, 87. 

Propri^te Iitt^raire. — Carte de Petat- major; 
reproduction; droit de propriete litt^raire an proiit 
de PEtat, 91. 

— Titre d'un journal; condition de la priority de la 
propriety, 91- 

— Cour d'appel de Paris (1™ ch). — Propri6tA litte- 
raire. — Surcession de M. Michelct. — Attribution 
des produiis des ceuvres de M. Micbelet. — Droits 
de la femme. — Droits de collaboration. 

La propiiete litt^raire consiste dans le droit ex- 
clusif pour les auteurs de vendre, fairo vendre et 
distrihuer leurs ouvrapes ; quant aux benefices 
pecuniaircs qui peuvent re^ulter de leur exploit a- 
tion,i!s doivent etre ranges dans la clause des fruits 
et revenus. En consequence, U fernme maiiee sous 
le regime sans communaute* rfa pas droit aux re- 
prises des sommes prorenant de la cession d\eu~ 
vres par elles composees en collaboration avec son 
mari, qui seul les percott comme fruits, aux termes 



de Particle 1530 du Code cWil, pendant le ma- 
nage, 99. 

— Cour d'appel de Paris. - — Propriete" lilteraire. — 
Droits d'auteur. ■ — Enfant* et petits-erjfants. — 
I^gataires de Pun d'e.ux» — Assimilation. — Loi 
de 1854. — Loi del866. — Augmentation de la 
duree de ces droits, 

be lcSgataire univernel de Pun des enfants d'un 
auteur d'ouvrages litterairc?, pieces de theatre, 
Merits politique*, etc., jouit des avantages attache's 
a la piopriete* de ces neuvres, en concurrence avec 
les au (res enfants de c t auteur ou les enfants de 
ceux-ei et pendant tout le temps qu'ils ont droit 
d'en jouir. 186. 

— Cour do cassation (Chambre des requMes). — 
Propriete litteraire. — Droits d'anteurs. — Con- 
vention. — Intemion des parties. — Appreciation 
son\erainc — n. acte. — Interpretation. — Legis- 
lation contemporaine. — in. Lois de 1854 et de 
1866. — Prolongation des delais de jouissance. — 
R-n£ficiaires de la mesure. — iv. Termes des con- 
trats. — Pouvo'tr d'interptetntion des juges du fait. 
— (Harb-i-Degorce-Cadot), 197, 501. 



Vari£t6s. — Les Souvenirs de la rue St-Jacques,24. 

— Seance publiqne annuelle de l'Academio des 
sciences morales et pobtiques, 54. 

-- line Riblu. thwjue municipale en Amerique, 54. 

- Rapport de M. Wallon snr les travaux de PAca- 
demie d< s Insei ij.tions et Pelles-Pettres, 58. 

Le Depot de la (inrrre, 65. 
-■■ La Dotation des Ribliothcqucs aux Etats-Ums, (j(\. 
■■ La Typogiapbie a Venise, 66, 71. 
-■ Seance annuelle de PAcademic des Sciences, 70. 
~. Le 4 mc centenaite de William Caxton, 70, 123, 

126, 131. 
-■ - I/lnslruclion pi imaire a Paris, 74. 

— LTJnion des ftbrieants pour 1 1 protection inter- 
na Lionale de la i ropriete industrielle ct artisliqm- 
est. de'claree d'utilile puldique, 89. 

- Les Journaux en Chine, 103. 

— - Pn I.ivrc seandalenx en Angleierre, 110. 

Seance publiqne annuelle de 1'Aeadcmie fran- 
chise, 129, 13:1, 142, 145, 150, 154. 
L'Lxposition CaUonienne, 166, 175, 178. 

— La I)i>tribution d(^ Prix a Pirnprimcric Chaix, 194. 
— - Seance pubiiquc annuelle de 1'Aeadcmie de? 1ns- 

c:iptions et Rulles-Lettres, 206. 
■ - La Stenochromie, 211. 

— Elections an Tribunal de commerce, 214. 



FTN UK LA TABLE I)K LA CHHONIQUK 



PAHIS. — mrillMEKIK PII.LET KT DUMOUI.IN, HUB I»ES CttANDS-AUCUSTINS, 5. 



JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE 



DEUX1KME SERIE. TOME XXI. ANNEE 1X77. 



II" PARTIE. CHUONICHW-:. 






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V*,**'' 






C *>*.- ■ '■'['■■■ . : '■ J'.'-'C' 



.>" ' s. ;, 



Le Journal g&neral do la Librairie et de rimpnmerie a 6t6 cr66 par 
d6cret imperial du H octobre 1841. — La premiere S6rie de ce journal 
forme 45 vol. in-8° 3 de l'Annee 1811 a l'Ann&e 1856. — La seconde 
S6rie se compose des Armees 1857, 1858, 1859, 1800,1861,1862,1863, 
1861, 1865,1866,1867,1868, I860, 1870,1871, 1872, 1873, 1874, 1875, 
1876 ci 1877. 



I'unu. - Impriiuerie Villkt et Dumoulin, !>, rue ilea Grauda- Auguetia*. 



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JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPRIMERIE 



KT 



DE LA LIBRAIRIE. 

fili^ StiRIE. TOME XXI. ANNEE 4877. 




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'■< /DEUXIIiME PARTI E 



CURONIOUE 




PARIS 



AU GERCLE DE L'IMPRIMERIE. DE LA LIBRAIRIE ET DE LA PAPETERIE 

RUB BONAI'ARTB KT OUAI MALAOUAIS. 

1S77 



66" Ann6a. 2« S6rie. 



N» 1. 



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6 Janvier 1OT7. 

hi . i [i r ; '■■ 1-- ■■ li ' " i "nin 1 ' r t 



GHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



\)K !/[MPKlME1UE ET DE L\ UWUllUE. 



Varis, au Cerrlt 1 de la Lfljrairic, A\> riiiipriaierie *>[ ik U i J a|M'lerit\ nir lUnaprlr, 1. 



SoUMAlftEni^McWM^^* -offiQtefo. — - h&fislntUm Mmwjvre. — )Sxpo-utio?i tie 1S1B. — /'>n7* dh^ts, 
, 'wt* VT"' a - >. V elites publiq'uw . 




*V.\ 



^■■.fc ■ 









j 



Girculaire du chef du service de la presge 
aux directeiirs des journaux. 



Paris, le 27 deeenilire INdi. 

Monsieur le direeleur, 

l/firticlo 1 de la ioj du I 1 mai 1^(>8 vous im- 
pose ['obligation de rometlre deux exemplai- 
rcs do votre journal an iniuistere de Hute- 
rieur T « au moment du la publication », eYst- 
a-dire ;iu moment oil les premiers numeric 
sortent de 1'ifiiprinierio. Or il arrive sou vent 
que les nuunlros dti depo-t ne parviennent an 
minislere que fort iongtemps npres que !e 
juanial est en vente dans tous les kinsques. 

Ju vous serai oblige de prendre des mesuivs 
pour qu.'il il 'en suit plus ainst a J r avenir et que 
le depot dans nus bureaux ait lieu en jimmc 
temps que la juisij en vente. 

Vous trouverez d\iilb;nrs vons-meme df;a 
avauLa^es a cotlu observation de ];l loi. Li 
prompte lecture des jouniaux pent seiile, en 
eH'ftL, iieus dormer l«s niotens de lenirfi. voire 
disposition, dans les debus utiles, Jes renstii- 
tfiieinenis et rectifications que la presse pent 
desir&r recueillir. 

Veuiljc/ a^reer, Monsieur le direct en r> J'as- 
MJianeede ma consideration la plus disttn^uee, 

Lr r.kef du sr.rvir.L' d<\ la pn s\sr, 
J . Massuaul. 



Legislation etrangere. 

(*nssi-: t t:AX'ivj\' uk vaii]>. ; 

ofll tht 23 di'.crVihi'f 18""i 5i/r 7f ajlpOrhtyt'K 
(Analyst" |i;tr M. il. Alpy, substStnl Jin trihuti&l 

Art. i a ;i. [Soni. Uitins Je^ sl; jjourvoir 
d'une patente j^uur exercer lour Industrie ; 
1" Irs colporteurs eL Jes personnes qui lont du 
dt'-bidla^c ; 2" les artisans amliulants, — |*our 
I'fdileiiir, les I'equ^ranls sont terms de se pre- 
senter en peisunne an pre let et dti prudnire : 
mil! alteslalioii de domicile delivn'*e par la mu- 
nicipality, puur etMix qui sunt doiuicilles dans 
leCiintoii; des papiers de le^itiinatioii, pour 
i;t!ii.\ i[ii'i ac sunt pas doniieilies djuis in canton. 
— II Taut elm i'i«i'; d'au mains seize aas pour 
reecivnir one paten! o ; la feniine marine a be^ 
soin du cunsfnlemcnl. ccrit de son m^ri; b' 
inifieur, de son ]H':re on t.uteur, — La patente 
est personnel Je ; il n'esL pas perniis d'avoirdtes 
;ddes. — Les prnrluits du sol et les denrees 
al i men hi ires pmirnmt etre <^>ljiut i U's sans ya.>- 
Icnle.] 

^ '1. — UU COLl*OKTAGK. 

Art. li a 1(1. [list, eonsidere com nut colpor- 
teur eelui qui parcourt le jiays en offrant a 
vendro des jiiiutiiandises qu'il livre immediu- 
feinent. — La duree de la patente est d'mi 
niois ; Ut ju'ix en est fix£ a tO trancs, plus 

1. Kxh lit A^ VA'jttw/iifi' fii' hf t-f-tfixUititm etifw- 
ff/-ri\ |nilili& par la iriOcu\U\ fie I^Ki^lutifHi <:c>iiqiiir*V. 
(Paris, Jibrairit: i.l'A - dulilbu.j 



< ifti,uit/(tr t 1871^ 



W^^^^y<---- * ■-:■■•■ ;■ 



2 



CHRONIQUE. 



i franc de timbre; ce prix est reduit i\ 2 francs 
pour le colportage des instruments d'agrieul- 
ture. — Avant d'exercer son industrie dans 
une commune, le colporteur doit faire viser sa 
patente chaque jonr par le syndic ; il paye une 
finance de 20 centimes pour chaque visa. — 
La patente ne donne pas an colporteur le droit 
de penetrer dans les maisons; celui qui yentre 
sans le consentement du proprietaire, et refuse 
d'en sortir a premiere requisition, est passible 
des peines port6es aux articles i7 et 18, sans 
prejudice des dispositions du (lode penal sur 
la violation du domicile. Le colporteur no pent 
non plus exercer son industrie dans un ela- 
blissement public sans le consentement du pro- 
prietaire. — Le de'ballapje ou vente temporal re 
dans les hotels. ou maisons particulieres, par 
des personnes non domiciliees dans la com- 
mune, estassimile au eoIpor(a<*e et soumis a 
une patente de 30 francs par mois.] 



§3. 



DKS AHTISANS AMBULANTS 



Art. 11 a 14. [La paiente des artisans am- 
bulants ne peut etre accordee pour un terme 
plus long quo six mois. — Le prix en sera iixe 
par un tarif etabli par le Conseil d'Etat; il ne 
devra jamais depasser Hi francs. — Kn re^le 
generale, les patentes (Partisans n'autorisent 
pas leurs titulaires ;Y faire un commerce de 
vente et echange, meme des objets de leur 
profession. Avant de commencer 1'exercice de 
son industrie dans une commune, Partisan 
devra soumettre sa patenle au visa du syndic, 
moyennant une finance de^O centimes.] 

§ 4*. — dic l'ktalagk, 

Arf. 15 et 1I>. [L'autorisation d'etaler des 
marchandises sur la voie publique est don nee 
par les municipalites, qui peuvent exiger une 
finance de 5 francs par jour au maximum. On 
peut se pourvoir contre leurs decisions devant 
le Conseil d'Etat.] 



§ 



l>. 



DKS C0NTKAVKNT1ONS £T DKS I'KIINLS. 



Art. 17 i "£,\. [Toute infraction aux dispo- 
sitions de la presente loi est punie d'une 
amende de 10 a iOO francs, prononcee par le 
prefet du district. — La patente peut, en outre, 
etre retiree. — Le renouvellement de sa pa- 
tente peut etre refuse a toute personne ayant 
encouru une condamnation de cette nature. — 
Dans les dix jours de la decision du prefet, on 
peut se pourvoir contre elle devant le tribunal 
de police. — Les marchandises sequestrees 
pour assurer le pavement des amendes ne 
pourront etre vendues avant un dolai de trois 
mois, sauf celles qui sont susceptibles de de- 
t6rioratiou. — Les amendes que pro nonce 



cette loi appartiennent : un tiers au denoncia- 
teur, un tiers a la bourse des pan v res de la 
commune, un tiers a Phopital cantonal.] 



Exposition universelle de 1878 k Faria. 



Par un arret*'; dont nous donnons le texte 
ci-apres, le ministre de Pagricnlture et dn 
commerce vient d'instituer aupres du commis- 
sariat general de ('Exposition universelle do 
1878 un comite consultatif appeI6 a dormer son 
avis sur les questionscontentieuses qui pourront 
se produirc 'X Poccasion de la construction et 
de la tenue de ladite Exposition. 

Cos questions son! de di verses natures. Au 
point de vne de PEtat, il pent nailre des con- 
testations par le fait des inarches de fonrnitu- 
res et de travaux, des concessions et des eon- 
ventions, de Papplieation des rcgleinenls, 
difficultes qui ressorlissent des triLunaux ad- 
ministratis. 

Au point de vue des exposanfs tant franeais 
qu'elrantfers, des differends peuvent sur^ir a 
Poccasion des .droits de propriete privet; el ties 
transactions particulieres auxquelles Pexercice 
de ces droits donne lieu. En faisant revivre la 
loi du U 2>1 mai 18<>8, le (iouvernement a vouln 
protc^cr d 'urn; maniere efficace la propriete 
artistique, litteraire et industrielle des objets 
adresses a PExposition; mais combien sont 
delicates et epineuses his questions que souleve 
Papplieation des legislations speciales aux 
brevets d'invention et aux marques et dessins 
de fahrique, si mal connues ^eneralement des 
interesses eux-memes ! et ne serait-il pas a 
craindre, si ces derniers n'avaient a leur dis- 
position les conseils desinteresses d'une reu- 
nion d'hommes rompus aux (jnestions de cet 
ordre, (pie les cxposants se missent k la merci 
d'hommes d'affaires peu scrnpuleux, c(iii spe- 
cnleraient sans crainte sur Pi^norance (Petran- 
f^ers mediocrement au courantde nos nueurs, 
de nos usages, de notre langue elle-meme? 

A I 'ex position de Vienne, un emigres inter- 
national s'est, forme spontanement pour etu- 
dier ces graves questions. On sent de quel 
poids serait, au point de vue meme du perfee- 
tionnement ties bus protectrices de la propriete 
internationale, la creation, sons les auspices 
du (iouvernement franeais, d'un comite com- 
pose- d'hommes eminents dont les avis, reehor- 
ches par tous les inventeurs qui viendront a 
PExposition de 1878, formeraient un ptY'cieux 
recueil et lixeraient sur n ombre de points la 
jurisprudence. 

A cAte de la protection des uuivros de Pin- 
telligence, on ne doit pas perdrc de vue les 



CHRONIQUE. 



l \ 



seen rites a assuror aux interets materiels. Le 
reglemcnt general no contient anonnn disposi- 
tion relative anx assurances centre los acci- 
dents el. los sinistres; snr re point, toule li- 
berty est laissee anx oxposants, que Ton 
n'entend astreindre ;Y auoune autre obligation 
qu'a. I 'observation des regies do police, depen- 
dant, il no nous est pas inlerdil de meltro des 
renseigncmenfs a la disposition des inf cresses, 
sans toutefois engager en rien not re responsi- 
bility 

Cos considerations suttisent j)our montrcr 
tons los services que pout rendre soil, a 1'Klat, 
soil, an public, Pinstitution d un ooniito rou- 
nissanl des jurisconsultcs verses dans lVdnde 
des legislations industriclles comparers, d'in- 
geniours familiarises avec les questions de 
propriety industriollc, et un certain noinbrede 
reprosentanfs dn bant commerce el de la 
grande industrie. Un semblable comile sera 
dans los nieilloures conditions pour organiser 
up service gratuit de renseignemenls aulorisrs, 
capable de servir de guide anx exposanls on 
a iours ayanls droit. 

Lo ministre de raerienlture el dn com- 
merce, 

Arrfde : 

Ari. 1 4T . — Un eomife eonsuHatif du o.on- 
leulieux est institue pn\s du commissariat 
general de 1'Kxposition de iH'tt. 

Art. )l. — Co eomife sera reparti en trois 
sections, (pii pourront so reunir on assemblee 
generale pour deli borer sur toules les questions 
imporlant.es. 

La premiere section, plus specialement eon- 
sacree a l'etude des marobe^, des centrals et 
des reglements, prendra le titre de « section 
du contentienx adininistratif » . 

La deuxieme section, appelee a s'oeouper 
des rapports des exposants entre eux et des 
questions d 'assurance, prendra le titre do 
« section du contentienx international ». 

La troisicme section, chargeo d'etudier les 
questions de brevets d invention el. do mar- 
ques do fabrique, ainsi quo I'upplicalion de In 
loi du 211 mai 18<>8, prendra \o, litre de « sec- 
tion de la proprbHe artistique el. induslrielle ». 

Art. 3. — Sont nommes membres du eoniite 
consultatifdu content ienx : 

MM. 

Ho/erian, senaUuir. 

Pieard (Krnest), senateur, membre de la com- 
mission superieure de PKxposilion. 

Tirard, depute do la Seine. 

Vicornio du Martroy, president de la section 
dn rontenlienx an eonsei! d'Klat. 

Tranchant, conseiller d'Klal. 

Lame-Henry, ingenienr en chef des mines. 



directeurdes mines au ministere des travaux 

publics. 

Ilendant, profepseur a. la faoulte de droit de 
Paris, conseiller municipal. 

Leveille, conseiller municipal. 

Lvon-Uaen, agrvge,cbarge du cours de legisla- 
tion indnstriclle a la iacultede droit de Paris. 

Hoy ((iustave), inembre de la ehambre de 
commerce de Paris, inembre de la commis- 
sion superienre de l'Kxposition . 

Bandelot, juge au tribunal de commerce de la 
Seine. 

Scha ye, president de la ehambre des agrees 
pros lo tribunal de commerce de la Seine. 

Huisson, agree pros le tribunal de commerce 
de la Seine;. 

Huarl, avoeat a la eour d'appel. 

Tbirion, ingenienr civil. 

Art. 4. — La repartition du comite consul- 

tatif entre les trois sections ci-dossns designees 

aura, lien dans la premiere reunion par la 

voie de 1 'election. 

Pans, le 'zl decern bro LS7(i. 

Tkisskuk.xc dk Hout, 



ARIIETE du, ministre <t<'s trt/r/tu.e puhlies eo//- 
crr limit if tar if it n}))Ah{\ivr sit)- les ehrmins 
///* frr au transport des pmduits ties tin is it 
V Exposition de LS7H. 

(Ki trail.) 

S 1 '*'*• — Trans^xtrts sur les ehimins de fey. 

Les produits do toule nature (objets d'art o\ 
valours oxeeptes), les voitnres et animaux, lo 
materiel ronlant ponvant circuler sur les voies 
des ebemins de Jer franca is, a destination de 
l'Kxposition nniverselle de 1878 a Paris, se- 
ront transposes par les compagnies it moitii, 
prut dv± tarifs generaux et speeiaux, autres 
quo eeux des expositions el. eoncours ordi- 
naires. 

L<» prix reduit ne devra, dans aucun cas, 
descend n^ au-dessousde la base de 4 centimes 
par tonne et par kilometre. 

Mais roxpedileur pourra ton jours demander 
I'appliealion des I ari is ordinaires, lorsque ces 
dei'uiors lui seront plus favorables. 

Lf k s conditions des tarii's g^n^raux et spe- 
eiaux seront applicablcs aux transports a des- 
tination de l'Kxposition nniverselle. Les trans- 
ports seront passibles des frais accessoires dont 
la perception est antorisee par radministra- 
tion, ainsi (pie du droit ordinaire d'cnregistr<*- 
ment et dit prix du timbre du au Tresor pu- 
blic. 

Si*. — Ohjcfs d'art cl. de vale.uv. 

Le transport des objots d'art et do valour 
sera effectue aux prix et conditions ordinaires 
des hint's L(em''ranx. 






ill ' .. 












CHRONIQUE. 



i, 



§ 4, — Transports dans PariL 



i, '< 



Le transport dans Paris defc ^bjets destines 
a l'Exposition universal tpodrraj&tre fait sSit 
par les exposants^, sodf t pair I«p«compagnies de 
chemins do for. ' ., r i 

Dans le premier fcoa6,i !es col is seront adres- 
56s ou dirjigfe sur les fgare&dfcsdi verses lignes 
dans Paris, ^t enleves pair les destiriataires dc- 
$ign£s..par-lft$ %xpDsbnfcu . - - 

Dans le second cas, le transport sera Jail, "par 
J[es cQmpagnies, aux f pr*x et conditions sui- 
vaats; :* , ■ ■ \ • . .. • 

^Lescoljs pesajnt isolement nioinsde 1/200 ki- 
logrammes seront conduits par cam ions. 

'Les .^ colis pesant isolement 1,200 kilo^ram- 
ines"et au-dessus seront conduits par les che- 
mins deceinture, rive droilo on rive ^aiiclie 
4e,la Seine. 

Les ]>arties d'un mexne tout, telles que les 
pieces d'une machine, lorsqn'elles peseront 
les unes plus, les a'ntres inoins.de 1;200 kilo- 
grammes, seront reumes dans une memo expe- 
dition et conduites a ['Exposition par les ehe- 
mins de fer. 

Le prix du transport dans Paris, lorsqu'il 
aura ete -efTeetne* par les companies, sera de 
10 francs >par tonne. 

La perception aura lieu par fraction indivi- 
sible de 10 kilogrammes, avec un minimum 
de perception de 1 franc. 

Les colis transports par camions seront de- 
charges snr les voies macadamises de Impo- 
sition, aussi pros que possible du local aflecto 
& cluique exposant, qn i en prendra livraison 
en ce point ; 1c surplus des displacements anx- 
quels les colis pourront el re sonmis demeurera 
A la charge dt*s exposants. 

§ . : i. — Conditions d 'application. 

1° Pour jouir des tarifs indiqucs ci-dessus, 
chaque exposant devra presenter a la gare de 
depart les pieces justificatives constatant Tad- 
mission de ses prodnits a VKx position univer- 
selle: 

2" Les companies ire repondeht pas des 
avaries de route provenant de defauls d'em- 
balla^e ou dii mauvais conditionnement des 
colis. 

A'> Tous les transports auront lieti en port 
pay6 au depart, y eompris, si la marchamlise 
est adressee a l'Kxposition, le prix du camion- 
nage ; au relour, les transports auront lieu en 

p07'( du. 

4° Tous les envois a l'Exposition universale 
seront adresses aux delcgues designes par la 
commission pour representee dans le palais 
du Cliamp-de-iMars, les exposants de chaque 
elasse, recevoir les colis el don per quittance au 
moment de la livraison de ces derniers. Cha- 



que colis , devra t porter la designation exacts 
du-Ueu pu-il oVit:etce depose. 

[5£ Coji ip £m^n,ept aux dispositions de Tan- 
ti$lp i|du r<Eig|cnr>ent-,sj>^(ual ■ relatif a renvoi, 
la recaption, I installation et la reexpedition 
des produits exposes, si le destinataire ou sou 
agent n'est. pas present pour recevoir les colis 
a leur arrived [dunsTenceinte de Imposition, 
les compagnies re,naporteront iminediatement 
lesdits colis, soit dans lours" gares, soit dans 
un magasin public; elle« . percevroni, pour 
cette operation^ les J'rais ordinaires de camion- 
nage el de magasinage. 

6° Apr^« Jh- clAlure de I'.Kx position, J a ^ex- 
pedition de tous Jes objets exposes aura lieu 
aux. conditions du present tarif, pourvu toute- 
lois que cette reexpedition soit eftectuee dans 
un d6Iai .de six 7nois fi partir du jour dn la f'tir- 
meture de V Exposition. 

Versailles, lo 2<> decembre 187(i. 

AlBKRT (jIIFOSTOHHLB. 



-j>- us » 1^ e 



FAITS DIVERS. 

On vicnl de vendre aux ench6res, a Leipzig, 
la celobre collection degravures auciennes lor- 
im r ;e depuis prfts d'un demi-siecle j)ar le sa- 
vant amateur M. Li]>hart, de Dorpat. Celte 
collection sans rivale coniprenait i2,(M)0 gravu- 
res. Tarmi les specimens uniques, on cite trois 
dessins aitribnes a Leonardo da Vinci, el 
110 gravun^s par Albert Durer ; au notnbre de 
ces dernici'es so trouvent : le « Pestkrank-e » 
avec les vers latins <lu docteur lllsensius; 
I'Adam et Eve, « die -g rosso Passion », « die 
Apocalypse >» et « <las Marieideben ». On re- 
marqtiait aussi des Lucas Cranach, des Martin 
Sebomgauer, des Van Dyck et 228 Rembrandt 
de la plus grand e beaute. 

Plusieurs musees d*Knrope se sunt dispute 
cette magnifique collection. Les achats les plus 
imporlants onl. t^te faits par le Fitzwilliam Mu- 
s<ium de Cambridge et par les musees de 
Vienne et de Francfort. 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maison Silvestre). 

Lundi 8 et mardi # Janvier 1877. — Li v res 
de la bibliotbeqiui de feu M. L. Despois, l>i- 
bliothecaire de l'LJuiversite. — Libjaire : Ad. 
Labitte. 

Lundi 8 Janvier 1877 et les (juatre jours sui- 
vants. — Ttibliotheque de leu M. Henri Four- 
nel T insj)ccteur general des mines. — Libraire : 
A. Chossonnery. 

Le SecrMaire-Ge'rant , Blanchot. 
Paris.— Typ. Fillet et Dumoulin, rue dus Gr.-Anga«tiu8 y 5 4 



r 



66* Ann6e. 2* S6rie. 



N»2L 



13 Janvier 1877? 



CHRONIQUE 

DU JOURNAL GENERAL 

DE LiMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



SOMMAIRE 



Pa^^TjerilTlWa Librairic, dc rimprimeric el de la Papelcrie, rue Bonaparte, 1. 

Eppop tiion. de fyitfadzjfajfe. — Exposition de 1878. — CuriosiUs bibliographiques sur Paris. 

'.-•A ^ *' *^.» ' '[•- 3 Chronologic de 4876. 



i 



-I 



r • 




Exposition <ter 



Extrait de la liste officielle des exposants fran- 
cais auxquels des recompenses ont 6t6 dicer- 
n£es par la Commission du Ccntenaire des 
£tat$-Unis> en conformity de Vacte du Con- 
gres *. 

Alauzet (P.) et (>, Paris. — Presses lithogra- 
phiques. 

Adeline, Paris. — Gravure a reau-forte. 

Antoine (L.) fils, Paris. — Encres a 6crire. 

Ballue (A.), Paris. — Gravures a reau-forte. 

Ballue (A.), Paris. — Publications illustr6es. 

Baudry (J.), Paris. — Gravures. 

Baudry (J.), Paris. — Ouvrages sur la science 
de l'ingfinieur. 

Blanchet freres et Kleber, Paris. — Papier 
pour la photographie. 

Bouasse-Lebel, Paris. — Chromo-lithographie. 

Carrieres de pierres lithogramiioues (Com- 
pagnie des), Paris. — Pierres lithographi- 
ques. 

Coarpentier et C c , Paris. — Publications di- 
verges. 

Chaix et C (1 , Paris. — Publications et ouvrages 
d'enseignement pour la jeunesse. 

Cercle de la librairie, Paris. — Reliures. 

Cercle de la librairie, Paris. — Publications. 

Dartein (A. de), Paris. — Carte g^ologique de 
la France. 

Delagrave (Cb.) ? Paris. — Livres de geogra- 
phic. 

Delagrave (Ch.), Paris. — Livres classiques. 

Duchkr et O, Paris. — Ouvrages sur Tart. 

i. Otte liste est signed par MM. Goshorn, direc- 
teur general; Joseph K. Hawley, president; Myer 
Asch, secretaire. 

Chronique, 1877. 



Ducher (A.) et C e , Paris. — Cbromo-lithogra- 

phie. 
Dunod, Paris, — Livres classiques et scientifi- 

ques. 

Erhard, Paris. — Cartes g6ographiques. 
Gaillard (Claude), Paris. — Gravure en taille- 

douce. 
Gaucberel (Leon), Paris. — Gravures a Peau- 

forte. 
Gauthier-Villars, Paris. — Livres scientifi- 
Gazette des beaux-arts, Paris. — Volumes spe- 
cimens. 
Gazette des beaux- arts, Paris. — Eaux-fortes T 
Gillot et fils (veuve), Paris. — H61iographie. 
Godchaux (Auguste), Paris. — Cahiers d'6cole. 

ques. 
Gonthter-Dreyfus et C c , Paris. — Lithogra- 
phic, gravure en taille-douce. 
Gotiiard (Compagnie du chemin de fer de 

Saint-), Paris. — Publications, cartes. 
Guerin (L.) et C c , Paris. — Publications scien- 

tifiques et artisliques. 
Hacuette et C°, Paris. — Gravures et eaux- 

fortes. 
Hacuette et C°, Paris. — Librairie. 
Jouaust (D.), Paris. — Publications. 
Lalanne (Maxime), Paris. — Eaux-fortes. 
Laplante (C), Paris. — Gravures sur hois. 
Larenaudiere (F.), Paris. — Encres. 
Legras (A.), Paris. — Chromo-lithographie. 
Lortic, Paris. — Reliures. 
Morel (V« A.) et C c , Paris. — Ouvrages d'ar- 

chiteclure. 
Poure Gjllot O'Kelly et C°, Boulogne-sur- 

Mer. — Plumes et porte-plumes. 
Rotuschild (J.), Paris. — Livres. 
Societe des crecues, Paris. — Publications. 
Societe de legislation compare*, Paris. — Pu- 
blications diverses. 



2 



cv&z-rtt-^'.y:*'-. ;•'•■*■■ 



F^Z: 



>v. 



CHRONIQUE. 



Thomas (E.), Paris. — Gravnre sur bois. 
Toibat-Madrin (G.), Paris. — Encres a ecrire. 
Vidal (Leon), Paris. — Photographies. 
Vital (A.), Paris. —Rouleaux lithographiques. 



Les rapports du jury franeais et ceux du 
commissaire r6sidant a Philadelphie donnent 
lieu de penser qu'une liste supplemental de 
recompenses sera incessamment envoyee par 
la commission du Centenaire. 

Aussitot que les m&iailles, ainsi que les di- 
plomes qui doivent s'y trouver joints, seront 
parvenues au Gouvernement, elles seront dis- 
tributes aux ayants droit paries soins du Com- 
missariat general des expositions internationa- 
les, hotel de Cluny, rue du Sommerard, Paris. 
Un avis ulterieur indiquera lY»poque de cette 
distribution. 



j* m^ i i rf i *~ ■ 



Exposition universalis de 1878 k Paris. 



Nous rappelons a tous ceux de nos confreres 
qui ont I'intention d'exposer en 1878, que le 
d61ai fix6 pour la remise des demandes d'ad- 
mission au Palais de l'lnduslrie expire le 15 
Janvier. 



-a mmj-n& r 



Gnriosites biMiographiques sur Paris. 



II n'existe rien de plus curienx, dans le do- 
maine de la bibliographic, que rincommensu- 
rable se>ie des ouvrages qui, depuis quatrc 
siecles, ont 6t6 Merits sur Paris ! Ouvrages dc 
toules sortes qui traitent de Paris a tous les 
points de vue sous formes d'histoires, de des- 
criptions, d'aper^us, de monographic^ de 
pieces dramatiques, de revues, de journaux, 
d'almanachs, d'essais, de traites, de statisti- 
ques, de poemes, de chansons, de tableaux, 
d'annales, de nouvelles, etc., etc. 

Et ce n'est pas en franeais seulement qu'ont 
ete publics plusieurs de ces ouvrages; on en 
trouve qui sont ccrils en anglais, en espagnol 
et en latin. Ainsi on trouve : Lister s journey 
to Paris in the year (London, 1G69) ; Paris and 
its environs, in a series of picturesque views 
from drawing takcn y under the direction of A. 
Pugin (London, 1828*4831); en langue cspa- 
gnole : Tratado de las cosas notables que se veu 
en la gran ciudad dc Paris, par Ambrosio Sa- 
lasar (1616); en langue latine : Ilistoria litte- 
raria de prxcipuis bibliothecis Parisiensibus, D. 



Maichelli (1721). II existe en outre un po€me 
latin intitule : Siege de Paris par les Normands, 
par Abbon (neuvieme siecle). 

II faudrait plusieurs colonnes de ce journal 
pour citertous les ouvrages qui ont 6te impri- 
mis sur Paris depuis le seizieme siecle Quel 
que soit I'attrait de cette nomenclature, nous 
devons nous contenter de citer ceux dont le 
tilre et ]e snjet ont un cachet original et pi- 
quant. D'abord, un Poeme du treizieme sidcle, 
par Guillot de Paris; la Villc de Paris en vers 
burlesques, par Berthaut (1G65); Plans des anti- 
ques, singularity et excellence ^de la ville et 
cite de Paris, par Gilles Corrozet (1532) ; Jour- 
nal des avis et des affaires de Paris, contenant 
ce qui s'y passe tous les jours dcplus considera- 
ble pour le bien public (1676); Histoire et re- 
cherche des antiquiUs de la ville de Paris, par 
H. Sauval, avocat au Parlement (1724) ; Histoire 
de la ville de Paris, par Felibien et dom Lobi- 
neau (1725); Nouvcllcs descriptions de la ville 
dc Paris et de tout ce quelle coniicnt de plus 
remarquable, par Germain Bricc (1725); Essais 
historiqucs de Paris, parPoulIain dc Saint-Foix 
(1754); Description historique de la ville de 
Paris et de scs environs, par Piganiol de La 
Force (1705); la Petite Lutece devenue grande 
fille, oil Von voit ses aventurcs et scs revolutions 
depuis son origine jusqu'au \ bjuillet 1 789 ; Cris 
de Paris, dessincs d'apres nature; Journal des 
ceremonies et usages qui s'obscrvent a Paris et a 
la campagnc (1740) ; les Astuces de Paris, anec- 
dotes parisiennes (1776) ; la Capitate des Gaules 
ou la nouvelle Babylone (1750); VAncienet le 
Nouveau Paris, ou anecdotes galantes et secretes 
(179S); les Parisiennes, ou quarante caracteres 
gentraux pris dans les m&urs actuelles, par 
Restif de la Brelonne (1788); Souvenirs de Pa- 
ris en 1804, par Kotzebue; Code parisicn, ma- 
nuel complet du provincial a Paris, Vart de 
vivre dans cette capitate sans 6tre dupe et a pcu 
de frais, etc. II y aurait a ajouter a cette no- 
menclature ccourtee six cents ouvrages peut- 
etre pour que Enumeration fut complete. 

Les pieces de the Aire representees ne font 
pas defaul : Paris volant, comMie-vaudeville 
(1812); Jean de Paris, opera-eomique (1816); 
Paris dans la comete (1836); le Gamin de Paris 
(1836); le Liable a Paris (1837); VEnfant de 
Paris (1838); les Belles femmes de Paris (1839); 
les Gucux de Pat is (f 841) ; Paris la nuit (1842); 
les Parisiens (1855), annoncee priinitivement 
sous le litre dc : les Parisiens de la decadence, 
etc., etc. 

II a et6 public, en 1677, une description de 
Paris en quatrains par 1'abbe deMaroIles. C'est 
un opuscule d'unc valeur peu remarquable, 
mais qui, n'ayant el6 tir6 quM un tres-petit 
nombre d'exemplaires, a acquis un grand 
merite par sa rarete. Voici un 6chantiIlon pris 





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CHRONIQDE. 



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dans les douze cent huit quatrains qui le 
composent : 

Paris se trouve om£ de grandes abbayes : [tor, 
Saint-Germain, Saint-Denis, Saint-Martin, Saint-Vic- 
Et Sainte-Genevieve avec sa chasse d'or, 
Saint-Eloi, Saint-Magloire et Saint-Maur rdunis. 

En 1808, Desaugiers publia une chanson 
intitulee : Paris a cinq heurcs du matin, qui 
obtint un succes fou. (Journal des Ddbats). 



-ty^va^v- 



N6crologie de 1876. 

Nous donnons ci-apres la liste des principaux 
litterateurs et savants qui sont mods dans lc 
courant de l'annec 1870 : 

Jules de Mohl, orientaliste. — Comte de 
Carn6, mernbre de FAcad6mic franchise. — 
Marquis de la Grange, membre de 1'Institut. — 
Pierre de Laurentie, directeur du journal 
VUnion. — Patin, membre de I'Academie fran- 
chise. — Docteur Andral, membre de l'lnsti- 
tut. — Baron Seguier, membre de F Academic 
des sciences. — John Forsler, hislorien. — Le 
marquis Gino Capponi, historien. — Bron- 
gniart, membre de 1'Institul. — Ambroi.se 
Firmin Didot, fils du fondateur de rimprime- 
rie de ce nom. — Guigniaut, membre de 1'Ins- 
titut. — Nils Peter Angelis, paleontologistc 
suedois. — Lacomtesse d'Agonlt (Daniel Stern), 
auteur de nombreux romans et d'essais philo- 
sophiques. — Louise Colet (nee Rcvoil), au- 
teur de plusieurs ouvrages en prose eten vers. 

— Charles d'Orbigny, professeur au Mus6um 
d'liistoire naturelle. — Gustave Nierilz, con- 
teur allemand. — Arthur Ponroy, poete et au- 
teur dramatique. — Balard, chimislc, mem- 
bre de l'Academie des sciences. — Traube, 
physiologiste allemand. — Severin Goszczynski, 
poete polonais. — Maurizio Quadrio, publicisle 
italien. — Thome de Gamond, ingenieur. — 
J. -P. Heye, un des pocles les plus populaires 
de la Hollande. — Franz Hc3'dinger, biblio- 
phile autrichien. — Le docteur Vleminckx, pre- 
sident de l'Academie royalede medecinede Bru- 
xellcs. — Ferdinand Feiligrat, poete allemand. 

— Le docteur John Wilson, orientaliste. — 
Hippolyte Dussard, Aconomiste. — Lesenaleur 
comte de Larderel, agronomc italien. — Alex. 
de Volborlh, palconlologisle russc. — George 
Samarine, publicisle russe. — Bjorn Gun- 
laugsson, geographc irlandais. — George Sand 
(baronne Dudevant), un des plus brillants ecri- 
vains de notre siecle. — Frederic Dielz, auteur 
de la Grammairc des langucs romance. — 
Hirschfeld, anatomiste polonais. — Henri 
Kingsley, romancier anglais. — Achille Bara- 
guet, president de la Soci6l6 typographique 



de Paris. — D'Anglemont, auteur de poesies. 

— Le docteur Bosworth, professeur d'anglo- 
saxon a Oxford. — Klara de Bauer, auteur de 
nombreux rornans, sous le pseudonyme de 
Karl Dellef. — Paludan Muller, poete drama- 
tique danois. — Palazczy, historien autri- 
chien. — Garcin, redacteur de la France, — 
Bernardo Bellini, philologuc italien. — Doc- 
teur Boczek, feuilletonniste allemand. — 
Edouard Moriac, litterateur. — G ration i, in- 
genieur italien. — Ridout, directeur du Mor- 
ning Post. — Paullon, redacteur en chef 
du Manchester Examiner. — Jules Assezat, 
redacteur au Journal des DCbats. — A. 
Beaussier, geographc , consul de France a 
Mogador (Maroc). — - Krnile Praga, poete ita- 
lien. — Edmond de Coussemaker ? archeologuc. 

— Francois Mfirilhou, publicisle. — Esparbie, 
redacteur en chef du Memorial de Lille. — Jean 
Dupuy, ancien depute de la I)r6me, publiciste. 

— Leon Troussel, redacteur de la Patrie. — 
Georges Thornbury, litterateur anglais. — 
Theophile Sylvestre, critique dart. — Martin 
Haug, indianiste, professeur de Sanscrit a l'U- 
niversite de Municli. — Le docteur Henri 
Wuttke, professeur a FUniverskG de Leipzig.— 
Miss Harriet Marlineau, ecrivain anglais. — 
George Avenel, redacteur de la H6publique 
francaise, — Joseph Ferrari, philosophe italien. 

— Marshal Lefferts, ingenieur americain. — 
Michel Bakonninc, publicisle russe. — Le co- 
lonel Eggerlon-Leigh, ecrivain militaircanglais. 

— Eudore Son lie, litterateur. — Green Van 
Prinslerer, hislorien holJandais. — Van Houtte, 
horticulteur beige. — Baron de Reisbach, pro- 
prielaire de V Allgcmcine Zeitung d'Augsbourg. 

— Altenhoifer, redacteur de VAllgemeine Zei- 
tung . — H. Bntal, redacteur au Moniteur uni- 
versal et au Journal officieL — Thomas Krag 
Thorese, dramaturge norwegien, auteur de Paa 
Bydcn (Au village). — Le docteur Beinhold 
Bnchholz, voyageur allemand. — Le docteur 
Vincent Duval, orlhopedisfe. — Gloesener, sa- 
vant beige, professeur a l'Universite de Liege. 

— Munby, botanisle anglais. — Henri Auber- 
tin, ancien professeur de rhetoriquc au lycee 
Louis-le-Grand, collaboratenrde plusieurs jour- 
naux. — Karl Simrock, professeur a l'Univer- 
site do Bonn, vnlgarisaleiir des anciens chants 
mystiques de FAlIernagne. — Henri Fournel, 
ingenieur, auleur d'ouvrages sur TAlgerie. — 
Georges Duehene, collahoraieur de Proudhon. 

— M inft Glara de Chatelain, auteur de romans. 

— Docteur Behier, professeur a la Faculte de 
medecinc de Paris. — Lacroix, chirurgien. — 
Emilc Lecharj>enlier, redacteur du Steele, — 
Doeteur Granier, homoeopathe. — Auguste 
Nefftzcr t publicisle, fondateur du journal le 
Temps. — Axenfeld, professeur de pathologie 
medicale i la Faculte de Paris. — Joseph de 






CHRONIQUE. 



CheKus, cbirurgien allemand. — Simon, pro- 
fesseur de chirurgie k l'Universit6 de Heidel- 
berg. — Vallery-Radot, litterateur. — Frede- 
ric Lock, r6dacteur du Temps. — Ad. Glas- 
Lrenner, r6dacteur en chef de la Montags Zei- 
tung, de Berlin. — Eugene Despois, auteur de 
plusieursouvrages d'histoire et de philosophic. 

— Eugenio Bianchi, fondateur du Movimento, 
de G6nes. — George Smith, orientaliste. — 
Eneberg, savant flnlandais.— Armand Penne- 
tier, historien. — Dufresne, r6dacteur en chef 
du Nivernais. — Sebastien Cornu, inventeur 
du telescope a vis torses. — Bossey, ing6nieur 
en chef des mines. — Loriol, ancien directeur 
de PEcole preparatoire k la marine (rue d'En- 
fer,a.Paris). — AbelTranson,ingenieur en chef 
des mines. — Abel Jacquier, directeur de la 
ferme-6cole de Montceau. — Amcde-e Mata- 
grin, secretaire de la redaction du Constitution- 
neL — Xavier Eyma, romancier et publicislc. 

— Pistoye, r6dacteur de la Gazette des Tribu- 
naux. — Gustave Lafargue, r6dacteur du 
Figaro. — Francois G6nin, r6dacteur de la 
Gironde. — Le docteur Lethehy, praticien de 
Londres. — Fuster, professcur de therapcuti- 
que a la Faculty de Montpellier. — Serrigny, 
jurisconsulte, membre de TAcadomie des 
sciences morales et politiques. — Tissot, doyen 
de la facult6 de Dijon. — Baronne Reinsberg- 
Duringsfeld, romanciere. — Charles Stemans, 
arch^ologue anglais. — Theodore de Heuglin, 
zoologiste allemand, cxplorateur en Afrique. 

— Edouard Plouvier, poete et auteur drama- 
tique. — Talon, professeur k la faculty de droit 
de Douai. — Comte de Chevign6, auteur des 
Contes re'mois. — Eugene Tarb6 des Sablons, 
collaborateur du Gaulois. — Auguste Bras, 
fondateur et redacteur en chef de la Nord- 
deutsche Allgemeine Zeitung. — David Forbes, 
geologue americain. — Arthur Lucas, cxplora- 
teur de l'Afriquc centrale, Anglais. — Pignoni, 
chirurgien de la marine, inventeur d'un appa- 
reil pour l'extraction de la pierre. — Le doc- 
teur John Gairdner, president du college des 
chirurgiensd'Edimbourg. — Giuseppe Pomba, 
Sditeur italien. — Hermann Kochly, philologue 
allemand. — Silbermann, imprimeur-6diteur 
de Strasbourg. — Thomas Hayere, m£dccm, 
fondateur de Tlnstitut protecteur de 1'enfance. 
— Jean Bruylants, redacteur en chef du Koop- 
handel, auteur de drames et vaudevilles 
flamands. — Mortimer-Collins, romancier an- 
glais. — Charles Sainte-Claire Deville, geologue, 
membre de Flnstitut. — Frederic Ritschl, pro- 
fesseur & rUniversit6 de Leipzig, philologue et 
philosophe. — Veyre, poete, surnomm6 le 
Jasmin de l'Auvergne. — Le general de Gon- 
drecourt, auteur de nombreux romans. — 
Le comte Auersperg (Anastasius Grun), poete 
patriote autrichien, traducteur des chants po- 



pulaires de la Carniole. — Giulio Ubertini, 
poete italien, — Giucci, savant italien. — 
Fernan Cabal lero , romanciere. — George 
Lawrence, romancier anglais. — Alexander 
Russel, directeur du Scotsman. — Childers, 
auteur d'ouvrages sur la langue pali. — 
E. W. Lane, orientaliste anglais. — George 
Pertz, historien allemand. — Ehrenberg, mi- 
croscopiste. — Lady Bell, romanciere. — 
Miss Maria Rosetti, auteur de plusieurs etudes 
sur Dante Alighicri. — Docteur Krehl, philo- 
sophe, professeur a. rUnivcrsit6d' Heidelberg. — 
Fabrice Labronsse, auteur dramatique. — Du- 
vert, auteur dramatique. — Le docteur Isam- 
bcrt. — Le docteur Holz, professeur d'an atom iei 
l'6cole de medecine de Lyon. — Constant Rol- 
lier, inspecteur g6n6ral de rUniversit6. — 
L6on Duchcmin, journaliste. — Samuel Drake, 
historien et bibliophile am6ricain, possesseur, 
d'une collection de livres qui passe pour la 
bibliotheque particuliere la plus considerable 
du monde. — Le docteur Ghillany, historien 
bavarois. — Henri Mellin, historien sutfdois. — 
A. Bielowski, historien polonais. — Le docteur 
Walewski, historien polonais. — Le docteur 
S.-W. Wilde, oculiste anglais. — Francesco 
Odescalchi, orientaliste et g6ographe italien. 

— Jules Petcrmann, philologue allemand. — 
Le general Augustin Morin, membre de 1'Ins- 
titut. — Richard King, me-decin anglais, connu 
par ses explorations au pole Nord et fondateur 
de la Societ6 britannique d'ethnologie. — 
John Gillson, agronomc,pr6sidentde la Soci6t6 
d'agriculture d'Ecosse. — Le docteur Charles 
Lecomtc, auteur d'exp6rienccs sur la bella- 
done. — De Baei\ naturaliste russe. — 
Ilirschfeld, anatomiste russe. — Hassan, pro- 
fesseur d'arabe moderne k l'Academic de 
Vienne. — Save, philologue su6dois, profes- 
seur a l'Universile d'Upsal. — Le docteur 
Fiedler, antiquaire allemand. — Le docteur 
Lassen, de Bonn, orientaliste. — Le docteur 
Lebrecht, de Berlin, philologue. — Le docteur 
Johann Falke, 6conomiste. — Le docteur AI- 
brecht, de Leipzig, professeur de droitdes gens. 

— Chekanowski, geologue polonais. — Le doc- 
teur Laville, inventeur d'une liqueur anti- 
goutteuse. — l.e docteur anglais Jonathan 
Hearder, a. qui Ton doit la premiere id6e du 
cable transatlantique. — F. Bolckmar, editeur 
de Leipzig. — Le baron Reischach, propri6taire 
de la li brain e de Cotta, a Stuttgart. — Ber- 
tram, editeur de Halle. — Karl Andr6, 6diteur 
de Prague. 



Le Seer Stair e-G&r ant y Blancbot. 



Paria. — Typ. Pillet et Dumoalia, rao des Gt.- Augustine, S 




66° Ann6e. 2« Serie. 



N° 3. 



20 Janvier 1877* 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GliNKUAI, 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, au Ccrclc de la Librairie, dc rimprimerie ct dc la Papetcric, rue Bonaparte, \. 

Sommairr ; Documents officios. — Exposition dc 1878. — Tribunal de commerce de la Seine. 
Fails (lifers. — Ndcroiogie. —Vnrid ids : Catalogue dc la Bibliothequc dc la Prefecture de police. 



i 



* 



i 



DOCUMENTS OFFICIELS. 

Le ministre do Eagriculture ct du commerce, 
sur la proposition du senateur commissaire 
general, a arrete qu'une exposition historiquc 
de Tart ancien dans tous les pays etde l'ethno- 
graphic des peuplcs etrangers a PEurope sera 
ouverte dans les locaux dc I'Exposition univer- 
se! Ic, du l* ;r mai an 31 octobrc 1878. 

M. Adrien dc Longperier, mernbre de l'lns- 
titut, en est nomine- direcleur; 

M. (iustavc Schlumberger, secretaire ge- 
neral. 

Uric commission d'admission et de classifi- 
cation, divisee en neuf sections, est chargee de 
preparer et d'organiscr cette exposition. 

La cinquieme section, qui concerne les ma- 
jiuscrits, livri's incunables, dessins, reliures, a 
pour mem b res : 

MM. Alf. Maury, directeur gen6ral des Archi- 
ves, membre de J'lnstitut ; 

E. Miller, bibliothecaire du Corps legis- 
latif, mernbre de l'lnstitut; 

Le baron Edmond de Rothschild; 

Alfred Firrnin-Didot ; 

A. dc Longpericr-Crimoard, president du 
Comitc arch6o!ogique de Senlis; 

Hubert de Lasteyrie, archiviste aux Ar- 
chives nationales; 

Le baron Alphonsc de Ruble, secretaire* 



Exposition universelle de 1878 k Paris 

MlOUOHATION MI DKLAI KHIH LA JMIKSKNTATION 
IJI*:S DKMANDKS J)'aI)M1SSI0N. 

On lit dans UiJownal official du 10 courant: 
« C'est le io Janvier qu'est expire le delai 



I 



ccorde par le reglement general pour la re- 
mise des demandes d'admission a I'Exposition 
universelle de 1878. II resnlte d'un rapport 
pr6sent£ par le senateur commissaire general 
au ministre de l'agriculture et du commerce 
que le nombre des demandes d6ja parvenues 
le 13 au soir 6tait de 7,000 pour Paris, d£pas- 
sant ainsi do '2,000 le nombre des demandes 
semblables formuiees en 18(>7; I'affluence des 
demandes de la province etait egaleruent con- 
siderable et se chifirait par 1,000 ct d,I>00 
bulletins arrivant chaque jour. 

Toutefois, 1'organisation des comites d'ad- 
mission ayant cte retardee dans plusieurs d6- 
partements, un grand nombre de prefets out 
fait observer que, si un sursis n'etait accorde, 
plusienrs des grandes industries dc Ieur re- 
gion ne seraient pas representees. Les deman- 
des arrivant toutes a la fois et au dernier mo- 
ment, les comites departementaux ne sauraient 
les avoir examinees en temps utile. Un delai 
est aussi necessaire pour coordonner les expo- 
sitions collectives qui se pr6parent lis invo- 
quent d'ailleurs le precedent de 1867 et rap- 
pellent qu'a cette epoquo la date primitive- 
ment assignee comme definitive dut fitre deux 
fois prorogee. 

Unc telle prorogation n'est pas sans incou- 
venient, car (die reiarde d'autant les notifica- 
tions d'admission des comites institu&i a Paris, 
et quatorze mois ne sont pas trop pour per- 
mettre aux industriels admis do preparer con- 
venablement Ieur exposition. 

Toutefois, le gouvernement voulant donner 
a tous les producteurs en retard le moyen dc 
paraltrc au rendez-vous do 1878, en sorte que 
la section francaise soit bien le r6sume complet 
et lideie de la puissance productive du pays, le 
ministre de l'agriculture a inforin6 MM. les 



ChronitjuCy 1877. 



3 



S.r:v'!'" h '^' v: 



t "i' 



16 



CttRONtQOE. 



presets que le delai pour la presentation des 
demandes d'admission etait prorog6 jusqu'au 
i* r f&vrier. Pass6 cette eche^ance, la repartition 
des emplacements aura lieu, et les retardatai- 
res ne pourront s'en prendre qu'a eux-m£mes 
de Pimpossibilite mat£rielle 011 scrait le com- 
missariat de leur trouver dans l'enceinte du 
palais un espace disponibie. » 



j u i ' n c 



Tribunal &« coinmerce de la Seine. 

STATISTIQUE POUR l'aNNEE 1876. 

M* Chabert, president sortant, a prononc6 
au Tribunal de commerce, k l'occasion de Ins- 
tallation du nouveau president et des juges re- 
cemment 61us, un discours dont nous deta- 
chons les passages suivants, qui permettront 
d'apprecier l'elendue et rimportanoo des tra- 
vaux accomplis par le tribunal pendant l'an- 
n6e 1876. 

Au 31 decembre 187S, les affaires reslant a 
juger s'elevaient a 884, et le nombre des affai- 
res introduces du l Pr Janvier 1876 au 3! de- 
cembre de la mGme annee a atteint le chiffre de 
88,744, soit Un total de B9,62R affaires ; 3fl,92fi 
ont et6jug6es par defaut, 17,482 contradictoi- 
rement; 8,885 ont etc conciliees, 1,012 reti- 
rees, et en fin 1,420 restent encore u juger. Sur 
les differerttes affaires terminees, 10,64;> Tont 
etc en premier ressort, et 36>763 en dernier 
ressort. Nous constatons, pour i'exerciee 1876, 
une augmentation de 7,825 proccs* Nous rele- 
vons ce fait sans oser dire que cette augmen- 
tation soit la consequence et la preuve certaine 
d'une reprise g6ne>ale des affaires. 

Le chiffre des jugemenis contradietoires 3 qui 
avait ete> I'annee prec£dente, do 14,302, est, 
eti 1876, de 17,482, soit 3,180 de plus en 1876. 
Le nombre de conciliations a et£, cette ann£e, 
de 2,557 superieur a oelui de 1875. Difference 
on plus que nous constatons avec satisfaction, 
et qui temoigne hautement de la sollicitude 
des membres du tribunal pour les int6rcts des 
jtisticiables. 

Sur les 17,482 affaires jugees contradietoire- 
ment que nous citons plus haut, 10,675 avaient 
et6 prealablement misos en d61ibcr6; un grand 
nombre ont 616 conciliees. Le deliberc, tel 
qu'il est pratique depuis longtcmps, est, de 
tous les modes d 'instruction, a la fois le meil- 
Jeur et le plus utile. II epargne aux justiciaries 
une perte de temps precieux et leur evite des 
frais ; les parties elant en presence, la conci- 
nation devient plus facile* 

61^ sentences des prud'homrnes ont et6 defo- 
rces par appel au tribunal en 1876; sur ces 
appels, 35 ont 6te suivis de confirmation, 
8 d'iafirmation, 6 de conciliation, et 12 res- 
tent encore a juger. 

Le montant des faillites est, en 1876, a pen 
pres le meme que celui de I'annee passee. Du 



l rr Janvier au 31 decembre 1876, il a 6t6 de- 
clare 1,659 faillites, resolu 44 concordats et 
rapports 47 jugements de cloture, ce qui donne, 
pour Tannee, un ensemble de 1,750 affaires de 
ce genre, auxquelles il faut en ajouter l,12t> 
qui reslaient a regler en 1875. Les faillites ter- 
minees pendant 1'exercice 1876 s'elevent a. 
1,757; restent done en cours, au l Pr Janvier 
1877, 1,1 10 faillites. 

Les 1,650 faillites nouvelles dcclarecs en 1876 
portent surtout sur les industries de luxe. I'a- 
limentation, riiabillementet la toilette, la com- 
mission et le commerce des cuirs. 



FAITS DIVERS. 

On lit dans le Journal des Debats : 

« Certains journaux hostiles a ('Exposition 
universelle de 1878 assurent, d'accord avec la 
Cmlnische Zcitung, que la Suede est au nom- 
bre des pays qui ont annonce officicllement 
leur decision de ne pas prendre part au grand 
concours international qui se prepare. 

Nous somuics autoriscs a annoncer que la 
direction des sections 6trangeres a reou com- 
munication d'une d^pCchc officielle de Stock- 
holm, on il est dit que le bruit du refus de la 
Sudde est absolument faux. La participation 
de ce pays sera digne de sa sympathie inalie- 
nable pour la France. 

Aucune nation n'a d'ailteurs notifie" son re- 
fus officiel. L'empire d'Allemagne seul alaisse 
entendre qu'il prendrait ce parti. La partici- 
pation de la Suisse est tellement assuree, que 
son gouvernement vient de faire acheter toutes 
les vitrines qui avaient servi a ses nationaux 
pour l'Exposition de Philadelphie. 

La commission royalo britannique est nom- 
m6e sous la prevalence effective de S- A. R. le 
prince de Galles; le nom du d61egu6 a Paris et 
ceux des membres de la commission royale 
seront ofOciellement publics avant la fin de la 
semaine. — La Russio et la itelgique conti- 
nuent a demander des augmentations d'espace. 

— Le Portugal a fait parvenir son adb6sion. 

— Les royaumes do (irece et de Perse ont fait 
les prom esses les plus forme lies. — La Tur- 
quie elle-mejiie demande que la place reservee 
a ses nationaux soit maintenue. — Le Dane- 
mark et le royaume des Pays -lias sont a la 
tAte de budgets importants votes par leurs par- 
lements pour les frais de leurs installations res- 
pectives. — Des coniitcs d'initiativc priv6s s'or- 
ganisent partout en Autriche-Ilongrie sous 
d'eminents patronages , en attendant que le 
Heichsratli soit ossemblo afin de discuter le 
chiffre propose pour les dispenses laissees a la 
charge de l'Etat. — L'elan francais ne se ralen- 
lit pas de son cote. Plus de dix mille deman- 
des d'admission sonlactuellement classics dans 
les cartons du commissariat general. 



CHRONIQOE. 



H 



Wx 



N^CROLOGIE. 

Dans les derniors jours do Pannee qui vient 
de s'ecouler, Ics membres du Cerele de la Li- 
brairie assistaicnt an service funcbre d'un de 
leurs j)lus anciens collogues, le regrelte 
M. Piet; cette fois, e'est un des plus jeunes quo 
la mort vient de leur enlever, I'aimable et 
sympathiqueM. Ccorgcs liarba Age de trente- 
neuf ans i peine, il a succomb6 le Janvier, 
aux attcintes d'une affection des plus doulou- 
reuses, qui, depuis trois annees no lui avail 
laisso que de bien courts rep its. II comptait 
beancoup d'amis* et sos confreres appreciaicnt 
tout particulierement la francluse et I'amenifc 
de son oaractere. II laisse, inconsolable et l>ri- 
see par une si dure epreuve, une jcunc fenime 
qui pendant la longue periode de ses cruelles 
son Frances, n'a cesse de lui ' prodiguer les 
ineqmisables ressources de son affection et du 
plus cntier devourment. 

VARI£t£S. 

Le Catalogue de la Bibliotheque de la 
Prefecture de police. 

Tons les journaux ont annonco que Ton ve- 
nait de publier le catalogue de la bibliotheque 
do la Prefecture do police, et sans doute plus 
d'un erudit, plus d'un lettre out ressenti une 
joie reelle en voyant poindre cette lumiere 
deslinee a guider les cbercheurs dans ces laby- 
rintbes qui contiennent encore taut de tresors. 
llatons-nous de le dire, cette joie est prematu- 
re. Le catalogue qui a paru j! y a quelques 
jours n'ofTre d'interet qu'au point de vue ad- 
ministrate. Les services etant .se pares les uns 
des autres, ce catalogue est destine a indiquer 
les livres usuels que possedo la bibliotheque. 
L'ouvrago vraiment intercssant paraltra quel- 
que jour ; mais, en depit du labour de bene- 
dictin auquel s'est vou6 M. Labat , le savant 
arcbiviste, il nous faudra encore aLtendre un 
certain temps... 

Pour indiquer Pimportaucc d'un pareil tra- 
vail, il est necessaire d'enlrer dans quelques 
details qui montreront a la fois et la valour 
des documents qui subsistent et le prix inesti- 
mable de ceux qui out disparu dans les incen- 
dies de la Commune. 

An commencement du siege do Paris, on se 
preoccupa d'une en tret; possible des Prussiens 
et Ton songea a mettre a Pahri certaines ri- 
cbesses artistiques. On no pensait, i)ion en 
tendu, qu'a I'ennemi, et Ton aurait lapide 
quelqu'un qui out suppos6 (pje le peuple le 
plus spirituel de la terre brulerait lui-meme 
sos monuments et ses bibliotbeques pour amu- 
ser des officiers allemands qui se tordaient do 
rire du baut des collines de Sannois... 



Ce fut alors que, dans le plus grand secret, 
on deposa dans un caveau mure la Venus de 
Milo et une partie des Arcbives de la prefec- 
ture de police. N'est-ce point la un des plus 
saisissants contrastcs que puisse presenter 
niisfoiro : ce chef-d'amvre de PArt antique 
ayant survecu a Tecroulement de deux ou trois 
civilisations, et se rencontrant, apres tant de 
sircles, en tete-a-tete avec cesregistres pleinsde 
crimes, de sang, de tortures, temoins impas- 
sibles et eloquents do tant de cruels forfaits et 
de tant d'horribles suppliccs...? 

Apres les journees de mai, on proceda & Pou- 
verture du caveau, oil tout fut trouve intact. 
Crace a cette precaution, une fraction des ar- 
cbives avait ochappe a la destruction. Parmi 
les documents ainsi preserves, il faut citer : 

1" Les rcgistros d'ecrou de la Conciergerie, 
du commencement du soiziome sieclu a 1789. 

Cost la que Ton voit encore I'ecrou de Ra- 
va iliac, praticum, accuse d'assassinat, et en 
marge, d'une jolie ocriture a fioritures, la 
levee de I'ecrou, e'est-a-dire les details du sup- 
pi ice de l'assassin i.enaille et ecartele ; 

1° Les rcgistresdes prisons duCrarid-Ch&telet 
de UVM a 1792 ; 

3° Le recueil manuscritconnu sous lenom de 
collection Lamoignon, ot contenantdes lois et 
reglemenls de police depuis Rstienne Boiieau 
jusqiPen 1770 ; 

4° Le livre des cou leurs et des barmieres du 
Chatelet ; 

5" Les cartons renfermant les proces-vcr- 
baux des commissaires de la periode revolu- 
lionnaire; 

<>° Les rcgistros sur losquels les administra- 
leurs de police consignaient les premiers in- 
terrogate ires des person nes arrotees pour 
delits antircvolutionnaires, ceux qui, selon 
1'expression d'alors, etaient suspeMs d'dtre sus- 
pects; 

7° Plusiours rogistrcs d'ecrou de diverses 
prisons ; 

8*> Les cartons renfermant les pieces rela- 
tives a la machine infernale de la rue Saint- 
INieaise, a l'affaire Cadoudal, a la conspi ration 
de Mallet, aux proces Mauhrcuil, Louvel, des 
quatre sergents do la Ilocbelle... 

Un execs de precaution, au contraire, anean- 
(it pour jamais une autre partie de ces tresors 
bisloriqucs. Pour les derober aux premiers 
regards, on avait eu I'idee de les placer dans 
un lieu oil nul ne se scrait avis6 de cbercher, 
dans Ivpilonagc, petit bailment donnant sur la 
eour de l'ancienne Chambre des comptes et 
oil Ton deposait les papiers jetes au rebut et 
que le cartonnicr venait prendre la pour en 
faire de la pate. 

Le pilon ! quelle signilication n 'avait pas ce 
mot sous Pancien regime! Que de cbefs- 



■ V V-;^-^ V,*'.' J 



• V.H. 



!^--'-. 



\2 



CHRONIQUE. 



d'ceuvre, dc revendicalions hardies, de pam- 
phlets avaient passe par ce pilon ! C'etait la 
probahlement que venaient disparailre tons 
ces ouvrages que, dans la Fin (Vun mondc, Di- 
derot apereoit dans les vastes pieces qui pre- 
cedent l'appartcment de M. dc Boynes, alors 
que, loulemin, il accourt reclamer les derniers 
tomes de V Encyclopedic. 

Et voyez encore le rapprochement ! C'est la 
qu'on depose les minutes des correspondanccs 
des lieutenants de police, les regislres des 
ordrcs du roi , e'est-a-dire des lettres dc 
cachet, les dossiers de tons les individus 
ren formes soil dans les forteresses, soit dans 
les couvcnls, non en vertu d'arrels rcguliers, 
mais par le hon plaisir d'un minislre on sur la 
demande dc parents bien en cour. L'arbilraire 
vient mourir la mftme on il a Iriomphe... 

Quand le 2ft mai 1871 on penetra dans celte 
salle doni on avail, peine a soutenir retouffanle 
atmosphere, il ne rest ait pas un morceau de 
carton .. 

En depil du temps eeoule, rhomme, avec 
des formes differenles, avail ele seiublahle a 
lui-meme; a quelques pas de l'endroit 011 le 
ponvoir absolu hrfilait les chefs-d'muvre de 
l'esprit huinain, des revolulionnaires avaienl 
enduit l'nisloire de pelrolo el I'avaient brulee 
toute vive. Sartines el d'Argenson avaienl con- 
dam ne Ilidernf. et Rousseau sans les juger; 
Itigault el Kern' enlevaienl Unites les pieces dn 
proces A ceux <jui auraient voulu juger Sarti- 
nes et d'Argenson. 

Une pincee de cendres, c'est tout ce qui 
rcstailde tant de documents d'urie importance 
sans egale pour les historiens, et devanl ce 
foyer ardent 01 j s'elaientconsuniees tant d'eeri- 
tures, la parole dc TKcriture, prenanl en pith'* 
la folic humaine, scinblait murmurer sur un 
ton railleur leternel Memento quia jndvis es ct 
in pulverejn reverter is... 

Parmi ces documents, quclques-uns eurent 
encore; la chance de survivre, grace aux tra- 
vailleurs qui, rnus par une sorle d'instinct 
secret, en avaient pris des copies presque lex- 
luelles. 

Dans ce nombre, il convent de mentionner 
les regislres de PAbbaye pendant les massacres 
de Seplembre. (Jui ne se souvient de ces regis- 
tres tachtVs de vin, sal is de sueur, porlanl 
rempreinle sanglanfe de tons les travailleurs 
de Maillart qui, en s'expliquanl avec Ieurs 
chefs, posaient tranquillomenl Ieurs doigls tout 
humides de sang sur les fouillelsou Ton inseri- 
vait le sort de chacim des prisonriie,i*s ? Les 
regislres originaux onl peri dans Fincendie., el. 
cependaiit il en resle une copie qui a presque 
aulant de conleur et d'aecenl que les regislres 
mfmies du temps. 

M. Labat pere, qui avail entrcpris cetle 



copio, avail eu soin de reproduire minutieu- 
semenl loutes'les rat u res, toutes les surchar- 
ges, toutes les hesitations de la plume qui, 
parfois, tremblait aux mains dc ceux qui pre- 
sidaient a cet egorgement. Un exemple choisi 
an hasardfera mieux comprendre a quel point 
celte fidelity scrnpuleuse contribue a. maintenir 
leur cachet exact elleur caraclerc dramatique 
aux proees-verbaux de ces sombres journ6es. 
Nous le prendrons, non parmi les victimes 
il lustres, mais parmi ces inconnus dont la 
inert inexpliqm'c nous a toujours plus inte- 
ressr en ces hen res tragiqucs que le trepas de 
ceux qui avaient eu dans ces evenemcnls une 
responsabilit/i quelconquc. Devanl le nom de 
Prize, nous trouvuns d'abord celte mention : 
mis en liberie, (Juelqu'un est arrive, sans doule, 
el a dit : « Mais non ! Prize a el6 tue. » On 
efface mis en liberie', et Ton ecrit a la place mis 
a mart. Un autre survient el s'ecrie : « A quoi 
pensez-vous ? Prize n'est pas inert; il court los 
rues a rheure qu'il est. » 

« Voila. un prisonnier qui nous donne plus 
de mal que tons Ies-autres,» s'est certainement 
eerie le president, et, (Pun trait de plume cris- 
poe, il bifle les deux mentions pour ecrire : 
ineertain... 

Avonez que le pauvre Prize eiU £to mal ins- 
pire de venir faire eelaircir sa situation a ce 
moment-la. Dans ces catastrophes, d'ailleurs, 
comme dans les menus details de la vie, il y a 
toujours des gens qui n'ont j>as de chance. 
Quoi de plus malenconlreux que ce inalheu- 
reux Claude (iuyet, devanl lequel on lit celte 
simple indication : « Kntr6 le 4 seplembre au 
matin et execute un quart d'heure apres. » 

Kn parlant de celte copie du registre de TAb- 
baye, nous touchons a une des j)erfes les plus 
considerables qu'aient ^-prouvees les archives 
de la Prefecture : Le repertoire central dc tous 
les ordres d'ar re station, dc compurution, da no- 
tification de jwjement et dc rnise en liberie pen- 
dant la pcriodc revolutionnaire. 

Ce travail, auquel M. Labat pere avaitconsa- 
cre de I ungues annees, a ete entierement 
detruit par rineendie. M. Labat (ils, Parchi- 
visle actuel, a eu la j>atiencc de le recommen- 
eer a nouveau sur un plan [dus etendu et dans 
des j>nipurtions plus vastes. Ce repertoire, 
qu'il a fallu completer par des renseignemenls 
du dehors, puisqu'une partie des regislres des 
prisons a disparu, eontient ])lus de 2,000 pa- 
ges; il a exige plus de (10,000 iiches; il donne 
Tordre d'arrestation, d<* transferement, de mise 
en liberty ou d'execntiou de plus de 20,000 in- 
dividus, el il embrasse toute 1'epoque comprise 
entre h^s premiers jours do 1780 et les derniers 
inois de Tan V. E. Diuimoni). (La Liberie.) 



Le Secrdtaire-G6rant, Blanchot. 
Pari*. — Typ. l*illet et Duaiouliu, ruo dua Gr.-AuguHti;:;*^ . 



I v V V- 






I'M/ 



1,1"! 



66« Ann6e. 2° S6rio. 



N* 4. 



27 JanvUr 1877. 



CHRONIQUE 

DU JOURNAL GENERAL 

DE L'IMPRTMERIE ET DE LA LIBRAIRIE 



Paris, au Cercle do. la Librairie, de rlmprimerie ct de la Papeteiw, rnr. Bonaparte, 1. 



So mm a ike : Conseil d\ 




rele deia Lihrnine.- Documents officiels. - lU/'ormr postal*, 
udence. — Fails divers. 



CONSEIL D' 



DU CERCLE DE LA 



Proces-vcrbal de la seance du W Janvier 1K77. 



Pr6sider.ee de M. Basset. 

La stance est ouvcrtc a '.» heures du soir. 
. \\\ membres presents; 1 s'excusent par Ict- 

iros. 

M. le Skciiktairk donne lecture du proces- 
verbal do la stance du 10 de-cembre 1870, qui 

est adopts. 

JVL lrTrksorikr fsi-it connaitre Petal des cais- 

ses. 

Lc conseil s'occupe du rcnouvellement du 
bail du Cercle, qui expire au terme d'oclobre 

prochain. 

M. le President annonce que, sur le drsir 
exprime par le conseil, qu'il y ait, un jour lixo 
de la semainc ou les membrcs du Cercle 
soient certains de reneontrer levant lorsqu'ils 
ont affaire a lui, il a el/; convenu (pie le ge- 
rant resterait au Cercle tous les rnardis de 
1 hcurc k IJ heurcs. 

M. le President dit que pltisieurs libraires 
detaillanls lui ont adrcsse cette annec, eomme 
Fannce derniore, des observations an sujet de 
la vente des livres d'etrennes dans les maga- 
sins de nouveautes. 

Le conseil decide (prune reunion des edi- 
tcurs interesses dans la question sera provo- 
quee dans un brel' delai, afin d'examiner ces 
observations et de chercber s'il y a moyen de 
donner satisfaction aux vcuux des libraires de- 
tail lants. 



M. lk President dit ([uc la question de im- 
position collective du Cc|de en 1878 a ele 
ajournee par la derniere asseniblee general e, 
mats non rosolue, etquele moment est venu de 

prendre un parti. 

Deux membres appuient le pro.jet d'cxposi- 
sition collective comnic pouvant etre utile a 
ceux qui ne voudraient pas faireles frais d'une 
exposition individiielle. 

M. le President dit qu'il ne so place pas a 
ce point de vue, et .que, dans sa pensee, Impo- 
sition du Cercle devrait avoir pour objet de 
-rouper dans un petit espaee les prodiuts les 
plus parlaits dc nos diverse* industries. 

IN MKMimi-: dit quo le Cercle se trouverait 
ainM oblige de cboisir les produ.ts exposes, 
re qui odrirait des difficultes. 

[]n autre repond (pie le clioix sera fait par 
cbaque participant. 

(in troisieme membredit que, si 1 exposition 
est faitedanscet ordre d idecs, lc Cercle devra 
en fairc tons les frais, sans demander aucune 
cotisalion aux individus qui Ibrmcront la col- 
lcclivite. II ajoute que, a sesyoux, Imposition 
,-oIlective an rait pen (Futility Pans, et qu il 
nrefererait voir le Cercle employer ses ressour- 
ccs a preter son aide aux libraires ctranper^ 
pour Forganisation de lours expositions et a 
Imir offrir une hospitality gracieuse dans les 

salons du Cercle. 

Un quatrieme dit que, imposition de 1 ans 
devant etre beaucoup moins dispendieuse que 
cellos qui ont etc fades a Fetranger, les deux 
nroiets peuvenl fdre Valises coneurremment. 

Knlin lc conseil approuvo Fid6e de Fexposi- 
tion collective dans 1'ordre d'idees expose par 
le President, et il decide que, si ellc est reah- 
see, ce sera a la charges exclusive du Cercle et 
qu'il n'y (igurera aucun nom particular. 



('hi'07ii(jue y 1877. 



" 14 



CH|l<M«QUE. 



- t i 



'.■f 



La date de rassembl6e generate annuelle est 
fix6e au 23 ftvrier, et celle de la soiree au 
3 mars. 

M. le Pbesident lit line letlro de M. Emile 
Bailliere, qui, A Poccasion de sa reflection a la 
chambre de commerce, lui a fait remettre 
200 fr. pour la caisse de secours. 

Deux secours sont volte. 

Le conseil recoit Ies demissions de MM. Ar- 
dant, Le Gere, Meyrueis, Rion et Vi6ville. 

MM. Robert Engelmann, Raoul Hussenot, 
Alexandre Lemoine et Rend Lorilleux, prteen- 
t6s a la derniere stance, sont admis commc 
membres du Cercle. 

Le Conseil s'occupe de diverses questions 
d'ordre int6rieur et des elections qui devront 
avoir lieu le mois prochain. 

La stance est leyee a onze heures et demie. 

Ponr cxtrait : 
Lc secretaire du Cercle, 
A. Templier. 



.^< H I itf>0- 



DOCUMENTS OFFICIELS. 



D6crct relatif a V exemption de Vimpot sur 1c 
papier pour les jour naux officials (18 Jan- 
vier 1877). 

Le President de la R6publique franchise, 

Sur le rapport du ministre des finances; 

Vu les lois des 4 septcrnbre 1871 et 21 juin 
1873; 

Vu le decret du 1(> aout 1873, portanl regle- 
ment d'administration publique pour la per- 
ception de Pimpot sur le papier; 

Vu la loi du 30 juin 1874, qui cxempte des 
droits etablis par la loi du 4 seplembre 1871 
les papiers employ te a l'impression des jour- 
naux officiels, et qui dispose qu'un reglem.cn t 
d'ad ministration publique determinera le mode 
de contr<Me a instituer pour constater les quan- 
tity de papier employees a l'impression des- 
dits journaux ; 

Le conseil d'Etat enlendu, 

D6crete : 

Art. l (,r . — L'imprimeur du Journal officio I 
du matin et du Journal officicl du soir doit 
inscrire c.baquc matin et cliaque soir sur le 
registre qui lui est rem is par le service des 
contributions indirectes, ind6pendamment des 
indications exiles par Particle 33 du decret 
du d(> aout 1873, rclafivement au n ombre et 
au poids des feuilles de papier employees a 
l'impression de cbacun de ccs journaux, le 
nombre et le poids, par categoric de papier, 
des bandes apposees sur les exemplaires expe- 
dite au domicile des abonnes. 



II doit ajouter de me^me 4 P6tat presentant 
les indications du tirage journalier fourni tous 
les dix jours aux agents de la r6gie, en vertu 
de Particle 34, paragraphe 2, du decret pr6cite, 
Pindication du nombre et du poids, par cate- 
goric de papier, des bandes appos6es sur les 
exemplaires envoyes aux abonnes. 

Art. 2. — L'imprimeur desdits journaux of- 
ficiels ne peut rccevoir dans ses magasins et 
ateliers que des papiers liberes de la taxe in- 
terieure de fabrication. II lui est tenu compte 
de cct impot dans les conditions determiners 
par Particle ci-apres. 

Art. 3. — Au vu des etats fournis tous les 
dix jours et apres contrAle avee les exonera- 
tions des registres de Pimpri incur, les cm- 
ployte de la regie delivrent un certificat special 
nientionnant les quantitte de papier pour les- 
quelles il y a lieu de tenir compte da^ droits 
acquittes avant Pintroduction dans Pimpri- 
merie. 

Apres avoir 6t6 vises par le directeur des 
contributions indirectes du d6partement de la 
Seine, les certiOcafs dont il s'agit sont remis 
a Pimprimeur, qui, pour rentrer dans ses 
avanees d'impol, doit les transferer aux norns 
de fabricants qiPil est tenu de designer. Ceux- 
ci obiiennent alors, dans Jcs conditions deter- 
minees par Particle 18 du decret du Hi aout 
1873, des deebarges egales au montant des 
droits pcrcus sur les quantiles de papier enon- 
cees auxdits certi Meats. 

Art. 4. — Le ministre des finances est charge 
de Pexecution du present decret, qui sera pu- 
blic au Journal officieL 

Fait a Versailles, le 18 Janvier 1877. 

Marechal de Mac Maiio.n, 

due dk Magenta. 

Par le President de la Republique : 
Le ministre des finances, 
Leon Sav. 



R6forme postal e. 

La commission du budget s'est r£unie au 
jialais Bourbon, sous la presidency de M. Gam- 
betla. 

Conformement a la decision de sa sous- 
commission, dontM. Cocberylui a donne* con- 
naissance, la commission general e a resolu de 
proposer : 

1° De reduire, a parti r du \ ct juillet 1877, a 
une taxe umforme de P r J c. le port de toules 
les lettres circulant en France et en Algerie, 
aussi bien cellcs circulant de bureau a bureau 
que les lettres n6es et distribuables dans la 
circonscription du meme bureau ou de Paris 
pour Paris; 



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"' ^\ " ."■■>, ■"''.;'; r:"? ; ".''^* 



CHR0N1QUE. 



•A* 



2° De fixer a une taxo unique do 2S c. les 
lettres envoyees a l'etranger; 

3° D'etablir une taxe uniforme dc 10 c. 
pour les cartes poslales, aussi Lien sur ccllcs 
qui circulcnt en France et en Algerie, dc bu- 
reau a bureau, que sur les cartes poslales nres 
el distribuables dans la circonscriplion d'un 
mfime bureau. 

En ce qui concerne Ics journaux, la commis- 
sion est d'avis : 1° dc reduire de 4 cent a 
2 cent, la taxe pour ceux qui pesent i;> gr. et 
au-dessous; 2° de reduire de 2 cent, a 1 rent, 
la taxe pour le journal circulant dans Tinte- 
rieur d'un d6parlement. 

Kile s'est preoccupee aussi de renvoi des 
journaux par ballots. Actuellement, le mini- 
mum de poidsaceorde pour b6neficicr du droit 
d'envoyer des journaux par ballot est dc ;i kil. 
La commission desirerait qu'on abaissat a iiiO 
grammes ce minimum. 

M. Cochery, rapporteur de la commission, a 
el6 charge de s'entendrc sur ce point avec 
M. Leon Say, ministre des finances. 

Relativement a la taxe des imprinies ordi- 
naires, tels que: prospectus, circulaires el pa- 
piers de commerce, la commission voudrait 
etablir reehelle suivanle : 

Jusqu'a ;> grammes, la taxe a percevoir se- 
rait de \ centime: 

Jusqu'a 10 gr., de 2 centimes ; 

Jusqu'a M) gr., de 3 centimes ; 

Jusqu'a 20 gr., de 4 centimes; 

Enfin, de20*a ;>0 gr., la taxe serait de 5 cen- 
times. 

JURISPRUDENCE. 

TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE (l re ch.). 

Audiences des 10 et 17 Janvier. 

Pr6sidence dc M. AimfciM*. 

M. IlENK UK I'ONT-JKST CONTRK MM. JULES VKKNK 

ET HET/KL. OK MAN I) K EN Wfity) EIlANCS DE 

OOMMAUES-INTKIlfeTS. — LK Voi/a*J(i <tU CClltrd 

de, la Torre et la T6te da Mimer. 

M. Hen6 de Pont-Jest, auteur d'un livrc in- 
titule la Tele de Mimer, a assigne MM. Jules 
Verne et Hetzel, auteur et cdifeur du Voyage 
au centre de la Terre, en 3,000 fr. dc domnia- 
ges-ini/inHs. Suivant la pr6tention du deman 
deur, l'ouvrage de M. Verne conlient dc nom 
breux crnprunts fails a sa publication. Des 
descriptions locales auraient el/; empruntecs 
tout en tie res aiix dose ri pi ions fa i les par 
J\l. de Pont Jest. Des personnages ont <Hc 
copies, et si les lex les de Tun et de lautrc 
on v rage rfo (Trent pas de ressemblances qui 
puissent faire dire que le second est la copie 



du premier, il y a neanmoins entre tous deux 
une analogic extraordinaire. 

Tel est en quelques mots le resum6 de la 
demandc. 

Voici le texte du jugement rendu par le Tri- 
bunal a l'audience du M Janvier : 

c< Lc Tribunal, 

« Attciidu que Loon Delmas, dil iKene de Pont-Jest, 
auteur (rune nouvelle publico dans la Revue Contem- 
pnrnirie du 30 scptcmbro 1863 sous le litre : La T6ie 
dc Mimcr, impute h Jules Verne d'avoir emprunte a 
son (I'uvre la dounee principalc, les personnages et jus- 
qu'a des details caracteristiqucs pour les transporter 
dans tin livre public par lui en 1864 sous lc titre : 
Voyage au ceritrn de, la Terre; 

« Qu'il impute egalemcnt a iletzel et C e de s'etre 
associos a net aeto de plagiat en f'aisanl connallre a 
Jules Verne la T<He de Mimcr et en 6ditant ulterieurc- 
ment le Voyage au centre de la Tcrre ; 

« QuVi raison de ccs fails il rdclame coutre les deux 
defendours solidaireiuetit une somme dc 10,000 francs 
a titre de dommages-intorcts ; 

« Attendu qu'il existe ineontestabloment des points 
de ressemblance notables entre l'np.uvre de Delmas et 
la premiere partie de cello de Jules Verne, mais que 
res ressemblances ne soul pas de telle nature qu'elles 
impliquent neeessairement une, sorte de plagiat; 

« Que la donnee adoptee par les ecrivains est dans 
le funds commun de la literature contemporaiue; 

« Que nolle donnee rneme comportait des personna- 
ges de earaetere, de situation et d'habitudes analogues, 
et dr.s peripeties de nature egalement semblable; 

« Que quant aux details earaeterisliques signales par 
le dc.mandeur, une id entile n 'existe pas ou na pas la 
portfie qu'il lour assigne; 

<( Attendu, d'autre part, (pic 1'aMivre dc Delmas et 
relic do Jules Verne se difTerencient par le but que 
ebaeuu des autcurs a poursuivi ; 

« Que la nouvelle de Delmas conlient un tout com- 
pl.'.t et semble destinoe au developpement d'une idee 
philosophique qui en forme la conclusion; qu'elle 
s'adresse aiusi a des lecteurs d'un ordre partieulier 
eomme la Hevuc memo dans laquelle elle aet6 pubhee ; 
que dans le livre de Jules Verne, la partie qui motive 
Taction dc Delmas n'est que Introduction a I'.euvre 
veritable et la mise cu scene des personnages du 
drame; que le livre lui-meme, se rattachatit au genre 
du roman scientiiique, s'adresse a une classe de lec- 
teurs toute speciale, pour qui Tauteur a constamment 
rrtserTe ses productions; 

« Attendu, diss lora, que Delmas nc pourrait justifier 
d'aueun prejudice serieux, a l'epoque oil les deux pu- 
blieatious ont eu lieu ; 

« Qu'il l'a ainsi appreeie lui-ineme en laissant som- 
meiller son action pendant plus de douze ans, alors 
que., d*'S le premier jour, sa pretention avail die for- 
iuell(unenl repoussoe par les defendeurs; 

« Qu'il no pourrait davantage justifier d'un prejudice 
aetuel, indopendanl du premier; 

« Que cousequemment sa demande doitetre rejetde; 

« Par ces motifs, 

a Declare Leon Delmas, dil Hen6 de Pont-Jcat, mal 
fonde dans sa demande^ 

« 1/cn deboute. et le coudamuo aux ddpens. » 






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16 



CHRONTQUE. 



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FAITS DIVERS, 

Voici les nouveaux prix qui seront d6cern6s 
par l T Acad6mie pendant les ann6es 1877, 1878, 
1880 et 1881. 

M mo la duchesse d'Otrante a 16gu6 a l'Aca- 
d6mie une somme dc deux cent mille francs 
dont les arr6rages doivent fitre employes a 
donnertous les trois ans des prix pour r6com- 
penser de bonnes actions. L'Academie les de- 
cernera pour la premiere fois en 1880. 

Un prix annuel de mille francs, fond<S par 
M. Gemond pour actes de courage, de denoue- 
ment et de sauvetage, sera decern^ pour la 
premiere fois en 1878. 

Le prix Maill6-Latour-Landry, pour un ecri- 
vain ou un artiste m6ritant d'etre encourag6, 
sera d6cern6 en 1 878. 

Le prix Halphen, pour Tauteur de l'ouvrage 
le plus remarquable au point de vue litt6raire 
ou historique et le plusdigne au point de vue 
moral, est de quinze cents francs, tousles trois 
ans; il sera d6cern6, pour la premiere fois, en 
1878. 

Le prix Guizot, de trois mille francs, en fa- 
vour du meilleur livre public dans les trois an- 
uses pr6c6dentes, soil sur Tune des 6poques de 
la litlerature francaise, soit sur la vie et les 
muvres des grands ecrivains francais, sera de- 
eern6 en 1 878. 

Enfin, M m * r Botta, de New- York, ayant fait 
don a I'Acad^mie d'une somme de vingt mille 
francs dont les revenus doivent Gtre employes 
a uncfondation quinquennale, l'Acad6mie d6- 
cernera ce prix pour la premiere fois en 1881, 
au meilleur ouvrage publi6 en franrais dans 
les annees precedentes, sur V amelioration dc la 
condition des femmes. 



On lit dans les Debuts du 9 Janvier : 

« L'agent central de la Socicle des auleurs, 
compositeurs et 6diteurs de musiquc vient 
d'appeler I'attention des prefets sur la ntfecs- 
site de faire reconnaitre et respecter dans les 
d6partements le droit de propriety sur les <eu- 
vres litteraires el musicales. 

Ce droit, sanctionne par les decisions des 
tribunaux, est consacre" et garanti par les lois 
des 19 Janvier et 6 aont 1791, <les 19 juillcl et 
l* r septembre 1793, les decrels des 8 juin 1806, 
5 f6vrierl81<), et par la loi du 1 i juillcl 1806, 
ainsi que par l'article 428 du Code penal. 

Aux tennes de ces lois et d6erets, les auleurs 
d 'exrils en tout genre et les compositeurs de 
musique jouissenl, pendant Jeur vie, du droit 
exclusif de vendre, distribuer ou faire repre- 
sentor ieurs ouvrages, et d'on c6der la propri<H6 
en tout ou en partie. Le rnCme droit est, aprfts 



leur mort, d6volu pendant cinquante ans, par 
la loi de 1866, a leurs heritiers ou 16gataires, 
et il est garanti par des dispositions penales 
qui, en cas de contraventions, leur accordent 
des dommages-int6rels. 

II convient, afin d'assurer le respect de ces 
dispositions, que les maires nedonncntaucunc 
autorisation aux entrepreneurs de theatres, 
bals publics, concerts, meme de bienfaisanee, 
cafes cbantants, etc., qu'a' la condition que ces 
dcrniers justifieront du consentcment des au- 
leurs des ocuvres ex6cut/ k es, a moins qu'elles ne 
soient tomb6cs dans le domainc public. 

Toute contravention donnerait lieu a un pro- 
ces-verbal qui serait def6re au tribunal compe- 
tent, a la requite de la partie int6ress6e. 



A Ilanovre, les societ6s scientifiqucs et litte- 
raires de la ville viennent de c61ebrer l'anni- 
versaire du jour ou, il y a deux cents ans, 
Leibnitz fut nomm'^ bibliothecaire. Le tom- 
beau du savant philosophe, qui se trouve a 
Teglise Saint-Jean, avait etc orn6 do fleurs. A 
la bibliotheque, les manuscrits les plus pre- 
eieux avaient Mb sortis des arm o ires et expo- 
ses aux regards des visi tours. 



Ce qui restait dc la bibliothe.que du general 
C.eorge Washington vient d'etre vendu a Phila- 
delphia, en vente publiquo. Les porsonncs qui 
avaient 6t6 chargees de la garde de ce trc\sor 
dc souvenirs avaient, a ce qu'on dit, laisse" en- 
lever beaucoup de volumes et mutilor pas mal 
d'ouv rages. 

L'heritier de lafamille, un tout jennehornme, 
arriere-pclit-fils du ire re du general « pere de. 
la patrie », s'esldebarrass6 de cequi en restait, 
environ 2I>0 volumes, aux encheres. Celte 
ventc n'a rapporte que 1,933 dollars. 

(Revue Brilanniqw ) 



Le Bcfirsmblatt, organe de ^association des 
libraires allemands, fixe a l. r J,8J>7 le nombre 
des publications litteraires panics en Allema- 
gne pendant l'annee 1876; il depasse de 100 
environ celui de Tannic pr^cedenle. 

Voici que! a etc-, suivant Ic meine journal, 
le chiffre de la progression dans la production 
litteYairc depuis 1870 : 

Kn 1870, on a constate l w 2,740 publications 
nouvelles; en 1871, 13,871; en 1872, 13,9^i; 
en 1873, 13,963; on 1874, i:i,01<». 



Le Secritaire-Girant, Blanchot. 
Paris. '—Typ. Pillot et Dunaoulia, rae dee Gr.-AaguBli:**,!* 



r 



^r:^-m 



66 8 Annde. 2« S6rie. 



N° 5. 



3 F6vrier 1877 



m 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



BE I/IMPK1MER1E ET DE LA LIBRATR1E. 



* 



4 



...v 



^ 
* 

'■.5 



SOMMAIRB 




la Librairie, de I'Imprimcrie ct do la Papctcric, rue Bonaparte, 1. 



ra-tfi-il ties enfants et des filles mineures dans Pindustrie. — Fails divers. 



RAPPORT preseiH^ ^W^J j^'residcyd de la 
Kcpublique, par le president de la commissi* m 
sup&rivure du travail des enfants ct des filles 
7niimires employes dans Vindustric. 

Paris, \v. ,'iO Janvier 1 87(i- 

Monsienr le President , 

Dans le rapport quej'ai eu Phonneur devnus 
adresser l'annee derniere, je faisais eonnaitre 
les premieres dispositions prises ])Oiir assurer 
Pexeculion de la loidu 10 mai 1874- stir le tra- 
vail des enfants employ6s dans Pindustrie, et 
je me croyais autoris6 a enoncer Pespoir que, 
dans nn avenir proehain, les bienfaits de celle 
loi auraient penelre partout. 

Aujourd'hui, la commission sup6rieure cons- 
tate avec satisfaction que, dans le courani de 
l'annee 1870, des progre-s serieux out «'te ac- 
complis. 

(irace a la direction ])leine a la ibis de fer- 
metc et de managements que I'administration 
a imprimee a ses agents, au zele des inspee- 
teurs divisionnaires, a la bonne volonle et a 
l'initiative des industrials, la loi est acceptt'e 
et sa mise en vigueur s'accomj)lit sans grand*; 
difficulty dans la plupart de ses prescriptions. 

Les dispositions de Particle l\ qui fixe Page 
minimum auquel les enfants penventetre ad- 
mis dans les ateliers, manufactures, etc. 
continuant a elre appliquees d'une maniere 
absoluc. 

Quelqucs industries ontcependanl demande 
a etre comprises dans les exceptions prevues 
par le reglement du 21 mars 187;>, qui autori.se 
Pemploi des enfants de dix a douze ans. 

L'examen auque! ces reclamations out etc 
sonmiscs a fait reconnaitre (pie Pautorisation 

Chro?ii(/uc, 1877. 



sollicitee ne pouvait Atre aecordee qu'a deux 
d'entre elles. 

line proposition dans ce sens va etre sou- 
mise au eonseil d'Ktat. 

On a reponss6 toute demande tendant A 
augmenter la duree du travail des enfants au- 
dessous de seize ans, la commission, sur Pavis 
con forme de Pad ministration, ay ant reconnn 
qifon ne pouvait sans danger contrevenir aux 
dispositions tie Particle it t qui fixe A. douze 
heures par jour le maximum de travail A im- 
poser aux enfants de cetage. 

Certaines manufactures de PKlat, et specia- 
lement les arsenaux de la guerre et de la ma- 
rine, echappent au contnMe des inspectcurs 
divisionnaires ; mais les communications 
echangees entre I'administration du commerce 
et les dill'erents departements miniMeriels 
prouvent (pie la loi de 1874 est scrupnleuse- 
ment execut6e dans tons ces etablissemenls. 

Ouclques modifications devaient etre appor- 
tees, en ce qui conceme Pindustrie des verre- 
ries, au reglement. du !2*2 mai 187;>, qui d6ter- 
miue les conditions du travail de nuit et de 
celui du dimanehe dans les usmes A. feu con- 
tin u. Les propositions faites a ce sujet par le 
coniile des arts et manufactures, qui a ete 
charge de Pexamen de ces questions, out parn 
de nature a eoncilier les interets des indus- 
trials avec la protection due aux enfants. Elles 
vont etre soumises a la sanction dd eonseil 
d'Ktal. 

1/inslruetion primaire que le rapport de 1875 
signalait comme la partie la plus delicate de la 
loi a (He, cette annee, Pohjet d'une enqufite et 
d'unc discussion attentives, desquelles on pent 
couclure avec un sentiment de patriotique 
satisfaction qu'clle a donna les nieilleurs 
resultats. 1/appel fait aux grands industrials a 



r> 






Wn;^^:\ zy r-^\^:-:''- y.ZV- :*-■:-";"' V. 



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«8 



CnROTSIOUE. 



616 entendu et, grace a la g6n6reuse initiative | adjoint?, charges des ecoles de hameaux creees 

js par la loi du 10 juillet i87S. 



de bealicoup d'entre eux, la creation dans les 
usines des ecoles privoos a pris, depuis le com- 
mencement de cette ann6e, nn d6veloppement 
relativement considerable. 

D'aprfes les renseignements parvenus a Tad- 
ministration, et qui sont certainement au-des- 
sons de la verite, le nombre des ecoles creees 
par Teffet de la nouvelle loi depasse i;J0; dans 
nn seul departement, il s'on estetabli 14; il en 
est qui peuvcnt etre cities commo de.s mo- 
deles. 

Lorsque le personnel trop restreint do cha- 
que usine ne perrnettait pas la creation d'une 
ecolc particuliere, les industries ont etabli A 
frais communs des ecoles qui reeoivent A des 
henres determines, prises surle temps du tra- 
vail, les enfants illettres des diflVirentes fabri- 
ques. 

Knfin, certaines grandes municipalites ont 
installs <les cours speciaux en favour des jeunes 
ouvriers dont Tatclier n'etait pas dote d'nne 
ecoleparticuliere; ces cours sont suivis avec 
beaucoup d'assiduite. 

I -a commission se plait a signaler a la recon- 
naissance des wis, a lYmnilation des autres, 
ces exemples heureux et ce noble empresse- 
rnent. 

Sans (ioute ces Ecoles privies on mixtes, ces 
cours s])6ciaux, mAnio en se general isant, ne 
suffiront pas pour fermer la plaie de Tigno- 
rance; mais, outre <iue ces creations marquent 
nn premier pas dans la voie du bien, s'il n'ap- 
partient pas a l'industriel d'imposer Tinstruc- 
tion au jeune personnel qu'il recoit dans ses 
ateliers, eng6n£ral il se montre prel A lui ren- 
dre facilcs les moyens de Tacquerir. 

Les deux departements du commerce et de 
Tinstruction publique ont examine avec une 
vive sollicitude comment on pourraitmettrc en 
harmonic la legislation relative A Tinstruction 
primaire et les exigences resultant de la situa- 
tion souvent excentrique des usines. Une en- 
tente commune s'est etablie et la resolution 
pratique A laquelle la commission s'est arrAtee 
semble de nature A ^carter les obstacles qui ont 
paralyse jusqu'iei dans certaines centre" as 
la mise en muvrc de la loi. 

On a determine, d'un commun accord : 

1° Le programme des eonnaissances que de- 
vront posseder les enfants pour obtenir le cer- 
tificat exige par l'article 9. Ce programme, 
moins etendu que celui que les lois de 18a0 et 
de 1807 assignent A 1'enseignement primaire, 
a ete proportionn6 A l'Age et aux besoms des 
jeunes ouvriers. 

2* A regard des conditions que devront 
remplir les instituleurs libres charges de la di- 
rection des ecoles d'usines, on a reconnu qu'il 
y avait lieu d'assimilerceux-ci aux instituteurs- 



Cette assimilation, en les soumettant aux 
memos obligations, leur donnera les mfimes 
droits, entre autres celui de deiivrer des certi- 
ficats d'aptitudc aux enfants dont ils auront di- 
rige Tinstruction. Cette solution fait accomplir 
A la question de Tinstruction de la classe on- 
vriere un pas decisif. Dans un avenir qui iTest 
peut-etre plus trfcs-eioigne, une nouvelle gene- 
ration arrivera A Tatclier avec des eonnaissan- 
ces sommaires, il est vrai, mais suffisantospour 
permettre A chacun de completer son instruc- 
tion selon ses aptitudes, ses besoins on ses 
gonls. L'avenir sera onvert A tons. 

I In roglcmcnt d 'administration publique du 
14 mai 1875 a determine la nomenclature des 
eiablissements insalubres dans Iesquels Tem- 
ploi des enfants est interdit. 

Qnclques inspecteurs ayant propose d'ajou- 
ler A cette nomenclature vingt-six industries 
nnuvelles, le comite des arts et manufactures 
et la commission sont d'avis d'y corn prendre 
doiue d'entre elles comme pouvant ex poser 
les enfants aux dangers resultant du manie- 
nient des matieres explosives on veri6neuses, 
on a ceux ({Lie produirait Tinspiration depous- 
sieres nuisibles. Toutefois, les enfants pour- 
ront el re employes dans les parties de ces 
eiablissements et dans les travail x qui ne les 
cxposeraient ni A la manipulation ni au con- 
tact de ces matieres on emanations dange- 
reuses. 

La seule partie de la loi pour laquelle on 
n'ait aucun progres A constater est celle qui 
est relative au role des commissions locales 
eL A celui des inspecteurs departementaux. 

Sauf sur quelques points, on ces commis- 
sions ont ete d'utiles auxiliaires pour les ins- 
pecteurs division nuires, la plupartd 'entre elles, 
arretees par des considerations locales de di- 
verse nature, ont 6vit6 de faire aucunc visite 
d'usines dans le rayon de leur circonscription. 
A Tegard ;des inspecteurs departementaux, 
le nombre en est toujours absolument insuf- 
lisant, et la situation signage Tarm6e derniere 
ne s'etant pas modifiee, la commission sup6- 
rieure ne pent que renouveler le vaui qu'ellc^ 
emettait dans son ]>remier rapport. 

S 'inspirant de la tolerance <pie leur a tou- 
jours recoHimandee Tadministration, les ins- 
pecteurs divisionnaires n'ont eu recours aux 
mesures de repression que dans des cas ex- 
ceptionnels ou lorsqu'ils avaient A vaincre des 
resistances opiniAtres. 

Depuis la mise A execution de la loi, e'est- 
A-dire dans Tespace de dix-huit mois, une 
centaine de proefcs-verbaux settlement a ete 
dressee dans Tetendue des quinze circonscrip- 
tions : tous ont ete suivis de condamnation. 



M. 



! 



-V'W 1 ' 



CHP^ONIQUE. 



If) 



La commission snperieurc a accueilli avcc 
une gran do satisfaction lc vote de con fiance 
donno a la Ioi dc 1874 par lcs pouvoirs legisla- 
tifs dans la degnicre session; elle cspere que 
les r6su)tats constates aujourd'hni seront de 
nature a rassurer les honorables mcmbrcs do 
parlenicnt qui, flans I'interet de renfance ou- 
vrierc, avaient cru devoir proposer des modifi- 
cations a la reslcmentation aetuelle. 

Sans doutc, la legislation de i 874 est sus- 
ceptible de perfcctionncrncnt comme tonte 
umvre humaine, mais la pratique senle ap- 
prendra quel les modifications il conviendra d'y 
inlrodnirc. 

Le respect avec Iequel la loi est oln'ie par In 
phis grande partie des industriels, la vigi- 
lance apportee par ceux qui sont charges de 
survciller son execution, permettent d 'a f firmer 
que chacune de ces ameliorations sera realisee 
a son heure, avec le benefice dn temps, par le 
concerns des forces reunies de 1'espriL de 
charito et du patriotisme dont la France est 
animee, sans qu'on ait trop sonvent a recou- 
rir a la tutelle legale sons Iaquelle les enfants 
des manufactures sont places desormais. 

J'ai riionncur de vous prier d agree r, Mon- 
sieur le President, Inommage de nion pro fund 
respect. 

Le president de la commission supe- 
rieure du trara.il des enfants el des 
fit les rnineures employ 6s dans I In- 
dustrie , 

Dl'M \s. 
de I'Academi*; francaise. 



\L Lugene Cauticr, professeur an (Conserva- 
toire de musique, donne, dans le Journal of/i- 
v.iel y les details suivants sur un don tres-im- 
portant (pie M. Sehmlehcr, senatcur, vient de 
faire a cet etablisseuient. 

« M. Schcelcher, senatcur, a donne a celle 
bibliotheque la belle collection de musique 
anglaise qu'il a mis pres de vin^t ans ;V 
former. Pour le proprietaire qui s'y resigne, 
un cadeau de ce genre est plus qu un cadeau, 
e'est un sacrifice. Depuis soixante ans, la 
vieillc musique a double de rarete et de valeur. 
Une collection comme celle de M. Schcelcher 
represcnled'abord une somme fortimportanle ; 
elle represente ensuite une serie de recherches 
et de soins qui out et6 1'occupation d'un long 
sejour sur la terre etrangere. Que de fois le 
proprietaire de la collection Schcelcher a-t-il 
parcouru, il la recherche d'un morceau rare, 
d'une piece unique, les quartiers obscurs oil se 
trouvent les libraires d'Edimbourg et de Lon- 
dres! Que de fois ne s'est-il [>as arr6t6 dans 
Temple-Bar ou dansCanongatc, « marchandant 



jusquW un demi-sou, dc crainte qu'en accor- 
dant trop aisement le prix qu'on lui demandait 
il ne laissatsoupconner la valeur qn'il attachait 
a Touvragc! Puis quelle satisfaction de payer le 
prix convenn et de mcttre le Iivre sous son 
bras en affectant une froide indifference, pen- 
dant que tout votre etro f remit de plaisir! » 
Voila, independamment de sa belle collection 
de musique, la collection d'heureux souvenirs 
que M. Schodcher nous a donnee. 

La collection Scluelcher, anjonrd'hui X l'abri 
des hasards, oecupe dans la bibliotheque du 
Conservatoire une centaine de cartons converts 
de maroquin noir. Dans Tintrret des travaux 
dont nous sommes charge an Conservatoire, 
nous avons ete mis A me me de voir ees tresors, 
et nous aliens en parler avec qnolques details. 
M. Scluelcher, qui, a pres un long sejour dans 
la capttale de la Crande-ItreLigne, est arrive a 
connaitre la langue anglaise cornme sa langue 
maternelle, est 1'auteur d'un important et re- 
marquable travail public A Londres sur la vie 
et les ouvra^es de ll;endel. La collection dn 
Conservatoire commence done par une reunion 
complete et preciense do foutes les editions 
connues de Il.-endel. An point de vue de la 
valeur de la collection, eela est inappreciable; 
mais ce qui, comme interet et comme pittores- 
que, a encore plus de prix a nos youx, e'est la 
seconde partie de cede collodion. On y trouve 
plusieurs carious precieux remplis des famoux 
operas dr. Itononetni, prosque inconnus en 
I'Yance : Asturtus y 1720; driselda, 1722; Fur- 
nace y \l'l\\. On y rencontre plusiours pieces raris- 
simes de ce Crotch, hi jeune prodigc quo son 
pcre essay e d'opposer aux souvenirs encore 
vivantsde Mozart., et dont lVige mur ne tint pas les 
promesses de sa jeunesse. Void l'opera de 
Rosemonde de Clayton; voiei un souvenir du 
theatre italien de Londres, une longue et 
agrfiable s6rie de fragments des on v rages de 
Cimarosa, de Paesiello, et de ce Cuglierni, si 
peu connu en France et encore si populaire en 
Angleterre. Cuglierni, le maestro spadassin, le 
compositeur a la plume elegante, a lVqjee inor- 
telle; Cuglierni, qui se fit aimer de presque 
autant de cantatrices qu'il tua on blessa de ri- 
vaux. II y a dans les Delices de V Opera Ualien, 
dont nous parlons, des pieces charmantes de 
Cuglierni. Cette serie de chants meiodieux, 
imprimee ;\ Londres dans le dernier tiers du 
dix-huitiemesjecle, prison to aussi comme tyj>o- 
graphie un interet assez grand. Ceorgcs III 
regnait, et le frontispice des Ddlices de V Optra 
nous presente \\nv, assernblee de dieux et de 
d cesses, ou le goOt des artistes hanovriens ame- 
nds par (ieorges I <;r se fait encore sentir. On 
voit la de gros Apollons et des Venus rebon- 
dies qui n'ont plus rien de comrnim avec les 
t){>es grecs. La forte encre de Chine avec 



{' ' 

'v ■> 

20 



CHROMQUE. 



laquelle ils soul imprimes. ne rappelle en rien 
non plus la lumiere sereine du solcil de l'Alli- 
que, mais hien plulAt les brouil lards de Lon- 
dres. 

Ce qui nous a le plus frappe dans la collec- 
tion Scho'lcher, par son inteWit et sa raret6, 
e'est une suite d'airs anglais de loutes les epo- 
ques, rasscmhl6s, vers 1707, par Joseph Bail- 
don, qui in it de longues amines a renin r cello 
suite dc monuments curieux. 

Tous les chants poeliques, politique.* et 
mOme s6ditieux qu 'in spire rent les r-ve-nemenls 
qui, sons les dcorges, de 1714 a 17i;> ; firent 
tant pleurer les Spouses et les meres et sorlir 
dehors tant de gentilshommes d'Kcosse et 
d'Angleterre, out et/> eerits par liaildon el 
accnmpagn/'S d'harmonies parfois trop moder- 
nes. Quand on voudra reirouver la musiquc des 
innombrables chansons locales et Jacobites 
dont Walter Scott est reinpli, afin d'en fa ire un 
volume de musiquc, on trouvcra les el/mienls 
de ce volume dans la collection Selnelrher, et 
sous ce title ; The Lawrel a new collection of 
cnglish songs. 

LA sunt certaincment les airs de ecs chansons 
eilees par Red gauntlet : 

Lnf'oiH^/. sur vas fnmts'vos r;isqutis rcdoiilablus, 
Passe/, la (rout ir rr nvee ni<>i ! 



On : 



Mon ('ii-ur iTesl point ic.i, 
II rst sur la monta< r !i<* ! 



On encore : 

JYiim: loujnurs nion ohcr Cliarlot. 
D'autres, t \v. saisj, ne Painmnt guere, etc. 

Le funds Sclurlrhcr, eomme on commence a. 
dirt: au Conservatoire, sera beaucoup consults, 
et ses precieux cartons vont perdre en tranquil- 
lite ce qu'ils gagneronl en ulilile et en repula- 
tion. lJ e le generenx donateur du fonds 
Selni'h'her suit done et avant tout remcrcie ! » 



FAITS DIVERS- 

On vient de puhlier a Londres un fac-simile 
de la premiere edition du J'aradis ])crdUj de 
Milton, Ce volume reproduit l'orthographc, les 
caractercs et le papier, et les fautes ineme de 
l'6dition princeps, de la maniere la plus exacte 
et la plus litt/*rale ; les caractercs proviennent 
d'une ancienne fonte ressemblant absolument 
a ceux de 1 original, et le papier dont on s est 
servi est une imitation tros-parfaite du papier 
verge gris en usage au milieu du dix-seplieme 
siecle ; eniin la reliure represent*; aussi, ]>ar la 
couleur et l'aspect, rancienne peau de jnouton 
dans laquelle l'muvre du poete a et6 relive en 
sorlant de la presse. 



II est a remarquer, dit le Times, que ces 
exemplaires de la premiere Edition, tires au 
nombre de 1,300, ne sont pas lous uniformes ; 
les diff6rents librairesauxquels, suivant lacou- 
tume du temps, des portions de l'/idition etaient 
vendues, mettaient chacun un titre particulier 
sur les exemplaires qui leur appartenaient. et il 
n'y en a pas moins de huit ou neuf varietes 
portant des dates de HiC>7 a iO(ii). 

La premiere de ces publications, cepondant, 
ne portant pas un de ces titres substitucs, est 
ex t re moment rare, et c'esl d'apres un exem- 
plairc de cetfesorte tres-parfait et presque uni- 
que du British museum que la reimpression 
actuelle vient d'avoirlieu. 

L'editeur, M. le professcur Masson, a joint 
au volume une courte notice contenant This- 
toire litterairedu poeme depuis le moment oil 
Milton le lermina dans sa maison de Bunhill- 
row, jusqu'a sa mise en venle dans la boutique 
de Samuel Simonons, *< la porte a cdld du Lion 
d'or dans Aldersgasc-Street ». II est assez 
/■(range, dit M. Masson, que sur le titre ne 
figure pas ce nom do Samuel Simonons, et 
qn'il soit remplac6 par ceux de deux ou trois 
<i libraires enlreprenants » qui speculaicnt sur 
la vente de lYidition. Mais le nom de ce li- 
braire pa rail sur des exemplaires publics plus 
taial. 

Dans quolques exemplaires, le no-m de 1'au- 
tenr, qui naturcllement n'etait pas ]>0]>ulaire 
dans le parli royaliste, est sujq»rime et rem- 
plac/ 1 p;u- h^s iniliales J. M., pour ne pas /:cai'- 
ter les acheteurs. 

11 parail que quehpies-uns de ces t^.'iOOexem- 
plaires, dont r/ k coid(»ment nt^ se faisait ]>as vite, 
on I. /'I/' re n forces, pour la vent( k ? par l'addition 
de qualor/ci |»ages eciites plus lard et qui con- 
sistent en un « argument », une « apologie 
jam!" les vers », et t^niin une lisle d'erratas. 



J f *»*^ c~ 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Siivcslro). 

Mardi fi at mercrcdil f&vriv.r 1877. — Livres 
de medecinr, littrrature instruments et appa- 
reils, provenant de la bibliothe*pie du docteur 
Isambfil. — Libraii-e : L. Leclerc. 

ltut; Drouot, T). 

Ycndrcdi H\ fc trier 1877. — Livrc- rarcs et 
pr/*cieux, composant la bibliotheque de I\l Jules 
Janin, nuunbre de I'Academit^ franca ise. — 
Libraire : Ad. Labitle. 



Le Secr£tfurt>-(lerant, ItUANCHOT. 



rurn?. — 1 j|». i'ill«t el Uumoulin, rue <1i,*b Gr.-Auga»ii23,ri 



66° Amiee. 2 e S6rie. 



N° 6 



10 F6vrier 1877, 



> 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL G&NKHA1. 



DE L'IMPIWMERIE ET l)E LA LIBRAIRIE. 



Paris, ;ui Cerrlc dc la Librairir, <lc riinprimcric el dc la \\\f\m\ rue Bonaparte, \< 



Sommairk : Juris pr 




Fails divers. — Nfarrologie. — Ventes publiqufis. 



JURISPR 

TRIBUNAL CIVIL DK LA SKINlTfl^ 

Audir/iccs drs 17 rt 31 jnnvirr. 

Presidency dc M. Aub£pin. 
i/aok.nck dks uttkkatkuhs u>ntiu: la soui'tk 

DKS tiKNS DK LKTTHKS. UKl'UOhUCTIn.N HANS 

IJ-IS .IOUHNAUX DK IMtOVIMiK Im Kl ' \ It KS LITTK- 

RAIKKS. C()iNCUH»KM:i;, 1) KM AN UK K N 

20,000 I-'RANCS DK DOMMA(JKS-I^TKHKT>. 

HK.IKT. 

MM. Moreau et fils out fornix une Ageueedes 
litterateurs cjui a pour but de traitor uvee les 
journaux de province de la reproduction des 
uuivres d'auteurs. 

L'Agenr.c des litterateurs ayant Ho iuforniee 
par divers journaux do province, ses corres- 
pondants, que la Soeieto des gens do lettres 
pretendait interdire la publication de certaines 
o'uvres dont les auteurs laisaient piirtio do la 
societe, MM. Moreau out vii dans re fail un acte 
dommageable a leurs intends. Ln ettel., 
disaient-ils, plusieuis journaux, lasses et ef- 
f raves des menaces de poursuites de la part, de 
laSocietfi des gens de lettres, out, ronipu on ne- 
glige de renouveler leurs traites avee rAgeuee 
des litterateurs. MM. Moreau deinandaient, 
pour ees faits u 20,0()0 francs de doinmages- 
interfits; la Soeiete des gens de lettres snute- 
nait qu'elle n'avait pas out re-passe son droit, 
et <jue e'etaitaucontrairo an mepris des trades 
liant les auteurs avec la society que MM. Mo- 
reau avaient autoris*'; la reproduction. 

(Ihrnnif/uCy 1877. 



Le tribunal, aprcs les plaidoiries de M e (an- 
raby pour MM. Moreau, et de M" Allou pour la 
Societe des gens de lettres, a rendu le juge- 
ment, suivant, conformement aux conclusions 
do M. le substitut Louchet : 

« Le Trii'iinal, 

<( Atlriidii que. ' ( - s auteurs I'aisant partie de la So- 
eiete des ^ens de letters no sent pas prives par leur 
adhesion a ses statuts du droit dc trailer avee des 
tiers pour la reproduction dc leurs u-uvros; 

« One Moreau pen 1 et ids out done pti valal>lcment 
ohteuirde cis memes auteurs la cession de. leurs droits 
et traite.r dc la reproduction dc. leurs o'uvres avee les 
dirccleurs de journaux ; 

« AUendu qu'il appartient. en meine temps a la 
Soeiete des ^eiis de lotl.res, comme inandaLaire des 
ecrivains ipti out adhere a ses statuts, de fa ire respec- 
ter la pro pri/'te litUraire de ses inemhres, de recher- 
cher en \erlu de quel droit les journaux reprnduiscn! 
leurs n'livres, e,L d'excrccr des poursuites s'it n'est jus- 
tilie d'uue concession re^ulierc ; 

« AUendu que les demaudeurs reprotdiiMit a (iotl- 
y.ales, dele-aie de la. s<u;iete, d'avoir adressi; a (les di- 
reeteu-> de journaux, avee lestpiels ils avaient eu.v- 
nieineslraitepour la reproduction d'uu certain luunbre 
d'ouvraf^es, des lettres eontenant des menaces de 
poursuites en controf'acon et des demandes d'indenmite ; 
(jii'ils leur imputent d'avoir ainsi e,xen:e, a leur cgard, 
de propos delibere on par des demarches ini])rudentes T 
line concurrence illicile et d'avoir cause a leur Indus- 
trie, tin prejudice dent il serait responsable, ainsi (pie 
les aulres dei'endeurs qui Tauraient mis en iv.uvro ; 

« Attendu (pie les lettres incrimiuees par Irw deman- 
dctirs ne eonstituaieiit en realite qu'iuni mise en de - 
uieanc, adress»>eau\ joiiriiativ, de justilier du droit en 
vertn duquel lis reproduisai(iiit des ecrits aigniis de 
mejnlires de la societe ; 

« Ou'en eiivnyant de semblables iuterpellati(nis, 
(jiin/ales a.e;issait dans les lirnites du maudat confere 
■, la soeiete, Oil (pi'il a etc determine ci-<lessus ; 

a Ou'il n'avait point a interroger |)realahlement les 
auteurs eux-iueines et a recrliereher s'ils u'.-ivair.iit pas 

(J 



JJrlC 



22 



CHRONIQUE. 



trait£ directement soit avec les joumaux, suit avec uue 
autre entrepriso; 

« Qu'il usait d*un droit incontestable (in s'adressant 
immediatement aux journaux ou se renconlraient des 
reproductions, au moins suspectcs dans leu r apparency, 
et en lesavertissant qu'ils s'exposnient a des poursuites, 
s'ils ne pouvaicnt justifier d'un litre readier ; 

« Que Gonzales etait d'autant [tins fond*' a a#ir de 
aette facon, qu'aux termes des statnts de lasocitU^ dont 
il e^t le delegu£, les nutcursqiii donnent <mi dehors d<>. 
ladite society des autorisations pour la reproduction de 
leurs Merits, eneonrent nne amende, et qu'il n*y avail 
pas lieu de presumer qu'ils so fnssent volontairemeiit 
exposes a cette penality ; 

« Attendu, en fait, qifau moment ou les lettres dont 
s'agit out etc envoyees, la majeure partie des auteurs 
dont les droits etaient revendiques, et notamment de 
Lascaux,.Den''zeL, Joliet, do Lamothe, An^clo de Sorr, 
etaient membres d« la Soeiete des guns de lettres; 

« Attendu que si Vialon et Marin de LivoniiM're 
Etaient alors decedes, leurs representants s 'etaient df.-s- 
saisis en f'aveur de la soeiete" de tons droits relntifs a la 
reproduction de leurs rruvres. 

« Qu'en ce qui eoncerne Am&ti'o Achard et Bernard 
Derosne, alors meme que Con/ales se serail ine.pris snr 
l'etendue des droits de la soeiete relalivcment a leurs 
ceuvres, ces erreur*, explicable par les c.rconstaitces 
dans lesquelles elles se seraient produitos, nesufiiraient 
pas a justifier Taction des demandeurs ; 

« Attendu, en resume, que s'a^issant dans la muse 
de deux entreprises de meme nature qui s'adrcsscut 
aux memos intcnHs et poursuivejit le meme. but, et. 
une rivalite necessaire s'etant etablie entr* riles, il in- 
combait a Moreau pere (it fils d'eiablir, par tin ensoni- 
ble d'aetes reprochables, que les defendeurs avaieut 
exeede les lirnttes d'une concurrence legitime ; 

« Qu'ils n'ont pas fait eelte pnuive et que, des lors, 
leur demande ne saurait etre aceueiHiu ; 

« Par ces motifs, 

« Declare Moreau pere et ills mal fondes en leur de- 
mande ; 

« Les en deboute et les condamne aux depens. » 



Le ministere de Pinstruction publique vient 
de prendre tine mesure importante au point 
de vue de la conservation des ricliesses manus- 
crites que renferment les bibliotheques. Par 
une circulaire en date du 30 decembre JS7(>, 
circulaire que nous tronvons relatee dans le 
dernier numero du Bulletin udministrutif de 
ce ministere (n° 398), le ministrc present de 
proc6der a une operation fort utile, consistent 
dans le numerotage et le foliotayr, autrement 
dit la pagination des manuscrits de chaque 
bibliotheque. 

[/importance de plus en plus grande que 
prennent Jes collections de manuscrits, dans 
les rechercbes des travailleurs, et le bosom de 
garantir la propriety de P Fit at, rendaient cette 
mesure n6cessaire. 

Deja, pour faciliter les informations des tra- 
vailleurs et montrer au rnonde savant toutes 



les ressources dont dispose la France, Tad mi- 
nistration de l'instruetion publique avait entre- 
pris la publication du Catalogue des manuscrits 
des dfpartements. Cette publication a eu pour 
effet d'aider au doveloppement des sciences 
hisforiques et d'accroitre la clientele labo- 
rieuse des bibliotheques. Mais Padminislration 
a voulu rendre encore plus accessibles et plus 
promptcs des communications nature] lenient 
plus nombreuses, et se procurer les moyens 
de prevenir, ou tout au moins de consta- 
te r, les mulilations qui pourraient se prodnire. 

Les manuscrits des bibliotheques devront 
done etre numerotes et foliates, e'est-a-dire 
pa^ines, et pagines a la main. 

La numorotation devra etrcaussi simple que 
j)Ossible. 

Dans les ef.ablissemenfs qui ne possodent 
pas plus de quelques milliers de volumes ma- 
nuscrits, on pourra, dit la circulaire, se bor- 
ner a n'avoir qu'nne seule serie dans laquelle 
les textes seront groupes par langues, les n ,,s 
1-2000, j»ar exemple, elant afTectes aux ma- 
nuscrits latins, les n" 9 2o0i-, r >'>()0 aux manus- 
crits francais, les n os . r >,'>0l-, p )8()0 aux manuscrits 
itab'ens, les rj ,,s nSOt-. {);;o aux manuscrits es- 
pagnols, etc. On jinurra anssi former autant 
de series distinctes qu'il y a de Iangues princi- 
palis : latins, 1-2000; francais, i-35O0; ita- 
liens, 1-300; espagnols, 1-1. r i0, etc. 

Le numerotage devra etre etabli par volu- 
mes et non par ouvrages. Ainsi, supposons 
qu'un fonds de manuscrits s'ouvre par une 
Bible en quatre volumes, apres laquelle vien- 
draient d'abord un Psautier en un volume, 
puis un Nouvean Testament en trois volumes, 
on assignerait a ces trois ouvrages les cotes 
suivantes : 1-i, Bible en quatre volumes; ;>, 
Psautier; 0-8, Nouveau Testament en trois 
volumes. On evitera ainsi Tern pi oi des sous- 
clnfTres et par la meme on s'atrrancbira de 
beaucoup de chances d'erreur et de confusion. 

Si Ton peut numeroter les manuscrits sui- 
vant Tordre meme qu'ils occupent sur Jes 
rayons, on se manage le moyen de trouver 
sans la moindre hesitation et sans ie moindre 
retard tout volume dont. le numero est indi- 
que. De plus, avec ce system o on peut tres- 
raj)idement s'assurer, par un recolement, des 
lacunes et des deplacements. Mais pour proc6- 
der ainsi, il faut avoir prealablement range les 
manuscrits j>ar formats, c'est-A-dire avoir 
rassemble et groupe les uns ;1 cAte des autres 
tons les grands volumes, puis tous les moyens 
el enlin tous les petits. 

Le systeme de numerolage qui vient d'etre 
indi(ju6 permettra de faire irn primer mecani- 
(juement et i peu de frais les etiquettes que 
doivent rece voir les dos des volumes. II sera 
prudent de faire im primer ces <'diqu cites a 



A 



'fS 



CHRONIQUE. 



23 



* ■ i 



t 

T 



deux oxemplaires, dont Fun sera coll*'* an dos 
du manuscrit el 1'aulre a Tinterieur. 

Quand on aura cru devoir soumoll.ro Ins 
manuscrits d'une hibliotheque ;\ tin nouveau 
num6rotage, il faudra dressor une concordance 
rigou reuse entre les cotes aneiennes el, les 
cotes nouvelles. Cello concordance s'elablira 
dans nn tableau divise en trois eolonnes : la 
premiere pour les coles anciennes, qui se sue- 
eederont suivant Tordre numerique de cos co- 
tes, la seconde pour les coles nouvelles, la 
troisieme pour les observations. 

Outre le tableau de concordance dont il vient 
d'etre question, uu bibliothecaire soigncnx 
aura un tableau du placement des manuscrits 
con lies a sa garde. Ce tableau indiqoera, dans 
1'nrdre des cotes nouvelles, tons les rensoigne- 
menls dont on pent avoir besoin pour connai- 
tre la place occup/ic par le volume et pour pro- 
coder rapidement a des verifications ou a des 
reeolements period iquos. 

Knfin, pour main tern* r Tordre et evitor les 
t at onne merits, on rep rose ntera snr les rayons, 
par des pi an die tics ou des fen i lies de carton, 
tons les volumes qui, pour une cause ou une 
autre, ne sont pas en place. La planohotte ou 
le carton porlera, outre le numero absent, one 
carte expliqnant la cause de Tabsonee : deficit, 
mise en reserve sous one vitrine ou dans une 
armoii'e partieulierc, pret en dehors ou meme 
dans l'interienr de la hibliotheque. Il est bien 
euiendu que la plancbette on la fcnille de car- 
ton sera retiree quand le volume reprendra sa 
place sur le rayon. 

Ce numerotage exferienr accompli, les ie nil- 
lets de chaque manuscrit devront a leur tour 
ctre numerous, pour dormer le moyen de fa ire 
des renvois precis, com me aussi de prevenirou 
an rnoins deconstatertouteespeeede mutilation. 

Ce numerotage si; f'era par feuillets el non 
point par pages : la Ulche A. remplir sera ainsi 
red u He de moilie. 

On ne laissera en dehors du numerolage ni 
les feu il lets a moitie deduces, ni menu; les 
pel its morceaux de parehemin ou de papier 
intercale-s aprfcs coup, mais faisant corps avec 
le volume. On tiendra eompte aussi des t'euillef s 
blanes. 

Les cotes des feu il lets seront marquees a 
Tencre, en ehiflres arabes, petits, legers et nets, 
dans Tangle droit du haul de ehaque recto. 
Klles n'ernpideront jamais ni sur letexle, ni sur 
les ornements des marges. On veillera a ce 
qu'elles ne maoulent pas la partie correspon- 
dante du verso place en regard. 

La serie des cotes sera, autant que possible, 
continue! et reguliere, sans omission et sans 
repetition. 

On devra verifier les anciens foliotages ; 
ceux qui auront ele reconnus trop irreguliers 



seront considea'es comme non avenus et rcfaits 
onlierement ;\ nouveau ; dans ce cas, il sera 
bon, soit de passer un trait leger sur les an- 
ciennes cotes, soit de tracer les nouvelles a. 
Tenere rouge. 

Tout ancien foliotage qui ne prtisente point 
d 'anomalies nomhreuses et ehoqnantes devra 
elre mainlenu et jtisqiTa. nn certain point re- 
gularise, e'est-a-dire que, si Tauleur de Tan- 
cien foliotage a omis de numeroter des feuillets, 
ou bien s 'il a par megarde employe deux fois 
le menu! numero, il faudra, au moyen de nn- 
meros bis, tor, assignor a cbacun des feuillets 
une cob; parfaitement distincte. 

La persoune «|ii i viendra de folioler a nou- 
veau nn manuscrit, ou qui a veriuY; et regula- 
rise un ancien foliotage, devra aussimt con- 
stater Telat du volume par une note inserite au 
commencement sur le feuillet, dit fouillet do 
garde. 

II est reoommaude de noter les mutilations 
de feuillets qui out atteint hi texte ou les pcin- 
tures. 

Chaeune de cos notes sera datee. 

Unti experience poursuivic a la Hibliotheque 
nationale depuis plus de vingt annAcs permet 
dYnaluer a nno moyen ne de 1,700 le nombre 
des feuillets auxquels, dans une seance de six 
ben res, une. personne attentive et laboricuse 
pent la ire subir les operations dont le detail 
vient d'etre expose. 



On sait qn'un credit special a etc accord^ au 
ministere des finances, sur la demande de 
M. L£on Say, pour la publication d'un recueil 
period ique destine a porter a la eonnaissance 
des Chambres et du public les documents de 
statistique financiere qui sont de nature a les 
interesser. 

La premiere livraison du Bulletin mensuel do 
statistique et da legislation oomparce vient de 
paraitre aujourd'hui. Nous en reproduisons le 
sommaire : 

I. Creation d'un bureau de statistique au mi- 
nistere des finances. — II. Itudget del 877. — 
III. Situation provisoire des recettes de 
187(L — IV. Les engagements du Tresor. — 
V. Cornparaison entre la progression des va- 
lours successorales et celle des revenus pu- 
blics. — VI. Statistique des inscriptions de 
rente. — VII. Le commerce exterieur de la 
Trance en 187IL — VIII. Le commerce exte- 
rieurde la Fiance depuis un demi-siecle. — 
IX. La consummation dusel. — X. Les octrois 
et le droit d'entree dans les grandes villes. — 
XL Les statistiques postales en France et a 
Tetranger. — XILLoimonetaire des 7-1 7 ger- 
minal an XI; monnaies francaises fabriquees 



•A •:.■.-■■.' ' ' ! 



"*" 



24 



CHRONIQUE. 



en France depuis 1795. — XITL L'impot des 
classes et des revenus classes en Prusse. — 
XIV. Les postes en Italic. — XV. Le budget 
bongrois. — XVI. La frappe des monnaies 
de 1 'em pi re en Allcmagne. — XVII. Happort 
de M. (toschen sur la depreciation de J 'ar- 
gent. 



-■>^ t*m v 



FAITS DIVERS. 

La Societe de secours mutuels dos employes 
en librairie nous ])rie de i'aire savoir qu'elle 
donnera, le 17 fevrior procliain, a In salle 
Valentino, son bal annuel, don I ]e j>rt>tl ui L est 
destin6 a accroitre sa caisse do secours. 



Qwdques souvenirs a prapos de rclartjissemcnt 
projete (Tunc par tie de larue Saint-Jacques. 

Avee chaque inaisnn ({ui tornbe dans la rue 
Saint-Jacques disparait et se perd un souvenir 
legendaire inferessant; du bord de la riviere 
an sommet do la montagne, e'est-a-dire jus- 
qu'ii la hauteur de la rue Soufflot, to Lite mai- 
son de la rue Saint-Jacques a son bistoire qui 
interesse la science, l'art, rimagerie, Piinpri- 
nierie, la reliure, le brochage, le satinage, etc., 
fnui.es industries et professions qui touehent an 
domainc de ('intelligence el. qui enncnurent a 
iaire le livre. 

Toutes y out pris naissance depuis quatre 
cents ans et plus, (it out perpelue lour domi- 
cile dans cette rue. 

VX ne devaient-elles pas, en efl'et, el re !o- 
gees la, ces professions? Dans le voisinage des 
anciens et nombreux colleges et universites, 
des eeoles, de la Sorhonne, a c»W: des maitres 
de Tart de penser et d'ecrue ! 

Quelques-uns des pliis aneiens volumes qui 
figurent, croyons-nous, dans la bibliotheque 
nationale de la Sorhonne, types eurieux de 
rimprimerie parisienne a son origine, sortent 
d'u'ne irnpriniorie de la rue Saint-Jacques, 
etablie pcut-Al.re dans une de cos vioilles inai- 
sons que Ton va deliuire. Ln efl'et, en 147.1, 
trois Allemands associes, Bering, Michel Kri- 
burger (it Martin Kranlz, creerent une impii- 
nierie dans cette rue, avee l'enseigne : Au So- 
lvit d'or, et plus tard dans une inaisnn depen- 
dante de la Sorhonne. (/est la que hirent im- 
primis les premiers livres en K ranee. 

L'iniagerie ]>opuIaire a eu do tout temps ses 
ateliers et ses comptoirs de vente dans la rue 
Saint-Jacques. On pent voir encore quelques 
boutiques de eotte rue qui out maintenu eo 
genre de commerce, dont les su jets reprcsenlent 
invariablement les hauls fails militatres, la 
Passion et les portraits de certains personnages 
celebres. Les genres qui out fourni primitive- 
rnent le plus a rimagerie jiopulaire soul les 



legendes et les complaintes religieuses, les re- 
mans de cbevalerie, et, a. parfir du dix-hui- 
tienie sie-cle, chansons ot les causes crimi- 
nelles. 

D'apres le Publishers Circular, pres defi,000 
publications premieres ct nouvellcs editions de * 
livres on I paru en Angleterre dans le courant 
de I'annee 187(>, mais il y faut comprendre des 
importations. La brancbe de la theologie prime 
Unites les antres. Ainsi,il a passe 477 ouvrages 
nouvcaux ct 216 oouvres reeditees traitant de 
discussions bibliques, de prieros, de sermons. 
La lil.teraturo d'irnagination ne vient qu'en 
seconde ligne., avec i.'>2 ouvrages nouvcaux et 
203 rcedites. 

On sail, quo le celeb re monastore du mont 
Cassin, situe sur la route de Home a Capoue, 
a 80 kilometres do Naples, existo encore. On 
u'y compte qu'une vingtaine de moines qui 
dirigent un college de quin/.e novices et un 
seminaire de soixante cloves. Les journaux 
napolilains nous ap|>rennont que ces religieux 
ord, commence la publication d'un on v rage 
important, edile au couvent mAme, on ils pos- 
sedent une imprimerie typographique et chro- 
molithograph ique. 

Cost la description complete de tons les 
manuscrits renfermes dans leur bibliotheque 
et leurs archives, avec dos fac-simile tres-soi- 
gnes de Pecriture. ainsi que des miniatures. 
L'ouvrage est intitule liibliotheca casinensis et 
eonstitue un veritable tresor de paleographie, 
qui pent rivaliscr avec les plus belles ediLions 
de ce xunve puhliees en Trance, en Angleterre 
et en Alleinagne. 



-o-< 3'» 4. g- 



NECROLOGIE. 

Nous avons le regret d'annoncer la inert de 
M. (iuillaume-Simon Itiehault, editeur de 
nmsique, rnomhre du Cercle de la Lihrairie, 
decode a ITige do 71 ans. 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (ru<; Drouot). 

Snmali 10 fc< crier 1S77, a 2 futures. — Cu- 
iieus(i collection de Lettres autugraphes dvt 
iemnuis celebres, prineipalement des xvn el. 
x v u i *■ siecbis, composant Jo cabinet d'un an- 
cien ainat<mr. — <i. Charavay, exf»erl.. 

Vendre.di M\ frcricr (877. — Livres rares et 
precieux, conqjosant la bibliotbeqiie de M. Jules 
Janin, nuunbre da )'Academie IVancaise. — 
Lihi'aire : Ad. Labitle. 



1 










I'urie. —Typ. I*illot ot Dumuulin, ruo d«« Gr.-AugUBtia3,a 



* '*.y- 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N° 7. 



17 F6vrier 1877, 



fc 



ft 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



BE T/IMPRIMEME ET DE U LIBRAIRTE. 



Paris, ;m Ccrcli 1 d« la Librairic, do rimprtmcrie el do la Papeterio, rue Bonaparte, J. 



SOMMAIRI-: : /em>rr«tfe»(5&^^V6ntel!hLla Bibliotheque 

AS' 



do Jules Janin. — Ndcrologie. — Ventes publiques. 



if 



T 



7i — y 



ttipENGfi. '/' 



JURIS^PRlipENGfe 



Gour d'appel de Rouen (oh. oorreotionnelle). 

^residence de M. Golvkt. 

Audience <Iu 8 fi'tnurr. 

TIMBRE MOHILK. — MODI fnr.ATION OR LA DATE. 

NOIIVKL KMPUM. 

Uemploi (Vun timbre mobile ay ant dtijd servi est 
un. del it et non una contravention. 

No eonstitue pas In d6 lit prccitd le fait de colter 
par erreur un timbre 'mobile insuffisant sur 
una truite, en Vablilerant de la date du pre- 
sent jour ct mots, puis avant de so servir de 
la, Invito, de d&coller le timbre, ct enfin de le 
reeollcr ulterieurernent sur une autre traite, en 
surchargcant la premiere date pour y substi- 
tuer la date nouvellc. 

Ces principes ressorf.cn t d'un arret rendu par 
la ehambre des appelscorrectionnelsde Rouen, 
Le ministere public, d'accord avee l'adminis- 
tration de I'Enregistrement, avail poursuivi un 
sic tar Lesueur, sous la prevention d 'avoir em- 
ploye sciemment un limbre mobile ayantd^ja 
servi. 

En fait, ee timbre, destine a des valours de 
:t()0 a 400 francs, avait etc colic par M. Lc- 
sucur d'abord sur tine traite de 4;>0 francs. II 
l'avait oblitere' ensignant, en indiquant la date 
ei le lieu de son domicile; puis s'apercevant 
de son erreur, il avait enlcvrt le timbre, et, 
quelquo temps a pros, il l'avait utilis6 en le 
coll ant. sur uni; traite de Tl\ francs, mais en 
ayant soin de surcharger la date pr^cedem- 
ment indiquee pour y mentionncr Ja nou- 
velle. 

C/tronifjuc, 1877. 



Otte simple ' surcharge a eW consideree 
comme unc fraude par rEnregistrement, et le 
ministere public a poursuivi I'affaire devant le 
Tribunal de Neufchatel q u L a rendu le juge- 
ment suivant : 

a Attendu que Lesueur est prevenu d'avoir seiem- 
nit'iit employe un timbre mobile ayant dejiiservi; 

a Quo le corps du del it consiste dans une traite de 
221 francs, Lirt'o par Lesueur sur un sieur de Bois- 
mont, a la date du 2;i juillel 1876, laquollo traite est 
revotno d'un timbre mobile pom* valeur de 300 a 400 fr. 
datee a Serqueux, 25 juillet, et portanl la signature 
Lesueur; 

« Quo si le mot Serqueux et la signature n'offrent 
prise aaucune critique, 1'administratiori de l'Enregis- 
trement et la prevention voient la preuvo unique mais 
decisive du delit dans la surcharge des mots 25 juillet; 

a Attendu que Lesueur explique qu'ayant ante>ieu- 
remeut eolith par erreur ee timbre mobile sur une traite 
de 400 francs, et s'etant apercu aussiuU de son insuf- 
li sauce, il l'avait immediatement (He, avant d'utiliuer 
la traite, alin de s'eu servir une autre ibis pour une 
valeur no depassant pas 400 Francs (ee qui lui parais- 
sait licite), et que e'est ainsi qu'il l'a appliqu6 sur l;i 
traite de 221 francs, en raccordant par une surcharge 
le tnois et le quantieme avec la date de la traite; 

« Attendu quo la prevention, sans nier la possibility 
et, jusqu'a un certain point, la vraisemblance de eette 
explication, sentient qu'a moins de laiaser la porte ou- 
verte a d'innombrablos a bus, il y a necessity de con- 
siderer quo tout*i surcharge implique par elle-memo 
une pnisomption de fraude irresistible, l'administra- 
tiou de rKnregistremenl n'«'iyaut aucun autre moyen 
de verifier les doubles emplois; 

« Attendu qu'une telle prdsomptiou n'etant pas 
(icrite dans la loi repressive, qui ne voit un debt que 
dans le fait d'avoir employe sciemment un timbre mo- 
bile ayaat deja servi, il est impossible de la suppleer; 
que la fraude ne se presume pas, qu'elle s'apprecie 
suivant les faits; 

« Or, attendu que dans Tespece, il n'y a de sur- 
charge que les mots « 25 juillet » ; que le mot « Ser- 
queux » et la signature « Lesueur » ne le sont nulle- 






26 



CHRONIQUE. 



ment; que cette circonstance exclut la possibility de 
1'emploi d'un timbre mobile ayant servi pour lime des 
nombreuses traites tirees par les tiers, les seules qu'un 
commercant ait naturellement en sa possession ; qu'il 
faudrait, pouradmettre la frande, supposer que le tim- 
bre dont il s'agit a etc rendu a Lesueur, apres paie- 
ment, par Tun des clients sur lesquels il a tire, chose 
peu vraisemblable; 

« Atteudu qu'eu admettant que l'apposition pnrtielle 
d'une date ait pour ettet k elle seule d'annnler un tim- 
bre, au point de n'eu pas permettre l'usage utile, ee 
qui serait alter loin, en presence du texte de 1'articlc 
3 du decret du 25 Janvier I860, qui n'interdit pas les 
surcharges, cette nnnulation, en tant qu'elle existerait, 
ne serait jamais par elle-meme, a proprement parler, 
(-n usage; (jue, des lors, 1'emploi d'un timbre mobile, 
dans ces conditions, no saurait constitutor 1'emploi de- 
lietueux d'un timbre ayaut deja servi, mais pourrait 
tout au plus et hypothetiquement avoir des consequen- 
ces fisoales dont le Tribunal eorrectimmel n'a pas a so 
preoccupcr; 

« Atteudu que le danger signale par radministration 
de rKnrogistrement ne semble pas aussi grand (jii'on 
parait leeroire; qu'eu efTet, |a iVande, quand elle exis- 
tera, se relevera souvent, soil, par un exemple de sur- 
charges earaoteristiques, soit par un coneonrs de cir- 
coustances exterieures qu'il ineomhe a !a prevention 
de relever ; 

« Atteudu, au surplus, (pie l'eeonomie des lois nj- 
gissant 1'emploi des timbres mobiles, laissat-elle sub- 
sister de sericuses diffieultes pour la constatation des 
debts qui peuvent etre eommis, cette imperfection ne 
saurait jamais avoir pour efTet de eontredire ce prin- 
eipe de droit elemental re et fundamental que la mau- 
vaise fni ne se presume pas, et qu'eu matiere repres- 
sive, le fardeau de la prenve. est tout cutter a la 
charge du ministere public ; 

« Par ces motifs, 

« Le Tribunal declare Lesueur aequitte des (ins de 
la prevention, sans depens. » 

Sur l'appcl interjete par le ininistere j>ui>Iic, 
la Cour a continue le jngenient precedent. 

M. Chr6lien, substitutdu procureur general, 
conclusions conformes. — Plaidant, M«* Cos- 
set, avocat. 



f H rfX- 



Vente de la Bibliotheque de Jules Janin. 



Nous venous un peu tard parler de cette 
inleressante bibliotheque dont bis amateurs, 
depuis hier deja, se disputant les richesses. Nos 
leefeurs nous sauront grc' cependant, nous 
Kesperons, <J'en iixer quelqne pen le souvenir 
dans nos eolonnes en reproduisant Particle si 
plein de charme et demotion que lui a consa- 
cre M. S. de Sacy dans le Jourrutl des JJcbats. 

« La bibliotheque de Jules Janin va done 
Aire vendue! j'en ai le Catalogue sous lesyeux, 
prece-do d'une touehante et spirituelle preface 
par M. Louis Batisbonno, un des plus fideles 
amis de Janin. Kn le lisani, ce Catalogue, il 



me semblait revoir Janin Iui-mGme et lui dire 
adieu une dernicre fois, tant chacun des arti- 
cles que je parcourais rapidement 1'un apres 
l'autre,tousces livres avec des envois d'auteur, 
ct quelquefois annotes de la main meme de 
Janin, reportaientmon souvenirvers ces temps 
qui ne sont j)Ius, helas! ou Janin etait si jeune 
;l tons les ages, si hrillant d 'esprit, si plein de 
verve, de gaite, de naive bonhomie, et recevait 
comme un hommage les premiers exemplaires 
de lout ce que la liU6ralure et la librairie pro- 
duisaicnt de meilleur et de plus beau ! Cost 
unc vie de Janin que ce Catalogue; si vous 
vonlez le lire, et il merite d'etre lu, vous le 
trouverez chcz Adolphe Labitte, libraire, rue 
de Lille, 4, 

La vente commencera le \ (> fevrier proclmin: 
elle clurera sept jours. Avant la fin du mois, 
dispersee dans mille mains, la bibliotheque de 
Janin n'existera plus! Cette collection, formee 
avec tant de gout et d'amour, ne sera plus 
qu'un nom et qu'un souvenir! Ces magnifi- 
qucs et splendides reliures ne brilleronf plus 
sur les rayons ou la main de Janin les avait si 
habilement assorlies et rapprochees ! Le petit 
chalet de la rue de la Pompo aura perdu tout 
<;e dont il etait fier, son niaitre, sa maitresse, 
et, pour qu'il ne reste rien de ce qui en faisait 
encore la maison de Janin, il aura perdu jus- 
qu'a sa bibliotheque. Ah! mon bieu ! mes 
pauvres livn^s! Et e'est pourtant aussi le sort 
qui les attend dans un avenir qui nepeut plus 
etre bien eloigne. 

Mais pourquoi se plaindre d'une inevitable 
destineeV la biblioth6(jue de Janin n'existera 
plus; les livres qui la composaient, achetes 
par des mains amies ou curieuses, repandront 
et feront vivre partout le souvenir de celui qui 
y a laisse la marque ineflacable de son bon 
gout. L'amatenr, qui sera tier d'en posseder 
quelques-uns, ne manquera pas de dire en les 
montrant : Ceux-ci viennent de la bibliotheque 
de Janin. On les designera sous ce nom dans 
les catalogues k venir. Ce sera leur titre de no- 
blesse, et e'est ainsi que s'immortalisent la 
memoire des grandes bibliotheques qui nesont 
plus : la bibliotheque des freres Debure, la 
bibliotheque d'Armand Bertin, la bibliollifeque 
de Nodier, ou de Charles Brunei, pour ne par- 
let* que de celles de notre temps. 

J<^ ne veux pourtant pas troinper des biblio- 
philcs raflines qui n'estiment un livre que par 
sa rarete, qui ne poussent a de folles encheres 
qu'une anti(pae rcliure. Chaque bibliotheque 
a son caractere proprc. La bibliotheque de 
Janin est une bihliolheque moderne. Tous les 
livres qui out paru de son temps, bons, ni^- 
diocres, mauvais meme, quand j)ar extraor- 
dinaire il en a paru de mauvais ou de medio - 
cres, s'y Irouvent reunis, s'y coudoient frater- 



i 



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CH ROM QUK. 



•27 



V , 

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I 



nellement, en grand papier velin, en papier 
He Hollande, en papier do Chine, avec des 
gravures avant la lettre, si e'est nn livre a 
gravures, et souvent avec les caux-fortes, sous 
des couvertures a peu pres egalement splen- 
dides. Janin ne menageait pas le maroquin. 
Pour la reliure de ses livres, sans trop regar- 
der au fond et 4 la valcur intrinseque des 
ouvrages, il n'employait que la main des plus 
habiles artistes, un Niedr^e, u n Duru , nn 
Cape, un Kauzonnet. Aussi, faui-il l'avouer ? 
n'ai-je pu me defendre d'un petit mouvement 
do mauvaise liumeur en voyant figurer dans 
cette ibule les VariiHes litteraires de M. do 
Saey, mes chores VariiHes, nion litre a rim- 
mortalite, avec une simple demi-rehurc en 
veau fauve. Franchcment, je meritais le ma- 
roquin aussi bien que tant d'autres. II y a 
pourtant un envoi de ma main sur ce livre; 
les r6dacteurs du Catalogue ont en so in de le 
remarquer. Combien cet envoi autographe 
ajoutera-t-il de valeur venale aux deux pauvres 
volumes? Je me garderai bien de m'en infor- 
mer; je ne veux pas ie savoir. Mais d'il lustres 
envois, signes de Lamartine, de Thiers, de Vic- 
tor Hugo; des lignes aimables des premiers 
eerivains et des premiers artistes, on en trou- 
vera beau coup, et aussi des notes de Janin, 
curieuses et caracteristiques. Le monde s\> 
croulait, Janin s'occupait toujours de livres. 
J\ii achete ce bouquin sur les quoin en pleine 
revolution de 1848. Une autre ibis : On procla- 
mait r Empire le jour ou ces beaux volumes m ont 
M envoy vs. Le ciel serait torobe sur nos totes, 
(ju'il aurait ecrase Janin bouquinant. 

Bouquinant, nun! car, je 1'ai dit, ily a Ires- 
peu de ces beaux et rares bouquins, qu'on 
paie si cher, dans la bibliotheque de Janin; il 
faut notcr pourtant des Essais de Montaigne, 
de la premiere Edition, en deux volumes in-8°, 
reliure moderne de Duru. Les amateurs so 
livreront, je pense, une terrible. bataille sur ce 
livre tant recherche aujourd'hui, et que j'au- 
rais pu avoir presque pour rien chez Techener il 
y a une quarantained'annees, avec une reliure 
en vieux maroquin encore ! personne nan 
voulait. Je citerai encore les Marguerites de la 
Marguerite, un cadeau de la reine Marie-Ame- 
lie ;\ Janin, magnifique exernplaire, le joyau le 
plus preeieux de ce Catalogue. Soyez tranquil- 
les, ce n'est pas moi qui vous ferai concurrence. 
Je n'ai pas assez d'argent ajeter par la feruHre, 
et j'ai decid6ment renonce aux pom pes et aux 
vanit6s bibliographiques de ce monde. J'ai re- 
marqu6 aussi un Moliere, /'dition originale do 
1682; un Juvfoial, Klzevir, non rogne ; un 
Vsautier en latin, aux amies de (Morale ; plu- 
sieurs vieilles reliures en maroquin aux amies 
de la com t esse d'Artois, femme du roi (Char- 
les X; et d'autres que j'oublie et que vous 



prendrez la-- peine de chercher vous-memes, s'il 
vous plait, dans le Catalogue; je n'ai pas envie 
de fatigner mes ycux a. les y chercher une se- 
cond e fois 

Ces pauvres livres modernes ! et pourquoi 
done les tant mepriser, surtout quand, parmi 
les anciens livres, on recherche prccisejnent 
cenx qui meriteraient le plus d'etre oublies et 
qu'on n'achete qu'avec la ferme resolution de 
ne les lire jamais, de mauvaises faceties, d'in- 
snpportables romans, des potfsies gothiques, 
une litterature de rebut qui n'a de prixque par 
le petit nombre d'exemplaires qui ont eehappe 
;i I'epicier et & la beurriere? Parlez-vous de 
nos grands classiques ? Je concois qu'on veuille 
en avoir et qu'on en recueille avec piete les 
editions originates, cellos qn'ils ont revues 
enx-memes, qui sent impriniees avec les ca- 
raeleres de leur leinps ; tout est sacre d'un 
Hacinc, d'un Corneal le, d'un Bossuot, d'un 
La Fontaine, d'un Boileau ! Mais les belles edi- 
tions modernes en onl-elles moins de valeur 
pour cela? Un VolLaire de Bcuchot n'cst-il pas, 
pour la correction du texte, cent fois prefera- 
ble a la fame use edition de Kehl ? Toutes ces 
editions, sorties des presses des Didot et des 
Crapelet, soignees par un Lefevre, cetediteur 
amoureux de son metier et qui est inert pau- 
vre apres avoir illustre la lihrairie et enriehi 
nos bibliotbeques par ses publications obstine- 
ment classiques, Janin les avait sans avoir en 
le plussouvent la peine de les acheter, les edi- 
teurs se i'aisaient un plaisir de les In i donner ; 
i! n'en payait tpie la reliure; aussi n'y epar- 
gnait-il rien. Des Baeine, des Moliere, des 
J. -J. Itousseau, des Voltaire, publics de nos 
jours, sa bibliotheque en regorgeait; entre tant 
de beaux livres, dans de splendides conditions, 
vous n'anrez, je vous en reponds, que l'ernbar- 
ras du choix. 

Je ne sais comment ma plume m'a tourne 
dans les mains. Les editions modernes de nos 
vieux et grands classiques se sont presentees, 
malgre moi, a mon esf>rit, <juand je voulais 
parler des auteurs et de la litterature moder- 
nes, le foods le plus riche, ie foods inepuisable 
de la bibliotheque de Janin. Quel est, dans ces 
cinquante dernieres annees, le romancier, en 
vogue on non, l'auteur dramatitjue applaudi 
ou siffle, represents on non represente, (pii 
n'ait l>as envoyc a Janin sa piece ou son roman? 
et. Janin a lout garde, tout faitrclier. II y a hV 
des noms dont le ])ublic n'a pas conserve 
grande nuiinoire, je ravoue; inais aussi que 
de noms connus et toujours ainies ! Sandeau, 
Cinile Augier, Ponsard, le couragcux Ponsard, 
que nous avons vu 1 utter contre un mal cruel 
en Iravaillant toujours; les deux Alexandre 
Dumas, Legouve, Camillc Doucet , Scribe, 
Casimir Delavigue, M ino Sand, Italzac. Je nepuis 






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28 



J 



CHRONIQUE. 



pas les nommer tous, je ferais de cet article un 
Dictionnaire des contemporains. Je me repro- 
cherais cependant d'oublier je nom de Sainle- 
Beuve, le Bayle de noire temps. Histoires, 
voyages, livres d'art, tont est dans ce Catalo- 
gue. La th6ologie meme et, ce qui m'a Ic plus 
surpris, la jurisprudence y tionnenl Jeur petite 
place. Si vous ne vonlez d'un de nos auteurs 
modernes que tel ou tel de ses ouvrages, Je 
voili dans sa premiere, et quelquefois dans sa 
seconde, dans sa troisieme Edition. Sont-ce des 
6ditions completes quo vous preTerez? Un Arago, 
par example, un Kdgar Ouinet'? Si le nombre 
des volumes ne vous fait pas peur, choisissez 
et prenez. 

Et lcs oeuvres de Jan in, long ties ou eourles, 
petites on grand es, ai-je hesoin de vous dire 
que le hon Janin les choyaitavccune tendrcsse 
toute palernelle et ne n£gligeait rien pour les 
rendre plus attrayantes encore par les belles 
parures dont il lcs rovtUait? Lcs'voiei toutes 
avecla date de lour premiere publication, telles 
qu'elle paruront lorsque Janin les lancaitdans 
le monde: YAne mart et la Fernme guillotijicc, 
Barnave, Bcbureau, mille fantaisies, mille oon- 
tes. Qui ne vondra pas avoir un Janin so riant 
de la bihliotheque memo dc Janin, preeicux et 
cher souvenir pour ses amis, rarelA non inoins 
preciouse jiour les simples curieux V 

C'est egal, inalgre ce quo j'en ai dit, cette 
vente me blesseaucxeur ; c'est pour mo i com me 
une seconde rnorLde Janin et de son excellent ft 
femme, commc la derniorc pellelee de terre 
qu'on jette sur leur double biore. Adieu done, 
mes bons amis, adieu ! Adieu a voire chalet, 
adieu a tout ce que vous aimiez et ou vous 
aviez mis voire esprit et voire comr ! Adieu, 
inais pour un temps qui ne sera pas bien long! 
Non, la mort n'est pas un exil eternel, ce n'est 
qu'une absence de quelqucs annees, de quel- 
ques jours. Je ne suis pas, je neserai jamais de 
coux qui pensent qu'nno petite goutte do sang, 
6garee dans un coin du cerveau, pent eleindro 
Fintelligence, 1'amour, et se"parer a jamais le 
mari de sa femme, le ptire deses enfanfs, l'ami 
desonami. Qu'ils sont cruels ceux qui essaient 
de nous le persuader, el; comment com prendre 
qu'ils s'enorgueillissentde leeroire ! Tons lours 
raisonnemenfs n'y feront. rien. Une prom esse 
d'im mortality est trop profondement f»rav6e 
dans noire cosur. Cesser d'aimer co qii(^ Ton a 
une fois vraiment aime, c'esl impossible I 



NECROLOGIE. 



J.-G. Derriey. 

Nous avons le regret d'annoncer la marl, de 
M. Jacques-Charles Derriey, typography, ^ra- 



veur et fondeur en caracteres, un des plus an- 
ciens membres du cercle de la librairie et de 
Timprimerie, decode 1 l'age de G8 ans. 

M. Derriey etait un veritable artiste, et son 
talent so revele tout entier dans la s6rie de 
types et de vignettes qu 'il a crees, et dont le 
goilt si parfait, en meme temps que l'execu- 
tion achev^e, ont port6 si loin sa reputation. 
II avait invent6, en outre, des machines & nu- 
mexoter les billets de banque qui ont obtenu 
le plus legitime succes. De nombreuses recom- 
penses lui avaient deja. 616 d^ccrnees dans les 
expositions, Iorsqu'en i863 il fut nomm6 che- 
valier de la Legion d'honneur. 

Nous Joyous enregistrer encore deux aulres 
deecs dans Tindustrie typographique : celui de 
M. ltobcis, His, fondeur en caracteres, et celui 
de M. Charles Kebourg, mecanicien distingue 1 , 
fabricant de presses a reliration. 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

J audi 22, vendrcdi, 23 et sarnedi 24 fevrier 
1877. — Bihliotheque theatrale deM. Leon Sa- 
pin. — Libraire : A. Voisin. 

Mard't 27 ct merer edi 28 f&irricr \ 877. — Li- 
vres rares et curieux, en partie ornes de fi- 
gures. — Libraire : Ad. Labitte. 

Vendredi 2 ct samedi 3 mars 1877. — Livres, 
beaux-arts, litteralure, histoire. — Libraire : 
Ad. Labiltc. 

Lundi -J mars. — Livres anciens, la }>lupart 
en petit format et imprime par les Klz6vier, 
provenant de la bibliothcque du chateau de***. 

— Libraire : Ad. Labitte. 

Lille. 

Rue Sainte-Cathorine, GG. 

Mardi 20 fdvrier et les deux jours suivants. 

— Une collection de livres anciens et modernes 
et de belles estampes. Un grand nombre de 
pieces de, I'uuivre de Callot et autres rnaitres 
anciens, provenant du cabinet de M. Lefort, 
proprietairo a Hauvin. — Libraire : Leleu, rue 
du (jiir6-Saint-Kliennc, i\ . 



Le Secritaire-Girant, Blanchot. 



IVirip. — Typ, Pillet et Oumouliu, rue doe Gr.-Augufltins,,'! 



66 e Ann6e. 2« S6rie. 



N° 8, 



24 F6vrier 1877, 




CHRONIQUE 



])U JOURNAL GENERAL 



DE F/IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



I 



Paris, an Orclo do la Lihrairio, do rimprimorio ft do la Papolorio, ruo Bonaparte, 1. 



imii 



Sou ma ire : C onset I d'adrm 

Documents of fide Is ^Cfi&jt(ty{]fc}&s 



<\ 






Cercie de la Librairie. — Avi? a MM. les Libraires-'tetaillauls. 
rets d'irriprimeurs. — Jurisprudence. — Ventes publiques. 



^ 



) 



H 



CONSEIL D , A»SfosjiS*ftM , I&; 

DU CKnCLE DE >4^/^4$fo* 



Pro^-i;e?7>a/ de la seance du IG fivrier LS7' 



Prisidencc de M. Basset. 

La seance est ouverle a. i) hen res du soir. 

Dix membres presents ; trois s'excusent par 
leltres. 

M. le Secretaire donne lecture du proces- 
verhal de la seance du 10 Janvier, qui est 
adopte. 

M. le Tresoiukr fait connaltre Petal des 
caisses. 

M. lk President expose que les editeurs in- 
teresses dans la question de la vcnle des livres 
d'etrennes par les magasins de nouveantes out 
616 reunis, conformement a la decision du 
Conseil, pour delib6rer sur les reclamations 
des libraires detaillants. Les resulfats de leur 
deliberation ont et6, en premier lieu, que le 
principe de la liberie de la librairie avail pour 
cons6quence la faculte pour les editeurs de 
vendre leurs publications ;\ qui ils vculenl 
et que cette faculte dcVait etre maintenue 
au-dessus de toute contention. — En second 
lieu, que la publicity donnee aux prix reduits ! 
par ,'esquels certains detaillants cbercbent a 
attirer chez eux les acbeteurs etait facheuse 
a la fois pour les editeurs et pour la librairie \ 
de detail. En consequence, les 6diteurs reunis 
se sont engages a agir d accord pour obtenir ; 
de leurs correspondants qu'ils s'absliennent a 
I'avenir de fa ire des an nonces a prix reduits. | 



Le compte rendu dela deliberation a ete re- 
produit dans une note dont M. le president 
donne lecture au (Conseil. Cette note est ap- 
prouvee et le Conseil decide qn'elle sera inseive 
dans le procbain numero du journal. 

La date de la soiree est reculee du .1 :\\i 10 
mars. 

Le Conseil decide qu'un nouvel annuaire 
sera public pour le inois de juillet procbain. 
II nomme, pour (linger cette publication, une 
commission composee de MM. Emile Bailliere. 
(mil lard et Tanera. 

Le Conseil s'occnpe du renouvelleinent du 
eomit6 judieiaire. M. Dumaine est nomme en 
rcmplacement de M. Piet, decede. II sera pro- 
cede an liragc des niembres sorlants et i\ leur 
reelection on (-emplacement. 

M. ee President donne lecture de la let Ire 
suivante qui lui a ele adressee par M. le com- 
missure general des expositions. 



« 



Paris, le \*± fevrier 1877. 



« Monsieur, 

« J'ai riionneur de vous informer que la 
direction generale de 1'Exposition Internatio- 
nale de Philadelpbie vicnt de nous faire eon- 
nailre que la medaille instiliiee par la com- 
mission; du Centenaire des Etats-Unis a ete 
deeernee au Cercie de la librairie pour son 
exposition de publications diverses. 

« Je m'empresserai de vous en faire parve- 
nir le litre aussitol que nous l'aurons reeu de 
la direction americuinc. 

« Veuillez agreer, Monsieur, 1'expression de 
mes sentiments les plus distingues. 

« Le commissaire general des Expositions 

internatiouales, 

<( E. DII SOMMEHAHU. » 



('firn/ti(fur y 1 877. 



8 



30 



CHRONIQUE. 



Le Conseil arrfite la liste des candidats qui 
seront pr6sentes a l'assembiee generate pour le 
renouvellement du Conseil . 

Les membres sortants sont : MM. Noblet et 
Plon, vice-presidents; — A. Templier, secre- 
taire (reeligible); — Calmann Levy, con- 
seiller. 

Les merabres pr6sent6s sont : MM. Guillard 
jet Odent, en quality de vice- presidents; — 
M. A. Templier, en quality de secretaire; — 
M. des FosseZj en qualite de conseiller. 

Un secours est vote. 

Demandent a faire partie du Cercle : 
1° M. Alcan, de la librajrie Germer Bailliere, 
pr6sent6 par MM. Asselin et Germer Bailliere ; 
— 2° M. Cballamel aln6, libraire-editour et 
commissionnaire , presents par MM. limile 
Bailliere et Breton. 

La seance est levee a 10 heures 45 minutes. 

Pour extrait : 
Le secretaire du Cercle, A. Templier. 



AVIS a MM, les libr aires detaillants coneer- 
nant la vente des livres d y Uremics dans les 
magasins de nouveauUs. 

A la fin du mois de decembre 187(>, les 
libraires detaillants se sont emus en voyant les 
livres d'etrennes mis en vente dans les grands 
magasins de nouveautes de Paris. 

Plusieurs d'entre eux ont adresse aux edi- 
teurs et au Cercle de la librairie des lettres 
dans lesquelles ils se plaignaient du prejudice 
que leurcausaient la concurrence de ces grands 
etablissements, et surtout la publicite donnee 
a leurs conditions de vente a prix reduits. 

Le Conseil d'ad ministration du Cercle n'a 
pas qualite pour trancher les questions de cette 
nature, mais il a pens6 que les reclamations 
des libraires detaillants meritaient d'etre exa- 
minees avec attention; il a, en consequence, 
decide que les editeurs int6resses seraient r6u- 
nis au Cercle, que les reclamations des libraires 
leur seraient soumises et qu'ils seraient invites 
a se concerter sur les moyens dy donner satis- 
faction, 

Cette reunion a eu lieu. 

Les editeurs ont ete unanimes pour recon- 
naltre que les intents de leurs correspondants 
libraires, dont ils apprecient le concours a sa 
juste valeur, devaient etre pris par eux en 
s6rieuse consideration et qu'ils devaient s'eflor- 
cer de les sauvegarder. 

Passant a 1'examen do leurs reclamations, 
il leur a semb!6 qu'il y avait lieu de dislinguer 
deux points dans les griefs formuies ; \° la 
concurrence faite aux libraires par les maga- 
sins de nouveautes; 2° la publicite faite par 
c es maisons. 



Sur le premier point, tt a et6 reconnu qu'en 
traitant avec les magasins de nouveautes, les 
editeurs ne iaisaient qu'appliquer le principe 
de la liberte de la librairie, principe qu'ils sont 
resolus a maintenir au-dessus de toute discus- 
sion ; que les maisons de nouveautes mises en 
cause ont fait la declaration legale exig6e pour 
l'ouverture d'un magasin de librairie; que 
d'ailleurs, parmi les libraires proprement dits, 
il en est un bon nombre qui joignent plusieurs 
commerces a celui de la librairie ; qu'entre la 
situation de ceux-ci et celle des magasins de 
nouveautes, la difference consiste uniquement 
dans leplus ou'moinsd'importancc des etablis- 
sements, et que la limite a fixer entre les uns 
et les autres serait aussi arbitraire que con- 
traire a la liberte des transactions: 

Sur le deuxieme point, les editeurs ont ete 
d'avis que la publicite donnee a des conditions 
de vente a prix reduits etait a la fois prejudi- 
ciable aux int6rets des libraires detaillants et 
a la bonne notofiete des publications; ils ont, 
on consequence, resolu d'agir de concert pour 
obtenir de tous leurs correspondants, libraires 
on autres, la suppression d'annoncesde livres a 
prix reduits par voie de catalogues, prospec- 
tus ou annonces dans les journaux. 

Ils pensent que cette mesure donnera toute 
la satisfaction compatible avec le principe de 
la liberte aux interests tres-respectables de lours 
correspondants libraires. 

Le Conseil d'administration s'estassocie aux 
idees exprimees par les editeurs, et il fait pu- 
blier le resnltat de leur conference dans le 
Journal de la librairie pour servir de reponse 
aux personnes qui lui out ecrit Ace sujet, et 
(aire connaitre a to us les int6resses la solution 
de cet incident. 



DOCUMENTS OFFICIELS, 



Question des Brevets d'imprixaeurs, 

RAPPORT fait dans la se'ance du 9 fe'vrier au 
Stoat, au nom de la commission l charge' e 
d } examiner la proposition de loi de MM, Tail- 
lefert et Houssard, tendant a la nomination 
d'une commission de neuf membres charges do 
statuer sur les consequences du d6cret du 
10 scptembre 1870, a regard des imprimeurs, 
par if. Malens y $&iateur. 

Messieurs, le decret du Couvernement de la 
defense nationale en date du 10 septem- 
bre 1870 est ainsi con^u : 

\. Cello commission est compose do MM. Cr&mieux., 
president; Maleus, secretaire rapporteur; I'aulrnier, 
baron de Kavignau, Pelletai^ Houasanl, Sehuelcher, 
Daussel, Testelin. 



CHR0N1QUE. 



31 




I 



a Art. 1 0F . — Les professions d'impri incur 
et de libraire sont libres. 

« Art. 2. — Toute personne qui voudra 
exercer Tune ou 1'autre de ces professions sera 
tenue a une simple declaration faite an minis- 
tere de rinterieur. 

« Art. 3. — Toute publication portora le 
nom de l'im prime ur. 

u Art. 4. — II sera ulterieurement statue 
sur les consequences du present decret 4 1'6- 
gard des titulaires actuels des brevets. » 

Les trois premiers articles de ce decret ont 
recu leur execution, et jusqu'a present le pro- 
gres liberal qu'ils ont realise n'a fait I'objet 
d'aucune attaque directe. C'est la promesse de 
l'article 4, reste sans efTet, qui a surtout pro- 
voqu6 les reclamations, sinon de tons les bre- 
veted, du moins de quelques-uns d'entro oux, 
les imprimeurs typographcs de Paris. 

Dansle rapport fait au nom de la commission 
charge de proposer, le cas ^cheant, des modi- 
fications aux decrets iegislatifs du Couvernc- 
mont de la defense nationale, rapport depose 
le 24 fevrier 1872 et visant une petition de 
M. de Mourgues en date du It juin 1S71, 
Thonorable M. Taillefert exposait deja les do- 
16ances des imprimeurs, insistait pour 'qu'il y 
fut fait droit et demandait que PAssomblec 
nationale suspendit par une loi Implication du 
decret du 10 septemhre, afin d'empecher l'6ta- 
blissement denouvelles imprimeries, jusqu'au 
reglement definitif de la question a tons les 
points de vuo. 

Cette domandc, n'etant point formulee en 
proposition expresse, n'a pas ete rnise en deli- 
beration, et il en a etc de memo pour cello qui 
etait contenue dans tin autre rapport presents 
aussi par M. Taillefert au nom d'une commis- 
sion des petitions, rapport depose le 20 novem- 
bre 187, r > (it eoncluant au renvoi d'une rtou- 
velle petition des imprimeurs parisiens a M. le 
ministre de rinterieur. 

Notre honorable collegue, devenu senatcur, 
a cm de son devoir de poursuivro devant vous 
raccomplissement de ce qu'il pense etre un 
acte de juste reparation, el, de concert avec 
M. lloussard, il vous a propose de nommer 
une commission ayant lo inandat d'6tudier et 
de rechercher quelles sont les consequences de 
la liberie de l'imprirnerie vis-a-vis des anciens 
imprimeurs brevetes,s'il y a lieu de les indem- 
qiser, & combien s'eleverait I'indemnite, et 
comment et par qui elle devrait etre payee. 

Cette proposition de resolution ayant ete 
prise en consideration par le S6nat, une com- 
mission speciale a dn s'en oecuper et elle sest 
demande s'il y avail lieu de raccueillir d'uno 
maniere definitive. 

Que soutiennent ses auteurs pour la justi- 
f ier V 



lis aflirment d'abord que, par Particle 4 du 
d6cret-loi du 10 septembre, le Gouvernement 
a pris, vis-a-vis des imprimeurs brevetes, un 
engagement implicite de les indemniser a 
raison de la depossession de leur privilege. 
Personne n'ignore, en efTet, que, si en 4830, 
on 4848. en 1851, en 1868, les tentatives faites 
en faveur do la liberte de rimprimerie n'ont 
pas abouti, c'est principalement a cause de 
1 'objection fondee sur la n6cessit6 reconnue, 
proclamee par les homines les plus autoris6s, 
do reparer dans de justes limites le prejudice 
qui atteindrait les droits acquis aux titulaires 
de brevets. 

En 1809-1870, une grande commission extra- 
parlementaire, presidee parle ministre deFin- 
tericnr, sYtait livrec a une enquAte serieuse, 
et en se prononeant en faveur de la liberie, 
elle avait en mfime temps admis le principe de 
I'indemnite. C'est ce qui explique la reserve 
finale du decret. Or cette reserve est passfie a 
I'elat de lettre morte, puisque depnis six ans 
on a vainement reclame, sous toutes les for- 
mes, Fexecution de la promesse qu'elle conticnt. 
Le SAnat a certainement le droit et memo le 
devoir de prendre la defense d'interets s6rieux, 
considerables, qui paraissent meconnus. 

MM. Taillefert et lloussard ajoutent que, no 
voulant pas compromettre par 1'insufflsance 
d'une muvrc individuelle le resultat & poursui- 
vro, ils ont pense pouvoir utiliser une proce- 
dure ad(>]>tee dans d'autres circonstances, en 
faisant appel au concours d'une commission 
parlementaire qui aurait autorite et compe- 
tence pour consulter les ministres, recueillir 
tons les documents et renseignements, faire 
les recherches dans les archives, en un mot se 
procurer tons les elements d'un projet de loi 
parfaitemont prepare. 

Cette argumentation a ete combattue par les 
considerations suivantes : 

MM. Taillefert et lloussard eonsiderent 
eomme admis en principe par le d6cret du 
10 septemhre ce que ce decret, par l'article 4, 
a expressement reserve, car cet article ne parle 
pas plus du principe que du quantum de Tin- 
domnite qui pourrait, le cas c'ch&int, etre ac- 
eordee aux anciens titulaires de brevets. 11 faut 
remarquer que, malgr6 des pretentions tres- 
vigoureusement soutenues, lors de la discussion 
de la proposition de M. Benjamin Constant, en 
1830, comme dans le sein de la commission de 
1 870, il n'a jamais ete seriousement question 
d'accorder une indemnite a tons les anciens 
brevetes. Ainsiles libraires, des 1810, les impri- 
meurs lithographes, d£s 1817, et les imprimeurs 
en taille douce, depuis 1852, ne pouvaient exer- 
cer leur Industrie sans etre nantis d'un brevet; 
les ii ns et les autres, lors([u'iIs vendaient, fai- 
saient figurerpour un prix plusou moins eieve 






32 



CHRONTQUE. 



la valeur de Ieur titre qu'ils transmettaient in- 
directement aa moyen de leur demission, et 
ndanmoins si, dans l'enquete de 1809-1870 ils 
ont manifesto quelquc velleit6 d'etre indemni- 
ses, ils ont depais lors gard6 le plus complet 
silence. II est vrai que Ieur situation n'etait 
pas absolument semblable a celle des impri- 
meurs typographes, parce que seuls ces der- 
niers trouvaient dans le decret du , : > fevrier 
1810 une garantie contre la concurrence d'an- 
torisations nouvelles accord ties arbitrairement 
par le Gouvernement. 

Ce decret dispose en efTet : 

« Art. 3. — A datcr du l*" r Janvier 1811, le 
nombre des imprimeurs dans chaque departe- 
ment sera fixe ei celni des imprimeurs a Paris 
reduit A soixanie. 

« Art. 4. — La reduction dans le nombre 
des imprimeurs ne pourra etre effertuee sans 
qu'on ait prealablement pourvu a ee que les 
imprimeurs actuels qui seront supprim6s r<>- 
coivent une indemnity de cenx qui seront con- 
serves. » 

(La suite prochainement.) 

JURISPRUDENCE. 

Tribunal de commerce de la Seine. 

PRftSlDENCE DE M. IIEMil HMI.LI&KK. 

Audience du 10 furrier 1ST 7. 



ANNoNCKS. M(II)E DE COMI'TAGE. ■ 

UKKLLKS ET UGNOMKTUK. 



LIG.NES 



1 lavas, Laffitte et C% contre Wftrnur i't \v. Journal 

la Bourse. 

Le Tribunal, 

Attendu que pour r6sister a la demande en 
737 fr. 50 montant d'insertions, les deux de- 
fendeurs soutiennent qu'ils ne devraient payer 
que 12 centimes 1/2 pour chacune des 11 li- 
gnes dont se composerait leur annonce; qu'ils 
n 'auraient jamais eu l'intention de depenser 
une somme superieure a 500 francs, et cela 
sur les indications mOmes fournies par Havas, 
Laffite et C«; que contrairement a leurs enga- 
gements, les demandenrs auraient fait compo- 
ser Tan nonce en gros car ac teres, avec des in- 
terlignesproportionn6es, etqu'au lieude comp- 
ter les lignes r6elles, ils en feraient la rnesure 
au lignometre de sept points; qu'ils auraient 
ainsi doubl6 et triple Tespace occupe par I'in- 
sertion, et que notamment pour certains jour- 
naux ou il n'y a que 10 lignes d'impression, ils 
lui factureraient 28 ou 34 lignes d'annonce ; 

Mais attendu que les defendeurs ne justi- 
lient pas avoir impose a Havas, Laffitte et C m un 
maximum pour la defense qu'ils entendaient 
faire, soit pour la publicity totale, soit pour 
chaque insertion; qu'ils ne justifient j>as da- 
vantage avoir fix e le nombre de lignes ni la 



dimension dans lesquelles Havas, Laffitte et O 
auraient 6te tenus de se renfermer; qu'il re- 
suite des documents soumis au Tribunal qu'ils 
sesontbornes a determiner le nombre de jour- 
naux ou la publieit6 serait faite, et Te prix de 
la ligne ; (pie les defendeurs ont demands une 
annonce dite afficbe, disposee sur deux colon- 
ncs, ce qui double le nombre de lignes; qu'ils 
ont indique eux-memes sur la copie qu'ils ont 
remise comme modele, que certains mots de- 
vraient etre composes en capitales, et mis en 
vedette, pour attirer davantage raltention du 
lecteur; qu'ils ont accepte les clauses et condi- 
tions usitfes en matiere de publicity et dont ils 
ont en parfaite connaissance puisqu'elles figu- 
rent sur la liste spccifiant les journaux choisis 
par eux ; qu'aux termes de ces conditions, les 
annonces qui peuvent etre composers dans des 
caracteres difl"6 rents selon les ressources du 
materiel du journal, et qui peuvent former un 
nombre variable de lignes reelles, doivent etre 
uniformement mesurees au lignometre desept 
points, quel que soit l'espace occupe par I'inser- 
tion; que Havas, Laffitte et C e n'ont done agi 
que dans la limite de leur droit en appliquant 
le mode de mesurage dont s'agit et le tarif qui 
en est la consequence; que le cornpte pre'sente 
par Havas, Laffitte et (> a ete verifie; qu'il s'6- 
leve bien a 837 fr. ;J0, au payement desquels 
Werner et le journal la Bourse doivent etre to- 
nus; 

Par ces motifs, vu le rapport de Tarbitre, 

Condamne solidairement Werner et hi so- 

ciete du journal la Bourse a payer a Havas, 

Laffitte et O 837 fr. . r >0 avec interets et depens, 

dans lesquels 40 francs, honorai res de l'arbitre. 

VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maison Silvcstre). 

Mardi 27 et mercredi 28 fevrier 1877. — Li- 
vres rares et curieux, en partie ornes de fi- 
gures. — Libraire : Ad. Labitto. 

Vendredi 2 et samedi 3 mars 1877. — Livres, 
beaux-arts, litlerature, histoire. — Libraire : 
Ad. Labitte. 

Lundi ;> mars. — Livres anciens, la pluparf 
en petit format et imprime par les Elzevier, 
provenant de la bibliotboque du chateau de***. 

— Libraire : Ad. Labitle. 

Mardi 6 mars \ 877 et les dix jours suivants. 

— Livres anciens et modernes, rares et cu- 
rieux, sur les beaux-arts, la litt6rature, les 
voyages etprincipalement sur l'art drarnatique, 
provenant de la hibliotbeque de M. le baron 
T***. 3° partie. — Libraire : L. Techener. 



Le Secre'taire-Ge'rant, Blanchot. 
I'.'iri". — Typ. Pill<*t et Dumoulia, rue (\^a Gr.-AugUBti2s,!\. 




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► j An. 



66 e An»6e. 2« S6rie. N 9 9. 3 Mars 1877. 



-.■ .^-^-. 



CHRONIQUE 



/M DU JOURNAL GENERAL 

DE L'IMPRIMERIE ET DE \A LIBIWIIUE. 



I'ajiivJB Cercle de la ~J,ibrairic, <le I'lmprimerie el de laPapelerie, rue Bonaparte, 1. 






;fi Somuaire : A.^e^nbl^e ghizrale annueUe du Cercle de la Librairie* — Documents officiels : Question 

1 '$; 5 """' ' \ * * : ' ^ es ^ revets d'inrjprimeurs (suite et fioj. 



'v / r J ■ / 

\ -'.' ■'■.'.".■ / 

^--HRERCLE DE LA L1BRAIR1E. 



ASSKMBLEE GENEKALE ANNUELLE 

Oil 23 FtfVIUER 187 7. 



Pr6sidence de M. BASSET. 

La s6ance est ouverLe 5 9 heures du soir. 

Prennent place au bureau : MM. Basset, president; Nohlet et Plon, vice-presidents; 
Armand Templier, secretaire; Ducrocq, tresorier; Delagrave, Henri Delalain, Dumont, 
Jousset, Lair, Theodore Lefevre, Calmann Levy et Tunera, conseillers. 

73 membres ont signe le registre de presence. 

M. lb Secretaire donne lecture du procfes-verbal de l'assembiee g6n6rale du 8 decem- 
bre 1876, qui est adopts. 

M. le President prend la parole et lit le rapport suivant : 

Messieurs, 

L'ann6e dernifere, en vous rendant compte en assemble generale de la situation du 
Cercle etde nostravaux, nous vous disions que notre principal souci provenait despro- 
i| cfes intends k MM. Susse et Barba, qui soulevaient des questions de propriety litt^raire 

j| et artistique pleines de perils pour les editeurs. C'est qu ? il n'6tait pas difficile de 

f pr6voir que si M. Pradier avait gain de cause, de tous c<H£s surgiraient de nouvelles 

reclamations; et qu'en effet, a M. Susse ont succ6d£ nos confreres Barba et Charpentier, 
puis M. Goupil, et succederoht tant d'autres, si la jurisprudence contraire h nos intents 
s'etablit irr6vocablement. Mais en attendant, nous avons le droit de la combattre et 
d'e£p£rer encore le succfcs. 

A notre sens, la loi trouve son application naturelle, qui nous parait juste alors et 
suffisante, dans le cas'ou Texploitation etait restee entre les mains des heritiers. 

Toute autre extension entraine des r£sultats que nous ne pouvons nous empficher de 
regarder comme contraires 5 requite et entaches de r6troactivite. 

L' interpretation que les tribunaux lui donnent n'est pas equitable, car auteurs et edi- 
teurs n'ont certainement pas pr6vu : — les uns, que leurs heritiers pourraient rentrer 

Chronique, 1877. 9 







pour un certain nombre d'ann6es dans la propria quils vendaient sans reserve; — 
les autres, que des d£penses faites dans les derniferes ann£es de jouissance, pour lutter 
avec ledomaine public, seraient st£rilis6es, et qu'un jour ils pourraient fitre Hvr6s a la 
merci de nouveaux ayants droit a une prolongation du privilege de vente exclusive. 

Cette application a les caractferes de la retroactivity, car elle frappe seulement les 
trails anterieurs a la nouvelle loi, et cette loi ne peut avoir d'influence sur les trails a 
conclure dans Tavenir. 

Nous avons fait des sacrifices pour aider M. Susse a soutenir ses proces, qui sont d£fi- 
nitivement juges contre lni. Notre Conseil d'administration a fait remettre dans le m&me 
but a M. Barba une somme de 1 ,500 francs. Nous continuerons a protester et a lutter, 
jusqu'a ce que se produisent dans d'autres procfes des"espfeces d'une nature telle qu'elles -5 

ramfenent forcement los juges a une jurisprudence plus conforme a ce que nous croyons . |j 

fermement 6tre noire droit. 



\ 



•v8 

■la 



Personne ne meconnait parmi nous rintdrfit pour nos industries de faire admettre au |! 

Tribunal eta la Chambre de commerce un certain nombre de mcmbres qui connaissent 
nos usages professionncls et nos bcsoins. Aussi avons-nous chaque ann£e une assemble 
g6n6rale specialement eonvoquee afin d'arreter le choix de nos candidats. 1 

II s'agit ensuite de preparer le succfes en s'entendant avec le Tribunal et la Chambre, i 

en m£me temps qu'avec 1c corps electoral tout cntier. Nos voix forU un appoint s6rieux ■ 

mais ne suffiraient pas. 

Aussi, votre Conseil d'administration, invit6 a nommer un deiegue pour representee jj 

nos industries au seindu Comite pr6paraloire des elections forme par les Chambres syri- | 

dicales et un grand nombre des eiecteurs de Paris, avait-il con fie ce mandat a notiv ,; 

honorable confrere, M. Colombier. -; 

Pour les Elections consulages nous n 'avons pas rencontre de difficulty, le Comitf* ".> 

s'(Hait mis d'accord avec le Tribunal. / ,J 

M. Hennccart, dtfja juge titulairo, a (He renornrne pour deux ans en cette qualite ; $ 

M. Henri Baillifere, de juge suppliant, est passe juge. ; t 

Mais un incident regrettable s'est produit pour notrc representant a la Chambre de ,j 

commerce. — Nous vousavions fait part, comme cetait notre devoir, des objections insi- 
nu6es sur la candidature deM. Emilc Bailltere, relatives au desir manifesto dans desr6u- \ 

nions d-electcurs, de ne plus laisserles membres de la Chambre sc perp6tuer dans leurs 2 

fonclions. Vous avcz repondu par le refus de nommer un candidat en seconde ligne pour { 4 

parer a toutes les eventualiLes. 

M. Colombier, fortifie par ce vote, a accompli son mandat avec le zelele plus louable, a 
lutte avec Anergic, mais enfin a succombe. 

Quoique le candidat du Cercle ait 6X6 exclu par la majority des membres du Comite 
preparatoire des ^lecteurs, nous i\\m devons pas moins les plus sinceres el les plus cha- 
leureux remerciements a notre deiegu6,donl la tache a 6x6 peniblc. 
^ Le cas 6tait grave; nos industries allaient <Hre privees pendant six ans de reprisenta- M 

tion, et nous ne pouvions rcster sur cet echec. h" 

N'ayant pas le temps de convoquer une nouvelle assemble generale, votre president 
a prepare une circulaire qui, soumise a une reunion d'anciens presidents, de membres du 
Conseil d'administration et des membres du Cercle qui ont pu fttre reunis sur 1'heure, 
approuvee et appuy6e de leurs signatures, a 6i6 adrcssrtc directement a tout le corps 
Electoral. 

Cette circulaire, hiissanl de cote toute question de personne, revendiquait notrc droit & 
im siege parmi les vingt et un rcprescntants des grandes industries parisiennes. La cause 
etait si juste que les eieeteursnous ontdonne leurs voix a une forte majority. 

C'estune reconnaissance edatante de notre importance et de notre valeur industrielle, 
mais nous d6sirons vivement que pareilconfiit ne se renouvelle plus. II faut compter avec 
1'ensemble des electeursrepresentfe par leurs d<M6gu£s, etce qui vient de se passer me 
suggfere la pensee qu'il serait bon d'avoir toujours sur nos listes des candidats en seconde 

ligne. 



i! 






v.-v r . .« V::"^;'""'^ »^r-',''»;>-'; 



v r~ 



CHRONIQUK. "$5 



Rien n'empftcherait les membres du Cercle qui aspirent a consacrer Phonorabilit6 de 
leur carrifere commerciale par leur passaged la Chambre ou au Tribunal de commerce, 
de faireconnaitre leurs intentions au president, qui en prendrait bonne note etsoumettrait 
leurs demandes au Conseil d'administration, avant de les porter devant votre assemble 
generale lorsque le moment en scrait venu. 

La situation des candidats inscrits les derniers sur nos listes et consacrespar vos votes 
ne serait pas faussc; elle vaudrait au contrairecommepromesse pour de futures Elections. 

J'appelle vos reflexions sur ce sujet. 

Je suis heureux de vous annonccr que la contribution votee par le Cerclc pour repo- 
sition dc Philadelphie a etc plus que suffisante; nos pr6visions se sont r6alis6es, nous 
n'avons pas depens£ dans son entier le credit vot6; votre Tresorier ne pourra toutcfois 
en arr^ter le chiffre qu'aprfcs les rentr^cs qu'il opereen ce moment. 

Grace au zk\e de M. Fourct, qui a fait valoir les meritesdcla Librairie franchise auprfes 
du Jury, le Cercle, dans son exposition collective, et la plus grandc partic des exposants 
de nos industries, out recu des recompenses qui constataient leur sup6riorite. M. le Com- 
missaire general des expositions international vient de nVannoncer officiellement que 
la m£daiile institute par la Commission du Gcntcnaire des Etats-Unis a <Hc d^cernee au 
Cercle de la Librairie pour son Exposition de publications tlirerses, et qu'il nous en fera 
parvenir le titre dfes qu'il Paura recu de la Direction americaine. 

M. Terquem, notre repr^sentant, a fait de son eote tons ses efforts pour repondre a 
votre confiance. La plus grande partie des livres qui out figure a Philadelphie ne sont 
pas revenus en France et ont 6l6 achetds pour les biblioth&qucs des grandes villes des 
Etats-Unis. Ge n'est pas en un jour que se oreent des relations dont on tire de grands 
I avantages, mais M. Terquem revient avec la conviction, aprfcs avoir vu la plupart des 
; chefs des grandes maisons, que le gout de notre languc et de nos livres se repand de 
j plus en plus chez les Americains, qui lui ont exprimo leur admiration de nos progrfcs et 
! de la beautede nos Editions. Nous partageons son espoir qiPil a etc- sem6 pour recueil- 
* lir, et que nous en aurons la preuvc lorsque les libraires americains, plus faciles que 
| nous au d6placement, viendronta Paris pour la prochainc Exposition de 1878. 
j Vous vous rappelez que dans une assemblee generalc, spccialcment convoquoe afin 

j <Varr6ter les mesures qu'il semblerait le plus convenable de (prendre en vuc dc cette 
jj exposition, vous avez remis a plus tard pour decider si le Gercle eontribuerait a uno 
! exposition collective; le moment est venu de vous prononccr. 

i La question, avant de vous 6tre soumise, a etc debattue dans le sein de votre Gonseil 

J d'administration, qui a vot6 en faveur du projet. (.'exposition collective du Cercle n'au- 

'. rait pas un but d'economie ; elle ne serait pas faite pour oi'frir nnc place dans ses 

vitrines a ceux d'entre nous qui ne voudraient ])as faire les frais d'une exposition indi- 

viduelle, puisque ces depenses seront peu importantes relativement a eel les que neces- 

sitaient Penvoi a Petranger de meubles et de livres, leur installation et leur surveil- 

, lance. Son objet serait, par un emprunt a chacun de nous d'un specimen de ses 

chefs-d'oeuvre en chaque genre, de rfeumer Pimportance des efforts et des progrt\s de 

nos industries, en concourant sous cette forme avec les autres collecti vites etrangercs ; — 

son espoir, d'ajouter un trophee a ceux deja obtenus. 

Votce president a demando Pemplacement d'une bibliothequc ; les frais ne seront 
assur6ment pas considerables. A la (in de cette seance vous serez appclesadiscuter eta 
voter cette proposition. Si votre avis est contraire, nous abandonncrons la concession 
d'emplacement ; elle sera certainement re])risepar d'autres avecernpressement. 

Le projet de nousloger un jour dans un immeuble nous appartenant,ou nous pourrions 
disposer de salles pour les ventes de livres «t les services speciaux qui r^pondraient 
aux besoins de nos industries, a toujours souri a la trfcs-grande majorite des membres 
du Cercle. 

Presente par M. Hachette pendant sa presidence, il avait etc- un moment sur le point 
de se realiser, et ce ne sont pas les adhesions qui avaient manque, car M. Breton a con- 
serve une Iiste de souscriptions qui monte a un chiffre tres-rcspectable. 




-^ 



.'e; 



1^^^' CHRONIQBE. 

La guerre est venue couper court aux demarches qui avaient 6te comniencees ; nous 
y sommes ramen6s par l'expiration de notre bail. 

Notre propri6taire, pressenti sur ses intentions, a repondu a nos ouvertures par la 
deroande d'une augmentation considerable et m6me la pretention de reprendre dans tin 
certain delai quelqucs pifeces indispensables a notre service interieur. Votre Conseil, 
tout en continuant les n6gociations, a pense que le moment 6tail venu de s'affranchir de 
ces embarras, et chacun de ses membres a accepte la mission de chercher, dans le quar- ' 
tier central de nos industries, un terrain convenable. 

Ces recherches ne se font pas sans attirer T6veil dcs interesses, et, il y a quelques 
jours a peine, un architecte a cru pouvoir a ses risques et perils etudier la question et 
m'apporter le plan d'un terrain ayant facade sur le boulevard Saint-Germain, des cro- 
quis et des devis pour les constructions. 

Je ne viens pas vous soumettre ces plans aujourd'hui; c' est une affaire s^rieuse, qui 
m^rite un examen approfondi. Nousavousd'ailleurs, auprealable, a decider sil est oppor- 
tun de construire un immeuble, propri6t6 du Cercle, et par voie de souscription entre 
ses membresexclusivement. 

A la fin de cette seance je vous demanderai de voter sur cette question, etsi votre 
avis est favorable, comme tout me porte a le croire, de nonimer une commission qui, 
avant tout engagement, serait chargte de vous apporter un travail d'ensemble sur ces 
constructions et le plan financier. 

Je vous proposerai de composer cette commission de MM. Delalain, Breton, Labou- 
laye^ Masson, vos anciens presidents, de votre president actuel, et de MM. Noblet et PZo'w, 
vice-presidents, Armand Templier } notre secretaire, et Ducrocq, tresorier. 

A 1'occasion des ventes de livres d'elrennes, un certain nombre de HbrairesdcHaillants 
nous ont adresse des lettres dont ils demandaient Tinsertion dans notre journal. 

lis se plaignaient des d£p6ts faits aux grands magasins de nouveaut^s qui, inondant 
toute la France de leurs prospectus, avilissent le prix des livres pour atteindre un gros 
chiffre d'affaires sur les objets multiples et si disparates qu'ils mettenl en vente a 
1'epoque du jour de Tan. 

Sur ces reclamations, votre Conseil d'administration ne pouvait statuer, car les maga- 
sins de nouveautes sont libres de vendre des livres comme toutcs autres marchandises, <» 
la condition de faire les declarations voulues. 

II ne pouvait peser sur les operations des editeurs, chaque commercant ayant le droit 
incontestable d'agir conformement a ce qu'il croit 6tre son int^reH, quand onn'a rien a lui 
reprocher de contraire a la bonne foi et aux lois. 

II no pouvait non plus accueillir dans le Journal de la Librairie une polemique au 
moins inutile si elle ne degenerait pas meme en discussions passionnees. 

11 a pris un parti que nous avons pensc 6tre le plus sage, e'est celui d'inviter les edi- 
teurs de livres d'6trennes a se r6unir en vue de concilier tous les interns dans la plus 
large mesure. 

De leurs deliberations est r£sult6e la reconnaissance que le plus grave prejudice caus6 
aux libraires detaillants provenait des annonces faitesa prix reduits par les grandes 
maisons de nouveautes ; et sans admettre qu'il fut possible de renoncer a un si puissant 
moyen d'ecoulement, ils ont pris l'eogagement d'obtenir de ces maisons de ne plus indi- 
quer d'une manifere precise la remise dont ils faisaient jouir leur clientele. Get engage- 
ment parait aujourd'hui dans la Chronique pour servir de reponse aux lettres que nous 
avons recues. 

La concession est grandc ; nous esperons quelle sera appreciee a sa juste valeur; car 
les libraires-editeurs font remarquer que beaucoup de libraires detaillants se livrent de 
leur c6le aux pratiques dont ils se plaignent, joignant le plus souvent le commerce 
d'autres articles a celui des livres, se servant de la publicity des journaux, repandant 
des annonces et catalogues dans lesquels ils offrent les ouvrages qu'ils recoiventde Paris, 
a des prix inferieurs a ceux cotes sur les catalogues des maisons <f edition. 

Votre Conseil d'administration a constamment veil!6 5 la defense de vos interns pro- 



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CHRON10UE, 3~ 






i 



fessionnels ; ngus aurions voulu pouvoir vous signaler des r6sultats definitifs, mais, voas 
ne Tignorez pas, plusieurs projets de loi sont a l'etude, et nous devons attendre. Toute- 
fois, il y a tout lieu de croire qu une legislation plus liberate sera inaugur6e sous peu et 
fera droit aux justes reclamations des imprimeurs etdes editeurs contre les eniraves des 
anciens rfeglements. 

Les propositions de lois sur l'indemnite a accorder aux titulaires de brevets d'impri- 
meurs et de libraires, — sur le col portage, les reformes postales, — ont ete renvoy6es 
aux commissions d'initiativedu Senat et de la Chambre. Celle relative aux imprimeurs 
sera discutee trfes-prochainement ; j'espfcre que l'ann6e prochaine j'aurai k vous presenter 
uq compte rendu plus complet. 

Votre journal est toujours en prosperite. Les resultats etaient satisfaisants Tannic der- 
nifere; abonnements et annonces sont encore en progression cette annee. II en est de 
meme pour le numero de rentree. 

Nous aurions voulu diminuer nos depenses d'irnpression ; pour cela, il aurait fallu que 
chacun de vous n'attendit pas au dernier moment pour donner ses annonces : en n T y 
veillant pas, vous occasionnez des prix d'heures gratili6es dans la composition du journal 
pour le travail de nuit. Un rfeglcment qui avancerait le delai accordcpour la remise des 
copies, sous peine d'augmentation de prix, serait le moyen incontestable de contr3indre 
a plus de r^gularit^; votre Conseil s'cst refuse a Tempioyer dans la crainte de g£ner les 
editeurs, mais nous insistons vivement sur la necessity de prendre ces observations en 
serieuse consideration. 

Nous rappellerons egalement le voeu emis l'annee derniferc, que desormais les cata- 
logues fussent tous imprimis dans le mime format (lin-8 raisin) afin de permcttre de 
les relier ensemble. Quelques maisonss\v sont conformees; mais la mesure semble loin 
d'avoir ete adoptee d'une manifere generate, malgrc son utilite. 

Votre Conseil d'administration, r6guiarisant par une nouvelle organisation la 
situation du gerantdu Gercle, M. Blanchot, lui a confio le travail de la Table systematique 
et de TAnnuaire. Une commission a ete nomm6e pour surveiller ce travail, qui sera 
pousse avec activite. Le nouvel annuaire, revu et mis a jour, paraitra vers le rnois de 
juillet. 

Le Gomite judiciaire na eu qu'un petiL nombre de contestations soumises a son arbi- 
trage; cepeodant ses membres sont toujours a la disposition de nos confreres qui vou- 
draient terminer promptement et sans frais les differends qui naissent si souvent dans la 
pratique des affaires. Chaque annee trois membres sortants sont remplaces ou rentrent 
par reelection ; il a ete procede a res operations. Notre regrette confrere M. Piet a ete 
remplace par M. Dumaine; les deux autres membres sortants, MM. Chardon et Pous- 
sielgue, ont etc reeius. 

Le Comite judiciaire pour l'annee 1877 est done compose de : 

MM. Noblet, president ; 

CfURDON, 
COLOMBIKR, 
Paul Dl'LALAlIN, 
DlICROCQ, 

Duma ink, 
Garde, 

NOURRIT, 

Charles Poussieujui-;. 

Nous avons perdu cette annee : 

M. Piet, dont la mort a produit une douloureuse emotion chez tous les membres du 
Gercle. M. Noblet lui a consacr6 un article nterologique dans lequcl il rappelle si juste- 
ment les titres qu'il avait a notre estime et & notre affection. Successivement membre et 
secretaire du Conseil d'administration, du Gomite judiciaire, de toutes les Commissions, 






^ ^> CflftCWVIQUE. 



&s 



;a& 



organisateur de nos soirees, enfin membre honoraire du Conseil, il laisse dans nos 
reunions et nos travaux un vide qui ne sera jamais comble. 
MM. Douniol, libraire-editeur, gerantdu Correspondant ; 
Camille*Roullion, fabricant de papiers a Conty ; 
G. Barba, enlev6 prematurement a ses amis, c'esl-&*dirc 5 tous ceux qui Ie 

connaissaient; 
Richault, editeur de musique ; 

Derriey, typographe, graveur et fondeur en Caractferes, qui s'etait fait une si belle 
reputation par son talent et son gout. 

Septmerobresdu Cercle ont donne leur demission, par suite, pour la plupart, de leur 
retraite des affaires. Ce sont : 

MM. Raeon, 
Marinoni, 
Ardant, 
II. Le CAbvQ, 
Meyrueis, 
Vieville, 
Rion. 

En revanche nous sommes hcurcux do rappeler les admissions de 

MM. Doin, MM. Gruintgcns, 

Lips, Xavier Odent. 

Parent, llartge, 

Motteroz, Le Soudier, 

Quantin, Robert Kngelmann, 

Buhlmever, Raoul Hussenot, 

Levasseur, Alexandre Lcmoine, 

Dumoulin, Rene Lorilleux. 

Je laisse maintenant a noire Tresorier le soiu de vous exposer la situation fmanciere 
du Cercle, 

M. le Tr£sorier lit son rapport sur la situation fmanciere du Cercle. 

M. Dumaine, Tun des commissaires charges de la verification des comptes, dit que la 
Commission a reconnu la parfaite regularite des ecritures, et que des remerciments sont 
dus au Tresorier pour le soin qu il apporte a raccomplissement de sa mission. 

M. le President prend de nouveau la parole et ajoute : 

Le roulement. fait sortir aujourd'hui quatre membres du Conseil d'administration : 

M. Noblet, vice-president; 

M. Plon, vice-president; 

M. Armand Templier, secretaire, reeiigible en cette qualite ; 

M. Calmann Levy, conseiller. 

Ces honorables confreres laissent dans le Conseil de lels souvenirs par leur zelo rt 
leur devouement a vos intenits, que nous sommes certains quils y seront rappeles pro- 
chainement par vos suffrages. Je les remercie vivement du concours qu'ils m'ont donne 
dans la tache difficile que vous m'avcz confiGe. 

Nous avons Thonneur de vous proposer d'eiiro pour vice-presidents * 

MM. Guillard, ancien tresorier et conseiller; 

Odent, qui a siege plusieurs sessions dans le Conseii ; 
de reGlire M. Armand Templier aux fonctions de secretaire, et de nominer cornmc con- 
seiller M. Des Fosscz, de I'lmportantc maison V e Morel et C M . 

Aprfes avoir termine la lecture de son rapport, M. le President declare la discussion 
ouverte sur le projet d'une exposition collective en 1878. 

Aucune opposition ne se manifestant, la question suivante est mise aux voix : L'assem- 
biee est-elle d'avis defaire une exposition collective cornprenant les specimens des pro- 
duits les plus parfaits de chacune de nos industries? 

L'assemblee approuve. 



CHRONJQUE. ^ ^ 



) 



M. le President declare ensuite la discussion ouverte sur l T opportuniL6 d'6tudier les 
projets de construction pour Installation du Cercle. 

Un membre demande que la commission charg6e de cette etude examine non-seule- 
ment le plan dont M. le President a parl6, mais tous les plans qui pourraient se pre- 
senter. 

M. le President dit que cela 6tait fait dans sa pensee. 

Un autre membre appuie la proposition, parce que la situation financifere du Cercle 
est aujourd'hui meilleure que jamais et que le percement du boulevard Saint- 
Germain doit offrir des occasions dont il faut profiter. 

Un TRoisifcME ajoute que tous les membres du Cercle sont favorables au projet. 

M. le President met aux voix la question suivante : 

L'assembtee est-elle d'avis que, sans prendre aucun engagement, une Commission 
soit chargee d'etudier des projets de construction pour Installation du Cercle et des 
services qui peuvent s y rattacher? 

L'assemblce se prononce pour l'affirmative. 

Elle nomme ensuite membres de la commission : MM, Basset, president du Cercle; 
Breton, Jules Delalain, Laboulaye, Masson, anciens presidents ; Noblet et Plon, vice- 
presidents du Cercle; Armand Templier, secretaire; Ducrocq, tresorier. 

II est ensuite procede au scrutin pour les elections. 

Sont eius : 

MM. Guillard et Odent, vice-presidents pour trois ans; 
Armand Templier, secretaire pour trois ans ; 
Des Fossez, conseiller pour trois ans. 

La seance est levee a 10 heures 1/2. 

Pour extrail : /y Snrrtnhr, A. Tkupukr. 



Aa/wvwmaaa 



Par suite des ('flections qui ont eii lien le 
£.} tevrier dernier, le bureau du Cercle se 

trouve compose de la maniere suivante pour 
I'annee 1877 : 

President : Basskt Sortant eu i87K 

Vice-presidents : C \ : i u. uu> . Id 1 880 

Odknt. Id 1880 

Secretaire: A . Tkmplikk. Id 1880 

Tresorier: M. Dixunco. Id 1878 

1'onscillers : Bapst. Id 1870 

Dklaoiiavk. Id 1878 

H. Delalain. Id *878 

Des Fosse/. Id. 1880 

Dumo.nt. Id 1878 

f.RUs. Id 1870 

Jousskt. Id 1878 

Lair. Id .... 1878 

Til. Lkfevhk. Id 1870 

Tankra. Id 1878 



DOCUMENTS OFFICIELS. 
Question des Brevets d'imprimeurs. 

(Suite ct fi*-.) 

Un dre ret du \ fevrier 181 I a impost aux 
iinprimeurs conserves de Paris, dont le nom- 
bre fut port 6 a quaire-vingts par le decret tin 
11 du meme mois, Pobligation : 1° de payer 
aux imprimcurs supprim6s une indemnity 
ralculee a raison de 4,000 francs par suppres- 
sion; c l° d'acheter les presses devenues sans 
emploi au j>rix d'estimation. 

II faut observer, d'une part, que J'adminis- 
tration n'6taiLpas Hee vis-a-vis des iinprimeurs 
des -mrtements; d 'autre part, que, pour 



n'Mt-t-.i, aueune indemnite n*a t'-te stipulee el 
ue parait avoir ete payee eu cas de suppres- 
sion. Ceperulant lorsque, dans les seances des 
18 et 10 novembre 18;t(), la Lbambre des de- 
putes, saisie de la question par un amende- 
inent de M. Kirmin Didot, fut appelee a la 
discuter, aueune distinction ne fut 6tablie par 
M. Dupin : « Vous iailcs une ioi, disait-il, e'est- 
a-dire une regie generale pour le plus grand 
nombre de cas, et vous n'agissez pas sous lm- 
fluenee de toutcs les exceptions particulieres. 
« Quel est le principe de l'indemnite? C'est Ja 
possession. Un bom me, en prenant la profes- 
sion d imprimetir, a employ6 ses capilaux a 
acheter un materiel. Nous lui donnons un con- 
current. Le concurrent doit indemniser cet 
bomme qui s'est elabli sur Iafoi de Ja legisla- 
tion existante. Le Gouvernenient n'a pas vendu 
aux notaires, aux avoues leurs cbarges; il lour 
a donne des brevets; mais il s'etablit par la 
possession une espeee de propriete. II y a done 
necessity d'aceorder une indemnity* proporfion- 
nelle a tous les iinprimeurs, suivant la popu- 
lation. )> 

M. de Valimesnil repondait : 

« Pour la province, le nombre des iinpri- 
meurs n'elant pas Iimite, on ne couiprendrait 
pasijue I'extension donnee au droit incontes- 
table du (jouvernenrient devint le principe de 
rindemnite. Pour Paris, les iinprimeurs ont 
profile d'un regime d'exception; ils n'ont pu 
croire qu'il serait perpcluel. Les necessity po- 
litiques reeiles ou supposoes avaient fait res- 
treindre la liberie; ces necessity n'apparais- 






saut plus, les restrictions doivent disparaltra, 
et, avec elles, le droit temporaire, accidentel, 
pr£caire, que les imprimeurs y puisaient. » 

A la suite de debats assez confus, le principe 
de I'iudemnite avait ete vote ; mais 1'article qui 
en formulait 1 'application ay ant ete repousse, 
les partisans de l'indemnite s'unirent aux ad- 
versaires de la Mberte et firent rejeter le pro- 
jet de loi qui abrogeait le decret de 1810 et la 
loi de 1 814. Depuis lors le gouvernement a ac- 
corde des brevets nouveaux, surtout dans les 
departements : un sieurSallot, imprimeuraux 
Aodelys, soulcva une reclamation a, ce sujet; 
mais elle n'eut pas de res u I tat : « Considerant, 
dit l'ordonnance du conseil d'Etat du 14 mars 
1834, que la limitation du nomhre des impri- 
meurs a etc" d^terminee par des motifs d'ordre 
public et n'a conf6r6 aux imprimeurs aucun 
droit qui puissc servir de base & une action par 
voie contentieuse... >> 

Nous nc croyons pasnecessaire d'entrer dans 
les details de la controvorse en faisant rcssortir 
les analogies ou les di (Terences qui existent en- 
Ire la situation des imprimeurs et celle d'au- 
tres industriels et dautres brevetes, en rappe- 
lant que le nombre des imprimeurs etait limits 
a. Toulouse depuis \(V.Y2, a, Paris depuis 1 680, 
dans le reste de la Prance depuis (704, quand 
le decret du 23 mars 1701 les comprit dans 
I'affranchissemcnt general do toutes les indus- 
tries, en ajontant qu'en compensation avec le 
prejudice resultant de la concurrence, la liberie 
a donne aux imprimeurs le droit de disposer 
a leur gre de leurs ctablissements et de les ex- 
ploiter, sans craindre qu'une simple contraven- 
tion autorise le gouvernement a briser leur 
instrument de travail. 

Pour faire comprendre k quel point la con- 
testation soulev£e presente de difficultes, nous 
nous contenterons de signaler ce fait que, 
dans Lenqu6te de 1870, d'une part, cinquante- 
trois pr6fets contre trenfe-cinq etaient d'avis 
de payer une indemnity aux imprimeurs ; 
d'antre part, vingt-quatre procureurs gerie- 
raux contre trois deniaient le principe en 
droit , et dix-buit contre dix le deniaient 
meme en 6quite. La commission extra-parlc- 
mentaire n'admit le principe qu'en cquite et 
seulement vis-i-vis des quatre-vingts impri- 
meurs de Paris dont les etablissements avaient 
ete conserves, en 1811, rnoyennant certains sa- 
crifices p6euniaires. 

En exposant d'une maniere sommaire les 
arguments qui peuvent fitre presentes, nous 
n'entendons nullement prejuger la soluti{>n : 
nous constaterons simplement que la promesse 
d'un examen ulterieur consignee dans 1'article 
4 du decret du 10 septembre n'6quivaut pas 
et ne pouvait equivaloir & la reconnaissance 
legale du droit pr6tendu # 

I 



II nous rest6 a appr£cier le mode de procSder 
adopte par MM. Taillefert et Houssard, pour 
r6aliser cette promesse d'examen. 

Qu'il s'agisse des quatre-vingts imprimeurs 
de Paris ou des onze cents imprimeurs des de- 
partements, c'est tpnjours une question d'in- 
Hi purement prive qu'il faudrait resoudre. Si, 
comme on l'a soutenu, les brevets constituent 
une propriete reelle, le decret du 10 septem- 
bre qui les a supprimes equivaut a. une decla- 
ration d'utilite publique, preiiminaire oblige 
de toute expropriation; mais il a laiss6 ou- 
vert, par son article 4, tout recours legitime 
aux tribunaux competents pour fixer le mon- 
tant de l'indemnite due aux expropries. — Le 
Senat, en prenant l'initiative de l'examen 
d'une difficult^ d'ordre purement juridique, 
interessant nn certain nombre de particuliers, 
empieterait evidemment sur le pouvoir judi- 
ciaire. 

Dans les c«is ou les imprimeurs, au lieu d'in- 
voquer un droit positif resultant de textes d<> 
lois, se contenteraient de W;clamer en equite, 
atitre gracieux par consequent, une reparation 
raisonnable du prejudice qu'ils ont pu eprou- 
ver, il est manifesto qu'il faudrait alors <e 
rend re un compte exact de la situation de 
chacun d'eux, rechercber Torigine de cbaque 
brevet, 1'importance de cbaque etablissement 
avant 1870, les resultats de la concurrence 
vis-a-vis de chaque int6resse. Et cest aux 
representants du pouvoir ex6cutif, et non a 
une commission du Senat, qu'un pared travail 
peut et doit etre confi6. D'ailleurs, il ne faut 
pas oublier (pie les imprimeurs n'ont aucune- 
ment rcnonce a agir par la voie contentiense. 
et il n'y aurait ni droit ni convenance de notre 
part a leur imposer implicitement la voie 
gracieusc. 

Enfin, d'une maniere generate, quand Tin- 
teret prive est en jeu, s'il est en contradiction 
avec celui de l'Ktat et si les representants de 
l'Etat negligent de lui accorder satisfaction, il 
pent, suivant son importance, donner lieu soit 
a un renvoi de petition au ministre compe- 
tent, soit a. une interpellation, suivie d'un 
ordre du jour motive; mais il ne saurait Gtre 
dans le rOle du Senat, et conforme a. sa dignite, 
de nommer une commission pour se livrer, 
motu proprio, a la preparation d'un projet de 
loi uniquement destines trancber une question 
de cette nature. 

En consequence, votre commission est d'avis 
de laisser aux int6resses le soin de poursuivre 
etau gouvernement celui d'examiner les con- 
sequences du decret du 10 septembre, et conclut 
au rejet de la resolution proposee par M. Tail- 
lefert et Houssard. 



Le Secrttaire-Gtrant, Blanchot. 



Paris. — Typ. Pillet et Duraoalin, rue des Gr.- Angastiss, 5 . 



66* Axui&e. 2* S6He, 



N° 10. 



10 Mars \%T2. 



CHRONIQUE 



BU JOURNAL GftNlllRAL 



I)E LTMPRIMKRTE ET UK U UBIU1ME 



Paris, an (^r3^"Uli[airii> T do rimprinttrw <i k la Papotmft, rue Boiiajtarlo, 1, 



h ii !■ 






Dans la s£anno du 24 fovn'er 1877^ In Srnai 
a discutG la proposition (in MM. Houssard ct 
Taillefert, tendunt a la nmni nation d'u no com- 
mission cliargi'w du statin's** stir Jr»s cons^qiion- 
cm du dncrnf du 10 snpteml*nH870 ndatif A 
I'imprimeric. Le Journal official tin t*;i fY'vrior 
en a puhl[6 1c corn pic randu qui; nous rqiro- 
duison,^. 

V, LK PHiislDCNT. I/ordn* du jmir app^Hc la i\\s- 
cii«smn du prnj^L dti ndanlutkui prtawitfi par MM- Tai lie- 
fer! ot Hnussard, Uindant a la nam [nation il'uiifi coin- 
inissimi do neuf man bras, dint^n dn pr4,erit<yr im 
prrijnL dn Joi ayant pour Imt dii staluer sur lus corisi'- 
aucncus du d^cret (In JO Kojilrmbrti 1870, alYiprard t\o 
impriirniur*. 

M- lk i'HfesinK.vr. La pamlu ('st a. M.TailhdWt.. 

1A. TAILLKFERT. Mi^si^urs, jn viens comliatlro l^s 
conclusions flu rapport qui a iM fait aw nom tits la 
('(n:imifisi::ii idiaryce d'cxamincr la proposition d« t^so- 
Inlion fjtit \ous a - 't^ pr£sf*ntfe par uolr<* lionornhh; col- 
ir^ne M. Houssftnl cit par inoL 

CtHt<- proposition tendail a f.'tirrj sLalutjr liJt^riearc- 
mont sur Jtiri ttMis&quencus du iV\r.rnl An fionviTiii^ 
m^i tt dct 1;l di'densn uatioualf:, a lYgard des impri- 
meurs, 

jl fauL vous diw, mes&inurs, dans queries rirf-onsit-m- 
■:e& la proposition est nbi% iL par qn^]l«i suit.*; do (ait* 
nou* nous sornwifts diddta a la pri-nniLcra vos d£lih<'-- 
nitiwiB, 

Lfc d^enst du (r'ouvern^ni^nt do b dtffcujii; national ii 
J/LtH (jn 1ft septraibiv, 1K70. A cp, inomisnt Ja France 
ttait oiivahift, PariH prrn d'fitnj investt; «H, ipirlijuc^ 
3fioin plus Uril^ arriva. Ja C'uniriijim fjui \u\t la huhM'*, 
i iini; malhiiiir*, 

MJW- J«s imprimout'H eun;nt la sah'osw; f:t |u pntrio- 
tisrrie de no pas ^levor la voiv, iln nu p.-i.t fairu crituii- 
Jr^ l«u]*s plaiiUos et laurw doliUncfw. Maiw ijii.-iud In 
iinlme Hit n-tahlij iis sVnifir«^s^i'nnt di- pniLr^trr forj- 



tro un dficrel qui le-s av;iiL privt^ dc: lenr mr>ndpolh et 
qui lie Uur jridiqtmit qu*itidinjntf;n^!it la. pnssibiliti- 
d'fitrfi iiiderrnusiri. 

Aussit6t, iU sii n:iulinnt prrs du M. 1ft rcunistre dn 
rinttlricur;, qui etait alors M. [.iiuilirticht. Uh oblinreiit 
d'eiotstlfMitfti n J :pniisf:s. (hi l«nr pronfiit d'^xamin&r :ivri l 
liif'ii\'CilIJii]f*c j;i siLnafiniL qui irur Z-tait faiti!, 

A peu prrn dans 1c mAriHi tftmps, i'Assi^nl]f«« n.'i- 
tionalf^ insLitimit uiki cammissiini charge d'^tudicir lt:s 
df-iTnls du (IdiiveriicTru'-nt tie Ja ilriftiii^ft nationals l=I. 
d'indiqinir mix dr. crs d^criLii (jui dr,vaipnt fetn; maiti- 
I en ns, rRLoudife ou ifitirmj alini^m. 

i^cndt'inL In wiiit-s dft su-s Lravaiu, rtiLLft question de 
]a proprieties hr«v«l^ ;\ k'.US sanrnisea la. oomtuissinTij 
tjtii donna unavis tout a fait iUvfirnWe mix iniprimdurs; 
mais, coiiimni la f;o minimi on navait q\w <]<^ pouvoii"H 
consulU til's, d!<* nt^ fmt jias prr^itito.r uti prnj^t dn Ini 
afin du inettro, (in U;rmft ct line situnitina d jiicertitudfi 
qu'cUc-inf'tiic; \Myait avccn!gn:l. TouUifoiselly demands 
qu'uri^ luiuvf'lU; leu tit disparaitre Ut tlt-cvoA du 10 sep- 
U'lribrf 1 ; rnais «tl<*. H(i ^ardait hicn d'ihdiqimr 30a pr6K- 
runceri, soit pnur \n ni^irtu; du In liim-Li', snit pour cn- 
ltii du nuiTiopole. 

Dans cAtiiv. siLualifJiij MM. Irs irnprircuMii's ifavaient 
phir^ qii'tnin fnihl(i e3pira.nc<i dfi fair^ prdvrtloir In pri- 
vil^K** ( -L ^alla'-liiVimt an prtnajiii d'iudtimnitii. 

lis limit ccp^udiiiit mw. pAtlLion f|iii fut pr^fienU' 1 
:i la comniisftinn d*ss il^.n^Ls, qui, la si^nalnnt an T,ou- 
vcnmnif'.iit, n'.jiinidil ;m\ iniprinnmrs rju'^ilft im pmi- 
Vriit Cairo filus. 

Depuiss totittis Is foi^ qiTini miiiistro n. jirjs In pnr- 
U'fVuilln de rititi'-rieur, U:* iitqiriineiir^ nut (nit ttm* 
noiivi'llo (t(fjiiiirnl!'', < b l timjiinrji av^r: It 1 . lnJ^irift induc- 
ers, 

[I frillnit \i\i.ii qu"il y 1 \il uiiri cauti« ^xjdjquant cew 
n'sultats m'-fcalils, f-nr Ins uitmVtrftfl qui m fiuccfi- 
ilaiftnt dtsrii(>rit tons qu'il y ai - ail tnati^r« a examiner^ 
a i'*tiifli^r. Unci motif p<uivait t^pliqu^r que touted ^h 
rt-jjimwis stipnblablea et Unites ofts marquea do biemfcil- 
lan^fi ct dft Byrnpatlii« iraitirnnssienL aucun r^ultat? 
Cctt« nntiiifi s« trouvnit daus nn« lacune du d^cret, 
(jui, ajtn's av<ji:' ^dtctt: tmis dispu^ it io 1 is imperatives et 
coiiiplt'tas* avail flit rians l T arlirl« ?*, sur lequel ruiilt; 
tf»ut* j , la iU('f]CuHi r > : 



'Jhrtmitpte, 1S77, 



10 






% 



■N ■ 



42 



CHRONIQUE. 



« II sera statue ulteVieurement siir les consequences 
du present decret a Pdgard des titulaires des brevets. » 

Que voulaient dire ces mots? Quelle e"tait la promesse 
qui y 6tait in3Crite? car il y avait la eVidemment une 
promesse, et les membres du S6nat qui ont appartenu 
au Gouvernemont de la defense nationale ne peuvent 
pas nier qu'il y ait eu un engagement pris par ce 
gouverncment. Cet engagement, qui incombe main- 
tenant a ses successeurs, a «SLeS pris tres-spontantjment ; 
il doit avoir une signification, car enfin il faut que ces 
mots, «statuer ulterieurement sur les consequences du 
present decret », aient un sens, et ils ne peuvent en " 
avoir d'autre que celui que je vais vous expliquer. 

11 s'agirait, a mon avis, d'une promesse, non d'in- 
demniser, mais seulement d'examiner s'il y a lieu a 
une indemnite, a un dedommagement. II est impossible 
de donncr a cet article du decret un autre sens. 

Environ un an apres, on depose sur le bureau de 
rAssemblee nationale une nouvelle petition adressee 
par lft president de la chambre syndicate des impri- 
meurs. Par des causes diverses, cette petition ne peut 
etre rapportee qu'a la fin de l'ann6e 1875. Kile fut ren- 
voy£e au ministre de PinteYieur; celui-ci ne lit pas 
conuaitre quelle suite il avait donn^e a cette petition. 
On comprend, d'aillcurs, son silence : nous <Hions a la 
veille de la dissolution de l'Assemblee nationale, a la 
veille des elections pour le S6nat et pour la Chambre 
des deputes. On ne repondit pas. Peut-etre ne savait- 
on pas a qui adresser la reponse, puisque le corps <Mec- 
tif qui avait renvoye" la petition au ministre n'existait 
plus. 

Toujonrs est-il que six ans s'utaient passes, et qu'a- 
prt's avoir pendant tout ce temps fait des demarches 
pour obtenir la solution de la question ainsi posee : Y 
a-t-il, oui ou non, une indemnite" due anx imprimeurs 
depossedes de leur brevet? on ctait toujonrs dans une 
incertitude et une attcutc penibles. Comme le disait 
parfaitement 1'autre jour, a cette tribune, Phonorable 
M. Pelletan : A cette attente, il fallait mettre wu 
terme... C'est ce (pie nous avons voulu faire en pre- 
seutant la proposition signed par Tbonorabie M. Hous- 
sard et par inoi. 

Si vous aceeptcz notre proposition, quelle en sera la 
consequence? Elle sera la cloture d'un systeme que 
vous ne voulez pas voir reveuir. 

En effet, je sais que parmi mes honnrables eollegues 
il eu est quelques-uns qui out craint que notre propo- 
sition ne renfermat une intention eachee, un desir dis- 
simule", celui de faire renaitre le regime du monopole. 

Je declare que rien n'est plus contraire a ce dernier 
regime que. notre proposition. Nous demandons, eu 
effet, la liquidation du regime du monopole et nous 
maintenons qu'il est bieirfini, en enlevant precise- 
ment a eeux qui ont ete leses ou se croient 16se\s le 
droit de se plaindre et de soubaiter un autre regime 
qui les dedommagerait. 

On a trouve etrange la procedure que nous avons 
suivie. C'elait cependant la seule que nous puissions 
adopter, puisque les representants des imprimetirs de 
Paris et de la France avaient use vainement de toute 
autre voie. 

Ce que nous desirous, c'est uniquemenl de com- 
pleter la formule d'un decret qui nous paralt impar- 
jait parce qu'il n'a pas donne* pleine satisfaction aux 
interets qu'il reglait. Ce que nous demandons, c'est 
que ce decret dise si, oui ou mm, une indemnite" sera 
accordee. 



Nous nations pas plus loin, et nous avons raisou 
de le constater; car, dans cette affaire, on a paru 
croire que notre proposition ne satisferait que les in- 
teVets priv<Ss des imprimeurs et que nous demandions 
au S<mat de dispenser lui-meme, soit a titre gracieux, 
soit sous toute autre forme, les indemnites qu'il ju- 
gerait a propos d'accorder a chaque imprimeur. Non, 
c'est une question de principe qui est pos^e devant le 
Senat, et pas autre chose. Nous avons parfaitement 
compris que nou3 ne pourrions pas vous poser une 
question si grave et nous lancer dans des de'bats aussi 
importants sans avoir consulte" le ministre dans les 
attributions duquel se trouve l'imprimerie. Nous 
avons vu M. le ministre, et nous serious heureux 
qu'aujourd'hui il put vous dire quel a 6te le fruit des 
reflexions qu'il a du faire sur l'entretien que nous 
avons eu I'honneur d avoir avec lui. Ce que nous de*- 
sirons, c'est d'obteuir un r^sultat precis, une solution 
quelle qu'elle soit ; c'est de faire sortir d'une incerti- 
tude excessivement doulou reuse pour toutes les parties 
inteVessdes une foule de gens qui se trouvent plus ou 
moins atteints par la suppression des brevets. 

Si M. le ministre veut bien nous dire ce qu'il pense 
sur cette question, s'il veut prendre Tengagement de 
faire proc^der, suivant la forme qui lui conviendra, 
a Fexamen de cette question, nous serious prets a 
descendre de la tribune et a demander que notre 
projet de resolution fut remis a une epoque post£- 
rieure; nous pourrions meme le retirer, sauf plus 
tard a user de uos droits, si nous croyions n 'avoir 
pas obtenu tout ce que nous avious a desirer. (Tres- 
bien !) 

M. pelletan. Messieurs, la question qui vient 
d'etre portee a cette tribune par notre honorable col- 
legue M. Taillefert, qu'il me permette de le lui dire, 
est un peu vague. Ou elle est trop restreinte, ou elle 
est trop complete. II commence par demander des 
indemnites, si je l'ai bien compris, pour les brevets 
d'imprimeurs supprimds. II ne fait pas de distinction 
entre les imprimeurs de Paris et ceux des de'parte- 
ments. II me semble, si -j'ai bien entendu et bieu 
compris Pargu mentation de notre honorable collegue, 
qu'il a argue d'un dernier paragraphe du decret de 
rfeptembre pour dire que nous £tions, nous gouver- 
nement et 16gislateurs, engages en meme temps a 
statuer, e'est-a-dire a donner des indemnite*s. C'^tait 
le sens que M. Taillefert attribuait a ces paroles, et 
j'entendais meme derriere moi les protestations de 
plusieurs de nos eollegues, qui disaient que statuer 
n'impliquait pas le sens <jue des indemnitee (itaient 
dues. 

Maintenant, si je mo suis trompe sur la pen- 
see de notre collegue, je retire ce (pie je viens de 
dire. 

Messieurs, ce decret de septembre n'a pas 6te aussi 
improvise qu'on veut bien le croire. 

La question se presentait devant nous d£ ja jugee. 
en quelque sorte, en premiere instance. Ceux qui, 
comme moi, ont appartenu a lancien Corps l(igislatif 
savent parfaitement que la question des brevets d'im- 
primeurs et de libraires avait M tranch^e en prin- 
cipe par un article de la loi de 18G8 ; et, si je ne me 
trompe, il y eut un amendement de Tun de uos eol- 
legues d'alors, M. Pamard, qui avait voulu faire 
retraucher cet article pour maintenir les brevets 
d'imprimeurs et de libraires; ret amendement fut 
repousse. 







CHRONIQUE. 



43 



Si Particle n'a pas ete adopts, o'est pour un autre 
motif, parce qu'on a cm (pie les brevets pouvaient 
soulever une question do propriete. Je sais bien que 
M. Rouher a nie energiquement que les brevets d'im- 
primeurs pusseut constituer pour eux une propriete. 

Ou parlait alors non pas de tons les imprimeurs, 
mais seulement de oeux de Paris ; il s'agissait de sa- 
voir s'il leur etait du une indemnite, et M. Rouher di- 
sait : (Juaud on a reduit le nombre des imprimeurs de 
Paris a SOd'abord, a 60 ensuite, ce n'etait qu'une me- 
sure de police; mais jamais le ^ouvernement n'a pris 
vis-a-vis des proprietaires de brevets l'cngagcment de 
leur donner une indemnite. Une indemnite? Est-ee 
qu'ils ne l'ont pas touchee depuis soixante aus par le 
mouopole dont ils out joui ? Comment ! i! y a (>0 im- 
primeurs seulement a Paris ; la production n'a pas 
quiutuple, elle a decuple, ct ils out realise dcs benefi- 
ces immenses. Etaujourd'hui. souls parmi tous les pro- 
prietaires de rrtonopoles, ils viennent nous dcmander 
une indemnite, Tiiidemnite qu'on n'a donnee ni aux 
boucheries, ni aux boulangeries, ni aux maitres de 
. poste. Kh bien, permettez-moidc vous le dire, je trouve 
que, depuis qu'ils jouissent du mouopole, ils se sont 
bien payes de lours propres mains! Mais si le principe 
que vous venez emettre a cette tribune avait quelque 
valeur, il laud rail aussi l'appliquer aux libraires ; ils 
out abatement ees brevets, ils sont dans les mcmes 
conditions. All ! je sais bien que. vous dites que le 
^ouvernement s'est toujours reserve le droit d'aecorder 
des brevets de libraire et d'imprimeur. Vous voye/. 
bien qu'il n'y a pas de question de propriete ; s'il y en 
avait une, comme on a voulu la creer par assimilation 
avee les offices ministeriels, le £onvernement u'aurait 
pas pu creer de nouveaux brevets d'imprimeur ou de 
libraire, pas plus qu'il ne peut creer de nouvelles char- 
ges d'avone ou de notaire sans tndemniser les notaires 
qui sont a cote et qui auraient asouffrir de la concur- 
rence. 

.Messieurs, cette question est video; ce n'est pas a 
nous qu'il appartient de la resoudre. D'ailleurs, elle a 
etc tranchee par le conseil d'Etat. Dans plusieurs ar- 
rets, le conseil d'Rtat a repousse toutes les pretentions 
des bouchers et des boulan^ers qui venaient reclamer 
des indemnitees pour la suppression des monopoles. (Vi- 
vos approbations a gauche. — Aux voix! aux voix !) 

M. TAILLEKERT. Messieurs, la commission dont le 
rapport est soumis a votre examen n'a pas eu a statuer, 
ni meme a rechercher le fond de la question, et elle 
n'a pas pu discuterco0)pletemeutle droit a 1'indemnite, 
car elle n'avait a voir que succinctement s'il y avait 
des apparences suffisantes que MM. les imprimeurs 
eussent des droits a un dedommagement, et s'ily avait 
lieu ensuite de nommer une commission qui statuerait 
sur le fond. Telle est la procedure parlementaire. 

Ou vient, malfrre cela, de porter en quelques mots 
la question de fond a la tribune, et on Ta lait pour re- 
pousser notre proposition. II est done maintenant d'une 
certaine importance que Ton sacbe ce qu'il y a de 
vrai, ou du moins d'apparence de raison dans la propo- 
sition que nous avons faite et dans les pretentions de 
MM. les imprimeurs a une indemnity. 

On vient de nous dire tout a l'heure, d'abord que les 
imprimeurs avaient fait de grands benefices. 

Mais est-ce que ces benefices pouvaient faire dispa- 
raltre leurs droits? Non, evidemment ; le droit venait 
pour eux de ce que leur nombre etait limite a Paris, 



et, de plus, de ce qu'ils avaient pay6 une certaine 
somme. 

Maintenant, messieurs, les libraires dont on a parle 
n'ont jamais ete limited et n'ont pas pay6 une somme 
quelconque. 

Les imprimeurs de province, que Ton a voulu jeter 
de cote immediatement, ont etc aussi limites, vous en 
tronveriez des preuves ; seulement, il paraltrait que la 
limitation n'a pas toujours ete observee dans certains 
lieux, tandis que dans d'autres, peut-etre l'a-t-elle 
etc de. In facon la plus reguliere. 

Ou nous acitc toutal'heure des arrAts ou, du moins 
un arret qui aurait ete rendu par le conseil d'Etat a 
raison du mouopole cnleve aux bouchers et aux bou- 
lang-ors. Mais les boulangers et les bouchers, a Paris, 
n'ont jamais vu li miter leurs professions. 11 n'y a pas 
eu taut de fours, tantd'etanx indiqueset autoris^s par 
les replements. 

PfusiMtr.s* sthiateurs. Mais si ! C'est une erreur! 

M. clement. Leur nombre etait limite. 

M. taillefeht- C'est-a-direqu'on so permettait d'en 
ajouter on d'en retranelier. En fait, il n'y en avait pas 
un nombre determine; seulement, on ne pouvait pas 
exercer la profession sans y etre autorise. lis ('taient 
dans la situation des libraires, dont le nombre n'a ja- 
mais ete limite. 

On a parle aussi, messieurs, des maltres de postes 
<pii n'ont en aucun dedommagement; mais quelle etait 
leur situation? 

Leur a-t-on enleve par un decret ou par une loi hi 
mouopole dont ils jouissaient ? Non. Leur mouopole 
s'est eteint. .. 

M. Ito/.KIUAN. On les a supprimos successive- 
ment. 

M. TAILLKKEHT. . . e.t il s'est eteint parce qu'un au- 
tre mode <le locomotion s'est substitue a celui de la 
diligence ou de la chaise de. poste, qui ne pouvait plus 
survivro a la creation des chemins de fer. 

II y a done une fonle de cas qu'il faudrait examiner 
avec un soin tout particulier, et si vous vouliez que 
je vous dise aussi quelle est ['importance des avis 
qui out ete emis sur cette question, que je ne veux 
pou riant pas examiner et discuter a fond, je serais 
oblige de vous eiter beaucoup de jurisconsultes qui 
ont donne des avis et consultations lavorables et ont 
consider*: le brevet comme etant une propriete. 

J'ai trouve un arret de la cour de Paris qui donue 
an brevet le nom de propriete; une decision du tri- 
bunal, de commerce de Paris qui, par trois fois, lui 
donue ce titre et ee caractere. (Interruptions.) 

tin shiataur. Ou n'eutend pas ! 

M. TAILLKKEHT. Je disais que je pourrais citer un 
jiigement du tribunal de commerce qui, dans sou 
dispositif et dans ses motifs, donue trois fois le nom 
de propriete aux brevets des imprimeurs. II y a enlin 
une foule de cas ou 1'on a donne une indemnite, par 
exemple lorsqu'on a fait disparaltre les courtiers de 

commerce. . . 

Un xdnateur. Ils avaient le droit- de presenter leurs 
successeurs. 

M- TAILLEFEHT- (ju'a-t-on fait alors? On a donne 
a chatpio courtier d« commerce une somme de 
100,000 fr. 

11 y a encore d'autres cas; je ne veux pas revenir 
la-dessus, mais je desire que vous sachiez bien que 
quand nous avons fait la proposition sur laquelle vous 
alio/, statuer, nous n'avous pas etc pousses par un sen- 






V 



'** 



GHRONTQUE. 



timeut irreflechi : nous avons pris une resolution qui 
avait ete" bien mdditee; nous avons voulu vous sou- 
meUre une proposition que nous avions seVieusement 
etudiee nous-mGmeg, et nous demandions non pas une 
indemnity comme on ]'a dit, mais seulement que le 
Gouvernement, on le Senat si le Gouvernement ne 
voulait pas sen occuper, examinat tres-serieusement 
s'il y avait lieu de donnor une indemnity et dans ce 
pas, une ibis le principe arrete" et vote\ le pou- 
voir ex^cutif auraita appliquer la loi que nous aurions 
rendue. 

M.JULES SIMON, president (\n Conseil, ministre de 
l'interieur. Messieurs, jo ne erois pas que le Serial 
soit appeld a discutcr dans ce moment le fond de la 
question. La plupart des arguments qui ont <H6 pre- 
sent's tout a I'heure touehent le fond meme de la 
question. Ce n'est pas cela qui a ete ctudie dans la 
commission; elle a seulement examine s'il y avait lieu 
de nommer une commission qni e^amincrait le fondde 
la question. (C'est cela! c'est cela.!) 
- Dans cette situation, messieurs, je ne puis m'expli- 
quer que sur le preliminaire, c'cst-a-dire sur la situa- 
tion actuelle des fails, et non pas, je le repete, sur le 
fond de la question, puisque le Senat n'est pas appel6 
a statuer. AssunSmcnt, si des colleges me disaient : 
Nous souhaitons que le Gouvernement fasse utio 
etude approfondie d'niie question, il serait aussitot 
defe>6 a leur desir; a plus forte raison, si le H6nat 
m'invitait a le fairt*. Cela est bien entondu, pour cette 
question comme pour toutei les autres. 

Pour la question dont il s'agit, la loi n'etablit pas le 
droit a une, indemnity. Cela est un fait certain. Vous 
en lirez lo texte, et vous- verrez . . . 

M- VK c, AVAR DIE. Je demande la parole. 

M. LK MINISTRE. ... que le dooret qui existe ne 
donne pas droit a une indemnitc. 

Le Gouvernement n'est pas en mesure de la don- 
ner, cette indemnity, parce qu'en le faisant, il so 
fcubstituerait au pouvoir legislatif, qui ne s'est pas 
prononce. (C'est vrai ! Tres-bien ! sur un certain nom- 
bre de bancs.) 

La commission qui a examine la proposition ajoute 
que le Gouvernement pourrait, en dehors de la stride 
legalite* et par voie gracieuse, donner des indemnites 
wi raison du dommage subi. Le Gouvernement ne 
peut pas entrer dans cette voie (Kvidemment!) ; il ne 
peut, en aucun oas, donner une indemnity que quand 
le pouvoir legislatif a etabli le droit a cette indem- 
nity et a meme indique" la faoon dont elle doit etre 
r6partie. Tout ce que pourrait faire le Gouvernement, 
s'il etudiait la question, ce serait de venir vous pro- 
poser un projet de loi sur lequel vous statueriez, mais 
dans J'etat actuel il ne peut pas davantage. De sorte 
que, tout en exprimant ma ferme volonte d'examiner 
tputes les questions sur lesquelles on me, demanderait 
une elude, je suis oblige de dire que, quartt a pre- 
sent, je le re'pete, il n'y a pas d'indemnite prononcee, 
et il est impossible au Gouvernement d'en donner tant 
que la loi n*a pas parle. 

Voila, messieurs, la situation du Gouvernement 
dans cetle affaire. (Tr£s-bien ! tres-bien!) 

M. DE gavardie. Je demande la parole. 

M. LE president. La parole est a M. de Gavardie. 

)i. DE gavardie. Messieurs, je vais tirer les con- 
sequences du principe, que vient de poser avec beau- 
coup d'autprite M. le president duConseil. 

En eifet, si I'interventipn du pouvoir legislatif est 



necessaire, il est de toute Evidence qu'il faut qu'une 
commission soit nommJee; car, si Ton s'en rapporte 
aux intentions du Gouvernement, quelque bien inten- 
tionne qu'il puisse etre, il est certain que le projet 
restera dans les cartons administratifs et qu'il y dor- 
mira jusquW !Mternit6. (Hilarite geuerale.) Par conse- 
quent, il est indispensable qu'une commission soit 
nomm^e et je nfetonne, messieurs, que de ce cote de 
l'Assemblee (l'orateur d^signe la gauche) on ne vienne 
pas reclamer Intervention de cette commission ; car 
enfin ce decret que vous soutenez, ce decret est com- 
pletement illegal (Protestations a gauche) ; ce decret, 
il a ete rendu au milieu des malheurs de la patrie... 
(Nouvelles interruptions a gauche) et quand, au lieu 
de s'oocuper de defense nationale, Ton avait assez de 
liberty d'esprit pour nSgler les interets de l'imprimerie 
et de la librairie. (Bruit. — Protestations sur les me- 
mos bancs.) 

Je vais aborder le fond de la question^ puisque d'ail- 
leurs le fond de la question a et£ touch^ par les ora- 
teurs ddija entendus et par M. le president du Conseil, 
et que ses paroles ont tres-certainement impressionn(i 
rAssembtee : je l'ai vu acertaines physionomies (Rires 
« : i gauche) de ce cote. . . 

Messieurs, on a dit qu'il n'y avait pas une question 
de propriete engagee ici. Mais quelle question peut 
done etre considered comme une question de propria, 
si ve>i tablemen t !e brevet ne constitue pas un droit in- 
contestable de cette nature? 

Comment ! le brevet a etc" achete, et ce n'est pas 
une propriete? Voyons! comment expliquerez-vous 
qu'un brevet acquis a beaux deniers comptants n'est 
pas une propriete? Propriete transmissible, soit. II 
n'est pas necessaire de payer le brevet a chaque 
transmission d'une librairie ou d'uno imprimerie; le 
brevet a ete pay 6,- et le prix de ce brevet se trouve 
impliciteineut compris dans le prix d'achat. C'est 
ainsi que les ehoses se passant en matiere de trans- 
mission de certains offices. (Denegations sur un grand 
notnbre de banes.) Kst-ce qu'on paye un droit pour la 
transmission de 1' office'? Non ! 

Un s&nateur, II y a un droit de presentation. 

{La smite prochainement.) 



•a < y t «» c 



VENTES PUBLIQUES. 
Paris (maison Silvestre). 

Mercrcdi H mars 1877 et lea cinq jours sui- 
vanis. — Livres rares anciens et modernes, 
composant la biblioth&que du prince A"*** G***. 
2* ]>artie. — Libraire : A. Chossonnerv. 

Bruxelles. 

\ 0, Petite-Hue-de-1'Kcuyer. 

Mardi \ 'J mars 1 877 et les nmf jours sui- 
vants. — Livres anciens et modernes, prove- 
nant de plnsieurs bibliophiles. — Libraire : 
A. Bluff. 



Le Secr6taire-G6rant f BtlNcqOT. 



Vnt'\9. — Typ. Pillet et Dumpulin, rue fles Gr.-AugoBtiL'a,.^ . 



£J*v£V "' 




^.s«r^ ^^r -vV^ ; ;;.v^^- 



^>"'.VSs :■»■>.%" 



K H.- •■. r, ..,, . ^ r , 



66* Ann6e. 2* S6rie. 



N° 11 



17Marai877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIR 



x - 



<SV L ' : 



I. 



SOMMAIRE 



Paris, au Ccjtt^^talibrairia, de. fymprimerie ct de la Papclcrie, rue Bonaparte, 

{'*•!) l ■ ■ . i 

Jurtsprud^iCJ^^r- JQ^e^t^on des Brevets dHmprimcurs (suite et fin). — Soiree du 10 mars 
V au Cerele 4e \i Librairie. — VanMs. 

"'r!il-"\ri — + 



JURISPRUDENCE. 
Tribunal de commerce de la Seine. 

PRESIDENCE DE M. M07XT. 

Audience du 2 fevrier 1877. 

propriete litteraire. — publication de COR- 
RESPONDANCES POLITIQUES DAMS HIS JOURNAL. 

CESSION DU DROIT DH REPRODUCTION DANS 1)'aU- 
TRES JOURNAUX SANS l'aUTORISATION I>U RKDAC- 
TEUR DESCORRESPONDANCES. DROIT DE CE DER- 
NIER DE S'Y OPPOSER. 

Los correspondances politiqucs publiees dans un 
journal restent la propriM da Vauteur de ces 
correspondances. En consequence, le journal 
qui les a publices na pas le droit d'en cCder 
la reproduction a d'autres journaux sans 
Valorisation de Vauteur. 

Au moment des derniers evenements 
d'Orient, M. Rigondaud, publiciste, s'est rendu 
eo Bulgarie et en Serbie, avec 1'intention 
d'adresser des correspondances a divers jour- 
naux. Avantson depart, il s'est entendu notam- 
ment avec M. Guyon, proprietaire et directeur 
du journal la Patrie, et lui a cede le droit de 
publier ses correspondances dans son journal. 

M. Guyon ne s'est pas born6 a inserer dans 
la Patrie les lettres qui lui ont ete adressees 
par M. Rigondaud; en vertu d'un trait6 qu'il 
avait conclu peu de temps apres avec M. Viih- 
rer, proprietaire et directeur des deux jour- 
naux le Soir et Paris- Journal, pour la repro- 
duction des articles publics par la Patrie > il a 
laisse reproduire par ML Viihrer, dans les deux 
journaux dont il s'agit, les correspondances po- 
litiques de M. Rigondaud. 

C'est alors que M. Rigondaud pretendant 

Chronique, 1877. 



que le droit dc publication qu'il avait cede" a 
M. Guyon, specialement dans le journal la Pa- 
trie, n'emportait pas le droit de reproduction 
dans d'autres journaux, et que M. Viihrer, 
ay ant aussi profite de ses 6crits sans son auto- 
mation, lui avait cause un prejudice qu'il de- 
vait etre term de reparer, a assign6 ce dernier 
en payement de mille francs a titre de domma- 
ges-interGts. 

De son cote, M. Viihrer, qui n 'avait repro- 
duit les correspondances de M. Rigondaud 
qu'avec l'autorisation de M. Guyon, par suite 
du traite intervenu entre eux, a forme contre 
lui une demande en garantie. 

Tout le poids du proces portait contre 
M. Guyon, qui a soutenu que la cession a lui 
faite par M. Rigondaud, sans aucune reserve, 
constituait une alienation absolue, et que, de- 
venu ainsi proprietaire de l'oeuvre de l'auteur, 
a ce point qu'il pouvait supprimer certains 
passages des correspondances de M. Rigon- 
daud, il avait le droit de disposer de sa repro- 
duction. 

Le Tribunal, apres avoir entendu les expli- 
cations personnelles de M. Rigondaud, les 
plaidoiries de M. Schay6, agree de M. Viihrer, 
a rendu le jugement suivant : 

Sur la demande principale de Rigondaud contre 
Viihrer : 

Attend u que i»our resistor a la demande, Viihrer 
soutient que la cession faite par Rigondaud a Guyon, 
sans reserve et sans limite quant a I'eteudue du droit 
de jouissance, aurait ete une veritable alienation com- 
prenant, conformement aui principes de l'article 544 
du Code civil, la pleiue et entiere propriety de la chose 
vendue, avec tons ses accessoires et tons lea droits et 
avantages qui s'y rattachent ou en dependent; que, 
notarnment, Guyon aurait cu le droit de publier ou de 
ne pas publier, en supprimant certaines correspon- 
dances de Rigondaud, et qu'en fait il aurait use de 



11 






ISIl^-^ ^ '" : ' ; ' "• -'■""■■" r :- ' \. v " "■''■ ' " ; "- ■•"". •-' 

" GBRONlQDE. 



cette faculty au vu et au su de Rigondaud, et sans pro- 
testation desa part; que, mattre d'en disposer dans des 
conditions aussi absolues et commc bon lui semblait, 
il aurait eu ainsi la liberie de sous-c^der tout ou 
partie de ces correspondances, et n'aurait agi que 
dans la limite do son droit en les faisant publier 
pVabord dans la Patrie, puis dans le Paris-Journal et 
le Soir; que Fabsenoe de reserve de la part de Rigon- 
daud aurait autorise Guyon a croire qu'il achetait la 
generality des droits aflf&rents a la chose vendue, et 
que d'ailleurs, en cas d'obscurite de la convention, le 
doute devrait s'interprdter on favour de l'acheteur 
(article 702 dn Code civil); que dans ces conditions, 
cessionnaire regulior de Guyon, il n 'aurait cause* a Iti- 
gondaud aucun prejudice et ne hn devrait aucune 
reparation ; 

Mais, attendu qu'en maticre do propriete litteraire 
la vente sans reserve n'ernporte pas poor l'acheteur le 
droit absolu de disposer de la chose vendue scion son 
interet ou son caprice ; 

Que la legislation et la jurisprudence ont impost 
certaincs restrictions a la jouissance de cette propriete" 
d'une nature spocialo; 

Que lc droit de reproduction n'est pas un aeoessoire 
de la chose vendue par Rigondaud, mais bien un 
droit distinct, dont Higondaud a conserve la propriete; 
Qu'en Tabseiice de conventions precises, sur l'eteiiduc 
de la cession i'aite a Guyon, il y a lieu do recbercher 
quelle eUiit au moment du contrat la commune inten- 
tion des parties; qu'a cette epoque Higondaud ne pon- 
sait vendre et Guyon acbeter (pie le droit de publica- 
tion dans le journal la Patrie, parce que c'etait le seul 
droit qu'il prevoyait alors pouvoir exploiter; que la 
preuve en ressort de ce fait, que la convention entre 
Guyon et Viihrer est posterieure au depart de Rigon- 
daud pour 1'Orient; 

Qu'en adrnettant que Guyon ait eu le droit de tirer 
de son journal tel nombre d'exemplaires qu'il. voulait, 
de supprimer certaincs correspondances, et que memo 
avant toute publication dans la Patrie il ait eu la 
faculty de ceder a. un tiers le benefice de ses conven- 
tions avec Rigondaud, le premier mode de publica- 
tion, adefautde conventions, a fait la loi des parties; 
que le droit de jouissance cede" par Rigondaud se limi- 
tait a la publication dans un seul journal, et que, le 
jourual choisi par (iuyon etant la Pa trie, ce droit se 
trouvait epuise par la publication dans la Patric, 

Que Guyon ne saurait se prevaloir du silence du 
contrat pous faire reproduire les correspondances deja 
publieeB par la Patric, dans deux autres journaux ; 
qu'il devait, pour une autre reproduction, se faire 
autoriser par Tauteur des lettres dont s'agit ; qu'il I 'a 
si bien recounu lui-meme qu'il prenait vis-a-vis de 
Viihrer 1'engagemeut d'imposer aux collaborateurs de 
la Patrie l'obligation de n exiger personnellement 
aucune remuneration pour les articles qui seraient re- 
produits par le Soir ou le Paris-Journal ; que Guyon 
ne Ta pas fait pour Rigondaud, qui n'a cede que le 
droit de publier ses correspondances dans la Patrie, 
et qu'en en faisant 1'objet d'une sp6culation en dehors 
de la convention, il a outrepasse* son droit; 

Que cette reproduction faite par Viihrer a ct6 in- 
tempestive et contraire aux interets de Rigondaud, 
qui, a la parfaite connaissance de Guyon, envoyait des 
correspondances similaires a divers autres journaux 
politiques, oil il reproduisait les memes renseigne- 

ments; qu'il avait done interet et droit a ce que ses 

F 



correspondances ne fussent pas reproduces, par le fait 
d T un tiers, sans son aveu, et dans des journaux qui 
n'eiaient pas de son choix; 

Que la reproduction faite par Viihrer acause" a Rigon- 
daud un prejudice dont il lui est drt reparation, et que le 
Tribunal, a Paide des el6ments d 'appreciation qu'il 
possede, fixe k la sorame de 800 francs, au pavement 
de laquelle Viihrer doit 6tre tenu; 

Sur la demande en garantie de Viihrer contre 
Guyon : 

Attendu que c'est en vertu de 1'autorisation qui 
lui en a etc donnee par Guyon, que Viihrer a repro- 
duit les correspondances cmanees de Rigondaud; qu'il 
a obtenu de son ctklant rengajjement qu'il n'aurait 
aucune remuneration a payer aux reMacteurs de la 
Patrie, dont les articles seraient reproduits par le 
Soir et le Paris- Journal; qu'en consequence, il y a 
lieu de condamner Guyon a garantir et a indemniser 
Viihrer des condamnations prononcees contre lui * 

Par ces motifs, 

Le Tribunal condamne Viihrer, par toutcs les voies 
de droit, a payer a Rigondaud, la somme de 800 francs 
a titre de dommages-interets ; 

Declare Rigondaud mal fonde dans le surplus de 
ses demandes, fins et conclusions, Fen deboute, et 
condamne Viihrer aux depens de ce chef; 

Condamne Guyon, par toutes les voies de droit, a 
garantir et a indemniser Viihrer des condamnations 
prononcees contre lui en principal, interets et frais ; 

Condamne en outre (iuyon aux depens de la de- 
mande en garantie. 



Question des Brevets d'imprimeurs. 

(Suite et fin.) 

M. dk riAVARDiK. Le prix de la charge comprend 
implicitement le prix du privilege qui est transmis. 
Ainsi, par cela seul qu'il y a un brevet achetc", il y a 
un droit de propriete*. 

Maintenant, ce droit de propriete", dit-on, n'a pas 
toujours etc 1 reconnu. Mais on vous saisit precis**- 
ment pour cela. Si la question etait claire, vous n'au- 
riez pas besoin d'intervenir ; la question est tout au 
moins douteuse. On citait tout a 1'heure l'opinion de 
M. Rouher; eertainement, c'est une grande autorite\ 
mais enfin il faut la discuter. M. Rouher disait : 
« Lorsqu'on diminue le nombre des libraires, il n'e'st 
pasdu d'indemnite'. » 

C'est precisement le fond memo du debat, et on ne 
pout pas le terminer par une opinion individuelle, 
quelque autorisee qu'elle soit. 

La question vaut done la peine d'etre examinee. Je - 
ne la tranche pas; je ne me reconnais pas Tau to rite 
necessaire pour la trancher; mais je dis qu'il y a la 
une question qui merite d'etre examinee, comme le 
disait tout a Theme M. le president du conseil, par 
le pouvoir legislatif. II faut que le pouvoir legislatif 
intervierme dans cette question. 
Maintenant, il y a des precedents. 
Pour les courtiers d'assurances, il y a eu une in- 
demnity elle a etc payee : le principe a done M re- 
connu, et, pour les imprimeurs et pour les libraires 
la situation est exnetement la meme. On disait que 
pour les mattres de poste il n'y avait pas eu d'indem- 
nite; c'est vrai, mais ou a tres-bien explique" la diffe- 
reuce qui existe entre le brevet d'imprimeur et le 






V 



.v. . 

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CHRONIQUE. 



: --; : :'" '■' .•'■ v -- ; V * ; Y¥;~ '' ; r'-^:?(SSI!?^s 

47 



monopole des maitres de poste, aussi jo n'y rev i en? 
pas. 

Jc repete, en terminant, que les membres qui sie- 
gent de ce cote-ci de l'Assemblee (forateur d6signe la 
gauche) sont particulierement intdresses dans la 
question. (Vives protestations a gauche.) Oui, mes- 
sieurs, de ce c6te, vous devriez etre les premiers a 
reclamer la nomination d'une commission. Je me 
borne, an surplus, a rappeler simplement qu'il y a, 
daps le decret de 1870 lui-meme, un article 2 qui dit 
qu'il sera statue ulterieurement sur les consequences 
du decret. Statue par qui ? Par vous, messieurs, et, 
permettez-moi de le dire en passant, vous, les sue- 
cesseurs, a un titre bien plus legitime, du gouverne- 
ment de 1870. (Bruits a gauche.) 

Par consequent, a tous les points de vue, vous de- 
vez intervenir, vous devez nommer une commission. 
Gette commission travaillera tout autant que M. le 
ministre, et j'avo-uo meme, si vous voulcz bien nie le 
permettre, que j'aurai un pen plus de confianee eu 
elle qn'en M. le ministre de rinterieur. (Marques d'as- 
sentiment sur <juelqucs bancs a droite. — IlilariLc' a 
gauche. — Aux voix ! aux voix !) 

M. LE president DU conseil. Je demande a dire 
un mot. 

M. LE president. La parole est a M. le president 
du conseil. 

M. LE PRESIDENT DU CONSEIL. Messieurs, je ne 
veux pas intervenir une seconde f'ois dans le debat. Si 
je monte a la tribune, c'est uniquement parce que, 
dans le discours de l'honorable M. de Gavardie, il a 
etc question cxpressement des charges ministe- 
rielles. 

Je desire qu'il soit bien entendn qifaux ycux du 
Ciouvernement il q'y a aueune analogic entre les deux 
cas (Tres-bieu ! a gauche); car je ne veux pas un seul 
instant laisser soupeonncr ([ue le (Jouvernement ne 
serait pas soueieux des interets d'uue veritable pro- 
priete. (Nouvel assentiment a gauche.) C'est unique- 
ment pour faire cette, reserve que je suis monte" une 
seconde Ibis a la tribune. Mais, je le repete, je n'iii- 
terviens a aucun degre dans la question. (Tres- 
bieu ! tres-bien ! a gauche.) 

M. LE president- La parole est HI. Maleus, rap- 
porteur. 

M- MA LENS, rapporteur. Messieurs, il me sernble 
qu'on s'est Acarte singuliorement de I'objet de la dis- 
cussion- Quel est I'objet de la discussion? II s'agit de 
savoir si la proposition de resolution de nos honora- 
bles coliegues, MM. Taillefert et Houssard, sera ad- 
mi se on non. 

A gauche. C'est cela! — Tres-bien. 

M. LE rapporteur. Cette proposition, a quoi teud- 
elle ? A la nomination d'une commission qui eludiera 
la question ; ce ne serait pas une commission saisie 
d'un projet de lot positif, qui mettrait les bureaux du 
Senat en demeure de choisir, comme cela se passe 
toujours, des commissaires favorables ou contraires 
au projet presente, mais une commission composite 
necessairement de membres dont nous ignorerons fopi- 
nion au moment ou 1'etude eommencera, et qui nous 
presenteront un projet de loi quelconque, nous ne savons 
pas lequel. 

Cette maniere de proccder est iuusilce. Kile pent 
avoir son avantage, comme le Senat lui - rnerne la 
reconnu, dans certaincs circonslances, s'il s'agit d'un 
grand intcret general pouvant necessiter que les ef- 



forts [d'un grand|nombre delmembres du Senat soient 
mis en commun pour aboutir a un resultat serieux. 
Si tel etait le cas, je ne m'opposerais nullement a la 
proposition faite aujourd'hui. Mais, pour la question 
actuelle, cette maniere de proceder n'a pas de raison 
d'etre. 

De quoi s'agit-il, en effet? D'une question d'interet 
prive... (C'est vrai ! a gauche), de 1'interet de quatre- 
vingts imprimeurs de Paris, ou, si vous voulez etendre 
la question, de douze cents imprimcurs de province; 
mais voila tout. 

M. de gavardie. Il s'agit d'une question de, pro- 
priety. 

M. LE rapporteur. De propriete! ,Ie vais vous r6- 
pondrc a ce sujet, monsieur de Gavardie. 

S'il s'agissait d'une, question de propriete, est-ce que 
c'est vous, Senat, qui pourriez la traneher? 11 i'audrait 
pour cela 1'autorite judiciaire. Kt quand vous viendriez 
saisir le S«teat d'une telle question, dans (juel sens la 
trancherait-il*? S'il repondait negativement, et que les 
imprimcurs continuassent a pretendrc a un droit de 
proprifUe rmteonnu, et qu'il fallut porter la question 
devant les tribunaux, est-ce (pie vons n'auriez pas 
vous-merne compromis lours interets? (Tres-bieu! tres- 
bieu ! a gauche,.) 

11 f'aut done, messieurs, nous reufermer dans ce 
(jui est dans nos attril)utions t nous eonformer aux 
precedents et h ce que commando notre veritable 



d ignite 



Car, je le ri'pete, nous ne devons pas intervenir dans 
les questions d'interet prive, <;t j<i dis que taut que les 
itnprimeurs n'auront pas renonce a proteudro ;i un 
droit de propriete, il ne sera pas possible que le Senat 
se saisisse motu propria de la question. Nous ne 
devons pas empieter sur le pouvoir judiciaire. (Nouvel 
assentiment a gauche.) 

Voila pnurquoi, messieurs, votre commission a re- 
pousse, a la jiresque unanimite, la proposition de nos 
honorables eollegues. (Tres-bieu! tres-bien! a gauche. 
— Aux voix ! aux voix !) 

M. DE CAVARDIE. Je demande a dire un seul mot 
de ma place. 

M. LE president. Parlez ! 

A yauche. Non ! non ! — Aux voix • 

M. DE <;avardik. Je n'ai qu'uu mot a dire, mesj 
sieurs; mais il me, parait indis[K'ns<ibIe. II ne s'agit 
pas d'une question de propriete privce ; il s'agit d'un« 
question g^nerale e,t qui louche au grand principc de 
la propriete. 

Mais, a supposer <pie ce. soit une question de pro- 
priety priv6e, peut-on soutenir que le Simat if est pas 
competent pour rdsoudre la question? Non! car, si 
vous admettez que le pouvoir legislatif est incompe- 
tent, messieurs, vous tornbez dans une veritable im- 
passe. ' 

En eflel, a supposer <pie cette question de propriete 
soit posite devant les tribunaux, on ne ntelamera evi- 
demment qu'en verlu de la loi qui a etabli les brevets; 
mais le tribunal dira : c'est une question legislative, 
je ne peux pas la resoudre, je suis absolument incom- 
petent. 

Voila ce que dira le, tribunal. Alors, comment en 
sortire/. - vous 7 

Voix nombreuses a gauche. Aux voix ! aux voix! 

M. LK president. La parole «^st a M. Taillefert. 

M. taillefert. Messieurs, M. le ministre ayant 
[>ris a cette tribune 1'engagement d examiner tres-se- 



CHRONIQUE. 



rieusement la proposition que nous avons faite devant 
vous, et aussi les droits que peuvent avoir Ies impri- 
meurs, nous dSclarons, moo honorable collogue. 
M. Houssard et moi, retirer notre proposition. 

M. le president. Le projet est retire. 

M. Harold. Cest justice ! 

M. LE PRESIDENT. II n'y a pas , (Mi consequence, a 
le mettre aux voix. 



j^^|.»» r - 



La Soir6e du 10 mars au Gercle 
de la Librairie. 

Le Cercle reunissait, samedi dernier, dans 
ses salons, malheureusement trop etroits, tous 
ses membres etleurs families. 

Grace aux soins de M. Grus, 6diteur de mu- 
sique, une charmante soiree avait ete organi- 
s6e avec le concours de Godefroid, le ceicbre 
harpiste, d'Ad. Hermann, le violon si sympa- 
thique, de M llP Hen6e Richard dont la magnifi- 
que voix sera entendue dans un avenir pro- 
chain a P Opera, de Fusier, clianteur comique 
doue d'un etonnant talent d'imitation et do 
prestidigitation. 

Minuit avait sonne qnand Saint-Germain est 
verm jouer avec M 11 '' Legault la Date fatale, 
enlevant tous les suffrages par Jeur jeu lin et 
entrain ant. 

Le programme rempli, desapplaudissements 
redoubles saluaient une dernierc fois les excel- 
lents artistes qui pendant quatre heures avaient 
tenu le public sons le charine de lours admi- 
ralties talents. 

II n 'etait que deux heures du matin, la jeu- 
nesse n'etait pas encore satisfaite ; on a dans6 
le restant de la nult. 

En voila jusqu'a Tannic prochaine; le Ger- 
cle reprend ses calmes reunions du vendredi 
qu'anime une eordialite dont le souci des af- 
faires ne gfine en rien d'ailleurs l'expansion, 
ses travaux de commissions pour l'elude et la 
defense des interets de nos industries, ses as- 
sembles generates pour les grandes decisions 
collectives' et le compte-rendu des operations 
de Tann6e. 

La fete de samedi, organ is^e avec un gout 
parfait, laissera les meilleurs souvenirs. 



■a m*l*m m- 



VARl£T£s. 

Nous empruntons au Publisher's Weeckly, or- 
gane des libraires americains, le cornpte rendu 
d'une assemble qui a eu lieu a Philadelphie, 
protestant contre une proposition faite au Gon- 
gres de Washington pour demander l'abolition 
des droits d'entr6e sur les livres. Nous aurons 
soia de faire connaltre la resolution qu'aura 
prise le Gongres; si la perception des droits de 
douane est abolie, nos relations avec les Etats- 
Unis en subiront une notable augmentation. 

L'Association des Libraires, Editeurs, etc., 



de Philadelphie a tenu le 22 Janvier, dans 
cette ville, un important et special meeting, afin 
de prendre les mesures en protestation du bill 
introduit au Congres par le president Seelye, 
abolissant les droits de douane sur les livres 
importers aux Etats-Unis. 

Comme le bill dont il est question a dej& 
recu l'approbation du Comite des voies et 
moyens, toute protestation, pour qu'elle soit 
efficace, doit Gtre immediate et elle doit ren- 
contrer l'approbation et l'union de tous ceux 
dont les intents seraient 16ses par Tadoption 
d'une telle mesure. 

L'assembiee r£unissait un grand nombre 
d'editeurs, imprimeurs, relieurs, fondeurs, 
fabricants de papiers, et de repr^sentants des 
industries vari6es se rattachanta la fabrication 
du livre. L'opinion g6n6rale etait que, si une 
telle resolution etait vot6e par le Gongres, ce 
serait un coup fatal porte a toutes les branches 
de cette industric. 

M. Megargee prit la presidence et, apres que 
le secretaire, M. Elliot, cut expliqu6 l'objet de 
la reunion, M. K.-JL Moore, dans un discours 
d'ouverture, tit ressortir combien les industries 
multiples representees dans l'assembiee etaient 
liees Tune a l'autre et, par leur presence, indi- 
quaicnt qu'elles devaient on tomber ensemble 
ou rester unies. Gela est d'autant plusvrai que 
les acheteurs recherchant le prix le plus avan- 
tageux, Tabolition des droits d'entree aurait 
pour effet de rendre les livres Importes a un si 
bon marche que les editeurs am6ricains et 
toutes les diverses branches qui s'y rattachent 
se verraient obliges de renoncer a leur indus- 
trie en raison de la main-d'oeuvre et des ma- 
tures premieres d'un plus hautprix. aux Etats- 
Unis, comparativement a celui dont jouit la 
fabrication etrangere. 

L'orateur insiste assez Ionguement sur les 

causes qui determinent les prix du papier, 

ainsi que ceux de l'impression et de la re- 

liure, , faisant egalement remarquer que les 

editeurs am6ricains s'etaient determines, il y 

a quelques annees, k faire relier une tres- 

grande quantite de leurs ouvrages & l'etranger 

par suite de l'economie reelle qu'ils y trou- 

vaient. En terminant, il dit : « Aucun article 

manufacture ne sera arbitrairement choisi pour 

etre favoris6 de l'abolition des droits d'entree 

lorsque d'autres auraient a subir le tarif doua- 

nier. Les droits de douane devront rester tels 

qu'ils sont en vigueur ou fitro compietement 

abolis. 

(La suite j>rochainement.) 



Le Sei*r£la\re,-(wfiTanl , BlaNCBOT. 



Paris. — Typ. Pillet el Dumoulm, roe de» (jr.-AogaBtias, !>. 






■/•■v. 



■ :■'-»■ • ■ ■■'-' 



■^:' ; :'-^^^ 



66 e Ann6e. 2« S6rie. 



N« 12. 



24 Mars 1877 



DE L' 



SOMMAIRE : 




CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



IE ET DE LA LIBRAIRIE. 



^e rimprimerie rt <le la Papclerie, me Bowparte, 1. 



Hon du Cercle de la Librairie. — Chambre dex Deputes. 
Varidtds (suite et tin). 



CONBEH, D' ADMINISTRATION 

DO CERCLE DE LA LIBRAIRIE. 

Proces-verbal de la seance du 16 mars 1877. 

Pr^sidence de M. Basset. 

La stance est ouvcrle a hcurcs du soil*. 

14 membres presents; 2 s'excusent par let- 
Ires, 

M. le President d6clarc la seance ouvcrle el 
souhaite la bienvenue aux nouveaux membres 
du Conseil. 

M. le Secretaire donne leclure du proces- 
verbal de la seance du Hi ftvrier, qui esl 
ado pie. 

M. le Tresorier fail connailre Telat des 
caisses. 

M. le President remcreie M. Cms des soins 
qu ll a donnes a Porganisation de la soiree. 

ll presenteau Conseil les di plumes const atani 
la recompense d6cern6e au Cercle par le jury 
de Imposition de Philadelphia 

II Jui presente egaleoient des documents in- 
teressants pour l'histoire de la librairie. qui 
ont ele offerls au Cercle par M. Sommervogel, 
gerant de la revue les Etudes religieuses. 

Le Conseil s'occupe de diverses questions 
d'administration interieure. 

M. Laine donne sa demission de membre du 
(Cercle. 

Sont admis comme membres du Cercle : 
•liM. Alcaa, de la librairie Geriner Bailliere, et 
-Challamel aJne, libraire, presentes a la der- 
-niere seance. 

f)emandent a faire partiedu Cercle : 

M. Eugene Hameiin, imprhneiir-editeur, 
present© par*MM. Chardon et'Llanta. 

Chronique, 1877. 



M. Maurice Poulain, de la maison Hamelin 
et C% pr6sente par MM. Chardon et Llanta. 

Rien n'elant plusa 1'ordre da jour, la seance 
esl levee a 10 heures et demie. 

Pour ex trail : 
' Le Secretaire ^ A. Templier. 



.-» i " | < ir. 



Chambre des Deputes. 

RAPPORT de la Commission char gee d y examiner 
la petition de la Chambre des imprimeurs de 
Paris, relative aux tendanoes industrielles de 
rimprimerie nationale. 

(Extrail du Journal official du 27 fevrier 1877.) 
OUATIUEME COMMISSION. 

M. Hkuault, rapporteur . 

Petition n° 417. — La Chambre syndicate 
des imprimeurs de Paris appelle Tattenlion de 
la Chambre des deputes sur les tendances in- 
dustrielles dellmprimerie nationalc, eu oppo- 
sition avec la loi de son injtiLution et au de- 
triment de rimprimerie pr;vee et des interets 
du Tresor. ELle demande, en eonsequeu.ee, 
pour cet elabLissement, le retour aux ordon- 
nances de 1814 et 1820, aux termes desquelles 
il etail loisible aux ministres etaux chefs d'ad- 
minislralions #6nerales ( ou de s'adresscr a 
rimprimerie du Gouverncmcnl, ou de traiter 
avec un imprimeur du commerce pour lesim 
])ressions nexessaires a leur service. 

Motifs de la Commission. — La p6tition de 
MM. les imprimeurs de Paris appelle V atten- 
tion de la Chambre sur une question fort im- 
portante et qui touche a de graves inter&ts, 
tant publics que prives. Nous regrettons viv«- 
ment, astreints par le reglement a un rapport 

12 



:'.3>. 



'tt 



BO 



CBRONIQUE. 



X,. —i 



sommaire, de ne pouvoir la trait er avec tons 
les d6\eloppements qu'elle comporte. 

11 est incontestable ainsi que les petifion- 
naires Paffirment, que les attributions de Tlm- 
primerie nationale ont etc peu a peu singulie- 
rement modifiees. Tout en reconnaissant les 
services que cet etablissement rend cbaque jour 
aux sciences, aux lettres et aux arts, on peut 
constater cependant, par la seule lecture des 
comples rend as annucls, qu'il tend a se trans- 
ormeren im vaste atelier industriel. Ainsi, pour 
1874, ses impressions artistiques, litteraires et 
scientifiques, gratuites ou non gratuites, sont 
evaluees a une somrae de 154,9^0 fr. 43 c. y 
tandis que le chiffre du produit de ses impres- 
sions administratives s'est elev6 a 4,672,710 fr. 

Jl est a remarquer, d'un autre cot/', que cette 
direction donnee aux travaux de rimprimerie 
nationale s'accentue cbaque jour. Ses impres- 
sions administratives ont doable depuis quinze 
ans; son c 1 1 i Cfr e d'affaires;, qui 6tait en 1363 
de 4,640,000 irancsj est prevu au budget de 1 877 
pour 6,245,000 francs. On pout affirmer qifil 
s T accroitra encore dans une notable proportion. 

L'lmprimcrie nationale, eneffet, aux tennes 
de J'ordon nance de 1823, doit etr,e cliargec des 
« travaux d'impression des ministeres et des 
administrations generals qui en dependent ». 
De la resulte, pour elle, une sorte de privilege 
que MM. Ics imprimeurs out voulu contoster, 
mais dont Texistence, consacree par plusicurs 
discussions devant les Charnbres nous parait, 
au point de vue legal, absolu me nt indisculable. 

Or, si ronconsiderecoinbien les expressions 
employees par 1'ordonnance de 1823 sont pcu 
preciseSj si Ton refltchit a l'jmmcrise quantile 
d'imprimes de tout genre qui sont necessaires 
a nos administrations publiques (postes, con- 
tributions indirectcSj etc.), si Ton observe 
qu'aux termes de Parretd du l(i nivOse an V, 
toutes les impressions faites a Paris, aux frais 
du Tresor public, memo pour etre expedites 
dans les departements, doivent fitre r6servees a 
Plmprimene nationale, que, par tolerance seu- 
lement, les imprimes destin6s a etre employ 6s 
bors Paris, dans iwe Iocalited6terminec, peu- 
vent 6tre executes dans cette localite 1 , on se 
demande reellement ou s'arrete le privilege de 
rimprimerie nationale. 

D'un autre cAte, Lorganisation des services 
financiers de cet etablissement presente un 
caractere tout particulier. L'lmprimerie na- 
tionale, en effet, bien qu'administrec pour le 
compte de LEtat par des fonctionnaires que le 
Gouvernement d6signe 7 n'en conserve pas 
moins une situation fort in dependants Elle a 

i. Voir le rapport a lemporeur eo date du 25 juin 
18G4 et La lettre de M- Dufaure, yarde dea aceaui^ du 
17 aoat 1872. 



sa caisseparticuliere, son budget qui n y est rat- 
tache* que pour ordre au budget general de 
l'Elat, ses tarifs deJ>attus de gr6 a gre entre 
son directeur et les deleguea des ministeres, 
EHe preleve des benefices sur les fournitures 
faites a Pfitat, et non-seulexnent elle peut em- 
ployer ses benefices a se suffire a elle-meme, 
mais encore en consacrer la plus grande partie 
ft accroltre son materiel d'installation ct d 'ex- 
ploitation ct, par suite, a donner une plus 
grande extension a son chiffre d'affaires. 

Ainsi, d'un c6te, attribution legale et sans 
liinites precises des impressions administrati- 
ves; de Tautre, situation iinanciere prcsquein- 
dependantej tout se reunit pour assurer a Teta- 
blissernent de TEtat un d6veloppement consi- 
derable. 

Un accroissement si rapide en ces derniers 
temps, et qui, tous les jours T s'accuse par la 
jevendication de commandes dont Pindustrie 
]>ri\ce etait en possession depuis le commen- 
cement dusiecle, adonn^lieu a de nombreuses 
reclamations de la part deMM. les imprimecrs 
de Paris. 

« Loin de pcrmettre, discnt-ils^ ^ rimpri- 
merie nationale d'augrnenter indeliniinent son 
chilTre d'afiaircs, il serait, au oontratre, urgent 
de la red u ire a son ancien rOle d'etablissement 
artistiqncj d« conservatoire, pour ainsi dire ? 
de l'art typt>*jraphique. Voila sa veritable 
mission. — I/etat de choses actttel est aussi 
onercnx ]ionr le Tresor public que nuisible k 
rindustric j>riv6e, car le^tarifs de rimprimerie 
nationale sont plus eleves que ceux du com- 
merce et grevent inutilement les budgets des 
ministeres. jj 

La 4 C commission des petitions ne croit pas 
avoir la competence nGcessaire pour appr6cier 
le bien-ibnde d T une semblable allegation^ Ir^s- 
contestee par M. Ie directeur de l'lmprimerie 
nationale *. II ne lui parait jjas, du reste, in- 
dispensable, pour pouvoir se prononcer sur la 
j^etition de MM- les imprimeurs, d'avoirimm^- 
diatement sur ce cote de la question, quelque 
interessant qu*il soit, une opinion precise. 

Quand bien rnCme, en effetj it serait demon- 
tr6 que les dires dc MM. les imprimeurs ne 
sont pas londes, et que TEtat, grace aux sacri- 
fices qiTil a faits pendant de longues annexes, 
realise aujonrd r bui une economic, ce que la 
rommission incline a croirej en centralisant 
dans son etablissement toutes ses impressions 
administratives, la situation que nous venous 
de signaler tout a Theure meriterait nean- 

1 * M. te tilrecteur fail observer que les calculs de* 
imprirneurs s'appuient probablement sur lea aticieiis 
tarifs de rimprimerie nationals Or cus tarifs out subi, 
depuis 1870, de& rfeductiona dont Tapplication i lasom- 
me annuelte desv tmvaux ei^<:ul6a pour l'£ut dquivaut 
a. une diminution de depenac d« 260,500 franca. 






CHRONIQUE. 



5f 



inoins, 4 aotre avis, d'etre etudiee de tres-pres. 
D'une part, il nous semble necessaire de se 
rendre bien compte du de\ r eloppement extraor- 
dinaire qua pris dans ces derniers temps et 
que peut prendre encore un etablissement jus- 
qu'alors a peu pres stationnaire ; d'autre part, 
il n'est pas moins important de preciser le 
sens des expressions que l'ordonnance de 1823 
a employees, et de faire disparaltre ainsi les 
inconv&iients de toute nature auxquels leur 
caractere ind6termin6 a donn6 naissance. 

Telles sont les deux considerations sur les- 
quelles l'attentionde la commission s'est portee. 

Les fondateurs de l'ancienne imprimerie du 
Louvre avaient eu principalement en vue de 
favoriser les progres des lettres, des sciences et 
surtout de Tart typographique. Les gouverne- 
ments qui se sont succede en France depuis 
la Revolution ont ensuite juge necessaire dc 
confier a un atelier d'Etat certaines impres- 
sions d'un caractere gouvernemental. Enfin, 
pour utiliser un materiel considerable, et dans 
un but d'economie, on a reserve a ce mfimc 
etablissement le droit de fournir aux minis- 
teres et aux administrations general es les im- 
primis qui leur sont necessaires. Toutes ces 
mesures peuvent se comprendre; mais aujour- 
d'hui que les impressions administratives sem- 
blent prendre dans lestravaux dcrirnprimerie 
nationale une partabsolument preponderate, 
et que les termes de Tordonnance de 1823 se 
trouvent avoir une portee que ses auteurs n'a- 
vaient peut-Gtre pas pr£vuei, de s6rieuscs ob- 
jections se pr£sentent a l'esprit. 

Que 1'Etat aitde droit de se faire son propre. 
imprimeur, nous ne le contesterons pas; mais 
est-il bien certain que Peconomie qa'il peut 
realiser en agissant de la sorte soit le but le 
plus 61ev6 auquel il doive tendre? Cette econo- 
mic compense-t-elle la perle qu'il subiten nui- 
sant au developpement des industries, priveesY 
N'est-ce pas la prosperity de ces dernieres qui, 
par le rendement de Fimpot, constitue ses ve- 
ritables richesses? II y a un grand principe de 
reconomie politique, c'est que TEtat ne doit 
pas fai re ce que de simple* particuliers feraient 
auss* bien que lui, principe large qui ne conduit 
pas a tenir uniquement compte de Teconomie 
possible de quelques centaines de mille francs, 
mais qui ordonne de consid6rer surtout les ri- 
chesses que procurent a la soci6t6 de florissan- 
tes industries, les perfectionnements, les 
moyens rapides et peu couteux que rinteret 
personnel ne manque pas d'inventer, et que les 
grands ateliers d'Etat sont, en g£ne>al, inaptes 
a decouvrir. Si Ton autorise une derogation a 
ce principe, ce ne doit Gtre que dans une juste 

\. L'imprimerie nationale fait de nombreuses im- 
pressions pour la ville de Paris, notamment en ce qui 
concorne l'oetroi. 



mesure et poursatisfaire a des interets de pre- 
mier ordre. 

D'un autre cOte\ et lors mfime que la recti- 
tude de ces appreciations pourrait 6tre miseen 
doute, il est incontestable que le caractere in- 
delermine du privilege de l'lmprimerie natio- 
nale a cr££, en fait, une situation facheuse. 

Les partisans les plus convaincus du regime 
actuel, les commissions qui l'ont etudi6 et lui 
ontdonn6 leur approbation, semblent, par une 
contradiction assez Strange, avoir recu!6 de- 
vant les cons6quences pratiques du systeme 
qu'ils pr^conisent. lis ont recommande- a 
MM. les directeurs de rimprimerie nationale 
d'user d'attrrmoiements dans Tapplication de 
la loi *. Qu'en est-il resulte? Des inegalit^s sans 
raison et sans nombre dans la situation qui est 
faite aux differents imprimeurs en possession, 
jusqu'ici, des commandes du Gouvernement. 

Les uns ont pu conserver une partie des im- 
pressions de tel ministere ; aux autres, la loi 
a et6 appliquee dans toute sa rigueur. Une 
lutte interminable se poursuit entre les direc- 
teurs de rimprimerie nationale et Tindustrie 
priv6e, lulte dans laquelle les resultats se wo- 
difient chaque jour, sans aucune regie, uni- 
quement d'apres 1'energie, l'aprete de chacune 
des parties et les appuis dont elle peut se pre- 
valoir. 

Get etat de choses est certainement regret- 
table et une regie precise devrait, a notre avis, 
rtre pos6e et observed. 

Mais, pour que ce r6sultat puisse Gtre obtenu 
en toute connaissance de cause, il nous a paru 
necessaire que l'ensemble de Tiuteressante ques- 
tion qui nous occupe fiit soumis »\ une com- 
mission composee d'hommes comp6tents, tant 
fonctionnaires administratifs qu'imprimeurs 
lihres, telle quecellequi a6te noram^e en 1832. 

En consequence, la 4 e commission des peti- 
tions propose dc renvoyer la petition de la 
Chambrc syndicate des imprimeurs de Paris a 
•M. le garde des sceaux pour qu'il veuille bien 
nommer une commission extraparlementaire 
cbarg6e de proceder a une enqufite sur le re- 
gime de rimprimerie nationale. (Renvoi au 
garde des sceaux, ministre de la justice.) 



i >■■ * . 



Dans son assemblee generale annuelle du 
21 mars, la Chambre des imprimeurs typogra- 
plies de Paris a proc6d6 au renouvellement 

1. « Nous n\:ssayerons pa? d'indiquer les concessions 
et les temperaments qu'il est possible d'admettre dans 
lea relations de l'lmprimerie imperiale avec les diffe- 
rents departements ministeriels... La commission est 
bien conYaincue qu'une fois la regie etablie, la loyaute 
ct l'esprit de conciliation de ceui qui seront charges 
de l'appliquer sauront aplanir toutes Icb difficultes. » 
(Rapport a l'empereur en 1864.) 



V r 'T >_', ..»•■'■„■.•'. > -J ' 






*:t;a 



[QtJE. 



partiel de son bureau, qui se troaye compost 
comme suit pourTannee 1877 : 

MM. J. Delalatn, president honoraire ; 
Noblet, president ; 
Iouadst, vice-president; 
Chaiterot, secretaire-. 
Cock, trisorier; 
Gotrpy, membre; 

Hennijyer, id.; 
Chaix, id.; 

Balitout, id. ; 

Qdantin, id.; 



1<M»» i 



VARI^TtS. 

(Suite et JGla.) 

S'il est utile de r6duire les tarifs, pourquoi 
ne pas le faire graduellement par annee? De 
cette facon le pays n'aurait pas a subir une 
crise et ses terribles consequences. 

Le commerce est deja dans tine situation 
tres-precaire; malgr6 cela, nous avons foi 
dans un. avenir meilleur. Voudrait-on ren- 
dre la position plus mauvaise encore? car, si 
Ton vient a supprimer les droits sur les livres, 
il ne nous restera qu'un seul espoir : celui de 
la faillite. 

Supprimer les droits sur tous les articles 
fabriques, ce serait vouloir que la penible con- 
dition dans laquellc sont les afTaires devienne 
perp6tuelle; nous n'aurons que des usines rui- 
ned, des ouvriers mourant de faim, des villes 
foisanJ faillite, et par suite une perte colossale 
pour le li^sor. » 

M. Moore do^ae ensuite les ch iff res compa- 
ratifs du travail de 1 'Europe et de celui des 
Etals-tJnis pourmonfrer que la main d'couvre 
est bien meilleur march 6 a Fetranger. 

Travail dans les rnovlins h papier a Duffel 
pres Anvers : 

ECROPE AMfonQUE 

Ouvriers, de { fr. 50 a 2 fr. 50 

par jour. 7 f. 50 

()uvrieres> de 1 fr. a \ fr. 20 

par jour. 4 f. 

Ouvriers speciaux, <le 3 fr. k 

10 fr. par jour. 10 f. minimum. 

EN BELGIOUE 
Ouvrieres les plus habiles, . 

2 fr. 50 par jour. 25 f. p. aem. 

Ouvrierea ordinaire*, 2 fr. 20 f, — 

Jngenieurs et mecaniciens, 

35 fr. k 40 fr. par jour. De 70 f. a 80 f. — 

GAGES A MANCHESTER 

(Angleterre) 
Ouvriers, &> fr. 45 par bc- 

maine. 55 f. 

Manoeuvres, £9 fr. a 30 fr. De 10 f. k 80 f. — 
Ouvrieres \2 fr. 10 par sc- 

maine. De 22f.S0a25f. — 



M. fiaird lit ensuite le bill propose au Om- 
gres, et qui est ainsi -concu : 

•« II est <!6er6t6, etc. , etc. A partirdu 4** a-vril 
1877, aacun droit d'entree ne sera pcrcu sur 
les livres, publications periodiqhes, gravures, 
cartes terrestres, cartes marines, 'importers des 
nations etrangeres aux Etats-Unis. » 

M. Baird fait observer que la motion a ete 
introduce au Congres par un professeur d'un 
college et que sa proposition est indubitatye- 
ruent injuste. 11 retrace les difficulty qu'ont 
cues les editeurs pour arriver a rendre leur 
Industrie aussi important© anx Etats-Cnis, et il 
pense qu'au lieu de rGduire les droits d'im- 
porfation on devrait plutOt augmenter les tarifs 
pour les importations de matures employees 
par la fabrication. Notre industrie a plus souf- 
fert en 1875 qu'en 1874, et ; selon toutes pro- 
bability's, cette annee sera pi re encore que les 
precedentes. Si la proposition Seelye prend 
force de loi, rien ne pourra preserver nos tran- 
sactions d'une ruine certaine. 

MM. Orr, Menamin, Coates, Morris, Hazard, 
Wcscott, d6clarent s'opposer au bill, et la re- 
solution suivante est adoptee : 

« Le president d^signera un comito de Irois 
pcrsonnes A l'cffet de protester conlre la mo- 
tion de M. Seelye ay ant pour but 1'abolition des 
droits d'entr6e sur les livres. » 

Peu de temps apr6s, le comite d^signe pro- 
posa les resolutions suivantes, qui furent adop- 
tees : 

(( Affendu qu*A. une assemblee de Tassocia- 
tion composee d'6diteurs, fabricants de papier, 
fondeurs, imprimeurs et lelieurs, tenue le 
22 Janvier 1877, ayant pour objet de prendre 
des mesurcs en raison du bill propose au Con- 
gres par 1'hon. Julius IL Seelye, il a etc resolu 
qu'ayant cntendu avec peine et surprise la lec- 
ture de la susdite motion, nous protestons de 
toute notre force contre I'irtopportunite et Tin- 
justice de cetle proposition, dont les efiets se- 
ntient d/isastreux pour (Industrie que nous 
representons ; que les droits d'un grand rtom- 
bre de producteurs americains seraient 16s^s, 
attendu que, pay ant eux-mfimes des taxes, ils 
ne pourcaient plus 1 utter avec les fabricants 
etrangers qui, k l'abri do toule espece d'im- 
]>6t, impoiteraient leurs produits. )> 

I/assemblee, en se separant, nommc cinq 
membres pour se rendre a Washington, en 
conformity avec les resolutions adopt6cs, puis 
organise un comite de propagandc destine a 
recueillir des signatures de protestation contre 
le vote projete au Congres de la proposition 
Seelye. 

Le Secr£taire-G&rant, BlanchoT. 

— — ■ ■ * - - -- — — — — ~~ 

Tiirip. — Tjp. Pillet et Dumoulio, rae dc» Gr.-Augastia*,^ 



66» Ann6e. 2* S6rie. N° 13. 



31 Ndrs 




CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



ERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, au Cerclc de la Librairie, dc rimprimcrie et de la Papcleric, rue Bonaparte, i. 



Sommaire : Avvi au public. — Seance pubtique annuellc dc. VAcaddmie des sciences morales et poliliqucs, 
VariUis : Une Bibliotheque municipale en Amerique. — Ndcrologie : J.-G. Fick. — Ventes publiques. 



Avis au public. 

II resulte (Tune communication dc 1'admi- 
nistration anglaise que des dcpGcbes pourront 
Ctre expedites de France une fois de plus par 
scmaine, a compter du 20 mars con rant, a des- 
tination des Etats-Unis par la voied'Angleterro. 



Torts 
d'embarquoment. 



Dates 
d'embarquumeat. 



Jours et tienroa 
d'ex[Kj(Iition * 
de l'aria. 



Queenstown '30 mars 29 mars inaliu. 



— l« r avri].. . 

Southampton ,'J — 

Oueenslown ...... !> — 

— G — . . 

— - 8 — -. 

Southampton 10 — 

(Jueenstown .. . , . . 12 — 

— 1:1 — .. 

» • . . • * •-» *• 

Southampton 17 — 

Queonstown If) — 

— 20 — .. 

Southampton 24 — . . . 

Quecnstown 20 — . . 

— 27 — .. 

— 29 — .. 



;M — matin. 

2 avril soir. 

4 — matin. 

V> — matin. 

7 — matin. 

<) — soir. 

11 — matin. 

12 — matin. 
44 — matin. 
1() — soir. 
18 — matin. 
10 — matin. 
21 — matin. 
2-S — soir. 
2- r > — matin. 
2(> — matin. 
28 — matin. 



Les corrcspondances a destination : 

de la Nouvelle-Galles du Sud, 

de la Nouvelle-Z61ande > 

du reste do l'Australie, i 3ur u ( i„ wan(ll . v.x V iw. 

dc la Nouv.-Caledonie 1 , J dos «"*>y«ur.s 
scront acbeminees par lc paquebot qui partira 
de Queenstown lc 6 avril (do Paris Ie [> au 
matin). 



1. La voio normalc et reg-uliere pour les envois h la 
Nouvelle-Caledouie est celle de Suez, 



Des expeditions pour les Etats-Unis auront 
lien on outre, du Havre, pendant Ie mois d'a- 
vrii, cbaque sarnedi, par les paquebots francais 
el par los paquebots bambourgeois. 

(Journal official, 27 mars.) 



Chroniqite, 1877- 



On lit dans le Journal officicl du 27 mars: 

« Des reclamations se sont produites a diffe- 
rentes reprises au sujet de rimpossibilite oil so 
trouve le public francais d'exp6dier a, Texte- 
rieur, par la voie de la poste et au tarif des 
ecbantillons, des objets entiers non depourvus 
de loute valeur intrinseque et marchande. 

I /administration francaise interprete, a Tin- 
torieur, dans lesens Ie pins liberal etle plus con- 
forme aux in te rets du commerce, la legislation 
sur le transport des ecbantillons par la poste. 
Mais dans les relations internationales, clle se 
trouve lice par des trailes aux dispositions des- 
q u els elle ne peut ((ue se con former stricte- 
ment, sous peine d'etre de\sa\ouee par les au- 
ties parlies contraclantes. En ce qui concerne 
particulieremcrit Ie service des ecbantillons, les 
arrangements inlernationaux ne permettent 
pas de donner cours aux objets qui n'ont pas 
le caraclore d'ecliantillons, dans l'acception 
propre du mot, cest-a-diro aux objets. autres 
que des articles dcpareilles, det6rior6s ou iti- 
complcls, destines a faire connaitre la piece 
dont its out 010. dotacbes ou Ie type qu'ils re- 
presentent, sans pouvoir etre eux-m&mes un 
objet de commerce. 

Ayant 0X0 a meme de constater que des ob- 
jets ne remplissant pas ces conditions parve- 
naient quclquefois de I'etrangcr en France, 
radministration francaise en a pris occasion 
pour adresber aux offices des postes etrangerea 



13 




CHRomQDE. 



"■;•■»■ / / •■■.-■■■/■■ -.■■ ■■•'■■ 



"••:*>';* 



< ■ A- 



des propositions tendant & faire soumettre a 
nne reglementation plus large le transport des 
echantillons dans les rapports intemationaux. 
Mais cette tentative n'a pas et6 couronnee do 
succfes, et les administrations etrangeres, apres 
avoir repondu qu'il ne fallait voir dans les faits 
sitfnales que des accidents de service, que des 
irregularites qui ont 6chapp6 a Fatten ti on de 
leurs agents, se sont prononcees categorique- 
ment en faveur de l'observation ponctuelle des 
reglements en vigueur. 

Dans cette situation, il est de n6cessit6 ab- 
solue pour l'administration francaise de ne pas 
s'ecarter, de son c0t6, de la stricte application 
des conditions auxquelles les arrangements in- 
ternationaux existants soumettent les Echantil- 
lons de marchandises pour l'6tranger. 

En attendant done que la revision de ces ar- 
rangements permette de reprendre la question, 
il importe de rappeler au public que les Echan- 
tillons de marchandises pour l'extcricur doi- 
vent 6tre depourvus de valcur venale. » 



- » m*9 — K- 



Nous recevons d'un de nos abonnes la leltrc 
suivante : 

A Monsieur le Secretaire du Jouhnal de la 
Librairik, 1, rue Bonaparte, a Paris. 

Jl propos d'une circulaire dans laquelle je revendi- 
quais pour Abbeville l'honneur d'avoir vu naltre Pun 
des premiers etablissements typographiques de France, 
pluaieurs libraires de Paris out emis des doutcs sur la 
valeur historique de mon assertion. J'ai pense que 
vous voudriez bien m'accorder l'hospitalitd de vos co- 
lannes pour rCtablir les faits qui ulucident un point de 
l'histoire de la typographic. 

Des 14.86, Pierre Gerard et Jean Dupre imprimaient 
a Abbeville la Cite' de Dieu de saint Aujrustin, tra- 
duite par Haoul de Prcsles, un Psautier } la Sommc 
rurale de Boutillier, et le Triomphcdes neuf Preux. 
Ces livres, qui jouissent pres des bibliographes d'une 
juste celebrite, sont regardes comme des plus parfaits 
monuments de la typographic francaise. 

M. Brunei, dans son Manuel du Libraire, parle de 
ces ouvrages aux mots Saint Augnstin, Boutillier, 
Triomphe. Si cette an tori te ne sufiisaiL pas a nics eon- 
tradicteurs, je pourrais leur mellrc sous les yeux un 
eiemplaire de ces ditTenmts ouvrages. 

J'aurai atteint mon but si ces qiielqu^s lilacs conlri- 
buenta rendre a ces deux maltres do la typographic 
francaise le rang que leur ont merite leurs rcuiarqua- 
bles travaux. 

Veuillez recevoir, Monsieur, mes sinceres saluta- 
tions. 

G. Hetaux. 



■m »m# 



S6an.ce publique annuelle de l'Academie 
des sciences morales et politiques. 



L' Academic des sciences morales et politi- 
ques a tenu, samedi dernier 24 mars, sa 
seance publique annuelle. 

M. Bersot, qui prSsidait, a lu le rapport sur 
les prix decernes, et M. Mignet, une notice sur 
la vie et les travaux de M. Amedee Thierry. 

Le prix Halphen a ete partage entre M. Eu- 
gene Rendu et M. Hoflet. 

Le prix du budget a 6lc decern^ a M. H. 
July, professeur a la Faculte des lettros do 
Dijon. 

Le prix ttordin a et6 obtcnu par M. Gabriel 
Com pay r6, professeur de philosophic a la Fa- 
cult6 des lettres de Toulouse. . 

Deux mentions out 6te delivrees, Tune a 
M. Alfred Droz, avocat a la Cour d'appel, 
l'autrc a M. Kene Lavollee, rcdacteur au mi- 
nistere des affaires etrangeres. 

L'Acad6mie avait mis an concours l'etude 
de la philosophic de locale de Padoue. Aucun 
m6moire n'ayant etc juge digne de recom- 
pense, le concours a et6 prorogc. 11 en a et6 de 
memo pour le sujet suivant ; Examiner et dis- 
cutcr ce qu'on doit entendre par la moralite 
dans les tuuvrcs d'art et d'imagination. 



-<S&ZS*~ 



VARI&TES. 



Un© Bibliotheque municipale 
en Amerique. 

La bibliothequo municipale de la ville de 
Boston, fitat de Massachusetts, aux Etats-Unis, 
est sur le point de realiser une importante 
amelioration. 

(,et etablissement, fonde en 1S;>2, renferme 
drja :* 12,000 volumes, chiffrc que nous rele- 
vions dans un document public le niois der- 
nier (fevricr 1878) par radrniuistration de la 
bibliotheque. II est vrai que la municipality de 
hi vilhi savantc de Boston accord e a cet eta- 
blissenient un budget de 111,500 dollars 
(. : i.')7,o00 fr.). Grace a cette munificence, la bi- 
bliotheque a pu ouvrir au centre de la ville 
deux salles de lecture dont Tune est surtout 
destinec au ])euple : e'est la LcHablissement 
central. De cet etablissemcnt central depen- 
dent six autres bibliotheques, situ6es dans les 
diiferents ({uartiers de la ville et qui sont ce 
qu'on pent appelcr des bibliotheques d'arron- 
dissemeut. 



CHRONIQUE. 



55 



Tous Ics citoyens de la ville sont admis li- 
brcmcnt dans retablissement central et dans 
ses succursalcs, ct non-seulement ils peuvent 
venir y travailler, mais, en leur quality de con- 
tribuables, ils ont de plus droit au pret des li- 
vres. 

Loin de rcslreindre le prM au dehors, les bi- 
bliothcqucs des Etats-Unis s'efforcent, au con- 
traire, de le favoriser et de 1'etcndre, afin de 
developper le gout de la lecture et de permeltre 
aux citoyens de rester le soir en famillc. Des 
caisses de livres, destines aux emprunteurs, 
circulent journellement cntre la bihliotheque 
centralc et les bihliothcques de quartier qui en 
dependent. Sans doute, il s'egarc quelques vo- 
lumes dans ces transports ct chez les emprun- 
teurs; maisle dominate est si insignifiant qu'il 
est inutile d'en parlor. II n'est rien d'ailleurs 
en comparaisou des a vantages do ce sys- 
tome pour la diffusion des connaissances. Sur 
i 0,000 volumes on n'enperd que \ en moyenne. 
En outre, les ouvrages rares ou les livres d'une 
utilite journaliere no sortent jamais de Feta- 
blissement ni de ses succursales. 

Aux Etats-Unis, on a tellernent a cmur de 
repandrc 'e gout de la lecture dans les classes 
inferieures et de developper l'instruction popu- 
laire, que les municipalites ct, par suite, les 
bibliolheques qui en emanent, met tent tout en 
ceuvre pour alteindre A ce hut eminemmenl 
moralisateur. C'est ainsi qu'a Boston Von ne 
.s'est pas contents d'ouvrir un etablissement 
central, avec deux salles de lecture, accompa- 
gnces de six autres salles n'pandues dans la 
ville. 

Dans les quartiers execntriques, dans la 
campagne me" me, laou la population est clair- 
scm6e et oil les distances sont grandes jus- 
qu'au centre do la ville, la bihliotheque muni- 
cipale entretient des agences de distribution a 
T usage des citoyens pauvres, des artisans, des 
cultivateurs. 

Ces bureaux ne gardent pas de livres A de- 
meure : un agent s'y transporte seulement A ' 
do certains jours et A de certaines hen res pour 
y recevoir les demandes pour prets de livres 
faites par ce public special et lui reniettre les 
livres demandes [>ar lui precodemment. Ainsi, 
c'est la bihliotheque qui se deplaee pour les 
citoyens qui, attaches a une hesogne absor- 
bante et journaliere et ayant hesoin de gagner 
leur vie, ne peuvent se deplacer. 

Quand la region au milieu de laquelle se 
trouve une de ces agences pour la distribution 
des livres de la bihliotheque municipale se 
pcuple et devient un quartier habite et fre- 
quente, alors ce bureau de distribution est 
elev6 au rang de succursale et forme une des 
annexes de l'etablissement central. Le nombre 
des succursales s'augrnente ainsi en raison de 



l'agrandisscroent de la cite et de Taccroisse- 
ment de sa population. 

D'aprfcs un plan annot6 de la ville que nous 
avons consults, Boston renferme actuellement 
341,011) habitants (chiffres de 1'annee 1875). 
qui ont done A leur disposition 8 bibliotheques 
municipales, sans compter plusieurs agences 
oii Ton distrihue des livres aux citoyens domi- 
cilies dans les quartiers excentriques. 

Mais ce n'est pas tout. Un document que 
nous avons sous les yeux etablit qu'on vient 
de crecr des agences secondaires A l'usage des 
ouvriers des docks A Deer-Island, et de ceux 
d'une douzaine d'usines de la ville. 

11 est impossible de pousser plus loin la sol- 
licitude pour les besoins intellectuels de la 
communaut6. 

# Toutes ces succursales et sous-succursales 
ont, comme on le comprend, des relations con- 
stantcs avec retablissement central. Aussi est- 
il n^cessaire d'entretenir entre les differents 
etablissements des communications rapides. 
On va, parait-il, les relier ensemble par des 
Ills telegraphiques qui permcttront au direc- 
teur de communiquer aisement avec ses su- 
bordonn^sdes succursales. (Test 1A 1'innovation 
dont nous j>arlions en commencant. 

Cctte innovation sera sans doute suivie 
d'une autre, dejA plusieurs Ibis annoncee et qui 
consisterait A etablir, j>our l'envoi des livres 
de la bihliotheque proprement ditc aux suc- 
cursales, ou des succursales aux bureaux de 
distribution, ou mOmc des succursales entre 
el les, A etablir, disons-nous, des tubes pneu- 
matiques. 

Ce sera une economic A la fois de temps et 
d'espace. On nous cent de Boston que l'inven- 
tion Wiccnte du telephone sera probahlement 
appliquec en cette circonstance. Grace A ce 
proced6, la voix humaine peut, dit-on, so 
transmettre en ondulations sonores lo long 
d'un til elcctrique. 

Nous apprenons, A ce propos, par la lettre 
dont nous parlonset qui est du 18 fevrier, que 
quelques jours auparavant, un discours pro- 
nonce A Boston avail etc'; entendu distincte- 
ment par un auditoire se trouvant A Salem, A 
18 milles de distance; cet auditoire si 61oign6 
avait fort applaudi, et ces applaudisscments, 
1'orateur de Boston, hien que plac6 A 28,652 
metres de 1A, en avait pereu non pas Techo, 
mais le son lui-meme. 



■»«*^»»^«- 






M 



CBftONIQlJ£. 



wm**r*^^mn*i^ 



N^CROLOGIE. 



Jules-Guillaume FICK. 

L'imprimeur distingue que Geneve vient de 
perdre et dont le nnm est acquis dfisormais a 
la bibliographie, Jules-Guillaume Fick , cut 
pour pere un artiste egalement distingu6. On 
recherche encore pour leur seul m6rito typo- 
graphique les beaux volumes sortis des presses 
de Guillaumo Fick dans le premier quart du 
siecle, et tout particulierement les travaux de 
sir Edgerton Brydges. 

La maison Fick remonte d'ailleurs, par une 
suite non interrompne d'imprimeurs, aux De 
Tournesqui vinrenten 1585 de Lyon a Geneve, 
ou ils absorberent l'^tablissement des freres 
Chouet, qui avaient eux-m6mes achet6 le fonds 
de Paul Estienne. C'est une noblesse d'etat par 
laquelle Guillaume et Jules-Guillaume Fick 
6taient obliges. Ilsn'y ont pas failli. 

On connalt les int6ressantes r6impressions 
arcbaiques auxquelles M. Gusiave Revilliod a 
attach^ son nom dans l'imprimerie Fick depuis 
une vingtaine d'annees ; mats cette imprimerie 
ne s'est poiat born6e a des reimpressions. On 
lui doit de nombreuses editions princeps dont 
quelques-unes sontde v6ritables chefs-d'oeuvre 
aussi bien dans le gout moderne, comme les 
Poesies d'Etiennc Gide, quedans lc gout nncien, 
comme le Proces de Beaudichon de la Maison- 
neuvc; Complaintc etcantiques dc VEglise fldelc 
(en caractores de Civilite), etc. Plusieurs doces 
publications, tiroes a petit nombre d'exem- 
plaires, sont devcnues extrdmement rares, les 
Gros et menus propos du peintre Hornung, par 
exemple. 

Jules-Guillaume Fick ne fut pas seulement 
un homme de goilt dans son art; ce fut aussi 
un excellent citoyen, un homme deccuur et de 
principessolides. Imprimctir du gouvernement 
jusqu'en 1 846, il aurait pu continuer a l'etre 
apres la revolution du 7 octobre, mais on cxi- 



geait pour cela qu'il refus&t le service de ses 
presses aux adversaires clu pouvoir. II ne vou- 
lut pas y consentir, et repoussa les propositions 
qui lui furent faites dans ce sens. 

C'elait un acte de courage de sa, part, car il 
6tait alors pered'une nombreuse jfamille; mais 
il ne sut jamais transiger n'importe sur quelle 
question ou le droit pouvait 6treen jeu, et il 
en donna la preuve que Fon saitlors de la fa- 
meuse campagne de M. James Fazy contre les 
agents de change. 

(Journal de Gendve.) 



>^ 4 rf» d 



VENTES PUBLIQUES. 



Rue Drouot, 5. 

Mercrcdl 4 avril 1877. — Livres modernes 
de literature et d'histoire, bien relies, compo- 
sant la bibliotheque de feu M. ***. — Libraire: 
Ad. Labitte. 

Samcdi 1 4 avril \ 877. — Livres choisis, rares 
et pr^cieux, composant le cabinet do feu 
M. A. -J. Moignon, conseiller a la Cour de cas- 
sation, etc. — Libraire : Ad. Labitte. 

Mercredi 18 avril. — Heaux livres aneiens 
et modernes, la plupart relics en maroqnin et 
ornes de gravures. — Libraire : Ad. Labitte. 

Orleans. 

Place flu Vicux-March6 3 H. 

Lundi i* avril 1877 ct jours suivants. — 
Livres aneiens et modernes composant la biblio- 
theque dc feu M.J*** L**\ — Libraire : IL Her- 
luison. 



Le Secretaire- G4r an i , Blancqot. 



->*»■ 



Phrii. — Tjp. Fillet ot Dumouiin, rue dc»Gr.-AugOBtiii8, 3. 



68* Amide. 2* S6rie. 



N* 14. 



7 AvrU 1877* 




CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



RIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



ibrair]e T de Nmprimcrie et de la Papelcric, rue Bonaparte, i< 



Sommaire t Le nouveau tarif dts douanes- — Jurisprudence, — Tmwiux dr. £ Academic das inscriptions 

et beZles-lettrfis. 



Le nouveau tarif dea douanes. 



Le ministrc tin commerce et do ra^ri culture 
a prfisenle ft la Chambre ties dtfpnltfs, dans uno 
[]e ses dernieres stances, un projet de loi rcla- 
tif an nouveau tarif des dotianes franchises. 
L'examen at la discussion do cetln question ont 
6t6 ajournAs, el des ntfgociations sont engagees 
<jn ce moment avec le gonvernement anglais 
pour le renouvellement des traitfc do com- 
merce. Toulefois, nous crayons devoir analysor 
le document ministerial dans cellcs de ses dis- 
positions qui concornent nos industries. 

T All lb 1 D'ENTHEB 

Pur 100 k. Droits, 

rl6cifTH36 compr. 

Plumes k dcrire, brutes mi ap- 

prAt&us — oxfimples. 

Kncn* 4 ecrire, 4 dessmer in\ 

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Albuinaetcartoanagtsdieerfo. — fJO fr. * 

Livrcs. .......... ...,.- — exempli* 1 . 

Ohronique, 1877* 



Far too t 

(iravnreSj esUimpeft 3 lilnnirr.n- 
pliif.s, photographies ct dc*- 
sin^; de Utiles sorter stir pa- 
| \ i f JfS 

Cnrtfcs {rrto^rraplriqucs nu ma- 
rincji 

Musiquo ^rav/'.onu imprim<V. 
(Lrs ('rmtr^farniis eti lihrai- 
riu rrsU'iit soumiscs a la 
prohibition.) 

Etiquette* imprimi'e^ gravur.s 
on n>lork r :w 

Carlos 4 j finer, dn ^enre du 
eclles <IoiiL la fabrication 
n'cslpas int^rdit^en France. 

Machine 4 fitbriqiier !e papier 
— a imprimer 

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— — vicux 
Ct hOtH d\lR,1£[3 — 

Clidn's iwnc ou sans dcssins. — 

1* Ian dies ou cnius ^ravds pour 
impression sur papi«r — 

PltimaH v.w niOLilj autres quo 
] T or et i'arftunt ........ — 

TARIF DK SOUTIE 

Cliin'onrf, autre s qu^ r.cux do 
purolaine etf3ri]li;a (hi toutfi 
iiHpefi^j y compris U& vicux 
cnrdaKe»Keudr<»rm(;sou non. — 

Carton <ie simple muuhig-e ou 

p.Ue de papicsr — 

CoEitrci'a^nrm en librAiric. . ... — 

Tfliitea autroa marcbaridinc3 t — 



Droits, 
(leci'me&toinpr. 



— i^cmpU 1 . 
__ 1 

— — A 



R !V. ' 



IDA fr. 


i] h'. 


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;t fr. 


8 fr. 


exempts 


100 fr. 



4 fr, 

42 fr. 
prehib6e9. 
eiemptes. 



1. I nd6pentJ amnion t de la taxe intfirienra aff^reiitoaa pa^ 
pier, ot, ca outre, pour Je* csrtei i jon*3r t dn droit special 
de fabrication dont etlea sont paaeibleH. 



14 



*w?- 



n-a. 



88 






CHRONIQUE, 



-;tf*- : 



■;r.r 



JURISPRUDENCE 

pbopui^t^ litt£iuiiie. — auteuu et editeuu. — 

tra)te\ exemplaires non revetus de la 

signature de l'auteur. — action en contre- 
facon et en dommages-interets. 

L' article 425 du Code p6nal ne peut s'appliqucr 
qu'a Vimprimeur-6diteur qui, au m6pris de 
la proprUU des auteurs, aurait imprime' leurs 
ouvrages sans leur permission. 

La violation, de la part de Vediteur, dcs con- 
ventions faites entre lui et Vauteur ne peut 
donner naissance qua une action en dom- 
mages-inUrtts et non a une action en contrc- 
facon. 

Le fait seul d' avoir trouv6 chcz Vtditeur des 
exemplaires non revHtus de la signature de 
Vauteur, et cela au m6pris de la convention, 
ne suffit pa's pour les faire considerer comme 
contrc f aits, lorsqu'il nest pas positivement 
Ctabli quits appartiennent a un tirage fait 
en fraude des droits de Vauteur. 

(G. de Paris. — Goupy et Gnerrier de Haupt 
c, Paul Dupont.) 

Ces solutions result aient doja du jugement 
suivant, du tribunal correctionnel de la Seine, 
du 14 mars 1874 : 

« Le Tribunal : Attendu qu'il resultc des debats 
que Dupont, dabord charge 1 par Gnerrier de Haupt de 
la publication et de Pexploitation d'un onvra^c de, ce 
dernier, intitule': Grammaire syntaxique, a 6te in- 
form<S par actc rfigulier, en date du 48 decembre 1873, 
que Guerrier de Haupl aurait cede a Goupy tous ses 
droits a Pexploitation dudit ouvrage ; 

« Attendu qu'aux termes de son traite aver, Dupont, 
Guerrier de llanpt avait expressement stipule (pie les 
eiemplaires devaient porter au verso du titre la grifl'e 
do la signature de l'auteur pour prevenirla contrcfacon; 

« Attendu que Guerrier de Haupt, ayant ced6 ses 
droits k Goupy, a d^nonce par aete re^ulicr ce trans- 
port a Dupont, qui aurait continue d'impriincr, et, 
dans tous les cas, aurait conserve'; et vendu des exem- 
plaires de la Grammaire syntaxique non reveius de 
la signature de son auteur; 

a Que dans Pespece., les feuilles d'impression dites 
car tonnages semblent avoir (He adrcss6es re^uliere- 
ment a Guerrier de Haupt, qui aurait, par me'garde, 
neglige d'apposer sa signature sur la totality ce qui 
exclut toute mauvaise foi ■ 

« Attendu que les dispositions de Particle 42fi du 
Code penal no pen vent s'appliqucr qua celui qui, an 
mepris de la propriete* des auteurs, aurait imprime 
leurs ouvrages sans leur permission ; 

« Que d'ailleurs, si Dupont a viole les conventions 
faites entre lui et Guerrier de Haupt, il peut naltre 
de cette violation du contrat une action en douunages- 
interets; mais qu'il n'a pas coinmis le delit de eontre- 
fagoii qui lui est reproche ; 

u Par ces motifs, renvoie Dupont de la poursuitc. » 

MM. Guerrier de Haupt et Goupy out inter- 



jete appel; mais la Cour de Paris, sous la pre- 
sidence do M. de Lafaulotte, apres avoir en- 
tendu M. le conseiller Malhcr en son rapport, 
M flS Victor Bournat et Alfred Blanche en leurs 
plaidoiries et M. 1'avocat general Fourchy en 
ses conclusions, a rendu 1'arret conflrmatif sui- 
vant : 

« La Cour : Considerant que Dupont et Guerrier de 
Haupt ont, a la date du 5 juillet 1864, fait un traite, 
enregistr6, pour Pimpression, la publication et la mise 
en vente d'un ouvrage intitule" : Grammaire syntaxi- 
que, dont Guerrier de Haupt est l'auteur; qu'il a (He 
notamment convenu que tous les exemplaires porte- 
raient sur le verso du titre la signature de Pautcur ; 
que Guerrier de Haupt, a, le 14 decembre 187IJ, c6dri 
a Goupy tous les droits resultant de la susdite conven- 
tion avec Dupont; 

« Considerant que Guerrier de Haupt et Goupy ont 
fait constater, par proces-verbal du 7 Janvier dernier, 
qu'il so trouvait dans le magasin de vente de Dupont 
dix-neuf exemplaires de la Grammaire syntaxique non 
revetus de la signature de Pauteur, et qu'ils out assigne 
Dupont comme contrefacteur; 

« Considerant qu'il n'est pas etabli que ces exem- 
plaires appartiennent a un tirage de la Grammaire 
syntaxique fait par Dupont en fraude des droits de 
Guerrier de Haupt et de Goupy ; 

u Quo les indications erronties port^es sur le titre 
d'un certain nombre d'exemplaires ne fournissent pas 
la preuve suflisantc de cette fraude; 

« Considerant, d'autre part, que remission, sur les 
dix-neuf exemplaires saisis, de la signature de Guer- 
rier de Haupt, quelle que soit la cause de cette omission, 
ne peut a elle seule constitutor un fait de contrefacon 
litt6raire; adoptant, au surplus, ete.^ confirmc. » 



~^>- a^ > 






Travaux de 1* Academic des inscriptions 

et belles-lettres. 

M. Wallon, secretaire ]»erp6tuel de PAcad^- 
mie des inscrif)tions et belles-lettres, a Ju, dans 
la seance du 2(5 Janvier 1877, le rapport sur les 
travaux des coram issions de publication de 
cetle Academic pendant le second semestre de 
187*5. Nous reproduisons la plus grande partie 
des intcressanls renseignements qui y sont 
consignees : 

« Ciiuj volumes ou dcrni-volumes de nosre- 
cueils, trois in-folio, deux in-4, ont 6te livres 
au public : 1° le tome XXIII des Historiens de 
France, consacnS, coin me les trois precedents, 
a la period e comprise entre l'av6nement de 
saint Louis et celui de Philippe de Valois, vo- 
lume de plus de 1,100 pages, du a la collabo- 
ration de MM. N. de Wailly, L. Delisle et Jour- 
dain; 2° le tome WW des Tables de llrequigny, 
continuees par M. Pardessus, et je puis dire 
aujourd'hui achevecs par M. Laboufaye, car ce 
volume atteint la tin du regno de Philippe le 
Bel, que P Academic, ]>ar une decision en date 
du 21 mars 1873, a marquee pour terme a ce 
reeueil; 3° la deuxieme partie du tome H des 
Historiens arabes des croisades y par M. de 



CHRONIQUE. 



$9 



Slano, dont mon dernier rapport vous annon- 
cait le prochain achievement ; et dans nos re- 
cueils in-4, le tome XXVIII, deuxieme partie 
de nos Memoires, comprenant les sujets les plus 
varies : deux memoires de M. Th.-II. Martin : 
la Prom6th6idc d'Eschyle et la Cosmographie po- 
pulaire des Grccs apres Vepoque d'Homere ct 
d'Hesiode; deux de M. Ed. Le Blant : les Mar- 
tyrs chretiens et les supplices de struct eurs du 
corps; Volyeucte et le tele Urne'raire; trois de 
M. Haureau : Sur quclqucs maitres du quator- 
ziemc siecle; Sur les r6cits d 'apparitions dans 
les sermons du moyen dge; Sur deux e'er its 
intitules he motu cordis; deux de M. N. de 
Wailly : le liomant ou Chronique en langue vul- 
gaire dont Joinville a reproduit plusieurs pas- 
sages; Sur la langue de Reims au trcizieme 
siicle; im de M. Jourdain : la Royautd franeaise 
et le Droit populaire ; et un de M. Desjardins : 
Sur les inscriptions gr affiles du corps de garde 
de la cohortc des Vigiles. En On le tome XXIV, 
deuxieme partie, des Notices et cxtraits des ma- 
nuscrits, rempli par six notices : deux de M. 
N. de Wailly etquatre de M. Haureau. 

« Les savants tfditeurs des Historiens de 
France, ayant termini le lome XXIII, vont 
commencer le tome XXIV. La premiere moitie 
de ce volume, dont la eopie n'a plus besoin 
que d'une dernicre revision, comprendra les 
proces-vorbaux des enquetes des commissaircs 
que saint Louis chargea de recbercher les 
domrnages causes a ses sujets par les officiers 
royaux dans les diverses provinces de ses Etats, 
ct notamment en Languedoc, en Poitou, en 
Tonraine, en Normandie et en Picardie. Lase- 
conde partie, dont les materiaux ne sont pas 
encore complctement recueillis, sera consacree 
a la suite des cbroniques locales relatives au 
regno de Philippe de Valois. 

« Au recueil de Brequigny, qui vient de finir, 
va succ-Mcr dans nos publications un autre re- 
cueil d'un caractere plus original et d'un grand 
interest ; e'est le recueil des Chartes et diplomes 
relatifs a. Vhistoire de France, anterieurs a Phi- 
lippe- Auguste.. Depuis longtemps, les rapports 
semestriels vous tiennent au courant des tra- 
vaux preliminaires de cetto importante collec- 
tion. M. L. Delisle, qui les dirige, me fait sa- 
voir que, dans ce semestre, on a copie les actes 
anterieurs a 1180. contenus sous forme de vi- 
dimus dans les rcgistres 17I>-I8^ duTresor des 
Cbartes. Le Carlulaire de l'abbaye de Saint- 
Michel, communique par M. le p relet de la 
Meuse, a 6te examine en detail; mais, sauf 
quelques additions faitos apres coup, il ne coni- 
prend quo des pieces aneiennes, dont le texle 
etait deji a la disposition de l'Acad6mie, la 
Hibliotbeque nationale en ayant fait executor 
une copie complete et iiguree, pendant que ce 
precieux manuscrit etait a Paris. 



« La grande collection que l'AcadSmie a 
commenced, parallMement k celles dont elle a 
recueilli des b6n6dictins le laborieux heritage, 
la collection des Historiens des croisades se con- 
tinue dans ses trois series ; \° Le tome IV des 
Historiens occidentaux, j'ai regret de le dire, en 
est a peu pres au meme point qu 'il y a six mois. 
Le texte entier est imprim6, mais la publica- 
tion en est retarded par les tables, dont les edi- 
teurs, MM. Ad. Regnier et Thurot, ont cru de- 
voir retirer la copie de Timprimerie, afin d'en 
faire une revision complete avant d'en com- 
mencer Timpression. — 2° M. Miller poursuit 
avec le mAme zele 1'achevement du tome II 
des Historiens grecs : il y a 74 cahiers (e'est-a- 
dire 148 feuilles, ;>!):> pages), tires ou bons a 
tirer, un 7<i c cahier en correction et 74 pla- 
cards. Le manuscrit est entierement terminu. 
— 3° J'ai annonce tout a l'heure la publication 
de la 2 e partie du tome II des Historiens arabes 
par M. de Slano. Notre laborieux confrere a 
dej;Y fort avance la l ro partie do tome HI ; 
27 cahiers sont tir6s ou bons a tirer, la copie 
d'onviron 40 feuilles est a rimprimerie. Quant 
a la l ro partie du torne II, arretee au 2" cahier 
par tant de facheuses raisons qui ont cntrave 
M. Defremery dans son travail, notre confrere, 
qnoique souifrant encore, vient de remettre 
pour l'impression une suite de la copie et nous 
en promct la continuation. 

« Le recueil des Mdmoircs des savants Gran- 
gers poursuit regulierement sa marche. Le 
tome IX, qui compie deja deux memoires im- 
primis, se continue par l'impression du mc- 
moire de M. Tissot, ministre plenipotentiaire 
de France en Grecc, notre nouvcau correspon- 
danl, sur la Mauritania tingitanc, et il est ar- 
rive a la feuille 40. 

« Le recueil des Notices et extraits des ma- 
nuscrits de la Bibliothequc yiationale, etc., avec 
ses deux s6ries marchant d'un pas inegal, serie 
orientale ct s6rie occidentale, est sujet, au 
contraire, a des lacunes moins faciles a faire 
disparaitre dans la suite de la tomaison. Dans 
la s6rie orientale, le tome XXIII (l re partie) est 
consacre au Dictionnaire des simples, d'lbn- 
Beitbar, public par le docteur Leclerc, avec le 
concours de notre confrere M. de Slanc. Aux 
48 feuilles tirecs se joignent 49 placards amet- 
tre en pages, ct toute la copie est prete. Cette 
copie exc6derait non-seulement les limites de 
ce volume, mais meine celles d'un autre vo- 
lume encore, si l'auteur n'avait compris la n6- 
ccssit6de la reduire aux choses vraimentessen- 
tielles. Ibn-Heitharaura done deux volumes, et 
le tome XXIV, i Tt ' }>artie, 6tant deja commence 
av(ic le Memoire de M. Maspero, e'est le tome 
XXV, i r " j)artic, qui en contiendra la On. Dans 
la s6rie occidentale, le tome XXIV, 2* partie, 
vient de paraltre, comme je I'ai annonc6 ; le 






-i ~ * 
t 



60 



CHRONTQUE. 



tome XXIV, 2* partie, avait deja paru (Ie Com- 
mentaire d' Alexandre d'Aphrodisias, de M.Thu- 
rot). Le tome XXVI, 2 e partie (la Chirobaliste 
d'Heron d'Alexandrie, parM. Prou), a 20 feuil- 
les tirees ou bonnes a tirer, et Ie reste du texte 
en placards. L'auteur n'a plus a remettre que 
la table alphabelique des matieres, une table 
sommaire des divisions g6n6rales de Fouvrage 
et d'autres accessoires qui seront places sous 
les yeux de la commission des travaux Iitto- 
raires avant d'etre envoy6s arimprimerie. 

« L'Histoire litt&raire de France, qui conti- 
nue l'histoire du xiv° siecle, a 84 feuilles tirees 
et de 85 a 91 bonnes ;\ tirer; e'est la fin du 
volume. II ne reste a composer que les tables. 

« L'impression du tome IX des QEuvres de 
Borghesi se poursuit sous la direction de 
M. Leon Renier. 

« EnGn,le Corpus inscriptionum semiticarum 
est a la veille do sorlir de l'etatdo preparation 
ou il etait reste jusqu'ici. Le ministre de Ins- 
truction publique, M. Waddington, qui, mem- 
bro de la commission chargee de ce travail, en 
connalt mieux quo personno I 'importance, a 
demande aux Chambres de mottre PAcademie 
en mesure d'en enlreprcndre l'impression, en 
inscrivant dans le budget un supplement de 
credit aux frais de publication de noire com- 
pagnie; demande qu'il pourrait snrabondam- 
meni, justifier d'ailleurs a tous los yeux, s'il 
deposait sur la tribune les cinq volumes ajou- 
tes par le dernier semestre a rcnsemblo de nos 
publications. Les noms des commissaires aux- 
quels est conGeo la preparation de ce nouveau 
recueil, MM. de Saul cy, de Longperier, Renan, 
de Slane, Waddington, de Vogii6, Derenbourg, 
nous r6pondent qu'il tiendra sa place aupres 
des autres avec honneur. » 



" urn* « cc 



On vient de vendre, a l'h6tel Drouot, deux 
bibliotheques composers Tune et Fautre d'un 
choix de livres de nature a satisfaire le gortt 
des bibliophiles et des amateurs d'ancien- 
nes et belles reliuros. Nous citons plusieurs de 
ces ouvrages, faisant partie do la premiere de 
ces bibliotheques, avec les prix auxquels ils 
ont ete adjuges .- 

Un livre d'llcures (ces pr6scntes Heures a 
Vusaige de Metz) y oxemplaire sur velin, calen- 
drierde 1513a 1530, reliure ancienne, 1,050 fr.; 
Essais de Michel, seigneur de Montaigne, exem- 
plaire de la derniere edition publico du vivant 
de Pauteur, reliure de Cape, 800 £r. ; un autre 
exemplaire du mftme ouvruge, publi6 aprc-s la 
mort de Montaigne par M n ° de Cournay, sa 
Glle adoptive, 505 fr; les OEnvres de Clement 
Marot, petit in-8° en mar. rouge, dos orne 
(Trautz-Bauzonnet), 000 fr. ; les OEuvres do 
Moliere, 1,010 fr. ; les Fables de La Fontaine, 
1,450 fr. ; les GEuvres de Racine, 2 vol. in-12 



(Trautz-Bauzonnet), exemplaire portant la 
signature de Sainte-Beuve, 730 fr. ; les Frovin- 
ciales, de Pascal, 510 fr. ; Monument du cos- 
tume physique et moral a la fin du dix-huitie'me 
siecle, par Restif de la Bretonne, orn6 de figu- 
res dessinees et gravees par Moreau, 630 fr. ; 
les Hommes illustres, de Perrault, avec les por- 
traits d'Arnauld et de Pascal, 400 fr. ; les Chan- 
sons de de La Borde, 2 Vol /grand in-8% mar. 
rouge (Chambolle-Duru), 1,765 fr.; Reptameron 
(les Nouvelles de Marguerite, reinede Navarre), 
750 fr. ; Histoire du chevalier Des Grieux et de 
Manon Lescaut, 2 vol. in-12 avec figures 
(Trautz-Bauzonnet) , 1,600 fr. ; Lettres de 
madame dc S6vign6 y exemplaire en grand 
papier, avec les armes de la marquise de Sevi- 
gn6 en mosaiquo sur les plats de la reliure 
(Chambolle-Duru), 1,320 fr. ; Saint-Simon, 
2,030 fr.; V Amour des livres, par Jules Janin, 
200 fr., etc. 

La vente de cette bibliotheque, catalogued 
sous 88 numeros seulement, aproduit3l,960fr. 

Parmi les livres et manuscrits composant le 
cabinet de M. I/**, e'est-a-dire la seconde de 
cos deux bibliotheques livrees aux encheres 
par M r Maurice Delestre, nous citerons : 

Freces pix, manuscrit sur v61in, du xv ,s sie- 
cle, compose de 118 feuillets et orn6 de minia- 
tures, 1,150 fr. ; Officium Conceptionis B. Mariae, 
petit in-12, mar. rouge (rel. Trautz-Bauzon- 
net), 060 fr. ; A la louange de Dieu... (furent 
commencees ces presentes lleures pour Anthoine 
Yerard, librairo, demeurant sur le pont Nostre- 
Dame, ;\ l'ymage de saint Jehan TEvangeliste), 
grand in-8° (Cape) , 800 fr. ; V Imitation de 
J&sus-Chrisl, texte latin, suivi de la traduction 
de P. Corneille (imprimerie imperiale, 1855), 
1,400 fr. ; Sentences et Maximes morales de 
La Rochefoucauld, 745 f r. ; h Fdtissier fran- 
cais (a Amsterdam, chez Louis et Daniel Elze- 
vier, 1655), petit in-12, mar. rouge (Trautz- 
Bauzonnet), 2,200 fr.; le Roman de la Rose 
(Paris, P. Didot I'aiae, 1813, rel. Kmhler), 
1 ,450 fr. ; les OEuvres de maistre Cuillaume 
Coquillart, in-10, gothique (Trautz-Bauzonnet), 
700 fr. ; les OEuvres de Jean-Antoine de Bail*, 
1,500 fr. ; les OKuvres de Regnard, 2 vol. in-12, 
edition originate, 705 fr. ; Tristan, chevalier 
de la Tablc~Ronde, 600 fr.; les six premieres 
comedies fac6tieuscs de Pierre de Larivey, 
1,120 fr. ; les OEuvres de J. -J. Rousseau, 
1,255 fr. ; Tacite, i)4o fr. ; le Guide des chemins 
da France (a Paris, chez Charles Estienne, 
1552), petit in-8°, mar. rouge (Trautz-Bauzon- 
net), exemplaire provenant de la bibliothequo 
de M. Odiot, 405 fr. ; etc. 

La vente de cette bibliothoque a produit 
75,142 fr. 

Le SecrMaire-GAranti Blanchot. 
I'urie. — Xyp. Pillet et Dumoulin, rue des Gr.-Augnstinn, f). 



66° Ami6e* 2* S6rie- 



N° 15, 



14 Avril 1877, 



CHRONIQUE 

DU JOURNAL GfiN&tAL 

DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE 



Paris, ail Ccjxicdc la Librairic, dc rimprimerie cl de la Papclerie, rue Bonaparte, \. 



Firmin-IHdoL — N£crolo$ie^ — Ventes publiques. 




Collec 



Lundi procbainj *G avril, comnicnccrji la 
vente ties dessins et estampes composant Fim- 
portante collection de M, Arnbroise Firmin-Di- 
dotj noire iliustrc et bien regretto confrere. 

La rarele, la valeur exceptionnelle et le 
nonabre inusite* des pi tecs qui vont.se disperse r 
au hasard des enchercs nous font un devoir 
d'en fixer le souvenir dans cette ehromque. 
Les renscigncments et appreciations qui vont 
suivre sent cmpnint&s aux deux savantes no- 
tices publiees ert lete du caialogue par MM. 
Charles Blanc et Georges Duplessis. 

L'auteur d'un ]ivre important, rnodestement 
intitule Essai $ur la typographic (Paris, 18;>2), 
avait compris de bonne heure que la gravure 
en bois a 6te longtemps et est encore un des 
auxiliaires les plus utiles de rimprimerie. 
Coinbicn de beaux livres imprimis aux xv* 
■et xvi° sifecles n'ont 6t^ pr6scrves de J'oul>li 
et sauves que parce qu'ils 6taient accompa- 
gn6s de nombreuscs gravurcs en hois I Le nom 
des peintres qui dessinaient ces Lois, des ar- 
tistes qui les gravaient, est sou vent inconnu ; 
l'auteur du teste est lui-rnemc quelqueTois 
ignored; mais le livre est demcure* puree que 
les planches qui I'ornaient out attire I'atten- 
tion et ont paru dignes aux collectionneurs 
d'etre recueillics el conservecs* 

M.; Arnbroise Firrnin-Didot, qui avait fait de 
fortes etudes, qui d&s Fenfance avail aim6 le 
travail, deviot de bonne heure un lettr** et un 
trudit 1 , A peine au sortir du college, il se 

i. N4 a Parts comma tous sea anc^Lres, AmbrDiee 
Flrmia-Didot avait fait sea Ctudca en Orieat, Pourlui 
faire apprendre la languo grecque comma sa langue 
malcrneliCj soa pere, Firmin DidoJ, 1'eovoya au col- 

'JfiivniifiiPi i877» 



plut a lire les auteurs classiques dans des Edi- 
tions correctes et soigncusement annotees. De 
la A devenir bibliophile il n'y a qu'un pas ; 
ce pas fut f ranch t par M, Didot d£s qu'il eut 
la libre disposition de son temps. Une autre 
raison plus impericuse encore de"ctda de ia 
vocation du cel&bre bibliophile. II entendait 
consacrer la meitleure partie de son intelli- 
gence a conlinuer la noble carriere suivie par 
ses ancefres. Imprimcur par droit de nais- 
sance, N. Didot voulnt etre un imprimeur 
modelo, et lorsquc ses etudes furent termi- 
noes, aprfrs avoir fait qnelques voyages dans 
je but d'augmenter ses connaissances, il fut 
associe aux travaux de 1'irnportante maison 
qo'il dirigca jusqu'i la fin de sa vie* En 
mCmc temps qu'il donnait ses soins a Ia pro- 
duction de ious les jours, qu'il avait I'ceil 
partout, il se preoccupait an memc degr6 des 
origines de Tindustrie dont il devait Stre un 
jour un des plus illustres reprise n la n ts ; il 
^Ludiait les progres accomplis par ses pr6d6- 
cesseurs, r^vant de faire faire a son iourde 
nouveaux progres a l T art de l'injprimeur, et il 
prenait des notes pour ecrire rhistoire de la 
dtfcouverlc qui avait transibrmfi lc monde. 

Pour alteindre le but autjuel il visait, il 
fonilla les bibliothetjues dc la France vX de 
17'tranger, et, a peine se fut-tl mis a Fccuvre, 
qu'il rericonlra et^s livres xylographiques : la 
B> blades Pauvres, le Speculum humanse salva- 
tionis 1 hi Cantiqw des Critiques, VArt au 
moricr, dans iesqnels la gravure en bois oc- 
cope la place la plus iniporlaote. II n'eutpas 
de peine is'apercevoir que^ pourse readre un 

|£^e de Sidonie, dans rABie^Mineure. Plua tard, pour 
jijieui encore posa4der le grec, Ambroi&e Firraia-Didot 
se fit nommer attach^ A la legation de France en 
tirece, et paBBa plusiaura aaaiei a Alh^nea, 



i5 



■;{*j ■".. ■•■■ / ' ■ ■ • 



62 



CHRONIQUE. 



compte exact de ITiistoire de l'origine de 
1'ini prim erie, il fallait eiudier simullanement 
les premieres manifestations de la gravure et 
les plus anciens specimens de l'impression. 
Son gout pour les estampes dale de cette epo- 
que. 

A c6t6 des livres xylographiques et des heu- 
res gothiques dont la bibliotheque de M. A. 
F.-Didot contient des exemplaires admirables 
et quelquefois uniques, de nombreux porte- 
feuilles d*estampes isolees renferment egale- 
ment des documents precieux pour I'histoire 
de la gravure typographique. Les estampes 
primitives anonymes, que leur arcbaisme re- 
commande et que l'historien consciencieux ne 
doit pas ignorer, se trouvent ici en grand 
nombre ; une piece gravee a Taide de ce pro- 
cede particulier que Ton d6signe sous la de- 
nomination de « maniere cribiee », Saint Rock 
(n° 1857 du catalogue), suffit a donner une 
id6e de ce genre de gravure oui fut pratique 
des les premieres ann6es du xv c siecle, et qui 
quelquefois mfime fut introduit par les calli- 
graphes dans leurs manuscrits. Apres les ima- 
ges pieuses dues a des ouvriers inexperimen- 
tes dans un art naissant, se rencontrent les 
estampes executes d'apres les depsins du 
maitre par des graveurs consciencieux, qui 
s'attachaient a reproduire avec une fidelite 
scrupuleuse les croquis qui leur etaient con- 
lies. La s6rie presque complete des gravures 
sur bois qu'inspirerent les dessins d'Albert 
Diirer, de Lucas de Cranach, de Hans Hol- 
bein 1 et de Lucas de Leyde forment une des 
parties les plus int6ressantes de Ja collection 
de M. Didot. Dans ces estampes gravees par 
des artistes qui, par modestie ou par insou- 
ciance de la renommee, ne prenaient pas, la 
plupart du temps, le soin d'inscrire leurs noms 
au bas de leurs ouvrages, le caractere des mo- 
deles est conserve avec une telle exactitude 
que quelquesbistoriens n'ont pas b6site a attri- 
buer ces planches aux peintres mCmes qui les 
avaient dessin£es. Hans Schauenflein, Pilgrim, 
Guldenmundt et Burgmair, dont la collection 
de M. Didot renferme egalement de nombreux 
ouvrages, travaillerent a la fin du xv° siecle 
et au commencement du xvi°, a cote d'Albert 
Diirer, et proOterent des exemples donn6s par 
le maitre. Quelques-uns de ces artistes grave- 
rent meme dans le bois des compositions du 
chef de recole, et on signale, dans le catalogue 
qui suit, quatre planches accompagnant le 

i. L'oeuvre de Hans Holbein, que M. Didot avait 
reuni, ne sera pas vendu actuellement; une etude but 
cet artiste, eu preparation depnis loogtemps, sera raise 
au jour prochainement par les soinu de la famille, qui a 
a coeur de publier successivement et de completer au- 
tant que possible les travaui commences par son ve- 
nerable chef. 



Triomphede Maximilien (n° 1930), qui auraient 
ete gravees par Hans Burgmair d'apres Albert 
Diirer. 

Les gravures en bois ex6cul6es par des ar- 
tistes italiens s'y trouvent en grand nombre, 
et, en dehors de ces admirables bois ve'nitiens 
dont Titien et Campagnola ne dedaignerent 
pas de fournir les dessins, M. Didot poss6dait 
une collection tout a fait pr6cieuse de camaieux. 
On sait comment etaient produites ces estam- 
pes : a l'aide de deux, trois ou quatre planches 
imprimce's successivement sur une feuille de 
papier unique, le graveur obtenait une 6preuve 
definitive qui avait Tapparence d'un dessin 
lave. Chaque planche avait sa mission particu- 
liere : la premiere indiquait les contours des 
figures ou des objets represented; la seconde 
marquait les ombres; la troisieme servait de 
transition entre Tombre etla lumiere, et ainsi 
de suite jusqu'a ce que le fac-simile fut com- 
plet. Les artistes qui userent avec le plus de 
succes de ce procede, qui a engendr6 de notre 
temps la chromolithographie, firent gen6rale- 
ment leurs debuts a Parme, sous la direction 
de Francesco Mazzuoli, dit le Parmesan. Nous 
les retrouvons tons ici avec plusieurs speci- 
mens interessants de leur maniere propre. 
Ugo da Carpi, Andrea Andreani, Antonio da 
Trenfo, Niccolo do Viccnce et Jean-Baptiste 
Coriolano s'adonnerent presque exclusivement 
a la gravure en camaieu, et les planches ex6- 
cut6es par ces artistes que possedait M. Didot 
sont precis£ment celles dans lesquellesils rnon- 
trerent le mieux les ressources que peut ofTVir 
ce procede entre des mains habiles et cxperi- 
mentfies. 

Si la famille de M. Didot n'avait pas entendu 
se s6parer uniqueraent, cette annec, de la col- 
lection d'eslampes proprement dite, la partie 
relative a la gravure en bois etit et6 bien au- 
trement considerable. On n'ignore pas, en 
effet, avec quelle ardeur M. Didot recherchait 
les livres ornei. de figures, et le catalogue rai- 
sonne de sa bibliotheque, dont la premiere 
livraison a seule ete publiee, prouve surabon- 
damment que le possesseur de ces richesses 
attachait,un grand prix a ce genre d 'ouvrages. 
En ])arcourant cet inventaire accompagne de 
notes instructives, de dissertations savantes sur 
I'auteur probable ou certain de quelques-uns 
de ces livres pr6cieux, publics dans tons les 
pays de 1'Europe, on s'apcrcoit ais^ment que 
M. Didot accordant une egale importance a 
Thistoire de la gravure et & l'histoire de l'im- 
primcrie, et qu'il faisait marcher de front ces 
deux branches qui, pour lui, etaient insepara- 
bles. C'esta un examen attentif de ces volumes 
accompagnes de planches sur bois et de ces 
portefeuilles remplis de pieces interessantes 
dues a des maltres de tous les temps, que nous 



CHRONIQUE. 



63 



sommes redevables de cet Essai typographique 
et bibliographique sur Vhistoire de la gravure 
sur bois, auquel devront desormais avoir re- 
cours tous les ecrivains qui traiteront de This- 
toire de cet art. 

Au debut, les planches qui pouvaient eclai- 
rerquelque point obscur de l'histoire de l'im- 
primerie avaient seules acces dans les porte- 
feuillesdeM. Didot ; l'amateur d'estampes ne se 
revela que plus tard. II possedait deja presque 
toutes les gravures en bois executees sous les 
yeux d'Albert Diirer, — ce maltre avait tout 
d'abord eu le privilege d'attirer son attention, 
— comment se resigner a ne pas mettre a 
cOtf; de ces planches gravees en relief quel- 
ques estampes sur metal inventees par cette 
rare intelligence et gravees par cette main ex- 
ceptionnellement habile? II en reunit l'ceuvre 
presque au complet. 

Cette recherche speciale, a laquelle s'6lait 
un moment tout particulierement attache 
M. Didot, amena 1'intelligent amateur a s'in- 
teresser aux productions de Tillustre artiste 
qui partage avec le maltre de Nuremberg l'hon- 
neur d'occuper le premier rang dans l'ecole 
allemande. Martin Schongauer inspira bientOt 
a M. Didot la mCme admiration qu'Albert Dii- 
rer lui avait tout d'abord inspiree, et ses re- 
cherches se porterent activemcnt de ce c/He. 
Les oeuvres de cet artiste, que rccommandcnt 
tout specialement une preoccupation de la 
beaute inconnue a beaucoup de ses compa- 
triotes et une habilete de main qui n'a pas etc 
surpassed, sont fort difficiles a reunir et man- 
quent souvent, en partie du moins, aux cabi- 
nets les plus riches. Ici encore la collection se 
trouve presque an complet. 

Parmi les artistes de l'ecole hollandaisc re- 
pr6sentes dans la collection qui nous occupe, 
il en est un qui domine tous les autres. Rem- 
brandt van Rhyn apparait ici avec un ceuvre 
qui n'a son equivalent que dans les cabinets 
de Paris, d'Amsterdam, de Londres et do 
Yienne. Aucune collection particuliere ne peut 
rivaliser avec celle-ci, tant pour le nombre que 
pour la qualile des epreuves qui la composent. 
Les pieces rares s'y trouvent en grand nombre 
et les planches importantes dans des etals su- 
perbes. La Hollande elle-m6me n'avait eu 
qu'une seule Ibis depuis un siecle, dans la 
personne du ministre d'etat Verstolk de Soclen, 
un amateur en possession d'un ouivrc aussi 
considerable par la quantit6 et la beaute des 
6preuves. Tout ce qu'un particulier peut avoir 
en fait d'estampes de Rembrandt, M. Ambroise 
Firmin-Didot se l'etait procure a prix d'or. II 
en avait reuni quatre cents, dont cent repre- 
sented divers etats d'une meme planche. Or il 
est a peu pres impossible a un curieiNc d'en 
posseder davantage, par la raison qu'il y a 



dans l'ceuvre une cinquantaino de morceaux 
qui, sans 6tre tous uniques, sont immobilises 
dans les cabinets d'Amsterdam, de Paris, de 
Vienne, de Londres, de Cambridge. II en est 
enGn.quelques-uns dont il n'existe plus guere 
qu'une seule epreuve, par exemple le griffon 
nement avec un taillis et un cheval, qui ne se 
trouve, du moins a notre connaissance, qu'au 
British Museum. 

A la tete du chapilre consacrS dans le cata- 
logue aux graveurs sur melal qui appartien- 
nent a l'ecole francaise, nous trouvons maltre 
Jehan Cousin, qui avait fourniaM. Didot ma- 
tiere a un ouvrage fort int6ressant *. Non loin 
d'une gravure a l'eau-forte, due a lapointe du 
maitre lui-mfime, la Deposition de croix, est 
mentionn6 un dessin (n° 86 du catalogue) qui 
a du preceder de fort peu de temps la compo- 
sition definitive. Certaines figures n'ont subi 
qu'une modiGcation insignifiante, d'autres ont 
etc am61iorees, mais la disposition generaledu 
groupe principal n'a pas ete serieusement 
changee. 

Quand nous aurons signal6 quelques speci- 
mens du talent d'Etienne Delaune, de Claude 
le Lorrain, de Jacques Callot, d'Abraham Bosse 
et de Jean Pesne, nous aurons epuise la liste 
des artistes des xvi° et xvn e siecles qui figu- 
rent ici. L'ecole francaise du xvin c siecle y 
compte quelques (jouvres int6ressanles. Un 
assez grand nombre d'estampes gravees d'a- 
pres Wattcau, Lancret, Chardin, Boucher, Bau- 
douin, Greuze et Lavreince ont ete reunies par 
M. Didot dans les dernieres ann6es de sa vie. 
Seduit autant par 1'esprit des sujets que par le 
rare talent avec lequel les graveurs de notre 
pays avaient traduit les compositions aimables 
de leurs compatriot.es, M. Didot n'avait pas re- 
sists au desir de posseder quelques echantillons 
de cette ecole qui semble aujourd'hui, aux 
yeux de quelques amateurs du moins, avoir 
dctrfln6 ses ainees. 

A cGte de cette collection d'estampes pro pre- 
ment dite, qui constituait en r6alite une veri- 
table histoire de la gravure par les monuments 
eux-memes, M. Ambroise Firmin-Didot avait 
reuni un grand nombre de portraits classes 
par ecoles et par maitres, qui formaient une 
sorte de biographic vivante de tous les person- 
nages qui avaient joue un r61e important dans 
l'histoire. II avait commenc6, a Pexemple de 
son confrere M. Debure, par reunir les por- 
traits des imprimeurs et des libraires; bientot 
quelques litterateurs qui lui etaient particulie- 
rement chers vinrent prendre place a c6te de 

1. M. Didot publia d'abord une Etude sur Jean 
Cousin (1872); puip, quelques moia apres, il fit parat- 
tre un album in- folio renfermant 4i planches repro- 
duites en fac-simile, d'aprea des estampes ou des de»- 
pins qui etaient attribues par lui au mattre sdnonais. 






■*!>*. 



(.. "■^-•'>7^ :s !^*»' /" v_ 7"*. -^v 



64 



CHRONIQUE. 



ceux qui les avaient aides a se faire connaltre. 
Une fois cette porte ouverle, M. Didot admit 
successivcmentdans ccttegalerie tout le monde. 
Horn mesd'£ tat, g£neraux, artistes, magrstrats, 
ecclesiastiques, reformatenrs oti simples cu- 
rieux entrerent de plein droit dans la collec- 
tion, qui en quelques annees prit des propor- 
tions considerables. 

Un cboix s6vere presidait d'ailleurs dans les 
dernieres annees aux acquisitions de M. Didot; 
a ses debuts, il ne s'etait pas montre difficile 
sur la valeur des planches qu'il admcltait dans 
ses cartons; a la fin de sa vie, au contraire, il 
rejetait sans pitic les pieces sans valeur et ne 
recherchait que les ouvrages executes par des 
artistes habiles : lorsqu'une epreuvo meilleurc 
que eelle qu il possedait lui ctait offerte il 
n'hesitait pas a racqu6rir, et, grace 'X ce con- 
tinuel ])csoin d'epurer ses portefeuilles, il etait 
parvenu a. reunirsinon une collection de chefs- 
d'oeuvre, du rnoins une serie d'muvrcs excel- 
lentes, qui offraient le double merite de re- 
presentations autbentiques et d'ouvrages re- 
rnarquables. Dans les deux volumes que la 
mort a empecbe M. Didot de pnblier, Irs 
Gravcurs dc portraits en France, Vvnuncnl ama- 
teur avait decrit avec un soin minulienx Ions 
les portraits graves par des artistes franeais 
qn'il avait reunis. 

D'autres volumes, c3ans lesquels auraient ele 
inventories avec le memo soin les portraits dus 
;\ la pointe on au burin des artistes et rangers, 
devaient suivrc ccux-la. Le sort cruel s'est op- 
pose a. ce que cette seconde partie vit le jour. 



N&CROLOGIE. 



Anatole PARENT. 

Le Orcle vient de perdrc un de ses plus 
jeunes membres. M. Analole Parent est mort 
le 7 avril, avant d'avoir accompli sa?quaran- 
tieme annee. 

M. Parent avait succede a M. llignoux 
commo imprimeur de la faculle de medecine. 
Done dime ardeur au travail et d'une activity 
pen cominunes, il avait en pen de temps 
tnmsforme la maison de son predecesseur et 
(b'veloppe notablemenf, ses affaires. Que de 
]n ,; nrs, de soins, de qualites diverses il lui 
avait lall u pour atteindro a cet etat plein de 
promessesl Inilie a tonics les pratiques de 
notre art, nut plus quo lui n 'elait apte ;1 com- 
mander et ;\ di tiger les ouvriers; au besom il 
prenait sa part de Ieurs travaux et ne craignail 
pas de supplier a son posle le metteur en 
pages d6faillant. 

Cette lutte de cbaque jour, cette depense 



quotidienne de forces physiques et intelli- 
gentes qui s'appelle, & Paris, « faire de 1'im- 
primerie », Ta tue avant l'age. II a succombe 
sous les coups d'une de ces maladies indefi- 
nissables auxquelles les medecins savent don- 
ner un nprn, mais qu*ils ne guerissent pas. 

M. Parent 6tait du plus agr6able et du plus 
silr commerce. En quelques annees il avait su 
conqu6rir la consideration de tous ceux qui 
Lont connu, Teslime et l'affection de ses con- 
freres. Qu'il soit pcrmis a celui dans 1'atelier 
duquel il avait fait ses debuts, de rendre ici ce 
temoignage i sa memoire. C. N. 



Nous avons encore le regret d'annoncer la 
rnort d'un autre membre du Cercle de la li- 
brairie, dont les relations aimables et faciles 
etaient appreci^es de tous. M. Jules-Claude 
d'Lscrivan est deced6 au Vesinet, le l cr avril, 
dans sa cinquante-septieme annee. 

VENTES PUBLIQUES. 



Autographes. 

Ln distribution cbez M. Etiknne Charavay, 
archiviste-paleographe, expert en autographes, 
rue de Seine, 51, a Paris: 

Inventaire des autographes et des documents 
bistoriques composant la collection de M. Ben- 
jamin Eillon, dont la vente aura lieu les 20 et 
21 avril procbain. 

Ce calaloguc comprend les llommcs d'Etatet 
la Revolution francuise. 

Paris (maison Silvestre). 

Lundi \(\ avril 1877 et jours suivanls. — 
Livres curieux en divers genres, provenant de 
la bibliothrque de M. de X***. — Libraire : 
Hacbelin-Deflorenne. 

Du rnardi L-> mai au rnercredi mai 1877. — 
Livres de jurisprudence, de literature et d'his- 
toire, composant la bibliotbequede feu M. A.-J. 
Moignon, conseiller i la cour de cassation, — 
Libraire : A. Labitte. 

Rue Drouot, 5. 

Mcrcrcdi 18 avril. — Beaux livres anciens 
et moilernes, la plupart relies en maroquin et 
ornes de gravures. — Libraire: Ad. Labitte. 

Nantes. 

Jmdi 10 et vmdredi 20 avril 1877.— Biblio- 
H^Mjue de fo,i M. C. Le Sant, arcbitecte. Belle 
col led ion d'ouvrapes concernant l'architec- 
ture. — Libraire : Vier. 



Le Secritaire-Gtrant, Blanchot. 



Paris. — Typ. Pillet et Dumoulin, ruo des Gr.-Aognstina, .1 



66* Ann6e. 2° Serie. 



N° 16 



21 Avrll 1877 



CMONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



BE L'lMPIUMERIE ET DE LA LIBRAIRLE 



Paris, aiy4!^%Tr4^r^^^ I'lmprimcrie ct de la Papcleric, rue Bonaparle, 1, 



So u v a i r k : Fails Jrf«*?n?, 



1 \ ;> . 

Us ► %i. Typographic a Venise. — Necrologies — Ventes publiques. 






i>» % 



FAITS DIVERS. 



La maison Hachctte vieni d'etre I'objet d'une 
nouvelle distinction, a l'occasion do TExposition 
de Philadelphie. 

Par decret en date du 10 avril, M. Fouret 
(Etienne-Ren6), l'un de ses membres, a et6 
promu au grade de chevalier de la Legion 
d'honneur. 

M. Fouret a rempli les fonclions de jure a 
l'Exposition du Centenaire, ct nos confreres 
n'ont pas oublie Ie concours eclaire qu'il leur a 
apporte en cette circonstance. 



Le Publisher 's Weekly , organe des libraircs- 
6diteurs americains, fait lous ses efforts pour 
amener ceux-ci a exposer a Paris en 187S, el 
nous ne doutons pas, grace a ses moyens d'ac- 
tion, qu'il n 'arrive a decider nos collegucs 
d'Am6riquc a entrer dans le tournoi interna- 
tional; voici ce que nous lisons dans son nu- 
mero du 24 mars: 

« Un certain nombre d'Americains, M.Nathan 
Appleton de Boston en tete, ont pris un grand 
int6r6t au succes de l'exposition nniverseile de 
Paris en 1878, et il devicnt probable qu'nn 
r£sultat avanlageux pour la participation ame- 
ricaine sera attcint. L'administration francaise 
ayant decide qu'elle ne traiterait qu'avec des 
commissions etrangeres dument accreditees 
par leurs gouvernements respectifs, il faut ah- 
solument qu'une commission soit nominee. 11 
serait m&me urgent que, des ce jour, les indus- 
tries de notre partie s'occupent de ce sujet el 
insistent aupres de qui de droit. 

Eu egard a la courtoisie qu'ont montree pour 
nous nos collegues les edileurs de France en 

ChronujUt^ 1877. 



venant exposer a Philadelphie, ce serait une ve- 
ritable mesquinerie de notre part si nous ne 
paraissions pas a Paris. Une exposition collec- 
tive serait certainement la meillenre facon do 
montrer nos protluits. Est-ce que le comit6 de 
l'Association des libraircs-editcurs am6ricains 
(American Book-trade Association) ne pourrail 
pas affirmer son existence en sugg6rant quel- 
que mesure a, prendre en vue d'arrivcr a une 
entente commune ?» 



Quelques notes a propos du Di^pot do la 



guerre : 



Ce depot fut cree en 1088 par Louvois, dans 
son propre hotel. Apres avoir ehi delaiss6 pen- 
dant plusieurs ;mne"cs dans les greniers du 
chateau de Versailles apres la mort de ce mi- 
nistre, il fut transfere aux Invalides. En i 720, 
on commenca a classer les documents. En 1734, 
on y nomma pour la premiere fois en direc- 
teur, qui fut le marechal de Mailiebois. M. de 
Vault, son successeur, commenca la redaction 
des di verses campagnes et poussa son travail 
jnsquVi 12. r > volumes. 

En 1701, le depot fut transport 6 place Ven- 
dOrne. En 1703, la Convention y ordonna la 
remise de la carle de Cassini et y (it n'*unir les 
cartes et les plans recucillis dans les etablisse- 
ments supprimfo. 

Depuis lors, les ri chesses du d6p0t n'ont 
cessc de s'accroitre. Les archives modernes 
fonncnt 3907 volumes relies ct environ 230 
cartons; elles comprennent une serie regulicre 
de pieces depuis 1(>43 jusqu'a 1701, avec quel- 
ques pieces de 103, r J a lf>42 Les archives mo- 
dernes, de 1701 a 1840, torment 2,000 cartons 
et plus de 2,000 registres. Lesm^moires histo- 
riqucs, 1 ;>()() a IS'iO, torment 70 cartons et 240 



10 






■v: ■-.,:; 



66 



CHHONIQDE. 



volumes, dont 200 appartiennent aux archives 
anciennes. La statistique militaire comprend 
440 cartons et 117 volumes. 

La collection des cartes du depot de la 
guerre re pfermc environ 100,000 feuilles ma- 
nnscrites ou gravies. On sait qu'au depot sont 
attaches des officiers d'ctat-major, des gra- 
veurs, des dessinateurs'et des 6crivains charges 
de la publication du Memorial du depot, ct de 
tenirau courant la carte de France hien con- 
nue sous le nom de Carte de l'6tat- major. 
Enfin, le depot possede une bibliothequc de 
40,000 volumes, commencec en 1708 par le 
general Ernouf. 



Nous avons, dans nne do nos chroniques, 
en parlant de la bibliothequc municipal de la 
ville de Boston, fait connaitrc a nos lecteurs le 
d6veloppement merveilleux que les etablissc- 
ments de ce genre ont pris aux Etats-Unis, ct 
les inoyens mis en usage pour y repandre et 
enlretenir le go At de la lecture. L article sui- 
vant, que nous empruntons a la Gazette d'Augs- 
bourg, donnera une idee de la largesse avec 
laquelle ont etc dotees ccrtaines bibliotheques. 

'( Aux Etats-Unis, on est en train de con- 
struire une bibliothequc, qui sera sans doute 
la plus splendide de toutes cellcs de l'Amerique 
du Nord. C'est la Lenox -Library ou Bibliothe- 
que I^enox, du nom de son fondatcur, qui l'a 
dotee d'un capital de 400,000 dollars (2 mil- 
lions de francs), en meme temps qu'il la gra- 
tifice.de 300,000 dollars ou 1,500,000 francs en 
biens fonds. 

La somme constante pour achat de liv res sera 
de 212,000 dollars (1,000,000 francs). 

L'6diiice, tout on marbre blanc, a 200 j> i * ' - 
do long et 125 de large. II estcalcule pourcon- 
tcnir 300,000 volumes, outre la collection par- 
liculiere de M Lenox, consistant en 15,000 vo- 
lumes qui traitent de I'histoire d'Amerique et 
de la literature relative a Shakespeare. » 

La Gazette d* Augsbourg , ne dit pas en quelle 
ville se construit co riehe ctablisscment; mais 
comme il en est parle a la suite de co qui con- 
cerne VAstor -Library ou Bibliotheque-Astor, 
il est probable qu'il s'agit de New-York. C'est 
en effet dans celte dernierc loealile que se 
trouvc ladite Bibliotheque-Astor, ]>ortanl lo 
nom de ses fondateurs, le pere et le ills, qui lui 
ont fait des donations montant a 773,336 doll. 
(3,866,680 fr.). 

On reproche souvent aux Americains leurs 
tendances materielles ; ce reproche est injusle, 
a en jugerpar ce qu'ils font pour le developpe- 
ment de leurs bibliotheques. 

Dapres les relev£s statistiques de 1870, il 
existait en ce pays 3,647 bibliotheques publi- 



ques, pourvues de 12,276,964 volumes. Dans ce 
nombre, la NouvelIe-OrI6ans figurait pour 15 
bibliotheques; Richmond, i6; San-Francisco, 
20; Chicago, 24; Cincinnati, 30; Saint-Louis, 
32; Baltimore, 38; Washington, 52; Boston, 
60; Philadelphie, 102; New-York, 122. 

A Baltimore, la bibliothequc Peabody n'a 
pas cont6 moins de 1,400,000 dollars (7 mil- 
lions de francs). 

La bibliothequc publique de la ville de Bos- 
ton, etablissement entretenu aux frais de la 
municipality et dont nous avons fait connaitre 
recemment Forganisation remarqua{)le, dis- 
pose d'un budget, non pas de 500,000 francs, 
comme nous 1 'avons dit, mais bien de 123,000 
dollars, soit 6 Hi ; 000 francs. 

Au reste ces chiflres, qui datent des relevcs 
de 1870, ncsont peut-etre plus assez exacts au- 
jourd'hui, a sept ans de distance : il faut atten- 
dre la publication prochaine d'un rapport ofll- 
ciel tres-detaille, sur les bibliotheques des 
Etats-Unis, par radministration de 'instruction 
publique americaine. 

Deja la premiere partie dece rapport a paru, 
comme nous le voyons par le Publisher's 
Weekly, que nous venons de recevoir. Cette 
publication (Report of the Commissioner of 
Education) ne tardera pas & etre suivie de la 
partie qui concerne les bibliotheques. A J'aide 
de ce document, on pourra, s'il y a lieu, rec- 
tifier les chiflres ci-dessus; mais on pent Atrc 
certain qu'il y aura augmentation plutot que 
diminution. 



-e/C^>- 



VARI£t£S. 



La Typographic a Venise. 

M. J. Hothschild ])ublie en ce moment un 
ouvrage de luxe du a la plume elegante et sa- 
vante de M. Charles Yriarte. Cet ouvrage a 
pourtitre : Venise; histoire, art, Industrie, la 
ville, la vie. \ vol. grand in-folio, orne de 
500 gravures. 

Nous devons » l'obligeance de l^diteur la 
communication des epreuves d'lin chapitrequi 
nous interesse tout spocialement : la Typogra- 
phie, C'est une pri incur que nos lecteurs ne 
manqueront pas d'apprecier. 

« (''est en 1450 que la typographic fit son ap- 
parition en Europe. Le nouvel art venait satis- 
faire a un besoinsi pressant des esprits que, si 
Guttemherg n'avait pastrouve alors la mobilit6 
du type, 1'invention n'en eut 616 difT6r6e que 
de tres-peu, tant est grand sur le genie de 
rhomrnc rempire de la n6cessite. On ne s'ar- 
reta m6mo pas un instant a regarder ce mer- 
veilleux instrument, comme on le ferait d'one 



V v . 



CHRQNIQUE. 



67 



curiosity ; on s'en empara immediatement et 
on le mit en rouvre aveo fureur. Les grandes 
deoouvertes arrivent toujours ainsi au tomps 
voulu, ce qui leur donne un caraotere provi- 
dentiel ; J a gloire de Fiuventeur n'en est pas 
moins grande. 

« La typographic fut introdnitc a Venise 
en 4469; deux hommes se disputent cet hon- 
neur : Jean de Spire et un Francais, Nicolas 
Jenson. On a su par un hasard assez rare, car 
de pareilsd6lails echappent d'ordinaire a, l'his- 
toire, que le roi Louis XI, preoccup/i, a la vue 
des premiers livres, de l'importance du nouvel 
art, avait envoy 6 a. Maycnce un artiste, Nicolas 
Jenson, habile graveur des monnaies de Tours, 
pour s'enquerir de sesproced6s. Pourquoi Jen- 
son n'est-il pas revenu a Paris, et par suite de 
quelles circonstances Venise a-t-elle profile 
seu]e de la mission que lui avait confifie le roi 
de France ? e'est ce qu'on ne saura probable- 
men t jamais. 

« Jean de Spire publia en 1400 son premier 
livre; Epistolx ad fumiliares de M. T. Cicero, 
in-iblio de 126 feuillets, imprime en caractorcs 
romains; et il constate sa priori to dans unc 
epigramme laline placec a la fin et au-dessus 
de cettc date. I/imprcssion la plus ancienne 
portant le nom de Jenson et unc date certaine 
ne vient que Tannic suivante; mais on possede 
de lui un livre italicn in-4 (> , connu sous le 
nom de Decor puki-larusi, dont nous donne- 
rons ici le veritable litre: Questa sie una opera 
la quale si chlama decor puellarum : zoe honore 
de le donzclle: laqunle da resale, forma e inodo 
id stato dc le honeste donzclle. Ce livre porte la 
date dc 14G1. Un palriotisme mal cnlcndu, 
mais assez coiumun, s'est empare du Decor 
pucllarum pour assigner a. Venise et a Jenson 
tine priority qui n'est plus soutenable aujour- 
d'hui. Les livres nombreux sorlisde son officine 
dans Fannie 1470 (qui est celle de son de- 
but), et que nous allons indiquer dans un ins- 
tant, ne laissent jvoint de place h la pens^e 
qu'il ait pu, a ce moment de lievre dc. publi- 
cation, se reposer ncuf ans apres 1'imprcssion 
de cc premier livre. Tout extraordinaire que 
puisse paraitre Ferrcur dans unc date placee 
on vedette a. la fin d'un volume, celle-ci cepen- 
dantn'est point la seule que Fon puisseciter; on 
en a constate du memo genre dans des livres du 
quinziome siecle imprimis a Itologne, ;\ Milan 
et a Naples; et parmi les livres de Jenson lui- 
mGme on en trouve deux autres qui sont dans 
le m6me cas, Tun portant ladate de 1400 au lieu 
de 1480, et l'autre celle de 11)80 au lieu de 1480. 
11 ne faut pas trop s'en elonner, Factivite 6tait 
si grande alors ! Ce qu'on peut dire & Favan- 
Lage de Jenson; e'est que Jean de Spire arrivant 
a Venise avec son frere Vindelin pour auxi- 
liairc, formes tous deux dans les ateliers de 



Jean Fust et de Schoeffer, a pu se mettre a 
Fcouvre immediatement, tandis que lui, Jen- 
son, avait tout un mat6riel a. creer et des essais 
a, faire, et qu'arrive le premier pour fonder 
une imprimerie a Venise, par la suite des cir- 
constances que nous venons d'indiquer, il ne 
se trouva que le second par la date de ses pro- 
ductions. Mais il rachete amplement ce retard 
de quelques mois par la gloire d'avoir donne" 
aux livres sortis de ses presses une beaut6 in- 
comparable, qui les place sans contredit a la 
tote de toutes les productions typographiquos 
du xv° siecle. 

«Apres avoir public un second ouvrage, VHis- 
toire naturelle do Pline, effort considerable, 
une des plus belles productions de la typogra- 
phic naissante, Jean de Spire mourut la meme 
annoe, UM . Son frere Vindelin lui succSda 
dans la direction do son atelier et fut impri- 
mcur a Venise jusqu'en 1477. I/existence ty- 
pographique de Nicolas Jenson se prolonge 
jusqu'a l'annee 1488, apres laquelle on ne 
connait plus de livres portant son nom. Ces 
celebres artistes ne devaient pas rester long- 
temps sans concurrents; deja, Fann6e meme 
du debut de} Jenson, Cbrislophe Valdarfer, de 
Katisbonne, publiait a Venise im ouvrage de 
Ciceron, de Oratorc libri tres, et Fannec sui- 
vante, en 1471, son famcux D6cameron de Boc- 
cace. Ce livre, devenu legendaire parmi les 
bibliophiles, fut vendu HH,,H00 francs a. la vente 
de la bihliothfcqne du due de Roxburghe, faite 
a Londres en 1812 ; noble folie qui ne s'est pas 
renouvel6e depuis. 

«On venait alors de toutes les parties de l'ltalie, 
de la France, de FAIIemagnc surtout, etablir 
des imprimeries a Venise. Kn 1471, nous y 
voyons paraitre pour la premiere fois Jean de 
Cologne, Adam Host et Clementi de Padoue; 
en 1472, Henner de Halbrunn, et Gabriel di 
Piero de Trevise; ensuite on no compte plus les 
nouveaux arrivants, ou plutot nous renon- 
cons a les compter. Depuis cettc an nee 1472 
jusqu'en 1500, on a constate Petablissement a 
Venise do cent cinquante-cinq ateliers typogra- 
graphiques, tous bien connus par les Editions 
sorties de leurs presses, lisle qui contient natu- 
rellement les noms les plus c61ebres. Le con- 
tingent typographique de Venise au quinzieme 
siecle s'augmente encore des productions 
des villes voisinos qui dependaient de son 
domaine, do Trevise, de Padoue, de Vi- 
cence, de Verone, ou, toujours a partir de 
l'annee 1471, 06rard de Lisa, Valdezoccio, 
Levilapide et Federico ont produit une foule 
d'wuvres importantes; tant il y avait a faire 
pour ^tancher cette soif de livres longtemps 
contenue ])ar les allures trop lentes de la 
calligraphic Nous ne pousserons pas plus loin 
ces details, preferant nous arrSter un instant 



(fc CHRONIQUE. 



V- 



snr la forme elegante et rornementation des 
livres, qui nulle part n'ont et6 pouss6es plus 
loin qu'a Venise. 

« On croit generalement que la d6couver(e 
de Pimpression porta tout d'abord un coup fu- 
neste a Tart des manuscrits; il n'en est rien. 
Les vulgaires copistes disparurent; mais le zcle 
des bons calligraphes, soutenu par d'illustres 
Mecenes, n'y trouva qu'une occasion de prod u ire 
des ceuvres plus parfaites. II repugnait, en effet, 
aux princes qui avaientvu naitre la typographic 
d'emplir leurs bibliotheques de livres qui pou- 
vaient se trouvcr dans les mains de tout le 
monde; ils ne voulurent pas cesser de les voir 
Merits avec soin sur des peaux de velin fines et 
soyeuses, d'un ton doux a l'oeil, decor£s de mi- 
niatures 6clatantes : tels sont les manuscrits 
executes a la fin du xv e siecle pour les Sforce 
de Milan, les dues de Fcrrare et d'Urbin, le roi 
Matthias Corvin,etquelquespapesjusqtra Leon X 
inclusivement, pour ne parler que des plus ce- 
lebres. Les calligraphes devaient succomber a 
la fin: ils etaient un contre mille; mais les 
debris des collections que nous venons de 
nommer, 6pars aujourd'hui dans nos musees, 
prouvent que ce ne fut pas sans gloire, et que 
les dernieres passes d'armes ont etc brillantes. 

« Pour triompher deces preferences donnees 
aux manuscrits, les premiers typographes 
avaient 1'habitude de faire tirer de chacune 
de leurs productions quelques exemplaires sur 
peau de velin qu'ils faisaient orner de lettres 
initiales et de frontispices peints en or et en 
couleur par d'habiles miniaturistes. Parmi les 
livres de ce genre, aujourd'hui si recherches, 
ceux de Nicolas Jenson sont les plus remar- 
quables. Enfin ils appelerent les graveurs aleur 
aide, et a partir de Tann6e 1480 commence a 
Venise la publication d'une serie de livres 
d6cores de lettres initiales, de frontispices etde 
compositions gravees sur bois, placees dans 
le texte, vraiment remarquables. 

« Nousindiquerons parmi les plus elles pro- 
ductions de cettc epoque : une Bible d'Otta- 
viano Scotti, de 1480; un livre de medecine, 
Fasciculus medicinalis, public par les ire res de 
Gregoriis en 1403; la premiere edition d'une 
traduction italienne des Metamorphoses d'O- 
vide, imprimee en 1407 par Giovanni Rosso, 
pour Antoine Junte;une suite de compositions 
pour les fables d'Esope, souvent r6imprim6e ; 
enfin un Terence in-folio imprim6 en 1400, et 
le Songe de Poliphile in asdibus Aldi Manutii, 
de la mfime ann6e. Ce dernier livre est rest6 le 
plus populaire de tous, et il me>ite sa reputa- 
tion par la beaut6 et par le nombre des illus- 
trations qu'il renferme; mais il faudrait le lire 
d'un bout a Tautre pour se rendre compte de 
la souplesse avec laquelle l'artiste suit, a cha- 
que page, pas a pas son autenr, interprete sa 



pens6e et donne par tout un corps a ses descrip- 
tions les plus minutieuses. Le veritable titrc 
du livre est Hypnerotomachia, e'est-a-dire 
Combat d? amour en songe ; malheureusement 
il est £crit en un style pedantesque, farci de 
latin et de neologismes tir6s du grec, qui rend 
sa lecture fatigante. On se plaisait aussi 
au xvi fi siecle a r6pandre ces ornements dans 
les livres de mathematiques : Euclide, l'AIma- 
geste de Ptolem6e et quelques autres ouvrages 

d'astronomie. 

(La suite prochainement.) 



•a m l *+r • 



N^GROLOGIE. 



J-G. D'ESCRIVAN. 

Le dcTaut d'espace ne nous a permis d'an- 
nonccr que tres-brievement dans notre der- 
niere ( hroniqne la mort inattendue de M. J. C. 
d'Escrivan, membre de notre Cercle. 

Chef d'une maison de banque si honorable- 
ment connue depuis longues anneespar ses re- 
lations avec la Librairie et la Presse, M.d'Escri- 
van a et6 frappe" presque subitement. Son elat 
de santc, bien que peu satisfaisant, etait loin 
de laisser pressentir un denouement si triste- 
rnent prochain. A une grande aptitude, a un 
tact particulier pour les affaires, M. d'Escri- 
van joignait, qualite precieuse et trop rare, 
ramemte." Autant il avait de clients, autant il 
comptait d'amis. 

Son fils lui succede, digne heritier d'un nom 
qui est tout honneur et loyaute" et d'une maison 
autour de laquelle se groupent les plus vives 
sympathies. 

VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

])u mardi \ nv mal au mercrcdi mai 1877. — 
Livres de jurisprudence, de literature et d'his- 
toire, composant la bibliotheque de feu M. A. -J. 
Moignon, conseiller a la cour de cassation. — 
Libraire : A. Labitte. 

Bruxelles. 

10, Petite-Rue-de-1'Ecuyer. 

Mardi 24 avril 1877 et les sept jours sui- 
vants. — Livres anciens et modernes, prove- 
venant de plusieurs bibliophiles. — Libraire : 
A. Bluff. 

— — ■ - — _ j _ j 

Le Seere'taire-Gdrant, Blanc b ot. 
Pnris. — Typ. Pillet et Dumonlin, rae des Gr.- Aogtutio* a 



G6 6 Annie. 2 a S&rte. 



*"■•"■: iV'.n :' .' y,.; ;■■'> - /■p.J-i * f - -y . 



N 8 17. 






28 Avril 1877, 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE LI 



Paris, 

Sommaire : Consedd'adrri 
des srM>?i<x'.s\ — Faits div 




IE ET DE LA LIBRAIRIE 



rimprimcrie ct de la Papetcrie, rue Bonaparte, 1. 



de la Lihrairic. — Exposition universe He de 1878. — Acad&mie 
La Typographic a Veriise (suito etfinj. — ■ Ventes publiques. 



CONSEIL D'ADMINISTRATION 

D0 CERCLE DE LA LIBRAIRIE, 

Proces-verbal de la stance du 20 avril 1877. 

P residence de M. Basket. 

La stance est ouverte a *.) hcurcs du soir; 

H membres presents; un s'excuse par lellre. 

M. le Secretaire donne lecture du proces- 

verbal dc la seance da 10 mars, qui est 

adopts. 

M. le Tresoiueii fait connaitre lY-tal des 
caisses et la situation du journal. 

M. Guillaiu), membre de la commission de 
YAnnuaire y dit que cette commission n'a pas 
encore termini ses travaux; mais clle sera 
prochainement en mesure de presenter au 
Conseil on projet des reformes a introduire 
dans YAnnuaire. 

M. le President annoncc que la souscription 
ouverte pour la construction d'un hotel du 
Cercle est en bonne voic ; lorsqu'elle sera 
close, une assemblec gen6rale sera convoquce 
pour arrfeter les conditions dans lesquelles la 
construction devra Ctre faite. 

Le Conseil vote une demi-boursc a l'Kcolo 
commerciale de la rue Trudainc, au profit du 
jeune Demoulin, frere d'un employ^ de la inai- 
son Chaix. 

Plusieurs secours sont accorded. 

M. Vigneau donne sa demission dc mem lire 
du Cercle. 

Sontadmis : MM. Eugene Hamelin et Maurice 
Poulain, presentes a la dernicre stance. 

La stance est lev6e a 10 hcurcs 45 minutes. 

Pour cxtrait: 
Le Secretaire, A. Teuplier. 

Chronique, 1877. 



Exposition universelle de 1878. 

Le srnateur commissaire general de l'Expo- 
sition vient d'adresscr anx prefets la circulaire 
suivante : 

« Monsieur le preTet, 

« Je recois de tres-nombrenscs reclamations 
des comites d'admission charges d'examiner 
et de classer les demandes des industrials qui 
desirent ligurer a TEx position de 1878. Les 
comites so plaignont dc ne pas recevoir de re- 
ponse aux questions qu'ils adrcssent, soit aux 
comites drpartementaux, soit aux industries 
cux-memes. Ces retards sont d'autant plus re- 
grcttables que les operations des comites d'ad- 
mission doivent <Mre terminees dans un d61ai 
tres-rapproche, de manierc a permettre aux 
comites d'installation dc commencer leur ecu- 
vre en temps utile. J'ai pens6 ? en consequence, 
que les travaux de toute une serie de comites 
ne pouvaient etre arretcs plus longtemps par 
l'incrtic de quclques exposanls, ct j'ai d6cid6 
que, au i rr mai prochain, toute demande de 
renseignements ad r esse e par un comite d'ad- 
mission, et qui serait rest6e sans reponse, au- 
rait pour effct de faire excltire du nombre des 
exposanls Tindustriel qu'elle conccrnerait. Je 
vous serai oblige de faire connaitre aux inte- 
r esses cette decision. 

« Agreez, monsieur le prefet, etc. 

« Le senaivur commissairc g&ie'ral, 
« J.-IL Krantz. » 



Le direcleur de la sec! inn francaise a l'Ex po- 
sit ion internationale de 1878 a convoqu6, dans 
les derniers jours de mars,Jes presidents, vice- 
presidents et secretaires des difF6rentsgroupes, 
pour discuter diverses questions relatives a des 



i7 






: -.l.*-<,— * 



' 70 



CHRONIQUE. 



mesures d'ord re a prendre en vuc d'assurer la 
marche regaliere des choses et de s'entendre 
sur une reglementation definitive. 

II a 616 d6cid6, entre autrcs cnoses, que Jes 
maisons de nouveaut6s ne pourront Gtre ad- 
mises a exposer que les articles sp6ciaux fabri- 
qu£s par elles; quel'aflichage des prix de ventc 
6tait facultatif et non obligatoire; qu'i! ne sera 
pas fait mention publique paries exposants des 
recompenses obtenues par cux dans les expo- 
sitions ofGcielles universellesctinternationalcs ; 
que les produits ne sauraient £tre renouveles 
avant le passage du jury des recompenses et 
qu'on autoriserait seulement 1c rernplaeement 
de divers produits par des produits semblables; 
que les droits de l'exposant Iui sont garantis 
par un certificatcre6 par la loi du 23 mai 18(>8, 
certificat qui peut&tre demande dans la limite 
d'un mois, a partir de I'ouverture de l'KKposi- 
tion; que les com i Ms d'admission n'ont point 
a s'occuper des garanties a donner aux invcn- 
teursqui n'ont pas pris de brevet; qu'i! appar- 
lient an jury, et an jury seulenicnt, d(e pro- 
noncer la misn hors concours d'un exposant. 

Dans le cours de ccs reunions, M. le presi- 
dent a rappele que les producteurs strangers 
no a naturalises Franeais, mais qui fabriquent 
en France, seront admis a exposer, landis que 
les Francais 6tablis a 1'etranger ne peuvent 
6tre admis a exposer, dans bisection franchise, 
les produits qu'ils important. 

Academie des Sciences. 

Seance anniudlc da 23 arrit. 

La seance est pr6sidec par M. le viee-amiral 
Paris, president pour 187<>, qui proclanie les 
prix d6cern6s pour 187(> et les sujcts de prix 
proposes pour les annees suivantes. 

Les prix decernes sont : 

Grand prix des sciences mathdmatiqucs : 
M. G. Darboux. 

Prix extraordinaire, de <>,000 fr. sur l* appli- 
cation de la vapour a la marine inilitairc : 
M. A. Ledicu. 

Mecanique. Prix Poncelat: M. Kret/. — Prix 
Montyon : M. Dcprez. — Prix Ikilmont : M, Hi- 
baucour. 

Astuonomie. Prix Lalande ; M. Palisa. 

Physique. Prix Bordin : line recompense de 
2,000 IV. a etc attribute a M. Violle; un encou- 
ragement de 1,000 fr. est donn6 a MM. (]rov;i 
et Vicaire. 

Statistique. Prix Montyon : Des men I ions 
honorables sont accordees a MM. Bertilion, 
Heuze et G. Delaunay. 

Chimie. Prix Jecker : M. Cloez. 

Botanique. Prix Bar bier : M. Planchon. Fn 
dehors du prix et a titre d'encouragement, on 
accorde 1 ,000 fr. a MM. Gallois et Hardy, et 



1 500 fr. a M. le docteur Lamarre. — Prix D&s- 
mazidrcs : M. Ed. Borner. Un encouragement 
de 500 fr. est accorde en outre & M. Miintz. 

Anatomie et zoologie. Prix Thore : M. Ous- 
talet. 

Medecine et chirurgie. Prix Breant : Un 
encouragement de 2,000 fr. est accordeaM. Du- 
boue, et un encouragement de 1^000 francs a 
M. Stanski.— Prix Montyon: MM. Feltz, Ritter, 
Paquelin et Perrin. Des mentions ont e!6 ac- 
cordees, en outre, a MM. Mayencon, Bergeret, 
Mayer, Sanson, Farabeuf, Franck, Gayon, Ba- 
dal, Barety, Brocbard, Jolly, Labh6, Coyne, 
Lavcran, Leclerc, Pontcarre et Poncet. 

PuYsroLOGiE. Prix Montyon : MM. Morat et 
Toussaint. Une medaille de 500 fr. estaccordee 
a M. Mialhe. 

Pmx generaux. Prix Montyon, arts insalu- 
hres : Un prix de 2,:i00 fr. a M. Melsens. — 
Prix Trcmont : M. Andre. — Prix Gegner : 
M. Gaugain. — Prix Cuvier : M. Fouqu6. — 
Prix Delalandc-Gucrincau : "MM. Filhol et V6- 
lain. — Prix fondc par M mt ' la marquise dc La- 
place, en favour du premier eleve sortant de 
I'Fcole polylccbnique : Le prix est accords a 
M. Henriot, eleve ingenieurdc TEcole des mi- 
nes, sorti le premier en 1 870. 



FAITS DIVERS. 

Les Anglais font en ce moment de grands 
preparatifs pour feter au mois de juin pro- 
chain le quatrieme ccntenaire de Tintroduction 
de rimprimerie dans la Grande-Bretagne, par 
William Caxton, le celebre typographe qui6ta- 
blit vers 14-71, dans Tabbaye de Westminster, 
les presses d'ou sontsortis des ouvrages que les 
bibliophiles se disputent aujourd'hui adesprix 
excessifs, entre aufres le Miroir du Monde, le 
Jcu des Echccs moralise. 

Dans un meeting tenu la semaine derniere, 
sous lapresidence du lord-maire de Londres, a 
Mansion House, le projet de ceI6brer cette an- 
nee lequatre-centieme anniversaire de la }>u- 
blication du premier livre imprim6 en Angle- 
terrc (thel)ictos and Say in<js of the Philosophers) 
a 6t6 de nouveau etudi£. Parmi les personnes 
<iui assistaient au nnieting on remarquait : 
l'bonorable \\. Hussell, lord Charles Bruce, le 
cointe Stanhope, le comte Monster, sir Charles 
Dilke, sir Charles Heed, M. Anthony Trollope, 
les sheriffs de Londres et de Middlesex. Plu- 
sieurs discours ont etc prononc^s. 

Le lord-maire, apres avoir donn6 quelqucs 
details sur le comit6 qui s'est form6 pour l'or- 
ganisation de cetie commemoration en l'hon- 
neur de Caxton, a fait savoir que la reine met- 
lait a la disposition du comit6 charg6 de 
Lcxposition des ohjets (Tirnprimene les tr6sors 



.■^-•■r,'* 



CHRONIQUE. 



71 



typographiques que renferme la bibliotheque 
ro.yale de Windsor. 

M. A. Trollope a propose ensuite la premiere 
resolution, portant que Introduction de Tart 
de 1'imprimerie dans la Grande-Bretagne par 
William Caxton est un des fails les plus ini- 
portanls que Ten puisse citer dans l'histoire de 
la civilisation, et un ev<mement vraiment na- 
tional, digned'unc celebration publique,attendu 
que l'Angletcrre doit a rimprimerie Pexten- 
sion de ses franchises, la propagation do sa lit- 
erature et le deveJoppement de son com- 
merce . 

line seconde resolution a <H6 lue ences termes 
par M. Palmer, gouvcrncur de IaBanque d'An- 
gleterre : 

« Une exposition publique des teuvres de 
Caxton et des objets pouvant servir a monlrer 
les progres de rimprimerie de generation en 
generation pendant les quatre siecles qui so sunt 
ecoul^s depuis son introduction en Angleterre, 
ayant semblc le mode le plus convenable de 
commemoration, il a ete decide que cette ex- 
. position aurait lieu a Londres,, an niois de 
join 1877, dans une des salles du South-Ken- 
sington Museum. » 

La vie de William Caxton a <He raeonfre en- 
suite, avec plusieurs partieularites interessan- 
tes, par M. Palmer: 

« Ne" en 1411, dans le comtede Kent, Caxton 
iravailla d'abord coinrne a[>prenti oliez John 
Large, membre de la Compagnie des merciers; 
il quilta son patron en lilt pour so rendre a 
Bruges, oil il apprit Tail typographique die/. 
Colard Mansion, lecelebre imprimeur ilamand, 
etnc revint & Londres qu 'en 1471 pour y fon- 
der sa presse a iraprimcr. 

« C'est dans l'aumGnerie de Wesfmiuster (pie 
(Caxton etablit ses ateliers et composa son pre- 
mier livre, the Dictos and Sayiwjs of the Phi- 
losophers. L'aumOnerie 6tait une dependance 
de l'abbaye de Westminster, elevee par Mar- 
guerite, eomtesse de Kichemont el. de Derby, 
mere du roi d'Angleterre Henri VIL Cette 
princessc, qui protogea les lettres et les arts, 
avaitfait construire raumonerie pour y don- 
ner asile aux pauvres de Westminster. Caxton 
babitait dans le voisinage de l'abbaye une 
maison connue sous le noin de Red Pole 
(la Perche rouge), parce ([nolle portait cette 
enseigne. I/cxerciec d'un art nouveau soule- 
vaut a cette epoque une vive opposition et ex- 
posant mfime a des accusations de sorcellerie, 
(Caxton se rendait secretement a Westminster, 
oil l'abbe Estney et 1'cvSque Thomas Milling 
l'avaient pris sous leur protection. Apres avoir 
dirige pendant quinze ans son imprimerie et 
mis au jour de magniOques ouvrages, dont 
plusieurs out 6t6 colories par lui-meme, Wil- 
liam Caxton inourut en 141M... » 



Le meeting de Mansion House s T est termini 
par une motion de M. George Spottiswood, 
tendante a ce que les rccettes fournies par Tex- 
position soient consacrees a la formation d'unc 
Caisse de secours (Caxton Fund) sous forme 
de pensions aux typographes infirmes, alcurs 
veuves et a leurs families. Cette motion a etc 
adoptee a runanimit6. 



-<y^Q/~* '-•*• 



YARIETES. 
La Typographic a Venise. 

(Suite et fin.) 

« I/artiste presume des beaux dessins Iypo- 
graphiques des livres que nous venous de 
nommer est Ires-imparfaitemcnt connu (on 
adonne reux du Stmyv dc Voliphile a (iiovanni 
Bellini et a Andrea Mantegna, mais cette attri- 
bution est fort douleuse); ils rcprcsentent ee 
(pie Ton pourrait appeler 1'ancien style; style 
qui so soutient dans les nombreuses publica- 
tions de livres liturgiques laites par Luc-Ant. 
Junte, el. s'assouplit plus tard dans les pnblica- 
tions illustrees donneos par le celebre edileur 
Francesco Marcolini. Cet ami du Titien em- 
ployait de preference le crayon d'un artiste 
habile, Giuseppe Porta del Salviati. Titien lui- 
mAnie a donne a la typographic venitienne les 
portraits de Lud. Arioste et de Pierre Aretin, et 
on connait un livre imprime a Venise avec des 
gravures sur bois de Marc-Antoine d'aprfcs des 
dessins de Raphael, mais il est. t res-rare. Plus 
tard encore, avec les freres Giolito, dans la 
seconde moiti6 du sei/.ieme sieele, les gravures 
que Ton rencontre dans les livres venitiens out 
un caractere particulier, la taille est plus sci- 
re" e, la contre-taille est plus absente; c'est qu'on 
avait change de methode, on les cxecutait sur 
euivre en relief. Le travail en relief sur cuivre, 
au burin, presentait, de grands avantages sur la 
gravure sur bois de til exeeutce avec la poinle 
du couteau. 

«Venise est resteepcndantplusde deux siecles 

la grande metropole dc la typographic ; son 

commerce de livres <Hait immense. En dehors 

d< i s duivres litteraires proprement dites, elle 

fournissait 1'Itatie de livres ehmientaires de 

gramrnaire, de calcul et de calligraphic pour 

les enfants; elle donnait aux femmes les livres 

de i'icumi et de point coupe, si rares aujonr- 

d'hui et si abondants alors, qui iV'pandaient an 

loin des dessins exquis de broderie et de den- 

lelles; aux ordres religieux, les grands missels, 

les breviaires et les livres d'heures; a tous, les 

romans de ehevalerie, les poemes populaires 

ou etaient racontees les queries d' Italic du 

lemps de Braccio Forlebraccio, des Sforce et de 

Niccolo Piccinino, ainsi que les expeditions 

francaises et espagnoles, et mille relations de 



'ft**** Ai?:"*' - .'"•• -'.1 ■'.'';■'' ' ■ .' '. ' ' ' 

•^72 CHRONIQUE. 



fttes et d'e>enements extraordinaires. Tous 
ces livrets, qui se payeat aujourd'hui au poids 
de Tor, sortaient des plus humbles echoppes de 
la Frezzarictj oh de laborieux artisans, Zoan 
Andrea, Mathio Pagan, Zoppino, Tagliente, 
Paganino, etc., dessmaient, gravaient et ri- 
maient le plus souvent eux-m6mes les livres 
populaires qu'ils imprimaient. 

« Nous en oublions sans doute, et des meil- 
leurs, dans cette Enumeration rapide; mais il 
est une autre branche de publications typogra- 
phiques, tres-importante au seizieme siecle, 
que nous ne saurions passer sous silence, et 
dont Venise eut en quelque sorte le privilege 
exclusif : nous voulons parler de la typographie 
appliquee specialement aux: compositions mu- 
6icales. 

«Lorsque Ottaviano Petrucci de Fossombrone 
eut combin6 dans toutes ses parties son admi- 
rable proced6 d'imprimer la musique au moyen 
de deux tirages simultanes, c'est a Venise qu'il 
le transporta pour le donner a un public cbez 
qui la culture musicale 6tait deja portee a un 
tres-haut degr6. Le privilege de vingt ans qui 
lui fut accorde par la R6publique est de l'ann6e 
1498. II mentionne particulierement la musi- 
que mesurEe, la tablature d'orgue et de luth : 
sa premiere partition, YOdhecaton, parut dans 
les premiers mois de l'annee 1501. C'est un re- 
cucil en trois parties, compose de quelques 
motets et de chansons franchises a quatre et 
cinq voix ; ce n'est pas ici le lieu de parler de 
celles qui suivirent. Ottaviano Petrucci peut 
6tre place a co!6de Nicolas Jenson ; il porta du 
premier coup Tart d'imprimer la musique a 
son plus haut degr6 de perfection, et, lorsque 
nous disions qu'il le faisait en deux tirages 
simultanes, c'est pour nous conformer a une 
opinion recue. En examinant ses livres avec la 
plus scrupuleuse attention, on reste absolu- 
mcnt incertain, en pensant aux complications 
inflnies qu'il y avait k surmonter, par quels 
moyens il a pu arriver a une precision d'en- 
semble que Ton ne trouve en defaut nulle 
part et qui ecbappe a l'analyse par sa perfection 
memo. 

«Les livres de Petrucci sontdevenus excessi- 
vement rares et comptent parmi les plus pr6- 
cieux joyaux de nos bibliotheques publiques. 
II quitta Venise en 1512 et cessa dejproduire en 
1525. II est probable qu'il travaillait seul; 
parmi les typographes qui ont suivi la mfimo 
voie, il n'en est certainement aucun qu'il 1'ait 
egaI6. 

«On estg6neralcment d'accord pour regarder 
l'impression de la musique au moyen d'un seul 
tirage, c'est-a-dire composes de types mobiles 
ou chaquo note est accompagn6e de fragments 
de lignes qui forment la portEe, com me une 
invention francaise. C'est un compositeur fran- 



cais, Antoine Gardane, qui l'introduisit a Ve 
nise vers 1537. Les livres de musique publics 
par Gardane et par ses deux fils, pendant pres 
d'un siecle, sont en si grand nombre que Ton 
serait tente de croire quetoute la musique ita- 
lienne du seizieme siecle est sortie de leurs 
presses. Ce sont d'ordinaire de petits in-4° 
oblongs, mais on a de lui de grands in-folio 
imprim6s avec beaucoup d'elegance et un grand 
luxe. 

«Nous avons sous la main quelques lignes do 
statistique qui donneront une idee comparative 
assez juste de T6tonnante activite des presses 
v6nitiennes en regard de celles de tout le reste 
de Tltalie. 

« La bibliographie dantesque de Colomb do 
Battines compte pendant tout le seizieme siecle 
quarante - trots editions de Yaltissimo poeta ; 
sur ce nombre trcnic-deux ont et6 pubises 
a Venise, six k Lyon, cinq dans le reste de 
l'ltalie. 

« Le contingent fourniparPelrarque n 'est pas 
moindre. Le professeur Marsand poss6dait cent 
trente editions du Canzonierc, irnprim6es pen- 
dant le seizieme siecle, dont il a publi6 le cata- 
logue; cent dix sortaient des presses venitien- 
nes, onze avaient ete imprim£cs a Florence et 
ncuf a Lyon. La proportion pour ce qui regard e 
YOrlando furioso est bien pins grande encore; 
de l'annee 1 524 a l'ann6e 10G8 on s'arrete notre 
liste, il a 6te publi6 deux cent treize editions 
de ce poeme qui, on le sait, est assez volumi- 
neux. La typographic venitienne en reclame a 
elle seule cent quatre-vingt-onzc pour sa part; 
le reste de Tltalie, treize; Lyon, ncuf. Si, au 
lieu de prendre pour point de comparaison les 
grands poetes italiens, nous avions pu nous 
adresser aux editions de Virgile, d'llorace ou 
de Ciceron, sorties des officines v6nitiennes, 
la proportion n'eut pas 616 moins grande; mais 
qui jamais pourra arriver a en fixer le nom- 
bre? Une pareille fccondit6ne doit-elle pas £tre 
mise sur le compte de la tolerance et de la 
liberte dont on jouissait sous ce gouvernement 
qui reste encore un epouvantail pour bien des 
csprils? Ft r.Me tolerance s'exercait dans une 
des parties les plus d61icates de sa police : la 
liberie de la presse. » 



-- a « j ii> « »c 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maison Silvestre). 

Mcrcredi 2 max 1877 ct jours suivants. — 
Livres composant la remarquable bibliothcque 
cntomologique de M. L. Heiche. — Expert : 
E. Deyrolle fils, naturalisle. 



Le Secr&aire-G&ranti Blanchot. 
Pari*. — Typ. Pillot et Dumoulin, rue des Gr.-Aoguat:i>s, :;. 



©8* Ann6e- 2- Sftrie. 



N° 18. 



5 Mai 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GfiNKRAL 



DE L'lMPIUMERIE ET DE LA UBRAIK1E 



Paris, aii Ccrclc dfc !a Librairic, dc Nroprimcric r,l dc la Papelerie, me Bonaparto, K 



SoMMAlttE : Avvi au public. — Jurisprudence. — L'fnstruction pnmaire A Paris. — Faits divers, 

Quvragex offer tx tin Cercle, — • Vnntes pubtiques. 




S. 



I AVIS AU PUBLIC 



^■PRlWttflMMUNICATIONS POSTALES AVKC CONSTANT] NOI'LK 



A parti rdu IS avril courant, les correspondancns Achangta entrn Pari* et Constantinople 
.scronl achemin6cs conformfimentaux indications du tahleau suivant : 



=« 




POINTS 

Aii depart et d'arriv^e, 



ROUTE l>K TKRHK 



Voie <k Viennu fct dc Varna. 



Yoiu d'Odeesa* 



Dfyart de Paris. 



Depart <le Viennc* ,,.,.. 
Arriv&> a Constantinople. 



1° Expedition tin France, 



Vcridretlij ft li- 1 ^rtir- 



» 



Samedi, a midi. 



Mardi i*t sn.rm;di, 
7 Ij. 50 soir. 

Jtiiidi «t liintli, a midi. 

DiiiULiidi*! <:t jClldi, 
a midi 4!i. 



Manli «t vtjnrlrtjdi, 
7 h. 5(1 soir. 



» 



Lundi eL jeudi, 
4- !i. matin. 



2* Expediltfm de Constantinople. 



Depart do Constantinople 

Arrive a Viciiue 

Arrives i Paris 



Mercrudij K \\. soir. 



Jeudj, 
5 h. 10 matin ou t> k sftir. 



Mardi «L vrmlrodtj 
ti h. soir. 

Vcndrtvli t>t lundi. 

Diimindio <>,t niercrtidi, 

n h. ;m uiniin. 



Limdi <;L ,|f:iidt, 
2 h. sr>tr. 

Ii!mn. 

Dimaudu! fil tnnrci'fidi, 
5 li. 30 matin. 



/* 



hroniquc % 1877. 






P^J^*^^ 



:ft-- 



>w i 



74 



CHRONIQUE. 



JURISPRUDENCE 

Tribunal civil de la Seine (l re chambre). 

Audiences du 19 rturi/ 18T7. 

M. I'abb6 R. a intents un proems a M. P., 
editeur, pour obtenir la restitution de deux 
manuscrits qu'il ]ui avait coniies pour en 
prendre connaissance, esperant decider ainsi 
Tediteur a les acquerir pour Ies publier. La 
publication n'ayant pas eu lieu et les manus- 
crits etant egar6s, M. l'abbe R. demande a 
M. P. dix mille francs de dommages-inter6ts 
provisoiretnent et. des dommages-interets k 
donner par etat, si la restitution de son ma- 
nuscrit n'a pas lieu dans le delai d'un mois. 
M. P. repond que les manuscrits en question 
ont et6 soumis par lui a des ecclesiastiques, 
en 1869, pour avoir leur avis, et que la re- 
clamation tardive de M. l'abbe R. le met dans 
Timpossibilite de les rechercher, a cause du 
deces de plusieurs de ces messieurs. 

Le Tribunal, apres avoir entendu M. l'abbe 
R.. dans ses explications et M° Sick, avocat 
de M. P.., sur les conclusions conformes de 
M. le substitut Louchet, a rendu le jugement 
suivant : 

« Le Tribunal, 

« Attendu qu'il est t'tabli par la correspondence 
*'-c,han^(ic <*ntrc les parties an procrs, vX reconnu d'ail- 
Icurs par P..., que l'abbe J{... lui a reinis, on 1869, 
(I«',ux manuscrits faisant parti i*. d'uu nuvra^e intitule: 
T/ipIff et synoptique Exposition de rticrituw sainte; 

<i Que, i'autc d'avoir rendu compte de ces manus- 
crits, la responsabilitc de P... est en^a^e ; (pie la 
eirconstance alletfuec par lui (pie Tonvra^e dont il 
sapit aurait etc indique sur un prospectus imanant 
de Tabbe H... comme figurant an nombre de ses <eu- 
vres, tie prouvcrait niillernent qu'il aurait etc imprim6 
ct publie en 1 'absence de toute indication sur I'editeur 
ot la mise en vente de l'ouvrage ; que P... ne pourrait, 
des lors, tirer de ee fait aueun argument au point de 
vue de l'appreciation du prejudice qui lui est impute ; 

« Attendu toutefois qu'il y a lieu de prendre en 
consideration a cet egard le long- silence garde par 
l'abbe K..., qui a rendu ainsi ies recherches phis dii- 
iiciles ; 

« Que, dans ces circonsiances, les dommages-inte- 
rets auxquels il a droit pour le passe sont limited par 
sa propre responsabilite ; mais qu'il y a lieu tout 
d'abord de faire droit a sa demande en restitution des 
manuscrits sons une coutrainte penale ; 

« Que le Tribunal a les elements necessaires pour 
apprecier la demande sur ces deux points ; 

« Par ceB motifs, 

« Condtfmne P... a restituer a l'abbe IL- les deui 
manuscrits qui lui out ete conlies, siuon et faute par 
lui de ce faire, le condamne en 10 francs de dommages- 
interets par jour de retard pendant uu mois, a partir 
de la signification du present jugement, passe lequel 
il sera fait droit ; 

« Le condamne, pour le prejudice passe, a 500 francs 
de dommages-interetB ; 

•« Surseoit a statuer sur le flurplua de la demande; 

« Condamne P... am depens. » ^ 



L'Instruction primaire k Paris. 

La prefecture de la Seine vient de dresser 
la statistiquc de l'instruction primaire a Paris 
etdans le d6partement a la fin de Fannee 187;>. 

Nos lecteurs trouveront sans doute int6res- 
sant de connaltre Jes cbiffres principaux qui 
indiquent cetle situation. 

Salles d'asile. — On compte a Paris 1 40 salles 
d'asile, contenant 27/291 enfants qui se clas- 
sent ainsi : 



ArroruiisBementi. 

l«f Louvre 

2 e Bourse 

3e Temple 

4° Hotel-de-Ville. . . 

5 e Pantheon 

6° Luxembourg 

7 C Palais-Bourbon . . 

8* Klysee 

9° Opera.. . 

4 0° Saint- Laurent . . . 
11° Popincourt.. . . . . 

12* Henilly 

13° Gobelins . . . . 

-14° Observatoire 

15 e Vaugirard 

ifi« Passy.. 

17 e Rati gnol les 

I8 e Montrnnrtre 

19 e Buttes-Chaumont. 
20* Menilmontant . . . 



Garcons. Filles. Total. 



5 


334 


298 


632 


1 


107 


87 


194 


3 


245 


226 


471 


9 


832 


654 


1.486 


10 


750 


669 


1.419 


4 


311 


- 219 


r»3n 


6 


530 


313 


843 


4 


266 


247 


513 


5 


374 


256 


630 


6 


740 


654 


1.394 


12 


1.808 


1.391 


3.199 


6 


804 


840 


1.644 


9 


1.157 


1.059 


2.218 


7 


835 


794 


1.629 


9 


816 


678 


1.494 


5 


327 


266 


593 


iO 


1.268 


1.020 


2.288 


12 


1 . 373 


1.136 


2.509 


7 


7!i« 


734 


1 .490 


10 


1.087 


1.028 


2.11 r > 



140 11.722 12.569 27.291 



Jicolcs xmbliiiues et libres. — Paris possede 
1 ,056 ecoles libres et 273 ecoles publiques ou 
officiclles; elles se repartissent de la maniere 
snivante : 



Arrnndisse- 



I'XOLES PIUMAIHKS 

publiques d<» libroa tic. 

gargODH filles lotalgargons filles total 



l cr Louvre 

2 e Bortrs^ 

3 e Temple 

4" H6t.-de-Ville.. 

5° Pantheon 

6° Luxembourg-.. . 

7 e Pal.-Bourbon . . 

8 e Klysee 

9° Opera 

10« St- Laurent. . . . 
11* Popincourt. . . . 

12° Reuilly. 

13 c Gobelins 

14 c Observatoire . . 

15* Vaug-irard 

16° Passy 

17* Bati^nolles. . . m 

18° Montmartre. . . 
19 e B.-Chaumont.. 
20* Menilmontant. 



4 


5 


9 


13 


31 


44 


3 


3 


6 


10 


35 


45 


6 


5 


H 


12 


32 


44 


10 


12 


22 


16 


38 


51 


10 


11 


21 


14 


44 


50 


6 


r> 


11 


15 


58 


73 


3 


6 


9 


11 


39 


50 


6 


7 


13 


19 


31 


58 


4 


3 


7 


10 


50 


40 


7 


6 


13 


17 


40 


67 


8 


10 


18 


22 


47 


69 


6 


8 


14 


14 


37 


51 


9 


9 


18 


12 


21 


33 


6 


6 


12 


10 


36 


46 


7 


7 


14 


13 


34 


47 


5 


5 


10 


12 


44 


56 


8 


9 


17 


21 


48 


69 


12 


10 


22 


19 


48 


67 


5 


r> 


10 


14 


32 


46 


10 


6 


16 


16 


34 


50 



135 138 273 277 779 1.056 



CHRONIQUE. 



7;» 



es 



Le nombre des enfants inscrits dans les 
Ecoles primaires est de 157,355. 11 se divise 
ainsi entre les arrondissements : 



ArrondLssements. 

l' r Louvre 

2° Bourse. 

3 e Temple 

4 e HoteMe- Ville 

5° Panthdon 

6 e Luxembourg 

7° Palais- Bourbon. . . 

8° Elysee 

9° Opera 

10° Saiut- Laurent 

H e Popineourt 

12° Reuilly 

13 e Gobelins 

14° Observatoire. ..... 

15° Vaugiranl 

16° Passy . 

17« Bati^nolles . 

18° MonLmartre 

19° Butles-Chaumont. 
20 e McnilmontanL. . . . 



Gar^ons. Fillefi. 



Total. 



2.245 
1.811 
2.015 
4.448 
3.858 
2.402 
2.659 
1.815 
1.891 
4.608 
6.119 
4.004 
;j.602 
2.845 
3.503 
2.485 
4.246 
6.332 
3.710 
4.735 



2.670 
2.727 
3.625 
4.919 
5.192 
4.715 
4.520 
3 . 659 
3.490 
5.308 
6.787 
5.852 
3 . 933 
3.871 
3.807 
2.771 
5.006 
5.507 
4.235 
4.528 



4 

4, 

6. 

9. 

9 

7, 

7 

5 

5 

9 

12 
9 
7, 
6. 
7 
5. 
9, 

11 
7. 
9 



.915 
.538 
540 
,367 
.050 
,117 
.179 
.474 
.381 
.916 
995 
,856 
.535 
710 
.310 
256 
,252 
839 
,945 
263 



70.233 87.122 157.355 



Ou Ire les Ecoles primaires, il y a 12,540 en- 
fants de t> a. 14 ans qui suivent les cours des 
lycees, des colle-ges et des Ecoles libres d'ensei- 
gnementsecondaire. La repartition dc ce nom- 
bre d'enfants entre les differents etablisscments 
est curieuse a. con suiter : 



Ktabliwsement* 







KnfanU 




EnfantB 


des 


Klftven 


da 


d6parte- 




departe- 


rnents 


de 


ment 


autre* 




d<; la 


que celui 


i\ h \'k una 


Seine 


de la 
Sein»? 



Lycee Louis-Ie-Crand 349 304 45 

Lycee Henri IV..... 373 189 1*4 

Lycee Charlemagne.. 340 324 18 

Lycee Fontanes. .... 704 699 5 

Lycee Saint-Louis. ... 24 1 222 19 

College Rollin HO 100 15 

College Stanislas 482 421 91 

Lycee de Vanves 447 391 56 

Lycee de Versailles. . 301 91 210 
Ecoles libres d'ensei- 

gnement secondaire 

dassique 9.193 8.473 72(1 

Total. 12.54 11.207 1.333 

Enfin, les chiffres suivants vont montrer le 
developpement qu'a pris renseigrienienf pri- 

maire, d*annee en annee, A Paris : 

Kn Population Moyeune de* eleven 

totale. par 100 enfants. 

1801 546.856 2.92 

1811 622.636 » 

4817 713.966 14.00 

1831 785.862 16.67 



En Population Moyenne des Aleves 

totale. par 100 enfants. 

4836 899.313 20.86 

1844 935.222 20.62 

1846 1.053.897 19.94 

1851 1.053.262 19.67 

1856 1.174-356 21.68 

1861 1.696.141 21.14 

1866...... 1.827.274 27.63 

1872. 1.851.792 30.54 

1875...... 1.851.792 39.61 

Ce n'est done pas senlement le nombre des 
eleves qui augmente au fur et a mesure que le 
chiffre de la population grandit, mais e'est 
surtout la proportion entre le nombre des ele- 
ves et celui des enfants. Ainsi, en 1841, 20 en- 
fants sur 100 allaient a l'ecole ; en 1875, 39 en- 
fants sur 100. 



Dans sa s6anee du 19 avril, la Chambre 
syndicale des imprimeurs en taille-douce de 
Paris a constitute ainsi son bureau ]>our Tan- 
nee 1877-78. 

MM. Jules Imurmage, president; 
Kudes, vice president ; 
\i. Left: v re, secretaire; 
Mangeon, tresorier. 
MM. C. Bestanlt, Cote, Ceny-Cros, Honiste, 
Coy et Michelct, membres de la Chambre. 



» ^<u 



I 



FAITS DIVERS. 

On suit que le sultan, pour temoigner aux 
Hongrois sa reconnaissanee des demonstra- 
tions qui out (iii lieu a Peslh en favour de la 
Turquie, vient de fa ire present a 1 'university 
de cette ville d'une collection des plus pre- 
cieuses. Voici ee (jue nous lisons a ce sujet 
dans le Framuus, du 26 avril : 

« L'universite de, Pesth, fondee en 1467, fut. 
reorganised par Mai bias Corvin. Pour aider 
au pro,!* res des etudes, Matbias fonda nne bi- 
bliotheque qui compta bient6t 50,000 volumes, 
a laquelle fut atfachee, en 1470, unc impri- 
merie speciale, ainsi qu'un atelier de copistes 
el des pei ntres pour rornemenlation des 
iiriprimes et, des manuscrits. II suffit, pour 
dormer urn; idee de, ['importance de cette fon- 
dafion, de dire que Matbias Corvin lui avait 
attecte une dotation annuelle de 30,000 ducats, 
sum me enorme pour le temps. 

Lorsque, en 1526, la ville de Pestb fut prise 
et ruinee par les Turcs, la fameuse Bibliotheca 
Corvina fut pillee, et les ricbesses qu'elle pos- 
sedait aneanties on dispersces. Un certain nom- 
bre des manuscrits preeieux on des livres 
ricbement ornes exbappercnt au desastre, et 
furent eolportes au basard dans les diverses 
bibliolhequos de 1'Kurope. 






»*• 



76 



CHRONIQUE. 



D'apres les recherches r6cenles des savants 
hongrois, quarante-huit manuscrits impor- 
tanls et authentiques provenant de la Corvina 
sont repartis dans les bibliotheques les plus 
diverses, a Londres, a Paris, a Rome, a Ve- 
nise, & Florence, a Bruxelles, a WolfenbuUel 
et a Besan^on. Com me il arrive presque tou- 
jours en de pareilles circonstanees, la Hongrie 
etait le pays le moins favoris6 ; elle ne posse" - 
dait en tout que dix manuscrits de la Corvina, 
deux a l'Acad6mie des sciences, sept an Mu- 
seum de Pesth et nn dans Ja bibliotheqne du 
chapitre de 1'eglise called rale de Raab. 

Or, il y avait <\ Constantinople line collec- 
tion parfaitement aulhentique et tres-hien 
conserv6e de trente-cinq ouvrages provenant 
de la Corvina; e'est cette collection dont le 
sultan vient de faire present a runiversite" <fe 
Pesth. 

Les titres des trente-cinq ouvrages sont les 
suivants : 

1 Vitruvius Candidius, 2 Aristoteles : A\gi- 
dius Roraanus, 3 Traite sur le mouvement, 
4 Suetonius : Imperatores, 5 Crammaire la- 
tine, 6 Plutarque : Vie d'Aristide, 7 Mytholo- 
gia , 8 Albertus Magnus : De mineralibus, 
TElius Spartacus yKmilius Probus, 10 Crarn- 
maire, 11 Terentii coincdhe, 12 Simon Panno- 
niensis : Sanationes, 13 Pompeius, 14 Cicero, 
15Plinius Secundus : Panogyricon, 1 (S Trait6 
de chirurgie, 17 Ca\sar : De hello gallico, his- 
panico, 18 (Collection des ecrivains des empe- 
reurs romains, \\) Clcmentinns, 20 Simon Pan- 
noniensis : Synonynri, 21 Speculum hnmame 
salvationis, 22 Theophrasti bisloria plantarum, 
23 Tertullianus contra Marcionem, 24 Tacitus, 
25 Silius Italicus, 2G Eusehius : Paratio evan- 
gel ica, 27 Riblia manuseripta de (?) xin c siecle, 
28 Livre religienx, 29 Quintus Curtius : 
Alexander, 30 Dante : Commedia divina, 
31 Aristoieles : Politique, 32 Eusebius : Chro- 
nique traduite par J6r0ine, 33 Historiogra- 
phy, 34 Livre de navigation, 35 Cicero in 
Vcrrem. » 



L'ouvrage de noire temps, qtii a eu le plus 
grand nombre d<> traductions en langues 
6trangeres est, parait-il, le famcux roman de 
M mo Beecbcr-Stowe : la Case, de I'oncle Tom. 
Au British Museum, d(^ Londres, ce livre a 
6te choisi pour donner au public uno id6e de 
la vari6te des idiomes qui se parlent de nos 
jours, et il a (He reuni une collection aussi 
complete que possible detoutes les traductions 
publiees, a Tusage des amateurs de linguisti- 
que. A la bibliotheqne publique de Boston 
(Etats-Unis), on va en faire de memo, et une 
collection complete de toutes les traductions 
de ce roman sera deposee a la section ou d6- 
partement philologique. 



Ouvrages ofierts au Cercle. 

Par M. C. Coulet, libraire k Montpellier : 

F. Rabelais a la faculty de me'decine de 
Montpellier. Autographes, documents et fac- 
simile, par le docteur R. Gordon, bib!ioth6- 
caire-adjoint de la facult6 de m6decine de 
Montpellier. 1 vol. gr. in-8 carre. Montpellier, 
Coulet; Paris, A. Lemerre. 

Memoires de ce qui s'est pass6 de plus remar- 
quable dans Montpellier depuis 1 622 jusqu'en 
i 691, par Andr6 Delort, ancien oflicier dans 
les troupes du Roy, mort en 1694. Precedes 
d' une notice.' i vol. in-8. Montpellier, Coulet. 

Recueil de pieces rarissimes relatives au sie'ge 
de Montpellier, r6unies pour la premiere fois 
et precedees d'une pr6face par M. de la Pijar- 
diere, archiviste de TH^rault. 1 vol. in-8. 
Montpellier, Coulet. 

Par M. Alpbonse Lemerre : 

OEuvres d' Alfred de'Mussct : Poesies, 1828- 
1833. Poesies, 1833-1852. Comedies et Prover- 
bes ; Nouvelles; la Confession d'un enfant du 
siecle. OEuvres posthumes. 8 vol. pet. in-12. 

Biographie d' Alfred de Musset, par Paul 
de Musset. 1 vol. pet. in-12. Paris, Alpbonse 
Lemerre. 

OFjuvrcs de BoiIeau-1)espr6aux, textc de 1701 
avec notice, notes et variantes par Alphonse 
Pauly, gravures de Louis Monzies et Ch. Cour- 
try. 2 vol. pet. in-12. Paris, A. Lemerre. 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maison Silv^stre). 

Du mardi \" r mai au mcrcredi 9 mai 1877. — 
Li v res de jurisprudence, de literature et d'his- 
loire, composant la bibliothcque de feu M. A. -J. 
Moignon, conseiller a la conr de cassation. — 
Libraire : A Lahitte. 

Lundi 7 mai 1877. — Livres anciens et mo- 
demos provenant de la bibliothcque publique 
de M... — Libraire : A Cretaine. 

Valenciennes. 

Urn; <lo Lille, 7. 

Lundi 1 4 mai 1 877 et les quatre jours sui- 
vants. — Livres composant la bibliothcque de 
feu M. Henri Theillier, avocat a Valenciennes. 
— Libraire : Lemaitre. 



Le Secr6taire-G&rant y Blanc HOT. 



L'aria. — Typ. Pillet et Dumoalin, roe des Gr.- AugustiDS. 5. 



■ •■'i.T^:':?' 7 '"'W N V 






66 e Ann6e. 2« S6rie. 



N° 49. 



12 Mai 1877: 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPRIMEME ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, au Cercle 



Sommaire : Jurisprudence. 




'Imprimerie ct dc la Papeterie, rue Bonaparte, 1„ 



oit international. — Faits divers. — Ventespubliques, 



JURISPRUDE 



Conr d'appel de Dijon (ch. correction nelle). 
Presidence de M. Jolhilt. 

Audience du 2 mai. 

COLPORTAGE ET DISTRIBUTION. — COMPLICITY. — 
LOI DU 20 DECEMBRE 1875. 

La corrvplicitt prgvue par V article 2 de la lot du 
29 dtccrnbre 1875, ri 'existe-t-elle qu'd V&gard 
de celui quiaconnu VilUgalitedu faitde dis- 
tribution auquel il s'estassocM? (No?i rtsolu.) 

Dans tous les cas, Verreur de droit ne saurait, 
en pareil cas 7 tire con$id6r6c comme justifica- 
tive. 

Un sieur G... a fait venir de Paris vingt bro- 
chures politiques qu'il a donnecs a une femme 
Dumoux, en la chargcant de Ics distribuer. 
Cette femme est autorisee a colporter les jour- 
naux seulement; sansse preoccuper des termes 
de celle autorisation, elle a distribu6 etvendu, 
avec d'autres, les brochures que G... lui avait 
remises. Cette distribution a eH6 d6noncee et 
poursuivie ; G... de son c6te a 616 compris 
dans les poursuites, en quality soit d'auteur, 
soit do complice. II y a eu condarnnation en 
premiere instance; la femme Durnoux a ac- 
cepts la decision, que G..., au contraire, a de- 
f6ree a la Cour. 

M. l'avocat general, charg6 devant la Cour 
du service de la troisieme chambre, a dit en 
substance co qui suit : 

Pour qu'une brochure puisse etro legalement distri- 
bute, deux autorisations sont indispeusables. L'uue eon- 
cerne la personne du distributeur, l'autre 1'ecrit a dis- 
tribuer. Des Tannee 1849, M. Dufauro, dans sen 

Chronique, 1877. 



circulates, revendiquait hautement pour ^administra- 
tion lo droit de determiner les ecrits dont le colpor- 
tago scrait seul permis (D. P. 1849, 3, 91). C'etait 
alors le regime du « catalogue com plot et sincere ». 

Kn 1852, ce regime a ete rempl.ice par celui de l'es- 
tampille (circul. des 28 jtiillet et 12 septembre 1852, 
I). P., 1853, 3, 1(>). L'estampillo est bleue on rouge, 
suivant qu'elle emane du pouvoir central ou du prel'et; 
elle vaut pour toutcla France dans un cas, dans 1 'autre 
pour le department qu'elle concerne. Aucune bro- 
chure no peut eirculer regulierement, (Hro distribute 
ou eolportee, que si elle est ostampillce. Les journaux 
seuls en sont all'ranchis. 

Le regime de l'ostampille a surveeu a Pempire;il 
est encore le regime applique et 16gal. 

Cela etant, la contravention est coustante. La femme 
Durnoux l'a si bien compris qu'elle n'a pas interjete 
appel de la decision qui l'a frapp^e. Le sieur G... seul 
s'est pourvu centre le jugement du tribunal de Cha- 
rolles. Son appel cst-il fondc? 
" La jurisprudence considore comme distributee™ : 

1° Celui qui, dans un but de propagandc, remetdeux 
ecrits a une personne qui, elle-memc, transmet mi de 
ees ecrits a un tiers (Bourges, 21 mars 1850, S. 50, 
2, 213, affaire Gillot, ocrit intitule ; La Foirc aux 
Candida ts) ; 

2° Celui qui donne un bulletin de vote a un electeur 
qui le lui demande, et un autre bulletin a un electeur 
qui ne le lui demaude pas (Cass. 16* novembre 1855, I). 
5b\l, 31); 

3° Celui qui remeta deux personnes des listen a dis- 
tribuer, si la distribution a suivi (Cass. 8 mai 1875, 
S. 1875, 1, 18G); 

4° Celui qui com met tin acte unique de distribution? 
lorsqu'il est constate que cette distribution est la con- 
tinuation d'une OiiivreWe pro[)agande dont le prevenu 
s'est constitue l'agent (Cass. 9 avril 1859, S. 1859, 1, 
438); 

5° Celui qui remet a une seule personne, en une 
seule fois, dans im but de propagando, plusieurs exem- 
plaires d'un menie ecrit (Orleans, 21 avril 1874, affaire 
Niatel; Cass. 9 janv. 1875, S. 75, 1 , 134, memo affaire). 
Ces deux derniers arrets surtout sont decisifs; l'es- 
pece sur laquelle ils ont statue etaut absolument la 

19 






v . N r- 



7« 



CHRONfQtJE, 



meme que celle dont la Cour eBt galsie par l'appol du 
gieur G.... 

G... est dietributour, par consequent auteur principal 
de la contravention- 
Dans tous les cas, lea actcs elablis a sa charge, ou 
qu'il reconnntt, on font un complice auquel s'applique 
1'artiele 2 de la loi du 29 docembre 1875. 

Lo complice du distributee n'est puni que s'il a agi 
sciemment, ce point est incontestable. 'II resto a recher- 
cher le sens du mot « sciemment », quand il est ques- 
tion, non de complicity de debt, mais de complicity 
de contravention. 

La loi du 29 decembre 1875 n'a on rion modifie la 
nature du colportage, qui reste, ainsi que la distribu- 
tion, une infraction purement matericllc; les travaux 
preparatoires do cetto loi et son text© mome ne lais- 
sent aucun doute a cet egard. On a fait des complices 
de ceux qui provoquent par dons ou promesses, qui 
aident ou qui assistent avec connaiswmce, qui don- 
nent des instructions ou fournissent sciemment les 
instruments ou moyens d'agir. Le complice et l'au- 
tetir s'associont a une mAme infraction : ils ne com- 
mettent pas deux infractions distinctcs; supposer deux 
infractions, e'est exclure la complicity. Ccla etant, qui 
no voit que le colportage ou la distribution ne peu- 
vent etre des contraventions a regard de Kauteur, et 
des debts a 1'egard des complices? Pour encourir une 
p^nalite, le complice doit s'assoeier volontaircmeut et 
en connaissance de cause a un fait materiel de distri- 
bution ou de colportage. Exigcr qu'il s'associe volon- 
tairement et en connaissance de cause a un fait in- 
tentionnel, e'est transformer en complicity do debt la 
complicit6 de contravention que le legislateur a erect;, 
substituer a la complicity supposant une scnle infrac- 
tion l'exislence de deux infractions ayant des natures 
diverses, par consequent violer la loi sous preloxte de 
rinterpreter. Le col portage ou la distribution se com- 
posent dYlements divers de fait et de droit; ces ele- 
ments ne changent pas a l'tigard du complice. La 
complicity forme egalement un tout complete, dans 
lequel le fait et le droit se melangcnt et se conti- 
nent. Le mot « sciemment » Be refere et ne pent se 
referer qu'a ce second ensemble; en l'appliquant au 
premier, on aboutit a des consequences absolumertt 
inadmissibles, par consequent a l'erreur, (Comp. sur 
un cas de c basse, matiero analogue, Itouen, 4 d6- 
cembre 1873; S. 1874, 2, 228.) 

Le droit ainsi constate, ii fnut examiner la situa- 
tion du prevenu au point de vne de la bonne foi 
qu'il alleguo. 11 a dit au commissaire do. police : 
« J'ai donne quelques almanarhs a la marcbande de 
journaut. Je croyais avoir le droit de le faire parce 
(pie cette femmc colportait des journaux de la memo 
nuance, et aussi parco que la brochure se vendait 
chez les libraires. » 

Son erreur, si elie a exist*', serai t une erreur de 
droit, et personue n'est cense ignorer la loi. L 'auto- 
mation concernant les journaux ne s'appliqno pas 
necessairement aux brochures. II y a memo cetto dif- 
ference profonde que Tautorite administrative ne pent 
plus dihtinguer entre. les journaux, permettre les 
uns, interdire les autres, tandis que pour les bro- 
chures sou pouvoir discretionnnire reste entier. (Loi 
du 21) decern bre 1875, art. .\\,) Le colportage est 
d'ailleurs autre chose quo la vente en librairie. lieau- 
coup d'ecrit9 se vendeut en librairie qui ne peuvent 
6tre u\ distributes, ni colportes. fSi ]o prevenu a 



ignoro tout cela, l'erreur qu'il invoque est une errour 
non de fait, mais de droit, qui par suite ne sauralt a 
aucun point de vue etre envisaged comme une excuse 
legale. En fait, il lui etait facile de se renseigner en 
s'expliquant avec' la marcbande dont il s'est servi 
comrae d*un instrument inte>esse\ mais inconscient. 
II n'avait qu*un mot a dire et il ne la pas dit. S'il a 
ignor6, e'est qu'il Ta bien voulu ; sa situation a 'est 
done pas meme favorable 

J'ai pari 6 de ses explications du premier moment. 
Voici celles de l'audience, qui ne sont pas les memes. 
II a soutenu alors, en produisant des t^moins k de- 
charge, que la femme Dumoux vendait des brochures, 
el a 6laye de ce fait Tall^gation relativo a sa bonne 
foi. Mais qu'importe? L'erreur de fait elle-meme ne 
serait pas justificative, ainsi que je I'ai demontre\ 
parce qu'elle aurait porte" sur lea conditions constitu- 
tes de 1'infraction qui est mateVielle, et non sur 
les elements de la complicity, qui sont complets. En 
renfite, l'erreur pnHendue serait jion de fait, mais de 
droit, aucunc brochure ne pouvant etre distribute 
que si ello est revetue de TesUmpille administrative. 
Cette disposition legale est incontestable et personno 
n'est cens6 1'ignorer. G... a et6 adjoint pendant long- 
temps; a ce titro il etait charg6 de la surveillance 
du colportage; il peut moins qu'un autre se prdvaloir 
de sa prelenduo ignorance. L'erreur qu'il invoquo 
n'est done pas acceptable; elle ne serait d'ailleurs 
pas legale. 

J'eslimo, en consequence, qu'il y a lieu de con- 
damner le prevenu aux peines porters par les articles 6 
de la loi du 27 juillot 1849 ct 2 do celle du 29 decem- 
brc 1875. 

La Cour a rendu 1'arrfit suivant ; 

« La Cour, 

« Considdrant que la femme Dumoux, reconnue cou- 
pablo d'avoir distribue ou colporte sans automation un 
certain nombre d'exemplaires de la brochure VAigle, a 
etc, pour ce fait, condamnee a la peine de 50 francs 
d'amende, par application des articles 6 de la loi du 
27 juillet 1840 et 463 du Code penal; 

« Qu'elle ne s'est pas pourvue par appel contre cette 
decision; 

« Qu'il est (jtabli par l'instruction ct les debats que 
les exemplaires de la brochure VAigla distribues ou 
.colportes sans autorisation par la femme Dumout lui 
avaientet^ fournis gratnitement par le sicur G..., qui, 
en les lui remettant a son domicile a Paray-le-Monial, 
l'avait engageo ales distribuer ou colporter; 

a Que G..., sans coutesier ces faits, soutient seule- 
ment que la femme Dumoux vendait habituellement et 
ostensiblement des journaux et meme des livres ou 
d'autres imprimis sur la voio publique ;. qu'il avait dd 
croire det> lors qu'elle <Hait autorisee a exercer la pro- 
fession de distributee ou colporteur d'ecrits, et qu'aiusi, 
s'il savait que les brochures qu'il lui remettait devaient 
etre colportees ou distribuees par elle, il ne savait 
paa que ces acto.s dossent elre illicitefi; 

« Mais considerant que Tautorisation accordee a la 
femme Dumoux par la prefecture de Sa6ne-et-Loiro 
etait restreinte a la vente d'un certain nombre de pu- 
blications, parmi lesquels ne figurait pas la brochure 
V Ai(jlt*.\ 

« Qu'il etait facile a (j — do s'en assurer, et que, 
e'etait pour lui un devoir dautant plus rigoureux, qu'il 
connaissait parfaiternent le caraclere politique de l'ecrit 
dont il e'agit, et qu'en en remettant les exemplaires a 



,' v< 



'■1-tiK' 



■<.. 



CHRONIQUE. 






la femme Dumoux, qui eat completemeiit illettree, il 
agBumait moralement \is-i-vis d'elle la respo-asabilito 
de leur distribution; 

« Considerant d'ailleurs que l'autorisation do expor- 
ter ou distribuer des Merits ne s'appliquc qu'aux ou- 
vrages dont elle determine gpecialcment !a nature, sans 
qu'il soit permia d'en etendre les effets au-dela des 
limites qu'elle fixe ; 

« Qu'on ne pouvait done pas conclure, de ce que la 
femme Dumoux etait autorisee a vendre certains eerits, 
qu'elle dut egalemeut avoir lo droit do distribuer la 
brochure I'Aigle; 

u Que G-... ne devait pas Piiynorer; 

« Qu'en priiicipe mil ne pent, sous pretext© d'igno- 
rance de la loi penale, contrcvenir impunement a ses 
prescriptions, ct qu'en fait, a raison du degre d instruc- 
tion du preveuu et des fonctions publiquea qu'il a reap- 
plies, co ^enre d'exeuse, en co qui le concerne, est 
particulierement inadmissible; 

« Qu*aiosi il est constant quo G.... s*cst rendu com- 
plice, dans les conditions prevues par les articles 2 de 
la loi du 29 decembre 1875 et 60 du Code civil, du 
delit commis par la femme Dumoux; 

« Par ccs motifs, 

« Statuant sur Tappel : 

u Dit qu'il a etc bien ju^e «iu chef du juffement qui 
declare G.... complice du debt commis par la femme 
Dumoux; 

« Dit egalement qu'il a etc fait une juste application 
de la peine ; 

« Confirme, en consequenco, la condamnation pro- 
noncee, et ordonne qu'elle portira son plein et outier 

efl'et ; 

« Gnndamne l'appelant a tons les dt'pens d'appel ; 

« Fixe au minimum du temps determine par la loi la 
duree de la contrainte par corps. » 



-VZ-O/V- 



Avis an commerce. 

* 

A partir du 15 mai 1877, le visa pour tim- 
bre des effets de commerce de toutc nature, 
billets et warrants, et des papiers et vignettes 
en blanc destines k la redaction d effets de ]>lus 
do 20,000 francs sera centralise, pour la ville 
de Paris, a l'holel de la direction de l'cnregis- 
trernent et du timbre, rue de la Banque, n° \:\ 
(rez-de-chaussec, corridor de gauche). 

II n'est ricn jnnov6 en ce qui concerne la 
facnlt6 accordee au ]>ublic de rcrnplacer la for- 
mality du visa par 1'apposition, sur les effets 
ou vignettes, de timbres mobiles, que les par- 
ties collcnt et obliterent elles-memes dans les 
formes et conditions prevues par les roglements. 
On trouve des timbres mobiles pour cet usage 
dans pros de 400 debits de tabac, dans les bu- 
reaux oh s'enre^istrcnt les baux et les declara- 
tionsde locations verbalcs, et au l>ureau etabli 
au Palais-de-Justice, courde laSainte-Chapeile. 



Droit international. 

Par deux lettres echanpjecs le 2(> avril 1877, 
entre 1'ambassadeur d'Halie a Paris et le mi- 
Distro ties affaires 6traugercs de France, il a 



ete convenu quo le trait6 de commerce du 
17 Janvier 1863 et la convention de navigation 
du 13 juin 1862 cntre les deux pays etaient 
de nouveau proroges jusqu'au 31 decembre 
prochain. (Journal officiel, 3 mai i877.) 



FAITS DIVERS. 

Parmi les enriosites quo nous promet l'Ex- 
position de 1878, on cite la collection complete 
de tons les journaux parus en France depuis 
le \** aoiU 1*870 jusqn'au l cr mars 1876. Cette 
exhibition serait due aux soins de M. Cosse, de 
Nantes. 



Nous lisons dans la Patric : 

« Les bibliotheques de la plupartdes lycees 
des departcments, notamment celles des lycees 
de creation recente, sont deponrvuos d'ouv ra- 
ges classiques. Les professenrs ct les rnaltres 
repetiteurs desireux de completer leur instruc- 
tion personnelle ou de se preparer a la licence 
ou a l'agrogation n'y trouvent pas memo de 
bonnes editions des princtpaux: auteurs grecs, 
latins etfranc.ais. Cost surtont au point de vue 
de l'etude de Thistoire et de la geographic que 
la penurie des livres, des cartes et des atlas 
s T est fait sentir. Si Ton rencontre dans ces bi- 
bliotheques quelques rares ouvrages sur notre 
liisloire nationale, les grandes collections, les 
ouvrages des auteurs contemporains et les 
trades speeiaux sur l'histoire etrangere font 
completemcnt defaut. 

M. Waddington, in i nisi re de l'instruction pu- 
blique, a rrsoln de remedier a cct etat do 
choses, qui prive de moyens de travail les pro- 
,fesseursct les 61eves eux-memes. 

Fn consequence, il est d'accord avec la com- 
mission du budget pour dolor les bibliotheques 
de nos principaux etablissements d'instruction 
secondaire, non-senlement de grandes collec- 
tions litteraires, historiqnes et scientifiques, 
mais encore des ouvrages et des publications 
les plus remarquables qui paraissent chaque 
annee en France et a lVitranger. C'est dans ce 
butqu'un credit variant de 1^000 a 1 ,500 francs 
sera mis a. la disposition de chaque lycee pour 
])ourvoir aux besoins les plus pressants. » 



Fn Allemagne, la chambre des Hbraires, 
le Bwrscnvcrcirij rjui a son siege a. Leipzig, vient 
de decider qu'il serait public, parses soins, uno 
histoire g6nerale du commerce do la librairie 
en Allemagne, depuis Forigine. 

Au commencement de ce siecle et vers 1820, 
il existait en Allemagne 250 librairies; en 



80 CHR0NIQEE. 



r-T ., * + <* V * ' V 



^''^ 



1840, ce nombre avait double. Dans ce chiffre 
sont coropris les libraires propreraent dits, les 
libraires qui vendent des estampes, de la mu- 
sique, des cartes, et aussi ceux qui font le com- 
merce des vieux Jivres. 

En 1854, le nombre des libraires 6tait de 
2,859; on l'6value aujourd'hui a 5,500 d'aprcs 
les relev^s de la cbambre des libraires, la sta- 
tistique officielle des professions dans rempire, 
dont ia publication a et6 decid6e en principe, 
n'ayant pas encore paru. 

Quant aux ouvrages publics parces libraires, 
le nombre en ctait, en 1589, de 302 seulcment, 
consistant pour la j>Ius grande partie en pc- 
tites brochures de circonstancc ; en 1750, la 
production litteraire s'clevait deja a plus de 
1 ,000 articles. En 1840, il s'en publiait 7,900. 
EnCn, en 1875, le chifTre s'est 61eve a 12,51(>, 
et Tan dernier (1876) a 13,356, sans compter 
les productions musicales qui fournissent 
chaque ann6e plusieurs milliers d'articlesnou- 
veaux, et les innombrables produits de la 
presse quotidienne. 

L'bistoire du commerce de la librairie en 
Allemagne, projet^e par la chambre des li- 
braires, embrassera, disent les journaux alle- 
mands, toutes les difTc rentes phases, avec une 
introduction surce genre de commerce dans 
Tantiquite et au moyen age. L'bistoire de la 
foire de Francfort, j)remier marche" de la li- 
brairie allemande (le premier catalogue de la 
foire date de \ 564), y sera exposed en detail ; sa 
decadence et sa supplantation definitive par 
celle de Leipzig datent de 1765. L'ouvrage 
n'aura pas moms, paralt-il, de 3 ou 4 volumes. 



La librairie allemande commence deja a 
ressentir les effets facheux de la guerre. Les 
libraires deSaint-Petersbourgontannonce dans 
une circulaireque, par suite deletat de choses 
cree par la guerre, ils ne peuvent pour le mo- 
ment remplir leurs engagements. Cette nou- 
velle estd'autant plus facheuse que la librairie 
russe jouit d'un credit de quinze mois et qu'on 
craint des faillites. (Patric.) 



[/Exposition que les Anglais organiscnt dans 
une des salles du South-Kensington-Museum, 
a Londrcs, i>onr feter dignement le quatrieme 
centenaire de William Caxlon , ouvrira le 
11 juin. Les organ i sate urs ont fait appel aux 
libraires, aux imprimeurs, aux savants et aux 
amateurs les plus celebres des pays etrangers; 
aussi voyons-nous figurcr panrii les mernbres 
du comite general : MM. Claye, Firmin-Uidot., 
Hachette et Chaix, pour Ia librairie et l'impri- 



merie francaises; M. Charavay pour les auto- 
graphes et M. G. Chouquet pour rendition mu- 
sical e. 

Un libraire de Londres vient de publier une 
nouvelle Edition en photo-lithographie d'un 
des livres les mieux executes sortis des presses 
de Caxton ; e'est l'ouvrage qui a pour titre : 
« Les quinze O de Caxton et autres pridres. » 
On ne connait pas exactement la date de Tori- 
ginal, mais on suppose qu'il a et6 imprime en 
1490. L'exemplaire qui se trouve au British- 
Museum a etc achete' 250 liv. sterl. a la vente 
Pickering. Le nom du livre vient de ce que les 
quinze prieres en anglais qu'U contient com- 
raencent par Tinterjection O. 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

Sarncdi 19 mai 1877. — Livres de literature 
et d'histoire,suilcsde figures pour illustrations, 
et curieuse collection de journaux de la Revo- 
lution de 1848. — Libraire-cxpert : Voisin. 

Rue Drouot, 5. 

Samcdi 26 mai 1877. — Curieuse collection 
de lettres autograph.es d'hommes illustres, 
principalement des xvn° et xviii siecles, com- 
]>osant le cabinet d'un ancien amateur. — 
Expert : G, Charavay. 

Caen. 

Koulevard Saint-Pierre. 

Lundi 7, rnardi 8, et mcrcrcdi 9 mai 1877. — 
Livres auciens et modernes. — Libraire : 
A. Massif. 

Valenciennes. 

Hue de Lille, 7. 

Lundi 14 mai 1877 et les quatre jours sui- 
vanls. — Livres composant la bibliotheque de 
feu M. Henri Theillier, avocat a Valenciennes. 
— Libraire : Lernaitre. 



Le Seer itaire-G6r ant , Blancuot. 



Paris. — Typ. Pillet et Dumoulia, rue des Gr.-AuguBlhi8. 5, 



>v#>.f:^ : -^: 



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, -: ; 1 > -..: | iv>*''-?4r»r 



60* Ann6e. 2« S6rie. 



N' 20, 



< ■ • 



19 Mai 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GfiNfiRAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIRRAIRIE. 






5£ 



Ptfis^u G^fcle (k.laiiwiqe, deHlmprimeric et dc la Papeterie, rue Bonaparte, 1. 

Sommairk : Faits divers. — Vartttis : La Fabrication du papier au Japon. — Ventes puhliques. 



v /■ 



^ 



*">.*? s-kt^^ 



V^V 



FAITS DIVERS. 



La section franchise vient de designer les 
membres dcs comites d'admission appeles A. 
proceder aux diverses operations qu'exigent 
1'installation ct l'amenagement des prodaits 
reeus an concours. Tres-prochainement, les 
exposants seront invites A nommcr les de!6- 
gu6s qui seront charges de les represent er 
et devront Wigler, de concert avec les mem- 
bres nommes par l'administrafion, les ques- 
tions que sonlevent les installations a realiser. 
Les circulaires expliquant les conditions dans 
lesquelles auront lieu ees elections sont pre- 
pares. 



Samedi dernier, i2 mai, a eu lieu dans les 
salons du Cercle de la hbrairie, de l'imprime- 
rie et de la papeterie VassambUe gm&rale aii- 
nuelle des fabricanis de papier de France (trei- 
zieme congres). Le fautenil de la presidence 
a ete occup6 par M. Charles Becoulet, j resi- 
dent du comit6 central de I'union. 

Nous nous hornerons aujourd'hui ;i indiqner 
les questions qui cornposaient Tordre du jour : 

1° Rapport du comite central; expose finan- 
cier. 

2° Scrutin pour le renouvel lenient du bu- 
reau du comite central. 

3° L'impOt sur le papier. 

4° La papeterie frane.aiso a l'Kxposition uni- 
verselle de 1878. 

, p i° Les nouveaux traites do commerce; de- 
mandes i\ formuler au nom de la papeterie. 

(i° Les assurances contre l'incendie ; tarifs 
des cornpagnies a primes fixes; la mutualite. 

Chronique, 1871. 



7° L'emploi des pates succedam'es du chif- 
fon. 

8° Le travail du dimanche dans les papete- 
ries. 



Le Musee des arts et metiers de Nuremberg 
organise, pour le mois de septembre, une ex- 
position typographique embrassant non-seu- 
lemenl tons les travaux de la p rosso executes 
en Allemagne (iepuis le xvi w siecle jusqu'a nos 
jours, mais encore 1'outillage typographique 
et les prod nits des arts qui se rattachent plus 
ou moins a riinprimerie. Les imprimeurs de 
l'Allemagne, donl le pins grand nombre re- 
grettent vivement dene pouvoirexposcr a Paris, 
profitecont de cette exposition pour montrer 
au ]>ublic le progres constant que rimprimerie 
a fait depuis des siecles etsurtout depuis quel- 
ques arm ees. 



A Bologne (Italio), on annonce la tenue pro- 
chaine d'une exposition internationale desti- 
rMi <\ mettre sous les yeux du public le deve- 
loppement historique de Tart musical. Cette 
exposition sera divis^e en deux parties : Tune 
comprenant les documents et ecrits se rappor- 
tant a l'histoire des diffe rentes epoques musi- 
cales et a la biographie des musiciens; l'aiitre 
montrant, dans l'ordre chronologique et d'a- 
pres un groupement d£lcrmine T les m6lhodes 
de composition en Italie et k I'etranger pour 
la musique instrumentale, vocale, religieuse, 
the^ltrale, et la musique de chamhre. 



2a 



82 CHRONIQDE. 



VARIStSS. 



La Fabrication du papier au Jap on. 

Le Bulletin de la SocUU d 'encouragement pour 
Vindustrie nationale reproduit une etude pu- 
bliee dans the American Chemist, par M. Henry 
S. Munroe, qui contient sur la fabrication du 
papier au Japon et ses emplois les renseigne- 
ments les plus curieux et les plus complets. 

La force et la souplesse tontes speciales du 
papier japonais lui permettent de recevoir des 
applications dont on n'a guere d'idee dans nos 
pays. C'est ainsi, par exemple, que certaine 
quality sert a faire des mouchoirs de poche, 
dont le maniement est doux et agitable, et 
dont la souplesse est presque egale a celle de 
la toile ; de petites bandes tordues de ce meme 
papier constituent une corde tres-solide, et 
dont la resistance a la rupture est vraiment 
considerable. 

Dans les maisons japonaises, non-seulement 
le papier sert a recouvrir les murs et les pla- 
fonds, mais on l'emploie encore sur les portes 
a coulisses legeres qui separent les cbambres 
les unes des autres, et sur les paravents pliants 
qui servent a garantir des courants d'air. Les 
fenGtres sont formers de lagers chassis en bois 
sur lesquels sont tendues de simples feuilles 
de papier, disposition qui, tout en garantissant 
del'eclat du soleil et des bourrasques de vent, 
laisse penetrer l'air et la lumiere. Ce genre de 
papier, denomme en japonais Shoji, ne ga- 
rantit cependant pas de la pluie, en sorte que, 
par le mauvais temps, il faut avoir recours a 
des \olets supplementaires en bois. 

II est une sorte de papier qu'on rend imper- 
meable avec une preparation d'huile ; on s'en 
sert, alors, pour faire des parapluies, certains 
vfitements et des baches protectrices pour les 
marchandises. 

On fait encore avec le papier japonais une 
espece de cuir tres-remarquable, qu'on em- 
ploie pour la reliure, pour la confection des 
boltes, etc. ; on en fait egalement du carton de 
quality inferieure, mais on lui prefere, sous le 
rapport de la quality et du prix, les minces 
feuilles d'un certain bois qui se debitent a la 
main avec un large raboL 

Tout le monde connalt les articles varies 
qu'on fait avec du papier en pate, dit papier 
mAchb ; ces articles sont recou verts de laque 
com me ceux en bois, dont il est assez difflcile 
de les distinguer, tant leur similitude est 
grande. 

Le catalogue de la section japonaise, a rex- 
position universelle de Vienne, faisait men- 
tion de diff6rentes sortes de papier, telles que 
papier pour vfitements, papier-crepe, etc. ; 



mais il en est qui ne sont probablement que 
de simples curiositeVet qui n'ont pas d'applica- 
tions courantes. 

Le papier japonais est gcneralement fait avec 
l'ecorce interne (liber) de Tespece de murier 
dite murier a papier (Broussonetia papyrifera), 
qu'on cultive sp6cialement pour cette destina- 
tion; on emploie egalement, dit-on, l'6corce 
des especes dites Passerina Gampi et Edge- 
worthia papyri f era. La fabrication est tou- 
jours faite a la main, et, par consequent, ne 
comporte que des feuilles de dimensions res- 
treintes. La dimension ordinaire, en japonais 
le Hansht, a environ f»,5 sur 42,5 pouces 
(0 m ,2375sur m ,3i25); il y en a de plus gran- 
des. mais on en fait aussi de plus petites, qui 
sont d'un usage moins frequent. 

Tel qu'il se vend ordinairement, le papier 
n'est pas colle, T^paisseur de l'encre de Chine, 
dont. on se sert pour ecrire, rendant le collage 
inutile. Une seule qualite, cependant, fait ex- 
ception; c'est un papier extrfimement mince 
et transparent, dont on fait des cahiers et 
qu'on appelle Ro-biki ou Bidorogami ; la colle 
qu'on emploie dans la fabrication de cette qua- 
lite est pr6paree, -dit-on, avec l'6corce d'une 
sorte d'hortensia (H. paniculata). 

Le papier japonais n'est jamais soumis au 
blanchiment, d'ou la teinte 16gerement jaune 
ou grise qu'il affecte ordinairement. Sa texture, 
tres-fibreuse, est plutdt lache que serr6e. Gc- 
neralement les Qbres sont plac6es dans une di- 
rection parallele au cOt£ le plus court du rec- 
tangle de la feuille ; aussi, dans ce sens, le papier 
se laisse-t-il plus facilernent d£chirer que dans 
l'autre; cependant, dans le papier d'emballage 
et dans celui qu'on emploie pour v^tements 
imperm6ables, ily a entre-croisementdes fibres 
en telle maniere que le d6chirement est diffi- 
cile dans tous les sens. 

Le papier se fabrique ordinairement dans de 
petits villages, et comme il n'y a d'autre in- 
dustrie que celle-la, tous les habitants sont fa- 
bricants; il en est, d'ailleurs, de mfime pour 
d'autres produits de l'industrie, et il n'est pas 
rare de trouvfer des villages de potiers, de 
fondeurs en cuivre, de cloutiers, de vermicel- 
liers, etc. Chacun de ces petits centres, con- 
sacrfi a une seule et mfime fabrication, ne doit 
parfois sa raison d'etre qu'a l'abondance ou 
au has prix de la matiere premiere existant 
sur les lieux; le plus souvent, nGanmoins, son 
existence n'est due qu'au bon plaisir de quel- 
que prince ou daimio, qui, sans se preoccuper 
des conditions plus ou moins favorables de la 
region, a autrefois fond6 la fabrication pour 
satisfaire aux convenances ou aux necessity de 
son petit royaume. 

Quoique instal!6es dans le mfime village, les 
difTerentes fabriques de papier semblent ,6tre 






••"■' . ^ • V^^'^^-M^ 



CHRONIQUE. 



8$ 



entierement 6trangeres les unes aux autres, 
chaque famille sachant pourvoir, avec son 
propre personnel, a. tous les details de la fa- 
brication, depuis le commencement jusqu'a la 
fin. 

Le systeme d'adoption pratiquft par la fa- 
mille imp6riale et par la noblesse, systeme 
qoi leur a perm is de se perpetuer pendant tant 
de siecles, est pareillement suivi dans les 
classes d'artisans. Ainsi, par exemple, si le 
filsd'un fabricant de papier ne veutpassuivre 
la carriere de son pere, il cherche a se faire 
adopter par une autre famille dont le genre 
d'affaires lui convient mieux, en mGme temps 
qu'il est remplacS dans sa propre famille par 
un fi Is d'adoption. S'agit-il d'un armurier re- 
nomin6 qui n'ait pas de ills? Ehbien, il ne 
sera pas embarrass^; il adoptera quelquejeune 
et habile ouvrier de sa profession, et de cette 
maniere le nom de la maison ne perira pas. On 
pretend que cette coutume de succession de 
pere en Gls, dans la mfime profession, etait 
telle autrefois, que le ills d'un mendiant n'a- 
vait d'autre ressource que de suivre le metier 
de son pere, et de devenir mendiant lui- 
m£me. 

Dans la famille du fabricant de papier, tout 
le monde, hommes, femmes et enfants se par- 
tagent la besogne, depuis les grands parents 
jusqu'aux petits enfants de cinq ou six ans. 

Le murier a papier, qui fournit la matiere 
premiere pour la fabrication, est cultive par 
des fermiers, aux environs des fabriques me- 
mes. Cette culture a rarement lieu sur des 
terres speciales ; elle est pratiqu6e sur lesbords 
des rizieres ou sur les billons elroits qui sepa- 
rent les champs de riz les uns des autres. 

D'apres Zappe, la culture du murier a pa- 
pier se pratique an moyen des racines que Ton 
coupe, et qui atteignent leur complet develop- 
pement enquatre ou cinq ans; les pousses ou 
Cannes prerinent, au bout de la premiere an- 
nee, un pied de longueur (0 m ,30);aubout de la 
seconde, 2 a 3 pieds (0 m ,60 a O^OO) ; au bout 
de la troisieme, quelquefbis 4 pieds (i m ,20), et 
enfin, apres la quatrieme, (> pieds (i m ,80). On 
en a vu qui, au bout de la cinquieme ann6e, 
atteignaient, dans quelques cas, 9 (2 m ,70) et 
meme 12 pieds (3 m ,60). 

Au moment voulu pour larecolte, alors que 
I'ecorce est arrived a maturity et pendant 
qu'il reste encore quelque peu de s6ve dans le 
bois, les Cannes qui representent la culture de 
la saison sont coupees a ras du sol et vendues 
aux fabricants de papier. Quant aux souches, 
elles restent en terre pour fournir, a partir de 
Tannee snivante, de nouvelles pousses. J'ai vn 
de ces souches qu'on m'a dit n'avoir pas moins 
de cinquante asoixante ans d'age, et qui, sous 
un aspect chetif et legerement noueux, ont I 



encore assez de vitality pour fonrnir une abon- 
dante recolte pendant une aussi longue pe- 
riode. 

Les cannes qui representent le produit de la 
r6colte, et qui ont une longueur de 6 a 8 pieds 
(l m ,80a 2 m ,40) pour un diametre de la gros- 
seurdu doigt, sont couples en morceaux d'en- 
viron 2 pieds (0 m ,60), qu'on empile avec soin. 
Dans cette situation la s£ve ne tarde pas a fer- 
menter, et I'ecorce se d6tache facilement du 
bois. 

L'ecorce une fois detuchee, on en fait de pe- 
tits paquets qu'on laisse secher a l'air en les 
suspendant <\ des perches ; a moins qu'il ne 
fasse grand vent, ce s6chage dure ordinaire- 
ment plusieurs jours. Lorsque l'6corce doit 
£trc utilised de suite pour la fabrication, on la 
racle au prcalahlc avec des couteaux; on en 
detache ainsi l'epiderme mince qui la recou- 
vre, ainsi qu'une pellicule verte, apres quoi on 
la lave et la fait secher. Les raclnres qui pro- 
viennent de cette operation scrvent a faire une 
sorte de papier commun (Chiro-gami), de cou- 
lenr brune, qu'on emploie pour 1'emballage et 
dont les malheureux se servent pour faire des 
mouchoirs de poche. 

Au contraire, quand I'ecorce n'est pas des- 
tined a une fabrication immediate, on la fait 
simplement secher, apres quoi on 1'emmaga- 
sine. Ce n'est que plus tard, quand elle doit 
servir, qu'on la racle ; mais auparavant il est 
necessaire de la laisscr tremper dans l'eau. 

L'ecorce, raclee et sechee, est soumise a 
l'ebultition dans une lessive concentred ou elle 
reste jusqu'a ramollissement, c'est^a-dire pen- 
dant deux heures environ ; generalement on 
ope re sur quatre Kan, c'est-a-dire 33 livres 
d'6corces (14 kil. 85). La matiere, ainsi ra- 
mollie, est placed dans des sacs ou des paniers 
et soumise, pendant vingt-quatre heures au 
moins, a Taction d'un courant d'eau qui a pour 
but de bien la laver, jusqu'a ce que toute trace 
d'alcali ait disparu. La lessive dont on se sert 
pour ce traitement est prepared avec des cen- 
tres de bois ; ordinairement on se sert de Tar- 
moise commune. D'apres Zappe, on emploie- 
rait aussi les cendres de la paille de sarrazin, 
et, dans le cas oil I'ecorce traitee serait rebel le 
au ramollissement, on ajouterait a la lessive 
une petite quantite de chaux vive, addition 
qui aurait cependant l'inconv6nient de nuire a 
la teinte du papier fabrique. 

Pour convcrtir en pate I'ecorce ainsi ramol- 
lie, on en prend deux ou trois livres a la fois 
(0 k. 90 ou 1 k. 35), qu'on dispose sur une ta- 
ble solide, en chfine ou en cerisier, et qu'on 
soumet au battage pendant un quart d'heure 
environ. Cette operation, faite par deux per- 
sonnes armees de baguettes lourdes et de pe- 
tite dimension, consiste a frapper vigonreuse- 



34 CHRONIQUE. 






ment la matiere, tout en la retournant fr6- 
cfuemment pour que les fibres soient broyees 
dans tous les sens. 

r Une fois la pate obtenue, on la prepare pour 
la fabrication du papier en la mMangeant avec 
une certaine quantity soit de Tororo, soit de 
p$te de riz. Le Tororo provient des racines 
d'une espece de mauve (hibiscus manihot), ra- 
cines qu'on racle et qu'on red u it par Ebulli- 
tion en une pAte d'une moyenne consistance. 
En eU'i, c est la pate de riz qu'on emploie pour 
le melange ; mais en "hiver, le produit qu'on 
prepare avec le Tororo, et qu'on designe sous 
le nom de Kiduski, est plus apprecie, parce 
qu'il est moins facilement attaquable par les 
vers. 

Le melange des deux pales finalement pre- 
pare soit avec le Tororo, soit avec la pate de 
riz, est alnrs delaye dans un grand volume 
d'eau (un quart de livrc de pAte — k. L'U> — 
pour 40 a 50 gallons d'eau — ISO a 2i>Ii litres) ; 
apresquoi la fabrication du papier commence; 
mais avant de decrire cetle fabrication, il est 
indispensable dc dire quelques mots de rap- 
pare il employe". 

Mentionnons d'abord la large cuve rectan- 
gulaire qui sert a contenir la pale liquideet 
Pagilalcur avec lequel on remue, do temps en 
temps, celle-ci, et qui n'est autre qn'un simple 
baton. Mais la piece principale, c'est la nalte, 
que lesjaponais appellcnl So, et sur laquelle on 
etend la pale puisee an reservoir*. Kile est 
formee d'un certain nombre de longues et min- 
ces baguettes de hainbon, ayant ordinairemcnt 
un diam6tre de 1/1. r i a 1/1 (i de pouce (environ 
O m 001Ji) et assemb!6es parallclement au moyen 
de buit a dix cordons de soie, qui forment au- 
tant de lignes Iran oversales egalemcnt espa- 
c6es; cettc natte est done entierement flexible 
(fans un sens et peut m£me etre roulf'c sans 
danger. La preparation de ces minces baguet- 
tes et lour assemblage, c'est- a-d ire la fabrica- 
tion des naltes, est une operation cxlrftmement 
delicate. (Vest une eertaine partie de la no- 
blesse, dite Samurai, qui, de temps immemo- 
rial, a monopolise, en quelque sorte, eette fa- 
brication, en sorte que les fabricants de papier 
sont presque a sa merci. Pour se soustraire a 
ce monopole, on fait bien quelques naltes avec 
certain roseau qui fournit des tiges assez min- 
ces; ces naltes sont moins cou tenses; mais elles 
n*ont pas la quality et la dure-e de celles qu'on 
prepare avec le bambou. 

Les dimensions des naltes sont de plusieurs 
sortes; elles correspondent aux dimensions 
mCmes du papier qu'on veut fabriquer, et se 



1. Cette natle correspoud a la toile ro<Hallique em- 
ployee dans les papetenea europeennes. 



placent sur des chassis munis de rebords des- 
tines k maintenir la pate k papier. 

Toutes choses etant prates, Toperateur, qui 
est ordinairement une femme, s'asseoit en face 
de la cuve et remue vigoureusement la pate 
liquide pendant quelques secondes. Placant 
ensuite une natte sur son chassis et saisis"sant 
celui-ci par les extrGmites, il le plonge dans 
la cuve, puis il le retire en ramenant avec la 
natte une certaine quantite de pate dont l'e- 
paisseur est d6termin6e par la hauteur du re- 
bord du chassis, et dont l'eau s'6coule rapide- 
ment a travers les interstices de la natte, en 
laissant sur celle-ci une mince pellicula Pen- 
dant cet ecoulement, on tape de petits coups 
contre le chassis dans les deux sens, afin de 
favoriser une repartition 6gale de la pate. 

(La suite prochainemenf.) 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (inaison Silvtrritre). 

Samodi 10 mai 1877, a svpt heuresctdemic 
du miv. — Livres de litb'-rature et d'histoire, 
suites de figures pour illustrations, et curieuse 
collection de journaux de la Revolution de 
1848. — Libraire-expert : A. Voisin. 

Jcudi 24 mai 1877 ct jours suivants. — Li- 
vres anciensetmodernes. Jurisprudence, beaux- 
arts, litterature rornantique, histoire. — Li- 
brairie : A. Labitte. 

Lundi 28 mai 1877. — Hibliotheque de feu 
Georges Avenel, bomme de lettres. — Libraire- 
expert : A. Voisin. 

Mardi 20 et mover edi ilO mai 1877. — Livres 
rares etcurieux, onvrages a gravures, editions 
de bibliophiles, etc. — Libraire- expert : 
A. Claudin. 

Hue Drouot, 5. 

Samedi 2<> mai 1877. — Curieuse collection 
de lettres autographes d'hommes illustres, 
principalement des xvn° et xvui e siecles, com- 
posant le cabinet d'un ancien amateur. — 
Expert; C Charavay. 

Lundi 28 et mardi 29 mai 1877. — Collection 
de beaux livres aneiens et modernes, ornes de 
figures et tres-bien reliGs, sur les arts, la lit- 
terature et l'histoire. — Libraire : A. Labitte. 



Le Secr4taire-G6rant t BlanCbOT. 



I 



Pari*. — Typ. Fillet et Dumoulio, rue de« Gr.-Angoatins, !k 



66 B Arm&e. 2° S6rie. 



N° 21. 



26 Mai 1877* 



CHRONIQUE 



p _ r 



DE L'fM 



DU JOURNAL GUNKUAL 



[\m% nu Or 




T DE LA LIBRAIRIE. 



iprinene <'l <li' la ['iijieliTU 1 , rur, Itortnparfr, L 



SOMMAIRR : Gonseil d'adminisTftTttQltTluCerfilf* de la Lihrairic. — Jurisprudence. — Fails divers. 
Varies : La lubrication du [.inpiur au Japoti (suited tin). — Venttispuhliques* 



CONSEIL 0' ADMINISTRATION 



I) [I CJ-ftCLK BE 1-A UQKAmiKU 



Procds-ucr6«/ de la stance du 1S mai fS77. 



PrfoidaTico do M. Hasset, 

La sran^e nsl ouvertc! ;\ *,\ bmiiws A\'> minifies, 
11 monibn^ presents; deuv s< i fori I. oxeusrr, 

M- i-K Skchktaiuk (limine lecture du proeis- 
verba] de Ja .srunoe du t'U avril qui est uppnniYO. 

M. r.T-: Tiu-;so[{ii-;k fait enruiaitre 1'rlat des 

Le Consci] delibfire sur uiu; domaudc do pa- 
rere qui lui ;l etc adressoe par M, Illu^el-(iiii- 
nier ? imprijneur-ediLeur a IbMo. 

M. u; Phk.si[ik.\t donne lecture d'une lettrt) 
do M. Obiier, qui si^nale diverses anomalies 
dans In nouvean pmjet de lar: IV postaux qui 
di>it etre* sounds it la niariibre. Urn; commis- 
sion, composite do MM. Des Kossez, Olmer et 
A. Tempi ier ? est nomuire pour etudier los 
questions suidovee-s par Ja lellre de M. Olmer. 

Le t'nnseil s'ocoupe onsuito do questions 
d'onlre interieur, 

M. lk PurisihKM" fail diverses enminmiiea- 
lions t'«l;il.i vfis au projel df: enri.slruclion. Due 
assembler* ^I'mfirule sera ja'ocbainemonLeouvo- 
qu^e pour prendre line decision sur telle im- 
porlantc question. 

Un secours esS, voir. 

La stance est levee a a' Smnros. 

l*o«r ex I rail. ; 
i> SwrHtUir, A. 'J"i-:m i»j-ikh. 



— ■ -! ^"4* fc i . 



i 



Chronique, 1877. 



JURISPRUDENCE, 



Conseil d'Etat- 

Affaire du JittUHin dvs communes. 

Le ^onseil d'Klal avail file suisi par lft diroc- 
(eur de la tioeii'te mtonjpnfi des Publications p6- 
ri<nU<jnrs, d'nrm demande en annnlation d'un 
aTxe-h'; de M. Jules Simnn, ministro de TinL6- 
r'n i nr, retinmta crlin SaciAU' la publication du 
UuihiUn (tffirird des Communes, qui lui avail £16 
dnnru'^ a lilni d« Lransattion par un traitfi er* 
dati! du 3 jmll^t i 87 V* Aprils avoir nnlendu Ids 
]>l;iiiioiri(is rlcs M«' Sabal.icr pour la Soci*5£d ano- 
w?;/nfj dra Publications ptriodiques ct do M ti Mi- 
me['<d pour M. lo tninisLre de I'inl^rieur, et 
les conclusions do M. David, comnmsairo du 
IJouvoriiomoul, In consoil d'Ktat a adopt6 le 
H mai 1877 la decision suivante, dont il a bt6 
donru 1 ! lecture a. I'aurlicuco du 18 mai: 

<r L(s (ionseil d'lUat, 

Vii la requAUs sounnaire ot 1c momoiro am- 
jdiatif pr^snnles jiar !c sicur Paul Dalloz, di- 
rw.ltttir drt la Socicl/ 1 : anonyiric des Publications 
jirricdiqtms; 

Vii lc traits, en dalo du 't juillnl 1874, passfi 
euf rn Jo rtiinisLrci dc I'inl^riour et lo siour Paul 
n?i]]o/ r pour riin[>ressif>n ct la publication du 
Jiulfi-tin offu-h'l drs communes; 

Vu le tb'cret du 11 juin \ BOG ot le d£crct du 
2 novembro IBOi; 

Vu les lais dos 14 frimairo an II et 8 pluviose 
an III et 1'ordonnancft du 2't jnillet 18^3 con- 
cerrtanL riinpriujerL^ rationale, le decret du 
\1 fiYvrier Ifir;^ pnrtant creation du Monitmr 
des cQmjmtncs, et le decret du 27 decembre 
\H1\ rolalif au Bulletin des communes; 



21 



>^V'*i'' ,f, .' , '«> .*-'". ■.;'.>■" i. ■'■ ', -T '.''■ . ' , * '. ■••<..*. * • ;,■,,, . ■ r- ■■ . .'.;■',■ 

■■/'.* "■' ^ ■"",-'■''■"■. ■■ ' ' ..■■■■ 

■'Mr' CHRONIQUE. 



..^«.: Y«"'"'-i"> ■> ■ 



Vu la loi du 31 Janvier 4833, lordonnance 
du 4 dAcembre 1836 et le dAcrct du 3i mai 
1862, concernant les marches passes au nom 
de 1'Etat ; 

Vu la loi du 16 juin 1 875 portant ouverturo 
au ministere de 1'intArieur, sur les excrcices 
1874- et 1875, dc credits appli cables aux frais 
de redaction et d'administration du Bulletin 
des communes, et la loi du 3 aoiU 1875 por- 
tant fixation du budget general des recettes el 
des defenses de I'exercicc 1876; 

Oui M. Le Vavassourdo PrAeonrt, mai Ire des 
requites, en son rapport; 

Oui M e Sabatier, avocat du sieur Dalloz, et 
M° Mimercl, avocat du ministre dc 1'infAricur, 
en leurs observations; 

Oui M. David., maitre des requAles, com mi s- 
saire du Gouvernemcnt, en ses conclusions; 

GonsidArant que les dispositions generates 
de 1'ordonnance du 23 juillet 1823 et les dis- 
positions spAcialcs du dAcret du 27 .dAcembre 
1871, aux termes desquelles l'lmprimorie na- 
tionale est cliargAe des travaux d'impression 
qu'exige le service des divers ministAres, et 
spAcialcment de l'iinpression du Bulletin des 
communes, ne sont pas d'ordre public, mais 
constituent soulement des regies d'ordre intA- 
rienr et d'administration, don I I'inobservation 
ne pent Afro invoquAe par l'Ktaf, vis-a-vis du 
tiers qui a contract/ 1 avec lui, comme one 
cause de nullitA dn central; qu'il en est de 
rnAme des dispositions rAglemcntaires qui por- 
tent que, sanf dans certains cas d'exeeplinn 
dAtcrminAs, les marchAs passAs au nom de 
1'Etat doivent Atre fails avec publicit.A et con- 
currence; qu'ainsi le fait par le ministre, sous 
1'autoritA duqucl est placA le service dn Bulle- 
tin des communes, d'avoir reeonru, pour assurer 
ce service, a un marchA de gre a grA passA 
avec un particulier, ne saurait constilner une 
nullitA de contrat opposable au sieur Paul 
Dalloz, qui a traitA avec le reprAsentanl de 
1'Etat; que, en ce qui conccrne la clause 
d'exemption (i'impOts insArAe dans la conven- 
tion du 3 juillet 1874, il n'appartient pas au 
conseil d'Etat de prononcer sur la lAgalitA de 
cette clause, et qn'en supposanl, rnAme qu'elle 
tut dAclarAe non valable par Taulorite compA- 
tente, il ne resullerait ])as de la une cause de 
nullitA de la convention, dans son ensemble 
opposable au sieur Dalloz; que, d'ailleurs, le 
traitA du 3 juillet 1 874 a AtA exAcutA sans rAser- 
ves, par 1'Etat et par le sieur Dalloz, pendant 
deux ans et demi; que cette exAcution rAsulte 
soit de demandes et d'ouvertures de crAdits 
constatAes par leslois de finances, soit de payc- 
ments effectuAs par le sieur Dalloz et recus par 
1'Etat, en exAcution de r article 8du traitA; que, 
dans ces circonstanccs, s'il apparLenait au mi- 
nistre de 1'intArieur, au cas oil il aurail eslimA 



qu'il Atait de 1'intArAt de 1'Etat de rendre a 
l'lmprimerie nationale la publication du Bulle- 
tin des communes, de rAsilier 1c traitA du 
3 juillet 1874, sauf au sieur Dalloz k faire va- 
loir ses droits aindcmnitA, e'est a tort qu'il a 
dAclarA, par la dAcision attaquAe, que le traitA 
Atait nul et n'engageait pas 1'Etat; 

Decide : 

Art. l er . — La dAcision du ministre de Tin- 
tcrieur, en date du 5 mars 1877, estannulAe. 
Art. 2. — L'Etat est condamnA aux dApens. » 



Colportagc et distnbution; complicity; loi du 

21) dCcembre 1875. 

line femme !)..., reconnue coupable d'avoir 
distribuA ou colportA sans autorisation un cer- 
tain nombrc de brocburcs, est condamnAe pour 
ce fait a Tamende, par application de Particle 6 
de la loi du 27 juillet 1849. 

Lesdites brochures lui avaient AtA remises 
a son domicile par un sieur (J..., qui l'avait 
engagAc a les distributer on colporter. G.. ., par 
application des articles 2de la loi du 20 dAcem- 
bre 1875 et 60 du Code pAnal, est condamnA 
commo complice. 

(i... forme appel du jugernent, et il allegue 
<pie la i'emme I)... vendait hahituellement et 
ostensiblement desjournaux et rnAme des Jivres 
ou autres impriuiAs sur la voie publique; 
qu'il avail du croire dAs lors qu'elle Atait auto- 
risAe iiexercer la profession de colporteur ou 
distribuieur d'Aerits, et qu'ainsi, s'il savait que 
les brochures qu'il lui remettait devaient 
Atre colporlAes ou dislribuAes par elle, il ne 
savait pas que ces actes dussent Atre illicites. 

Dans son audience du 2 mai, la cour de Di- 
jon a nAanmoins maintenU la condamnation 
prononcee, atlendu (pi 'en rAalitA la femme 
D... n'Atait autorisAe a vendre qu'nn certain 
nombre de publications parmi le«quelles ne 
ligurait ]>as la brochure remise par G...; que 
G... etH dil s'en assurer; qu'en principe, nul 
ne pent, sous prAtexte d'ignorance de la loi 
pAnale, comrevenir impunAment a ses pres- 
criptions; qu'il Atait done constant que G... 
s'Atait rendu complice du dAlit commis par la 
femme D... 



-i^^Q^>- 



FAITS DIVERS. 

INous avons reproduit, dans notre avant-der- 
niAre Chronique, une note de la Patrie ayant 
trait aux embarras dont, par suite de l'Atat de 
guerre, la librairic allemande aurait k sonftrir 
dans ses transactions avec les libraircs de la 
llussie. Gelte note, quedes renseignements par- 
ticuliers nous donnaient lieu de croire exacte, 
nous a va!u de la part d'un des principaux 



V.' ;}. 



I , 



CHRONIQUE. 



87 



libraires do Saint-P6tersbourg la rectification 
suivante : 

« Les apprehensions signages par le journal 
« la Patrie ont pour origine les faits suivants, 
« dont la nature et les consequences ont 6t6 
« mal appr6ci6es. Lorsque, par suite de la d6- 
« claration de guerre, le cours du change cut 
« baiss6 de 25 p. 100, les commercants de 
« Russie ont propose a Ieurs confreres de l'e- 
« tranger nne prolongation du terme de paye- 
« ment, afin d*6viter laperte 6norme resultant 
« de cette baisse. Par unc lettre-circulaire les 
« libraires de Saint-P6tersbourg ont fait la 
« mfime proposition a leurs confreres d'Alle- 
« magne. Or nous pouvons affirmcr quo cenx 
« des 6diteurs allemands qui n'ont pas accepts 
« la proposition ont 616 pay 6s int6gralemcnt, 
« comme d'habitude, a la foire de Leipzig. 



vari£t£s. 



La Fabrication du papier au Japon. 

(Suite et fin.) 

A moins qn'il ne s'agisse de produire nn 
papier tres-mince dit Hsui-gami^ la natte doit 
6tre plong6e de nouveau dans lacnve; on l'y 
plongo jusqu'a quatre et cinq fois quand on 
veul obtenir nn papier 6pais. Apres chaque 
immersion, il faut. Iaisser 6goiitter pendant 
qtielques secondes et, a eel efl'et, on pose cha- 
que fois la natte et son chassis sur deux bAlons 
places en travers de la cuvc. 

Quand la feuille de papier, suflisamment 
6goutt6o, aatleint T6paisseur voulue, on enleve 
la natte du chftssis et on la d rosso a cot6 de la 
cuve pour Iaisser 6goutter encore; en mftme 
temps, on met unc autre natte sur le chftssis 
et on recommence I'op6ration j>nur nne se- 
conde feuille. Pendant qu'on laisse 6gontter 
cel!e-ci pour la premiere fois, on reprend la 
premiere natte et la fenille qui y adhere, puis, 
la retournant sens dessus dessous, on la pose 
sur la pile de feuilles encore humides pr6c6- 
demment faitcs, en ayant soin d'interposer 
pres des bords un simple brin de paille des- 
tin6 a faciliter une separation ult6rieure. 

Natle (it feuille rcslent en cet 6tat sur la 
pile, landisque la seconde feuille en prepara- 
tion recoit une nouvelle immersion dans la 
cuve; mais aussitot que cette immersion est 
faite, et pendant que la natle retir6e du chassis 
est dressee comme la pr6c6dente pour 6gout- 
ter encore,, on revient alors vers la pile do 
feuilles humides ou a 616 d6pos6e sens dessus 
dessous la pr6c6denle natte avec sa feuille, et 
on enleve cette natte en la roulant ienternent, 
de mani6re a6viter de d6chirer la feuille adh6- 
rente et qui reste d6pos6e sur les aulres. Une 



I 



fois la natte libre, on la d6roule et on la place 
imm6diatement sur le chftssis pour continuer 
la fabrication. 

Pour fairc du papier d'epaisseur moyenne, 
on comprend que deux nattes alternant suffi- 
sent a Toperation ; mais lorsqu'il s'agit de pa- 
pier plus 6pais, il faut un plus grand n ombre 
de nattes, si Ton ne veut pas travailler dans 
des conditions d6favorables. 

Lorsque le nombre de feuilles humides r6u- 
nies en pile atteint cinq ou six cents, ce qui 
rcprescntc une journ6e de travail, on met 
cette pile de cot6, puis on la charge avec de 
lourdes pier res et on la laisse ainsi s6cher pen- 
dant plusieurs jours, jusqu'a ee que les feuil- 
les soient assez fermes pour Otre s6par6es. 

Pour le sAchage d6finitif, on choisit nn jour 
clair et brillant ; chaque feuille est alors en- 
levee de la pile au moyen des pailles interpo- 
s6es, et passee a la brossc douce sur une table 
bien plane et bien lisse. Cette derniere opera- 
tion, qui demandc beaucoup de soin et de pa- 
tience, est ordinairement d6volue au vieux 
grand-pere de la famille, et e'est son pctit-fils 
qui emporte les feuilles a la maison sur une 
planche ou il en place quatre on cinq a la fois. 

Les feuilles enlevees des planches sont par- 
faitement lisses ; il ne leur reste plus qu'a £tre 
rogn6es de dimension pour fitre inises en pa- 
qnets et livreesau commerce. Pour les rogner, 
on les 6tend sur une planche, puis, au moyen 
d'un large couteau bien tranchant qu'on pro- 
itieno en dessous, on coupe les bords qui d6- 
p assent. 

Les rognures et les feuilles gfttees retour- 
nent a la fabrication ; on les transforme en 
pftte au moyen d'un lessivage, et on en fait un 
papier dont la qualite est superieure a celui 
qui provient direetement de l'ecorce. 

Quatre kan d'6corce (14 k. 8;>) bien rftciee et 
sech6e en produisent deux de papier (7 k. 42. r >), 
repr6scnt6s j»ar 3,000 a 3,f>00 feuilles de di- 
mension et d'epaisseur ordinaires. Ce papier 
est g6n6ralement vendu par jo de 10 feuilles 
et par so de 200. Pour certaines qualit6s, le jo 
est au contraire tantdt de 20 feuilles el tantot 
de 48. Quant au papier 6pais, il est toujours 
vendu au poids. 

Les Japonais fabriqucnt de nombreuses va- 
rietes de papiers de fantaisie, au nombre des- 
quelles on cite, comme Tune des plus jolies, 
celle qu'on d6signe sous le notn de devil-paper 
(papier du diable). C'est un papier a tissu tres- 
rnince sur lequel des dessins, rappelant laden- 
telle et imprim6s avec de Tenere blanche 
opaque, font 1'efTet d'un filigrane tres-compli- 
que. On rernploie pour certaines lanternes et 
quelquefois pour couvrir des chftssis de fen6- 
Ires (Shoji), bien que, pour ce dernier usage, 
il soit peut-6tre un pen mince. C0II6 sur verre, 



JgR^^: r f'^-)^?--' '■ v,--^ "-- 



',-v;'-: 



t* ..... 



« 



crabrndiTE. 



il donne a colui-ci, dans une cortaino mcsure, 
l'aspect du verro grav6. 

Les papiers pour 6crire des poesies et memo 
les papiers de tenture sont sou vent decores 
parde belles peinturcs faites a la main on im- 
primis. Les dessins en sont tou jours artis- 
tiques ctrepr£sentent g<meralemcnt des feuilles 
de vigne, des fleurs^ des tiges de bambou, etc., 
tres-naturellcment groupies. Le papier de ten- 
ture le plus en usage est completemcnt blanc 
avec un dessin imprime en blanc de perlc ; on 
emploie raroment les papiers de conleur, si ce 
n'est pour les vestibules et les corridors. Ce 
genre de papier est toujours en feuilles de pe- 
tite dimension. 

Le papier imitation de cuir est fait avec one 
specialite dite Tosascnka-gami, qu'on rrtnnit en 
plusieurs 6paisseurs pour obtenir lc degro de 
solidity voulne. Les feuilles intericurcs sont 
impregnfies d'nne huile Ye-no-ubura, extraite 
du celtis wildenowiana, qui communique a 
Tensemble la flexibility indispensable. L 'as- 
pect du maroquin qu'on donne a la surface est 
obtcnu par la pression au moyen d'nne plan- 
che en bois gravee, et, pour terminer, on passe 
unc coucbe de vernis de laque. 

II err von Brandt, autrefois minislre d'Alle- 
magne au Japon, dans un mo moire In a la 
Societe asiatique de son pays, a donne une 
description detaiHec, ires-interessante, de la 
fabrication du crape-paper (papier de crept*); 
nous lui empruntons les details suivants : 

« Pour faire da papier de crepe, on prend 
du papier japonais ordinaire, ]>ortant quelques 
dessins imprim6s en conleur; on l'humecte et 
on l'etend en pile sur une large table de bois, 
en ayant soin que les bords de deux feuilles 
consecutives ne soient pas paralleles. Oo dis- 
pose, par alternance avec ces feuilles, des 
morceaux de papier blanc ordinaire, qu'on 
place entre les cot^s en regard des feuilles co- 
lorizes; on y ajoute ogalemcnt une sorte de 
papier epais, dit Takanaga, flout il sera ques- 
tion tout a 1'heure. L'enscmble de la pile est 
alors 6troitement ronlesurun baton bien lisse 
et recouvert d'une longue bande do toile hu- 
mide, enrouleo diagonalcmcnt et fortement 
serree; puis on porte le tout a la presse ou on > 
lui fait subir longitudinalemetit une pression | 
energique; la presse est mnnie de deux trous 
par lesqucls on fait passer les extremites du 
baton qui n'ont pas besoin d'etre pressees. » 
Le papier dit Takanaga, dont il vient d'etre 
question, est compose de plusieurs feuilles de 
papier epais ordinaire, reunies avec de la colle 
de riz et qui, au prealahle, ayant ete plissees 
bien regulieremcnt, impriment, sous Taction 
de la presse, leurs plis sur les feuilles colo- 
rizes entre lesquclles el les out ete places. 
Apres cctte premiere compression, on retire 



le rouleau de la presse, on deroule et on so- 
pare les feuilles. Le papier Takanaga est liss6 
et on recompose la pile comme auparavant, 
en ayant soin, toutefois, de disposer les plis 
de manic ro a faire un angle avec cenx que la 
pression a deja produits. On route de nouveau 
autour du baton, puis on repasse a la presse, 
et ainsi de suite. La memo operation se renou- 
velle sept fois; apres quoi on fait secber los 
feuilles, qui pr6sentcnt l'aspect crep£ d6sir6. 

Tout excellentes qu'elles soient, les diff6- 
rentes especes de papiers japonais sont loin do 
repondrc A tous les besoins, et cette note so- 
rait incomplete si elle ne faisait allusion an 
papier de cbiiTons qu'on fabrique egalement 
Ia-bas, dans plusieurs localites, surunegrande 
echclle et d 'apres les procedes strangers. A 
Tokio sen I, il y a au moins trois papeteries 
do co genre, pourvues des meilleurs types de 
machines anglaiscs ou americaines et capables 
d'nne large production. Le gouvernement 
consomme bcauconpde papier a ecrire venant 
du dehors; les journaux cmploicnt 6galemcnt 
bean co up do papier d'i impression qu'on im- 
port.e; il en est de meme de la librairie et des 
maisons d 'education, qn i reooivent lours pa- 
piers de l'etranger. Aujourd'hui, cependant, 
le Japon, avec ses fabriqnes modernes, fait 
concurrence a ees produits d 'importation, et il 
semble que les vieux procedes de fabrication a 
la main que nous avons deerits sont appeles a 
disparaitre un jour, en cedant la place aux 
precedes mecaniques qui permettent de faire 
inieux et ameilleur raarche. 



-9 «**> > ^l f — 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maison Silvestre). 

Lundi 28 mat 1877. — Ribliotheque de ihn 
Georges Avenel, honiinc de lettres. — Libraire- 
expert : A. Voisin. 

Mardi 2!) et merer edi 30 mat \ 877. — Li v res 
rares et curicux, ouvrages a gravures, editions 
de bibliophiles, etc. — Libraire- expert : 
A. Glaudin. 

Hue Drouot, 5. 

Lundi 28 ot mardi 2<j rnai \ 877. — Collection 
do beaux livres aneiens (it modernes, ornes de 
figures et tres-bien relies, sur los arts, la lit- 
erature et l'liisloire. — Libraire : A. Labitto. 

Dijon. 

fMndi 28 mm, et jours suivants: — Livres 
provenant de, la bibliotheque de M. X... — 
Libraire : Lamarehe. 



Le Secr6taire-G&ranti B LAN c HOT- 



Paria. — Typ. I*illot et Dumoulin, ruo des Gr.-Augastins. li. 



6S* Ann6e. 2* Sirle. 



W22. 



t ■ ' " ( L 



^ 



2 Join 1877. 



CHRONIQUE 

DU JOURNAL GfiNtiRAL 

DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE- 



Paris, au Gertie <le la Lilirairie, dc llmprimcrie ct dc la Papclerie, rue Bonaparte, i. 



.**y 



o.i-:n^.'X 



-■ ^ 
/ ^.^ 



•SOMMAIRE : Do&irtfofc' officzel$y' L yr Service postal. — Avis au public. — Jurisprudence. — 

* ■ .':.\ Ventes publiques* 



Fails divers 



DOCUME 




ICIELS. 



Le President de la Republique franraise, 

Sur le rapport du ministre do l'a^riculture 
et du commerce; 

Vn la Iettre da conseil d'administration de 
i'Union dos fabricants pour la protection Inter- 
nationale des marques do fabrique et la repres- 
sion de la eontrefaeon, en date du 31 d6eem- 
bre!875; .- 

Vu la deliberation dans laquelle, le \'' r mars 
1 87(i ? le cor -a d'adrninislration de i'Union 
des faJ* " : :.<inls pour la protection internalionale 
* ,*, marques de fabrique et la repression de ia 
eontrefaeon a decide que la denomination de 
la soci6t6 serail rernplacee par celle de « Union 
des fabricants pour la protection Internationale 
de la propriete artistiquc et industrielle et Ia 
repression de la eontrefaeon (marques, des- 
sins on modules de fabrique et beaux-arts) » ; 

Vu 1'exLrait du proces-verbal de 1'assern- 
blee pjenerale extraordinaire ten no, le 211 de- 
•cembre 187(>, par Ies inembres de ladite asso- 
ciation ; 

Vu 1'avis du prefet de la Seine, en date du 
1 juin 1870; 

Le conseil d'Klat entendu, 

Decrete : 

Art. i '• . — (/association etablie a Paris 
sous la denomination d'Union des fabricants 
pour la protection internationale de la pro- 
priety industrielle et artistiquc (marques, des- 

CJtr<mi{jne> 1877. 






sins ou model es de fabrique et beaux-arts) est 
declarer etablissement d'utilite publique. 

Sont approuves les statuts de ladite society, 
tels qu'ils sont contenus dans l'exemplaire an- 
nexe au present drr.ret. 

Art. 2. — L'Union des fabricants pour la 
protection internalionale dc la propriete* indus- 
trielle et artistiquc (marques, dessins ou mo- 
deles de fabrique et beaux-arts) sera tenue 
de transmettre, cbaque ann^e, au ministre de 
ragricullure et du commerce un etat prcsen- 
tant sa situation financiere au ',\\ deeembre 
pr6c<'derit. 

Art. '.). — Le ministre dc ra^riculture et du 
commerce est cbar^e de rexecution du pre~ 
scnt decret, qui sera insere au Bulletin des /ois, 
ainsi (pie Ies statuts, et publie au Journal offi- 
cial de Id llepublique francaise. 

Kail a Paris, le 28 mai 1 S77. 

Marecbal de MAC-MAHON, 
due de Magenta. 

Par le President de la Hepublique : 

Le ministre de V tujricuiture et du commerce, 

C DE MkMJX. 



-*^vc/»- 



Service postal. 

A parlir <lu l 0r juin procbain, les corres- 
pondences a destination de tout Pempire du 
Japon (voie de Suez ou des titats-Unis) seront 
soumises en France au tarif suivant : 



22 






CBBOOTQtJE. 



-**-■■' - 1 



NATURE 

des 

CORRES PON DA NCES. 






Lettres ordinaires. 



Letlres recommandees 



Cartes postales ordinaires 

Carles postales recommandees. 



Papiers d'affaires, echantil- ( Ordinaires... 
Jons, journaux et autres < 
imprimes { Recommandes 

Avis de reception des objets recommandes. . , 



CONDITION 

de 

l'affranchis- 
sement. 



Facultatif. 
Obligatoire 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 



LI MITE 

de 

raffranchis- 
sement. 



Destination . 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id- 
Id. 



PRIX 

de 
l'affranchissement. 



40 cent, par 15 grammes. 

40 cent, par 15 grammes 

et droit iixe de 50 c. 
20 cent. 

45 cent. 

8 cent, par 50 grammes. 

8 cent, par 50 grammes 

et droit fixe de 25 c. 
Droit fixe de 20 cent. 



T ■ ' 



TT 



Les lettres non affranchies da Japon pour 
la France seront passibles, a la charge du des- 
tinataire, d'une charge uniforme de 70 cent, 
par 15 gr. 

Le memo tarif sera egalement applicable aux 
correspondances a destination ou provenant 
<le Mandalay (Rirmanie), Kaschmir (fttat de 
Ladakh, petit Thibet), Cahoul (Afghanistan), 
Teheran, Ispahan, iSchiraz et Djulfa (Perse), 
ache'minees par la voie de l'lnde anglaise^ a 
cette exception pres, que, sauf la ville de Man- 
dalay pour laquelle raffranchissement est fa- 
cultatif et valable jusqu'a destination, Faffran- 
chissement des correspondances a destination 
des autres places-ci-dessus d6sign6es est obli- 
gatoire au depart de France et valable seule- 
rtient jusqu'a la limite du territoire indien. 

A partir du l Cr juin Egalement, Faffran- 
ehissement des correspondances a destination 
de Tripoli de Barbaric est reduit, savoir : 

Pour les lettres, a. ... 30 cent. parl5gr. (a) 
Pour les cartes postales, 15 cent. — — (a) 
Pour les papiers d'af- ] 

faires, echantillons et > 5 cent. — 50 — (a) 

imprim6s ) 

Enfin, a partir de la mfimc date, les taxes a 
percevoir sur les lcttre^ de ou pour Tile de 
Sainte-IIelene (voie d'Angleterre) et les £tats 
de Costa-Rica et de Nicaragua (voie des fitats- 
Un is) sont Gxees comme suit : 

Sainte-IIelene : 

Lettres aff ran chics exp6di6es de France, 
i fr. 40 par 15 grammes (&). 

Lettres non affranchies revues en France, 
J fr. 70 par 1 5 grammes. 

Costa-Rica et Nicaragua : 

(a) Affranchisement obligatoire. 
((>) Affranchisement facultatif. 









Lettres affranchies exp6diees de France, 
1 fr. 05 par 15 grammes (c). 

Lettres non affranchies recues en France, 
1 fr. 35 par \ 5 grammes. 



Pard6cretdu 10 mai, cellos des dispositions 
du decret du 16 mars 1877 qui concernent les 
lettres, les cartes postales, les papiers d'affaires, 
les echantillons de marchandises, les journaux 
et autres imprim6s echanges entre la France et 
les colonies espagnoles ou neerlandaises, sont 
applicables tant en France que dans les colo- 
nies ou etablissements francais et dans les bu- 
reaux de poste francais a Fetranger, aux cor- 
respondances de mCmc nature 6chang6es soit 
par la voie des paquebots francais, soit par la 
voie des services etrangers entre la France , 
FAIgerie, les colonics ou etablissements fran- 
cais et les bureaux de poste francais etablis en 
Turqnie, en Egypte, a Tunis, a Tanger, a Shan- 
ghai et a Yokohama, d'une part, et Fempire du 
Japon, 1 'ensemble des colonies portugaises 
(Coa et ses dependances, Macao en Asie, lies du 
Cap-Vert, de San-Thome et du Prince, etablis- 
sement d'Ajuda, province d'Angola, Mozambi- 
que en Afrique, Timor en Oceanic) et Fempire 
du IJresil, d'autrepart. 



Avis au public. 

JVapres les indications fournies par Fad mi- 
nistration anglaise, les expeditions de France 
des depeches a destination des fitats-Unis, par 
la voie d'Angleterre, auront lieu, pendant 1c 
inois de juin prochain, aux jours et heures in- 
diques par le tableau ci-apres: 

{(') Affranchisement obligatoire. 



CHRONIQUEv 



« 



Port* 
demharqueraent. 



Dates 
d'eiubarqueracnt. 



Jour* et heures 

dVx partition 

de Parin. 



Queenstown 3 juin 2 

Southampton 5 — 

Queenstown. . 



Southampton. . . 
Queenstown. * . . 



8 
10 
12 
15 
17 



4 

7 
9 
H 
14 
16 
18 



Southampton 19 — 

Queenatown 22 — 21 

— 24 — 23 

Southampton 26 — 25 

Queenstown 29 — 28 

— 31 — 30 



juin matin. 

— soir. 

— matin. 

— matin. 

— soir. 

— matin. 

— matin, 

— soir. 

— matin. 

— matin. 

— soir. 

— matin. 
— - matin. 



Les correspondance$a destination : 

de la NouveHe.-G.aUes du Sud, 
de la Nouvelle-Zelande, 

du Teste de TA^Stralie, I Sur la rfcfefcande express*: 

de la Nouv.-Caledopie*, j , dcs «» w»«>- 

seront achemiflj6es par les paquebots qui par- 
tiront de Queenstown le \ Cr Juki (de Paris le 
31 mai au matin) et le 29 juin (de Paris le 28, 
au matin). - - 

Des expeditions pour les fitats-Unis auront 
lieu, en outre, du Havre, pendant le mois de 
juin, chaque samedi, par les paquebots fran- 
<;.ais et par les paquebots hambourgeois. 



O tt"f^ c . 



JURISPRUDENCE. 



Carte de V Mat-major ; reproduction; droit de 
propri6t6 littcrairc au profit dc VEtat. 

Le droit de propriety littcraire, consacre par 
Particle l* r du d6cret du \i) juillct 1793, appar- 
tient aux auteurs de tout genre de composi- 
tions. L'Etat ayant concu le plan de la carte dc 
r6tat-major, en ayant present et dinge" Pex6cu- 
tion, en ayant couvert les defenses, doit £tre 
conside>6 comme l'auteur de cette carte et est 
Jbnd6 a invoquer les dispositions du decret dc 
1793. 

Le depot effectue par le ministere de la 
guerre de la carte de 1'etat-major, tant a la Iti- 
bliotheque nationalc qu'au ministere de Pintc- 
rieur, sufSt pour constituer le depot cxige par 
la loi. 

ArrOt de la eour d'appel de Paris, audience 
du o mai. 

Titre d y un journal; condition dc la priorite de 

propriete. 

Le titre d'un journal appartient a eclui qui, 
Ic premier, a fait le d^pot du cautionnement 

* La voie norrnalcet re^ulicre j»<mr lea envois a la 
Nouvdle-Cale'Kuiie <;&t la voie de Stir/. 



et la declaration a la prefecture, et non pas d 
celui qui public le premier, quoique sa d6cia-^ 
ration et sa remise du cautionnement aient 6t6 
posterieures. 

Cettc solution reunite d'un jugement rendu, 
le 3 ma^ par le tribunal de commerce de la 
Seine* 



FAITS DIVERS. 



A Londres est en ce moment expos6e, au 
mus6e de South-Kensington, la collection de 
manuscrits, de livres et de tableaux laissGe 
par John Forster, le biographe de Dickens, 
de Goldsmith et de Swift, et legu6e par lui a 
la nation anglaise. Dans cette collection com- 
posed de 19,000 volumes, on remarque, entre 
autres curiosites, une edition des voyages de 
Gulliver, avec des corrections autographes de 
Swift; la serie des lettres de Garrick, en ori- 
ginal, parmi lesquelles beaucoup d'inedites ; 
presque tous les manuscrits de Dickens, y 
compris son dernier roman ; enfin des manus- 
crits de Burns, de Bulwcr, de Douglas-Jerrold; 
des lettres de Nelson, dc Wellington, etc. 
Parmi les tableaux, il y en a de Reynolds, de 
Landseer et autres. 



On vicnt dc fond re a Londres dcs caracteres 
pour le Frarnvavi, journal islandais qui sera 
public dans la colonic islandaise de Keevatin, 
sur la Riviere Hougc (Hed River), territoire 
l>ritannique a environ soixante milles de Fort- 
Garry. Ce sera le premier journal public sur 
Ic continent americain en langue islandaise. 
La fabrication dc ces caracteres a exige les 
plus grands soins; ils sont conformes a Tal- 
phabet romain, mais avec beaucoup de parti- 
cularity relatives a 1'accentuation, et Ic type 
en est tres-surann6. La langue islandaise se 
rapprochc du norvtfgicn tel qn'on le parlait 
il y a environ mille ans. 



Lc British Museum se propose, dit YAthe- 
nxum, d aj outer a sa bihliotheque utae rare, 
curieuse et volumineuse encyclopedic chi- 
noise qui est en co moment mise en vente a 
Pekin. La bihliotheque nationalo de Paris 
possede depuis longlemps une encyclopedic 
chinoise en ;>0 volumes in-i, intitule le Kou- 
kin-i-tong, et qui remonte a une periode 
correspondant a Tan 220 de Ten; chretienne. 

11 est rcmarquablc, dit le Times, que parmi 
un grand nombre de tres-anciennes decou- 
vertes mises en pratique par cc peuple ingfi- 
nicux, mais oubliecs ct deeouvertes de nou- 
veau de notre temps, et consid6rees comme 



IJUV'V," 



■:• V < 









92: 



CHRONIQDE. 



noavelles, se trouve Pemploi des anesthesi- 
ques; dfes cette epoque et probablement bien 
aoterieurement, les chirurgiens chinois s'en 
servaient dans leur pratique sous le nom de 
hao-tho, et administraient a leurs malades 
nne preparation de ma-oy, autrement dit de 
cannabis indica, qui est le chanvre du pays; 
apres quelques minu(es le patient devenait 
« comme mort » et restait insensible aux pi- 
qures, aux incisions et aux amputations. 



La reunion que nous avions annoncee 
comme devant se tenir a Londres, afin de de- 
liverer sur 1'opportunite d'un congres general 
des bibliothecaires anglais, a I'instar de ce 
qui s'est pass6 recemment en Amerique, on 
un meeting de cc genre a eu lieu, Tan dernier, 
entre les bibliothecaires des Etats-Unis, cette 
reunion, disons-nous, s'est tenue a la London- 
Library (bibliotheque de Londres), Saint-Ja- 
mes square. 

Le promoteur de la reunion, M. Nicholson, 
de ITnstitut de Londres, a annonce que les bi- 
bliothecaires tant de Londres que de la pro- 
vince s'ctaient montres extremement favora- 
bles au projet et qu'ils avaient proniis leur 
coop6ration au congres, partout ou il serait 
tenu. II a ete pris une resolution en ce sens. 
On a nomm6 un comity charge d'organiser ce 
congres, et de determiner l'epoque a laquelle 
il aura lieu. Tous les bibliothecaires du pays, 
ainsi que canx qui out directement on indi- 
rectement des rapports avec I'umvru des bi- 
bliothequcs, y seront ad in is. 

Le but du congres sera reehango d'idees re- 
latives a, I'administration et a 1 'organisation 
des bibliothcqucs. 

Kn meme temps, on recevait nne letlre 
d'un des fonelionnaires de la bibliotheque na- 
tionals de Palermo (Sioile), Jequel demandait 
que les biblioth6cairos strangers fnssent ad mis 
egalement a ce meeting, on alleguant qu'il re- 
sulterait pour tous de grands avantages de ce 
rapprochement. « Aujourd'hui, dit-il en termi- 
nant, nons avons des moyens de transport 
qu'on ne possedait point autrefois : on cspere 
done que vous ferez tout c*; qu'il sera possible 
pour convoquer un congres international de 
bibliotheeaires destine a rendre de grands ser- 
vices. » 

Les resohi I ions dont nous parlous out etc 
prises, il est vrai, avant les evenemenls d'O- 
rient : il est done possible que ce congres soil, 
remis a une epo pic plus elnignec que eelle qui 
devait elre d'abord fixee. Mats pour avoir ete 
di fieri' e, la reunion n'en aura pas moins, ainsi 
que la prouve l'exemple des Americains, son 
cote utile, et plus utile encore si la reunion est 
.internationale. 



Un journal anglais, le May fair, rend compte 
d'une visite faite ces jours derniers chez un 
Hbraire, acquereur de la bibliotheque du doc- 
teur Thirwall. Le parquet 6tait couvert de 
lettres autographes retirees de livres conside- 
rs comme de peu de valeur. Le libraire ex- 
pliquait que cette bibliotheque avait ete ven- 
due a bas prix parce que le savant docteur, 
evfique de Saint-David, n'achetait des livres 
que pour les lire et n'etait pas un collection- 
neur. Tous les auteurs d'ouvrages de critique 
sur la Bible et fa theologie ne manquaient pas 
de lui envoyer leurs livres avec une petite let- 
tre de compliments eh forme de dfrlicace. Ce 
sont ces lettres qui jonchaient le parquet. 

Dans ses etudes, Thirwall parait s'etre con- 
forme au precepte du docteur Louth qui, in- 
terrog6 a quatre-vingt-dix ans sur la lecon la 
plus importante qu'il voulait leguer a la poste- 
rity comme resultat de son experience, repon- 
dit : « Vcrifiez tou jours les citations ! » La plu- 
part des livres de Thirwall sont marques en 
marge d'un point d'interrogation au point ex- 
treme oh s'est arretee sa lecture, et au dela de 
cetfe marque les pages sont rarement coupees. 
Pour savoir pourquoi le docteur s'est arrete la 
et a jet*'; !e livre de cole, e'estaux auteurs qu'il 
laud rait s'adrcsser. 

La bibliotheque de Thirwall, a Saint-David, 
etait placee dans une petite chambre tres-sim- 
plement meublee. On y trouvait de^ livres 
partout, sur les chaises, sur la cheminee, sur 
1'appui dcsfenel.rcs, sur le garde-feu, et meme 
dans le scan a eharbon. < dependant il savait, 
il le disait du moins, ou se trouvait chaque li- 
vre dont il avait besoin. Ajouteza ccla un cou- 
teau a papier d'nne taille formidable et une 
calotte de velours, et vous pourrez vous repre- 
sentor Thirwall danssa bibliotheque. Ce savant 
homme est surtout connn en France par son 
Juslnirc de la Hrece. 



VENTES PUBLIQUES, 



Bruxelles. 

13, rue de Tlmperatrice. 

Lundi 4 juin 1877. — Livres en partie rares 
et anciens, ayant compose la bibliotheque de 
feu M. !e docteur Corneille Brocekx, d'Anvers 
(medeeine, hisloire de la niodeeine, sciences, 
litt6rature, collections). — Librairie medicale 
de G. Mayolez. , 



Le Secrttaire-Gdrant , BLA.NCOOT. 



Paris. — Typ. Piilcl et DtJu:orihj, i no do* Gr.- a ugns-tibs. '>■ 



". ■ ■■>.' •- -"j »■;"." :-y^ 



' i v.- 



66« Ann6e. 2« S6rle. 



N° 23. 



9 Jtiin 1877V 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GfiNftRAL 



DE L^MPJUMERIE ET DE LA LIBRA1RIE 







-"r 



, fai* Ccrjtlc 1 dft l^li) 



rairie, <te I'Imprimerie el de la Papetcrie, me Bonaparte, 1. 



SommAre : Ifrocumtmts officials. — Assemble yindratc den Fahricants de papier de France. 

^~~ '-^ * / Ven t es p u h lia new 



DOCUMENTS OFFIGIELS, 



Circulairc du mijiistre de VinUrieur aux pre- 
fets, relative au volporUuje at a la vente 
d'&crits et journaux hut la voie publique 
(4 juin 1877). 

Monsieur le prefel, 

Le colportage et la vertte d'ecrits et, journaux 
sur la voie publique ont pris uno telle exten- 
sion et so rattachent si etroi foment anx inte- 
rests sociaux les plus eleves, quo ina sollicitude 
a dri etre attirec d'une facon totite particuliorc 
sur cette important^ question. 

L'articlc 3 de la loi du 2!> decembre 1875, 
en decidant que « l'interdiclion de vente et de 
distribution sur la voie publique no pourra 
plus etre edictee par l'antorite administrative 
cornme mesure particuliorc contre nn journal 
determine », n'a port6 aucune atteinte a 1'ar- 
ticle 6 de la loidu 27 juillet 1849, qnidemeuro 
tout entier avec les consequences legates qif il 
entratne dans un interet superieur d'ordre 
public. 

Get article, dont aucune interpretation de- 
puis trente ans n'a con teste ni afTaibli la por- 
tee, stipule que « tous distributeurs on colpor- 
teurs de livres, ecrits, brochures, gravures et 
lithographies devrontetre pourvus d'une auto- 
risation qui leur sera d6Iivree, pour le depar- 
tement de la Seine par le preiet do police, et 
pour les autres departements par les prefets », 
et il ajoute que « ces autorisations pourront 
toujours etre retirees par les autorit6s qui les 
auront dedivr/jes ». 

II r^sulte de ces dispositions precises que si 
certains Merits ne peuvenl plus etre, comme 
autrefois, 1'objet d'une interdiction adminis- 






hronif/7ie, 1877. 



trative an point do vue do la vente sur la voie 
publique, l'administration if en conserve pas 
moins le droit formel et le rigburcux devoir 
de n'admeltre a l'autorisalion de colporter 
que des agents reconnifs digues de cette faveur 
par lenrs antecedents, lour moralito et les ga- 
ranties qifils assurenl a l'ordre social. Or T 
de nombreuses plainles irfont ele adressees a 
ce sujet et pluMeurs de vos collogues ufont 
signals des alms graves auxquelsil importe de 
mettre un tonne. 

I In de ines plus eminents predeeesseurs, 
M. IVufaure, fixant, dans une circulairc re- 
ma rquahlc, 1'esprit et la portoe de la lpi de 
1 8-i-i) a cet egard, ecrivaitA la date du \ vr aout 
1 84!) : « II faut reconnaitrc que, dans I'esprit 
de la loi, l'antorite administrative superieure 
so trouvo inveslie par l'articlo <> d'un pouvoir 
en quelque sorte discr6tionnaire et qui doit 
lui permcttro de reprimer tous les abus du 
colportage. » Puis, formulant ses instructions 
aux prefets, M. Dufaure ajoutait : « Vous ne 
delivrcrez la permission de colporter q if aux 
individus bien fames )>, c'esl-a-dirc a ceux qui 
ne distribuent ou ne colportent <* aucun ecrit 
contraire a l'ordre, <i la morale, a la religion, 
a la paix publique, aux principes essentiels 
sur lesquels notre societe repose ou aux insti- 
tutions qui la regissent. Vous retirerez les per- 
missions prectfdemment delivrees a quiconque 
ne se sera pas renferm6 strictement dans le 
cercle que vous lui aurez trace. » Et la circu- 
lairc terminait par ces paroles nettes etsigni- 
ficatives ; « Selon la loi, la faculte de colpor- 
ter ne s'exerce pas comme un droit, mais 
comme une concession ; l'autorite, responsable 
de l'ordre et protectrice de la morale, ne peut 
accorder de telles eoncessions aux depens de 
l'ordre et de la morale. » 



23 



94 



CHROWQUK 



Tels sont les principes, monsieur le preTet; 
et quand mon illustre pr6d6cesseurlesexposait 
dans ce ferme langage, au lendemain mfime 
de la discussion de la loi de 1849 et quatre 
jours seulementapres la promulgation de cette 
loi, il 6tait mieux plac6- que personne pour en 
bien d6terminer le caractere et en pr6ciser le 
\6ritable esprit. 

M'inspirant a mon tour de ces considera- 
tions et rGsolu a defendre tous les principes 
fondamentanx contre le debordcment d'6crits 
subversifs, j'ai jug6 n6cessaire de prescrire la 
revision gen6ralc de toutes les autorisations 
pr6cedemment accordees. Parmi les milliers 
d'individus a qui elles ont 6te d61ivr6cs, les 
uns ont dri disparaitre, en 16guant leur per- 
mission a des mains inconnues ou douteuses; 
d'autres ont cess6 i>lus ou moins de justifier 
la conOance qui les avail investis naguere. II 
est urgent que ces irr£gularitesaicnt un terme 
et que certaines autorisations d61ivr6es trop 
legerement ou par erreur soient Fobjet d'un 
nouvel et s6ricux examen. 

Vous aurez done, au recu de cette circu- 
laire, a prendre sans delai les mesures neces- 
saires pour que la revision prcscrite s'opere 
dans votre departement avec toute la prompti- 
tude et toute la surety d6sirables. 
^ Je nesaurais vous recommander a cet egard 
trop de vigilance et de icrmcte. Avant tout, 
vousdevez proteger l'ordre et la morale contre 
la propagande coupable qui menace non-seu- 
lement le fonctionnement r6gulier des institu- 
tions, mais toute Torganisation sociale elle- 
m6me,et vous saurez faire coinprendre a tous 
vendeurs, colporteurs ou distributeui-s de jour- 
naux et d'6crits que leurs nonvelles autori- 
sations seraient imm6diatemenl retirees s'ilsse 
faisaient les complices des men sondes, des ca- 
lomnies et des attaques dont la soci6t6, le 
gouvernement et les lois sont journellement 
I'objet. 

L'autorisation nouvelle accordee aux col- 
porteurs devra porter, en mGme temps que 
leur nom et leurs prenoms, Vindication de 
leur age et les autres mentions de nature a fa- 
ciliter la constatation de leur identity. Pr6ve- 
nez, en outre, les colporteurs qu'ils devront 
justifier a toute requisition des magistrats et 
fonctionnaires publics, et specialement des 
juges de paix, des maires, des adjoints, des 
commissaires de police, agents de police mu- 
nicipale et gendarmes:! de l'autorisation 
dont ils seraient nantis ; 2° du catalogue des 
ecrits et journaux qu'ils vendent et colporlent, 
en ajoutant qu'ils ne pourront s'opposer a ce 
que leurs declarations soient contrClees et a ce 
que les rcpresentants de 1'autorite v is i tent 
leurs ballots et marcbandises. 

Vous recommanderez aux maires, aux com- 



missaires de police et a la gendarmerie 
d'exercer sur ce point la plus attentive sur- 
veillance. 

Veuillez, monsieur le pr6fet, m 'assurer re- 
ception de la presente circulaire et me rendre 
tres-prochainement compte des dispositions 
que vous aurez adoptees pour en assurer la 
prompte et stride execution. 

Recevez, monsieur le pr6fet, l'assurance de 
ma consideration tres-distinguee. 

Le minis tre de Vinttrieur, 
De Fourtou. 



Assemblee generale des Fabricants 
de papier de France. 

Nous avons annoncc que, le samedi 12 mai, 
avait eu lieu, dans les salons du Cercle de la 
libraine, de rimprimerie et de la papeterie, 
l'asscmblee g6nerale annuelle des fabricants 
de papier. Nous avons egalement publi6 
l'ordre du jour de la stance. II nous paralt 
interessant de resumer aujourd'hui le compte 
rendu que nous en donne le Mdniteur de la 
papeterie francaise. 

La stance a etc ouverte a une lieure. Si6- 
geaient au bureau : M. Ch. Becoulet, president 
de TlJnion ; MM. Jules Bernard, E. Laroche- 
JonbertelA. Outhenin-Gbalandre, vice-presi- 
dents; MM- H. llorrie et F. Lafargue, secr6- 
taircs. 

Les deliberations sur les differentes questions 
inscrites a l'ordre du jour se sont prolong£es 
jusqu'a six beures. 

Apres le depouillement de la correspondance 
relative au congres, le president a donn6 lec- 
ture du rapport du comit6 central, dans lequel 
nous remarquons les passages suivants : 

« Le 15 decembrc dernier, dans la stance 
de la cliarnbre des d6put6s, M. le rapporteur 
de la commission du budget s'est exprime en 
ces te rmes : 

« La commission du budget a reconnu que 
l'impOt sur le papier est de ceux qui devront 
disparaitre les premiers des que les ressources 
budgetaires le permettront. » 

Ces paroles ontete accueilliespar des marques 
nombreuses d'approbation. — C'est le Journal 
officiel qui le constate. — Elles n'ont etc I'objet 
d'aucune contradiction de la part de M. le mi- 
nistre des finances. Nous avions done lieu de 
les r.onsiderer comme une promesse formelle. 

Le devcloppement des ressources budgetaires 
dont parlail M. le rapporteur s'etait-il r6alise 
lorsque le minislere des linances a dress6 le 
projet de budget pour 1878? Noussommes au- 
torises a le penser, puisque divers d£greve- 
ments ont etc inscrits dans le projet sou mis 
actuellement a la commission de la cliarnbre 






v • )■■ 



> -» . v •■ . * 



CHRONIQUE. 



95 



des deputes. Et pourtant nous avons vu avec 
surprise queM. le ministre cntendait maintenir 
encore, pour l'annee 4878, l'imp6t sur le pa- 
pier, tandisque, animed'unesollicitude suhite 
pour lindustrie marseillaise, il proposait de 
supprimer les taxes sur les huiles et les savons. 

L'industrie du papier se trouvait obligee de 
s'adresser une fois de plus aux representants 
du pays pour reclamer la justice qui lui etait 
due. Le comit6 central a done fait remettre a 
tous les deputes une nouvelle petition concue 
daDs les termes que nous venons d'indiquer et 
rappelant les arguments de cclle que nous 
avions adressee aux chambres, au cours de la 
precedente session. 

En outre, le pr6sidenl de l'Union a etc en- 
tendu par le president de la commission du 
budget, anquel il a d6velopp6 verbalement les 
considerations contennes dans la petition. Sans 
meconnaitre la serieuse valeur de ces argu- 
ments, M. (iambetta n'a pas dissimuh'i qu'en 
presence des necessites du tresor, et de l'inten- 
tion du ministre des finances de proposer hi 
suppression complete de 1'impOt sur la petite 
vitesse, it y avail bien peu d'espoir d'obtenir 
cette annce le degrevement d'autres impnts; 
mais que certainement la taxe sur le papier 
restait en premiere ligne pour etre abrogee 
des qu'un nouvel allegement des cbarges pu- 
bliques serait possible. 

La prochaine Exposition international s'an- 
nonce de la facon la plus brillante et promet 
d'fitre une merveillcuse synlhese des nuuvrcs de 
Intelligence bumaine. 

Celui qui al'honncur de vous presider a 616 
appele a la presidence du jury d'admission pour 
la classe 10, comprenant la papeterie ? la rc- 
liure, le mai&ricl des arts de la peinture et du 
dessin. II peut vous dire que les demandes des 
industriels ont 6t6 tres-nombreuses etdepassent 
notablement les pr6visions (pie Ton pouvait 
baser sur les chi fires de 1 807. La liste officielle 
des admissions n'a pas encore (He publi6e. Elle 
le sera procbainement; mais des a present — 
nous avons le regret de le dire — les lubricants 
doivent se resigner, par suite du nornbre des 
participants, a voir reduire proportionnellc- 
ment la superficie demand6e par cbaeun d'eux. 

L'Union a la forme confiance que, dans cetle 
circonstance solennelle, la papeterie franeaise, 
malgr6 les rudes 6preuves auxquelles elle est 
soumise, soutiendra noblemenl sa vieille re- 
nommee en face des papeteries 6trangercs, et 
que — plus complete qu'a 1'Exposition do 
Vienne — elle trouvera dans le palais du Champ- 
de-Mars une nouvelle consecration des succes 
eclatants qu'elle a obtenus dans le palais du 
Prater. 

Apres Tad option du rapport du eomite cen- 
tral, M. Jules Bernard, vice-president, treso- I 



rier par interim, a donne lecture de FexposG 
de la situation Onanciere de TUnion, pour 
i'exercice 1876-1877. 

L'ordre du jour appelait ensuite le scrutin 
pour la nomination du bureau. 

Ont 616 elus : * 

President : M. Charles Recoulct ; 

Vice-presidents : MM. Jules Bernard, Alexan- 
dre Dainbricourt, Quetin-Bezard, IL Horrie; 

Secretaires : MM. Gaston Kleber, (Jaudineau- 
Tonnellier, Le-on Rostaing, Paul Varin ; 

Trtsorier : M. Henri Odent. 

l/lMPOT SUU LK MAIMER. 

L'Assembl6e a decide que Ton devait conti- 
nuera reclamer 6nergiquemenl la suppression 
d'un impOt <jni, par sa nature mOrne, est uu 
obstacle absolu a la prosp6ril.6 de la papeterie. 
Le eomite" central a 616 invito a- faire, au nom 
del'llnion. toutes les d6marches qui lui parai- 
tront utiles dans ce hut, et a agir, seton lescir- 
constances, au mieux des interCts communs. 

l'kxi'osition univkhsklxk de 1878. 

Le president a ajout6 des details aux infor- 
mations contenucs dans le rapport du eomite 
central. II a annonce qu 'il y a 10;> admissions 
de fabricants francais, en papiers blancs, pa- 
piers de pliage, papiers-paille et cartons, lis 
demandaient 1!)0 metres, mais le eomit6 n'a 
pu attnbuer (pie i 1 ltl ,70 a ces 10. : > exposants. 
Le Moniteur de la Papeterie publiera tres-pro- 
cbainement la liste des fab ri cants adrnis, avec 
1 indication de l'espace alloue a cbaeun d'eux. 

Les exposants seront ensuite convoqu6s pour 
s'entendrc sur rorganisation et 1 installation de 
leur section. 

TRAITKS 1>K COMMENCE. 

Une commission avail etc nommee pour etn- 
dier des traites de com mere* 1 , et faire un rap- 
port a Tassemblee generah* au sujet des de- 
mandes qu'il conviendrait d'adresser, au nom 
de la papeterie, aux commissaires du gouver- 
nement francais. 

M. Alex. Dainbricourt a presente un raj)port 
dont voici bis conclusions : 

Accepter les larifs generaux presents [>ar le 
ministo-re, on dcmiandant seulement les modifi- 
cations suivantos : 1° (Ju'en aucun cas les la- 
rifs generaux n'appliquent X Tentree des droits 
superieurs a 10 pour 100 du prix rnoyen des 
marchandises ; o;ue les classifications de mar- 
cbandises ne soienl pas nornbre uses; que les 
droits soient percus au poids specifique. 2° Que 
les droits aux 1000 kilogr. sur les fers et fontes 
no puissent etre superieurs a fr. 20 sur les fers 
et fr. 10 sur les fontes. 3° Que les droits sur 
les sels de sonde et cbloruresde cbaux ne puis- 



*'lrf s- • ■"■ •-■;.■' ^ ';■•■»■«■'■ ,.*■ , , •- - • ,. n •• ' r ■ ....,■ • ... ■'....*' ". » ' ■■ 

.'•^'V V: ■.'■'.'"'■■'' A. - 1 * • ■ ' ■ ■ ' . 

.■.-■' • ^ , •■ - ■ -\ 

96 CHRONIQDE. 



sent depasser fr. 2 les 100 kilogr. brnt. (Les 
droits acluels de fr. 3,55 pour les cblornres et 
de fr. 4,10 sur les sels de soude sont exorbi- 
tants puisque, depuis longtemps, les prix de 
ces produits rendus au port francais ou a la 
frontierc sont inferieurs a fr; 20). 4° Que les 
droits sur la soude caustiquc ne depasscnt 
pas fr. 3. (Les droits acluels sont de fr. 0,40 
pour un prix do i*r. X r > au maximum.) , r >° Knfin 
que le droit de h\ 1,20 sur le charbon soil 
aboli immediatement ou progressivement. 
comme le droit sur la petite vitesse. 

Apres un echange d 'observations, le rapport 
de M. Rambrieourt a etc" adopts. 

ASSUIUNCKS CONTKF. L ? INr.RNI)IE. 

M. Quetin-Bezard, au norn de la commission 
chargee dYiludier la q motion des assurances 
contre Tincendie au point de vue des tarifs des 
companies ;\ primes fixes et de la mutuality, 
a donne lecture d'un rapport qui sert de eorol- 
laire a celui qu'il avail, pn'sente au Congres 
]>r< r icedent. 

Aux termcs do ce rapport, donl on trouvera 
le texte dans le volume dn cornj>te rendu, « la 
commission constate le resultat. obtenu par les 
efforts dn directeur de la Mutuelle de Valence , 
dans bisens.de la baisse des primes d'assnran- 
ces payees par la papeterie. Kilo eonsidere 
commedesirahle que M. Fan re reus.sisse a grou- 
per un asscz gros cbiffre d'assurances, de 40 a 
50 millions environ, an vue de realiser plus 
tard une societ/; d 'assurances mutuelles entre 
les fabricants de papier. 

SUCCKDANKS. 

M. Jules Bernard a present*'; un rapj)ort an 
nom de la commission charge d'etudier la 
question do, I'cmploi des pates succedaneos en 
papeterie. 

A ce sujet, le president a exprime le regret 
(pie les lubricants de ]>apier n'eussent pas mis 
le Somite central en mesure de dresser nne 
statistique exacte de Fcmploi des pates succe- 
danees. Aujourd'luii, en efTet, les adversaires 
du droit de sortie sur les cbiffons prescntent 
« l'emploi des succedanes » comme un grand 
argument ;\ l'appui de leur opposition, et vont 
jusqu'A. dire <jue le chiffon n'est plus j>onr nous 
qn'un accessoire et non la matiere principalc 
de notre fabrication. Par suite de ces allega- 
tions, les eornmissaires francais de la Confe- 
rence franco-anglaise ont 6te fort surpris lors- 
que le president de l'Union leur a declare que 
les succedanes entraient au maximum pour 
20 pour 100 en moyenne dans la fabrication 
du papier en France. 

U: TRAVAIL DU IUMANCI1K DANS LKS !>AI>KTKRIKS. 

Le pr6c6dent congrfcs, sans qu'il bit rien 
prejug6 dans la (juestion, avait elu une com- 



mission chargee de fairo un rapport sur le re- 
pos du dimanche dans les papeteries. 

M. Leon Rostaing a donne lecture d'un me- 
moire qu'il avait redige sur ce sujet. ainsi que 
d'une lettre de M. Amedee Ricder, oh la ques- 
tion est examinee d'une facon aussi interes- 
sante que competente. 

M. le pr6sident a fait observer qu'en pareille 
matiere, e'etait a chaque fabricant d'6tudier et 
de r^sondre la question, en raison de ses con- 
victions, des circonstances locales, du bien- 
otre de ses ouvriers et de ses int^rftts particu- 
liers. 

En resume, Tassemblee a donn£ son assen- 
timentaux conclusions du m6inoire de M. Leon 
Rostaing, ainsi formul^e^ : 

« Si Tassemblee g* r morale voulait bien auto- 
riser le Moniteur de la 'papeterie h mentionner 
purement. et simplement, e'est-a-dire sans com- 
rnentaires aucuns, les r6sultats partiels oblenus, 
ce rej)Os — l'un des plus imp(5rieux besoins 
de toutes les classes de la societe, qui depuis 
(juelques annees tend a revivredans la plupart 
des industries — compterait bienlot parmi 
nous de nombreux et energiqnes defenseurs. » 

Snr la proposition de M. Jules Bernard, des 
remerciements out etc" voU i s ;Y M. Amedee Rio- 
dor pour la communication qu'il a bien voulu 
faire au com i to central. 

A Tissue de Tassemblee g^nerale, un ban- 
<[uet, anime de la plus francbe cordialib';, a eu 
lieu au restaurant Vefour. Tous les convives 
out rem e re i 6 M. Wolff, *pii avait acceptele man- 
dat de oommissaire et s'en est acquitte avec 
autant de gout que de zele. 

Des toasts, porl.es par MM. Ch. Hecoulet, 
Jules Bernard, Smidt van (Jelder et Rorrie, ont 
et6 cbaleureusement applaudis. 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

11, 12 et U juin 1877. — Livres de litt6ra- 
turo <^t d'histoiro, anciens et modernes. — 
Libraire-expert : A. Yoisin. 

Bruxelles. 

10, Petite-Ibie-dfi-rKcuyer. 

Samedi 9 juin 1 877 et six jours suivants. — 
Livres anciens et modernes provenant de plu- 
sieurs bibliophiles. — Libraire : A. Bluff. 



Le Secre'taire-Gtrant, Blanchot. 



Paris. — Typ. IMlIet et Dumoulin, roe des Gr.-Aagutnii.s. 5. 



GO 9 Ann6e. 2 e S6rie. 



N* 24. 



16 Juin 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



OK LTMPMMERIE ET DE L\ UBRAIRIE 



AV" 



N 



\ 



iJartsi ail Cffclc de la librairie, de I'Imprimerie el de la Papctcrie, rue Bonaparte, \. 

f i /I /•' ;ij 

mauve : hdcmrtey}t^Afmciels. — Arts tni puhlir. — Jurisprudence. — Fails divers, 

wrajas offer fs an Cerclc. — Venles puhliques. 



mvp 



* 



DOCUMENTS OFFICIELS. 



ArvvM du ministro de /.'instruction publique, 
tlea nultcs et des beaux-arts, mnr.ernant Vcm- 
ploi do Id photographic dans los ctnblisse- 
mrnts stricntifiqucs vt litUrairva dependant de 
*v di'partewent. 

Nos leeteurs so rappellent quYi la ditto du 
7 fovrier 1877, uno commission avail, ele char- 
gee d'examiner les moyens do reproduire par 
la photographic les documents conserves dans 
los collections do 1'Etat. Cette commission a 
adresso son rapport au ministre, qni, A la dalo 
du i 8r juin, a pris l'arnHo suivanl : 

u Le ministre do I'inslruction puhlique, des 
cultes et des beaux-arts, 

Vu los lois et ordon nances des 21 oetohre 
1814-, \) Janvier et 27 mars 1828, et H octohro 
1832; 

Considerant l'utilito que doit avoir, au point 
do vue des iutercHs publics, l'introduetion do 
la photographic dans les otablissements scien- 
tiiiqucs et littcr:aires ; 

Considerant les avanfages qui pouvent en 
resulter pour raceroissement ot la conservation 
des collections do l'Ltat ; 

Considerant los nuinbreuses demandesadres- 
sees a nos grands elablissements ;1 reflet do 
reproduire et de vulgariser nos prficieux docu- 
ments; 

Considerant la necessity do concilier dans 
une implementation unique les vceux trfes-lft- 
gitimes do Tait indusLriel et les devoirs (jue 
nous impose la garde des richesses natio- 
nales ; 

Vu l'avis du ministere des fravaux publics, 

'J hr unique y 4877. 






consults sur la convenance et les moyens 
d'execution du projet dont il s'agit; 

Vu le rapport de la commission institute 
pros notro departemont; 

ArrGle : 

Art. l rr . — L'emploi de la photographic est 
aulorise dans les otablissements scientiflques 
et liUeraires dependant de notre departement. 

Toutefois, il devra etre proced6 au prealable 
'X I'amenagcment des salles de pose dans coux 
de ces otablissements on le besoin en aura etc 
reconnu. 

Art. 2. — Toute personne qui voudra obte- 
nir l'antorisation de reproduire ou de faire re- 
produire par la photographic des objets con- 
serves dans un de eos otablissements, devra en 
adresscr par ecrit la demando au chef de Teta- 
blissoment. Dans la lettre de demando seront 
on on cos : 

\ ii Les objets dont on desiro prendre ou faire 
prendre les cliches ; 

2° Le caractere ot la destination du travail 
pour lequel ces clich6s sunt demanded; 

:t° Le nom et I'adresse des operateurs; 

4° La duree pr6sumce des operations; 

JJ° L'engagement de so con former aux regle- 
inents de ces etablissements ; 

<i'» La declaration que le demandeur assume 
absolument les responsabilites de toute nature 
que pourrait entrainer la reproduction. 

Art. 3. — 11 est statue sur les demandes 
d'autorisalion par le chef de retahlissement, 
sanf reeou rs au ministre, en cas de refus. 
L'antorisation, dans aueun cas, ne saurait 
creer de monopole. 

Art. 4. — Le chef de retablissement devra 
refuser I'autorisation de photographier toutes 
los fois que 1'operatioa pourrait compromettre 

24 



(18 



CHRONIQUE. 



la conservation des objets dont !a garde lui est 
conG6e ou hlesser des convenances qu'il a le 
devoir d'apprecier. 

Art. 5. — II n'aura pas a tenir compte des 
demanles de reprodnclion qui auraient pour 
objet des pieces qui sont dans le commerce. 

Art. 6. — Les ope" rat curs ad mis a photo- 
graph ier dans les 6tablissements de FLtat ne 
devront y introduire ni feu ni substances in- 
flammables ou explosibles. lis ne pourront 
employer quo des surfaces sensible* preparees 
d'avance parun procede sec. lis se borneronl 
aux operations de pose; toules les manipula- 
tions se feront an dehors. 

Art. 7. — Les chefs des etablissements fixe- 
ront les jours et heures d'onverture des sal les 
de pose, lis determincront dans quel ordre et 
pendant quel temps seront ad mis les opera- 
teurs pourvus d'une autorisation. 

Art. 8. — Toutes l< i s operations se feront. 
sous les yenx d'nn fonctionnaire ou agent de 
l'administration, qui veillera a ce que les objets 
communiques ne snhissent ancune deteriora- 
tion. 

Art. 1L — Le chef de Fetablissement devra 
imposer toutes les mesures de preservation qui 
lui paraitraient de nature k evitcr la deteriora- 
tion des ohjels. II pourra notamment s'opposer 
a ce que cenx-ei soient touches par les opera- 
tours et exigcr qu'ils soient proteges par une 
glace pendant la duree de 1 operation. 

Art. 10. — L'administration superieure et 
les chefs des6lablissements preseriront les me- 
suresqui leur sembleraient utiles pour consta- 
ter que les 6preuves ohtenues ne sont que la 
reproduction d'objcts appartenant aux collec- 
tions de 1'Etal. 

Art. ii. — Sera exclt) des salles de pose tout 
operateur qui aurait enfreint les prescriptions 
des reglements ou qui aurait compromis la 
bonne conservation des objets des collections, 
sans prejudice de Faction en responsabilite qui 
pourra etre exercee contre qui de droit. 

Art. 12. — Les personnes qui auront repro- 
duit par la pholographie, dans un etablisse- 



ment de PEtat, un ou plusieurs objets deter- 
mine^, devront : 

\° Deposer an ministere de Pinstruction pu- 
blique un bon cliche de chacun de ces objets. 

Le cliche" sera signe par Foperateur. 

2° Faire parvenir 4 Petablissement auquel 
ces objets appartiennent deux exemplaires du 
I i rape. L'envoi de ces deux exemplaires ne 
dispensera en aucune facon de se conformer 
aux lois, decrets et reglements qui concernent 
le depot 16gal. 

Art. 13. — Les cliches deposes deviendront 
la propri^te" de PEtat, qui pourra en faire usage 
pour des travaux d 'ordre administratif ou 
priv6. 

Art. \ 4. — Un laboratoire central sera ins- 
talls, avec le concours de l'administration des 
travaux publics, dans une dependance du mi- 
nistere de Pinstruction pnhlique. II servira: 

t° A conserver les cliches deposes confor- 
memcnt aux dispositions de Particle 12; 

2° A executer les travaux photographiques 
qui seraient ordonnes par l'administration; 

\\° A exercer aux operations photographi- 
ques les personnes designees par le ministre 
pour rcmplir des missions d6terminees; 

4° A verifier, avant le depart, Petat des ap- 
pareils et des prod nits emportes par ces mis- 
sion n a ires. • 

Paris, P r join 1877. 

/> ministre tie Vinstructmn publique, 
ties eultcs et des beaux-arts, 
Joseph Brunkt. » 

Avis au public. 

L^tablissement entre Genes et Alexandrie, 
avee escale a Naples, a Paller et au retour, 
dun nouveau service de paquebots-poste ita- 
liens ouvre une nouvelle voie aux ^changes 
avec FLgy pte. 

Dorenavant, lescorrespondances de la France 
pour PEgypte, et vice versa, seront transmises 
trois ibis par semaine dans les conditions 
ci-apres : 



L\peditioii uY Vvauct 

Do Paris 

A Alexandrie. 

Reception en Prance 

D'Alexandrie 

A Paris 



VOIK UK NAI'IJ'.S. 

( Paquebots-poste i t a - 
liens.) 



Luixli 8 h. snir 
Manli matin. 



Vendredi soir. 
Yendredi matin. 



VOIK I)K MAItSKILLK. 

( Paque.bnLs-posto fran- 

cais.) 



Mercredi 1 1 h. matin. 
Mereredi matin. 



Mardi matin. 
Mardi soir. 



VOIE DM 1UUNDIS1. 

(Service de la malle 
de 1'Inde.) 



Samedi 7 li. 50 matin, 
Jeudi soir. 



Limdi ou mardi, 
Dimanche. 



Les correspondances pour PEgypte sans in- le plus rapproche de leur date de d6p0t a la 
dication de voie sont acheminees par le depart poste. 



CHRONIQUE. 



9f> 



JURISPRUDENCE. 



COUR D'APPEL DE PARIS (1« c \i.). 
Presidence de M. Bri^re-Vat-icay. 

Audiences des 15 et 18 mni 1877. 

I'HOPIUETE LITTERAIRE. SUCCESSION DE M. MI- 
CHELET. ATTRIBUTION DES PRODUITS DES fKU- 

VRES DE M. MICHELET. DROITS DE LA KKMME. 

DROITS DE COLLABORATION. 

iiliiii' . 

La propr?6t6 litteraire consist? dans le droit cx- 
rlusif pouf.les auteurs de vendre, faire ven- 
dre et distr,\buer leurs ouvrages; quant aux 
b6n6fices p&cwfxiayre$ t gui, pcuvent rcsulter de 
Icur exploitation Us, (jto^ent £tre range's dans 
la classe des fruity ei revenus. En consequence , 
la femme marine sous le regime sans commu- 
nauU n'd pas droit aux reprises des sammes 
provenant de la cession dUvuvres par clle com- 
poses en collaboration avec son mari, qui 
seul les percoit comme fruits, aux termes de 
l y article 1530 du Code civil, pendant le ma- 
nage. 

Voici les prineipes sur lesquels le Tribunal 
civil de la Seine a prononc6 son jugement a la 
date du 2 mai 187b" : 

« Attendu que la veuve Michelet sentient qu'elle a 
eollabore aux ouvrages intitules : / Oiseau, I'hisecte, 
la Mer, la Montague, et qua ce titre elle a droit a la 
moiiie des summes prodnites durant le manage par 
eos quatre ouvrages; 

« Attendu (jue la collaboration de la veuve Michelet 
ne saurait etre serieusement deniee, qu'elle a et£ re- 
eonuue dans les deux testaments de Michelet du 
i»<- juillet 1865 el des 1«' fevrier et 28 juillet 1872; 

« Que si Ton peut supposer au testateur plae6 en 
face de ses heritiers la pensee (Passurer a sa femme 
tin avantage excessif, on ne peut soupeonner Pautour, 
s'adressant au public, d'un mensonge tail aux depens 
de sa propre renomuiee; 

« Que, dans la preface de fOiseau et de I'hisecte, 
et dans la dedicace placee en tele de Pedition illustree 
du premier ouvrage, Michelet a declare que ses livres 
d'histoire uaturelle avaieut cte non-seulement inspires 
inais dictes et meme en parlie ecrits par sa femme; 

« Qu'au dos du dernier de cos livres (la Mtmtugrw) 
les trois precedents sont catalogues sous cette rubri- 
que : « Ouvrages de M. et M mc Michelet; » 

« Mais attendu que la solution de la question de la 
collaboration n'implique pas eelU de Pattributiou a la 
veuve Michelet des produits de cette collaboration, 
per^us durant le manage; 

« Que cette deruiere solution ne peut rebutter que 
de la nature de ces produits; 

« Attendu que la veuve Michelet les presente comme 
des capitaux mobiliers; que, mariee sous le regime 
d'exclusiou de la communaute, elle se foude sur 1.x dis- 
position de Particle 1531 du Code civil pour en recla- 
iner la restitution; 



« Attendu que la propriot6 litteraire ne doit pas 
etre confondue avec les avantages et Emoluments 
qi Telle procure ; 

« QiTaux termes de la loi des 19-24 juillet 1793, 
qui Pa organisee, elle oonsiste pour les auteurs dans 
« le droit exclusif de vendre, faire vendre, distribuer 
k leurs ouvrages, etc.» ? independammentde tout exer- 
eiee utile, de r,e droit; 

« Que e'est a ce droit seul que doit etre reconnue la 
nature, du capital; 

« Que les benefices peeuniaires qui peuvontresulter 
de son exploitation doivent etre ranges dans la classe 
des fruits et revenus ; 

« Attendu, en efTet, (pTon entend par fruits tons les 
emoluments on produits qui naissent de la chose ou sont 
percus a son occasion ; 

« Que la perpetuite du capital producteur n'est pas 
essentielle pour faire reputer revenus les benefices qui 
(Mi deooulent; 

« QiTen effet, on a toujours donne ce. nom aux ar- 
n' 1 rages d'nne rente viagere et qu'on ne les a jamais 
considcres comme des fractions de capital; 

« Attendu qu'il ressort des termes de Particle 598 
du Code, civil que la periodicity et la reproduction in- 
dt'linie ne constituent pas des earaeteres necossaires des 
fruits; 

« Que, par consequent, ni le defaut d»» perpetuite de 
la propriete litteraire, ni les conditions variees et acci- 
dentelles de son exploitation n'en denaturent les pro- 
duits et ne leur (uilevent le cara('tere de revenus pour 
leur attribuer celui de capitaux ; 

« Qu'en ce <pii ounce me, specialement les d'uvres de 
Michelet, la distinction entre la propritHe et ses conse- 
quences utiles a ete cxpressemont faite par le jugement 
du 27 aout 1874, qui a ordnnne la vente « des droits 
« a la joiiissancM eta la propriety litteraire des ouvrages 
« j)ul)lie,s par Michelet, ensemble des droits pouvant 
u r<'sulter des conventions faiies avec divers editeurs; » 

<( Qu'il rt'^suite de cette disposition (pie les CRiivres 
sont mi funds dont les trails avec leur prix ne sont 
que les fruits, qui no s'entament point par Pe.ffet des 
conventions^ mais seulement par le laps de temps; 

« Attendu que. les motifs qui precedent ecartent 
['application de Particle 1 f>3 1 du Code civil et com- 
mandent celle de Particle lfi'tfi <pii attribue an mari les 
fruits percus pendant le manage des biens de la 
femme ; 

« Attendu, toutefois, que cette attribution doit etre 
sobordonnee au caractere normal de la perception; que 
si elle ne pi mt souffrir aucune difiiculte a Pegard des 
produits de /'Oiseau, de ijnsecte et de la Afer, edites 
a di verses reprises, du vivant do Michelet, et en vertu 
de traiu's speciaux pour chaque edition, il n'en est pas 
de mAme pour eeux de la Montague, lesquels ont ete 
c^des a Pediteur Lacroix, moyennant 25,000 fr v pour 
vingt annees, non encore expirees; 

« Attendu que cette cession constitue un bail dont 
le prix doit se I'epartir entre les vingt annees de la loca- 
tion ; que ce prix ne pouvait appartenir excluaivement 
au mari (pie pour la portion correspondante a la duree 
de Passociation conju^ahi ; 

« Qu'il n'a pas d('pendu de lui de se Tattribuer en 
lotalile, au iiutyen d'une perception anticipee, et que 
la femme a le droit dViir£clatner, jusqu'a concurrence 
de la moitie, la partie afferente au temps couru et a 
counr, deiuiis le deces de Michelet jusqu'a Pexpiration 
du trade. 



100 



CHRONIQUE. 



FAITS DIVERS. 



La prefect u re do police vient de former 
vingt-huit commissions — une par arrondis- 
sement de Paris el par canton de la banlieue 
— qui seront chargees de veiller a l'exe'cution 
de la loi de 1874 sur le travail des cnfants dans 
les manufactures. Jnsqu'a ce jour, ce travail 
avail (He confie acinq commissions seulement ; 
mais devant l'im possibility materiel 1c d'accom- 
plir la tAohe, qui re\sullaitpour leurs membres 
du grand nomine de fabriqucs et d'usines du 
departement, une augmentation de leur norn- 
bre otait devenue necessaire. 

Ces commissions son I composees de sejil 
membres, d^signes ])ar le conseil general, et 
qut sont choisis avec le plus grand soin parmi 
les avocals, les m^decins. les industriels on les 
proprietaires. lis off rent done, par leur situa- 
tion aussi bien que par le mode de leur nomi- 
nation, toules les garanties desirables. 



L'Academie des sciences morales et politi- 
ques, dans sa seance de samedi Ojuin, a rendu 
son jugemenl dans le concours Hordin sur la 
m6laphysique consider^ commo science. Kilo 
a decerne le prix a M. Louis Liard, professeur 
a la faenlfe des letlres de Mordeaux, an leur du 
memoire inserit sous le n° \* el port ant pour 
epi graph e ; <r Les idees de perfection ne s'ex- 
priment pas exactement dans les Tommies 
comme les idees de quanlit6. » 

L' Academic a en outre decerne tin second 
prix de la valeur de 2,000 francs a M. Tlu'o- 
phile Desdouits, j>rofcsseur de philosophic an 
lycee de Versailles, anteur du memoire inscrit 
sous n° 8 et portant pour epigraphe : « La 
science montre partout les limites des causes 
physiques, etc. » Deux mentions honorables 
ont ete accord6es : Tune au memoire n° 7 : 
Omnia esse propter suam operationem; Tautre 
au memoire n° \ 1 : « 11 est indigne de Thorn me 
dene pas chercher la science alaquelle il peutal- 
teindre. » Les plis cachetes qui accompagnaient 
ces deux derniers mannserils ne seront ouverts 
que lorsque les anleurs se seront fait connaltn 



la Society pour la distribution des « Tracts » 
(brochures religieuses), society qui s'occupe 
specialemenlde repand re la religion au dehors, 
et de concentre r I'argent dans sa caisse. Co 
dernier but est si bien rempli, que Tann6e der- 
niere, lors de 1'expose des comptes, il s'est 
trouve dans le coflre-fort de la soci6t6, apr&s 
toul.c d^pense payee, un cxcedanlde 100,000 li- 
vres sterling. Hien n'est plus curieux que Tor- 
ganisation et la distribution des « Tracts ». 
Hue multitude d'auteurs vivent enlieroment 
du salaire qu*ils lonchent pour composer ces 
pelites brochures de trois pouces de long. Les 
litres en sont parfois des plus baroques : « Bou- 
tons de perle j>our allacher la culotle du 
eroyant », « (iouttes do lait pour les nourris- 
sons du Christ », « Tartines et sandwichs pour 
le piquc-niquo a Zion », « Pilules pour purger 
le pechcur », et mille aulres fantaisies du 
memo genre. Le nombre de pages imprimecs 
pendant Tannic se monte au chiffre incroyable 
de «62,!»57 f . r »00! Les fonds encais^os cotte un- 
n6e, provenanl do ventesetd'autresressources, 
se montent a L r >2,. r >29 livres. Le nombre de 
brochures livrees gratis dans les carrefours 
publics et les ecolos du dimanche, en Angle- 
lerre, a ete de '2,<><>0,000. A I'etranger, les 
distributions ont ele mises sur un pied non 
moins magnifique. » 



S m 



La correspondance de Loud res de la lievue 
britannique donne un reeit fort interessanl 
des reunions qui viennent d'avoir lieu dans 
cette capilalo pendant tonte la duree du mois 
de mai, en favour des amvres ]>ies de toule 
espece. Ce congros du clerge de toules les sec- 
ies et de toules les « persuasions » qui se par- 
tagent leculte protestant tient ses seances dans 
la grande et magnifique salle d'Lxeter-Ilall, 
qui contient 9,000 personnes et est loujours 
comble. « La premiere s6ance est consacree a\ 



Une rer.enle communication faite an parle- 
ment d'Allemagne nous apprend, dil le Polybi- 
blion y que 40,000 exemplaircs de l'histoire offi- 
cielle de la guerre franco-allemande de 1870, 
publico par 1'etat-major prussion, ont e(6 ven- 
dus, et que le benefice net de l'edition, tous 
frais payes, s'clevc a pros de 400,000 fr. Cette 
somme doit etre employee dans rinttfrot des 
etudes militaires. 



— a. i» i *m 



Ouvrages offerts au Cercle. 

I > at' M. (). Lorenz : 

Catalogue annuel de la tibrairie francaise 
pour 1876, redigo par O. Lorenz, libraire. 
1 vol. in-8. Paris, 0. Lorenz. 



•JU. t i * c - 



YENTES PUBLIQUES. 

Lyon. 

Qiiiii do I'Hopital, 22. 

Mercredi \'<\ juin et jours suivants. — Petite 
collection de livres rares et curieux provenanl 
de la bibliotheque d'un arlisle. — Libraire, 
Marius Conchon. 



Le Secrdtaire-Gdrant, Ulancuot. 



Paria. — Typ. Fillet et Duoiouliu, rue des Ur.-AngtiBtiijs. 5. 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N° 25. 



23 Juln 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPIUMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Parij<tnrtprckj! e la Librairie, de rimprimerie cl de la Papcleric, rue Bonaparte, 1. 

Sommaire : Cfln&i} d*adminhtfa}}(hi du Cerclc de la Ukraine. — Documents officiels : Avifi au Commerce 

^ i -v detla>,Lib$flirle. — VariiUs, — Ouvragcs offer ta au Cercle, 



T 



CONSEII> 



A 



[TRA.TION 



DU CERCLE DE LA LIBRAIRIE. 



Procfa-verbal de la stance du 15 jum 1877. 



Prenidence de M. Basset. 

La stance cstouvcrte h ',\ heures. 

HuiL mernbrcs presents. Deux so font excu- 
ser par lettres. 

M. Jules Delalain assiste a la stance. 

M. le Secretaire dun no lecture du p rocks- 
verbal do la seance du 18 mai, qui est 
adopt6. 

M. le Tresoiueh fait connaitre Petal des 
caisses. 

Le conseil delibere sur uno demande de 
parere. 

M. le President in forme le conseil que la 
commission de Pimmeuble croit indispensable 
d'elever lo chiffre de la cotisation pour que le 
Cercle puisse fa ire face aux charges nouvelles 
qui r6sulteraient de la construction d'un hotel. 
— Le chiffre de la cotisation est del ermine 
par Particle ;*> des statuts; il ne pent done 
fitre modifi6 quVn suivant les formes preserites 
pour la modification des statuts et, par conse- 
quent, il faut que le projet de modification soil 
d'abord sou mis au conseil. 

Une discussion s'engage a ce sujet et le con- 
seil finit par decider qu'il sera propose a une 
assemble generale de modifier Particle , r > des 
statu ts dans les tonnes su mints : 

« La cotisation est de 200 francs. 

« Lorsqu' 5 plusieurs associes seront memhres 
du Cercle, j'un des associes payera une coltsa- 

Chronique, 1877, 



lion de 200 francs et cbacun des autres une 
cotisation de 100 francs. 

« I /impel est a. la charge des mernbrcs du 
Cercle. » 

La seance est levee ;\ 3 heures 45 minutes. 

Pour extrait : 
Le Secretaire, A. Tesiplier. 



DOCUMENTS OFFICIELS. 



Avis au Commerce de la Librairie. 

Le ministre de I lnlerieur informe MM. les 
libraires, t^ditcurs d'ojuvrcs de rnusique et 
d'estampes, expeditenrs, agents de transports 
et commissionnaires en marehandises, que 
M. le President de la Uepublique, par un d£- 
crettm date du 28 mai dernier, a ouvert le 
bureau de douanes d'Avricourt a. l'importation 
et au transit de la librairie venant de Petran- 

Cette mesure a pour but de facibtcr les ope- 
rations du commerce et de suhstif.uer le poste 
d'Avricourt a eeux qui exislaient, avant les 
evenementsdo 1870-1871, a 1'extreme frontiers 
du nord-est, a Wissembuurg et a. Forbacb. 



VARl£T£S. 

Le service des sciences etdes lettres, au mi- 
nislere de Pinstruction publiquc, a pris soin 
tie reunir en un fascicule, format des docu- 
ments adminislralifs, plusieurs rapports eina- 
nes d'elablissemenls qui dependent de Tadmi- 
nistration centrale. Naguere encore, les rap- 



25 






102 



CHRONIQUE. 



ports de ce genre ou n'etaient pas livr6s a la 
publicity, ou restaient, malgr61eur inlerGt, en- 
fouis dans des recueils administratifs sp6ciaux, 
d'ou nul ne songeaita les tirer. C'est une beu- 
reuse innovation de les avoir ainsi groupcs et 
reunis; il faut en savoir gr6 au service des 
sciences et deslettres, qui, dans le rnouvement 
pour le developpernent de rinslruction, n'a 
pas moins que les trois directions de Pcnsei- 
gnement son rOle a remplir. 

Le document dont nous parlons comprend 
done divers rapports adress^s au ministers de 
l'instructionpublique, et concernant le service 
des Archives nationales, celui de la Hibliothe- 
que nationale et celui des Missions pendant 
Tannic 1875 1 . Plusieursde ces rapports avaient 
deja ete imprimis; nous citerons notamment 
ceux qui ont trait a la Bibliotbeque natio- 
nale et & son administration pendant Pan- 
nee 1875. 

Le rapport sur les missions devant faire, 
parait-il, Pobjet d'une publication plus cten- 
due, nous n'en parlerons pas en ce moment ; 
nous nous contenterons pour anjourd'hui d'a- 
nalyser le rapport sur les Archives nationales. 
Par Farticle 4 du reglement qui regit cette 
administration, le directeur general doit, a des 
inte-rvalles qui, semble-t-il, ne sont ]>as regu- 
liers, rendre compte au ministre de l'instruc- 
tion publiquc des services a lui confn's. Depuis | 
plusieurs annces, il n'avait ete adresse au mi- 
nistrre aucun compte rendu ; le present rap- 
port a pour but de remplir cette lacune. 

D'apres Particle 2 du reglement du 22 de- 
cembre i85, r >, les administrations publiques 
sont tenues de verser aux Archives les pieces 
d'interet public dont la presence n'est plus in- 
dispensable au service. II parait que loutes les 
administrations ne s'acquitlent pas egalement 
bien de ce devoir. Celle de rinslruction pu- 
blique, du moins, n'y manque pas; de 1872 a 
1875, — periode qu'embrasse le rapport, — 
elle a vers6 aux Archives un ensemble de 
3,134 basses et de 438 rcgistres, comprenant 
des documents qui portent sur les enseigne- 
ments sup6rieur et primaire, de 1791 a 1873 ; 
sur la compfabilite, de 1820 a 1800; sur les 
budgets, de 1702 a 1869; sur les lyc6es et les 
diplomes, de 1857 a 1872, etc. Le ministere 
de 1'interieur s'est egalement conforme rigou- 
reusement a cette obligation du depot. 

Outre ces documents manuscrits, les Archi- 
ves ont droit a recevoir des diff6rentes admi- 
nistrations publiques les documents imprimes 
de toute sorte : rapports, instructions, circu- 

1. Rapport sur le service des Archives, de la 
Bibliotheque, etc, Paris, Paul Dupont, 1K7I>. In-<i°. 

(Ministere de rinslruction publnpie el d<s Ijc.mix- 
arts : Service des sciences et des leitres.) 



laires, etc., que ces administrations publient 
pour les besoins de Ieur service. Ces imprimes 
viennent completer les documents manuscrits. 
On en a form6 aux Archives une collection 
dont au dehors on ne soupconne guere l'exis- 
tence, collection unique en son genre, et qui 
constitue une bibliotbeque administrative telle 
qu'on n'en trouverait pas sans doute une sem- 
blable dans les grandes administrations, ou 
cette ressource scrait pourtant du plus grand 
secours. 

Pendant cette periode de quatre annees, il a 
ete fait don aux Archives des papiers trouv6s 
aux Tuileries- au mois de septembre 1870. 
Comme d'ordinaire, plusieurs particuliers ont 
fait, de leur cote, des dons de documents qui 
peuvent avoir un interest public; mais, par une 
sage reserve qu'on ne saurait trop apprbuver, 
1'administration se garde bien d'assigner, dans 
ses series, une place aux dons qui lui sont 
adress6s par cette voie. Elle les constitue a 
Pctat de fonds particuliers, sans vouloir sta- 
tuer sur le degre d'authenticite et de contiance 
qu'ils meritent. 

C'est par suite du mfimc systeme que les 
Archives ne font pas d 'achats de documents 
manuscrits et que le budget ne leur accorde 
aucun fonds pour cette destination. L'etablisse- 
ment doit fitre mis en garde contrc la fabrica- 
tion de documents non authentiques. En re- 
vanche, radministration peut acheter des li- 
vres, ceux surtout qui sunt utiles aux travaux 
de ses arcbivistes. 

Les Archives n'ontpas seulement & augmen- 
ter les richessesde leur depOt; radministration 
doit veiller aussi a la bonne conservation des 
documents. Ceux-ci sont enfermes dans des 
cartons bien connus de tous ceux qui ont fre- 
quents les Archives. Sous la derniere admi- 
nistration, celle de M. le marquis de Laborde, 
un nouveau modele de cartons, parfaitement 
conou pour la classification et pour Pinscrip- 
tion des cotes, avait et6 imaging. C'est le type 
qui est encore maintenant en usage. 

On peutse faire une idee du nombre de car- 
tons necessaires aux Archives quand on songe 
qu'on 1872 il a ete employe" 3,600 cartons 
nouveaux; en 1873, 3,200; en 1874, 1,700; et 
en 1875, 1,200. 

Le soin le plus minutieux a (He, pendant la 
memo periode, apport6 au traitement des 
sccaux appendus aux chartes; ces sceaux, en- 
velopp6s dans des sachets en finette, puis dans 
de petites boites en carton faites expres, ne 
sont plus exposes, comme parle pass6, au bal- 
lottage resultant du transport des grands car- 
tons. 

Les Archives possedent actuellement la plus 
riche collection de sceaux qui soit en Prance 
et peut-etre en Europe, Elle se compose de 



CHRONIQUE. 



i03 



pres de 50,000 articles. Cependant, le nombre 
des sceaux fournis par les chartes est si consi- 
derable que les Archives devront, pendant 
longtemps encore, se servir de la voie des 
£changes ou d'autres moyens pour acqu6rir 
les monuments sigillographiques qui leur man- 
quent. 

Aussi radministration s'est-elle emprcssee 
d'accepter la proposition qui lui a 6t6 faite par 
la Bibliotheque nationale de Paris, lequel 6ta- 
blissement a mis a sa disposition le fonds Cle- 
rambaut. Gette derniere collection, qui exisle 
an d£partement des manuscrits de ladite Bi- 
bliotheque, est d'une richesse incomparable en 
monuments de ce genre. Beaucoup de types de 
sceaux qu'on y trouve manquaient a la collec- 
tion des Archives. On s'iest occupe a les mou- 
ler et a dresser l'inventaire de ceux qui sont 
inedits. Pins de 5,000 originaux ont 6t6 ainsi 
reproduits et d6crits. Gette operation a produit 
un double avantage, puisque la Bibliotheque 
nationale en proGtera 6galement, ces fragiles 
monuments 6tant fort exposes a la deteriora- 
tion. 

Le pr6c6dent directeur avait, parait-il, coneu 
la pens6e de former, de tous ces specimens 
d'un art lie de tres-pres a celui de la gravure 
en medailles, un mus6e qui a mfirae recu un 
commencement d'ex6cution. Les premiers ele- 
ments en ont 6t6 r6unis dans des vitrines pla- 
c6es au rez-de-chauss6e de l'ancien h6tel Son- 
bise, au-dessous des-galeries du mus6e paI6o- 
graphique, dont le nouveau mus6e deviendrait 
une annexe naturelle. 

Les etablissements publics des d6partements 
et les particuliers ont souvent besoin d'eni- 
preintes de sceaux qu'ils dcmandent aux Ar- 
chives. Aussi cet etablissement a-t-il 6te oblige 
d'6tablir un service de moulage. On doit seu- 
lement, lors de la delivrance du moulage de 
chaque sceau, acquitter une 16g6re redevance, 
a moins qu'on n'ait droit, comrne plusieurs 
etablissements publics, a la cession gratuitedes 
empreintes, ou qu'on n'offre, en 6change de re- 
productions sollicitces, des moulages que les 
Archives no possedent pas encore. 

L'atelier dont nous parlons assure done, par 
ses travaux, un certain rcvenu a l'Efat. Le 
rapport donne a entendre que l'ouverturc 
du musee sigillographique accroitrait notable- 
ment le produit resultant de la delivrance de 
sceaux. Quoi qu'il en suit, le nombre des 
epreuves de sceaux delivrees a 616, pour la der- 
niere ann6e de 1'exercice en question, c/est-a- 
dire pour 1875, de 461) sans frais, et de 5<)5 
avec frais. 

Le mus6e pal6ographique, que nous citions 
tout a Theure, n'a pas 6te cr66 uniquement 
pour satisfaire la curiosit6 du public; il a en 
encore et surtout pour objet de r6pandre le 



gout des etudes de pal6ographie et de diploma- 
tique. Ce mus6e, ouvert au public le dirrian- 
che, et qu'on pent visiter avec des cartes le 
jeudi, a recu, en 1874, 2,265 visiteurs, et en 
1875, 1,863. 

Apres les visiteurs qui ne font que passer, 
il n'est pas sans int6rfit de noter le nombre de 
travailleurs qui ont, pendant la p6riode de 1 872 
a 1875., fr6quente la salle publique ouverte a 
dix heures du matin et ferm6e a trois heures 
de l'apres-midi. En 1872, le nombre des tra- 
vailleurs a 6t6 de 098, qui ont obtenu 3,300 
communications. En 1873, 873 en ont obtenu 
3,702. En 1874, le chift're faiblit un pen : le 
nombre des travailleurs s'abaisse a 867, ayant 
obtenu 3,667 communications. En 1875, eniin, 
le nombre des personnes admises a 6t6 de °<07, 
corrcspondant a 5,753 communications. 

Depuis le commencement de Tann6e 1874, il 
est tenu un registre special fournissant jour par 
jour le mouvement des documents apparte- 
nant a chacune des sections. Dans ce registre, 
dont la tenue incombe plus sp6cialement aux 
sous-chefs de section, sont inscrits la date de la 
demande, celle du d6placement, celle de la 
reintegration, en m&me temps que les noms 
du demandeur et de 1'archiviste qui a fait la 
recherche. En compulsant lesdits registres et en 
les confrontant avec les fiches de deplacement 
qui doivent etre rapportees (pjand les docu- 
ments sont reintegres, la direction peut s'as- 
surer que chaque chose a etc reellement re- 
mise a sa place. 

Le rapjjort se tcrmine par un expose des 
travaux int6rieurs accomplis dans chacune des 
sections ; section historique, section adminis- 
trative, section legislative et judiciaire, section 
du secretariat. La part y est faite largement 
aux travaux de chacun, soit chef de section, 
suit simple arcluviste. 



M. W. F. Mayers, secretaire de la legation 
britannique a Pekin, public dans la Revue de 
Chine des renseignements int6ressants sur I'o- 
rigine et la situation desjournaux en Ghine. 
Les feuilles periodiquesactuellemcnt existantes 
, dans la eapitalc sont au nombre de onze, en y 
com pre riant le plus ancien de tous les jour- 
naux non-seulement de la Chine, mais encore 
du monde entier, la Gazette de Ptikin, qui fait 
autorite pour les nouvelles ofh'cielles du pays. 
Les (Illinois donnent aleurs journaux les ti- 
tres de « annonces de la m6tropole », ou « nou- 
velles de la capitale et de la cour ». C'est sous 
eette derniere denomination que la Gazette de 
Pekin etait publi6e dans l'anliquite. La pre- 
miere mention qui en soit faite se trouve dans 
les annales du regne de rempereur Kai-Yuan, 
de 713 a 741 de l'ere chretienne. 






".i '.*:&•.:■ -fn*-:; 



10* 



CHRONIQUE. 



Dans ces lemps recul£s, ces joumaux n'£- 
taient sans aucun doute que des circulaires 
manuscrites, mais rien n'indique au juste 1'6- 
poque ou ils ont commence a Ctre imprimis, 
en dehors de la pretention hauteraent mani- 
fested par les Chinois dans Jeurs annales, d'a- 
voir d6couvert rimprimerie aa moyen des ca- 
racteres en hois, plus d'un siecle avant que les 
types mobiles fussent conn us en Europe. Ils 
ont aussi un proc6d6 d'impression au moyen 
de plaques de cire qui ressemble a. la lithogra- 
phic et qui remonte k une 6poque plus recuse. 
Ces deux systemes sont employes pour l'im- 
pression de la v6n6rable Gazette, qui parait k 
peu pres dans le mfime format qu'il y a des 
siecles. Les journaux chinois ont en moyenne 
dir ou douze feuilles d'un papier mince et noi- 
ratre mesurant 7 pouces 1/2 sur 3 3/4 et re- 
coavertes k l'exterieur de papier jaune, de m:i- 
niere k former une espece de brochure, Ils 
sont imprimis avec des caracteres mobiles en 
bois que Ton arrange k peu pres corn me dans 
nos imprimeries d'Europe. Les editions pour 
lesquelles on emploie les plaques .de cire sont 
souvent illisibles par suite de la faiblesse de 
l'empreinte. Ces derni6ros no sont pas recon- 
nues par le gouvernement, vu qu elles sont 
dues k Tindustrie priv6o. 

En g^n^ral, les journaux sont imprimis et 
publics par des personnages ayant im carac- 
tere officiel et qui sont responsables vis-a-vis 
des autorites de police de la capitale. Ils pren- 
nent leurs informations au bureau des rap- 
ports oh sont deposes les m6moircs, rescrits, 
d6crets, ordonnances et nominations qui leur 
sont communiques. II est de regie que tontes 
les communications soient sign^es par les re- 
porters, excepts dans le cas ou el les sont pre- 
sentees officiellement par des corps consti- 
tu6s. Le journal officiel ne doit en aucun cas 
publier des nouvelles conccrnant les pays 
strangers, ni les relations du gouvernement 
avec les gouvernements etrangers. Cost par 
la voie des journaux que les particuliers, en 
Chine, adressent leurs petitions k l'empereur. 
Mfime les hauts fonctionnaires, pour sollicitcr 
un conge, emploient cette voie. 

Pour n'en citer qu'un exemple, le gouver- 
neur general de S/.e Chwan, Wu Dang, en de- 
mandant un cong6 de deux mois, declare quo 
depuis des annees il est afflige d'ernptions cu- 
tan6es periodiques qui s'etendent par tout le 
corps et le forcent k se gratter jour et nuit. II 
entre ensuite dans une foule do details, cilant 
les certiQcats de son medecin et invoquant tous 
les arguments capables de toucher le souve- 
rain, ce qui lui reussit, puisqu'un d6cret ac- 
cordait le lendemain le conge sollicite. A c0t6 
de la publicity accord ee k ces details insigni- 
Gants, on remarque dans les journaux J'ab- 



senoe complete de certains renseignements 
importants et d'une utilite incontestable. Ce 
qui concerne les etrangers mfime investis de 
fonctions officielles pr£s du gouvernement 
chinois est soigneusement passe sous silence, k 
moins que dans certaines occasions leur atti- 
tude 6nergique ne force les autorites k se d£- 
partir de cette regie de conduite. 

Les principaux journaux chinois sont ; la 
Tresse quotidiennc, parue & Hong-Kong, il y a 
environ dix-huitans; le North China Herald, 
de Shanghai, qui parut en 18C2 et qui mainte- 
nant renferme souvent des illustrations; les 
Nouvelles y de Shanghai, tir6 sur du papier an- 
glais, mais qui n'a pas eu de succes aupres de 
la population chinoise. Le Shunpao, hebdoma- 
daire, imprime avec *les types fabriques k 1'6- 
tranger, et tres-r6pandu a. cause des sujets qu'il 
traite de preference et dont l'immoralite plait 
aux gens du pays. Le Timpao, publie aussi 
hebdomadaircment a Shanghai, en chinois et 
en anglais, sous le haut patronage de Li-Hung- 
Cliang, reminent homme d'Etat chinois. Nous 
ne parlons pas des circulaires publifies a Can- 
ton et dans les autres capitales, n'ayant voulu 
que donner une idee du journalisme dans le 
Celeste-Empire. 



Ouvrages offerts au Cercle. 



Par M. Alphonse Lemerre : 

OEuvrcs de Victor Hugo. Cromwell, \ vol. 
petit in- 12; Lucrece Borgia, Marie Tudor, An- 
gela, \ vol. petit in 12. Ces volumes font j jar- 
tie de la petite bibliothequo litteraire edit£e 
par M. A. Lemerre. Paris, 1876. 

Par MM. Firmin Didot et C c : 

Msus-Christ, par Louis Veuillot. avec une 
Ktude sur 1'art chretien, par E. Cartier. Ou- 
vragc contenant ^i 80 gravures executes par 
Huyotp*Veet fils, et 1<> chroinolithographies 
d'apres les monuments de 1'art, depuis les Ca- 
taeombes jusqn'i nos jours. 4° edition. \ vol. 
in-4, relie, dos chagrin, tranches dorees. Paris, 
1877. Firmin-Didot et O*. 



Le Secritaire-G&ranty Blanchot. 



l'aris. -— Typ. fillet et Duoioulia, rue dea Gr.-AngaatiDs, 5. 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N° 26. 



30 Jtdn 18tt; 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GliNEHAL 



DE L'IMPIUMERIE ET DE LA LIBRA1R1E 



£>OMMAIHK 




airie, de rimpriraerie el <le la Papetcrie, rue Bonaparte, 1, 



erclc de la Lihvairic. — Documents officials. — /f/'/.y au public, 
risprudence. — Fait a < livers. 



CERCLE DE LA LIBRAIRIE. 



Aasotnbtde (jbulrale da. 22 juin 1877 



Pr&tideuce de M. Basset. 

La stance est ouverle a deux henres. 

Premier) t place au bureau ; MM. liasset, prc- 
sident; Guillard et Odent, vice-presidents; Ar- 
uiand Templier, secretaire; Ducrocq, ireso- 
rier; Dumont, Des Fossez, (inis, Jousset, Lair, 
Lefovre, Tanera, conseil lers. 

(ii membres out signe le registre de pre- 
sence. 

M. lk Skcu^taihk donnc lecture du proees- 
verbal de l'assembleo gene rale clu 23 fevrier 
i877, qui est adopte. 

M. le President prend la parole el lit un rap- 
port dont nous doanons le resum6: 

« La commission chargee d'etudier le pro jot 
de construction d 'un hotel pour le Corcle a 
tenu plusieurs seances et examin6 diverses 
combinaisons qui lui ont etn presentees; elle 
s'est rattachee en dernier lieu a I'idee de cons- 
truire sur un des terrains provenant de i'an- 
cienno rue Taranne; — la depense pent etrc 
evaluee a. 500,000 francs; — une souscription 
ouverte parini les membres du Cercle a <He 
largement couverte et le capital necessaire 
peut etre considerc comrne assure. — Mais les 
revenus actuels du Cercle seraiont insuffisants 
pour iaire face atix charges nouvelles (pie 1'ins- 
tallation projeteedoit entrainer ; et, pour fain; 
face a ces charges, le Conseil et la commission 
de riinineuble reunis ensemble n'ont pas 

* 

Chronit/ue, 1877. 






trouve d'autre moyen que lYdevalion du laux 
de la cotisation. Cette elevation entrainerait la 
modification de Particle ;> des stalnts ? qui so- 
rait remplace par un article ainsi eoncu : 

« Le chiflre de la cotisation annuelle deman- 
« dee a chacun des membres iaisant partie 

du Cercle est de 200 francs. — 11 com prend 

le prix d'ahonnement au Journal de la Li- 
« briuric. 

« Tons associes on lils de membres du Cer- 
« cle payant la cotisatiun de 2U0 francs n'au- 
« runt plus a payer chacun par tOle que 
« tOO francs. 

a Deux associes on un mernbre du Cercle et 
(i son fils payeront done 300 francs. — Trois 
<i associes, 100 francs, et ainsi de suite. 

« I/impOt qui frappe ehaque membre du 
a Cercle restera a sa charge. 

« La cotisation est payee par trimestre et 
(i d avarice. Ln eas de non-payement, \c^ coli- 
« nations seront recouvrees par les voies lc- 
« gales, a la requefe du conseil et a la dili- 
u gence du tresorier. )> 

Celte proposition donne lieu a une discus- 
sion ussez aniniee. 

Mais Tassemhlee n'etant pas en nombre pour 
voter regulierement sur une modification des 
statuts, M. le President leve Ja seance sans 
qu'aticune resolution ail etc priso et il annonco 
qu'une deuxieme assemblee sera convoquoe 
dans les delais regie men (aires. 



Pour ex trait : 

Lc Si'crvlairc, 



A. Tkmclikr. 



2G 















••"' »«.\ :'<U'Z *■ 



"«,"■ ■ /•■ ■ ."■ 






we 



CHKONIQUE. 



DOCUMENTS OFFICIELS. 

A partir du i cr juillet prochain, les corres- 
pondances k destination, savoir : 
1° De I'empire du Br6sil; 
2° De l'ensemble des colonies portugaises 



(Goa et ses dependances et Macao en Asie; les 
lies du Cap- Vert, de San Thome et du Prince, 
l'etablissement d'Ajuda, la province d'Angola 
et Mozambique, on Afrique; Timor, en Oc6anie). 
Seront soumises, en France, au tarif sui- 
vant : 



NATUrtK 

des 

COHFIKS PON DANCES. 



Lettree ordinal res, 



Lettres recommandees 



Cartes postalee ordinaires 

Cartes postales recommandees 

Papiers d'affaires, oohantil- / Ordinaires... 
Ions, journau x et autres ) 
imprimis , . ( Reconimaodus 

Avis de reception dos ohj^ts recommandes. . , 



CONDITION 


TJMITE 


de 


do 


raiTmnclus- 


l'affranchis- 


Rcment. 


semcnl. 


I'aeultatif, 


Destination . 


Ohli^ r atoire. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 


Id. 



PRIX 

de 
l'affranchissement 



40 cent, par 15 grammes. 

40 cent, par 15 grammes 

et droit fixe de 50 e. 
20 cent. 

45 cent. 

8 cent, par 50 grammes. 

8 cent, par 50 grammes 

tit droit fixe de 25 c. 
Droit fixe de 20 cent. 



Quant aux lettres non affranchies provenant 
du Bresil et des colonies portugaises, elles se- 
ront passibles a la charge des destinataires 
d'une taxe uniforme de 70 c. par i"j grammes. 



-*sZfc/>- 



Avis au public. 

Les expeditions de France des d6p£ches a 
destination des Etats-Unis auront lieu, pen- 
dant le mois de juillet prochain, aux jours vl 
beures indiques par le tableau ci-apres : 



Ports 

ilVtiibarquciiuMil. 


d 


Dat«« 
Vinbarqueiuimt. 


Jours et titMin^ 

d'l.'ijuhlitiou 

di: Paris. 


Southampton 


3. 


fuillet. ..... 


O 


juillet soir. 




<; 


'~"~ ...••• 


5 


— 


matin. 


Havre (paquebot 












hambourgeois). 


7 




C 


— 


soir. 


Havre (paquebot 














7 


— . . - 


7 


— 


matin. 




8 


— 


7 


— 


matin. 


Southampton .... 


10 


— 





— 


soir. 




i:t 


— 


12 


— 


matm. 


Havre (paquebot 












hambourgeois). 


14 




i:j 


— 


soir. 


Havre (paquebot 














14 


— 


13 


— 


soir. 




15 


— 


14 


— 


matin. 


Southampton 


17 


— 


16 


— 


soir. 


Queenstown 


20 


— 


19 


— 


matin. 


Havre (paquebot 












ham bourgeois). 


21 


— . ... 


20 


— 


soir. 


Havre (paquebot 














21 


— 


21 


— 


matin. 


Queenstown 


22 


— 


21 


— 


matin. 


Southampton .... 


24 


— . . . 


2.1 


— 


soir. 


Queenstown 


27 


— ■ 


2(i 


— 


matin. 


Havre (paquebot 












hambourgeois). 


28 


— . • . 


27 


— 


soir. 


Havre (paquebot 












franca is).. .... 


28 


— 


21 


— 


son*. 


Queenstown. .... 


29 


**«•■• 


28 


— 


matin. 


Southampton. . . . 


ai 


— 


30 


— 


soir. 



Les correspondances a destination : 

de la Nouvclle-fialles du Sud, 

de la Nouvelie-Zedande, 

du rest*! do 1'Australie I sur | a dmnande expn>s 3 <> 

de la Nouv.-Caiedoniei } des envoyeurs, 

scront achemin6es par le paquebot qui partira 
de Queenstown le 27 (de Paris le 20 au matin). 



JURISPRUDENCE. 

Tribunal de commerce de la Seine. 

Audience du \6juin 1877. 

PRESIDENCY DE H. TRUELLE. 

M. Marinoni avait coolie* k M. Bonnafoux le 
soin de retoucher son portrait, qui avait ete 
primitivement grav6 sur cuivre par M. Rapine, 
et de graver divers modeles de ses presses ty- 
pographiques, d'aprcs un specimen de gravu- 
res execut6es par M. Laplante. M. Bonnafoux 
presenta ses epreuves, qui furent refusees; il 
retoucha les bois, nouveau refus. M. Bonna- 
foux assigna M. Marinoni en payement d'une 
facture de 2,425 francs. 

Le Tribunal, apres avoir entendu M e Mar- 
raud, agre6 de M. Bonnafoux, et M r Lignereux, 
agree de M. Marinoni, a statue dans les termes 
suivants : 

« Le Tribunal, 

« Kegoit Marinoni opposant en In forme au jmje- 
inent de def'aut conLre lu*i%*endu par ce tribunal, le 

1. La voie normale et reguliere pour les envois a la 

Nouvelle-Caledonie est celle do Suez. 



CHRONIQUE. 



!07 



! 



8 juillet 1876, et, statuant au fond sur le nitrite de 
son opposition; 

« Attendu qn'a Fappui de sa pretention, Bonnafoux 
ftoutient que Mnnnoni aurait commande divers tra- 
vaux de dessin et gravure sur bois, et notamment la 
transformation d'un portrait du defendeur et la repre- 
sentation de divers modeles de presses typo^raphiques; 
que les travaux auraient ete correctement executes; 
qu'ils auraient 6te sounds a plusieurs reprises a l'ap- 
probation de Marinoni; que les retouches indiqnees 
auraient &t& faites; qu'en consequence il serait fonde a 
en demander le payement; 

« Mais attendu qu'il resulte des documents soumis 
au tribunal et en particulier de l'examen des epreuves 
de gravure, que les retouches, faites au portrait primi- 
tivement grave par un sieur Rapine, n'ont pas donne 
les r6sultats que Bonnafoux avait fait esperer a Mari- 
noni ; qu'aucune epreuve n'a ete acceptee definitivc- 
ment; que les dernieres epreuves tirees par Bonnafoux 
lui-meme sur le cliche retouche par lui sont moins 
satisfaisantes, au point de vue de la ressemblance et 
de Inspect general, que celles obtenues sur le cliehe 
primitif et ne repondent en aucune facon a cc sur 
quoi Marinoni etait en droit de compter; que ce der- 
nier est done fonde" a refuser le travail; 

« Attendu, en outre, que les modeles de presses ty- 
pographiques ont ete commandos a Bonnafoux con- 
formes a des types de gravures anterieurement execu- 
tes par ses soins et sous sa direction, pour le compte 
de Marinoni; que, seduit par la perfection de cette exe- 
cution, Marinoni avait expressement demande une exe- 
cution anssi parfaite;que Pexamen attentif des epreuves 
nouvelles et la comparaison avec les epreuves anciennes 
font voir des differences notables outre h's deux series 
au point de vue du fini du travail, de la vigueur des 
tons, de la finesse du modele et de la valeur artislique 
de l'ujuvre; que Bonnafoux n'a pas found a Marinoni 
ce qu'il lui avait promis ; que ce dernier est done 
fonde a refuser les gravures dont s'agit; 

« Attendu que la facture s'eleve a 2,42. r J francs; que 
les laisses pour compte ei-dessus specifies s'elevent a 
4,315 francs; que le surplus de la facture representant 
910 francs ne saurait Aire de la part de Marinoni Tab- 
jet d'aucune critique; quo les prix ont ete verifies, 
qn'ils sont justifies ; que Marinoni doit etre tenu an 
payement de cette sornme; 

« Par ces motifs, vu le rapport de l'arbitre, 
« Declare Marinoni mal fonde en son opposition an 
jugement du 8 juillet 1876, Pen deboute, mais seulc- 
ment k concurrence de 910 francs; 

« Condamne Marinoni aux dopens, dans lesquels 
(iO francs honoraires de l'arbitre. » 



FAITS DIVERS. 

On acheve en ce moment, au centre de Pan- 
cienne lie Louviers, entre le qnai Henri IV et 
le boulevard Morland, un batiment eleve aux 
frais du departement de la: Seine et destine a 
contenir les archives municipals et departe- 
men tales. 

Les archives de la ville de Paris et du depar- 
tement de la Seine ont et6 completement in- 
cendiecs en mat 1871. Elles contenaient d'inap- 
preciables richesseshistoriques. Malgrele triage 



fait de 17&* a 1800 etle transport d'une grande 
quantite de papiers et de registres a Photel 
Soubise, il etait rest6 a PHotel-de-Ville plu- 
sieurs milliers de liasses et de cartons appar- 
tenant a l'ancienne administration munici- 
pale. 

Les six corps de march ands et les metiers 
6taient largement represents dans cette col- 
lection : les papiers dont il s'agit donnaient 
des renseignements fort curieux sur Porgani- 
sation et le regime interieur de la bourgeoisie 
marchande, sur le fonctionnement des indus- 
tries parisiennes au temps des maltrises et des 
jurandes. 

Mais la periode revolutionnaire avait sur- 
tout fourni son contingent aux archives de la 
ville et du d6partement. Les proces-verbaux 
des assemblies electorates d'oii sont sortis les 
deputes aux Etats gen6raux, les comptes ren- 
dus des stances des districts et des sections, 
les actes de la commune et du directoire de- 
partemental qui lui succ6daient etaient la tout 
au long, en minutes, avec Porganisation de 
1'Kglise constitutionnelle et les listes d'emarge- 
merit du clerge parisien assermente. 

Puis venaient les actes admin isi rati fs de la 
pr6fecture de la Seine, creee en Pan VIII ; les 
papiers de Frochot, la correspondance de la 
ville avec le premier consul pour la reprise des 
grands travaux et 1'elTacement des traces de 
la Revolution. Le retablissement de Poclroi, 
la cr6ation des abattoirs, la formation des 
budgets, les percements 6dilitaires tels que la 
rue de Bivoli, les quais Napoleon et Monte- 
bell o, avaient egalement laiss6 des traces 
ecritcs, ainsi que les fetes et c6remonies pu- 
bliques, depuis la federation du Champ-de- 
Mars jusqu'au mariage de Pempereur et roi. 

Les jours sinistres, — les massacres de sep- 
temhre en particulier, — etaient egalement 
represents dans ces archives par des recus, 
des bons, des requisitions de diverse nature, 
en faveur de ceux qui avaient « travaill6» dans 
les prisons. 

La Restauration, le gouvernement de Juil- 
let, la r6publique de 1848 etle second Empire 
avaient legue de nombreux actes administra- 
tifs & ce depot; les plus importants etaient 
irnprimes, fort heurcusement; ce qui a contri- 
bu6 il att^nucr la perte. On a recherch6 ces 
irnprimes; on a glane partout les copies et les 
expeditions diverses des actes detruits, et Pon 
a fini par reconstituer une parlio des pieces 
incendiees. 

Mais les archives de la ville et du departe- 
ment contenaient un tr6sor unique, inappre- 
ciable, que rien ne peut ni supplier ni rem- 
placer : c'6tait la collection des registres de 
P6tat civil des paroisses de Paris, formant une 
serie de plusieurs milliers de volumes, dont les 



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CHRONIQUE. 



plus anciens remontaient aux xm e et xiv° sie- 
cles, Toute la population parisienne 6tait la 
enregistr6e dans lcs trois actes importants de 
la vie civile et religieuse de co temps : bap- 
lAme, manage, inhumation. Des genealogies, 
des signatures, des renseignements intimes 
qu'on aurait vainement cl:erch6 ailleurs, abon- 
daient dans cette collection. En la parcourant, 
on voyait Ie commerce se former a Paris, les 
metiers s'y developper, les strangers, — les 
Lombards, par exemple, — s'y acclimater et 
faire souche parisienne. II y avait la matiere a 
des millions de biographies. Co recueil est 
perdu a jamais; laperte en est irreparable. 

C'est pour 6viter le retour de pareilles ca- 
tastrophes que la ville et le d^partement out 
decide" la construction d'un batiment special 

]>our leurs nouvelles archives. 

[VresseA 



La Sooi6te* des anciens textes franeais a tenu, 
jeudi dernier, sa stance gene>ale annuel le, 
sous la presidence de M. Gaston Paris, mem- 
bre de l'lnstitut. Le discours du president, les 
rapports du secretaire, M. Paul Meyer, profes- 
seur au college de France, et de M. le baron 
James de Rothschild, tresorier, ont constate 
Point satisfaisant de Ja Societe, quicomple ac- 
tuellement plus de 400 membres. 

Trois volumes ont et6 diatribues cette :in- 
nee : ie premier d'un recueil des Miracles de 
la Vierge par personnaues, Ie joli poeme de 
Guillaume de Palerme, et deux redactions en 
prose du celebro roman dos Sept Sages. La So- 
ciety a nomm6 cette annee M. II. Michelanl, 
pr6sident, et MM. Thurot et de Montaiglon, 
vice-presidents. 



La Societo des etudes historiques d61ivrera, 
dans sa seance publique de 1878, un prix de 
1000 francs a l'auteur du mcilleur memoire 
sur la question suivante : His hare du j^or trait 
en France (dessiji, peinture et sculpture). Ce 
prix provieut de la fondation Raymond. 

Le sujet du concours de 178!) est: Histoire 
des provinces danubiennes depuis V invasion des 
Turcs jusqiiau traitc d'Unkiar Skelcssi, 



L'Academie franeaise, dans une do ses der- 
nieres seances, a decern6 le prix do Jouy a 
M. Louis Depret pour son volume de pensees 
intitule : Cornrne nous sumrncs. 



On vient d'inaugurer a Venise une inscrip- 
tion comin^morativo plaece par les soins des 
(Hudiants de Padoue sur la facade de la maisou 



qu'on croit avoir appartenu a la famille des 
Manuce ou Aide, les ceJebres imprimeurs . 

Des discours ont ete prononc^s par le pro- 
fesseur Ferai et par lo pro-syndic de Venise, et 
un grand banquet a 6t6 offertau Lido, par le 
comte Dona, aux etudiants de Padoue. 



En Anglcterre, on s'occupe depuis longtemps 
de Morgan iser d'une maniere rationnelle et 
conforme aux int6rt>ts de PEtat et du public le 
service des archives nationales. 

Deja, en 1830, la Chambre des communes 
avait norame une commission, chargee de re- 
voir les documents contenus dans les archives 
et d'en ecarter les pieces sans valeur. 11 y a 
deux ans, il fut cree, par acte du parlement, ce 
qu'on appelle anjourd'hui le Public-Record- 
Office, ou doivent etrc gardes certains docu- 
ments determin6s. 

Dans la revision qui a ete faite, ou a trouve 
despi&ces et des documents qui n'avaient que 
faire dans une collection de ce genre. Cost 
ainsi que, suivant le recueil the Academy, il y 
a parini les registres de Pamiraut6 cinq series 
de journaux de bord, de 1087 a 1840, qui ne 
fonnaient pas moinsde 28,850 volumes. On va 
garde r un einquieme de cos materiaux, le reste 
va el re aneanti. 

D'apres le plan de Ja direction des archives, 
une nouvelle commission serait nominee, com- 
posed de deux juristes et d'un archiviste du 
Record-Office, pour soumcttre encore une fois 
tous les documents a une revision conscien- 
cieuse et approfondie. On detruirait impitoya- 
blement tous ceux qui, de l'avis unanime des 
juges, n'auraient aucune val-eur. .On fixerait 
com me limilo extreme Tan nee 1714, au-dela 
de laquelle la regie serait de ne rien detruire. 

Lo oYjparlcment serait dorenavant divise en 
trois sections : la premiere comprendrait cxclu- 
sivement les documents parlementaires; la se- 
conde, les pieces judiciaires; la troisieme, tous 
les mat6riaux d'un interet hisLorique, topo- 
graphiquc et statistique. 

Au Record-Office, on recoil actuellement, 
par an, 120 tonnes de documents. 

La mesure dont nous parlous aura pour but 
de faire de la place a ces entrees nouvelles, et, 
d'un autre eot<'^, de rendro plus faciles au pu- 
blic la communication et la consultation des 
plecos, par consequent de remplir la double 
destination de Unites les collections d'archives. 



Le Seer 6taire-G4r ant, Blancqot. 



P«rls. -Typ. PilUt et Dumoulin, rue dos Gr.- Augnslins, &. 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N° 27. 



7 Juillet lg-n. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPIUMEIIIE ET DE LA LIBRAIRIE 



Paris, au Cerclc <le la Librairie, de rimprimerie et tie la Papeteric, me Bonaparte, i m 



Sommaire : Fails diver*: ,-■»— YarttMs : Uq livre scandalenx en Angleterre. — Ventes publiques. 






x • 



j \ 



*i_ 







M. Leonzon-lc-Duc nous donne dans lc Jour- 
nal des I)6bats du 4 juillet des renseignements 
int6ressants sur les manuscrits franr.a^s conser- 
v6s a la bibliotheque imperiale dc Saint-Pe- 
te rsbourg : 

« Ces manuscrits, dit-il, formcnt im depot 
consid6rable. 

« Enlcv6s a nos Archives nationales en 1780, 
lorsde la prise de la Bastille et du sac de Fab- 
baye de Saint-Germain-des-Pr6s, ils furent re- 
cueillis par un agent russe, nomine I)u- 
browski, qui les vendit, en 1805, il'empereur 
Alexandre I Cr . 

« Les Russessont tres-flers de ce tr6sor. Pour 
rien au monde ils ne voudraient en etre depo- 
sedes. En 1812, lorsque la Grande Armee avait f 
deji franchi leur frontiere, craignant qu'il ne 
tombat aux mains de Napoleon, ils clouerent 
les manuscrits dans des caisses, avee le projet 
de les expedier, des la premiere alcrte, au fond 
du gouvernement d'Olonclz, contrive sauvage 
oil ils csporaicnt bien qn'aucun Franeais ne 
songerait i lcsaller chercher. Chose curieuse ! 
e'est precisement dans cette contree, sur les 
hords du lac One"ga, que, t rente-cinq ans plus 
tard, je suis allf* chercher moi-meme le por- 
phyrc rouge antique dont on a far.onne le sar- 
eophage dc Napol6on pour son tombeau des 
Invalides ! 

« Jusqu'a mon voyage de 184f>, nous n'avions 
(Mi en France, sur les manuscrits dont il s'agit, 
que de vagues indications. Schintzler les men- 
lionnc brievement dans son ouvrage sur la 
Itussic public en iH'X't. Crflce a Paniicale obli- 

('hrunique, 1877. 



geancc du comte OnvarofF, ministre de I'iris- 
tructionpublique, lcd^pot me fut liberalement 
ouvert. Plus de deux mille pieces me passerent 
sous les yeux. J'en dressai un 6tat explicatif 
(pie je communiquai au ministcre de 1 'instruc- 
tion pnblique et a l'lnstitut. 

« Ainsi la mine etait ouverte ; elle n'a pas 
chome depnis. Durant lecours domes voyages, 
j'en ai ex trait de nombreuses lettres el depe- 
ches de Henri IV, de Richelieu, de Mazarin, 
etc., qni ont pris place dans les Documents inti- 
dits dc Vhistoire de France; d'autres ont con- 
tinue mon travail. Anjourd'hui encore, le 
due DocJizes fait transcrire parmi les pieces 
diplomatiqucs que j'ai signalees cclles qui inte- 
ressent plus special e men t son departement. 11 
convient d'ajouter que, pour cette exploration 
du dApAt franeais, le gouvernement russe sa 
montre d'une complaisance extreme ; de plus, 
les eopistes que Ton pent se procurer a Saint- 
Petcrsbourg sont habiles et d'exigences rnodes- 
tes ; en sortc qu'avcc le temps eta peu de frais, 
si nous y ten ions la main, il nous serait facile 
de tumbler dans nos archives nationales l'im- 
portante et regrettable lacune dont elles ont 
soulfert pendant trop d'annees. 

En dressant l'etat des manuscrits franeais 
conserves a. la Bibliotheque imperiale de Saint- 
Petershourg, je les ai divises en trois classes : 
manuscrits historiques, manuscrits diplomati- 
ques, manuscrits speciaux. Ces derniers of- 
frent une grande van"6t6, un intcret scrieux, 
souvent piquant. Je citcrai notamment la col- 
lection relative a l'histoirc particuliere de la 
Bastille, collection lumineuse, ne comprenant 
pas moins de sept porlefenilles in-folio ou in- 
quarto bourres de documents judiciaircs et 
autres : lettres de cachet du roi, ordres des 
minisfres, memoires, espionnages de police, 



27 



5W*-Va 



gj?5=?^^ 






'r-'r/XJfi 



•v* . 



MO 



CHRONIQUE. 



i liter rogatoi res, Iistes de ronde, correspondan- 
ces, pieces en vers et en prose, etc. 

La correspondance des prison niers est des 
plus 6mouvantes. On y trouve, en outpe, tine 
foule de traits curieux et caracteristiqucs. Un 
M. d'Aligre, emprisonne pour avoir manque" A 
la marquise de Pompadour, se plaint du re- 
gime intolerable auquel il est soumis. I/abtye 
de Vence, Ferdinand de Villeneufve, reclame 
d'abord du tabac; puis, dans un long m6moire T 
il 6numerc les divers objets dont il a besoin : 
« une paire de souliers, quatre moucboirs des 
Indes, quatre paires de bas de dessous en fil, 
six tours de col, de la mousseline pour deux 
paires de manchettes, un manchon, deux pai- 
res de bas a raccommodcr, un bref des offices 
du diocese de Paris pour 1760, un almanacb 
royal et un petit paquet decuredents. » On nc 
s'empressait gnere, parait-il, de satisfaire a sa 
requfite, car Fabbc' la renouvelle en termes 
amers : « Je ne crois pas, dit-il, qu'il soit dans 
Fintention de S. M. que je sou fire de Findi- 
gencc, moi bom me de quality. )> 

Les pieces en prose ou en vers, emanant des 
prisonniers, remplissent trois portefeuilles. 
Una note nous apprend qu'elles out ete dai- 
sies sur eux au moment de leur arrcslation, 
ou composeos par eux pendant lour captivile. 
Ces pieces s'inspirent des evenements du temj»s, 
des intrigues de cour, du rAIe joue par bis per- 
sonnages en vue, de la situation particulicre 
deleurs auteurs, etc. Elles embrassent tons Ins 
genres: fables, vaudevilles, chansons, sonnets, 
madrigaux, satires mord antes, bymnes sera- 
phiques, parodies theologiques, pieuses 16- 
gendes, boutades politiques, jeux de mots gra- 
veleux, acrostiches. 6nigmes, epilaphes, etc. ; 
kaleidoscope ou se retlechissent les impres- 
sions les plus disparates, toutes les passions 
qui peuvent agiter un bomme condamne a la 
vie du cachol. 

Les querelles religieuses occupenl egale- 
menL une tres-grande place dans cette galerie. 



Le Temps annonce d'apres YItalie que M. Fer- 
dinand Duval, pr6fet de la Seine, a envoy 6 a 
M. Venturi, syndic de Home, VIHstoire ijtnerale 
de Paris, trois volumes sur Fassainissernont de 
la Seine, Pep oration et rassainissement <les 
eaux dV-gout, et qu'il a recu, en retour, du 
syndic de Home, un certain nombre de docu- 
ments publies par la municipality romaine. 

M. Ferdinand Duval a pris, en eflet, Initia- 
tive d'un echange rcgulier de documents admi- 
nistrates avec les princij)ales capitales de l'Ku- 
rope etles villes les plus irnportanlesde FA1116- 
rique; la pin part des villes auxquelles il s'est 
adresse out deja re pond u avec empressement 
a son appel, et la bibliotbeque administrative 



de la prefecture de la Seine s'enricbit chaque 
jour de nouvelles publications etrangeres rela- 
tives aux questions municipales. Home, Naples, 
Florence, Bruxelles, ont iransmis les docu- 
ments les plus recents de leur administration 
communale. Londres a envoye la description 
des travaux 6dilitaires entrepris par le Metro- 
politan Board of Works, Je compte rendu de- 
tail 16 des essais poursuivis pour l'application 
des eaux dugout a Fagriculture; Vicnne, Ge- 
neve, Berne, toute une serie d'ouvrages faisant 
connaitre les melhodes d'enseignement en 
usage dans les 6coles ])rimaircs de FAutriche- 
Ilongric el de la Suisse, etc., etc. Dans quelque 
temps, d'apres les intentions <le M. Ferdinand 
Duval, il y aura au Luxembourg une collection 
pr6cieuse et certainement unique en Franco 
d'ouvrages relatifs aux questions qui in 16 res- 
sent le bien-6tre g6n6ral, dont F6lude incombe 
aux municipalities. De cette faeon, les progres 
qui seraient r6alis6s a Fetranger pour rassai- 
nissement et 1'embellissement des villes ne 
passeront plus inapercus a Paris. 



La bibliotbeque imperiale de Saint-P6lers- 
bourg a fait para i Ire recem merit son rapport 
annuel relatif a Fann6o 1870. Le budget de 
cette bibliotbequc est de 8o,. r if>!> roubles (le 
rouble vaut 3 fr. 9;> c.). Sur cette sornme, il 
a etc d6pense pendant l'ann6e qui vient de 
s'ecouler 16,905 roubles pour achat de livres. 
Le nombre des ouvrages nouveaux, entres dans 
la bibliotbeque pendant l'annee derniere, a 6t6 
de 19,8o'i, formant 21>,4d5 volumes. Les sal les 
de lecture ont 6t6 frequences par i, r >9,, r >08 lec- 
tenrs, qui ont consul to 337,. r >3<> volumes. Le 
journal russe le Golos, en citant ces cb iff res, 
ajouteque plusieurs sections de la bibliotbeque 
sont tellement remplies qu'il n y a plus place 
pour les livres. 



-%S&£.s>- 



VARIETES 



Un Livre scandaleux en Angleterre. 

Les correspondants anglais de plusieurs jour- 
naux de Paris ont entrctenu leurs lectenrs des 
p6rip6ties du proces intents a Londres a 
M. Hradlaugb et a M n,< - Annie Besant, a l'occa- 
sion de la reimpression d'un livre r6put6 im- 
moral. Le Monitcur universe I nous en donne 
un recit tres-circonstancie. 

M. Hradlaugb, libraire, et M m<1 Besant, 
femme d'un eccl6siastique du Yorkshire, tons 
deux tres-libres penscurs, out publi6 une bro- 
chure intitulee : les Fruits de la philosophic . 



CHRONIQUE. 



Hi 



Cette brochure n'cst, du reste, qu'un ox trait 
d'un livre dti docteur Knowlton qui, depuis 
vingt ans, a tin certain succes en Amerique. 
Les Fruits do la philosophic ont pour but de d6- 
montrer que les families sont trop nombreu- 
ses dans la Crande-Bretagne, ct que l'accrois- 
sement de la population dans un pays qui, lui, 
ne pent s'agrandir, est une source de misere. 
C'est la one opinion comme une autre; seulc- 
ment, M. Bradlaugh et M mc Besant donnent 
les moyens de rcmedier a ce qu'ils conside- 
red commc une source de crimes, et ils lirni- 
tent a lour gre la quantity d'enfants qui doit 
suffire au bonhcur des percs et meres. Je n 'af- 
firm e pas que les Fruits de la philosophic puis- 
sent tHre places dans la corbeille d'une jeunc 
marine ; ma is cependant je crois que si on avait 
fait moins de bruit autour de 'cet opuscule it 
sera it res 16 ce qu'ilest eh r6alite, une sorte de 
traite medical assez ennuyeux et que se se- 
raient peut-etre procur6 en cachette les collu- 
sions avides d'une' science prfimaturtfe. 

Comme nous n'avons pas encore de minis- 
tere public, ce sont .les societes particulieres 
<jui prennerH en main la cause de la soeiete 
g6nerale, et la Society pour la suppression du 
vice ne pouvait manqucr de saisir une si belle 
occasion pour fairc parler d'elle. A sa requoto, 
M. Jlradlaugh et M m " Besant ont ete ponrsui- 
vis au eriminel, et vous allez voir coinbicn 
cette poursuite a etc ingenicuse. Des (pie, par 
le magistrat de simple police, les deux incul- 
p£s ont ete renvoyes devant une juridiction 
superieure, ilsse sont empresses de faire tirer 
une nouvelle edition de leur brochure, en de- 
clarant dans hi preface qu'ils agissaient ainsi 
pour demontrer leurs droits de publication, et 
j 'imagine aussi pour gagner un pen d 'argent, 
car pendant que s'instruisait l'aflairc, pendant 
que M. Bradiaugh et sa compagne nsaient de 
. tous les d6Iais legaux, — Dieu sail si nous en 
avons une jolie collection, — les rues de Lon- 
dres etaient inondees des Fruits de la philoso- 
phic, qui ont atleint le chiffre de soixante-dix 
Editions et qui se sont vendus a plus de trois 
cent mille cxemplaires. 

Tout a une fin en ce monde, memo les pro- 
ces anglais. Le jury a prononce la semaine dcr- 
niere son verdict, le plus el range de tous 
les verdicts. Les Fruits de la philosophic 
sont condamnes comme livre immoral., mais 
les auteurs sont absous de ton to culpabi- 
lite, le jury trouve qu'iis ont agi sans mau- 
vaise intention. Arrangcz ecla, si vous pouvez. 
Moi, je ne ru'en charge pas. Devant c<: verdict 
d'un nouveau genre le lord chief justice a de- 
mands a reflechir etil a remis son jugement 
a quclques jours j)lus tard : autant de gagne 
pour les editenrs, qui 6coulent vivement leur 
stock d'immoralite; car le livre condamn6 par 



le jury ne peut tHre encore saisi, puisque le 
lord chief justice n'a pas rendu son arrGt. Eh 
bien, cet arreU n'est pas inf6n*eur comme sin- 
gularity au verdict du jury. M. Bradlaugh et 
M me Besant, qui sont declares innocents par le 
jury, sont condamn6s chacun k six mois de 
prison, 5,000 francs d'amende, eta fournir en 
outre une caution de 12,500 francs, garantie 
de leur bonne conduite a venir, ce qui signifie 
qu'iis ne pourront recommencer sous une au- 
tre forme, sous un autre titrc, la publication 
de Touvrage incrimine. 

II faut savoir le motif de cette condamna- 
tion, qui semble assez extraordinaire devant le 
verdict favorable aux accuses, et le lord chief 
justice explique la severite de son jugement. 
Le juryayant declare le livre immoral, M. Brad- 
laugh a ura it du en arreter la vente le jour 
memo, et ne pas la prolonger pendant le temps 
que le lord chief justice reflechissait. A cela, 
M. Bradlaugh pourrait r6pondre qu'il a use du 
benefice de la loi, et qu'en consequence il n'est 
passible d'aucune peine. Si le lord chief jus- 
tice avait prononce sa sentence imm^diatcment 
apres la decision du jury, et eonformemont A 
cette decision, il se serait vendu quelques 
exemplaires de moins des Fruits de la philoso- 
phic , el le proces ne serait pas a recommencer ; 
car, ainsi qu'on le pense, M. Bradlaugh et 
M mc Besant ne se tiennent pas pour satisfaits 
et vont porter leur affaire devant la cour des 
Erreurs. 



La bibliotbeque de l'Ecole nationale des 
beaux-arts de Paris ren ferine act ucl lenient 
75 monograph ies on rcstaurations d'edifices 
antiques choisis en Ilalie, en Grece, dans les 
iles, et jnsque sur la terre d'Asie. Cette pre- 
cieuse collection comporte ])lus de 700 dessins 
dus a nos pensionnaircs de Home depuis Tan- 
nic 1788. L'Etat n avait pas le droit de receler 
plus longlemps un parciftresor; il devait met- 
tre a la portee du public ce recueil unique de 
documents inestimables. M. Jules Simon, pen- 
dant son passage au departement de Instruc- 
tion publique et des beaux-arts, a decide la 
publication de ces dessins et des m^moires cx- 
plicalifs de leurs auteurs. Cette decision a ete 
prise \ la suite d'un remarquable rapport de 
M. (iuillaume. Le travail materiel, confie a la 
niaison Firmin-Didot, s 'execute sous le con- 
trOle d'une commission speciale et sous les 
auspices de 1 'administration franeaise, qui 
allouea cette umvre une subvention annuelle 
de 20,000 h. 

Chaque livraison se composera de la restau- 
ration entiere d'un mCme monument. Deux ont 
deja paru. L'une, <]ui comprend treize planches 
gravies en taille-douce 7 donne la restauration 






'^■.•-''■■v.wvv. '';;'^;-;; ; v^^:s:n''v^';:^ ;t ^.-^:-*: : ^ , :>;v-^-' : ^^*^ ; f 



112 



CHRONIQUE. 



de la colonne Trajane par Percier; Tautre 
contieat, avec six planches, la restauration de 
la basilique Ulpienne, par Le Sueur, membre 
de rinstitut. La premiere oflre un in Urfit spe- 
cial, parce que le travail de Percier, execute 
en 1788, et la restauration du theatre de Mar- 
cellus, fournie en 1783 par Thomas Vaudoyer, 
sont les seuls envois anterieurs a Tannee 1800 
qui aient subsist6 ; les autres ont disparu pen- 
dant la Revolution, probablement en 1703, 
lors de la suppression des Acad6mies du dix- 
septieme siecle. 

Le recueil est precede d'une introduction 
due a la plume de M. E. Vinet. Le savant bi- 
bliothecaire de 1'Ecole nationale des beaux- 
arts presente au Iecteur <c Phislorique des 
tentatives faites pendant pros d'un siecle et 
demi pour introduire dans Fenseignement 
de 1 'architecture tout un ordrede travaux oh 
le sentiment et la critique, — comme on Pa 
dit avec justesse, — se prCtent un mntuel 
appui. » Mais que de luttes, que de discus- 
sions, que de malentendus, avant de rendre 
fructueusement applicable une idee premiere 
qui appartient a Colbert, et de commenccr 
enQn cettc collection qui est, « en raccourci, le 
tableau des efforts in cessan Is d'une 6Iite d'ar- 
tisles, pour nous montrer intact le gout ou 
Pesprit de Tantiquit6 dans le premier des 
axis ! » Un rapport do M. Pcyre a PAcad6mie 
d'architecture, en 1778, indique qu'aucun 
plan de mise a execution n'etait encore adople 
a cettc epoque. IVaccord avec M. d'Angiviller, 
direcleur des bailments du roi, et sur la propo- 
sition de M. Gabriel, les academiciens se dfoi- 
dent ce pendant ;\ formuler un reglcment ; et 
Vien, place a la tete de nos pensionnaircs de 
Rome, recoit pour instructions de faire pro- 
c£der a la copie des monuments encore de- 
bout, et a. la restitution des ruines avec leur 
decoration. Mais l'Academie n'a pas prisle soin 
de supprimer l'ancienne coutume qui laisse 
les eleves s'absorber dans des projets d'edifices 
a envoyer a Paris, sans avoir le temps d'etu- 
dier les restcs de I'antiquite. Nouveaux taton- 
nements, nouvelles discussions en 1787 et nou- 
veau rapport demandant d'irnposer aux cloves 
Pobligation d'elever des monuments « dans 
Pespoir que ces etudes auront pour resultat de 
former un recueil de tout ce qu'il y a d'inte- 
ressant en architecture a Rome et dans PJ la- 
lie. » Un reglcment mieux coneu apparail 
en fin et consacre les restaurations ; mais e'est 
seulement en 1790 que l'Academie, dans le but 
de me lire de Pordre dans le travail, dressc la 
liste des mono mens a v lover et a dessiner. La 
conclusion a tirer de Pintroduction de M. L. 
Vinet, e'est que l'esprit franca is, si com plot 
dans les cboses de Tart et de l'intelligence qui 
£manent de la conception, n'a jamais brille 



que tres-lentement dans l'ex6cution adminis- 
trative. Nous souhaitons que la commission 
nommee pour divulguer, par la gravure et 
Pimpre9sion, les restaurations des monuments 
antiques, continue a organiser sa tache avec 
une activit6 superieure a celle que les acade- 
miciens d'autrefois ont mise a en faire prepa- 
rer les elements. 

Parmi les membres de la commission placee 
sons la presidence du directeur de3 Beaux- 
Arts, plusieurs, tels que MM. Due, Gamier et 
Ancelet, figurent au nombro des auteurs des 
restaurations destinies k etre puhliees. Nous 
nous demandons si ces maltrcs d'aujourd'hui 
n'auront pas la fantaisie de reviser le travail 
de leur jeunesse. D 'autres parvenus eminents 
de l'architecture, — pour ne citerque MM. Ballu, 
Lefuel, Louvet et Daumet, — se trouveront dans 
le meme cas. Ne saisiront-ils pas egalement 
I'occasion offerte de faire la critique de lenrs 
ceuvres d'apprentis, en y apportant les retou- 
ches que leur indiquera 1 'experience d'une 
longue et belle' carriere? A cole des tables 
d'or de la jeunesse studieuse, nous aurions 
ainsi un recueil de documents portant le sceau 
de la science acquise par l'agc mtir. II faut 
aimer etjuger larbre utile non-seulemei*t par 
le rameau de sa seve printaniere, mais aussi 
par son fruit d'automne. 

Sans vouloir faire parade d'insiincts riemo- 
cratiques que Tessence superieure de l'art ne 
comporte pas, nous 6mettons le dfoir de voir 
le travail commence faire, aveccelni que nous 
recommandons, Pobjet d'une autre publication 
plus accessible a toutes les bourses. Le zele de 
M. Vinet ne reculerait pas devant ce surcrolt 
de besogne. 

[Dcbats.) 



-><fc*f-» J > < 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (rue Drouot). 

Jeudi i£ juillct 1877. — Li v res francais et 
strangers bien relies, composant la hibliolhe- 
qne de feu M. (i. Nolle, avoeat. — Libraire : 
A. Labi tie. 



Le Seer Uaire-Ge" rant y Blancuot. 



Paris. — Typ. Pillet et Dumonlia, rne de? Gr.- Au^ustins, 5. 



06* Ann&e. 2« S6rle. 



N° 28. 



14 Jttillet 187V: 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



J)E I/IMPRIMEKIE ET DE LA UBIUIME 



Paris, au (lerclc <to la Lihrnirir, do I'lmpriineric rl dc la Papclcri<\ rue Bonaparte, 1, 







a r/c? /« fJ/jvm'rfr. — Exposition mwwseUr de 5 8T8. — Fails divers, 
li Quale en OTi, — Quvrutjcs offvrts au Circle, 



CERCXE DE 

Asscm^lec tjfowwle. du f» juitlct iK77, 



Prtaidence do M. Basset. 

Modification de V article 5 <ta<? stuluts. Awjmm- 
taUon du taux dtis cotisations on vuti da la 
construction d'un hotel pour le Cvrclv. 

L'asseinblee du 22 juin dernier n 'ay ant pas 
6L6 en n ombre pour voter dedinifivemenl, une 
nouvelle assemble-e gAnftnilfc special*? s'ost te- 
nuo le K juillct dans les salons du Cercle. 

La discussion a portA sur les nioyens du 
cuuvrir lea dfiponses d'achat du terrain, des 
constructions, ainsi quo de ramortissement 
des capitaox engages, sans eloigner do non- 
voatix adherents a notre ferric par nno i 



(f Tons los memhres paycront la memo 
somrne, sans qu i! soil, fait do dilTerence avec 
Jgs assneitfs. 

« Una PouseripUon dc , r JOO,000 frillies csl ou- 
verleeiil.ru kss iiiombres du On-cle a(in do reu- 
iur les fond.s neces*aires a la construction d'nn 
hotel. Les somuies snuscritus serwiL produc- 
tive* d 'in^rols a :j p. 100, » 

Les fmeienssouscriplcurs presents ;i 1'assem- 
blee onl. iuunedialement adh/'t'^ nnx condi- 
tions dp, IVinpninf. el, rc-^uliirise- huirs engage- 
ments sur* les tmuvelles bases. 

Le tyrant du Cerrle s« prosentora ehez les 
sonsuripleurs qui elaienl. absents el Chez les 
memhres du Orcle ijui selaient reserves, ailn 
de rr^ulariser on do recueillir leurs sous-* 
criptions. 

Les funds seronl nppcles, suivant les hesoins, 
en prtsveiinnt au moyon de uotro journal, au 
moins un mnis A I'avajice, des versements a 
fairc. 

Les intenHs seront paves an secPeLariat do 
| Or'elesmtiesLt'ielleiTtenLj a compter des 6poqn«s 



aprcrravaliari irop lourde des entisatioes an- . 
no ll x de Vdi'senuuiL 

nuelies. i 

I/a3sendd6e a acrjieilli avec la plus ^rande , rnur nxlrail. : Lr. Swrvtturr., 

faveur In prnjet d'nno sonseription dont I'inle- : 
tH serait dc 3 p. 100 an lien de fi p. HKK | 

Par contr^ elle a d^cidr qn'il ne seiait de- 
mand6 a chaqno membra du (^er^ln (pi'unts co- 
lisation do U)0 francs, .sansdi.sLinctinn enfre les 
chefs de inaison ot les associils, laissant it la 
cbargo do chacMin 1'imput pr<Meve parle^ou- 
verncment sur les cotisal.ic*ns, 

Les propositions siiivanf.es, mises aux vni x , 
onl £tfs adoptees ii 1'unaniniib' : 

« Kn vue do la construction d'un liAUd, 1'irJi 
pot sur les colisutions sciii a. la charge des 
nmtubres dn Circle. 



Cftronique t 1877. 



A. Tkmi'likh. 

Exposition universelle de 1878- 

La commission snp^rirmre diss exposition:- 

1 Internationales, t:Qmpl6t£e In 4 jiiilbd dernier 

i par la nomination de MM. le dim d'Audiffrct- 

j I'asquicn', president du Si'-nat, Andral, vice- 

pnVsident do conseil d'El.at, el. Alphand, di- 

reeteur des travjtnx de Paris, vient de se reu- 

nir pnur la pr'emif'rc f'ois au ministere \\t\ 

1'agricMlturo et r]u cniiiirier(Mi, stms la prrsi- 

dence dc M. In viconiLc! de Means. 

M. le ministre de ra^rlculture c k t du com- 

28 







in 



CHRONIQDE. 



merce a ouvert la stance par un di scours dont 
pons reproduisons les passages snivants : 

« S'il a et6 beauconp fait, il reste encore 
beau con p a fairc. Independamment des tra- 
vail x dont nous venons de parler, le regle- 
ment general est promulgue^ les admissions 
d'exposants sont prononcees, les emplacements 
sont repartis; mais il est nne question d'nno 
importance capitate qui se pr^sento devant 
vous tout entiero et sur laquelle nous attondons 
de vous des avis aussi compelents qn'autoris^s : 
je veux parler de Forganisation d'abord, et 
plustard de la nomination des jurys de recom- 
penses. Le moment est venu de s*on occuper, 
car pour 1'Exposition de 18(57 tout 6tait pre- 
par6 des le mois de juin precedent, et de la 
sage organisation, de l'benreux choix de ces 
jurys dependra dans le monde entier, ne Fou- 
blions pas, Fhonneur et la bonne renomm6e 
de noire future exposition. 

« Cette question est pout- G Ire la pins deli- 
cate; elle ne sera pas la seule sur laquelle vous 
aurez a delib6rer; sur tontes cellos qui vous 
seront sonmises, vous portercz, je n'en saurais 
donter, la phis attentive sollicitude. Comment, 
en effet, ce vaste et pacifique conconrs, ouvert. 
i\ tons les peuples, laisserait-il indifferent qui- 
conque est soucienx de l'avenir de son pays? 

« En ce qui nous concerne, FExposition se 
prepare dans les meilleures conditions. Tout, 
atteste Fahon dance des capitaux et. leur con- 
fiance dans le credit de la France. Tout nous 
promct cette annee nne beureuse recolle. 
L'ordrc public est et restera fermement main- 
tenu, energiquemont sanvegarde par le nianV 
chal president de la Ropuhliqiie. Le trait/; de 
commerce que nous avons sign6 bier avec 
I'ltalie, ronclu dans des conditions qui ne pcu- 
vent alarmer aucune induslrio, temoigno a la 
fois de Factivito de nos relations cornmorciales 
et de notre bon accord avec nos voisins. El, si 
nous vonlions rechercher a Favance quels eve- 
nements encore incertains pouvent exercor 
leur influence sur notre Exposition, e'est an 
delAde nos frontiores que se porteraient avail ( 
tout nos regards. Notre premier soubait sera it 
que la paix r6gnat alors entre tons les peuples 
que nous avons convies a cette fGte nniversclle 
du travail. » 

A pros le ministre, M. le commissaire general 
a pris la parole el expose* Total d'avancement 
des travaux de 1'Exposition, dont le succes s'af- 
iinne tons les jours plus certain. Tontes les 
puissances elrangeres, sauf rAUemagne et. le 
Hresil, nous donnent leur plus actif conconrs. 
Pour la France, le nonihn; des exposanls de- 
passe non-seulement celui des expositions an- 
terieures, mais encore va an dela de toules les 
provisions formees pour rKxposition acliiclle, 



et quoique l'enceinte soit beaufcoup plus con- 
siderable, il a fallu dans la repartition des es- 
paces reduire les demandes dans une forte pro- 
portion. 

Apres M. Krantz, les divers directeurs de 
1'Exposition : M. Berger, pour les sections etran- 
gcres; M. Dietz-Monnin, pour les sections fran- 
chises; M. Tisserand, pour Fexposition agri- 
cole; M. Porlier, pourle concours des animaux 
vivants, sont venus exposer a 'la commission 
l'organisation des services confifo ;\ leurs soins. 

M. de Longperier a entretenn la commission 
de 1'exposition artistique retrospective du Tro- 
cadero, exposition pour laquelle les demandes 
de\ja recues font prevoir un succes qui deipas- 
sera de beancoup celui de FExposition analo- 
gue de 1807. 

M. Krantz complete ces divers exposes en 
donnant des details sur la situation financiere 
de FExposition. 



Voici sur le m6me sujet quelques renseigne- 
ments donnes par la Libcrt6 : 

« Le system o, des tourniquets a Fent.r6e sera 
supprime; la perception par tickets a paru 
plus convenable pour assurer le controle et 
eviter la fraude. Les entrees de faveur seront 
grandement reduites, et le mode de constata- 
tion qu'on y appliquera sera plus simple et 
plus precis que celui employe en t8f>7. 

Les elablissements de consommation, an lieu 
dVHre installes, comme en 18<i7, dans la gale- 
rio ext^rienre du palais auqnel ils formaient 
nne sorte de ceinlure (Fun goiU fort contesta- 
ble, sans (compter d'autres serieux inconve- 
nients, seront places en dehors des palais et 
diss^min^s dans les pares et les jardins. Le 
principe de Fad judication a etc adopte pour 
les restaurants destines aux consomrnateurs 
riches ou aises. La redevance a payer sera ba- 
see sur le chifTrc des entrees pay antes, consta- 
tees par les comptes du ministere des finances, 
et Fobligation ou se trouveront les permission- 
naires de construire a leurs frais le local des- 
tine a devenir le siege de leur exploitation, 
permettra d'eliminer les speculalcurs qui ne 
feraient point honneur a leurs engagements. 

Le Catalogue sera divise en plusieurs vo- 
lumes. Un volume special sera affect/* a cha~ 
cune des grandes divisions de FExposition, avec 
nu volume de tables. Le Catalogue, imprime 
par rimprimerie nationals, sera livr6 directe- 
ment aux vendeurs par Fagent comptable du 
Tresor. Tout monopole de vente, tout droit 
d'inserer des annonces dans le corps de Fou- 
vrage est supprime. Le souvenir de certains 
desordres et la consideration de dignite meme 
de l'dMivre out determine cette mesure. 

Aucune laxe supplementaire ne pourra fitre 



V ■'!'■ , , ♦.' '-:" 



,:';;.•%' "V*"' 



CHRONIQUE, 



IIB 



pereue a l'interieur de l'Exposition, a Incep- 
tion de celles que justifierait un service rendu 
au public (etablissements de consommation, 
ascenseurs, etc., etc.). 

Les boutiques d'articles de Paris et autres 
seront egalement bannies du Champ-de-Mars 
et du Trocadero, ainsi que les cafes, les con- 
certs et les theatres, pour celle double consi- 
deration qu'une exposition ne doit, point tendre 
k se transformer en une sorle de ville distinctc 
de celle oil elle est etablie, et qu'il importe de 
mainienir a une ceuvre de cette nature son ve- 
ritable caracterc de concours ouvert seulement 
aux artistes et aux travail leurs des diffe rentes 
nations. 

Parrni Jes puissances etrangeres qui ont et6 
convives ofGciellement a participer a l'Exposi- 
tion, il en est trois seulement qui n'ont pas en- 
core donne de response definitive; ce sont les 
Etats-Unis d'Amerique, le Br^sil et Tempire 
ottoman. 11 n'est pas douteux toutefois que les 
Etats-Unis seront representees a Paris en 1878, 
et, malgre les difficultes de la situation ac- 
tuclle, la Turquie n'apas encore voulu renon- 
cer k ses projets de concours. On saitque l'em- 
pire d'AHemagne ne participera pas k TEx po- 
sition. 

Toutes les demandes des exposants francais 
ne sont pas encore parvcnues a I'administra- 
tion ccntrale; copendant, on en cornpte deja 
plus de 20,000, et il est a pr6sumer que le to- 
tal des demandes recuoillies par la section 
francaise sera voisin de 35,000. En 18(>7, on 
n'avait recu que 10,000 demandes k l'epoque 
de l'ouverture. Le rapport fait remarquer quo 
parmi les demandes arrives en ce moment se 
trouvent celles de toutes les grandes maisons, 
et que Ton n'apas a regretter, au moins jus- 
qu'k ce jour, I'abstention d'un producteur de 
quelque importance. 

II convient d'ajouter en terminant que sur 
3;>,313,000 francs qui composent le budget de 
l'Exposition, 25,3(>4,087 francs sont engages a 
i'heure actuelle. Ces cbiffres seuls donnent une 
id^e de rimportancc que la France attache a 
['Exposition de 1878 ct de la magnificence du 
cadre qu'elle Iui prepare. » 



FAITS DIVERS. 

M. Alfred Firmin Didot a fait expedier X des- 
tination d'Athenes le remarqnable portrait de 
son pere, M. Ambroise Firmin Didot, qui a 
figure au Salon de cette annfie. Ce j>ortrait, 
accompagne d'une collection richernent reliee 
des auteurs grecs edites par la maison Didot, 
doit etre remis au maire d'Athenes pour figu- 
rer dans Tune des salles do l'hotel de la muni- 
cipal ite. 

On sait que M. Amhroise Firmin Didot, I 



hel]6niste distingue, avait un culte particu- 
lier pour la Grece. Tl fut le premier qui pro- 
posa une Souscription en faveur des Grecs , 
dans une brochure publi6e sous ce titre. II fut 
aussi le principal promoteur et il eut Thonneur 
d'etre le secretaire du comite grec de Paris, 
dans lequel on comptait Chateaubriand, Ville- 
rnain, MM. lo due de Larochefoucauld-Lian- 
court, le due do Fitz-James, Mathieu Dumas, 
Sebastiani, le due de Choiseul, Laffitte, Benja- 
min Delessert, de Lasteyrie, Alexandre de la 
Borde, Alexandre de Lameth, d'Harcourt, etc. 



Le Courrier des Etats-Unis annonce qu'une 
invention des plus interessantes vient d'etre 
faite a San Francisco. 

M. Loring Pickering, Tun des r6dacteurs et 
proprietaires de V Evening -Bulletin et du Mor- 
niiig-Call de cette ville, vient d'ohtenir un bre- 
vet pour la reproduction instantanee par voie 
telegraph ique de planches ster6otypiques, en 
sorte qu'une page entifcre de journal peut 6tre 
transmise, prete a 6tre mise sous presse, d'un 
lieu quelconque a un autre. Ainsi, une page 
du Times, ou une feuille d'impression quel- 
conque, pourra passer en quelques minutes de 
Londrrs a New-York sous la forme d'un cliche 
bon a tirer immediatement. La seule difference, 
e'est que la reproduction pourra arriver agran- 
die ou reduite k volonte. Le procede est celui- 
ci : l'intervalle des Iettres et des lignes de la 
planche originalc est rempli avec une substance 
non conductrice de l'eiectricite, la face des ca- 
racteres rcstant k decouvert. La planche ainsi 
prepar6e est placee sur un cylindre a revolu- 
tion rapide, qui pr6sente successivement les 
Jettres a des aiguilles magnetiques montees 
sur un chassis. A mesure que les surfaces m6- 
talliques sont touch6es par les aiguilles, le cou- 
rant s'etablit, et des aiguilles magnetiques 
correspondantes fonctionnent a la station d'ar- 
rivee. Le courant est recu sur une preparation 
chimique ou il dessine exactement les mfimes 
caracteres que ceux sur Iesquels il s'est forme, 
et on a ainsi une epreuve exacte qu'il n'y a 
plusqu'a soumettre a un proc6de stereotypique 
analogue icelui usite pour la photogravure. 



-*•©«/*»- 



VARI£t£S. 



La Bibliothfeque natitmale en 1876 4 . 

RESSOURCES FINANCIERES. 

Au lieu d'un credit de \ \ 4,350 fr., inscrit au 
budget de 1 87T> pour les acquisitions, la reliura 

1. Extrait d'un rapport adresse" le 8 avril 1877 4 
M. 1<; ministry do I'instnictioii puhlique. 






146 



CHRONtODE. 



et l'eutretien des collections, nous avons pu 
disposer, en 1876, d'unc somme de 150,000 
francs, votee le 29 juillet 1875 par ]'Assembl6e 
nationale. En y ajoutant le revenu de la fon- 
dation du due d'Otrante, notre bienfaiteur, 
nous avous eu a depenser, en 4876, 454,000 
francs, qui ont ete partages comme il suit : 

Departement des imprimis 73,000 * 

Section g6ograpbique 4,000 

Departement des manuscrits. , . . 26,000 

Departement des medailles 28,000 

Departement des estampes 23,000 

154,000 

Le Credit ayant ete, sur votre proposition, 
Monsieur le ministre, augments de 50,000 fr. 
au dernier budget vote par la Chambre des 
deputes et le Senat, j'ai, d'accord avec mes col- 
legues du comite consultatif, fixe comme il 
suit, pour l'annee 1877, les sommes afTectees a 
cbacun des services : 

Departement des imprimis, 86,000 fr. 

Section g6ographique, 5,000 fr. 

Departement des manuscrits, 32,500 fr., plus 
2,000 fr. sur la fondation d'Otrante. 

Departement des rnodailles, 32,500 fr. 

Departement des estampes, 25,500 f p., plus 
2,000 fr. sur la fondation d'Otrante. 

Somme r6servee pour aider les departements 
qui auront les plus lourdes charges a suppor- 
ter, 18,500 fr. 

Vous avez daigne approuver ce projet de 
repartition, par votre lettre du 22 fevrier. 

DEPARTEMENT PES IMPRIMES. 

Communications, 

Le nombre des lecteurs qui ont frequents la 
sallo publique de la rue Colbert s'est eleve a 
53,181, et celui des lecteurs admis dans la 
grande salle de travail a 53,256. Nous avons 
communique 79,674 volumes dans la premiere 
salle, et 174,707 dans la seconde. Total ; 
106,437 lecteurs et 254,381 communications. 
Dans le cours de Pann6e 1875, nous avions 
enregistre 102,504 lecteurs et 267,382 commu- 
nications. 

II y a done eu augmentation du nombre des 
lecteurs et diminution du nombre des commu- 
nications. Cette diminution tient a plusieurs 
causes. D'une part, ehez les lecteurs de la salle 
Colbert, on a constate une tendance bien mar- 
quee a demander des livres destruction, qui 
amonent des etudes scrieuses et prolongees, 

\. Sur cette somme, 2,500 fr. ont C*U depeuseH pour 
les acquisitions et les reliures de la salle Colbert. 






plutOt que des livres d'arausement, dont les 
pages sont rapidement parcourues par les d£- 
sceuvres. D'autre park, nous avons augments 
dans une forte proportion le nombre des livres 
qui, dans la grande salle de travail, sont libre- 
ment mis a la disposition des lecteurs, sans 
qu'il soit besoin d'en faire la demande aux bi- 
bliothecaires. 

ACCROISSEMENT DES COLLECTIONS. 

A. D6pot UgaL 

En 1876, le depOt legal a fait arriverau de- 
partement des imprim6s environ 45,300 arti- 
cles, dont 5,100 ou environ appartiennent a 
des publications periodiques. En 1875, nous 
n'avions recu que 20,500 articles. L'une des 
causes de cette 6norme difference tient a la 
multiplicite des impressions auxquelles adonn6 
lieu le mouvement electoral en 1870; nous 
sommes bien loin cependantd'avoirrecu toutes 
les pieces qui ont et6 imprimees dans les de- 
partments pour ou contre les cundidats au 
S6nat et a la deputation. 

On constate avec regret que le depot legal so 
fait avec beau coup d'irregularite dans plu- 
sieurs departements. 

15. Dcp6t international. 

Par cotto voie nous sont arrives 132 ouvra- 
ges, formant 210 volumes, tous publies en An- 
gleterre et eu Espagne, 

(La suite prochainement.) 



■ ? i ^ fc^i^ 



Ouvracjes offerts au Cercle, 



Par l'auteur : 

Gerbe de Vdge d'or, poesies par M. IVI). de 
Saint-Sylvestre. Cbarmant vol. in-18, imprime 
avec luxe, sur papier teinte, par (Juantin. 

Sous le pseudonyme de Saint-Sylvestre se 
cache modestement, disons-le en toutc indis- 
cretion, un de nos plus honorables confreres 
en librairio, M. Parent-Desbarres. Le gracicux 
recueil tju'ii nous offre, poMiques assais de sa 
jeuncsse, renferme, dit un critique, une suite 
de compositions charmantes, empreinles de 
cetie harmonieuse facilite qui n'appartieiU 
qu'a la veritable inspiration. 



Le Secrttaire-Gdrant, BLANC0OT- 



Paria. — Typ. Pillot et Dumoulio, rue dos Gr.-Auguatins, li. 



66* Ann6e. 2 s S6rie. 



N« 29. 






21 Juillet 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GKNKRAL 



BE L'IMPRIMERIE ET DE LA UBRAIRIE. 



Paris, au Cercle <le la Librairie, <Ic rimprimcric et de la Papotcnr, rue Bonaparte, 1. 



..- * . . /. 



Sommaire : Ndcrologie : J . Effyjfrwl^'&aiifvhvers. — VarUtis : La Bibliotheque nationale en 1876 (suite). 



xV 



r <■ \ 



\ 



N E G R 0\U Q& 1 E^ 



Jules DELALAIN. 

Un grand douil, malheurensement prevu 
depuis quolque temps, vient d'atfrister l'im- 
]>riinori(5 et In librairie parisionnes. 

Un des phis dignes et tins plus veneres ro- 
presentants de ces industries, M. Jules Dela- 
lain, a etc enleve" subitemenf a raffection de sa 
famille, a restime profonde de ions ses con- 
freres. 

Ses obseques onteu lien mercredi'dernier, a 
la paroisse Sainl-Ilonore, oil s'elaiont reunis 
les principaux editours et imprimeurs de Paris 
et unc foule d amis et. d'hommes de letfros, en 
nombre si considerable que la modeste eglise 
n'a j)u les confenir. 

Lo corps a et/; conduit. ;in eimetiere Mont- 
parnasse et salue d'nn dernier adieu par MM. 
Charles Noblet, president de la ehambre des 
iinpriincurs, et Viez, prole de rimprimeric 
Delalain. Nous reprodnisons ci-apros les pa- 
roles prononcees par M. Charles Noblet : 

« Messieurs, 

u L'imprimerie parisienne, A. uno'ann^ do ' 
distance, perd di^iw de ses plus chores illustra- 
tions. Jules Delalain, quo nous conduisons an- 
ion rd'hui a sa derniere demeure, ne laissera 
pas parnii nous de moindres regrets qu'Am- 
broise Kinnin-Didot. b'nn et Faufre ont jet/; 
snr noire corporation un eclat dont elle est 

Here. 

« [I apparlient a la Chambro des Jimpri- 

meurs, dont M. Delalain etait le president ho- 



noraire, d'exprimer snr sa tombc le doulou- 
reux emoi que sa mort a caus6. 

« M. Delalain avait succedc a son pfcre dans 
cette rnaison d'imprimerie et de lihrairie si 
honorablement connne de plnsieurs genera- 
tions de maitres et. d'ecoliers. II y avait apporte 
des aptitudes ^o.n communes, et, grace a un 
ensemble de qualiles qui se enncentrent rare- 
rnent snr nne m^me personne : activity fe- 
eonde, inf elligence des affaires, loyaufe qui ne 
eapitule jamais, inalterable affability, il avait 
donne a la maison de son pere une extension 
nonvclle. 11 en avait anssi continue les bonnes 
traditions : e/est a lui, c/est a son intervention 
personnelle que snntdueseeseditions classiques 
d'une correction parfaife qu'on voit entre les 
mains des rleves de nos lycees; lui-mftmc il 
les collationnait Ientoment, prudemrnent, et 
ne soufTrait pas qu'il en fiU misau jour si elles 
n'avaienl, passe par sa scrupnlcuse lecture. 

u Cette conscience, ce sentiment du devoir 
professionnel, M. Delalain le ressentait profon- 
dement, et. il I'a pratique dans toutes les choses 
de la vie. 

a Done d'nn esprit juste, en meme temps 
(fin; d 'une reelle perspicacity, il fut bien des 
iois ehoisi comme arbilre par ses propres con- 
freres el. pre para la solution des plus impor- 
tant es affaires. Ses avis eel a ires, son amour 
de la coneorde empAeheront on tcrminerenta 
I'amiable dw contestations prAtes a s'engager. 
On elle que fut sa decision, on racceptait avec 
con fiance; personne n'etait tente de s'en plain- 
dre. ? taut on avait foi dans son impartialite. 

« Sa valour personnelle, Testime et la con- 
sideration que lui avait acquises son caractere, 
le designaient pour occuper un des premiers 
rangs ]>armi ses confreres. Successivement il 
fut 61 u j)r6sident du Cercle de la librairie et 



Chronique, 1877. 



29 












■ . ...»■■*' 



-;t.^*> ■-.:.= 



'■"*• ti^"""- 



ii8 



CHRONIQDE. 



president dc la Chambro des imprimeurs. 
Quels services n'a-t-i! pas rendus a l'une et a 
l'autre de ces institutions auxquelles il avait 
vou6 un attachement prcsquc paternel! Kn 
toute occurrence on avait reconrs a ses con- 
seils; et qu'il s'agit d'une d-marche delicate a. 
tenter, d'un travail difficile a faire, ce n'esl 
jamais en vain qu'on s'adressait a son hon 
vouloir. (Vest ainsi qu'il redigeait pour le 
Journal de la Librairie ces articles de legisla- 
tion ou de jurisprudence qui sont un guide 
sdr pour chacun dc nous; ainsi encore quo, 
analysant les diverscs conventions Internatio- 
nales relatives ;\ la propriety lilteraire, il en a 
ex trait ce commentaire qui fait an to rite et que 
d'autrcs que nous consistent avec fruit. 

« Quelque interet cependant que M. Dclalain 
apportat aux questions de librairie, ses predi- 
lections, il faut le reconnaitre, elaient prjnci- 
palement tournees vers riinprimerie. II a con- 
sacr6 a la defendro son temps, ses veil les. 
Pour elJe il a combattu de la plume et de la 
parole. Qu'il soit permis a celni qui l'a vu 
longlemps a I'amvre, dans le cmur duqucl il 
s'est bicn des ibis epancbe, de rappeler Ins 
titres de M. Dclalain a la reconnaissance de 
ses confreres. 

« Lorsque la question de la responsabilife 
des impri meurs ful, sou levee (levant les pou- 
voirs publics, les documents manqnaient; on 
pressentait nne legislation rodontable, per- 
sonnc n'osaiten sender les prolbndeurs. M. De- 
lalain eclaira la discussion d'un jour entierc- 
ment nonveau. Qui, avant ses patientes re- 
chercbes, soupeonnail les penal ites sansnombre 
6dicte.es a toutes les epoquos centre les impri- 
meurs? M. Delalain out le courage de fouiller 
les archives et dc leur emprunler cede Enu- 
meration a laspect de Jaquello out recule les 
16gislaleurs eux-memes. Aussi, aver, quelle vi- 
vacity, avec quelle indignation parfois il de- 
fendit, devant les ministres ondevant les com- 
missions parlementaires, les droits naturels 
d'une corporation composee, apres tout, d'hon- 
netcs citoyens ! 

« Cette meme ardour, il la deploya dc non- 
veau lorsqiril ful question d'abolir les hrevets 
d'imprimcur. M. Delalain n'etait pas partisan 
des nonveautes. La liberie de riinprimerie lui 
semblait un present funeste fait a la society en 
m6me temps qu'une atteinte a des situations 
acquises ; elle lui apparaissait en outre com me 
un principe deslructeur de 1'art typographi- 
que. II s'en declara l'adversaire eonvaineu. 
Centre la rues u re. projelee, centre riniquite 
qn'elle consacrait, il amenta tons les impri- 
meurs de France, (it ce Jul lui qui presida le 
congres k Tissue duquel les impi'imeurs, dans 
une resolution molivoe, exposaient lours griefs 
au gouvernement. Battu par les evenemenls de 



1870, il ne cessa do protester, et, sous le dra- 
Iieau do « rindemnile » qu'il arboradepuislors 
ainsi que Ions ses confreres, on reconnaissait 
facilcmcnt le partisan eonvaineu du regime 
de 1810. 

« M. Delalain ne se menagea pas davantago 
a propos danlres objets d'un inl6ret primor- 
dial pour notre indnstrie. Son me-moiro sur lo 
regime de riinprimerie nationalc, de mftmo quo 
sa brochure sur la legislation de la press**, res- 
leronl commodes modeles de discussion serr6o 
et d'invesligation patiente. 

« Travailleur infaligable, la maladie qui l'a 
si inopineme.nl frapp6, et donl il avait ressenti 
les premieres attcinles au retour d'un voyago 
dans le Midi, n'avait pu lui consciller le repos. 
Dans la pensee de servir encore une profession 
que sa vie tout entiere a honoree, il refondail, 
dans saretraite de Passy, de precedent.es publi- 
eations, et, se croyant sur du lendemain, il en 
faisait, il ya quolqucs jours, distribuer & ses 
amis le premier fascicule. Le premier!... Que 
de projels nous nourrissons ainsi, que la mort 
vient mettre a neanf ! 

« M. Delalain avait etc nomine chevalier dc la 
Legion d'lmnneur, puis officier de rinsfruction 
puhlique : deux distinelions hien dues a son 
zelo ardent, a son devouemonl absolu pour la 
chose publique, el auxquelles chacun avait ap- 
plaudi. Mais, en regard de ces satisfactions legi- 
times, une hien dure epreuve 1'avait atleinl; 
il y a quinze mois, M mo Dclalain mourait entre 
ses bras, enlevee en moms d'une heuro a. son 
affection et a eel hi de sa famille. M. Delalain 
ne se remit jamais de ce coup si cruel et si 
inaltendu. Quelques distractions qu'il parfil 
eh e roller, voyages ou fravaux li tie ra ires, une 
teinle dc melancolie ne cessa depnis lors d'cin- 
preindre ses traits naguerc si expansifs, si 
pleins de franchise el de bonle. Ah! e'est 
qu'clles ne se rumpent pas sans dechircmertfs 
ces unions ([u'une affection rnutuelle a cimen- 
teesduranf einquanleans de vie commune! Si, 
depnis lors, M. Delalain ne se retira pas coin- 
plelemenl do nous, du moinsnous nelevoyions 
qu'a (h; rares inlervalles et seulement lorsqn'il 
y avail, a fa ire ([iiehpie chose d 'utile ou a dire 
a Tun de nous quelque chose d'agreahle. 

« Qu'ajouier a ces lignes qu'une confrater- 
oite de vingt ans, qu'une atlection sincere a, 
dans !e trouble de sa don leur, jetees sans ordro 
sur le papier? 

« Chacun saitcombien M. Delalain cfail hon, 
charitable, humuiri, et comme sa hienfaisance 
elail discrete! C'esl aufour de sa tomhe seule- 
nuMif, qu'il est permis d'en parler. Jamais on 
n'a fail *ui vain aj)pel ;\ sa charite, k son excel- 
lent cuiur; nul in'mux (pie lui n'a. su faire un 
meilleur emploi d'une fortune aussi honora- 
blement ac<{uise. Que de sollicitude pour ses 



CHRONIQUE. 



li& 



employes, pour ses onvricrs ; avec quelle 
tenacity, quelle contention d'esprit, il s'in- 
g6niait chaque jour a ameliorer leur position ! 
Sa preoccupation constanto somblait Aire dc 
aire des heurcux. On n'a pas perdu le sou- 
venir des sacrifices qu'il s'imposa, lors du siege 
de Paris, pour nourrir ceux (pie le malheur 
des temps ne Ini permettait pas d'occuper. 

« Un mot, Messieurs, resume ma pensee. 
I/homme eminent dont nous deplorons en ce 
moment la perte etait un homme de l>ien, et 
e'est de lui que le moraliste cut pu dire : 
Transiit vitam bcncfacicndo. » 

Apres co discoufs, M. Viez, prote de 1 impri- 
meric Dclalain depuisde Iongues ann6es, a pris 
la parole en ces termes : 

<f Messieurs, 

« An nnni des employes eL des onvricrs de 
M. Jules Dclalain, je viens adresser un dernier 
adieu a notre cher et v6ne>e patron. 

« Je n'ai pas a parlor ici de qnalif.es et de 
verlus eonnues de toute K assistance, mais je 
veux rappeler les rapports si bicnveillant.s, si 
afl'eetueux qui 1'unissaient a ses subordonnes 
et s'etendaient jusqu'a leurs families, je veux 
parler de la part qu'il prenait a leurs chagrins, 
a leurs malhours et surtout de sa genereuse 
bontn qui ne les abandonnait jamais. 

« Jeveux dire (pie nous perilous plus encore 
qn'nn ami, qu'nn bienfaiteur. Nous perdons 
un exemj)!e vivant de Louies les qualites < j n i 
font I'liomme de hien, nous perdons un mo- 
dele (pic nous n'avions qn'a suivre pour mar- 
cher dans la voie droite, dans la voie de I'lion- 
neur et dn devoir. 

« An nom de tons les employes et ouvriers, 
cher patron, adieu. » 



-*^z^y*- 



FAITS DIVERS. 

On vienf, de vendre a Londros plusieurs exem- 
plaires d'anciennos editions de Shakespeare. 
Un exemplaire imparlait de la premiere edi- 
tion de \i')'±',\, imprimee par Isaac Jaggard et 
Kdward (Mount, eontenant le port rail, par 
Proeshout, avec les vers de Hen Johnson, re- 
produits, ainsi que la derniere page, en fac- 
simile, a efY: vendu \'l I ivies sterling (1,050 fr.). 
Un hcl exemplaire, mais avec le litre et les 
vers en fae-simile, de ['edition de 1(>."12, impri- 
in^'C par Thomas Cotes, a rlr vendu 8 I ivies. 
Un exemplaire avec port rait, trnisienic edition, 
i(H\i y dans laquelle ont<'le ajoutees sept pieces 
nori encore imprimees in-iolio, a f\r adjnge A 
28 livres; cette edition est t res- rare parce 
quelle a et6 prcsque enticrement dctruite 



dans le grand incendie de Londres. Un exem- 
plaire de la quatriemc edition, 1685, a ete 
vendu 15 livres 5 shillings. Tous ces exem- 
plaires (Haient plus on moins imparfaits. Un 
exemplaire de Tlomto ct Juliette, 1500, le titre 
et plusieurs pages refaits, a attaint G livres 
10 shillings. Beaucoup de bruit pour rien, 1600, 
plusieurs pages refailcs, 10 livres 15 shillings. 
Cot exemplaire avait iMe pn'*cedemment achcte 
f»:t livres; un exemplaire complet et parfait de 
la ineme edition a etc porte jusqu'a *2C>1 livres 
15 shillings. 



-t-^C-e^- 



VARI&TES. 



La Bibliotheque nationale en 1876 K 

(Suite.) 

C. Dons. 

An registre des dons nous avons en a inscrire 
IHitO articles, comprenant 2!) 15 livraisons on 
volumes, nori comptes deux vorsements con- 
siderables du secretariat du ministere de 1'in- 
terieur. 

Dans ce nomhre figurent plusieurs ouvrages 
imporfanfs russes el. hongrois, qui avaient 
ete envoyrs en I 87i> ;Y ('exposition du Congres 
geographique dans le palais des Tnileries. 
Nous devons mix honssoins de M. Du Somme- 
rard une voluminense serie de publications 
relatives anx expositions internationales de 
Londres, do Vienne et do Paris. 

M. le minis! re de I'interieur etses principaux 
collahorateurs ont saisi toutes les occasions qui 
se sont presences d'enrichir nos collections. 
Sans parler (Tune masse enorme de journaux 
departemontaux et strangers, dont le tri n'a 
pu encore <Mrc fait, ils ont hien voulu mettre 
;\ nofre disposition des milliers de documents 
admi nisi ral it's, qui pour la pi u part etaient 
resfes en dehors du depot legal, et que nous 
avons cependant le plus grand interet a pos- 
seder, en raison des renseignements histori- 
ques et economiijin v s dont ils sont remplis. Tels 
etaient les budgets ou comj)tes des departe- 
rnents etdes grandes municipalites. 

A cole des exernplaires d elite des anciennes 
histoires de Paris, quo nous conservons soi- 
gneuscnuuit dans la reserve, nous avons pens6 
(ju'il lallait donner place an magnifique reeueil 
dont la municipality parisienne pour-suit l'exe- 
cuf ion avec tant de ztle dej>uis 1805. M. le 

1. Kxtr.iiL d'un rapport adniss6 hi 8 avril 1 8*77 
M. 1<; niiiiistrc <le 1'instruction publiquu. 



f$^y$^t$v^y&?:: 



'-X': ■■ 



'■V(f 



>* -V 1 



::;^ 



no 



CHRONIQUE. 



prefet de la Seine a accueilli cette id6e et nous 
a concSde' un exemplaire choisi de seize volu- 
mes qui ont paru jusqu'a ce jour. 

La Soci6t6 biblique prolestanle de Paris s'cst 
empress6e de nous offrir trentc volumes de 
traductions de la Bible on de parties de la 
Bible dont Labsence avait 616 constat6o sur 
notre inventaire de TEcriture sainte. 

Parmi les autcurs francais qui nous ont 
aid6s a combler d'ancienncs lacunes, en nous 
faisant parvenir celles de leurs oouvres dont lo. 
d6p6t 16gal n'avait point 616 fait, il convient 
de citer MM. Labbe Albanes, de Marseille; 
Blancard, archiviste des Bouches-du-BhAne; 
Fabb6 Chevalier, de Romans; Combier, pr6si- 
. dentdu tribunal de Laon ; l'abb6 Corblet; Gi- 
raud, ancicn d6put6; Guiguer, archiviste de la 
ville de Lyon; de Mas-Latrie, chef de section 
aux Archives nationales; Pigeotte, avocat a 
Troyes; de Bencogne,, archiviste de la Cba- 
rente; de Bichemond, archiviste de la Cha~ 
rente-Inf6ricure; Ch. Bobert, membro de l'A- 
cad6mie des inscriptions. 

Les envois do r6tranger n'ont gnere 616 
moins important*. En 1870 nous avons inscrit 
sur la lisle de " nos bienfaiteurs bcaucoup de 
gouvernements, d 'institutions et de societes 
dont 1c norn a d6ja souvent 6 16 prononc6 en 
]>arci]Io cireonstance : 

Le gouvernement allernand, qui nous a en- 
voy^ un superbo exemplaire des tomes XVI- 
XXX de la grande 6dition des OEuvres de Lre- 
d6ric le Grand ; 

L'Acad6mie des sciences d'Amsterdam; 

L'Acad6mie royale de Belgique; 

La Soci6(6 asiatique du Bengale; 

Le Mus6e hritarmiqne; 

La Bibliolhoque de Buenos-Ay res; 

L'LJniversil6 de Cambridge; 

L'Acad6mic de Cracovie; 

f /Institu t 6gyptien; 

Le gouvernement et divers services adminis- 
tralifs des Ktats-Unis; 

Le « Geological Survey » de l'lnde; 

La Direction de la slalistiquc du royaume 
d'ltalic; 

La Soci616 jersiaise; 

I/Acad6mie des sciences de Lisbonne; 

La Soci6t6 des antiquaires de Londres; 

LaSoci6t6 g6ographique de Madrid; 

La Soci6t6 m6chitariste de Venise, a qui 
nous devons unc publication d'un int6ret tout 
particnlier j>onr la France : le texte des As- 
sises d'Antioche; 

L'Acad6mie des sciences de Munich; 

Le gouvernement portugais, qui, ouvrant la 
voie des 6changes internationaux, nous a fait 
parvenir une tres-consid6rable collection de 
livres relatifs a la geographic, a la statistique, 



au droit, a ^administration et aux travaux pu^ 
blics du Portugal ; 

L'Acad6mie des sciences de Saint-P6ters- 
bourg; 

La bibliotheque de la memo capilale; 

La r6publique de l'Uruguay. 

Les particuliers n'ont pas 6t6 moins g6n6- 
reux que les gouvernements et les corpora- 
tions de l'6lranger. C'est un devoir pour moi 
de vous signaler, Monsieur le minis! re, les 
noms do quelques-uns de cos bienfaiteurs et 
les onvrages dont ils nous ont fait pr6sent : 

M. Gachard, archiviste g6n6ral du royaume 
de Belgique : celles de ses oeuvres que nous 
no poss6dions pas, et nous Tenions ales poss6- 
der au complet, puisque tous les travaux de 
ce doyen des archivistes de LEuropc n*int6res- 
sent gnere moins la France que la Belgique. 

M. Em. Neve : la Belgique, recueil p6riodi- 
<pie, de i8ofi a 1 8(>3 ; seize volumes in-S°. 

M. Pierre IIeintz6 : VJJnion de Luxembourg, 
de 18C)0 a 1871. 

Le comic Ouvarof : Etude sur les pcuplcs 
primitifs de la Jiussie, 1875; deux volumes 
in-4° et in-folio. 

Le marquis Girolamo d'Adda : Indagini sto- 
rieho, artistiche e biblioqrafiche sulla, libreria, 
Viscontco-Sforzescadcl rastelh diVaxria; Milan, 
1 K7">, in-S°. Nous avons 6I6 d'autant plus sen- 
sibles A Thommage du marquis d'Adda, que la 
librairie des dues de Milan, don! il a retrac6 
Ehisloire avec taut de science et d 'amour, est 
une des collections qui ont forme, dans le cha- 
leau de Blois, le noyau do la Bibliotheque na- 
tional de France, eoinme le rappellent ccs 
termes delicats de la ded ieace : « A la Biblio- 
theque nal.ionale de Paris, mill tan im italica- 
rum spot its super ba; un bibliophile italien, 
to uj ours inconsolable pour la pcrtc donlou- 
rouse de, la librairie du chateau de Pavie, offre, 
sans rancune retrospective et en horn mage 
respeetueux, cot Inventaire et ces Documents 
inedits qui en donnent l'histoire. » 

Le prinre Torlonia et l'ingenieur Brisse ; 
Besseehcment du lac Fucino; Home, 187(J 3 in-i° 
avec atlas in-folio. 

M. J. Sahin : A dictionary of books relating 
to America, l-XLIV; New-York, 1807-1875, 
in-8", 28 volumes. 

M 1 "" veuve J. Carter Brown : Catalogue de la 
bibliotheque americaine dc J. Carter Brown ; 
Providence, i87;>, in-8°, 4 volumes. 

(La suite prochaincment.) 



Le Seer Hair e-G&r ant, Blancuot. 



Paris. — Typ. PUIet et Duraoulin, roe des Gr.- Augustine, 5. 



66* AnnSe. 2« S6rie. 



N° 30. 



28 Juillet 1877. 



CHRONIQUE 



t f 



DU JOURNAL GLNKHAL 



DE L'FMPRIMERIE ET DE LA URRAIRIE. 



Paris, an Cerclc do, la Librairie, de Nmprimcrie el d< i la Papelcric, rue Bonaparte, 1. 

Sommaibe : Conseil/ri'49humstrtUi)^ci\Cercle do la Librairie. — Fails divers. — VariMs : LaBibliothequo 

[6 (suite); — Lc Centenaire do Caxton. 



CONSEIL D 




TION 



DU CERCLE DE LA LIBRAIRIE. 



Proccs-verbal de la stance du 20 juillet 1X77. 



P residence dc M. Basset. 

A deux beures la seance est ouvcrte sous 
la presidence de M. Basset. Sont presents: 
MM. Basset, Ducrocq, Bapst, Cms, des Fossez, 
Uumont, DeJagrave el OdenL M. Guillard 
s 'excuse par loftre ; M, A. Templier, absent 
de Paris, se fait excuse r. 

Le procus-verbal de la derniere seance est 
lu ct adopf.6. 

MM. Laboulaye, Masson, Breton, I Men of No- 
blot, membres de la commission de l'immeu- 
ble, assistent a la seance. 

Tout d'abord M. le President exprime les pro- 
fonds regrets quo cause aux membres du con- 
seil et de la commission de I'immouble la perte 
de l'lionorable M, Delalain pure, que Ton (Hail 
habitu6 a voir sieger dans les ennseils, ou son 
experience (it ses lumiercs <Haicnt lou jours 
d'une si grande uliliio. Pour I'endre uti juste 
homrnage a sa m6moire, le dornier numero du 
Journal a public': les paroles prononcees sur sa 
lorn bo par M. Noblet, president de la cbambre 
des imprimonrs; plus tard, un article m'endo- 
gi(pje i'era connaifrc la vie de cet bomme de 
bien. 

M. ce President ouvre ensuife la discussion 
sur la question de Pimmouble; il commence 
par ex poser la situation ; 

Chroniyuc, 1877. 



Par une deliberation de l'assemblce g6n6- 
ralo, le eonseil a (He autorise a ouvrir une 
sonseriplion pour realiser un cmprunl, de 
."i()(),000 IV. a ;t p. 10O, et, au cas ou la sonserip- 
lion alteindrait ce chifl're, a faire Pacquisition 
d*un terrain et a eonstruire un bofel affects au 
service du Cercle. Aujourd'bui la souscription 
sVdeve a 2:i't,000 francs pour 77 membres; 
'M n'ont pas aecepte Pintcrct de '.\ p. 100; il 
resle environ SO membres a eonsnller; en 
admetUnl. que Ton Irouve encore une cen- 
taine de mille francs, le cbiffre total arriverait 
a :t;>0,000 francs environ. 

Le conseil, assisle de la commission, se 
tronve done en presence d'une souscription 
insuffisante. 

Mais, d 'autre part, le President vient d'ap- 
prendre que les terrains de la rue Taranne 
von I el re mis en venfe rnardi 24 juillet; il est 
urgent, de prendre une decision. 

Devons-nous compter sur I'avenir et cber- 
chev a fail'*; ^acquisition i\vs terrains? ou de- 
vons-nous attend re, et alors laisser ecbapper 
Toccasion? Telle est la question. 

Apres une discussion a laquelle les membres 
du conseil et de la commission prennent part, 
il est decide que Ton continuera les d-marches 
aupresdes incmbnisdu Cercle, et qu'unc nou- 
velle el, procbaine vente de terrains devant 
avoir lieu sur le boulevard Saint-Germain, il 
n'v a pas lieu de s'occupcr de la vente dc 
mardi. 

M. \a<: President donne ensuito connaissance 

de la prolongation du bail avec le propriefairo. 

Le proprielaire consent a prolonger le bail 

de deux annees au prix de !),;>00 fr.; ce bail est 

accept*' par le conseil. 

M. re. President donne lecture d'une lettro 
de M. II. Delalain qui remercie les membres 



:jo 



j'^.",- '.-' s ■■■- ■ -,- ► ■ ■■■ :■ ■'.■'' ;.,*'■' 



> ' \ 



122 



CHRONIQUE. 



du Cercle de rempressement qu'ils ont mis a 
rendrc hommage a la memoire de son pcre. 

M. le President ay ant demand^ ou on sent 
les travaux de la commission do VAnnuaire, il 
lui est repondu que, par suite de l'indisposi- 
tion d'un de ses membros, la commission n'a 
pu remettro son rapport, mais qu'elle le fera 
prochainement. 

M. Gasl6, imprimcur-Iithographe, est pre- 
sents par MM. Basset ct Lemercier. 

M, Newell, n'habilant plus Paris, prie le 
conseil d'accepter sa demission de membrc du 
Cercle. 

Le Tresorier expose la situation de la caisse. 

Deux demandes de secours sont agreecs. 

A quatre hcures la s6ance est lev(';c. 

Pour extrait : 
Le membrr, du conseil jnisant junction 
de secretaire, 

IL Odk.nt. 



-c^a/>- 



FAITS DIVERS. 

Dos lettres que nous rccevons de Loivlros 
nons apprennent, dil le Journal official, que lo 
premier congres, — ou, com me on 1'appclle 
pins simplcment, Ja conference ilo^ bibliothe- 
cairos anglais, — que nousavons deja annonce, 
aura definitivement lieu an mois d'octobre 
prochain, et sc tiendra a Lend res les 2, 3, 4 
et 5 dudit mois, dans le local de la « London 
Institution ». 

Les Anglais n'ont pas voulu roster en arriore 
des Americains, qui, Tan dernier, ont pris l'i- 
nitiative d'une reunion de ce genre, laquelle 
s'est tonne ])cndant 1'Exposition de Philadel- 
phia et s'est termince par la formation d'une 
association destineo a servir de lien cut re 
toules les bibliotheques et la corporation en- 
tiere des biblioth6caires des Ltats-Unis. 

Nous avons d6ja fait ressortir Tavantago qui 
doit nisulter d'une union semblablc pour l'en- 
scmble des bibliotheques d'nmpays. On a re- 
con nu notamment que la plupart des biblio- 
theques ne pen vent., fante de ressources suffi- 
santes, dresser un catalogue satisfaisant do 
leurs livres ; il y aurait done interct a co 
qu'une seule bibliotli^quc dans un pays, cello 
qui est le pluspourvue de ressources, qui a par 
consequent le personnel le plus nombreux, 
so chargeiU de cette besogne pour Unites les 
autres. 

Tel est, du moins, l'un des projots dont lo 
congres de Londres ne pourra manquer de 
s/occuper. 

Dejaquatre-vingtsbibliothequesdu Uoyaume- 
Uni ont promis d'envoyer des reprcsenlants a 
la conference, qui sera pr/'sidce par le direc- 
teur du British Museum, la principale biblio- 
theque du pays. Ce nombre s'accroUra encore 



d'ici en octobre. L'Amerique doit envoyer plu- 
sieurs delegu^s. 

Les seances se tiendront deux fois par jour : 
Tune le matin, a. dix hcures, 1'autrc a sept 
hcures du soir. Elles durcront quatre heurcs 
ehacune. On y lira des memoires, et la discus- 
sion s'etablira sur les points traites dans ces 
lectures. Les deliberations anront lieu en 
langue anglaisc. Les bibliothecaircs nationaux 
ct otrangers ne sont pas senls invites a prendre 
])art a cette reunion ; tons ccux qui ont des 
rapports avec les bibliotheques ou qui sont in- 
teresscs a lour doveloppcment et a leur prosp6- 
rite sont engages a y participer. 

Pendant cette reunion, aura lieu, dans les 
batiments ou se tiendra la conference, une ex- 
position d'ohjets relatifs aux bibliotheques, 
avec la collection des catalogues des differents 
etablissements. 



-*~SS/ZS>- 



vari£t£s. 

La Bibliotheque nationale en 1876 L 

(Suite.) 

I). Acquisitions. 

Le nombre des articles portcs en 1870 an 
registre des acquisitions est de 4,1)07), y com- 
pris les doubles que le in usee national do Pesth 
nous a cedes par voie d'echange, a la suite de 
la mission que votre predeccsseur avait confiee 
en Hongrie a M. Edouard Sayous. 

Nos foods d'aequisition ont 6t6, pour la plus 
grande partie, absorbes par des achats de li- 
vres modcrnes et par des abonncments a des 
publications p6riodiques etrangeres. Nous 
avons cependant reussi a augmenter de quel- 
qucs centaines de volumes ou plaquettes nos 
precieuses collections d'anciens livres. 

E. Stiric rnusicalc. 

La serie musicale, a laquclle le depot legal a 
fourni ;>,027 articles nonvoaux, s'est principa- 
lemcnt enrichie par les dons de MM. Enoch, 
editeurs, de M n ' ; Pelletan et de M. Thierry - 
Poux. A MM. Enoch nous devons . r >I> volumes 
in-folio de la collection Litolff et 8 volumes 
in -4° de I'ncuvrc de Chopin. M Mc Pelletan, pour 
mettre le comblc aux liberalites qifclle avait 
faitcs de son vivant a la Bibliotheque natio- 
nale, lui a I eg ue en mourant le manuscrit au- 
tograj)he de VAlccste de (iluck et un exem- 
pluirc grav6 de VOrpMe du memc compositeur 
(Paris, 1704). Nous avons reeu de M. Thierry- 
Poux une vingtaine de partitions qui rnan- 

1. K\ trait d'un rapport ;ulresse le H avril 1877 k 
M. Ic rniuistre do l'instruetion publiqu*'. 



CHRONIQUE. 



123 



quaient a nos collections. Les principals ont 
servi a completer l'oonvre do Berlioz, qui com- 
prend aujourd'hui le manuscrit autographe de 
VEnfance du Christ et di (Ye rentes pieces anno- 
16os do la main de 1'auteur. 

Uangcmcnts et Catalogues. 

Le total des articles entres on 187(> au de- 
partement des imprimes, non compris les pie- 
ces de musique, d6passe I>3,()00. Tous ces arti- 
cles ont ete examines et traites conform6ment 
aux regies enoncees dans le rapport que j'ai 
eu l'honneur de vous adrcsser le 20 mai de 
l'an ne'e derniere. 

Ainsi, nous avons Iaiss6 de cOte, sans les 
estampiller, sans les ihcorporer dans nos col- 
lections et sans les porter sur les inventaires 
on repertoires, les simples et vulgaires reim- 
pressions de livres de liturgie et de piete, de 
livres classiques, de romans, de livres destines 
au eolportage et a l'education ou k l'amuse- 
ment de la jeunesse. De ce chef ont eHe ecartes 
4,308 articles, venus par le depot legal et 
qu'on ne saurait considrrer comme pieces <le 
hibliotlieqnes. lis resteront ranges suivant 
Lord re d'arrivee, et crnmagasines dans un 
comble, on ils occupent 42 metres de rayons, 
jusqu'au jour on, de concert aveo voire collo- 
gue de Tinterieur, vous anrez tranche les dedi- 
cates questions soulev6es par rapplieation des 
lois et reglemenfs relatifs au d£p0t legal. 

A l'exception de ces 4,308 articles, provisoi- 
rement eiimines, tout ce qui nous est arrive 
par les de'pOts, les dons, les echanges ou les 
achats, a ete constitue en volumes, groupe, ca- 
talogue* et incorpore dans les collections. 

Les principales operations de rangement, 
d'invenfaire, de catalogue et de nume>otage 
ont donn6 les r6sultats suivants : 

L Catalogue de Vhistoire de France, — En 
dehors du travail que demandent les volumes 
ou pieces nouvellernent entres pour At re ratta- 
ch6s aux divisions de Tancien cadre, les efforts 
de ines collahorateurs se sont partages entre 
l'impression du tome XI et la preparation des 
tables alphahetiques qui rempliront les tomes 
XII et XIII. Du tome XI les fcuilles M-74 ont 
ete tiroes ou mises en hon a tirer; le supple- 
ment du chapitre III (Histoire par regnes) y 
alteint le commencement de Tannic 1872. Les 
tables qui termineront ce volumineux catalo- 
gue, et dont le plan est trace dans mon rap- 
port du 20 mai 187(>, rcpondront a un texte 
d'environ 8,500 pages. On a effectue le d6- 
pouillement et la revision de 3,000 pages, e'est- 
a-dirc d'un peu plus du tiers de l'ensemble. La 
copie do la table sera en etat d'etre livree aux 
imprimeurs le jour ou le tome XI sera public, 
e'est-.Vdiroau commencement de Lannee 1878. 

II. Catalogue des sciences mtdicales. — Les 



dix premieres feuilles du tome III de ce cata- 
logue sont tirees. 

III. Catalogue de Vhistoire d* Angle tcwe. — 
L'autographtc en sera terminee en 1877. Au 
moment ou jo rcvois les epreuves de ce rap- 
port, elle est arrivi'c k la page 5 1 6 ct a l'ar- 
ticle 411 du chapitre XXI (Histoire des colonies). 

IV. Catalogue de la collection Pay en, — Dans 
mon rapport de Tannic precedente, je vous 
annoncais. monsieur le ministre, le classement 
des livres et documents que le docleur Payen 
a rassembie's sur la vie et les ouvrages de Mon- 
taigne. L'inventaire de cette collection, ceuvre 
de M. Hichou, aujourd'hui bibliothecaire de la 
cour de cassation, vicnt d'etre imprim6 i Bor- 
deaux par les soins de M. Jules Delpit; on y 
remarqnera, p. 173 -207, le d6pouillement 
d'une serie d'environ 2,000 lettres, quittances 
et pieces diverses, la plupart originales, qui, 
pour etre presque toutes etrangeres k la per- 
sonne de Montaigne, n'en constituent pas moins 
un recueil d'un haut interet ]>our Thistoire de 
Bordeaux et pour la biographic generalc du 
xvi et du xvn c siecle. Partie integrante de la 
collection Payen, dont il forme les n°» 1441- 
14. r i0, ce recueil de pieces man user ites a du 
(Hre rappele sur les inventaires du dopartement 
des manuscrits, dont il servi ra k comblcr plus 
d'une lacune. Inscrit sous les n OB 1008 et 14GU- 
1 H4 du fonds franeais des nonvelles acquisi- 
tions, il attestera, non moins que le recueil 
des pieces imprimees, jusqn'a quel point le 
doctcur Payen poussa ses recherches et com- 
bien sa famille etait autorisfie a demandcrque 
des materianx rassembles avec unc si louable 
persistance fussent conserves en un seul corps 
et sous le nom du collectionneur dans la pre- 
miere de nos bihliotheques publiques. 

Le classement qui vient d'etre tcrminfi et 
l'impression du catalogue de M. Richou ont 
donno satisfaction a ce vceu legitime. 

[La suite prochainement.) 



Le Centenaire de Caxton. 

Dans un des precedents num6ros de cette 
Chronique, nous avons an nonce que de grands 
preparatifs se faisaient a Londres pour c£ie- 
brer avec une solennite exceptionnelle le qua- 
tre-centieme anniversaire de l'introduction de 
Liinprimeric en Angleterre. 

Cette fete, toute patriotique, a ete inauguree 
le30juin dans les galeries occidentales du 
vaste palais de South Kensington. 

Nous en donnons "ci-aprfcs le recit aussi suc- 
cinct que possible, d'apres le compte rendu si 
exact et si interessant k la fois que nous en 
trouvons dans le remarquable recueil intitule : 
la Typologie Tucker. 

(t La reunion sous un mfime toit de tant d'ob- 







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■»» 



CHRONIQUE. 



jets divers, destines a former une Exposition 
Caxtonienne, et dont une bonne pariie des 
heureux possosseurs, qui oni gracieusement 
ponsenti A s'en priver momentanement pour 
cette circonstanca exceptionnelle, vivent 6par- 
pill£s de par le moqde, n'etait pas chose aise'o, 
malgre les grandes facilites et la c6ierit6 des 
transports actuellement a la disposition des 
expediteurs. Mais la chose s'est faite, cette fois, 
pour le jour dit, et cette exposition unique, 
qui renfernie tout ce qu'il a etc possible de se 
procurer ayant rapport a rimprimerie dcpuis 
et bien avant memo l'invention de la typogra- 
phic jusqu'a nos jours, fera certainement 6po- 
que dans lesannales typographiqucs du monde, 
ainsi que dans les tableaux chronologiques de 
Thistoire de la Grande-Bretagne. 

L,e prince de Galles, qui avait accepts de 
pr6sider la cer^monie, ayant depuis declare 
son impossibility d'etre present, M. Gladstone 
a gracieusenient accepts de le romplacer, et il 
n'etait guere possiblo que cette tache put tom- 
ber en do meillenres mains que celles de l'e- 
rudit homme d'Etatqui a etonnc Je monde par 
ses productions litteraires et surpris meme ses 
amis par rejegance et la precision de ses tra- 
ductions classiques, 

La c6remonio d'ouverture fut courte. Vers 
une heure et demie, M. Gladstone arriva a 
l'entr6e sud-ouost, ou l'attendaient Sir Charles 
Reed, president de la commission, MM- Blades, 
Eyre, D. Grant, A. C. Powell, \V. M. Spottis- 
woodo, etc,, qui l'escorteront jusqu'a la sallc 
ou devait se faire la declaration d'ouverture, 
et qui porte provisoironient le nom de Sallc 
Ca$fon. 

L'archev^quo d'York ayant, sur 1 'invitation 
de Sir Charles Reed, lu la Pridre D6dicatoire 
6p6cialement composed pourcetto circonstanee, 
ce dernier donna a son tour lecture d'un court 
compte rendu de 1'origine de cette fete caxto- 
nienne. EUe a, dit-il, etc organisee a an double 
point de vuc : ceiebrer la date de rintrod ac- 
tion de rimprimerie en Angleterre par Wil- 
liam Caxton, il y a quatre cents ans; fiHer le 
einquantiemeanniversaire de la creation d'une 
sooietA de secours mutuels destinee a venir en 
aide a ceux des typographes auxquels 1'age ou 
les infirmity interdisent le travail, ainsi qu'a 
leurs veuves et a leurs orphelins (Printer's 
Pension Almshouse, and Orphan Asylum Cor- 
poration). 

M. Gladstone, apres avoir ree.ii des mains du 
secretaire, M. Hodson, un exomplaire du cata- 
logue de l'Exposition, prononca cos paroles : 
« Je tiens entre les mains un livre qui vient de 
m'otre remis al'instant; e'est le catalogue des 
divers objets exposes ici; il me servira d'in- 
troduction a la scale declaration que j'aie ac- 
tuellement a vous faire, la declaration for- 



melleque cette Exposition est maintenant regu- 
lierementouverte, et vous voudroz bien lacon- 
side>er comrae telle. Puisse-t-elle prosperer 1 » 

Cette declaration fut immediatement suivie 
d'une fanfare militaire qui vint se meior aux 
applaudissements chaTeureux de Tauditoiro. 
Puis M. Gladstone, apres avoir traverse une 
suite de galeries, accompagn6 des membros de 
la commission et recevant partout Taccueil le 
plus cordial et le plus respectueux, s'en re- 
tourna seul par le balcon et, jusqu'a l'heure 
du dejeuner, s'oceupa attentivement a parcou- 
rir les volumes caxtoniens. 

Le festin fut servi dans le Conservatory (jar- 
din d'hiver), ou les tables etaient dressees de 
faeon a pouvoir recevoir environ cinq cents 
convives. Au centre de la table principale vin- 
rent s'asseoir M. et M me Gladstone; leur arri- 
v6e fut accueillie par d'enthousiastes vivats. 
M. Harker, le maitre des ceremonies, ayant 
reclame le silence, et r6vGque de Bath and 
Wells ayant prononc6 le Bencdicite, on corn- 
men ea it le repas lorsqu'une salve royal e an- 
nonoa l'arrivoe de I'empereurdu Rr6sil ; ilprit 
un siege «a cote de M. Gladstone. Pen de temps 
apres, une salve identiquc annoncait son de- 
part. Sa Majeste n'eut pas m6mc le temps de 
roster pour hoi re a la sante de la rcine, du 
prince de Galles, du prince Leopold et des 
aulres membros de la fain i lie royale : premier 
toast porte par le President et qui futaccueilli 
avec tous les honneurs d'usage. 

En se levant pour proposer le second toast, 
M. Gladstone expliquc qu'il est antorise par la 
commission a se departir de Pordrc indique 
dans sa liste afln de proposer la sante de 1'em- 
pereur du Br6sil, qui vient de les honorcr de 
sa presence. « Mais ce n'est pas seulement pour 
i-epondre ;\ la gracieusete de Sa Majeste que ce 
toast est propose; je lo fais, a continue le pre- 
sident, avec des vuos plus larges et parce quo, 
pour tout r6sumer on peu do mots, e'est un 
homme — on son absence je puis parlor plus 
librement que s'il 6tait ici — un homme dont 
l'ardent desir de remplir fidelement et avec un 
rosultat effectif la haute mission qui lui in- 
combe, devrait sorvir de modelo k tous les po- 
tentats de l'univers, etc. (Applaudissements.) 
Voila ce que j'appelle un bon souvorain, un 
hornmo qui, par sa conduite, vout faire du 
poste eiev6 qu'il occupe un modele pour sa 
raco et une source de bienfaits pour J'huma- 
nit6. Je vous propose done la sant.6 de Sa Ma- 
jeste imperialo Temporenrdu Rrcsil. » (Co toast 
fut accueilli par des applaudissements una- 

nimes et rk'Mrbs.) 

{La suite prochninement.) 



*^^^^^^^ 



Le Seer itaire-G Aran /, Blancuot. 



» i--^^- 



Parla. — Typ. Pillet et Dumoaliu, rue des Qr.- Anglistics, 5. 



.yi'v -'""■.. '■ 



66* Ann6e. 2* Sdrie. 



N° 31 



4 Aoftt 1877* 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GtNEKAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIRRAIR1E 



Paris, au Orcle de. la Lihrairi<\ do rirapriineric < l l dt la Papelcrit;, rue ftonaparic, 1; 

Soumaire : documents commcrcittux. — Vari&i&$ : La Bibliothequenationale \in 187(i (suite); — Le Centenaire 

da Caitoii (duiie). — Ouvrarjcs offerts au Cerctc, — Ventes publiques. 



DOCUMENTS COMMERGIAUX, 



Nous donnons ci-dessous, d'apres les documents staListiques da 1'ndimriistratinn des douaner 
le 1ablea.ii de nos deportations pendant l<;s atin6es 1874, 1875 fit 1ft7ti ; 



Carton en feuilles. 



1874 

fr. 



),> 



Papier blanc ou ray 6 ponr luusiqin: 14,432,004 

Papier d'enveloppes 6,fc L 20 T Ul;i 

Papier point pour tentures H,(i3-V,li3^i 

Livres en langues mortes oli etrangeres u 2,i30,83fi 

Livres en langue franrais^ , 12,734, 238 

(iravures et lithographies ti, I, '18/2 23 

JVlusique gravee H!i 1 ,00!) 

Cartes a joucr 370, 4 40 



1875 

fr. 

r>22,, r )6[J 

l4,(>01,18ii 

<i,a39,IiflO 

7,847,374 

1,834,741 

1 0,628,272 

7,193,379 

405,513 

3M,030 



1876 

fr. 

<>2oy228 

13,3;i7,;v2i 

0,724,028 

7/71a,83!> 

i 7 5i>4,334 
13,041, h'87 

7,8l4,8(i4 
336,933 
41 2,7 H) 



— ■ »»•; • * *■ 



VARI&T^S. 



La BiblioUifcque nationale en 1876 1 . 

(Suite.) 

V. Bulletin mensucl d<s livres itran*ji:cs\ — 
Dans ce Bulletin autographic, qui est mis sans 
iiucun retard & la disposition den locleucs, sunt 
enregislres, par ordre ulphahetiquc, les livres 
iuiprimes a l T etranger dout nos di verses series 
s'ennchissent jnensuellement. Les livraisons 
de l'ann6e 1876 contiennent Eindiealioii de 
2,143 ouvrages, forrnant 3,fil3 volumes, dunt 

1. Kiit rait d'un rapport adrussc 1<; 8 avnl 1817 a 
M. le miniatrc dc riu&LrucLion publiquu. 

Chronique, 1877. 



74 oni trait a la theologic, a'8 a la jurispru- 
dence, 72 a l'hisloire do France, 112 a rhistoire 
d'An^lelerre, 3:>1 i riiistoire d\Alleinagne ? de 
la Suisse id des pays du nord et de Test de 
riinrope, ;»00 aiix antrcs series historiquei, 
■i77 imx i-'tuences et 393 ;i la literature. De ces 
2,14:! ouvrupjes, 0!J(> soril ecrits en allemand, 
M4U en anglais, 210 en franeais, 174 en italieu 
el 131 en latin. 

line experience de deux annees ayant nion- 
tre 1'ulilite de notre Bulletin, j'ai cm pouvoir 
en au^rnenter la puhliciii' et lui dunner une 
forme qui en rendra la led u re plus facile. 
Avec voire automation, Monsieur le minislre, 
j'ai acceple les olTres de M. Klincksieck, quia 
pris a sa charge L'imprcssion du Bulletin, et 
qui nous fournira gratuiternentles exemplaires 
dont nous avons besoin. Moyennant un prix 



31 






tM 



CHRONIQUE. 



trfes-minime, il recevra les abonnements des 
personnes qui voudront connaitre le titre des 
principaux livres etrangersimportes en France, 
de ceux du moins qu'on est certain de pouvoir 
consulter a la Bibliotheque nationale L 

Les travaux qui viennent d'etre mentionnes 
ne sontque la continuation d'entreprises plus 
ou moins anciennes. Ceux dont il me reste k 
vous entretenir, Monsieur le ministro, repon- 
dent au desir, si souvent exprim6, de voir la 
Bibliotheque nationale munie d'instrumonts 
de recherches, moins parfaits sans doute que 
des catalogues m6thodiques, mais d'un usage 
plus commode et surtout d'une execution 
beaucoup plus rapide. 

VI. Num6rotage des ouvrages ajoutCs aux 
anciennes s6ries. — A partir du \ Cr Janvier 
1876 a cesso l'usage de classcr alphabetique- 
ment, sans nurn^ros, les volumes dont sac- 
croissent la pi u part de nos series. Con form e- 
ment aux principes exposes dans le rapport 
du 20 mai 1S7C>, des cotes rc-gulicres et im- 
muables ont dUS attributes aux nouveaux ve- 
nus, qui (ignrcnt dans les repertoires alphabe- 
tiques avec renvoi aux cotes inscriies sur les 
volumes. Cotto raesure a 6te appliqu6e a 0,902 
ouvrages. 

VI L Inventaire g6n6ral des scries G et K. — 
Tous lea volumes et toutes les pieces classes 
dans ces deux series, com me appar tenant a 
1'histoire gen6rale et a l'histoiro d'ltalie, ont 
(sib cotes d'aprcs l'ordre qui lour avait 616 pre- 
cedomment assigne et auquel nous n'avons 
voulu apporter aucuno modification; en mome 
temps, il a ete dress6 un inventaire general 
des deux series, tantat on employant d'an- 
ciennes cartes, sur lesquelles on n'avait qu'a 
ajauter la cote des volumes, iantOt en rcdi- 
geantdes cartes nouvellos, pour les nomhrcux 
articles que le bureau du catalogue n'avait pas 
eu occasion de traiter dans les trente dcrnicres 
ann6es. 

Ainsi monies de renvoi aux cotes des volu- 
mes, les cartes de depouillement ont et6 dispo- 
sers de facon a former, pour les deux series 
G et K, des repertoires alphabiHiqnes a Paide 
desquels nous ponvons, a coup snr et sans le 
moindre tatonnement, verifier si un livre de- 
termine est a la Bibliotheque et trouvcr la 
place qu'il occupe sur les rayons. 

VIII. RCcolemcnt des livres imprimes sur v6- 
lin. — La collection de ces livres, a la forma- 
tion et a la description de laquelle Van Praet 
a consacr6 tant de soin, et qui constilue Tune 

t. Bulletin ynensuol des publications Mrangeres 
recues par le dfipartement des imprimtU da la lii- 
bliothdque nationale. Paris, Klincksieck, librai™, ru« 
de Lille, it. — Le prix de 1 aborniement est de 3 IV. 
par au. 



des suites les plus pr6cieuses de la Reserve du 
departement des imprimis, pr6sentait des ano- 
malies do rangement, dont l'inconvenient se 
faisait depuis longtemps sentir. Les irregula- 
rity tenaient a ce que les volumes etaient 
places tantot d'apres l'ordre adopte par Van 
Praet dans le catalogue special des livres im- 
primis sur v61in, tantOt d'apres l'ordre assign6 
aux ouvrages dans les catalogues rmHhodiques 
de l'ensemble do la Bibliotheque ; de plus, un 
certain nombre d'intercalations avaient 6t6 
faites sans que l'intercalation fiU mentionneo 
sur aucnn inventaire et sans que In place en 
fnt dctermineo par un num6ro. A la suite d'un 
recolement rigoureux, les livres imprimis sur 
velin ont tous ete soumis a un numerotago 
uniforme et continu, dont la base a 616 natu- 
rellement fournie par le catalogue imprime, 
Le resultat de cette op6ration a et6 consigne 
dans un inventaire sommaire qui formera un 
appendicc au grand ouvrage de Van Praet. On 
y verra que, pour etre assez lents, les accrois- 
sements de la collection n'en m6ritont pas 
moins d'etre rcmarques : en 1828, clle consis- 
tait en 2,227 volumes ou plaquettes; elle en 
comprond aujourd'hui 2,;>28, 

Ueliure. 

Lo travail de reliure a port6 sur 17,!>00> vo- 
lumes. Des reliures pleines, idles que les de- 
manderaient les anciennes traditions de la 
Bibliotheque, n'ont pu etre donnecs qu'a 22 vo- 
lumes. Nous avions command^ 1,071) solidos 
demi-reliures en maroqnin. Pour le reste, 
nous avons du nous contenter de demi-reliures 
en parchemin, et nifime do simples carton- 
nages avec dos de percaline ou de papier. La 
reliure et le carlonnage de 9 J 27 volumes ont 
ete executes en dehors de la Bibliotheque. No- 
tre atelier intericur a mis en etat 8,370 volu- 
mes, qui lui avaient ete reserves soit a raison 
des soins minntienx que demandent le mon- 
tage et la reparation de certaines pieces, soit 
par suite do la difficulty d'estimer oqnitable- 
ment le prix d'operations delicates et mul- 
tiples. 

L'artiste charge de la restauration des an- 
ciennes reliures de prix a don no ses soins a. 
'M't volumes, dont i.'t appartiennent au d6par- 
leinent des maniiscrits. 

Pour mieux protegcr des reliures remarqua- 
bles, 32 volumes de la Reserve ont ete revfitns 
d'etuis en toile et en carton. 

[La suite •prochainernent.) 



Le Centenaire de Caxton. 

(Suite.) 

M. Gladstone, se levant de nouvcau, propose 
le toast d'actuaHto : « A )a raemoire de Wil- 






'iz^."'^.^' 



CHRONIQUE. 



W 



liam Caxton, lo premier iraprimeur anglais. » 
II d6clare parfaitement bien comprendre 1'im- 
portance attached a la c616bration de cctte fete 
caxtonienne, de mfime quo son ineapacit6 & 
lui rcndre bommage comme il lo voudrait. 11 
n'est guere possible, dit-il, d'evaluer la mesure 
de bonheur ou de misere, de vertu ou de vice 
dependant da fait, bo rattacbant meme au fait, 
que le seul nom de Caxton sugg^re a 1'esprit. 
I/oratour entrc ensuito dans les details de 
tout ce qui a precede" et suivi l'invcntion de 
Cutenberg. Dos raveneinont du x\ c siecle, tout 
tstait invents en fait d'imprimerie, exeeple les 
caracteres mobiles, et comment a-t-il pu so 
fairo qu'ayant en main des mots graves d'un 
seul bloc, et nc pouvant servir que pour un 
soul objet. personne n'ait ele frappe avant lui 
de rimportanto economic- qui resullerait do la 
separation des lettros, qu'alors on }>ourrait faire 
servir a la composition de nonveanx mots? 11 
semblo, ajoute-t-il, qu'on ait joue a ce jeu inno- 
cent de cacbe-oaebc appole \nmasiqnemagique, 
et dans leqnel le cbercheur est averti par les 
notes d'un instrument de musique s'il ost pros 
ou loin de I'objet cacbe; lorsqu'il est tout a 
cAte et sur le point de le saisir, les notes cban- 
gcnt de ton et il s'en va cbercher ailleurs. Mais 
Iejourvint oil les caracteres mobiles furent 
trouv6s, et depuis ce jour nous voyons un en- 
semble de progres aussi remarquables que 4 con- 
tinus. L'art, encore que faiblc dans son en- 
fance, etait un art noble, et. il n'a jamais, dans 
aucune periode de son hisloire, etc plus noble, 
a men avis, que lorsqifil etail en I re les mains 
de (Jutenborg. Lui et ses cooperate n is se mirent 
a travailler non-sen lement pour s 'assurer une 
bumble existence, mais avec la plus baule 
conception de ce qtf ils iuisaienl. On aurait dit 
qu'il y avait en eux un instinct qui semblait 
les guider avant memo qu'ils pussont voir par 
eux-mOmes la far on dont la prcssc devait el re 
appel^e a function ncr. Tout au moins parais- 
saient-ils posseder un instinct qui leur don- 
nait a penser qu'ils etaient destines a devenir 
de grands bienfaiteurs de l'bumanile; (it c'est 
cei esprit dont ils etaient possedes que vous 
voyez refleter sur buns livre*. On remarque 
cbez ees premiers imprimeurs one certaine 
grandeur (le forme, une bauleur de eon- 
ccption, nn desir ardent d'arriver a la perfec- 
tion qui, depuis (mix, n'ont jamais <Me sur- 
passes et qui out rarement ete egales dans 
tontc l'liistoire de la lypograpbie. 

J'arrive mainlenant a noire proj>re pays el 
au robs qu'il a joue dans eefte grande der.ou- 
verte ; car ce fut une grande decouverl.e du 
jour oil, par ['invention des caracteres mo- 
biles, TaMivre do la seric des conceptions et 
des deeouverles s'est trouvee eouronneo et ou 
le dernier pas fut fait qui, dans son essence, 



en amena la solution. Maintenant, toui fiers 
que nous soyons d'etre Anglais, nous devons 
reconnaitre que notre position, par rapport k la 
periode primitive de Tart do Timprimerie, est 
uno position tant soil pen bumiliante. Ce 
n'est pas seulement quo nous ne l'ayons pas 
inventee, mais pendant longtemps nous n'a- 
vions seulement pas l'air de nous en occuper. 
II faut prendre en consideration que nous 
n'elions pas a. cetto epoquo tout a fait aussi 
civilises que nous nous plaisons a le croire, 
Nous avons cetto idee que nous somines le 
pouplo le plus eivilis^ de la terre. Jo croia, 
quant a moi, qu'il y a sur ce cbapitre forte 
matiere a. contestation. Mais je j>ense qu'il est 
beancoup plus douteux encore que vers la On 
du xv*' siecle, — l'epoque <jui nous occupe 
actuelleiucnt, — les Anglais aicnt pu etre 
classes parmi les nations les plus civilis6es du 
nionde. 

Lorsque rimprimorie fut inventee, nous 
elions bien moins <\ mfimo d'aflirmer notre 
position dans le monde do I'humanM, par rap- 
port aux autres nations europ^ennes, que nous 
ne 1'aurions etc si Tinvenlion de I'imprimerie 
cut en lieu au xui« ou au xiv e siolc Nous 
avons eu cjs deplorables gnorres civiles, Tan- 
cienne aristocratic, presque ontierement cou- 
pee a sa racine, et lesguerres de succession — 
dont, par la grace de Dieu, nous avons 6te* 
depuis si longtemps delivros — avaient de- 
vaste le pays pendant des d6cades entieres de 
son bistoire. 

Les univeu'sites, (juc nous pouvons prendre 
com me un sur i ml ice de la condition du pays, 
les universities d'Oxford el de (Cambridge, — 
el. snrlout celle d'Oxford qui, il cette epoquo, 
etail. d(i l)eau(toup superieure a l'autre, — 
avaient eonsidrranlenient perdu, sous le rap- 
port de renseigneinent ot du noinbre de lours 
eleves, de ce qu'clles etaient un sieclo et demi 
auparavant. Kt, ci^ n'est pas tout. L'fcgliso 6tait 
en ce fcmps-la le foytu* de la j>lus ^rande par- 
tic, — je dirai memo de la presque totalit6, — 
des connaissanceslilterairesdu pays; et l'Kglise, 
malbeureusement, avait a ee juAtne moment 
pris ralarme. 

Mais do. (juello faeon tout ceci agit-il sur 
('ax ton? (/est la triste passe dans laijuelle so 
frouvait TAngleterre qui ajoute au m6rite de 
(lax ton; moins nous etions capables d'agir par 
nous-mAmes, ]>lus nous lui devons de recon- 
naissance, car eel bom me etait seul. Sa posi- 
tion i rest pas ;\ comparer a celle de Faust et de 
Gutenberg, qui out trouve des bommes pour 
leur sueceder r^gulierenujnl. et sUremcnt dans 
buns travaux, (jue, dans l'ordre des cboses, ils 
durent abandonner tpiand il leur fallut payer 
luur delte A la nature. Caxton etait seul, — 
seul, dans toute !a grandeur de sa baute intel- 







V^.jT'..V»V 



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^.-■VV^v;^;,.^ 



128 



CHRONIQDE. 



ligence. En ce qui concerne particulierement 
notre pays, je n'exagere pas en disant que cent 
ans s'6taient ecoulcs depuis l'invention de 
rimprimerie sans que l'Angleterre ou les An- 
glais eussent fait la moindre chose pour le 
grand art, k une seule exception pres, — celle 
de William Caxton. Nous lui devons done notre 
plus precieuse reconnaissance. 

Quant k son caractere individucl, Caxton 

etait un homme pratique qui ne se laissait pas 

aller k des illusions ou a des id6es abstraites; 

un homme qui considerait avec discernement 

le but qu'il voulait atteindre et qui travaillait 

s6rieusement pour arriver k ses fins; un 

homme qui se faisait respecter dans tous ses 

rapports avec le monde, etj qui, dans toutes 

ses entreprises, — selon, du moins, ce que 

Ton a pu reeueillir sur ce chapitrc, — agissait 

dans la crainle de Dieu. II m'est impossible 

de trouver un cote faible dans le caractere et 

dans la vie de Caxton. Mais c'est une vie 

bien curieuse que la sienne, car. comment se 

fait-il qu'il soit devenu imprimeur? Et quand 

est-il devenu imprimeur? La pi u part des 

typographes de nos jours sont cntres tout 

jeunes dans les ateliers, mais Caxton paralt 

avoir attcint la cinquantaine, — je suppose 

que l'ann6e de sa naissance est une question 

non encore r6solue, — sans jamais songer k 

se faire imprimeur. Quand l'imprimerie fut 

invents, Caxton devait avoir une trentaine 

d*ann6es; mais il so passa bien du temps 

depuis Pinvention jusqu'au jour ou il songea 

a devenir lui-memc imprimeur. Comment 

alors le devint-il? Prcmierement, go n'est pas 

en restant en Angleterre, mais en passant la 

moiti6, on bien pres de la moitie de sa vie 

hors de son pays. 

II resida pendant trente-trois ans on Eland re 
ainsi qu'a Bruges. Sa profession etait celle de 
mercier, et il etait a Bruges le gerant de la 
corporation des merciers d'Angleterre. C'est 
dans cette ville qu'il fut lieurensemeut niisen 
contact avec cette grande invention dont l'Al- 
lemagne 6tait le sol natal; mais encore, 
qu'est-ce qui apu le pousser, lui mercier, a se 
faire ^imprimeur? Voici ce que je snggere en 
reponse a cette question : Quand Caxton etait 
le gerant de la corporation des merciers an- 
glais k Bruges, vous vous rappellere/ sans 
doute (pie les idees du monde n'etaient pas 
aussi developpees qu'elles le sent aujourd'hui, 
et quoiqu'il eot beaucmip a. laire, je m'ima- 
gine cependant que le travail etait distribue- 
d'une facon plus iiTei;uliere qu'il Test aujour- 
d'hui. 

11 ne pouvait pas calculer exactement l'nrri- 
v6e d'un navire ni celle d'une lettre. On lui 
ecrivait bien de Eondrcs, mais a cette epoque, 
1'envoi d'une lettre etait une affaire formi- 



dable, aussi formidable, dirai-je bien, que le 
serait aujourd'hui renvoi d'une ambassade; 
etjenecrois pas que Caxton, pendant ses 
trente-trois ans de s6jour a Bruges, ait recn 
autant de lettres qu'il arrive a. de certains 
malheureux d'en recevoir maintenant dans le 
eourant d'une seule journ£e. Eh bien, il me 
semble possible que Caxton, un homme actif, 
avec un esprit entreprenant, ait eu des mo- 
ments perdns dont il ne savait trop que faire, 
et pour les mettre a profit, il s'occupa de 
Htterature. C'est un fait avere qu'il y prit gout 
et <pie pendant longtemps il s'attacha a la 
Cour de Bruges, qui etait une cour litt6raire. 
II passa son temps a laire ce qu'il croyait 
profitable a son pays, c'est-A-dire a traduire 
et a, mettre a la portee de ses compatriotes des 
ouvrages que, sans son secours, ils n'auraient 
jamais pu connaitre. 11 publia d'abordun livre 
ainsi tradnit, anquel il donna le titre de Re- 
cueil, ou Collection des Histoircs de Troie; ce 
livre devinf. tellement populaire que, de par- 
tout, on lui en demandait des exemplaires. 
Mais la production de volumes au moyen de la 
plume ne se faisait pas vite; il parai trait alors 
qu'il imagina un jour d'appeler a son aide 
cette nouvelle invention de rimprimerie et il 
se mil aussitM a l'amvre. 

(La suite prochainement .) 



Ouvrages offerts au Cercle. 



Par M. Tucker : 

Le Ti/pologle Tucker, recueil de l'imprime- 
rie et de la liihographie, revue bibliographi- 
quc. Vol. 1. 1 873-1 87<i. 

Cbarmant recueil un prime" sur ]>apier teinte 
avec un luxe typographitjue et une variet6 de 
caraeteres des plus reiuarquables. 



UENTES PUBLIQUES. 



Paris (rue Drouot). 

Mardl 7 aoiit 1877 v.t jaws suivants. — Li 
vres rares et preeieux provenant de la Librai 
rie aneienne et moderne. -- Libraire ; Bache- 
liu-Deflorenne. 



Le Secr&taire-G&rant, Blancuot. 



I'aria. — Typ. Jfillot et Dumouliu, rue des Gr.-Augueuus, 5. 



66* AxmAe. 2* Stele. 



N* 32. 



11 Aotit 1877. 



^ i, 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GliNKRAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, au Cercie de la Librairie, de llmprimerie cl de la Papeterie, rue Bonaparte, L 

Sommaire : Stance publitjue annuelle de VAcademie francaise. — VariM&s : Le Centenaire 

do Caxton (suile et fin). 



Stance publique annuelle de 1'Academie 

francaise. 

L'Academie franc, aise a teau, le 2 aout, sa 
stance publique annuelle. M. Camille Doucet, 
secretaire perpetuel, a lu le rapport sur les 
concours de 1876. Nous reproduisons, suivant 
notre habitude, la partic de ce document qui 
contient l'appreciation des ouvragescouronnes. 

« Plus de deux cents ouvrages se sont pre- 
sented cette ann6e a nos concours, sans compter 
ceux qui, croyant en avoir le droit, s'y sont. 
irregulierement represented comme en appcl, 
apres avoir de"ja pris part, en premiere ins- 
tance, aux concours de l'annee derniere. Sa- 
tisfaire a tant d'espe ranees 6tait difficile; ma is 
si, dans ses luttes courloises, 1'Academie ho- 
nore les vainqueurs, il n'y a pas de vaincus 
pour elle : aux concurrents moins heureux, 
elle adresse ici, par ma voix, plus que des 
consolations : des temoignages sympathiques 
d interet, d'estime et d'encouragement. 

L'histoire et la philosophic, l'histoire sur- 
tout, Messieurs, vont avoir la plus grande 
part dans nos recompenses. Plusieurs fonda- 
tions sp^ciales provoquent directement le tra- 
vail des historiens et, dans les concours memo 
qui ne leur appartiennent pas tout a fait, 
dans celui, par exemple, qu'a institu6 M. de 
Montyon pour les ouvrages utiles aux mceurs, 
ils ont su encore prendre la bonne place k 
cot6 des philosophes, des moralistes, des sa- 
vants, des romanciers et des poetes. 

Le grand prix fonde par M. le baron Gobert, 
dans Tint6ret de notre histoire nationale, n'a 
jamais 6t6 moins disput6 que cette fois ; les 
concurrents semblent avoir recnl6 d'avance, 
et d£sarm6pour ainsi dire, devant une ceuvre 
eapitale qui ne craignait pas la lutte, qui 

Chronique, 1877. 



I 



plut6t J'eut souhait6e, etant de taille a en 
braver les perils. 

Dans un magnifique volume intitule - Charle- 
magne, M. Alphonse VAtault a, suivant Pex- 
pression du savant rapporteur de la commis- 
sion competenlc, entrepris de peindre une 
grande 6poque, une grande figure. 11 y a 
rAussi, et notre literature historiquo y ga- 
gncra un monument qui lui manquait. Sur 
Charlemagne et son temps, a peine posse- 
dions-nous jusqu'alors quelques pages disper- 
ses : un admirable resum6 de Montesquieu ; 
des chapitres de M. Guizot, de M. Mignct, de 
M. Michelet; fragments de haut prix, qui font 
honneur a notre Acole moderne, mais qui, 
membres epars d'un grand corps en prepara- 
tion, attendaient qu'on les r6unit. 

Ancien 616ve de l'ecole des Charles, savant 
archiviste, autenr renomme dejA. de deux 
belles histoires de Soger et de Godefroy de 
Bouillon, soutenu a la ibis par lVtude des 
vieux textes et par le patriotismc le plus 
elev6, M. Alphonse Velault semblait tout pr6- 
par6 pour entreprendre cette t&che difficile, 
et, Tayant entreprise, pour la mener a bonne 
fin. 

Dans son ensemble, l'ouvrage de M. Vetault 
se distingue par des qualities vraiment sup6- 
rieures. Combine avec art, le tableau general 
est tracA largeinent, et la figure du grand em- 
pereur y a p pa rait dans un juste relief. 

Les chapitres consacres a la personne de 
(Charlemagne, & sa vie, a ses goflts, a ses etu- 
des, acuevent et competent rexcellent ouvrage 
auquel, a l'unanimite, l'Acad6inie dAcerne le 
grand prix Gobert. 

Plus modeste et du au mfime fondateur^ le 
second prix Gobert etait, en 187(5, attribu6 a 
un savant travail de M. Tabb6 Houssaye, sur 



32 



'■»■■'. 



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, ' ' ■ ' ' ■ ... v ■, 

CHRONIQUE. 



Je cardinal de Berulle et le cardinal de Riche- 
lieu, Aucun ouvrage de valeur plus grande 
n'etant venu lui faire concurrence, FAcad6mic 
maintient M. Fabb6 Houssaye en possession de 
ce prix qu'il m6ritait d'obtenir et qu'il meritc 
de garder. 

Fond6 pour Fencouragement des travaux 
historiques par un de ces maltres de Fhis- 
toire qui tout a la fois la font et Fecrivent, 
par le premier de nos confreres, glorieux 
doyen de notre compagnie, le prix Thiers est 
decern6 a M. lulouard Sayous, pour un ou- 
vrage en deux volumes qu'il a consacre a 
Yllistoire generate des Hongrois. 

Avant d'ex^cuter ce grand travail, et pour 
s'y mieux preparer, M. Sayous n'a pas seule- 
ment compulse tous les texles, 6tudi6 toutes 
les chroniques : magyares, sluves et alloman- 
des; plusieurs fois il a visits Ja Ilongrie, il en 
a consults les manuscrits, interrog6 les hom- 
ines, recueilli les traditions. 

En rendant justice au me>ite du livre et a 
la profonde 6rudition de Fauteur, FAcad6mic 
a particulierement distingue chez M. Sayous 
un rare talent de mise en omvre joint a un 
grand art de composition et de style. Les 
tableaux animus de son ouvrage sont conime 
les actes emouvants d'un drame heroique dont 
les nombreuses p6ripetics, prec6dees d'un pro- 
logue sombre et plein de promesses, se de- 
noueraient brillamrnent dans Fc k clat d'une 
glorieuse apotheose. 

Si FAeademie a pu deccrner justemeni, la 
totality du prix Thiers a Vllistoirc generate 
des Hon grois, de M. Sayous, un mfime senti- 
ment de justice Fa decid6c au conlraire, quand 
plusieurs ouvragesd'un egal meritc s'oflYaient 
a elle pour le concours Therouannc, a en par- 
tager le prix par portions egales entre quatre 
concurrents, entre quatre historions :MM. Fon- 
cin, Cliarlcs d'llericaull, Berthold Zeller et 
Ernest Lavisse. 

La curie use et instructive elude de M. Fon- 
cin sur le Ministere de Turyot avail commence" 
par fit re Jonguement discutee en bon lieu : a 
la Sorbonne d'abord, devant la Faculty des 
Lettres; a Tlnstitul ensuite, devant FAcad6- 
mie des sciences morales et politiques. 

Approuvanl a son tour Fesprit general du 
livre et partagcant Festime de Fautcur, son 
admiration meme pour le genie de Turgol, 
FAcademie francaise, tout en constatant cer- 
taines faiblesses d'execution, a voulu recom- 
penser, dans cette intcressanto etude, Fabon- 
dance des fails, la richesseM la nouveaute des 
details dont elle est rcmplie. 

L'<fuvrage de M. Charles d'II6ricault porle 
ce titre : la Revolution de thermidor. Robes- 
pierre et le Comite de Saint public en Fun 11 , 



d'aprds les sources originates et les documents 
ine'dits. 

Pendant onze mois, du commencement de 
septembre 1793 a la fin de juillet 4 794, 
M. d'H6ricauIt s'est attache a suivre Robes- 
pierre comme pas a pas, de semaine en se- 
maine, de jour en jour; puis d'heure en heure 
meme, a la veille du denoument; dans ses 
rapports avec le Gomit6 de Salut public, et 
j usque dans sa feinte et mysto>ieuse retraite. 
La Julie terrible dont jusqu'au dernier mo* 
ment il semblait devoir sorlir plus puissant 
que jamais, seul maitre de la Convention et 
de la France, est raconl^e avec autant de pre- 
cision que de clarte. Crace aux recherches 
de M. d'llericaull. les points obscurs sortent 
de Fombre et les fails doutcux s'expliquent, 
acquis desormais a Fhistoire; a Fhistoire, je le 
r6pele. L'onvrage de M. d'llericaull n'est pas 
une oeuvre de passion, mais une oeuvre de 
veTite : un livre de bonne foi , dirait Mon- 
taigne. C'est, au-dessus de tout, un livre d'his- 
toire. L'Academie Fa juge A. ce litre, sans pre- 
vention; a ce litre, elle Je couronne sans 
arricre-pens6e. 

S'efTorcant a son tour de remonler jusqu'aux 
sources, et demandant la ve>ife aux anciennes 
archives de Florence et de Paris, M. Berthold 
Zeller, digne fils de notre savant confrere de 
FAcademie des Sciences morales et politiques, 
a compose une Ires-curieuse etude sur les cir- 
conslances qui ont precede , accompagne et 
suivi le manage de Henri IV avec Marie de Me- 
dicis. La conspiration du mar6chal de Biron, 
le proccs d'Fntragues, les intrigues italiennes 
pendant les dcrniercs annees d'un regne que 
les enncmis de !a France 6taicnt seuls & trou- 
ver trop long, la mort enfin de ce roi si cher a 
son peuple, si tier en face de FEurope, dont 
les faiblesses memes n'ont pu rien enlever a sa 
gloire; tout ccla, mis en muvre avec art et avec 
goilt, conslitue un r6cit Ires-atlachant, un bon 
livre ])hun d'interel. 

Si M. Berthold Zeller a renouvele avec bon- 
heur Faspect d'une des pe>iodes les plus con- 
nucs de notre histoire, c'est une des p^riodes 
les plus ignorees de Fhistoire de Prusse que 
M. Ernest Lavisse a, non [»as renouvel^e, mais 
relrouv6e, et (ju'il a publico sons cc litre : Etude 
sur I'une des origines de la monarchic prussienne^ 
ou la Marche de Brandebourg sous la dynastie 
ascaniennc. Bien dans ce livre, aux yeux du 
patriotisme hi plus delicat el. Ie plus suscep- 
tible, n'etait de nature a empf:cher FAcad6mie 
de couronner un travail tres-neuf et t res-sol ide 
qui, a tous egards, no pent que faire honncur 
a notre ecole hislorique conternporaine. 

(La suite prochaincmenL) 




*-T? ■■;/■* .' ' ■'.O' 'V;!' ' •.■">:■ * * . , v 



\ ; '. ■ 



CHRONIQUE. 






w v 



Le Centenaire de Caxton. 

(Suite et fin.) 

A Bruges il Iui prit Fidee Gxe de rcvoir sa 
chere patrie et il revint en Angleterre, 011 il 
monta une presse non loin de l'abbaye de 
Westminster. Permettez-moi de vous (aire ob- 
server ici que rien nejustifie la suj>position 
que l'entreprise de Caxton ait, en quoi que ce 
soit, profit6 du voisinage de l'abbaye. Quoique 
etabli pour ainsi dire A I'omhre d'une grande 
et ricbe eglise, il ne seinble pas qu'ellc lui ait 
jamais 6tc" d'un Lien grand secours, mais il 
parait avoir etc doue d'un esprit indcpendant. 
Vers la fin du xv e siecle le monde eccldsias- 
tique ne sc trouvait pas fort a l'aise et il se 
m on trait quel que pcu jaloux des e fie is pos- 
sibles de cetlcgrande invention de rimprime- 
rie qui mcnacaitde repandre au large Instruc- 
tion parmi le peuple; done 1'accneil qu'elle en 
re^ut ne fat rien moins que chaleureux. 

Nous arrivons maintenant ;1 un point assez 
eurieux. Caxton a ele" l'objet de Iouanges, mais 
il a etc aussi en but au blame, et a on blame 
tres-severc de la part du fameux Cibbon, pour 
le genre d'ouvrages emanant de sa presse. Si 
vous comparcz les livres imprimes par Caxton 
avec ceux publics sur le continent, vous serez 
f rap pes de T6norme difference de la nature de 
leur contenu. Ceux de Caxton semblent prin- 
cipalcment appartenir a nn dcgr6 inferieur de 
civilisation. II n'a pas imprime la Bible, parce 
tpie la Bible, alors popnlaire en Angleterre, 
etait cello traduite par Wycliffc et que la tra- 
duction de Wycliffe avait etc" condamnoe par 
1'ttglise. Mais il n'a jamais non plus imprime 
aucun des classiques ancieus. Devons-nous Ten 
blamcr? NuIIement. Sa facon de proceder riait 
une facon essentiellement anglaise. Caxton 
conout a part lui celle idee — que nous regar- 
dons encore comme une idee eminemment an- 
glaise — qu'il rendrait son entreprise indo- 
pendante, qu'il lui ferait fairc ses frais. Pour 
ce, il semble avoir pris la resolution de comp- 
ter autant que possible sur les sympathies et 
Tintelligence de ses compatriotes. II lit loutce 
qui 6tait (Hi son pouvoir, au moyen de traduc- 
tions, ]>our mettre Tinstruction a la purine de 
leur intelligence, et apres les avoir dirigvs, 
autant qu'il lui etait possible, dans la bonne 
voie, il vonlait leur laisser faire le resto. Cet 
hnmme6tait done d'une merveilleuse Anergic : 
On nous dit qu'a l'epoque de sa mort il avait 
traduit 5,000 pages in-folio dans le but d'ins- 
truire ses compatriotes. Kt puis, il ne conside- 
rait pas tant rimprimcrie sous le point de vue 
d'un art rnanuel que comme un lien entre les 
ceuvres lilteraires (ju'il imprimait d'une part, 
et l'espril de ses compatriotes dautre part; il 



se croyait appele a donner de Fextension k cet 
art afin de mettre les deux en presence et de 
resserrer ce lien. C'est une tres-remarquable 
ettres-interessante histoire que celle de Caxton, 
et j'ose dire que ceux* qui n'ont pas eu l'oeca- 
sion de 1'etudier a fond, trouveront, en 1'exa- 
minant de plus pres, que la carriere de cet 
homme, au point de vue biographique, est 
remplied'interet pour quiconque prend plaisir 
;\ Thistoire de la literature; et, pour les pins 
6rudits d'entre eux, c'est un sujet qui les v6- 
compensera largement du temps qu'ils auront 
consacre* & cet examen. J'aurai atteint mon but 
si j'ai r<mssi a engager ceux qui n'ont pas fait 
cette etude du caractere et de la vie de Caxton 
a chercher du moins ;i en obtenir un apercu. 

Hue preuve qui fait voir combien, relative- 
inent parlant, I'Anglcterre etait amerce da 
temps de Caxton nous est fournie par le fait 
qu'aucun Anglais ne fit partie de son convoi 
funebrc. Kt ceci me ramene & dire un mot de 
plus sur le bon sens et le discernement de 
Caxton. J'ai deja, dit qu'il voulait que sa presse 
pa vat ses frais, et ii les lui fit payer; et, je ne 
doute pas qu'a sa morl, s'il n'6lait pas pr6ci- 
sement ricbe, il jouissait du moins d'une hon- 
nete aisance. Mais il ne chercha jamais ;\ 
prendre un vol trop eleve. II basa son expe- 
rience sur celle de quelques-uns de ses prede- 
cesseurs du continent, entre ant res deces Alle- 
mandsqui allerent s'6tablir dans les environs 
de Home et y imprimerent en grand nombre 
de magniliques Editions de classi(|ues grecs et 
latins, avec ce resultat qu'ils firent banque- 
route. C'est 1<\ una tristc fin jiour une noble 
entrcj)rise, mais elle nous donne ;\ cornprendre 
la modestie, le 1 <»n sens et la sagacite de 
Caxton, qui sut gouverner sa barque de facon 
a eviter tous ccs ecueils. 11 sentait <pie la de- 
mande ne serait pas assez forle ]>our ce que 
Ton pourrait apj)cler une presse ideale, et il 
se borna, en consequence, a produire des 
choses i>rati({ues et posa ainsi les fondements 
sol ides d'un travail destine a devenir pro- 
*n*essif. 

Kn prononcant ces paroles, M. Cladstone 
prit entre ses mains un volume reli6 et conti- 
nna en ces termes : J'appelle votre attention, 
en pen de mots, sur le progres de rimprime- 
rie, Voici un volume, sur lequel je vous prie 
tousde j<iter un regard, parcequcje crois qu'il 
rejnvsenle jusqu'ici le point culminant du 
progres atteint parMa typographic. Ce volume, 
comme vous voyez, [>orte le timbre des armes 
(W, niniversil6 d 'Oxford. C'est une Bible, relive 
de maniere ;\ rn^riter Fapprobation du lec- 
Iruv, r.l ([u\ y dans son ensemble, repr6sente, i 
ce que je crois, un travail fini, contenanl au 
dela de 1,000 [>ages. Mais c'est la, direz-vous, 
une chose Ires-ordinaire; pourquoi nous mon- 



^vV',! ;■:'■.-'.:>-• ■■■:'; / ■■" : ;v, ."■, * :- : '.v.-.- .".■.■■*.■■■■':.■ ' ■. - ■* ' : ■, ■ .■ > ,-■ ■■'*■; '■ -. •;. ■■■ ■ ■•■-■■■. '';•>■ '■*''' .' r •'';'■' <-".. '. -■'■ % \- ';' VY^'^:?/' 



132 



CHRONIQUE. 



trercela? Je le fais simplement afiu de vous 
dire qu'il y a seize heures ce livre n'existait 
pas : il n'6tait pas reli6, il n'6tait pas pli6, il 
n'6tait pas imprim6. Depuis que l'horloge a 
sonn6 minuit hier a rimprimerie de l'Univer- 
sit6 d'Oxford (University Press), le personnel 
de cet 6tablissement a imprim6 et exp6di6 ce 
volume, avec plusieurs autres, dont un exem- 
plaire sera offert a l'empereur de Br6sil, et les 
autres distribu6s parmi les convives. (Applau- 
dissements.) Geci d6montre ce que Ton peul 
faire, ce qui a 616 fait, ef fournit une id6e de la 
position heureusement occup6e aujourd'hui 
par le grand art de la typographic. 

Je ne raettrai pas davantage votre patience 
a l'6preuve, mais je vous demanderai de boire 
avec moi a la m6moire de cet horarae estim6 
et honor6, William Caxton, le premier impri- 
meur anglais, et pendant un temps le soul im- 
primeur en Angleterre, notre chere et bien- 
aim6e patrie. 

Ce toast port6, on but en silence, tous les 
convives se tenant debout. 

Jtf. Gladstone proposa alors de boire « au 
« succes de la Printers'Pcnsion, Almshouse, 
« and Orphan Asylum, Corporation, » dont, 
comme il est dit plus haut, le cinquantifcme 
anniversaire de la fondation etait c616br6 en 
m6me temps que la ftHe caxtonienne; ce qui 
l'ut fait au milieu d'applaudissements una- 
nimes. 

M. Hodson donna ensuite lecture d'unelongue 
liste de souscripteurs, au has de laquelle figure 
un total d6passant la somme de 2,000 Hv. st. 

(:i0,000 fr.). 

L'6vCque de Bath and Wells proposa la sant6 

de M. Gladstone. 

Le toast fut recu avec enthousiasme. 

M. Hall, de TOxford University Press, a ex- 
pliqu6 que la Bible que M. Gladstone avait 
tenue a la main, avait 6t6, ainsi que quatre- 
vingt-dix-neuf autres exemplaires, imprim6c, 
s6ch6e, pliee, soumise aux vingt-huit proc6des 
de reliure, dorure sur tranche, etc., le tout 
depuis le coup de minuit de la veille. Les 
formes 6taient naturellement toutes prates, et 
quant a l'impression , il n'est pas sans savoir 
qu'on pourrait lui faire Tobservation que la 
c616rit6 en ce cas d6pend du nombre de ma- 
chines employees. Quoi qu'il en soit, on ne 
pourra faire autreinent que d'admettre que la 
production des cent exemplaires a 6t6 faite ra- 
pidement. 

Sir Charles Reed a propos6 le dernier toast 
indiqu6 sur la liste : « Les imprimeurs de la 
« Grande-Bretagne etdu Continent. » 

M. Chaix, r6pondant au nom de ses compa- 
triotes, s'est exprim6 en ces termes : « C'est a 
votre gracieuse Souveraine que je porterai 






d'abord utl toast. C'est ensuite a vous, hono- 
rables Gentlemen, qui avez eu rheurense id6e 
d 'organiser cette ffite de rimprimerie, que j'a- 
dresserai des remerclments au nom de mes 
confreres de France et en mon nom personnel, 
pour nous y avoir convi6s et nous y recevoir 



avec une si cordiale hospitalit6. Ce n'est point 
d'ailleursle premier t6moignage de sympathie 
que les imprimeurs et les libraires de la Grande- 
Bretagne donnent a Ieurs confreres de France ; 
et nous nous souviendrons toujours avec une 
vive reconnaissance de l'empressement que 
vous avez mis a soulager nos souffrances apr6s 
le si6ge de Paris. 

« Aujourd'hui, permettez-moi de vous expri- 
mer les voeux que nous formons pour que Tart 
immortel de Gutenberg et de Caxton, fidele a 
son origine, ne soit jamais, aux mains des 
hommes, qu'un instrument de science et de 
paix; qu'il ne serve a r6pandre que les belles 
productions de l'esprit humain , les amvres 
saines et morales, et les id6es de fraternit6 et 
de philanthropie. Mais ce rOle pacifique com- 
porte cependant une lutte : la lutte contre 
1 'ignorance. Cette guerre-la, honorables Gen- 
tlemen, ne craignons pas de l'engager et de la 
poursuivre; et si Tavenir des soci6t6s d6pend 
de l'6ducation donn6e a Tenfance, pr6occupons- 
nous avec une ardente sollicitude des enfants 
confi6s a nos soins. Je vous propose done, 
Ladies et Gentlemen, de porter un toast k la 
destruction de l'ignorance et a la victoire de 
la. paix dans le monde par Tart de rimpri- 
merie. » (Applaudissements.) 

M. T. Goebcl, de Stuttgard, qui a parl6 a 
son tour au nom des imprimeurs allemands, a 
compliment6 la Commission caxtonienne sur 
son beau succ6s, un succes beaucoupplus grand, 
a-l-il dit, que celui obtenu en Allemagne, il y 
a trente-sept ans, a l'occasion de la c616bration 
de Tinvention de rimprimerie par Gutenberg. 
Depuis plusieurs si6cles d6ja l'Angleterrejouit 
de cette lihert6 civile dont la plus haute ex- 
pression, l'expression la plus g6n6rale, se tra- 
duit par une yresse libre. Si l'Allemagne a 6t6 
le berceau de l'art typographique ; TAngleterre 
est le pavs ou l'enfant a atteint son plus grand 
developpement dans le Vieux Monde. (Applau- 
dissements.) 

M,. G. Spottiswoode ay ant r6pondu au nom 
des imprimeurs du Royaume-Uni, le banquet 
s'est termin6 au milieu de Tenthousiasme g6- 
neral. 



Le Secre'laire-Ge'rantj BlanchGt. 



Porta. — Typ. Pillet at Dumonlip, rue ties Gr.- Augustus, 3. 



66 e Ann6e> 2« S6rie. 



N° 33, 



18 Aofct 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



BE L'lMMJMERIE ET DE LA LIBRAIIUE 



Paris, au Ccrcle de la Librairic, de Tlmprimcrie el de la Papoterio, rue Bonaparte, 1» 

Sommaire : S&ancc publiquc annuclk de VAcadfonie frongaise (suite). — Faits divers* — Van'dtis: LaBiblio- 

theque nationale en I87ti (suite). 



Une petition, sipnee desprincipaux libraires- 
/idi tours du quart ier des Peoles j\ Paris, avant 
ete adressoe a M. le direetcur general des 
posies ]mur Ini domander la transformation 
du bureau do posie do la rue Serpente on 
grand bureau, a obtenu un resullat favorable. 
Voici, on effet, la leltre que M Haebette et C n , 
Tun des signalaires do cotlo petition, viennont 
do rocevoir : 

« Paris, 8 aout 1877. 
» Messieurs, 

» Vous m'avcz fait l'bonneur de m'adresser, 
eonjoinloment avec les prineipaux Iibraires- 
editeurs du quartior des Proles, nun demande 
tendanl a oblenirquele bureau de postc d< v la 
rue Serpente suit desormais assimile A cer- 
tains autres bureaux de Paris, tels (pie le bu- 
reau do la rue du Cardinal Lemoine, par 
exoii]])le. 

» J'ai la satisfaclion de vous annonoer que 
jo v i c ! n s do preserire de fixer a ;"> b. 45" m. du 
soir au lieu de 1 1 lu <10 la dorniere levees de la 
hoile du bureau do la rue Serpenle pnur les 
departs du soir ot d'eflecluer au inline bureau, 
a (i li. ot (i b. \ ;i du soir, des levees excepl.iou- 
nolles avoe taxes supplementaires. 

n De plus, des inesure.s sunt prises pour que 
les journaux el impriines qui seronl deposes 
avant It b. du soir au bureau de la rue Ser- 
pente soiont expedi^s dans le memo delai que 
ceuxqui sont aotuellement apportes a la memo 
beure au bureau de la rue du Cardinal Le- 
limine 

» L'cxoculion du nouveau service au bureau 
de la rue Serpente est fixeeau 20 aoutcouraut. 

)> A.^reoz, Messieurs, Passu ranco de ma con- 
sideration la plus dist induce. 

)> Signe ; Lko.n Hiant. » 

(Jhronique, 1877. 



Cette decision doM. le directeur general sera 
accueillie avee reconnaissance ])ar lous les ne- 
gotiants el industriels du quartier des Ecoles, 
(pii apprecieront certainenient les efforts que 
fait I'Administration pour satisfaire aux desirs 
du public. 



--o»^«* i^i ir 



Seance publique annuelle de l'Acad6mio 

francaise. 

(Suite.) 

Je vous en ai prevenus, Messieurs, l'histoire 
Pa emporle dans presque toils nos concours. 
Cost ouoore A nn livre d'bistoire, A un tres- 
ioteressant travail publie par M. A. Clianlclauze 
sur Marie Stuart, son proedti et son execution, 
que PAcadi'mie aitribue lo j)rix Bordin, d'une 
valour de :i,0(>() IV. 

Depuis le prince Labanoff jusqu'a M. Mignet 
et M. Jules (ianlbier, Phistoirc de Mario Stuart 
est do eel les que les erudils ont le phis etudiees. 
He urandes divergences d'opinions se sont pro- 
duces a son sujet, ot tandis que les uns, s'atta- 
quanta la reine, ont pu se montrcr pour elle 
trop severes, d'anfres, au contra ire, prenant 
fail, el cause pour la fommc, se sont trop atta- 
ches peut-elre a Pamnistier entierement. En 
An<deterre comine en France, la question con- 
tinue de s'agiter, el lo dernier mot reste en- 
core a dire. 

Co n'est pas de la vie, mais seulernent de la 
mort de Marie Stuart et des sept derniers mois 
de sa captivite douloureusc, que s'occupe au- 
jounPbui M. Cbantelauze, eclairnnt ce cin- 
quiemo acte d'une tragedic lamentable de lu- 
mifcres nouvolles quo vient de lui reveler le 
Journal morne du medecin de la reine, Bour- 
going, document authentiquc inconnu jusqu'A 



33 



ite 



CHRONIQUE. 



tnw^Hrr •*■■ 



ce jour, et qu'un beureux hasard a fait tomber 
entre ses mains. 

Quoi de plus dramatique, eL qui souleve pins 
le cceur indigne, que la scene terrible dans la- 
quelle M^ Chantelauze nous montro Ics com- 
missaires royaux lorturant a. plaisir l'infur- 
tunee souveraine que plus d'un a Je rcmords 
d'avoir, dans Jes jours prosperes, connuo , 
flattee, admirec, airnee peut-etre? 

Quoi de plus touchanf, en revanche, de plus 
noble, et dont 1'eloquence soil plus accahlante 
pour 1'accusalcur, que le plaidoyer sans re- 
plique de cette auguste acensee, Lvrec a elle- 
meme, A elle .seule, sans nn defenseur, sans 
un conseil, sans im ami, sans le seconrs d'au- 
cun dossier, d'aucune note qui put seconder sa 
memoire, et pou riant parvenant encore A so 
defendre mieux que pas un n'crit pu le fa ire ? 

A cot6 de cctte parlie sinistre de la fin de 
son recit, M. Chantelauze, se rctournant da 
coucbant sombre vers la lu mi neuse an r ore, a 
consacre quelques pages aux j)Ius charmanf.s 
souvenirs des heures rapides mais foriunees 
ou la jeune rcine de France recevaiL A Paris, 
pour ses blanches mains (it ses youx etoih's, les 
bommages de Honsard et les compliments de 
Brant6me. 

Plein d'un interet saisissanfel sonfenu, le 
livre de M. Chantelauze se distingue en oufre 
par le merite de la forme, par la bonne qua- 
lite d'un style elegant et correct. 

Pendant que M. Chantelauze ucquerail, dans 
la petite ville de Cluny, le journal manuscrit 
du medecin de Marie Stuart, pat* une l)onne 
fortune egale, analogue an moins, a quelques 
-lieues de la, dans un department limitrophe, 
M. Charles Capmas, professeur A la Faculty de 
droit de Dijon, deconvrait, au milieu d'ohjels 
vulgaires, dans l'elalage d'une marchande de 
vieux meubles, un autre manuscrit en six vo- 
lumes, contenantune partie considerable de la 
correspondance de M mc de Sevigne; plus, des 
letlres inedites iinporlantes; plus enlin, pour 
les parties deja connues, des restitutions du 
plus grand interet. 

II y a eu, dans cette affaire, une part, de me- 
rite et une part de bonheur, disait un de nos 
eminents confreres, ires-grand ami de M m ° de 
S6vign6, en exposant devanl I'Academie les 
titres deM. Capmas et en parlantdelui com mo 
M. Capmas, a coup sOr, n'eut pu mieux parlor 
de M. de Sacy, le maltre a to us en la ma- 
ti&re. 

La part du bonheur a ete do decouvrir le 
manuscrit. 

Une fois le manuscrit Irouve, la part du me- 
rite est d'avoir su, profitant de la decouverte, 
la presenter au public, precedre d'une intro- 
duction remarquable etaccompagnee de jiotes 
excellentes, dues a un long travail de patiento 



6rudition et de sagacite critique fjn'on nc sau- 
rait trop Iouer. 

Stir les vingt et une leltres tout a. fait nou- 
volles, publiees par M. Capmas, il en est plu- 
sieurs que Ienr grAce exquiso place de droit a 
co(6 des meillcures que Tadmirafion puhlique 
ait depnis longtemps adoptees. Toutes contri- 
buent A completer I'mnvre de M me de Sevigne 
en compliant l'histoire de sa vie, la dcrniere 
ne s'arrctant qu'avec sa vie meme. 

Quant anx fragments refrouves, qu'a tort on 
a raison les premiers editeurs avaient detaches 
des anciennes let Ires, sans grande portee Iilt6- 
raire, sans grand interet historique, ils scrvent 
encore A eclairer utilement certains points 
demeures obscurs. 

Somme toute, dans son ensemble, la publi- 
cation de M. Capmas constitue un tres-bon 
livre, et TAcademie airne A lui decerncr une 
moitie du prix de 11,000 fr. foride par M. Mar- 
celin Cucrin. 

L'aurre moitie de ce prix est attribute a 
M. Kugene Pel let an pour deux volumes d'un 
tout autre ordre el, d'un tout autre genre, deux 
sortes de rornans hisloriqnes et philosophiqucs 
qui Ace litre ontun double merite, ou lout an 
moins un double charrne : Roy an, la naissance 
d'wir, villa; Jarousseau, le pasttitr du desert. 

La petite ville de Hoyan avail eu jadis sa 
grande page d'histoire. Assiegee par Louis XIII 
en porsonne, comme un repaire du calvinisme, 
elle avait du capituler a pros une semaine de 
tranchee, el, depuis Iors, ville ruineft, ville 
(Heinle, ville, morl.e, aucun des progres de la 
civilisation n'avait pu I'alteindre. 

Deux siecles plus tard, voila tout A coup 
(prun chernin de lev penetre dans ee lombeau 
en y rapportant la vie, la vie nouvelfe, la vie 
inoderne, avec ses bienfaits, ses lumieres, ses 
elegances, ses passions aussi ; (it le reste ! 

Les habitants y ont-ils gague, la morale y 
a-t elle perdu? nous demandait un de nos phi- 
loso plies. 

La ville est prospere et tout y va pour le 
mieux, lui repond I'ingenienx ecrivain qui, ne 
dans le pays dont il nous depeint la resurrec- 
tion henreuse, vaut bien qu'on Ten croie sur 
parohi. 

L'antre ouvrage de M. Pelletan a plus d'iin- 
portanee, plus d'etendue et de veritable va- 
Jeur. 

(j'est dans sa propre famille (pie l'auteur a 
puis6 son sujet. Le pasfeur Jarousseau etait 
son grand-pere, et la part de la verite, la part 
de l'histoire liree de ses archives malernelles 
esfau moins aussi considerable <pie cclle de 
l'iuvenlion, dont le merite lui revient plus per- 
sonnellcment. 

Qu'il aborde, ou ]>lutot qu'il ellleure les 
(juestions j-eligieuses et les questions poli- 



>i-v»" '■ 



CHRONIQUE. 



435 



tiqucs, ce livrc, de-gage, de tout fanatisme, se 
distingue d'un bout A Pautre par une grande 
moderation. Pour etrc parfois un pen ma- 
niero, le style de M. Pelletan ne manque ni 
d'elegance ni de charme. I, 'Academic a cou- 
ronneses deux volumes comnie de hons livres 
dont la morale est honnGte et dont la lecture ne 
peut qu'etre agreable et utile. 

Un prix nouveau, un prix de 4,800 fr., dila 
la generosite de feu M. Arcbon-Despe>ouses, 
etait pour la premiere fois, eette annee, a la 
disposition de 1'Academie qu i, Jaissee libre 
d'cn determiner Temploi, I'avait affecte a en- 
courager et a recompense! 1 des travaux de plu- 
loLogie. 

* « L 'Academic, disait dans son dernier rap- 
port annuel mon cher et venere predecesseur, 
M. Putin, que je ne saurais tropvous rappcler, 
1 'Academic sera ainM niise a meme ri'honorer 
plus directement qu'il ne lui a encore etc 
donne de le faire, tonte une elasse d'ouvrages 
qui out un litre parliculier a son inu'ret, ccux 
ou, sous des formes trrs-diverses, Icxiques,gram- 
maires, dissertalions, editions critiques, etc., 
on s'applique aujourd'bui, avee tant d'ardeur 
et de methode, a ('etude de notre langue et de 
ses monuments de lout Age. » 

Les editions critiques etant spreialement et 
nominativement comprises dans les previsions 
an programme, celles des Grands eerivains de 
la France, que public la maison Haebettc, et 
dont notre savant confrere, M. Adolphe Re- 
gnier, de 1'Academie des inscriptions et belles- 
lettres, dirige depuis seize ans le travail avec 
tant de competence et d'autorite, semblaient, 
i\ tons egards, s'imposer d'elles-memes au 
clioix de l'Academie. 

« Pour la purett's, Pintegrife parfaitc, Pau- 
thenticitedu texte, aucun soin ne nous para it ra 
superflu, aucun serupule trop minutieux, » 
disaient en 1801 les editeurs de cette grande 
publication, dans un prospectus rempli de se- 
duisantes promessos, dontaucunc, eneffet, n'a 
manque d'etre fidelement tenue. Le monu- 
ment n'est pas achevo, mais il scmble Petre, 
a voir ot a compter les chefs-d'omvre que con- 
tiennent deja les cinquante volumes publics 
jusqu'a ce jour. 

Corrigces pres(jue loutes sur les editions 
prince ps, et quehjues-unes meme sur des tcxtes 
originaux, les Mcmoires de Saint-Simon, par 
exemple, dont le manuscrit autographe n'a pas 
et6 paye moins de 7o,(J00 fr., ces editions 
nouvelles sont toutes notablement ameliorees, 
etdesfautes anciennes, qui menacaient de se 
perpetuer en se renouvelant sans cesse, out pu 
disparaitre en (in dans les muvres de Corncille 
et de Hacine, dans celles de Saint-Simon sur- 
toutet du cardinal de Helz. 

La plus grande part dans ce grand travail 



revicnt certainement a M. Adolphe Regnier, 
qui a vu tout, et tout revu lui-meme, avec sa 
rare experience de lingniste et de philologue ; 
mais il ne ponvait tout faire, et, sans attendre 
que TAcademie en exprimat la volonte, il a, le 
premier, manifest6 le de/ir que la participa r 
tion deses collaboraleurs fut hautemcnt recon- 
nue et mentionnee publiquemcnt , k leur 



louange. 



(La suite prodiainement.) 



-*s&zs>- 



FAITS DIVERS. 

On sait que jusqu'a ce jour le service des tra- 
vaux historiques de la Ville de Paris a public 
dix-sept volumes. 

Avant la fin de Panneo, le service publiera 
trois autres volumes d'un grand intcret. (le 
sont : 

1° Les Jetons de VEehevinage parisicn (his- 
toire metallique de laprevofedes marchands), 
teuvre posthume de M. d'Affry, de la Monnaie. 

2° Le livrc des M6tiers d'VAlennt} Boileau ; 

'A Le Cabinet des Manuscrits, par Leopold 
Delisle. 

II existe, en outre, plusicurs ouvrages en 
preparation et a divers degres d'avancement. 
Nous ciferons notamment : 

1° La Topographic historique duvieux Paris 
(faubourg Saint-ficrmain) ; 

"1° \ ^ Epitaphier general de Paris, rccueil de 
toutes les inscriptions tumulaires et des monu- 
ments fnnebres les plus remarquables des 
cimctieres et anciennes ^glises ; 

il Le Cartulaire general de Paris jusqud 
Vanntc 1870, par MM. Robert de Lasteyrie et 
Tardif ; 

4° Le plan dit de Tapisserie en 1530- 

L'ad ministration, dit la Patrie, a souscrit, 
en outre, <i cent cinquante exemplaires d'un 
ouvragc que prepare M. Narjoux sur les monu- 
ments municipaux du nouveau Paris. Cette 
souscription s'eleve au total de 4;J,000 francs. 

Tel est le resume des travaux relatifs a, l'his- 
toire du Paris ancien et moderne. 



-+S2/2S>- 



VARI&TES. 



La Biblioth^que nationale en 1876 *. 

(Suite.) 

Sect io n geographique. 

La Section geographique s'est accrue de 
408 articles, dont 200 venus du depot legal, 



\. Kx trail d'un rapport adresse le 8 avril 1877 a 
M. le miuislrc de 1'iustruction publique. 



136 



CHRONIQUE. 



109 d'achats et 99 de dons. L'emplacement 
affect6 a cette partic dc nos collections devient. 
de pins en plus insuffisanf, ct ne so prete ni 
an service des communications ni a Tcxficution 
des travaux de classement et de catalogue qui 
seraient nf*cessaires pour Lien met t re en va- 
lour un fonds aussi richc L Un inventaire 
sommaire a cependant 6te entrepris et pourra 
fit re tcrrnin6 dans un delai relativement assez 
rapproch6. 

Aujourd'hui je ne dois appeler raf.tenl.ion 
que sur les accroissements de la section goo- 
graph ique pendant. Tannic \R~(\. 

Le gouvernement anglais Ta enrichie de la 
rare et rernarqnahle carte de la frontiere fureo- 
persane, en neuf feuilles, levee par les offieiers 
rnsses ct anglais, do 1849 a tS;>;>. II lni a of- 
fer t la suite des feuilles topographiques do 
TEcosse et de l'lrlando, par V Ordnance Sur- 
vey et un grand nombre de nouvelles carles 
marines de V Jlytlrotjraphic 0ffi.ee. L'Autriehe- 
llongrie, qui se distingue pur la recondite et 
Timporlance do ses publications gengraphi- 
qnes, a envoye, soit grace a. la munificence 
di reef e de son gouvernement, soit par les snins 
de la So ciVit.fi gengraphique de Vienno, la earte 
topographiqne de Tempi re an 75,000'*, par 
Tlnstitut militaire geographique ; la carte do 
TKurope cent rale au !l00,000 e , par le memo 
corps ; la carle de la Ilongrie par Nemelh, et. 
divers travaux dus a des partieuliors on a des 
associations. Le gouvernement russe a fait don 
de nombrouses feuilles topographiques et geo- 
grapbiques de Tempire de Hussie ; mnvres soit. 
de Total-major de Saint-Petersbourg, soit de 
MM. Iline, Hittikh et autres geographes russes. 
Le gouvernement de Suede et do Norwe'ge a 
ad rosso des cartes topographiques et hydro- 
graphiqnes de diverses parties de la Suede ; 
Tafias des tern poles par TInslituf, meleoro- 
logiquc de Norwegc, des cartes du Spitzborg 
et des cartes areheologiqncs des con trees du 
nord de TKurope. Le gouvernement danois, 
la carte topographiqne du Dancmark au 
NO, 000*, cello du Jutland au 20,000" et la carte 
do Tlslande, par Olsem. Le gouvernement 
espagnol, grace a Tim pulsion vigou reuse im- 
prim6e anx travaux topographiques par di'ux 
savants geographes, le genera! Ibanez et le 
colonel (iOello, a fail. de recenlos et irnpor- 

1. La pluparL des ohjets (h» la section p'-ntfrapliiqiie. 
(jiii avaietit figure en \H1'.\ a reposition do ladalerir 
Mazarine out el6 provisnireinrnt places dans trois 
salles <lu rez-do-chaiiHscr ? a cote tins grands f^iohos dc 
Corunolli. Le public est adinis a les visiter tons les 
mantis, dc memo, que les departments des medailles 
et <Les estampes. Ui»; liste des principaux objets expo- 
ses a 6l6 publico par M. Lefort, dans le reoiieil dc 
M- Tis.sandier, intitule in Nature, n° du 2& oetobre 
1870. 



(antes publications, qu'ils'estempresse d'offrir 
a la Ribliotheque : entre autres un magnifiquo 
plan de Madrid, des feuilles topographiques do 
diverses parties de TEspagne, des cartes g6n6~ 
rales de la Peninsula et des cartes des colo- 
nies espagnoles. Le gouvernement portngais 
a offert des cartes topographiques, moleorolo- 
giques ct economiques du Portugal et de scs 
colonies; le gouvernement beige, des cartes 
diverses de la Belgiquo et le fae-simile de la 
sphere de Mcrcator ; le gouvernement des 
Pays-Has, la suite des cartes de Tamiraute" 
n6erlandaise ; le gouvernement du Luxem- 
bourg, plusieurs cartes topographiques du 
grand-duehc. 

Le DepOt de !a guerre et les autres adminis- 
trations franchises ue nous out pas trades avec 
moins de. generosite que par le passe. Les 
partieuliors ont egalement continue leurs libe- 
ralites. Do M. Spifzer nous avons reou une re- 
production photographiquc dc son portulan 
do Charles-Quint, et de M. Lombard Dumas 
les muvres do son beau-pore, M. Kmilien 
Dumas, la carle genlogique de Tarrondisse- 
ment. d'Uzes el la statistique geologique du de- 
part oment du (lard. 

Parmi les acquisitions de la Section geogra- 
phique auxquolles ont 616 consacres t:os cre- 
dits de Tannee lS7ti, il ennvient. de ciler : un 
portulan du seiziemo sioclo, par Jean of Fran- 
cois Oliva; un autre portulan, par Pannes, 
en L'JHti ; la earte bailliagere inanuscrito du 
Berry, au dix-huitieme sioclo ; la suite de la 
boll*; carlo hydrographique des Pays-Pas, inli- 
tuleo Watcrstaatslutart; des cartes topogra- 
phiques do la Prusse, du royaume do Saxo, do 
la Suedu au t(iO,()(Hr', dt^ la carle bqiographi- 
quo do la Suisse au 2.'>,000 ,! ; do la Prusse, a 
la memo echelle ; des ^randos cartes gvologi- 
(juos do la Suodo vl de la Prusse; <h; la carle 
do TKurope inoyenne jiar Liobenow ; d(; la 
carte generalo do TAllonwigne j>ar Sclieda ; 
plusieurs feuilles des carles hydro^raphiques 
des cot.es d'Ifalie, par Tamirauto italionne; la 
carte de la ISosuie, de la Serbi(i et des p:i\s 
voisins, par TInslitut militaire grngra[>hiquo 
de Vienno ; la carle do la Turquio d'Knrope, 
en vingt feuilles, par ILindl.ke ; la oai'lo do la 
Brelagne <ui ([iiatre leuilhis, par Fadon, pul>lioe 
en 17!).'> sous Tinspiration dt^s \ r ondoons et des 
emigres, et intitnloe : A tjnuinv.tr ir.nl Survey of 
the province of liritanny ; lo fac-sirnilo, en neuf 
feuilles, d'un plan de Vienno <ui Autriche, <le 
\'nm\&i % . t, r >47. 

[La suite prochainemmt.) 



Le Secr4laire-Gdrant \ Blanchot. 



Paris. — Typ. Pillet ot Oumoulin, rue de; Or.- Au^Uflins, 5. 



66" Ann6e. 2 s S6rie. 



N° 34. 



25 Aoftt 1877. 



DE 




RONIQUE 



DU<JQURNAL GENERAL 



IMEftlE ET DE LA LIBRAIRIE 






Paris, au Ccrcle de la Librairii\ do I'lmprimcrie et de la l'apderie, rue Bonaparte, 1. 

Sommaire : Conseil d' administration du Cercle de la Librairie. — Exposition universelle de 1878. 

Ouvraycs offer Is au Cercle. 



CONSEIL D' ADMINISTRATION 



MT CKRCLE I)K LA L1BRAIRJK. 



Proems -verbal de la stance du 17 aoiit IS" 



Preaidence de M. Basset. 

La stance est ouverte a deux heures. 

9 membres presents; an so fait excuser |>ar 
lettre. 

M. Odknt donnc lecture du proems-verbal d<- 
la stance du 20 juillet, qui est approuv6. 

Le Conseil s'oceupe de diverses questions re- 
latives au projet de construction. 

II d61ibere ensuite sur uae demande de pa- 
rere. 

M. le President annonce que le conrit6 in- 
ternational des poids ct mesures, qui a tenu 
ses seances dans le salon du Cercle 1*61.6 der- 
nier, demande de nouveau rbospilalit6 du 
Ccrcle pour une quin/ainc de jours a parti r du 
10 septernbre. Le Conseil d6cide qu'il sera re- 
pondu affirinativement a cette demande. 

M. Odknt lit un rapport r6dige an nom de 
la commission cbargee d'etudier les changc- 
ments et am61iorations a introduire dans la 
nouvelle edition de V Annuaire de la Librairie. 
Les conclusions de la commission sunt que 
YAnnuaire devra parailre avant Touverture de 
1' Exposition ; que les dispositions adoptees 
jusqu'a ce jour seront inaintenucs; mais que, 
pour i'aciliter les reehercbes, il sera a joule a la 

Ckr unique, 1877. 



fin du volume une table alphabetiquo pour les 
d6partements. 

Ces conclusions sont adoptees. 

M. lk President pr6sente au Conseil les di- 
plomes et les medailles decerned au Cercle a 
1'occasion de l'Kx position de Pbiladelphie. 

M. lk President annonce que M. Calmann 
Levy a fait don d'une somrne de 500 francs a 
la caissc de secours du Cercle a 1'occasion du 
manage de sa fille. Le Conseil decide que ses 
remerciements seront transmis a M. Calmann 
Levy. 

(Jn secours est vote. 

La stance est levee a trois beures et demie. 

Pour extrait : 

Le Secretaire, 

A. Templier. 



-> <* *.* ** * c- 



Exposition universelle de 1878 a Paris. 



H&jLEMENT DKS RECOMPENSES. 

Le Journal o/'ficiel vient de publier le rap- 
port suivant qui a 616 adress6 au Pr6sident de 
la K6pu Miii ue franca ise, par M. le ministre de 
l'agricullure eldu commerce: 

« Monsieur le President, 

« La constrticiion babilement dirig6e des ba- 
timents de l'Lxposition universelle se poursuit 
sur les deux rives de la Seine, au Trocad6ro 
et au Champ-de-Mars, avec une activit6 crois- 
saute, et Ton ne saurait plus douter aujour- 



34 



v. -.- . .■*■■ 



138 



CHRONIQUE. 



d'hui de l'achevement dcs denx edifices vers 
la fin du mois d'octobre, deux mois au moins 
avant 1'epoque prevue d'avance. Le moment 
est vcnu de regler Jes conditions de la lutte 
pacifique qui va s'engagor dans leur vaste en- 
ceinte. Deja. toutes les nations etrangeres qui 
ont repondu a notre appol connaisscnt la place 
qu'elles doivent occuper; deja l'admission des 
exposants francais est prononceeetl'cspace que 
nous nous sommes reserve, reparti entre eux ; 
il reste a determiner qu'elles recompenses se- 
ront d6cern6es, comment et par qui el les de- 
vront etre aftribuees. 

« Pour l'Exposition de 1 8(17, ce reglement des 
recompenses, prepare par la commission im- 
periale qui dirigeait tonte l'entreprise, avait 
ete promnlgue avant la fin de juin 1806. Pour 
l'Exposition de 1878, je n'ai pas cru devoir 
attendre au deli de Pepoquc oil nous sommes, 
et k mon tour, je me suis adress6 A. la corn- 
mission sup6rieuro des expositions Internatio- 
nales. AussitOt apres les decrets qui ont decide 
l'Exposition, cette commission avait ete ap- 
pel6e a en determiner 1'em placement et a 
choisir le systeme de construction le plus con- 
venable. Completee depuis lors, augmentee de 
vingt membres nonveatix, elle n 'avail, plus ete 
reunie. 11 m'a paru que jo ne pouvais la con- 
suiter snr un objet plus important que le re- 
glement dcs recompenses, ni dormer a. tons 
les concurrents francais on et rangers de ga- 
ranties meilleuros de bonne justice que cei' 
deliberations. ! 

« Le projet de decret que j'ai Tbonneur de 
vous soumettre a done ete prepare d'abord jia'r 
une sous-commission qui a cboisi jtour rap- 
porteur son pr6sident, M. Dumas, secretaire 
perp6tuel de 1'Academie des sciences, aneien 
ministre Je I'agriculturc et du commerce; de- 
battu ensuite dans trois seances de la com mis- 
ion tout entiere, ou les direclenrs des sections 
francaise et etrangeres, assistant le comniis- 
saire general, ont, ainsi que lui, fait entendre 
leurs observations; adopts en(in apres examen 
et debats contradictoires. 

« Dans la plupart de ses articles, le projet 
est conforme au reglement de 1807; il s'en 
ecarte seulement sur les points oil la pratique 
meme du reglement de 1807 en fait reconnaitre 
les imperfections, ou bien lorsque l'extension 
inesp6ree de la future Exposition a exige quel- 
ques rnesures nouvelles. Ainsi, consacre par 
l'experience, deiibere par les bommes les plus 
auiorises, ce reglement me paralt, Monsieur le 
mar6chal, meriter votre approbation. Si vous 
l'accordez, la commission sup6rieure aura a 
determiner ensuite le nombre de jures k attri- 
buer a chaque groupe, et dans ces jurys, la 
part k reserver a. la France et la part k accorder 
k chaque peuple stranger; elle devra presenter 



en fin <V votre sanction la liste des jures fran- 
cais, operation compliance, delicate, qui ne 
saurait s'achever sans d'assez longs delais. 
Mais d6s aujourd'hui la publication du regle- 
ment attestera aux etrangers comme a. nos 
nationaux la ferme volonte de votre gouverne- 
ment d 'assurer k tous les juges les plus impar- 
tiaux et les plus competenls. Elle accroltra la 
confiance de tous dans les verdicts qu'ils vien- 
nent solliciter. 

« Veuillez agreer, Monsieur le President, 
l'hommage de mon profond respect. 

(( Le ministre de V agriculture et du 
commerce. » 

A ce rapport est annexe le decret suivant 
que nous croyons devoir reproduire dans celles 
de ses dispositions qui conccrnent nos indus- 
tries : 

Le President de la Republiquo francaise, 

Yu les decrets des 4 et 13 avril 1870, insti- 
tuantune Exposition universelle internationale 
a Paris en 4 878; 

Vu la loi du 2<>jnillet 1870; 

Vu le d6cret du 7 septembre portant appro- 
bation du reglement gen6ral ; 

Sur le rapport du ministre de ^agriculture 
et, du commerce, 



Deere! o 



TITHE V* 



DISPOSITIONS GKNKRALES. 



Art. l rr . — Une somme de 1,500,000 fr. a 
ete consacree aux recompenses qui doivent 
etre deeern6es a. Foccasion de l'Exposition uni- 
verselle de 1878. 

II est' institue un jury international charge 
d'attribuer ces recompenses. 

Art. 2. — Le jury international est compose 
de <>;>() membres, U50 etrangers et 300 francais. 
Les jures etrangers sont repartis entre les di- 
verges nations d apres la proportion des sur- 
faces occup6es par chacune d'elles, le nombre 
de leurs exposantset l'importance dcleurexpo- 
sition. 

II est nomine, Jen outre, 32J> jures supplants, 
175 etrangers et 150 francais, repartis suivant 
le meme mode que les jur6s titulaires. 

Art. 3. — Les membres etrangers du jury 
international sont designed par le gouverne- 
ment de chaque pays. 

Les membres francais sont nomrnes }>ar de- 
cret, sur la proposition de la commission su- 
perieure. 

I.es jures suppleants sont nommes de la 



CHRONIQUE. 



139 



m6mo maniere que les jur6s titnlaires. lis 
prennent la place des jur6s titulaires absents, 
et sont d6sign6s, chaque foisque lour presence 
est necessaire, par le jury dc la classe a laqnelle 
ils appartiennent. Leurs fonctions cessent au 
retour de ceux qu'ils remplacent. 

Toutes les nominations doivent Gtre faitcs 
avant le l Pr Janvier 1878. 

La commission superieure, apres s'etre con- 
cert6e avec les diverses commissions strange- 
res, r6partit les membres du jury entre les 
classes. 

Art, 4. — Le jury international doit accom- 
plir ses travaux du i 0i juin an i Cr septembre 
inclusivement. Toutefois, en ce qui concerne 
les classes des groupes 7, 8 ct 9, donnant lieu 
;\ des concours particls, les operations du jury 
se poursuivront pendant toute la durec de 
l'Exposition, ainsi qu'il sera dit au litre V. 

Art. 5. — La distribution des recompenses 
est Qxee au 10 septembre 1878. 

riTHh: in. 

RECOMPENSES A'lTRIlJlJKES AUX PRODUITS HE 



l « 



L AGRICULTURE ET DE L INDUSTRIE. 



Art. 10. — Les recompenses mises a la dis- 
position du jury international pour les exposi- 
tions collectives on individuelles des prod u ils 
de l'agriculture ei de I'industric, sont regiees 
comme il suit : 

Cent grands prix et allocations^' exeeption- 
nelles en argent. 

Mille medailles d'or. 

Quatre mille medailles d'argent. 

Huit mille medailles de bronze. 

Huit mille mentions honorables. 

Toutes les medailles ont le meme module. 

Art. il. — La commission sup6rieure, apres 
avoir entendu les presidents de groupe, repar- 
tit provisoirement, avant le l«- r juin 1878, entre 
les divers groupes, le nombre total des me- 
dailles et mentions. 

Art. 12. — Les grands prix sont destines a 
recompense!*, soit le merite des inventions ou 
des perfectionnements qui ont apporte uric 
amelioration considerable dans la qualite des 
produits ou dans les proced^s de fabrication, 
soit les expositions collectives dont l'ensemble 
constitue un merite ou un j>rogres excep- 
tionnel. 

Art. 13. — L'attribution des recompenses 
institutes a Tarlicle 10 pour les groupes de 
l'industrie et de 1'agriculture resulte des op6- 
rations successivesdes jurys de classe, des jurys 
de groupe et du jury des presidents. 

Ait. 14. — La proportion numerique des 



membres strangers ou francais dans chacun 
des jurys de classe sera fixee par decret rendu 
sur la proposition du ministre de l'agriculture 
ct du commerce. 

TURK IV. 

DISPOSITIONS SPECIALES CONCERNANT LES GROUPES 
DES PRODUITS DE L'iNDUSTRlE. 

Art. in. — Cbaque jury de classe se reunit 
le 1 er juin 1878. 

Dans sa premiere reunion, il nomme un 
pr6sident, un vice-president et un secretaire ; 
I'eicction du rapporteur doit avoir lieu avant 
le 15 juin. 

Art. Id. — Les jurys de classe peuvent ap- 
pelcr dans leur sein, pour certaines questions 
determines, des membres des autres classes 
du jury international ou des experts choisis 
en dehors de ce jury. Dans ce dernier cas, la 
nomination de l'expert doit etrc approuv6e 
par le president du groupe. Les membres ainsi* 
associes et les experts n'ont pas voix delibera- 
tive. 

Art. 17. — Lesexposants qui ontaccepte les 
fonctions de membres du jury international 
sont, par ce sent fait, mis hors de concours 
pour les recompenses. 

Les exposants appeles a litre d'associes ou 
d'experts pres d'nn jury de classes sont egale- 
inent exclus du concours, en ce qui concerne 
les produits de la classe ou ils sont appeltis a 
donner leur avis. 

Art. 18. — Cbaque jury de classe procede 
a l'examen des produits, appareils ou procedes 
qui lui sont soumis, et fait sans distinction de 
nationalite le classement des exposanls qui lui 
paraissent dignes de recompenses. 

II dresse la liste des exposants qui, par ap- 
plication des articles 10 et 17, se trouvent rnis 
hors concours. 

11 classe enfin, sans distinction de nationa- 
lite, les collaborateurs, contre-maitres ou ou- 
vriers qu'il croit devoir signaler, soit pour ser- 
vices rendus a l'agriculture ou a [Industrie, 
soit enfin pour leur participation k la produc- 
tion d'objets rernarquables figurant i\ l'Expo- 
sit ion. 

Les lisl.es de classement revetues de la signa- 
ture des membres qui ont pris part au travail 
et de cetle du president et du secretaire du 
jury de groupe sont remises par ce dernier au 
commissariat general au plus tard le 9 juil- 
let 1878. 

Si un jury de classe n'a pas depose ses listes 
a 1'epoque ci-dessus indiquee, elles seront eta- 
blies d 'office par le jury de groupe. 

Art. 1<>. — Les presidents et les rapporteurs 






■'■.■■'. i 



140 



CHRONIQDE. 



des jnrys de classe composent les jurys de 
groupes qui so reunissent le iO juillet 1878. 
En cas d'absence, les presidents sont remplaces 
par les vice-presidents. 

II est nomm6, pour chaque jury de groupe, 
un president et deux vice-presidents pris en 
dehors des membres de ces jurys. 

La repartition de ces presidents et vice-pr6- 
sidents entre les diverses nations sera fixee par 
decret rendu sur la proposition du ministre de 
Pagriculture et du commerce. 

Les presidents et vice-presidents etrangers 
sont nomm6s par les gouvernements etrangers ; 
les francais sont nomm6s par decret sur la pro- 
position de la commission superieure. 

Le secretaire de chaque jury de groupe est 
nomme par decret sur la proposition de la 
mfime commission. 

Art. 20. — Chaque jury de groupe, apres 
avoir examine les reclamations qui sont de sa 
competence., arrete les listes de classement 
(dressoes par les jurys declasse). 

II s 'adjoint snecessivement chaque j 1 3 r y de 
classe pour les deliberations qui le concernent. 
Les membres ainsi adjoints ont voix delibera- 
tives. 

Le resullat de ses operations doit (Hre remis 
au commissariat g6n6ral an plustard le rSl juil- 
let 1878; si les travaux d'un groupe no sont 
pas termin6s a cette epo<jue, le jury des presi- 
dents y pourvoit d'urgence. 

Art. 21. — Les presidents et vice-presidents 
des jurys de groupe constituent le jury des 
presidents, qui so rcunit le 1 ftr aorit 1878. 

La pr6sidence de ce conseil appartient a I'nn 
des presidents de la commission superieure. 

Les fonctions do secretaire sont remplies par 
les secretaires de la commission superieure. 

Les travaux du jury des presidents doivent 
etre termin6s le 10 aout. 

TITKK VL 

DISPOSITIONS GKN fill ALUS. 

Art. 2G. — Des que les travaux du jury des 
presidents lui sont remis, la commission supe- 
rieure arrete deiinitivement le nombredes m6- 
dailles a attribuer a chaque groupe. 

Les jurys de groupe so r6unissent ensuite 
pour fairo entre les classes la repartition de 
ces recompenses. 

Art. 27. — Les jurys de classe prononcent 
deiinitivement sur les mentions honorables et 
les medailles d'honneur dans les limites de Ieur 
repartition. lis prononcent en premier ressort 
sur les medailles d'or et d'argent. 

Les jurys de groupes prononcent en dernier 



ressort, sous les mfimes reserves, sur les me- 
dailles d'or et d'argent. 

Le jury des presidents prononce sur les re- 
compenses exceptionnelles. 

La commission superieure connalt de toutes 
les reclamations et statue a leur sujet. 

Elle juge en dernier ressort toutes les diffl- 
cultes ou conflits d'attribution qui peuvent se 
produire au cours des travaux du jury inter- 
national. 

Art. 28. — Un rapport administratif sur 
1' Ex position, universelle de 1878 sera publie 
par le commissaire general. Le rapport gene- 
ral du jury international sera publi6 sous la 
direction et la surveillance de la commission 
superienre. 

Art. 20. — Le ministre de l'agriculture et 
du commerce est charge de Pexecutiondu pre- 
sent decrct. 

Fait a Paris, le 14 aout 1877. 

Marechal de Mac-Mauon, 
due de Magenta. 

Par le President de la Rcpublique : 

Le ministre de V agriculture et du commerce, 
C dk Mkaux. 



Ouvrages offerts au Cercle. 



Par M. I. Liseux : 

Les Points ubscurs de la vie de Moliere. Les 
annees d'etude, les annees de lutte et de vie 
nomade, les annees de gloire, mariage et me- 
nage de Moliere; par Jules Loiseleur, biblio- 
thecaire de la ville d'Orieans, avec un portrait 
de Moliere, grave ii 1'eau-forte par Ad. La- 
lauze. 1 beau vol. in-8° imprime avec le plus 
grand soin par Motteroz. Paris, Liseux, 1877. 

Les Inlriyues de Moliere et celles de sa fernme^ 
ou la Fameuse Comedienne. Histoire de laGue- 
rin. 116 impression conforme k l'edition sans 
lieu ni date, suivie de variantes, avec preface 
et notes par (Jli. L. Livet. 

Nouvelle edition, considerablement augmen- 
tee et ornee d'un portrait d'Armande Bejart. 
Charmant vol. in-8° sorti des presses de Mot- 
teroz. Paris, Liseux, 1877. 



Le SecrUaire-G brants Bjlanchot. 



I*ariB. — Typ. Pillot ot Dumoulin, rue des Gr.-Augculins, :> 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N* 35. 



i cr Septembre 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE LI 



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IE ET DE LA LIKIUIRIE 



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Paris^a^-Ora 

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A r~r r pr 
le. \L lUhrAiijc", Ae rimprimcrie ct do, la PapctwiV, vw WwtynvW, 1. 



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Sommairk : I)tHruMirtwJj4/&ii)p}fonriljpS-— Jurisprudence. — Stance publiaue amine lie de. V Aradevne, 

friinv>ni&cT$to\frfr~*^Vari&i&s : La Bibliottirque natiouaic en 187(i (miii«:;. 



DOCUMENTS COMMERCIAUX. 



Los documents statistiqnes rennis parl'adnimistration des donanes nous permettent de dresser 
le tableau suivant de nos exportation* pendant les six premiers inois de 1877, 1870 et 1875; 



Carton en feu i lies 

Papier a lettres 

Papiers soie, pelure, parchernin 

Papier a ecrire, a imi>rimer, a dessiner. 
Livres en langues mortcs on otranijere.-. 

Livres en langue franeaise 

Gravures 

Lithographies 

Photographies 

Musique gravee 

Cartes a jouer 



1877 

fr. 

223, o:n 

86 \ 402 

855,346 

4,263,5oo 

1,199,802 
7,916,456 

3,089,217 

541,179 

306,812 
182,970 
172,000 



1876 

fr 

270,202 

1,085,024 
877,978' 

4,80 i-, 000 
919,217 

:t, 209,368 

1)88,350 
374,695 
141,300 

217,840 



1875 

fr. 

293,657 

1,205,936 

" 819,134 

5,303,668 

095,188 

7,896,168 

2,858,861 

654,256 

434,386 

200,016 

197,736 



»»•>*<••-— 



JURISPRUDENCE, 



Tribunal correctionnel de la Seine i> f <-h.). 

Pn'sifWmce de M. Caui.kt. 
Audience, da 1 no tit 1877. 

CESSION 1>K PIUUMtlKTl'; l)KS <KIJVIIKS ])K I'll A l>l Kit . 

LOIS I'OSTKniKUHKS FIXANT LK DIUUT IMUVATir DK 
l'aUTKUR. — LES HKUITIKItS PHAIMKH OONTItK 
SUSSE. — FIXATION DKS DOM M AG KS-I .\TKHF.TS. 

(In debat s'etait elevc outre les heritiers Pra- 
dier et M. Susse sur la question de savoir qui 
des heritiers Pradier on de Susse, Jo cession- 
naire, devait profiler de la disposition nou- 

C/ironique, 1877. 



velle de la loi do 1866, qui a proroge le droit 
d'exploitation des ceuvres artistiques a ein- 
qnante ans a pros la morL des auteurs. 

Un ju^ement dn Tribunal de la Seine, favo- 
rable anx In'ritiers Pradier, fut infirme par la 
Cnur de Paris. A pros cassation, la Cour de 
Houen deoida en favour des heritiers Pradier. 
M. Susso ayant ete eondamnea payer aux heri- 
tiers Pradier des dommages-int6rets a. fixer 
par elats, M. Magnin, expert pros le Tribunal 
de la Seine, fut charge par jngement de la hui- 
Lieme chambre (22 aout 1876) de faire, dans 
ce but, sur les livres de la maison Susse, un 
relevc des ventes faites par la maison Susse des 
(euvres de Pradier depuis le premier jugement 
prononce par le Tribunal correctionnel. 

Le jugement qui suit indique sufftsamment 



35 



*42 



V\.' 



CBRONIQUE. 



■J, ' r.Wti ' > -■ 



Tobjet et les difftrents points du litige soumis 
au Tribunal : 

« Le Tribunal, 

« Attendu que Texpert Magnin, charge par juge- 
ment du tribunal de la Seine, du 22 aout 1876, de 
rechercher sur les livres de la maison Susse toutes lea 
ventes des oeuvres de Pradier par cette derniere, de- 
puis le 4 avril 1873, a, dans un rapport du 'A juin 
1877, fue a la somme de 42,188 (V. 25 c. le prix total 
de ces ventes; 

« Attendu que Pradier, prenant ce rapport pour 
point de depart, demande, en se fondant sur les termes 
du jugement du tribunal de la Seine du 2 juin 1874, 
confirm^ apres renvoi de la cour supreme, par un arret 
de la cour de Rouen, du 25 fevrier 1876, que Sussc 
soit condamne a lui payer, a litre de dommagcs-in- 
t£rets, la somme de 30,000 fr.; 

« Attendu que pour obtenir ce chiffrc de 30,000 fr., 
Pradier- donne le releve de l'expert en deux parties 
distinctes, la premiere comprenant les ventes <ifTec- 
tu^es du 3 avril 1873 au 2 juin 1874, pour un prix 
total de 13,439 fr.; la seconde, les ventes postcrieurcs 
au 2 juin 1874, et se montant a la somrae de 24,749 fr. 

25 c; 

« Attendu, quant a la premiere categoric, qu'il se 
borne a r^clamer une somme de 6,000 fr., represen- 
tant, selon lui, la perte qu'il a c'prouvec et le gain 
qu'il a manque de faire, par suite du delit de Susse; 
tandis que pour la seconde, il pretend avoir droit a la 
totalite des prix de vente, soit, en ch iff res ronds, 
24,000 fr., cette somme etant 1'equivalent des objets 
contrefaits que lui attribue, par la confiscation, le ju- 
gement du 2 juin 1874; 

« Attendu que si ces pretentions etaient admises, 
elles auraient pour resultat de faire porter la confisca- 
tion sur toutes les reproductions des uuvrcs de Pradier 
qui se sont successivement trouvees dans les maga^ins 
de Susse, a partir du 2 juin 1874, c'est-a-dire sur des 
choses qu'il n'a pu delenir en meme temps; 

« Attendu que depuis l'abolition de la confiscation 
g-e'nerale, la confiscation speciale n'est point une peine 
personnelle, mais, si Ton peut sexprimer ainsi, l'ex- 
propriation au prejudice du condamne d'objetsqui sont 
en ses mains et dont il ne doit ni faire usage ni prop- 
ter; d'ou la consequence que la confiscation ne peut 
frapper sur des choses qui ne sont plus poss6dees on ne 
le sont pas encore par celui contre lequel elle est pro- 
nonc6e ; 

« Attendu que le ldgislateur ayant eu pour but dans 
la confiscation, non de cnier un avantage a celui au- 
quel les objets confisqu^s sont attribues, mais d'enlever 
ceur-ci a celui qui les detient, il est evident qu'en cas 
de distinction ou de disparition de ces objets, il n'y a 
pas de motifs pour les remplacer par une indemnite 
equivalente; 

« Attendu, il est vrai, qu'il en est autrement quand 
une saisie a ete pratiqu^e sur les choses a coufisquer, 
parce qu'alors la non- representation de ces choses con- 
atitue a rencontre du saisi rincxecution d'une obliga- 
tion de faire; 

« Mais qu'on ne saurait dans la cause actuelle consi- 
derer comme remplacant la saisie, le releve 1 par l'expert 
des operations que constataient les livres de Susse; 

« Alteadu que Pradier allegue vainement que s'il 
ne lui est pas attribue un equivalent des ^hjets dont le 
jugement du 2 juin a prononc£ la conli nation a son 



profit, ce jugement restera en partie inexecutd; qu'en 
admettant, ce qui n'est pas d6montr6, que les auteurs 
de la decision y aient insure autre chose que la formule 
banalo de confiscation speciale a la matiere, l'eiecution 
d'un jugement est subordonn6e a la possibility de Tex6- 
cuter, et que, dans Tcspeee, rien n'indique avcc certi- 
tude quels objets le tribunal a en vue de confisquer; 

« Attendu, dte lors, qu'il y a lieu de fixer les dora- 
mages-inte'rets dus au plaignant, en prenant pour base 
le releve de Tex pert, mais sans se preoccuper de la 
distinction qu'a voulu etablir Pradier et sans lui allouer, 
a titre d'equivalent, une indemnite pour les moules et 
autres objets confisques par le jugement du2 juin 1874; 
qu'en portant le chiffre des dommages-interets a la 
somme de 10,000 fr., soit environ 24 pour cent du prix 
des ventes effectuees par Susse, on accorde au deman- 
deur une reparation Iargement suffisante; 

« Par ces motifs, 

« Condamne Susse a payer a Pradier la somme de 
10,000 fr. pour reparation du prejudice total cause par 
les faits deiictueux specifies au jugement du 2 juin 
1874, et le condamne aux depens; Pradier tenn de 
ceux-ci vis-a-vis du TVesor public, sauf son recours; 

« Fixe au minimum la dur£e de la contrainte par 
corps. » 

{Le Droit, 12 aout 1877.) 



Stance publique annuelle de TAcademie 

franchise. 

(Suite.) 

Les savantes notices et les cxcellents classi- 
ques do M. Ludovie Lalanne, sous-bibliothe- 
cairc de l'lnslitut, de M. Charles Marty-La- 
veaux et de M. Paul Mesnard, de MM. G. 
Servois et Jules Gourdault, ajoutent conside- 
rablement au merite de cette publication Un 
souvenir particulier et un t6moignage public 
de douloureux regret sont dus encore a six 
6crivains dont le concours avait £t6 r6clam6, 
et que la mort est venue arracher pr£matur6- 
ment A la tache qu'ils promettaient de bien 
remplir : a noire ancien confrere M. Monmer- 
qu6, A MM. Gilbert, Eugene Despois, Sommer 
et Alphonse Feillet; au plus cber enfin, au plus 
d^voue des collaborateurs de M. Adolphe Re- 
gnier, A son jeune et malheurcux fils. 

Je n'ai rendu justice qu'A demi A M. Adolphe 
Kegnier en disant qu'A l'heure ou rAcad6mie 
le recompensait sans partage, c'cst de ses colla- 
borateurs qu'il <Hait le premier A se preoccuper 
lui-meme. II me reprocherait sans doute de 
trahir le secret de sa g6ne"reuse abnegation; 
comment me taire pourtant quand je saisque, 
partageant encore son prix avec d'autres colla- 
borateurs, non moins d6vou£s mais plus mo- 
destes, il leur a distribu6 tout Pargent, n'en 
gardant pour lui que Thonneur? 

Les concurrents de M. Adolphe Regnier m6- 
i itent, comme ses collaborateurs, q,a on ne lei 



CBRONIQ0E. 



m 



oublie pas devant vous, et FAcad^mie m'a re~ 
commande, Messieurs, de prononcer du moms 
avec eslirae le nom de 'ceux dont elle a re- 
grets de ne pouvoir courotmer les travaux. 

Quatorze ouvrages nous avaient 616 pr6sent6s 
pour ce nouveau concours; la plupart, je dois 
le dire, ne rentraient guere dans la pensee qui 
dicta les conditions du programme. C'etaient 
surtout des trailers relatifs a 1'origine du lan- 
gage, ou bien de simples grammaires dont la 
valeur, du reste, et Futilite pratique sont loin 
d'avoir 6t6 m6connues. J'en sais plusieurs, el 
la grammaire francaise de feu M. Gouzien pere 
est de ce nombre, qui meriteraient qu'on les 
citat ; mais, avant lout, Messieurs, je dois 
mentionner trois ouvrages honorablemcnt dis- 
tingo6s par FAcad6mie : Rabelais et son <mvrr, 
etude en deux volumes, dont notre compa- 
triote, M. Jean Fieury, donnait, en Russie, la 
primeur aux membres de la facult6 historique 
et philologique de Saint-P6tersbourg, an mo- 
ment ou, en France, le m6me sujet 6fa.il mis 
au concours pour le prix dV^Ioquence de i87<>; 
le Glossaire de la vallde d'Yeres, puhli6 par 
M. A. Delboulle, professeur au lyc6e du Havre, 
pour servir a rintelligence du dialectc haut- 
normand et k Phistoire de la vieille langue 
fraucaise, et aussi la Guerre de Metz en 1324, 
poeme du xiv° siecle, publi6 par M. de Bou- 
teiller, ancien d6put6 de Metz. D6ja tres-cu- 
rieuse par elle seule, cette publication, que 
precede une excel lente pr6face de M. L6on 
Gautier, est suivie d'6tudes critiques tres-int6- 
ressantes, faites sur le texte par M. F. Bon- 
nardot, ancien 616ve pensionnaire de PEcole 
des chartes. 

Parmi les ouvrages d'infigale valeur pr6sen- 
t6s a FAcad6mie pour le prix Langlois, une 
traduction de Virgile par M. Hector de Saint- 
Maur, une traduction de la Divine Cornedie de 
Dante, par M. Mongis, ancien procureur g6n6- 
ral, et une traduction des Chants serbes y par 
M. Dozon, consul de France a Mostar, n'onl pu 
passer inapercues. Outre les Chants serbes , 
M. Dozon a deja publi6 un curieux volume des 
chants populaires de la Bulgarie et une tra- 
duction non moins int6ressante des poesies de 
P6toeG- Tant de travaux m6ritent qifun mot 
d'61oge et d'encouragement s'adresse de loin a 
leur auteur. 

La traduction, en dix volumes, des (Euvres 
completes de Shakespeare, par M. Emile Mon- 
t6gut, 6tait Fcouvre capitale de ce concours; 
l'Acad6mie Fa couronn6e sans partage, aimant 
ainsi a r6compenser tout a la fois, non-seule- 
ment un bon ouvrage, mais un bon 6crivain 
depuis longtemps distingu6 par elle et que 
tant d'autres titres recommandaient a son es- 
time. 

Une traduction des Colloques d'Erasme et de 



VMoge de la Folie, par M. Victor Develay, avait 
paru un moment pouvoir dispnterle prix Lan- 
glois, le partager peut-6frc. I/Acad6mie s'en 
est souvenue et, pour r6compertsei 4 #atrem£ht 
M. Develay, elle lui attribue une moiti6 du 
prix Lambert, accordant Fautre a la nom- 
breuse et int6ressante famille cfe M, Eugene 
Despois, que je nommais tout a I'heure comme 
Tun des jeunes collaborateurs de M. Adolphe 
Hegnier, trop tot enlev6 aux lettres franchises, 
que ses premiers travaux honoraient d6ja. 

Le prix de Jouy, que FAcaM6mie ne d6cerne 
que tons les deux ans, est attribu6 a un vo- 
lume publi6 par M. Louis D6pret sous cetitre : 
Comme nous sommes; notes et opinions. C'est 
un livrcde maximesqui, au-dessous des grands 
modules, se distingue modestement par la fi- 
nesse et la grace de pensfies vraies, d6Iicates, 
61ev6es parfois, et presque toujours exprim6es 
avec bonheur. 

Une voix chere au public, et que vous 6tes 
press6s d'entendre, s'6I6vera tout a I'heure 
pourproclamer les r6sultats du concours fond6 
par M. de Montyon en faveur des actes de 
vertu, de d6vouement et de courage. La part, 
non moins importante, destin6e en m6me 
temps a r6compenser des ouvrages utiles aux 
mceurs, demande a vous occuper encore un 
moment. 

Cent onze ouvrages avaient pris part a ce 
concours; l'Acad6mie en a couronne neuf; et, 
pour se r6duire a ce chiffre, deja consid6rab!c 
pourtant si Ton se reporte aux premieres in- 
tentions du fondateur, il a fallu qu'elle s'im- 
posat de v6ritables sacrifices. 

Marchandant pour ainsi dire, et bien k re- 
gret, je vous l'assure, avec les meilleurs con- 
currents, elle s'est vue forc6e d'6carter ceux-ci 
parce que leur ouvrage, si bon qu'il fut, s*6tait 
deja pr6sent6 la veille a une premiere 6preuve, 
et ceux-Ia, Iaur6ats d'hier, a cause de leurs 
couronnes mfimes, trop fraiches encore sur 
leurs fronts. C'est a peine si les morts ont 
trouv6 grace devant nous; je suis peut-fitre de 
ceux qui leur faisaient presque un crime de 
n'6tre plus vivants. L'Acad6mie arefns6 d'aller 
jusquc-la, et si, par exemple, un charmant et 
excellent livre d'histoire, intitul6 le Comte dc 
P/e/o, a 6t6 61oign6 du concours quand tousles 
suffrages lui semblaient acquis, ce n'est pas, 
comme on l'a pu croire, parce que son auteur, 
M. E.-J.-B. Hathery, 6tait mort depuis sa pu- 
blication, mais parce que r6cemment, en 1874, 
il avait 6t6 deja couronn6 pour un autre ou- 
vrage sur Mademoiselle de Scuddry. 

(La suite prochainement.) 



» m l i» ■- 



144 



CHRONIQDE. 



VARI^T^S. 

La BIbliothfcque nationale en 1876 K 

(Suite.) 

D&PARTEMENT DES MANUSCRITS . 

Le nombre des communications faites au 
departementdes manuscrils en 1 870 8*051 61cvc 
a 14,680, c'est-a-dire a une moyennc d'un peu 
plus de 50 par seance. 

Accroisscment des collections. 

En 1876, le conservaienr da departemcnl 
des manuscrils a porte sur le livre des dons 
49 articles et sur celu ides acquisitions 91. Suit 
Enumeration des morceaux dus a la gencro- 
site des bienfaiteurs : 

Tome I or de la Dakhira d'Ibn-BessAm (sup- 
plement arabe 2393.) Ce precienx volume fai- 
sait partie du cabinet de feu M. Jules Mold, 
qui avail plusieurs fois manifeste Tintention de 
le laisser a la Bibliotbeque nationale, pour re- 
connailre les obligations qu'il croyail avoir 
envers cet 6tablissement. (Juoique les heritiers 
de M. Mohl n'aient point tenu compte d'une 
intention qui n'avait pas etc consignee dans 
un acie authentique, et que nous ayons du 
^carter par des cncberes fort elev6es la con- 
currence des etrangers, je ne m'en fais pas 
moins un devoir de rappeler ici que M. Mohl 
doit etre compte parmi nos bienfaiteurs, et que 
nous nous applaudissons de pouvoir rattacher 
le souvenir de cet oriental iste a la possession 
d'un manuscrit important. Nous reussirons a 
completer un exemplaire de lVuuvre d'lbn- 
Bassam, en placant a cote du tome I Cr , pro- 
venu du cabinet de M. Mohl, la copie du 
tome II, qui est a la bibliotheqne Bodleienne, 
et la copie du tome III, qui est a la bibliotheqne 
de Gotha. 

Le fonds cambodgien a recu un accroisse- 
ment considerable, uniquement du a la libe- 
rality de la iamille du docteur Hennecart. Tous 
les travaux de ce courageux medecin, prema- 
tur6ment enleve a la science par le climat 
devorant de l'Orient, nous ont et6 livr^s par 
ses heritiers, en meme temps que les textes 
originaux dont il avait pu se procurer des 
exemplaires pendant son sejour au Lambodge. 
La collection necomprend pas moins de 93 ou- 
vrages ou fragments d'ouvrages ecrits sur 
feuilles de palmier. Quant aux travaux per- 
sonnels du docteur Hennecart, nous en forme- 
rons 22 volumes ou environ, dont 10 consa- 
cres a des transcriptions, 9 a des essais lexico- 
graphiques et 3 a des traductions ou a des 
etudes diverses. M. L6on Feer, qui a prepare 

1. Extrait d'un rapport adresse le 8 avril 1877 a 
M. le ministre de l'instruction publique. 



cesclassemenls, se propose d'en rendre compte 
dans le Journal asiatique, et d'indiquer ainsi la 
part qui revient au doclcur Hennecart dans 
la connaissance de la langue et de la civilisa- 
tion cambodgiennes; il nous aidera a acquit- 
ter la dette de reconnaissance que la Biblio- 
theque nationale a contract6e envers un orien- 
taliste aussi meritant. 

Charte originate de Philippe le Ilardi, pour 
les consuls et les habitants de DOme, en Peri- 
gord, datee de Bordeaux, au mois de juin 1283. 
— Cette piece nous fut donnee par M. Lascoux, 
conseiller a la cour de cassation, dans la der- 
niere visile qu'il fit a la Bibiiotheque peu de 
semaines ayant sa mort. 

Obituairo du convent des Cordeliers de Saint- 
Junien, ecritau xv e siede, avec quelques addi- 
tions poFterieurcs. En tAl.e se trouve une partie 
du martyrologe d'Usuard, pouvant dater du 
xi v c siede. (Nouv. acq. 213.) — Don do M. Chas- 
saing, juge au tribunal du Puy. 

Obituaire de I'abhaye de Solignac en Limou- 
sin. (Nouv. acq. 214.) 

Ce t res-important volume a et6 liberalement 
donn6 a la Bibiiotheque nationale par M. Chas- 
saing, juge au Puy. II se compose de deux 
parties bien distinctes. La premiere partie, co- 
piee vers le milieu du xn c ' siede, contient le 
martyrologe d'Usuard avec des interpolations, 
la regie de saint Benoit. La seconde est consa- 
cree a Lobituaire proprement dit et date du 
xni e siede. 

Sor-lcs pages blanches de la premiere par- 
tie, plusieurs mains du xn° et du xiii° siede 
ont ajoute des notices relatives a des donations, 
X des associations de prieres et a des fondations 
d'anniversaires. Ces pieces formenl avec robi- 
tuaire un document Ires -interessant pour 1'his- 
toire de Tabbaye de Solignac. En outre, la pre- 
miere partie du volume, dans laquelle se 
trouvent des peintures assez grossieres, merite 
1'attenlion des paieograplies. 11 est en eff>t cer- 
tain que l'execution doit en etre exactement 
rapporteo au milieu du xir siede. Cela resulte 
d'une piece qu'on lit au fol. 169 v° et qui rap- 
pelle que le volume, copie en 1151 ou envi- 
ron, fut ollert a Tabbaye de Solignac par un 
jeune nioine nomine Boso d'Eschasadorio, en 
memo temps que deux magnifiques reliquaires 
de vermeil. C'est done un type de 1'ecriture li- 
mousine qu'on peut etudier en touteconQance. 
Cette seule parlieularite suffirait pour donner 
neaucoup de valour au manuscrit que nous 
devons a la generosite de M. Chassaing. 

(La suite prochaincment .) 
Le Secrttaire-Gerant , BlanCHOT. 



Paria. — Typ. Pillet et Dumoulin, rce do» Gr.- AugDfctiDS, f>. 



66° Ann6e. 2* S6rie. 



N° 36. 



8 Septembre 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



IMERIE ET DE LA LIBRAIRIE 



\ 



-"fariS, |lu mm drfe f.ihrairie, 



de llmprinierie et dc la Papctcrie, rue Bonaparte, \. 



/. 



SOMMAIRE \^p7iC4 tyi$ti<]l 



annuelle de VAcade'mie f Wmcnisc (*uite). — VarUUs ; LaBiblioth&que 
nationale eu 1 87t> (suite). 



Seance publique annuelle de PAcademie 

frangaise. 

(Suite.) 

En premiere ligne, ct pour lui faire une part 
proportionn6e a son in6ritc, PAcademie de- 
cerne un prix unique do 3,000 fr. a la Philoso- 
phic dc Maine de Mr an, par M. Jules C.Aran], 
professeur a la faculty des lettres de Clermont. 

Deja distingue ot honore par PAcademie des 
sciences morales et politiques, ce livre se fait 
remarquer par la variote des etudes qui s'y 
revelent et par l'ingenieuse liberie de l'csprit 
critique qui s'y d6ploie avec une aisance pleine 
de grace. 

C'est le premier m6taphysicien de mon 
temps, disait M. Cousin de Maine dc Biran, 
en 1834, et, apres quarante-trois ans 6couIes, 
Maine de Biran rcste encore a la hauteur 011 le 
placait un si bon juge. Vrai fondateur de la 
methode psychologique ct du spiritualisme 
contemporain, il rcvit dans les graves et sa- 
vantes pages quo M. G6rard consacre a rc- 
produire la pure image de ce profond pen- 
seur. 

A son exposition critique pleine d'interet, 
M. Jules G6rard a joint des fragments eurieux 
tir6s des ujuvres inedites de Biran sur le sys- 
ttmc dc nos croyanccs distinct de celui dc nos 
connaissances ; ajoutant ainsi un attrait deplus 
a Timportancc de rexcellent travail auquel il 
a sacrifie plus de dix ans d'une vie studieuse 
et d'une m6dilation continue. 

Au second rang, l'Acad6mie couronne, en 
attribuant a chacun d'eux un prix de 2,500 fr., 
trois ouvrages de genres tres- varies et qu'elle 
aime d'autant plus a rapprocher par one egale 
recompense : les Esclaves Chretiens, parM. Paul 

Chronique, 1877. 



Allard, juge suppliant au tribunal civil de 
Houen; Pensecs morales, par feu M. Sauvage, 
et A travcrs V Amcrique, par M. Lucien Biart. 

Dans son livre a la fois rcligieux et philoso- 
phique, historique et social, sur les Esclaves 
chre'tkns depuis les premiers temps de Vfiglise 
jusrjud la fin de la domination romainc en Occi- 
dent, M. Paul Allard s'attache a nous montrer 
le christianisrne travaillant des l'origine a de- 
truire l'esclavage, cette plaie originelle des an- 
tiques civilisations. Le christianisrne n'a sans 
doule agi pour raffranchissement que par une 
influence morale; mais, marchant dans l'om- 
bre vers son but, il devait ainsi d'autant mieux 
l'atteindre. 

Tel est le sujet de cet ouvrage, qui se fait 
remarquer par un bon esprit de polemique 
honnete, par beaucoup de mesure et de gout. 

Dans la phalange d'hommes distingues qui, 
de nos jours, a donn6 un nouvel ^clat a TAca- 
demie des jeux Floraux de Toulouse, M. Sau- 
vage, suivant la charmante expression de M. le 
co into de Ressegnier,, secr6taire perpetuel de 
cette Academic, repr6sentait les graces du lan- 
gage et la finesse spirituelle dela pensee.Ecrites 
sans parti pris, au jour le jour, et en dehors 
de toute preoccupation syst6matique, les Pen- 
stcs de M. Sauvage ne s'annoncent pas comme 
un cours de psychologic en regie, etseconten- 
tent de refletcr au hasard les mille Amotions, 
graves ou 16geres, d'un homme aimable et 
d'un sage. 

Ce livre d'un mort est un livre des plus vi- 
vants, plein de charme, de bon sens, d'esprit, 
d 'elegance ct de d61icatesse. 

Voici, par un heureux contraste, un ou- 
vrage, charm ant aussi, amusant et instructif, 
dans lequcl ''imagination joue un plus grand 
rAle. Sous ce titre : A tr avers UAmerique, 



36 



4*0 



CHRONIQUE. 



M- Lucien Biart a public, sans trop de suite ni 
de transitions, un grand nombre de scenes de 
moeuTs, de nouvelles et d'anecdotes qui peut- 
Gtre ne sont pas toutes absolument vraies, maifi 
qui toutes ne laissent pas que d'etre asscz vrai- 
semblables-. 

Avec lui, le lecleur penetre tour a tour dans 
Pinterieur des ranchos, des formes, des villes 
et des rnaisons; subitement, sans passer par 
les points intermediaires, il s'egare au milieu 
des glaces du Labrador, juste a temps pour 
sauver la pauvre Ouanga emportee sur un gla- 
con ; puis, le feuiJlet tourn6, il se promeno en 
plein Canada, dans la ville pittoresque et ton- 
jours francaise de Montreal; a la porle de 
Quebec, nous rencontrons la jolic fermiere du 
Val-Secret, Louise Martin, qui sans nous, jo 
crois, n'ont jamais pu reussir a ('jpouser son 
cousin Pierre. Rien <le plus gracieux que cot 
episode de la famillc canadienne; rien de plus 
sombre en revanche et de plus frappanl que 
le Niagara glac6, devant lequel M. Biart nous 
transporte en plein bivcr. Un joyeux bal de 
noirs nous attend heureusement a la Havanc, 
pour nous rechauffer, et bientAt, sans nous 
etre embarques memc, nous d6barquerons an 
Mexique, dans ce beau pays des revolutions 
cbroniques que M. Lucien Biart connait si hien 
et que scs premiers livres : la Tcrre chaudc } la 
Terre temp6r6c y nous ont deja si bicn fait con- 
naltre. 

Deux prix, de 2,000 fr. chaque, sont decer- 
ned : Pun ;\ M. Ferraz, professeur de phtloso- 
phie a la faeulte des lettres de Lyon, pour un 
important travail intitul6 : Etudes sur la phi- 
losophic en France au xix° siccle; l'autre a un 
jeune ingenieur, doubl6 d'un savant et d'un 
ecrivain, M. Henri de Parviile, pour,le dernier 
volume d'une preciouso collection que depuis 
quinze ans il continue de publicr sous le titro 
de : Causcrics scicntifiqucs. 

Ce n'est pas un travail de compilation ha- 
nale, e'est un travail tout personnel, ont dit 
devant P Academic nos deux plus savants con- 
freres, en appreciant les Causcrics scicntifi- 
qucs de M. de Parviile et en p rose n tan t lour 
auteur com me ayant su so faire une position 
exceptionnelle et respcclee parmi les 6crivains 
qui, avec plus on inoins d auf.orile el de de- 
sinte>essement, travaillent a populariser la 
science. Ayant tout eludie et tout approfondi, 
M. de Parviile a le droit de parlcr de tout; sa 
science est une science vraie et non une 
science d'emprunt : utiles par toutes les lu- 
mieres qu'ils repandent, ses livres sont d'une 
leeture agreablo et facile; ils charment en ins- 
truisant. 

Dans son volume sur la philosophic en 
France au xix° siccle, M. Ferraz expose avec 
gout el simplicity sans passion et sans deni- 



grement, divcrses theories sociales, dont il 
combat d'autant plus victorieusement les cotes 
dangereux quo sa pole" unique est plus polio, 
plus digno etplus loyalo. 

Modestement presents comme un essai, ce 
travail de M. Ferraz est Peeuvrc distinguee d'un 
bon esprit qui so ]>ropose un but bonnete, qui 
le poursuit et qui Patteint. 

(La suite prochaincment.) 



vari£t£s. 

La Bibliothfeque nationale en 1876 L 

(Suite.) 

Papiers de Letronne, se rappo riant en partie 
aux travau x de cet illustre critique sur l'ar- 
cheologie de l'Kgyple. Don de M 110 Letronne. 

Rccits d'un m^nostrol do Reims : copie du 
ms. addit. 117?>'t du Mns^e britannique, faite 
en 1874 par M. Julien Havel, et collation du 
rns. JH de la bibli'oi.heqne de Rouen, faite 
par M. de Wailly. (Nouv. acq. 4115 et iilb\) 
Don de M. do Wailly. 

Lettres de Ballanchc a Rouchol, de Pan VIII 
a Pan nee 1811. Don do M. Louis Barbier. 

Deux lettros de Victor Jacquomont, du 7 et 
du22fevrier 1831. Hondo M. Hipp. Chau chard, 
aneien deputo do la Haulc-Marno. 

Recueil de 207 lettres 6crit.es par Napoleon III 
a sa filicide M m0 Hortense Cornu, du 2, r > aout 
1820 an H) decern I »re 1872. Cette correspon- 
dance, qui forme donx volumes (nouv. acq. 
10(i<i-l0<>7), a ele legume a la Ribliothequo par 
M mn Cornu. La communication en restera in- 
tordilc jusqu'en 188o, epoqne a laquelle M. Re- 
nan, con form Amen I aux volontes de la dona- 
trice, en publiera une edition. On a deja pu 
entrevoir la valour de ces documents par Pu- 
sage qu'en a fait M. Blanchard Jerrold pour sa 
Vie de Napoleon III. 

Terrier do messire Pierre de Monjournal, 
chevalier, seigneur dudit; lieu do Monjournal, 
Plocton de Monjournal, escuier, seigneur do 
Pracord, Cnillaurne de Monjournal, escuier, 
seigneur de la. lterlioro, Jacques el Jeban do 
Monjournal, freres, escuiers, seigneurs des Aiz, 
en Hans de feu Jehan de Monjournal, fait par 
Antoine Uaron, clerc juo5, notaire do la cour 
et cliancellerie de Rourbonnais, 14,")4, ms. sur 
parcliemin, venu du cabinet de Moutoil <;t 
donne en 1M7<> par M. Ltienne Charavay. 
(Nouv. ac<|. 32!M.) 

1. Kxlr.iit d'un r.ipport adniKso* le 8 avril 1877 h. 
M. le minifltre «1« rinstruelion ptibliquo. 



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CHRONIQUE. 



4*7 



Titres de la famille d'Agrain dos Ubacs en 
Vivarais. Don de M. Ghassaing. 

Six aclcs du xiv© et du xv c siecle, donnes par 
M. Chassaing., <;t dont trois ont etc publics dans 
la Revue des Soctittis sav antes. 

Fragment d'un ancien exemplaire du Roman 
do Merlin. Don do M. Piot. 

Chants populaires de la France : 11 y a envi- 
ron vingt-cinq ans, le comit6 des travaux his- 
toriques, sous l'inspiration <Je M. Fortoul, pro- 
voqna la recherche des chants populaires qui 
pouvaient exister dans chacune de nos an- 
cionnos provinces. 11 en resulta des communi- 
cations plus nornbreuses que bien cntendnes, 
dont I'tMite est pass6e dans un remarquable 
rapport de J. -J. Ampere. Les pieces envoyees an 
ministere, aprcs avoir ete examinees par les 
membres du comitn et plus particulierement 
par MM, Itathery et do La Villegille, devaiont 
former une publication que rinsuffisance 
des materiaux a force radministration d aban- 
donner. 

Mais en renonc.ant alapublicationvousn'avoz 
pas voulu, Monsieur le ministre, priver le public 
flu re\sullat des roc he re bos de taut de corres- 
pondanls zeles. Conformement a l'avis du co- 
mitc des travaux historiques, vons avez present 
le d6pot a la Bibliotheque nationalo des dos- 
siers elablis par MM. Hutherv et de La Ville- 
gille. Ces dossiers formcront six volumes, qui 
d'un jour il l'autre vont etre mis a la disposi- 
tion des lecteursj. 

Diplome de Tempereur Ferdinand ID pour 
Philipp Petzclhueber, en 1654. Piece alle- 
mande, remarquable par la parfaite conserva- 
tion du grand sceau qui y est append u. (Alle- 
mand 271.) Don do M. le baron James de 
Rothschild. 

Documents relatifs aux affaires de France, 
copies d'apres les originaux des archives de 
Venise, par les soins de M. de Mas Latrie. Ma- 
tiere d'environ 140 volumes a insercr dans le 
fonds i I alien. 

Vou.s avez bien voulu, Monsieur le ministre, 
attribuer ;Y la Bibliotheque cette collection, 
forrnce pendant les missions que plusieurs de 
vos predeeesseurs avaient confir.es a M. de Mas 
Lalrie. Les documents dont elle se compose 
sunt du plus haul interest pour l'histoire de 
France, connnc on l'a vu par le parti qu'en out 
tire plusieurs ecrivains, entre lesquels il suffiit 
de nommer M. Annand Itaschet. Pour pene- 
trer les secrets de la politique intiVieure et ex- 
terieure de la France, depuis Henri II jusqu'a 
Louis XVI, rieu no saurait tenir lieu des rap- 
ports et surtout des d/*peches des ambassadeurs 
venitiens, ni des deliberations du senat de la 
ser6nissinie r6publique. II <Hait fort utile de 



mettre it portee de Perudition fran^aise tine 
mine aussi feconde. Le d6p6t fait par M. de Mas 
Latrie comprend r 

4° La copie d'environ 138 liasses (fihe) des 
dept^ches des ambassadeurs venitiens residant 
en France; ces 138 liasses represented a peu 
pros au complet les series r6pondant aux pe- 
riodes de 1 554-1 571, 4589-1 Gil, 1643-1678, 
1703-1723, 1755-1783; 

2° La copie de six Relations, dos ann6es 
105;i, 1708, 1733, 1737, 1740 et 1743; 

3° Dos extraits des registres 1-3, 5-0 des 
Esposizioni principi, pour les ann6es 1541-1577 
et 1580-1501; 

4° Des extraits des registres 67-88 des Deli 
berationi, pour les annees 1550-1501. 

Puissions-nous avoir bum tot au complet la 
serin de ces precieux documents ! 

Reintegrations. 

Lagracieuse intervention do M. Etienne Gba- 
ravay nous a fait rentrer on possession devingt- 
six lettres on documents qui avaient jadis fait 
partie des recueils de la Bibliotheque. 

A ces piecos, M. Charavay avait joint onze 
lettres on rapports, indnment sortis de nos de- 
pots publics. Confbrmerncnt a ses intentions, 
je me suis empresse do les rcmettre aux eta- 
blissemcnts qui avaient droit do les re"clamer, 
e'est-a-dire a l'Observatoire et a rinstitut, 

Classemmts et Cntalayucs. 

Outre les travaux ordinaires que demandent 
les nouveaux manuscrits dont la Bibliotheque 
s'enrichit et qui sont immediatement classes, 
numerotes et portcs sur les inventairos et les 
repertoires alphabetiques, les fonctionnaires 
du departement des manuscrits donnent assi- 
dOment leurs soins a la preparation de cata- 
logues ou d'inventaires moins imparfaits que 
ceux dont nous disposons. Aujourd'hui, Mon- 
sieur le ministre, il suffira de vous exposer les 
progres accomplis depuis mon precedent rap- 
pwrt jusqu'an 31 decembre 1870. 

Unit leu il les du catalogue des manuscrits 
ethiopiens ont etc mises en bon a tirer. M. Zo- 
tenberg nous en fait esperer Facliftvemont pour 
Tann^e eourante. 

Le catalogue des manuscrits armeniens a 
(\\.(\ entrepris par M. Tabbe Martin, laureat de 
l'Acad^mie des inscri[)tions, sous la direction 
de M. /otenberg. Des mainhuiant, la plu]>art 
des notices sont redig^es; il ne reste jdus 
guere qu';l Je sonmettre k une derniere revi- 
sion el. a Jijoutcr les indications bibliogra- 
pliiques. 

M. de Slane a tcrrnine le catalogue des ma- 
nuscrits de 1'ancien fonds arabe et poursuivi 
le depouillcment du suj»plement. 



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148 CHRONIQUE. 



."•^-".. l -V ■"-■.■'*'■■ ■-'■"■ 



M. Fagnan, pour la preparation du catalogue 
des manuscrits persans, a atteint le n° 345 de 
l'ancien fonds et le n° 648 du supplement. Le 
travail s'est done accru, en 1876, de la des- 
cription d'environ 360 numeros. 

L/Imprimerie nationale, en faisant graver 
les poincons d'un alphabet cambodgien, se met 
en mesure de commencer la publication du 
catalogue des manuscrits palis, dont M. L6on 
Feer a terming la redaction depuis an certain 
temps. 

I/impression du tome 3 du catalogue des 
manuscrits francais n'a point marcho" aussi ra- 
pidement que nous I'aurions voulu. Les impri- 
meurs n'ont tir6 que treize feuilles, quoiquc 
la copie ne leur ait jamais fait defaut et que les 
epreuves aient toujours 6te renvoyees exacte- 
ment. Au l or Janvier 1877, le volume attcignait 
la page 408 et contenait la description de 
340 manuscrits cot6s 3767-3<>93. 

A raison mfime des minutieux details que 
M. Michelant et M. Deprez, son principal col- 
laborateur, se font un devoir de donner sur 
tous les manuscrits, et notamment sur les re- 
cueils de papiers d'Etat, le catalogue des ma- 
nuscrits francais sera fort volumineux, et la 
publication n'en sera pas terminee avant de 
longues annees. Voila pourquoi j'ai pensfi 
qu'un inventaire succinct, qui d'ailleurs ne fe- 
rait point double emploi avec le catalogue d6- 
taill6, pourrait servir provisoirement a diriger 
les recherches des savants dans un champ im- 
mense au milieu duquel il n'est pas toujours 
facile de s'orienter. Cet inventaire, publie sous 
la forme la plusmodeste et la pins economique, 
comprendra tous les manuscrits francais de la 
Bibliotheque, sommairement d6crits et classes 
suivant 1'ordre methodique, autant du moins 
que 1'ordre methodique est applicable a uno 
collection de manuscrits. 

J'ai eu l'honneur, Monsieur le ministre, de 
vous presenter le premier volume de cet inven- 
taire f , qui contient un apercu historique de la 
composition du d6partement des manuscrits et 
la description sommaire de 2,328 volumes re- 
latifs aux matieres theologiques. 

Les lettres original es adress£es a Colbert 
remplissent 113 gros volumes, dans lesquels 
les documents sont ranges chronologiquement 
et cot6s d'une facon r6guliere, sans qu'il en 
existe aucun inventaire detail le. M. de Wailly 
en avait commence le depouillement piece par 
pifece, et avait passe en revue les quinze pre- 
miers volumes. M. Sepet continue ce travail 
qui, au 31 d6cembro 1870, portait deja sur 

i. Inventaire ge'ne'ral et methodique des manu- 
scrits francais de la Bibliotheque nationale, t. l« r . 
Theologie. Pariy, H. Champion, 1876. In-8° de cux 
et 201 pages. 



45 volumes et etait pouss6 jusqu'aux corres- 
pondances du 24 aout 1665. 

M. Ad. Franck s'est propose de rediger un 
catalogue raisonn6 des papiers de Boulliau, 
• qui ne forment pas moins de 41 volumes, et 
qui interessent non-seulement les sciences, 
particulierement Tastronomie, mais encore la 
litterature, la controverse religieuse, la biogra- 
phic et l'histoire g6neralo du xvn° siecle. Les 
huit volumes qu'il a soumis a un examen ap- 
profondi contiennent 1,463 lettres latines, fran- 
chises ou italiennes, ecrites soit par Boulliau 
Iui-mfime, soit par divers savants ou person- 
nages publics plus ou moins c6l6bres. 

Le classcment des papiers de la famille Joly 
de Floury est acheve. L'ann6e 1877 ne s'6cou- 
lera pas sans que la collection entiere ne soit 
reliee et mise en etat d'etre communiqueo au 
public. Ce sera une collection d'environ 
2,550 volumes, auxquels les historiens vien- 
dront demander les informations les plus sures 
et les plus abondantes sur toutes les institu- 
tions administratives et judiciaires de l'ancien 
regime. L'usage en sera facilite par un inven- 
taire qu'a prepare M. Molinier et qui pourra 
etre publi6. 

M. Morel-Fatio a tcrmin6, ou peu s'en faut, 
la notice de tous les manuscrits du fonds espa- 
gnol, auquel il a rattache, par voic de rappel, 
les volumes composes de pieces espagnoles qui 
appartienncnt soit au fonds francais, soit a in- 
verses collections. Le travail sera en etat d'etre 
imprime des qu'il aura et6 revu pour que toutes 
les parties en soient uniformes et bien coor- 
donnees. 

M. III. Robert a entrepris la fusion ct le clas- 
sement des differentes series de titres origi- 
naux qui forment la partie la plus curieuse et 
la plus considerable du Cabinet des titres. Au 
l er Janvier 1877, cette operation, Tune des 
plus importantes qui aient 616 ex6cut6os au 
Departement des manuscrits, avait deja pro- 
duit 6,087 dossiers. A mesure que les pieces 
sont class6es et cot6es, les relieurs les asscin- 
blent en volumes, de facon a en garantir la 
conservation et a pr6venir toute esp6ce de 
fraude ou ded6sordrc. Le nombre des volumes 
relies en 1870 s'61eve a 185. 

Dans la seric intitnlee les carr6s de d'Uozier, 
les dossiers appartenant aux deux premieres 
lettres de 1'alphahet sont constitues en volumes. 
Dans le cours de l'ann6e derniere, 52 nouveaux 
volumes sont revenus de la reliure, ce qui a 
porte a 143 le nombre des volumes de la col- 
lection places sur les rayons le l ftr Janvier 1877. 

(La suite prochainement.) 
Le Secr6taire-G&rant y Blancbot. 






Paris. — Typ. Pillet et Dunaoulin, rue des Gr.-AugnBtiD8, 5. 



66* Ann6e. 2- S6rie, 



N* 37. 



15 Septembre 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GliNEllAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIRRAIRIE. 



<o£ 



la(r?;^f whk de la Lihrairie, dc i'lmjirimcrie el dc la l'apclpric, run Bonaparte, i. 



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iCfl^MAiRE : Juri&pfjfeeiace* — S&tinu<t publit/ue annuel!? dr VAcadfonie frnwjviac (ausLe). 
2.'' f ) I Y^t^X* "La Bibliolhiiquo uaiionalo tin 181G (unite et iin). 



M 



«■ ; : i m 



^meNCE, 



Cour d'appel do Toulouse [tiharobre correct. )- 

l'Il£siftENCK UK SI. TyttJUHE. 

I 

Audience du J wtU 1877. 

ilOLPORTAGK. VKNTK OK JniMlNAUX. — LtBAAlHIK 

KloTlVL:. 

La lot du '11 juilh-t 18i!) [art, +>) sttnntl & tiiiis- 
vjiux qui sit livvmt tl unr distributiun qnrl- 
t:oj}quv tf writs, m/'mc ncvMlvnlidlvment t.l dans, 
I cur domicile. L\irt. 'A de. la, ha du tiO d'tcnfn^ 
hrc 187IJ na ptis abnuj^. VarL dc la loi dn 
27 juiltri itti!>. Le t/tfwt*$ <fo 10 sqptetrthn;, 
i 870, </wf a ntndu fibres les professions d'im-. 
primcur H dc }lhrairu J no suurait avoir \wur 
effel da [aire considcrvr camrne llbra'trc tout 
indivitlu ay ant fait la dcclaratiwi prescrit'' 
par I' art. ti. 

En conscquvnat, il fatii pnitiqwr rwllcmmt 
Vindustne di: iibvairn yamr bhiufLcier de Vv.x~ 
cvption a hi rajlo (jcn*lraln qui soumH itutt 
dutributeur d Vauturinatiim administratis. 

Le tribunal curruclionnel de Toulouse avait> 
ttommc les Irihunaiix dv. Monlpelliw, d'Au- 
rillaCj do Hoikmi, do Bordeaux, declare liejti; 
la vcrili; do journanx iaitt; aprcs declaration a 
J autorile du lintentiun dYdablir uric librairin. 

Sur I'appd du minislere public, la cour, 
apr&s avoir enlondn IVL I'avocaL ^<'n6ral Vrfr- 
zouls ot M' ; Kavartd, avoeal, a ruudu rarriH in- 
tirmalif suivanL : 

<f La C<mt% 

« Altuwlii, on ilruitj que los i U^poHi Lioi is de Lar- 
Liclc ii do la loi ilu 2(> juiilct 1 H -i * I sfinl ^^m'rfdcrt uL 
s'a[)jili<]ui:nL an i:ot[KirL;iK'J 'H '*- ^ ; l dislrihutiun ili^ 
[onrruLiix ; 

</ Oii'rui ri« sanrnit Irmiver lutir JiLt'O^ntujii *:xf*lidt<! 
oil iniplicitfj, ni d.'iHK lo L(;xt»: iii thitm l*t;sprit (Jii r.'ir- 
tiol^ H do !;l loi du Si!J iUx*;inl)i-c lH7.'i; 

Chrontffue, 1H71. 



a Our, li^ lu^isl;iL*^if di; ccUis i;poqii(t h;H ;i ? ;iu i-mh 
Liviirc, JuriJLfillr'iiK^it main Led iu„s r.t cinifi rniiSts.-ij tu 
Odicti'ilit ijaii£ 1'arLioh; fi di;s j"Jcitnis cdnt-rn L:tMix qui ^i 
rcihlD'LiEiilt Compilers drs itifracLimis ilont i:U(;s conti- 
mn'i'.'ii.onl a bin*. J'oltjt;t; 

' '« 0^^ ^on unitjiLu but a <'t<- d'en rosLrt^ndni les cmi- 
s^qtii!nccfl iui eidnvant aus ^n'jf'dU Li J'.icnlt': J'inLiirtiirc 
];t veiito mi l;i rlisLribiiLioii dun .joui'iinl <lctormiiit; ; 
: quiij des lorn, les colporLctjrs fni dL^trihnii;urs do Jolt r- 
j>,iUh\ rcrittitit toujour* soumis .1 I'oljli^sitioii (TiUru \tu\ir- 
vns il'uj)*; iLiiLoris;LtiLJii .'ulininislr.-aivc; 

«.AtUmlu qu'cii pro^lfuiiaut la HbfTlc *3o I'iinjtn- 
mcrir fi d(j la lil]r;iint: 7 lu di;cri:L *^ 1S7(J n'a pn.s vriuEii 
iln.vanl!^ p & pot ttjr unc aiU-inli: Hjindrciiicpir. a c.t!s di^po- 
^itKitifl si ^ngds Kt si ruk*:ss;iifc^; que si hs lihrairc^ 
i'.rtsnNtTit ^ri{jiitiiMiinit lcnr Industrie jouiri^'iiL;, alV:^avii 
di}' i[L vtu-U; di^s jouriiai^^ 'I'ufH; nnitiUtiiLti <{iu; II- 
jit'in^ifiort Ar. lat inLitirrr, snlliscnt a uxpliqucrj on 110 
saurait aduniUro qu'ntio simplo di'tolaraLlon ;idressio \ 
Ja [io'SfscUur;, i-.t mm sutvic 4\;(1\:1, |Niii^si: [>nHhiiro lu* 
nn'irni^ rj'sulLats fit favcut* dc ceJui qui n';i maritfcst+i 
ijtic riutcLilioii dd dev^siii' librnir^; qii'eci kIVL, ludriflL 
dn; \cndf^ dt;s jiuirnruK dans soti in^^asirt, ^ans auto- 
rinaLioii^ n'4'st c^OrpUniiiifillctn^nL ac^ordt^ an librairr 
ijim pan'i^ (jm; wAlu vrutc ii't;st ipie Pai'^urisiuru d'uuu 
i[nliLs(.r^', I'Aell^nuMit f'\^i L iAi; 

<t Q\w \t-.* U'^L^latbtxrs ilt; 1S70 ut d« 1 S 75* [favant 
j>as vouln 3 dans mi inLi':iV:L d'onlrc (inblir, altrogcr Its 
dispoHi'Liuns dc I.'l Icje dc Mi'iiK ru* dispositions deviun - 
(IraJoiiLrdiKolitiiLiMiL inuttlc^, s" i I stil'fUait, pour ltw b\\n\br 
At-- r,iirc T avi-c riTiti;iilion du iii; la [mint ivalis^r, urn: 
riiniplts ilticlaralion a ]( jtrcf^rtni'*^ 

-( Atlrufln, liiilin, fjuii les stisdiU'.ti disjiosil.tdiis n';i\) 
[jliijiKiiit ii(jiL-s('-titeiin h ]Ji a i-.iiux qui a>ljiorU;tit nu dis- 
Lribuinit s;ui^ airUkrisatinin des jonni'iiiK -snr la voio pu- 
bliijiHi, jiiais encore .'i *:< , u«; qui tus distribuont a iloirn- 
r,iN'., i]r.x 1<; Mintnciit quo i:oLU: distribution **wl provoquf;- 
par mi sialic rjn^lconqiKi cL quelle s'olTru indititiiictc- 
itH'nt, a Unites h:s ijei'^ntHU^ qui vii'imtut vAinv. 1<;m dirt- 
I !'il>nL<:iirs |i(mr acii^tcr des journal)* ; 

(f Alt'-iTdu qu'cii fiuriJinL I'aiqiM^ntiuii ile c«b princi[i<-s 
au\ Fait^ dc la (*;ui,>r:, il wt trrijKwi>iblc rto mdnoDTinitrii 
que. Simon lie, sc livrait pa^ n'ol lumen L an eiHiimurcu 
de la librain'o; qu il n'.i f au eonti-airy, jamais i;ch>< 1 , 
d'lU^rn:!' son rcielicr do pi-LTuqnicr, uri y ajoutauL <-v- 
rbisivuihiiiit la di^Lriimtiuii d'un hoiiI journal : /« 7W- 



:n 



*."*• .,• 



150 



CHRONIQUE. 



pichc; qu'a cet 6f?anl, les nombreux documents versus 
an proct's sont coneordants cL n'autorisent aucun doute 
serieux; 

« Que le prevenu, en cfTet, a etc condamno par la 
Cour de ccans, 1c 3 juin 1875, comme colporteur on 
distributeur non autoris6, bien qu'il eut cru devoir, des 
cette dpoquc, pour se conformer en apparence aux 
prescriptions du ddcret du 10 septcmbre 1870, non- 
senlenaent faire nnc declaration dans laquelle il an- 
noncait l'intention de creor un depcH de librairie a 
Toulouse., mais encore payer la patente de ciuquicme 
classe imposee aux libraires; 

« Que, depuis le susdit arret, le prevenu, qui notoi- 
rement 6tait perruquier et non libraire, n'a plus etc 
assujetti qu'a la palente de septieme classe; qu'il a 
d'ailleurs reconnu lui-meme, aussi bien que 1 'admi- 
nistration des contributions, qu'il n'etait pas libraire, 
et, par suit«, dispense" de l'aulnrisalion administrative, 
en demandant a M. le prefet de la Haute-Garonne, 
dans le eourant du rnois de juillet dernier, l'autorisa- 
tinn de vendre des journaux dans son domicile; 

« Attendu, d'un autre cote, que les proees-verbanx 
dresses Irs o, 11 et 12 juillet prouveut surabondam- 
.11 ent que la boutique de Simon, fort eloi^nee du 
centre de la ville, ne sauralt, a aucun point de vue, 
eunslituer un ma^asin de librairie snivant l'acceptinn 
usuelle du mot; qu'elle ne renferme ni bibliotbeque ni 
rayons destines a. reeevoirdes articles de librairie ou de 
bureau; que les livres ou brochures qui y out (He trou- 
ves, quel (pie soil leur nombre, elaicnl oonfondus avec 
des depots de marchandises relatives a sa veritable in- 
dustrie de porrnqtiier; qu'ils etaient en frratide partio 
edites par Sirven, rimpriineur du journal la Ddpcche; 
qu'ils etaient suraunes et sans actualite ; qu'ils repon- 
daii'nt si pen aux besoins d'un libraire etabli dans le 
quartier qu'babite le prevenu, qu'on a trouve dans sa 
boutique, en juillet 1877, sruif quelques rares excep- 
tions, les m6mes volumes qui y avaient eie apportes 
en 187f> sous les inspirations de Sirven, pour faire 
entire, contrairement a la realite des fails, que Simon 
e\er<;ait st'rieusement le commerce de la librairie; 

« Attendu eniin que, somm6 de produire les livres 
ou documents qui pourraient justiher son exception, le 
prevenu n'a pu presenter a la justice que des factures 
emanant de deux editeurs de Paris, soldant son compte 
par un ebiffre insiyniliant, et remontant toutes les deux 
a l'annee 1875 ; 

« Attendu..., que Simon n'a tente de donner a sa 
boutique de perruquier les apparences d'une librairie 
que pour vendre etdistribuer sans aulorisation, atonies 
les persunnes qui s'y presentcraienl, le journal la Dt:- 
pec/tc; 

« Que ces a^issemenls constituent une infraction 
aux dispositions de Particle <J de la loi du 27 juill.t 
1849, et (pril y a lieu de reformer le jugeinent dont 
appol... ; 

<( Attendu qu'il existe des circoustauces attenuantes; 

« Iteforme; et condamne Simon a 100 francs d'a- 
mende et aux depens. » (Lc Droit, 1 1 aout 1877.) 



Seance publique annuelle de lAcademie 

francaise. 

(Suite.) 

J'ai dit que M. de; Parville etait un jeunc in- 
genicur; je m'effraycrais d'avoir a cu dire au- 



tanl de M. Charles Lcntheric et de M. Rene 
kerviler, si je ne pouvais encore ajouter que, 
etant tou^ deux des ingenieurs, ils sont, aussi 
des savants tous deux, et tous deux des ecri- 
vains, ayant nierite Fun et l'autre que l'Acade- 
inie les couronnat : M. Charles Lcntheric pour 
un livre intitule : les Villes mortes du golfe de 
Lyon; M. Rene Kerviler pour un grand nom- 
bre d'int6ressantes eludes <jui tout d*al>ord, et 
par leur objet seul, devaient aller au cuuir de 
rAcademie. 

Sous ce litre : lc Chance tier Pierre Seguier, 
second protccteur de V Academic francaise , 
M. Rene Kerviler avait envoy^ au concours de 
187;> un inleressant volume sur la vie privee, 
])oliti<iue et lilteraire de Teminent chancelier, 
el sur le groupe academique de scs common - 
saux iamiliers; mais com me, dans sa preface, 
il annoneait en meme tcmj)s de nouvclles 
eludes sur la ('.our academique du palais-car- 
dinal, rAcademie avait ajourne ;li son egard 
Teffet de ses bonnes intentions. 

Un nouvean volume aparu depuis, en effel; 
il est intitule : la Brctayne a rAcademie fran- 
ruise, et con lien t une intercssanle serie de no- 
tices sur his academieiens hrctnns ou d'origine 
bretonne. 

Aux deux premiers otivrages de M- Kerviler 
(Haient joinles six etudes distincles, consacrees 
au souvenir de six des moins connus parmi les 
fondateurs de noire compa^nie. 

On n'instruil j>ersonnc en retraeanl une Ibis 
de plus la vie des illustres que leur celebrile 
rappelle a toutes les mem oi res. C'esl, au con- 
iiairc, un travail plein d'interet que celui (jui 
tire ainsi d'un oubli regrettable, el peul-etre 
injusle, des noms dont le souvenir palissait 
dans les obscu riles nalales du berceau de l'Aca- 
demie. 

Les bonnes intentions de l'auteur nous 
avaient sans doule d'avance bien disposes en 
sa favour; mais c'esl a tin litre plus serieux, 
c'esl au me rite reel de aes perseverants cd'orts, 
a rensemble de ses travaux, a rabondance des 
documents curieux qu'il a recueillis et beureu- 
semenl presentes, <iu(i s'adresse, en Louie jus- 
tice, la recompense donl il est 1'objet. 

(HCuvre & la fois d'un geologue, d'un artiste 
el, d'un leltre, le livre de M. Charles Lenlherie : 
h:s Villes mortes du golfe de Lyon, nous trans- 
pose d abord sur les rivages hisloriqnes de la 
vieille Med i terra nee. La mer est toujours la 
meme; mais, dans le cours des siecles, le 1 i t — 
toral a cjiaug6. Ou s'elevenl aujourd'hui des 
villes interieures florissaituit autrefois de puis- 
sanlcs villes inarilimtis : les depots accumules 
par le passage eicrnel du Rhone out forme des 
marais la ou jadis la navigation etail des plus 
actives. 

II faut avouer, enlre parentheses, que la 



CHRONIQUE. 



151 



science de ccs messieurs du genie n'est pas 
toujours tres-rassurante. Tandis que M. Len- 
theric nous montre ici la mer eloignec de nos 
cOtes du Midi par Fenvabissoment succcssif des 
terres d'alluvion, M. Henri de Parville, a qui 
j'aime a revenir, dans le chapitrc l c «- dc son 
L r > c volume, menacait tout a liicure nos coles 
de FOuest d'etre envahies bientOt, et tot ou 
lard emportees par la marche constante, par 
Fimplacable travail de l'Oc^an. La stability des 
continents n'est qu'illusoirc, dit-il en propres 
termes. Ainsi done, <lu train dont vont les 
choses, et surtout les ilols, dans dix siccles 
Paris pourra bicn devenir une prefecture ma- 
ritime; dans vingt sieclcs, mcttons-en trente 
et n'en parlous plus, toute la France, submer- 
ges jusqu'aux Vosges et aux Alpes, aura dis- 
paru, avec nos tombes, & cent pieds... sous 
mer. 

A cote de ces dangers loinlains, M. de Par- 
ville ne cesse beureuscment de nous montror 
aillcurs la science constamment feconde, nous 
apportant chaque jour, avec de nouvelles de- 
convolves, des bienfaits nouveaux, plus posi- 
iifs, qui ont au moins ce grand merile que 
nous j>ouvons en jouir tout de suite, de notre 
vivant, nous-memes! 

Apres Fhisloire de la nature, M. Charles 
Lentherie aborde Fhisloire des villes et des 
homines. Dans ces lieux celebres, devenus des 
<leserts et des laguncs, le leeteur, guide par 
lui, se promene comme dans un cimetiere, 
avec recueillement, avec emotion, se heurtant 
a chaque pas contre les souvenirs les plus doux, 
les plus pieux et les plus populaires de nos le- 
gendes et de notre bistoire. 

La poesie 7 et nous Ten dedommagerons tout 
a Fheure, n'aura qu'unc faible part dans ce 
concours. Trois volumes de vers avaient attire 
d'abord l'aUention de FAcademie; un scul 
sera couronne. Sans meconnaitre ce qo'i! y 
a de vrai talent poetique dans les recueils que 
nous avaient presentes M. Henri Cantel et M. 
Felix Frank, ces muvres de jeunesse nous ont 
paru contenir, je ne veux pas dire des de- 
fauts, des qualites peut-etre, vivos el hardies, 
(pie la favour publique accueille a bon droit, 
mais auxquclles nc s'adressait pas preeisimicnt 
M. de Montyon quand il fbndait avec serupule 
un concours special pour les ouvrages utiles 
aux rmeurs. Fn nommant ici ces deux poetos, 
que l'Acad6mie retrouvera, j'espere, et a qui 
de jusles eioges n'en sunt pas moins dus, 
j'aime a leur donner tout haul un lemoignage 
de sympathique encouragement. 

(La suite jyrochainement.) 



variet£s. 

La Bibliotheque nationale en 1876 ». 

(Suite et f\n.) 

DKPAHTKMKNT DES ESTAMl'ES. 

Les dons o Herts au departement des estam- 
pes dans le cours de Fannee 187<> ne eompren- 
nent pas moins de cent six articles dont plu- 
steurs rep r^scn tent chacun un ensemble de 
cinquante, soixanlo, et niGme de cent pieces. 

Parmi ces dons, il faut cilcr en premiere 
ligne celui qu i a et6 fail au department d'une 
piece xylographiquc du xv c siecle, executee en 
France et representant Dieu le Fere, Jesus- 
Christ ct saint Claude, ainsi que les dons de 
pieces archeologiques, topographiques ou his- 
loriques, dus a la liberalite de MM. Francois 
Lenormant, le pero Cahier, Fdinond Becque- 
re I (it Desnoyers, de Flnstilut, Ludovic Lalanne 
et de Hochebrune. 

Les ceuvres constitues a la Bibliotheque des 
artistes conlemporains, tan I franeais qu'etran- 
gers, se soul augmcnlcs d'un nombre conside- 
rable de pieces donnees par les peintres memes 
ou les graven rs dont ces muvrcs portent les 
noms, par MM. Ilenriquel et Lehrnann, entre 
autres, et par MM. Blery, Bedouin, Frederic 
Hillemacher, Franck, de Bruxelles, ct Weber, 
de Bale. Le departement des estampesk egale- 
ment reen de M. Buisson le troisieme volume 
de la piquante collection inlitulee ■//,* Muste des 
Souvemins, reproduisant les croquis dessincs 
(Fapros nature par le donate ur a I'Assemblee 
nationale, et de M. le comic Lepic la suite 
complete des planches a 1'eau-forte grav6es par 
lui el imprimoes dans des eta Is divers, suivant 
un precede donl il est Finvenleur. A M. Bi- 
garne, de Beaune, nous devons une suite nom- 
breuse de croquis topographiques, sur beau- 
coup desqucls on pent constater Telat de divers 
monuments avant les restaurations des trente 
dernieres armies. 

Comme par le passe, le ministere de Fins- 
truction publique et des beaux-arts, la Sociele 
l'raneaise de Lrravure et la direction de la Qa- 
lettc des Beaux-Arts ont fait don an departe- 
ment des estampes de recueils ou de pieces in- 
teressanl l'art ou Farcheologie. (^est ainsi, 
pour ne cilcr que deux de ces envois, que la 
Bibliotbeque s'est enrichie de 341 nouveaux 
dessins a Faquarelle et X la gouache, executes 
par M. Cournault, d'a[jres des objets provenant 
des stations lacustres ou des lieux de sepulture 
voisins de ces stations, et conserves dans les 

1. Kxtrail d'un rapport adrcsse 1*; 8 avril 1877 a 
M. k ministre de I'lnstruction publique. 



152 



CHRONIQUE. 



musses ou Ies collections particulieres dc la 
Suisse, et qu'elle est entree en possession de 
plus de soixante estampages pris, conform6- 
ment a la mission qu'il avait recue du minis- 
tere, par M. Fichot, snr des pierres tumulaires 
conservees dans Ics 6glises de 1'ancienne pro- 
vince de rilc-de-Francc. Ces cslainpages , 
mont6s avec le soin quids me" ri tent, sont ex- 
poses dans la sallc qui precede la galcrie Ma- 
zarine. 

Quant aux pieces gravies ou litliographiflcs 
acquises en 187(1, en dehors do cellos que Ic de- 
par tement des estampes a recues k litre de 
dons ou qui lui ont ete iburnies pour le depot 
If gal, dies depassenl le cliiilre de 2,i()0 et ont 
6t6 inscrites sous 88 numeros. Pes unes soul 
venues tres-ulilemcnl corn bier des lacuncs 
dans des umvres d'une importance exception- 
nelle, comnie Ies umvres d'Edelinck, de Nan- 
teuil, de Masson, de Karel Dujardin, etc., ou 
dans des series rares et precieuses, telles que 
Ies anciens modeles de dentelles; Ies aulres 
ont permis dc constituer soit le commence- 
ment d'ceuvres nouveaux, soit des recueils sur 
quelque matiere speciale. Lnfin, Ies revenus 
provenant de la ibndalion de M. le due d'O- 
tranlc, revenus (jui avaient 616 attrihues pour 
1'annee 1 87<> au department des estampes, ont 
ete employes a ^acquisition d'une rpreuve, 
avant le mono^ramme du ^raveur et avant dil- 
fercnts travaux, de la c6Iebre planche de Marc- 
Antoine, le Massacrv d<>s IniKxu.nls. C est la 
pour noire grande collection nationale un 
6v6nement d'autanl plus beureux que Ies 
epreuves de cet etat ne se reneonlrent presque 
jamais, et quo depuis l'epoque ou deux d entre 
dies avaient ete acquises, rune par le Musoe 
brilanniquo, 1'autre par M. Dutuit, 1'occasion 
ne s'etait pas present6e pour le department 
des eslampes d'ajouter ce preeieux nionument 
du talent de Mare-Antoine a Fujuvre, d'ailleurs 
admirable, du mail.ro quo la Bibliolbeque pos- 
sede et dont la riche collection de l'abbe de 
Marolles avait, au xvu° siecle, fourni Ies pre- 
miers elements. 

Aux anciens catalogues du departernenl des 
estampes est venu s'ajouter un inventaire al- 
pbabelique des pieces de la Unserve, hire qu'il 
est ! (euvre do M. le vieomte Delaborde, eon- 
servaleur du departemeni, e'est assez indiquer 
avec quelle rigoureuse exactitude il a ete 
dress6. De son cot6, M. Duplessis, promu aux 
fonctions de conservaleur sous-directeur ad- 
joint, vacanles par la mort de M. Dauban «, a 
enlrepris un catalogue de la collection d'es- 
tampes hisloriques leguet; par M. Ilenniri a la • 

1. Charles-Aim/; Dauban, mort le 4 ami I \Hl(> y a. 
Page de cinquautc-cinq ans, otait entre a la Biblio 
thequele l*r octobre lHfii; il avait ete mmiiiifi eonscr- 
vateur sous-direcleur adjoint le 23 aotit 18!i8. 



Bibliotheque nationale. Vous avcz bien voulu, 
Monsieur le ministre, assurer la publication de 
ce catalogue, doublemcnt precicux, puisqu'il 
fera connaitre & la fois ('importance de la do- 

\ nation de M. Hennin et Ies ressources que four- 
nissentaux hisloriens, cominc aux artistes, Ies 
reeucils de cet infatigable iconopbilc. 

f ,e systeme de classement adopts au d6parte- 
nient des estampes dispense le plus souventde 
recourir aux inventaires et aux repertoires. 
Nous nen rcconnaissons pas moins combien il 
serait utile d'avoir des etats d6lailles de la plu- 
parl des series. Enlre autres services, ils nous 
donneraient le moyen de verifier rigourcuse- 
mcnl Ies fraudes dont nous pouvons etre vic- 
iimes. En effet, la plus active surveillance ne 
reussit pas toujours a. prevenir le mal. Nous 
en avons fait rexperience Tan dernier, en 
constatant que plusieurs avaient 616 coupes 
avec beaucoup de dexterite dans Ies volumes 
consacr6s k difT6rcnts maitres du xvm c siecle. 
Hcureusemcnt Ies formality dont nous entou- 
rons toutes nos communications et dont Ies 
lecteurs auraient grand tort de s'oiTenser, ces 
formaIil6s, dis-je, nous mirent a memo, en 
quelques instants, de d6noneer le voleur el 
d'indiquer Ies pieces quil avail souslraites. La 
demonstration etait telle que le coupable dut 
la ire des aveux complets : il a 616 condamne 
par le tribunal de la Seine i deux ans d'em- 
prisoniKiment *. Fes estampes qu 'il avait dero- 
b6es el sur les<pi(!lles il avail adroitement 

gratte Ies estampilles ont ete retrouv6es et re- 
mises en place. 

L* (ithninistrti ttrur f/ii/icral, dircctcur dc in 
Itih Uoih ()<i uc ltd ti< male, 

Leopold Dkusij:. 

1. Fx trait du jiifjcnient rendu en raudicnee publique 
<le polieo eorreclionnelle, le 2 Janvier 1817, [»ar le tri- 
bunal de la Stiinc, 11° ehambre : 

« Lit trihunal..., Attendu qu'il est etabli jKir l'in- 
strnctimi et ]cs debats (pie A... a, a Paris, en 187(j, a 
dilTereiites n.'prises, aoustrait frauduleusement des ^ r r«'>- 
vur<j3 et des estampes au prejudice de la liibliotheque 
nationale..., Condamne A... a d(jux ans d'euiprisonne- 
ment. » 

Kx trait de 1'arnH rendu en l'audienee publiipio du 
i« r levrier 1877 par la cour d'apped de Paris, ehambre 
des <'i[»pels de- police cnrrectionnelle : 

<( La cour..., Kn ce qui concrrm; A.-.j adoptaut le^ 
motif's des premiers jnj^eSj et considetant, en outre, 
que le nombre des vols, la persistence avec laquclle 
ils ont etc commis et la necessite de proUi^'or par t\*a< 
exemples sev^res la conservation dos rieliesses riaUo- 
nales ne permctteut jtas de i'aire une application plus 

mdultfenle de la Loi - Kn ce qui concerns A..., met 

Pappcllatiun au neant, ordoune que ce dont est appel 
sortira son plein et enLier efl'et. » 

Le Secr6taire-Gcra.7it y Blancuot. 



Puris. — Typ. Pillet et Dumoulip, rue ilea Gr.- Auguatins, 5. 



66 e Ann6e. 2« S6rle. 



N° 38. 



22 Septembr© 1877. 




CHRONIQUE 



DU JOURNAL GfiNfiRAL 



RIE ET DE LA LIRRAIRIE. 



We, de rimprimcric et dc la Papetcrie, rue Bonaparte, i. 

Sommaire: Exposition iiithmmUt^e 1878. — Sdnnce publiquc annuelle de VAcad6mie frangaise (suite et fin). 

Fails divers : La Litteraturo francaise au Chili. — NAcrologie : P.-M. Asselin. 



Exposition universelle de 1878 a Paris. 



Lo ministre dc 1 'instruction publiqne, des 
(».n lies et des beaux -arts a adres.s6 aux recto urs 
Ja circulairc suivante : 

« Paris, lo 3 septembro 1877. 

Monsieur le rectcur, 

(/Exposition universelle de 1878, qui doit 
montrer, autant que possible, les diverses 
(tranches du travail francais, serait incomplete 
si elle ne reservait pas une [dace aux muvres 
du corps universitaire. Sans doute on ne pent 
pas donner par la simple vue, au inonde savant 
et encore inoins an public ordinaire, une id re 
exacte de ce que renferment de nouveau, dY- 
leve, ou d'nlile de pareils travaux. 

Par Ieur nature memo, les ouvrages do 
I'esprit, qui sonttout a la fois I'honneur d'une 
nation et la source superieure des decouvertes 
pratiques, eehappent a Pappreeiation des yeux. 
(/est pourquoi il a paru impossible jusqu'iei 
de faire figurer dans une exposition les travaux 
du corps universitaire, qui, par Penseignement 
qu'il dorine et par les etudes qu'il public, re- 
presente cependant une des pins nobles expres- 
sions de Pacfivite nalionale. 

A ii i on lour, je do is renonrer a 1'espe ranee 
de montrer & tons la valeur do certain es re- 
cherches, le progrcs intellectuel qui se mani- 
fest e dans telle ou telle m6thode, Ips meriles 
de pensee et (Je style d'une these originate, en 
un mot riniportanco inline des ouvrages dont 
jo j)arle. 

Mais je crois que nous pouvons en montrer 

Chronique, 1877. 



le nonibre, la varicte et la suite. L'Exposition 
qui s'ouvre nous offre une occasion naturelle 
de le faire; je vais plus loin : elle nous rap- 
])elle, com me un devoir, qne nous avons k 
chercher tons les moyens possibles de montrer 
sous ees deux phases Ic labour de notre pays, 
qui se compose ton jours, des efforts alternatifs 
de la pensee speculative et de la realisation 
pratique. II ne fau I, pas que les regrets que 
nous eprouvons en presence des difGcultes, de 
Pimpossibilite d'exposer d'une maniere com- 
plete et veritablcment satisfaisante les produits 
de l'esprit, deviennent des fins de non-recevoir. 
Voici comment on peut, Monsieur le rec- 
tcur, non-seulement donner one vue generale 
des travaux du corps enscignant, mais meme 
en faire saisir le caraclere et Pobjet : 

r 

J'ai decide qu'il sera Corrn6 dans le Palais de 
l'lnd ust rie une vaste bibliotheque composee 
exelusivemont des ouvrages de toute nature 
qui out (Ac publics par nos professeurs de 18G7 
a 1878. Cello bibliotheque devra comprendre 
depuis la plus modeste brochure jusqu'a Pou- 
vrage le plus etendu, depuis la grammaire ou 
le trade d'arithmctique le plus elementaire 
dun jnstitalcur jusqu'aux teuvres les plus ele- 
vres <le nos professeurs du haut enseignement 
ou des membres de Plnsl.ilul. A cote des re- 
eberches de, nos historiens, de nos niath6ma- 
lieiens ou de nos e.bimistes, on y trouvera les 
(euvres litl.eraires ou poeHiques de pure imagi- 
nation. 

II 

I In catalogue uuHhodiquc sera rcdige avec le 
plus grand soin et mis & la disposition du pu- 
blic. Ce catalogue ne sera pas seulemcnt uu 



38 



154 



CHRONIQUE. 



guide n6cessaire a celui qui voudra se diriger 
dans cette vaste collection, ce sera aussi unc 
ceuvre de bibliographic spexiale, un r6sum6 
des travaux du corps enseignant, une vnc d'en- 
semble. J'insiste sur ce mot, car c'est l'ensem- 
ble de ces oeuvres que je connais et que je veux 
faire connaitre. Quant aux ouvrages que lcs 
lettr6s, les sp6cialistes voudraient particuliere- 
ment 6tudier, ils seront mis tous les jours a, 
leur disposition pendant la matin6e. 

Tel sera noire double travail. Le voire, Mon- 
sieur le recteur, qui doit etre immediat et tres- 
actif, sera de prescrire la reunion des oeuvres 
dont je parle. Vous portercz mon projet a la 
connaissance dc vos administr6s et vous les in- 
viterez a vous envoyer toutes les publications 
qu'ils ont fait paraitre dej)uis 1807. Un exem- 
plaire de ces publications sera sufflsant; niais 
chaque ouvrage ou chaqne brochure devra etre 
accompagn6 d'un bulletin detache ay ant les 
dimensions et portant les indications du mo- 
dele suivant : 



1° Titre exact de Ton v rage. 

2° Format. 

3° Norn dc Tediteur. 

4° Millesimc. 

, r >° Nom de l'auteur. 

<>° Son grade lors de la publication de 
la premiere edition. 

7° Son grade lors de la derniere edition. 

8° Est-il dispos6 a donner son ouvrage 
a FUniversitS? 



L 



Car, il n'est pas besoin de lu dire, c'est une 
seule edition et la derniere qui doit fitre en- 
voy6e. J'ajoulerai que je desire recevoir les 
volumes broches. Mon ministere se chargera 
de la reliure, qui sera uniforms et sur laquelle 
il est csseuiiel de mettre des indications sem- 
blables, placets dans le meme ordre. 

11 est evident, et les auteurs le cOmprcndronl 
les premiers, quo l'Etat agissant ici dans leur 
interet et dans linteret de FUniversite, nous 
nc pouvons nous astreindre a renvoyer tons les 
ouvrages qui nous seront adresses. Tout ;m 
contraire, il est desirable que nous conservions 
dans un centre comimin les livres qui figure- 
root a l'Exposition. Je me propose d'en former 
une sorte de bibliotheque de l'Universite, et il 
serait important de rend re cette bibliotheque 
aussi complete que possible. Vous inviterez, eh 
consequence, les auteurs qui foraicnt don de 
leur ouvrage a le declarer sur leur bulletin 
(an n° 8). 

Les volumes seront centralises dans chaque 



chef-lieu de departement, par les inspecteurs 
d'acad6mie, et y demeureront jusqu'a ce que 
j'aie decide dans quelles conditions ils devront 
m'&tre exp6di6s. Vous recevrez prochainement 
des instructions a ce sujet. Toutefois vouslais- 
serez lcs auteurs qui le pr6f6reraient libres de 
faire apporter au ministere, par leur editeur 
ou leur libraire, leurs ouvrages et les bulletins 
qui doivent les accompagner. 

Le temps presse, Monsieur le recteur; le tra- 
vail pr6paratoirc de ^Exposition doit etre pour- 
suivi sans relache. Je compte sur votre zele et 
j'y ferai de frequents appels. Ma demande 
d'aujourd'hui reclame un soin particulier dans 
Tcxecution. II faut que chacun des membrcs du 
corps enseignant plae6 sous votre direction soit 
informfi de mon desir; il faut en repandre aussi 
la connaissance dans votre acadSmie, en dehors 
de vos administr^s, afin d'engager les proles- 
seurs mis a la retraite depuis 1867, et les fa- 
milies de ceux qui sont morts dans ces dix 
dernieres ann6es, a faire figurer aTExposition 
tous les travaux accomplis pendant lcs ann6es 
d'adivite. 

Les auteurs qui n'auraient de lours owvragcs 
aucun exemplaire disponible devront au moins 
envoyer un bulletin conforme au modele donn6 
plus haut. 

Kocevez, Monsieur le recteur, lassurance de 
ma consideration tres-distinguee. 

Le mijiistre de V instruction puhliquc, 
des cultes rt des beaux- arts, 

Joseph Biiunkt. » 



■ Jm ^ r»c 



Stance publique annuelle de TAcademie 

fran9aise. 

(Suite et fin.) 

Aucun reprocbe du mfime genre, aucun re- 
proche daucun genre, nc peul s'adresscr au 
chaste et charmant volume intitul6 Nouvcllcs 
G lanes, que M Uo Louise Berlin envoyait elle- 
meme, il y a peu de niois, a l'Academie, pour 
prendre part a ce concours dont elle attendait 
avec impatience le rosultal, qu'elle n'aura pu 
que pressentir, sans avoir eu le bonheur d'en 
connaitre le succcs merite. 

Fille de M. Berlin alnc, et gardant avec lion- 
neur ce grand nom de familledont le lustre lui 
doit un nouvel 6elat; amie des arts qui furent 
sa gloire, amic des lettres qui furent sa conso- 
lation ; se distinguant par beaucoup d'esprit et 
de gout, de force morale aussi, de resignation, 
de courage et de philosophic, M ,,R Louise Ber- 
tin semble avoir conlie tout son cmur et toute 
son ame a ce dernier volume rempli dc po6sies 
(rune grace exquise, et dont plusieurs, d'une 
veritable 616vation > d6passcntces cotcaux mode- 



CHRONTQUE. 



155 



re's 011 Sainte-Beuve, qui marquait a chaciin 
sa place, a spirituellement logetont un monde. 
A ceux qui voudraient fairc un choix (Jans 
les Nouvelles Glanes, je recommanderais do 
preference les pieces intitulees Solitude, Con- 
seils, Melancolie, Pater noster; cello surtout qui 
s'adresse a notre confrere M. do Sacy. Cost 
apr&s les avoir lues toutes que l'Academie les 
couronne sans r6serve, en regrettant 

Quo sou laurier lardif n'ombra^c qu'uno tombe. 

Ma tache, Messieurs, touche a sa fin. L'Aca- 
demie n'a plus que deux prix a proclamer : le 
prix de po6sie dont le sujet, propos6 par elle, 
6tait Andr6 CMnier; et ce prix presque ano- 
nyme dont le fondateur, ancien membre de 
TAcad^mie, qui malhcureusemont a defendu 
que son nom futprononc6 dans cette enceinte, 
nous a 16gu6 en 1873, avec le prod nit annuel 
d'une action de la Revue des Deux Mondes, le 
droit et la liberty d'employer ce revenu consi- 
derable, comme l'Academie 1'entendrait, duns 
VinUr6t des lettres. 

Dans 1'interet des lettres, 1 Academic, libre 
ainsi de son choix, s'est plu a regarder autour 
d'elle et n'a pas cu de peine a so decider. 

Ce que Tannee derniere elle avait fait pour 
M. Coppee, cette ann6e, Messieurs, elle a voulu 
le faire encore, et distinguant^ non dans 1 'om- 
bre, inais dans la retraite, un jeune et vrai 
poete d'un talent e1ev6, pur et gracieux, aime 
de tous et presque celeb re, dont la place est a 
part dans le monde des lettres, et qui, par la 
d ignite de sa vie discrete, augmente sos litres 
a 1'intenH et a l'estime; spontanement et d'une 
voix unanime, rAcadernie, sans partager le 
prix dont, cette fois, le monfant s'eleve a 
4,o00 francs, en a d£cern6 tout rborineur a 
M. Sully-Prudhomme. 

Pour le prix de poesie, cent vingt-lrois pieces 
ontcoucouru. Unit d'entreelles, r^serveesapres 
un ])remier cxarnen, portaient les numeros 24, 
70, 100, 105-, 113, 114, 119 et 121. 

A l'linaniinite, rAcadernie a decerne le prix 
a la piece inscrite sous le n° 100, ayanl pour 
epigrapbe ces deux hemistiches : 

])isec 3 ])?ici\ vir intern ex mc — 
Fortunam ax (this. 

(ViuoiLK, Entitle, livn*, XII.) 

M. Camille du Loelc en est l'auteur. 

Une autre piece, inscrite sous le n" 70, et 
portant pour epigrapbe ces mots: Tai, Vertu, 
pleure si je incurs, tout en etant inferienre a 
celleque rAcadernie couronnait, a paru so dis- 
tinguer aussi par des qualites difierenles. Plus 
colored, mais plus doclamatoire, elle traile le 
sujet a un tout autre point de vue. Dans Andre 
Chenier, elle s'attache X rhomme plus qu'au 
poete ; e'est sa mort qu'ellc met en relief plus 



que sa vie. Les incorroctions ne manquent pas 
dans cette eeuvre, mais elles sont rachetees par 
des eclairs d'une poesie ardente, par quelques 
beaux vers bien frappes. 

L'auteur de cette piece remarquable est 
M. Kinilc IJoully, ])rofesseur d'histoire et de 
philosophic au college de Remirernont (Vosges). 

L'Academie lui d^cerne un premier accessit. 

line mention honorable est accorded enfin a 
la piece inscrite sous le n° 24, et qui porte pour 
epigrapbe : 

Marmorra caput a ccrvirr rrmikitm.. 

(ViKGlLK, Georyiqur IV 11 .) 

Le sujet y est trait6 avec tine elegante sim- 
plicity, et la forme so distingue par beaucoup 
de grace et d'harmonic. C'est one douce el^gio, 
un peu monotone, exclusivement consacree a 
1'eloge du poete, et dans laqtielle peut-etre ne 
ressortent pas assez la vie de rhomme, sa mort 
el, son caraclere. 

L'auteur n'ayant pas repondu a l'appel de la 
publicity, le pli cachete qui cache son nom n'a 
pas till Atrc ouvert, et j'ai le regret de ne pou- 
voir mieux le faire con nail re. 

J'ai fini, Messieurs, et la piece couronnee est 
la senle dont je n'ato rien dit. II m'eiU etc fa- 
cile et doux d'entrer ici dans le detail des qua- 
lites aimables, brillantes et vraiment poetiqucs 
qui Tout signalee en premiere ligue aux suf- 
frages de l'Academie. Vous allez l'entcndro. 
("est le meilleur pour elle et pour vous. 



FAITS DIVERS. 



La Literature franchise au Chili. 

MF.strcl.la del Chile, revue litteraire qui pa- 
rait chaque semaine a Santiago, donne le litre 
de tous les ouvrages irn primes au Lliili et de- 
poses a la bibliotheque nationale de Santiago. 
II ootisaparu int6ressantde rclever les ouvrages 
franrais qui out eu l'honneur d'une traduc- 
tion espagnole depuis le mois d'octobre 1870 
jusqn'au mois d'avril 1877. Nous les citons 
selon l'ordre de lour publication. 

llistoirc moderne y par le It. P. (iazcau, S. J. ; 
llistoire de sainte Pintle, par 1'abbe Lagrange; 
Ahnltje d'histoire modniie et (Uhistoire du 
mot/en dye, par Tabb^ Cnurval; Marguerite 
Gftutier, <>u la Dame aux Cam&lias, drarne en 
cinq actes, par Alexandre Dumas His, adapts 
a la scene espagnole par M ,il(J Alaide Pantanelli 
de Gayten, artiste dramatique; VAfricaine, 
op^ra en cintj actes, de Scribe, traduite par la 
inAme ; Le hon sens du cure' Meslier y suivi de son 
testament, traduit pur Microm6gas; Comment se 



:?r";. 



j v 



1B6 



CHRONIQUE. 



fonde un sanctuaire, \eltre d'une pensionnaire da 
couvent de rimmacul^e-Conception de Naples 
iunedeses amies du Sacre-Cceur a Lyon, prece- 
dee d'une letlre de Marc-Monnier; Abr6g6 de 
Vhistoire sainte, par Chantrel ; Ncuvaine aNotrc- 
Dame-de-Lourdcs, a 1'usage des raalades, par 
A. J. V., traduite par une personne devote; 
la Boite d y argent, par Alexandre Dumas ills; 
AbrfyC de Vhistoire grecque, par V. Duruy; 
Principcs de geomCtrie eUmentairc, par F. Son- 
nets, arranges par Alexandre Andonaegui; 
Vie de la tres-saintc Vicrge, d'apres les Medita- 
tions d'Anne-Catherine Emmerich, extraite de 
la 8 e edition francaise, par R. Marchant Po- 
reira. 

Tous ces ouvrages ont et6 imprimis a San- 
tiago ou a Valparaiso. 



— g *■> lrfi-C- 



NECROLOGIE. 



P.M. ASSELIN. 

La semaino derniere, un cortege nombreux 
de libraires, de medecins et d'amis rendait les 
derniers devoirs a noire confrere, M. Asselin, 
editeur, librairo de la faculty de medecine, 
d6cede le 10 septembre, a 1 age de 57 ans. 

Pierre-Michel Asskun, ne le 20 mai 1820, a 
Blainville (Mancbe), etait le fils d'un ancien 
employ6en librairie. Son pere, snceessivement 
attache" aux librairies Desor et Gabon, avail, il 
y a de bien tongues ann6es, quitt6 Paris pour 
retoumer en Normandie, son pays natal. Lo 
soin de sa sante* 1'avait de bonne hen re oblige 
a renoncer a noire profession, et bien peu do 
nos lecteurs Tauronl connu. 

Arrive" a Paris en 1837, P.-M. Asselin d6buta 
chez M. Labe, son oncle, qui avail ele en menie 
temps que son pere dans la librairie Gabon. 

Peu de temps apres prend place une associa- 
tion entre B£chet jeune et Lahfl, association de 
courte duree qui prend fin en 18i2 par un par- 
tage amiable du fonds d'editeur. Asselin con- 
tinua son concours & son oncle, M. Labe, qui, 
apres lui avoir (tonne la main de sa lille, lui 
ceda sa librairie le t <r juillet t8(i0. (detail la 
recompense d'une collal)oration de vingt-trois 
ans. 

Le bonbeur de la famille dcvait bientot otre 
trouble par un double deuil. Asselin out la 
douleur de perdre sa belle-mere, M mo Labe, 
au commencement de 1862, et cinq mois plus 
tard, le 29 juin 18G2, M. Labe qui etait depuis 
si longtemps pour lui un pere d'adoption. 

Asselin trouva dans le fonds de la librairie 
Lab6 quelques ouvrages dont le succes etait 
loin d'etre epuise. II suffit de citer Barth et 



Roger, Auscultation (l r0 edit., 1840); Beclard, 
Physiologie (l rfl 6dit. , 1855) ; Becquerel, Hygiene 
(l r ° edit., 1851); Cazin, Plantes m6dicinalcs 
(l r ° edit., 1850); Cruveilhier, Anatomie des- 
criptive (l r0 6dit., 1833); Fleury, Hydrothe'ra- 
pie; Hardy et B6aier, Pathologie interne, dont 
la publication avait ete commenced par Mequi- 
gnon-Marvis, et d'autres livres dont ses soins 
reussirent a continuer la vogue. 

Entre tous les livres auxquels est attache le 
nom d 'Asselin, nous citerons V Anatomie des- 
criptive de Cruveilhier; trois editions de ce 
livre s'elaient succ6d6 en vingt ans. Appr6- 
cianL l'importance d'y aj outer des illustrations 
pour en maintenir, en accroltre, s'il etait pos- 
sible, le succes, Asselin se rendit en Allemagne 
et acquit a Brunswick les clich6s des figures 
qu'un editeur allemand avait fait executer pour 
V Anatomie de Henlo, les ajouta aux deux pre- 
miers volumes de l'edition nouvelle de Cru- 
veilhier dont il confiait la revision a M. Marc 
See, et fit graver les figures correspondantes 
au dernier volume. 

En 1864, il se rendait acquereur du fonds de 
B6chct jeune, il y trouvait encore les livres 
classiques de Chevallier, Dictionnaire des falsi- 
fications (l re edition, 1850-1852); Trousseau et 
Pidoux, Thdrapeutique (l ro edition, 1830). As- 
selin ensoigna mieux la fabrication etsut ainsi 
en continuer le succes. 

En 1805, il entreprend con jointemcnt avec 
M. Masson la publi cation du Dictionnaire cncy- 
clo-p6dique des sciences mtdicales. 

L' Anatomic chirurgicalc de TilLaux et la Chi- 
rurgie vCUrinaire de Peuch et Tonssaint, tous 
deux accompagn^s de belles planches interca- 
lates dans le texte, sont d'une execution mat6- 
riello qui fait vraiment honneur a Asselin, sans 
qu'il soit possible d'oublicr la part de merite 
qui revient a Timprimeur de ces livres, M. 
Crct6. 

Asselin etait aim6 et estime de tous ceux 
qui etaicnt en relations avec lui. It laisse une 
veuve, un fils et une fillc. Un comrnis, dont 
chacun de nous a pu apprecier les qualites, 
saura, nous on sommes certains, conserver a 
la librairie Asselin ses habitudes de prudence, 
son caractere de loyaute traditionnelle jnsqu'au 
jour procliain, j'espere, oil Alexandre Asselin, 
qui est a la veillc de terminer de fortes ot bril- 
lantes etudes scolaires, pourra apporler a hi 
maison dont son pere lui Jeguo trop tot riieri- 
tage ses habitudes de travail et une intelligence 
d'elito. 

E. B\ 



Le Secritaire-Gerant, Blanc hot. 



Paris. — Typ. PUUt at Dumoulin, rae das Gr.-Auguetini, 6. 



66 e Ann6e. 2« S6rie. 



N° 39. 



29 Septembro 1877; 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE LMMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, au CpitIp, dc la Librairie, do I'lmprimcrie el do la Papcterie, rue Rnnaparle, 1. 

Sommaihe: Gfonseil d' administration du Cercle de la Librairie, — Rapport a M. In Ministrc dc ['instruction 

publiquc sup Zgrr&nloi de la Photographic, — Fails divers. — NCcrologie. 



CONSEII^Jtf 



t < 



[STRATION 



DO CERCLE DE LA LIBRAIRIK. 



Proems-verbal de la stance du 21 septembre i 877. 



Prudence de M. Basset. 

La stance est ouverte a deux heures. 

Huit membres pr6sents; trois s'excusent par 
leltres. 

M. le Secretaire donne lecture du. proces- 
verbal de la stance du 17 aout, qui est adopts. 

M. lk Tresorier fait connaitre l'6tat des 
caisses. 

M. le President donne lecture de la lettre 
suivante, qui lui a e*t6 adress6e par M. le baron 
de Watteville, directeur des sciences et lettres 
au ministere de Instruction publique : 



(( Paris^ le 4 "septembre 1877. 

« Monsieur le president, 

« J'ai l'lionneur de vous transmettre deux 
cxemplaires d'un fascicule contenant les rap- 
port, instruction et arrets relatifs a l'emploi 
de la photographie dans les etablissement 
scienlifiqucs et litteraires dependant de mon 
departement. 

« J'ai tout lieu de penser que le Cercle de la 
librairie prendra quelque interfit a la connais- 
sance des dispositions qui rn'ont 6t6 inspires 
par la commission chargee de l'examen de 
cetle importante question. 

Chroniquc, 1877. 



.1 



« Agr6ez, Monsieur le President, l'assurance 
de mes sentiments les plus distingu^s. 

« Pour le ministre de I'instruction pu- 
blique des cultes et des beaux-arts 
et par autorisation, 

« Le Directeur des sciences et des lettres, 
a Baron de Watteville. » 

Le Conseil decide que des remerclments se- 
ront adress6s a M. le baron de Watteville pour 
son obligeante communication, et que les 
membres du Cercle scront invites par la voie 
du journal a prendre connaissance de ces do- 
cuments qui sont de nature a int6resser un 
grand nombre d'entre eux. 

M. le President donne lecture de la lettre 
suivante : 

« Paris, le l cr septembre 1877. 

« Monsieur le President, 

« J'ai l'lionneur de vous prier de vouloir 
bien me faire parvenir, du 25 au 30 de ce mois, 
la liste des boursiers du Cercle de la Librairie 
pour Tannic scolaire 1877-1878, afin que nous 
puissions preparer notre classement pour la 
rentree d'octobre. 

a Je vous prie d'agr^er, Monsieur le Presi- 
dent, l'assurance de mes sentiments distingue^. 

« E. Jourdan, 

« Directeur dc 1'KcoIc commerciale, 
avenue Trudaine. » 

M. lk President fait connaitre l'£tat des tra- 
v;iux pr^paratoires pour la construction de 
Thotel du Cercle. 

Un secours est vot6. 

M. Brandus, 6diteur de musique, pr6sent6 



39 






:' ' '. X 



7 ' 



458 



€HRONIQUE. 



par MM. Colombier et Heugel, demande a faire 
partie da Cercle. 

La stance est lev£e a trois heures un quart. 

Pour extrait : 
Le Secretaire, 

A. Templier. 



M. le \ baron de Watteville, directeur des 
sciences et des lettres au ministere de 1'instruc- 
tion publique, a bien voulu faire remettre au 
President du Cercle dela librairie deux exem- 
plaires^d'un rapport qu'il a adress6au minislre 
sur Temploi de la pbotographie dans les eta- 
blissements scientifiques et litteraires, avec les 
pieces a 1'appui. 

Ces documents interessent un grand nombre 
de membres du Cercle. lis ont 616 deposes a la 
bibliotheque et sont tenus a la disposition de 
tous ceux qui desireront les lire. 

Nous en donnons ici plusieurs extrails : 

RAPPORT a M. le Ministre de V instruction 
publique, des cultcs et des beaux-art^, sur 
Vemploi de la photographic dans les 6tablissr- 
ments scientifiques ct UtUraires dependant de 
ce dCpartement. 

Monsieur le Ministre, 

Duns un precedent rapport, j'ai eu l'honneur 
de vous signaler les cxcellents resultats qu'on 
devait attendre de I'emploi de la pbotographie 
pour vnlgariser les richesses de nos bibliothe- 
ques et pour faciliter aux savants les rechcrchcs 
et les verifications dont ils auraient besoin. 
Grace a la photographic, il est facile de repro- 
duce d'une maniere authentiqucdes documents 
precieux et uniques, qui pcuvent fitre an6antis, 
et dont des facsimile \ tar fails assureraicnt en 
quelque sorte la survivance. J'ai fait ressorlir, 
d'autre part, aupres de Voire Excellence, les 
nombreuses demandes de reproduction adrcs- 
s6es aux administrations de nos grands etahlis- 
sements, et auxquelles le defaut de reglement 
et de locaux appropries ne pcrmettait j>as de 
satisfaire. 11 6tait done absolurnent necessairc 
d'examiner les moyens de concilicr les legitimes 
exigences du public avec les int6r0ts que l'titat 
a pour mission de protoger. 



I 



COMMISSION I) IS IMIOTOCRAPHIK. 

Pour repondre a ce besoin, votre predeces- 
seur, Monsieur le Ministre, a cree\ par arrfite 
en date du 7 fevrier 1877, une Commission 
charged d'examiner les moyens de reproduiro, 



par la photographic, les documents conserves 
dans les collections de rfitat. 



II 

QUESTIONS SOUMISES A l'eXAMEN DE LA COMMISSION. 

La Commission, dans un sentiment de libfi- 
rale 6quite, repoussa toute idee de monopole 
cr6c au profit d'un photographe; elle admit 
dans toute son etondue le principe de la con- 
currence, ct decida qu'elle donnerait le libre 
acces de nos collections a tous ceux qui justi- 
fieraient aupres des chefs de nos etablissements 
de la convenance et de Futilite de leurs travaux. 

La facilite accordee au public industriel 
devail, en outre, provoquer 1'examen des pre- 
cautions a prendre contre la deterioration des 
pieces soumises a la reproduction. La Commis- 
sion, dans les divers articles du reglement qui 
vous cstpresent6, s'est en°orc6e de pr6venir par 
tous les moyens possibles les dommages qui 
pourraient etre causes aux pieces originates. 

II convenait egalennmt dassurer la securite 
de nos etablissements en eloignant les dangers 
inherenls a I'emploi de substances inflamma- 
bles ou cxplosibles. Aussi la Commission decida- 
t-elle que l'operation a faire dans les elablisse- 
ments se bornerait a la confection du cliche 
par un proc6de sec, le tirage des rpreuves et 
ton les les autres manipulations devant toujonrs 
avoir lieu chez le photographe. 

Mais si la Commission est disposee a soil ici 
ter pour l'art industriel une grande favour, 
celle de rendre nos richesses accessibles a son 
exj>loitation, clle considere comme un devoir 
d'assurer les droits imprescriptiblcs de l'fitat. 
Aussi a-t-elle pense qu'apres avoir cxige les 
deux exemplaires de l'eprcuve tiree que la 
Itibliotheque nationale, par exemple, reclame 
de tonic personne autorisee a publier un des 
documents qui lui appartiennent, on devait, 
en outre, demander la remise d'un cliche dont 
l'tftat aurait la faculte de faire usage pour 
« des travaux d'ordre administratif ou priv6 ». 
Par ces mots , la Commission a entendu se 
n'servcr le droit de donner d'abord satisfaction 
a la dernande des savants qui sollicileraient la 
communication de pieces ou de fragments de 
pieces, etauxquels on preterait la photographic 
au lieu de preter l'original : en second lieu, de 
preserver les documents de maniements trop 
repetes, de d6placements dangereux, en les 
remplacant par des epreuves; enfin, elle a 
voulu, en cas de destruction des originaux, 
avoir un moyenparfait et certain do reproduc- 
tion. 



CHRONIQUE. 



159 



La question de Introduction de la photo- 
graphic dans les musses nationaux et departe- 
mentaux n'a pas ete examinee par la Commis- 
sion : le reglement que j'ai l'lionneur de 
proposer a votre Excellence n'est done pas 
applicable a ces elablissements. 



Ill 



LABOHATOIRE CENTRAL DE PIIOTOGHAPHIE. 

Peut-etre, Monsieur le Ministre, trouverez- 
vous quelque peu rigoureuses les dispositions 
presentees a votre a]>probation ; mais, j'anrai 
l'honneur de le faire remarquer a Votre Excel- 
lence, ce n'est qu'apres avoir et6 eclaire par 
l'experience qu'il sera possible de vous propo- 
ser une reglemenlation definitive. Tout fait 
esp6rer que nous pourrons alors donner an 
monde savant, au commerce et a l'industric 
des facility de plus en plus grandes. 

En attendant ce moment, j'ai l'honneur de 
vous demander, Monsieur le Ministre, de vou- 
loir Lien approuver l'arrete ci-joint et l'instruc- 
tion ministerielle qui I'accompagne. 

Je suis avec respect, Monsieur le Ministre, etc. 

Le Dirccteur des sciences et des lcttres } 
Baron de Wattkville. 

Appro uve : 
Le Ministre de ['instruction publiquc, 
des cultes et des beaux-arts, 
Joseph I1RUNET. 

Paris, I ' juin 1877. 



ARIIKTK. 

Le Ministre de 1'iustruction publique, des 
cultes et des bcaux-arls y arrOte : 

Article i l ' r . — L'emploi de la photographic 
est autorise dans les etablissements scientifi- 
ques et litferaires dependant du ininisterc de 
Tinstruction publique. Tontefois il devra fit re 
precede au prealable a ranu'nagement de salles 
de pose dans ceux de ces etablissements ou le 
besoin en aura ete reconnu. 

Art. 2. — To u to person ne qui voudra obte- 
nir ['automation de reprodnirc ou de faire re- 
produire j>ar la photographic des objets con- 
serves dans un de ces etablissements devra en 
adresser par ecrit la demande an chef de Leta- 
blissement. Dans la Iettre de demande seront 
t'Tionces : 

1° Les objets dont on desire prendre ou faire 
prendre les cliches ; 

2° Le earactere et la destination du travail 
pour lequel ces cliches sont demandes; 

!t° Le nom et radres. c e des operated rs ; 



4° La dur^e pr6sum6e des operations ; 

5° I/engagement de se conformer aux rfe- 
glements de ces etablissements; 

6° La declaration que le demandeur assume 
absolument les responsabilites de toute nature 
que pourrait entralner la reproduction. 

Art. 3. — II est statue sur les demandes 
d'autorisation par le chef de retablissement, 
sauf recours au Ministre, en cas de refus. 
L'auiorisation, dans aucun cas, ne saurait 
cr£er de monopole. 

Art. 4. — Le chef de retablissement devra 
refuser I'autorisation de photographier toutes 
les fois que Top6ration pourrait compromettre 
la conservation des objets dont la garde lui est 
confiee ou blesser des convenances qu'il a le 
devoir d'apprecier. 

Art. 5. — II n 'aura pas a tenir compte des 
demandes de reproduction qui auraient pour 
objet des pieces qui sont dans le commerce. 

Art. G. — Les operateurs admis a photo- 
graphier dans les (Hablissements de l'Etat ne 
devront y introduire ni feu ni substances in- 
flammables ou explosibles. lis ne pourront 
employer que des surfaces sensibles pr6par6cs 
d'avance par un proc6dc sec. lis se borneront 
aux operations de pose ; toutes les manipula- 
tions se feront au dehors. 

Art. 7. — Les chefs des (Hablissements flxe- 
ront les jours et hen res d'ouverture des salles 
de pose, lis determineront dans quel ordre et 
pendant quel temps seront admis les opera- 
teurs pourvus d'unc autorisation. 

Art. 8. — Toutes les operations se feront 
sous les yeux d'un fonctionnaire ou agent de 
1'Administration qui veillera k ce que les ob- 
jets communiques ne subissent aucune dete- 
rioration. 

Art. 9. — Le chef de retablissement devra 
imposer toutes les mesures de preservation 
qui lui paraltraient de nature a eviter la dete- 
rioration des objets. II pourra notamment 
s'opposer a ce que ceux-ci soient touches par 
les op6rateurs et exiger qu'ils soient proteges 
par une glace pendant la duree de Topera- 
tion. 

Art. 10. — L'Administration superieure et 
les chefs des etablissemenls prescriront les 
mesures qui leur sembleraient utiles pour 
constater que les eprcuves obtenues ne sont 
que la reproduction d'objets appartenant aux 
collections de rfttat. 

Art. H. — Sera exclu des salles de pose tout 
op^rateur qui aurait enfreint les prescriptions 
des reglements ou qui aurait compromis la 
bonne conservation des objets des collections, 
sans prejudice de Taction en responsabilitequi 
pourra fitre exerc6e contre qui de droit. 

Art. !2. — Les personnes qui auront repro- 
duit par la photographic, dans un etablisse- 



160 



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CHRONIQUE* 



ment de 1'Etat, unou plusieurs objets deter- 
mines devront : 

\° D6poser au ministere de ['instruction pu- 
blique un bon clich6 de chacun de ces objets. 

Le clich6 sera sign6 par l'opcrateur. 

2° Faire parvenir a l'etablisscment auquel 
ces objets appartiennent deux exemplaires du 
tirage. L'envoi de ces deux exemplaires ne 
dispensera en aucune facon do se confornicr 
aux lois, decrets et reglements qui concer- 
nent le depot legal. 

Art. 13. — Les cliches deposes deviendront 
la proprieie de l'Etal, qui pourra en faire 
usage pour des travaux d'ordre administratif 
ou prive. 



Fait a Paris, le i° r juin 1877. 

Sign6 : Joseph Brunet 



FAITS DIVERS. 



Nous sommes hcureux d'annonccrque M. I)u- 
mont, directeur de la soei6te anonyme des pa- 
peteriesdu Marais ctde Sainle-Marie el membre 
de notre cercle, vient d'etre nommc chevalier 



de la Legion "d'honneur. 



■J f i^» ^ »r 



NECROLOGIE. 



n 



La librairic anglaise vient d'eprouvor line 
rande perte par la niort de M. William 
Longman, fils de M. Thomas Norton Longman, 
le chef de Tim portante inaison de cc nom, qui, 
fondee en 1724, l'eut pour directeur de l'annee 
1*707 a Fannie 1842. 11 appartenait a la cin- 
quiemegen6ration de cctte grande famille d'e- 
diteurs. 

Ne le 9 fevrier 1813, William Longman etait 
entr6 dans les affaires des 1'age de 15 ans; il 
gravissait bicntOt tous les degr^s de la carriers 
rommerciale, et etait admis comme associe cu 
1830, sept annees plus tard qui son frero ainc 
Tliomas Longman, actuellement le chef de la 
maison. La p6riode qu'il parcourut com me 
editeur peut compter parrni les plus brillanles 
de la litterature anglaise. C'est alors qu'entre 
autres publications vit le jour la grande His- 
toire (V Angleterre^ de Macaulay, qui, par un 
premier cheque en a-compte , fut payee 
500,000 fr. A la m6me epoque fut fonde le 
Publisher's Circular. Trouvant, en eftet, que la 



Bibliographic de Bent n'etait passuffisante pour 
faire connaJtre et apprecier les publications 
nouvelles de l'Angletcrre, William Longman 
formait un comite" compose de MM. Murray, 
Rivingslon, Tegg, Ridgway, Scelcy, Whitaker 
etc.; Sampson Low, qui, Ace moment, poss6- 
dait une maison de vente au detail, 6tait 
choisi comme r£dacteur en chef, et cette grande 
revue bibliographique eiait crcee. Elle compte 
aujourd'hui 40 annees d'exisience. 

W. Longman s'est occupe aussi de livres 
classiques. On cite parmiceux qu'il edita une 
petite arithmetique de Colcnso, pour laquelle 
les droits d'autcur se sont elcves a cent mille 
francs. 

Il est, en outre, Fautcurd'un excellent cata- 
logue, public sous un psoudonyme, qui indique 
les litres, le format et le prix des principaux ou- 
vrages dela litterature anglaise^ avecaccompa- 
gncment d'un Index general. Sa bibliolheque 
speciale des voyages 6tait fort appreciee; il y 
avait introduit un ouvrage sur la Suisse, qu'il 
avail ecrit en 18;>7. D 'autres oeuvresde sa plume 
se rencontrent encore dans plusieurs recueils, 
nolamment un Voyage til' He de Maddre, public 
dans le Frasers Magazine, et une Jlistoire du 
club alpirij dont il etait president, parue dans 
V Alpine Journal. 

En 18, r ><), ayant fixe sa residence a Char- 
loywood, dans le Hertfordshire, il employait 
ses loisirs a faire des lectures aux ouvriers sur 
l'histoirc ancienne de 1'Angleterre. II pour- 
suivit memo ces 6tudes historiques jusqti'a. 
l'annee 180:1, puis les fit imprimer el les dis- 
Iribua gratuilemonl a ses auditeurs. 

En IX(ii), parul. son bcl ouvrage sur le regno 
d'Kdnuard 111; lesueces en fut tel qu'il valuta. 
son auteur s;i nomination de membre de la 
Soeiele des Antiquaires de Loud res. Disons 
en fin qu'il donna une grande parlie de son 
temps et des soins cxceptionnels a la magni- 
fique Monographic de Vcglise de Saint-Paul, de 
Londres, dans le voisinage de laquelle se trouve 
sa librairic. 

William Longman se recommandait par la 
douceur de son caraclcre, son amabilit6 cons- 
tante et ses relations emprcintcs d'une am6- 
nite parfaite, tant avec les auteurs qu'avec ses 
confreres. Rarement, on pent le dire, il a et6 
domic a un edileur de jouir d'une estirne aussi 
profonde et d'une consideration aussi meritee. 
Paternoster Row parut tout entier j>rendre le 
deuil le jour de son enterrement et les maga- 
sins de librairic demeurerent formes. 



Le Seer 6t air e-G Grant, Blanchot. 



I'aria. — Typ. Fillet et Duinoulm, rue dea Gr.- Augustine, 5. 



■r." 



■ <• *• 



66* Ann6e. 2* S6rie. 



■*■■ ■' ' r { ^ V 



r'f,, 1 ' Y* rta .- Y 7 ' 



N° 40. 



- i , ' '■;■■ v '■ ■-'".'■ : 

i 

6 Ootobre 1877. 



CHRONIQUE 

DU JOURNAL GliNliKAL 

DE,;#IMPRIMERIE ET DE LA UMAIRIE 






j-L.i:._.-..i4 



Pkds, amOercle de.Ja iibtairie, de rimnrimcrie el dc la Papclcric, tur Bonaparte, 1. 



SOMMAHtK : J, Delalain. — Varigt&s. 



3. DELALAIN. 



Un dps chefs de la librairic parisienne, une 

des figures les plus originates, les ■ plus bien- 

veillantes et les plus sympatbiques, vieiit de 

disparaitre, cnlev6 a sa families a ses amis, par 

un de ces coups soudains qui d^conccrleut 

toutes les provisions et laissent apros eux 

l'efiarement. A nous qui, pendant tongLemps, 

uvons vecu cote h cote avec lui, qui nous 

sommes trouv£ parfois associe a ses travaux, 

qui lui etions attache- par les liens de l'af- 

feclion la plus vivc, il sera pcrmis de relra- 

cer les traits principaux de cette vie si labo- 

rieuse et si bien remplie. 

N6 le 31 Janvier 1810, Augusle-Htmri-Julcs 
Delalain etait fils de Jacques-Auguste Delalaiu, 
impritneur-librairejquiavaitlui-mCmesucced^ 
a son pere , Nicolas-Augusto Delalain , recu 
libraire en 1704. En 1836, M. Jules Delalain 
avait 6pousG M LI * Stephanie Lagande, qui l'a 
precede de bien peu dans la tombe, com me 
lui foudroyfie sous une de ccs commotions 
organiques devant lesquelles Ja science est 
impuissanle. C'est a I'occasion de son mariage 
qu'il avait etc associe par son pere a la maison 
d'imprimerie et de librairie. L 'association avait 
dur6 six ans, et en 1842 M f Jules Delalain res- 
tait seul proprietaire d'un e-tablissemenl deja 
des plus avantageusetnent connus. U est loin 
d'avoir piriclite entre ses mains, et il le 
transrnet aujourd'hui a ses fils, agrandi, flo- 
rissant, pare enfla de cette aur£olo d'hon- 
neur commercial qui, comme Tautro noblesse, 
oblige. 

i 

La maison a la tCle de laquelle M. Jules 
delalain se trouvait dAsormais seul plac6, par 

Chronique, 1.V77. 



I 



suite de la relraile de son pere, avait pour 
spScialile' la publication de livres relatifsATen- 
seigneinent. Kilo devait ce caractere a Tacqui- 
sition faile en 1808, par son chef, de l'impri- 
merie et de la librairie des Barbou, dont le 
nom brillait d'un vif eclat au xvm R siecle. 
La dynastic des Uarbou puldiait des editions 
de classiques latins J'ort remarquecs alors, tant 
pour la correction dti teste, ernpnnile aux 
sources les plus pures, que pour l'exc'cuLion 
typographique, rHiaussce de gravures dues 
aux artistes les plus en rennm. Via hiiccedunt 
i leurs affaires, la litirairio Delalain cuniinua 
leur speciality et s'adonna principalemetU a la 
publication de livres n'ponilant aux hesuins de 
1 enseignement tel qu'il tHait alors conslilu^. 

Cetait l'epoque de la ^rande L'niversitft im~ 
p^riale, sous laquelle ilorissail presqiie e.vclu- 
sivement I'insli uction secondairc. La Hcstau- 
ration n'avail pas modilie sen.siblernent eollu 
tendancfi, «it rtmsiM^Tiemenl primarre, delaiss6 
par les ponvoir^ publics, n<: visaiL ni ;\ s'Otendi'e, 
ni a ameliorer scs procod^s. La loi de 1833 vint 
lui im primer une iinpulsion notable. Pour 
seconder les ^en^reuses intentions du I^gisla- 
teur et fourniraux besoins dYscoles naissantes 
ctde metliodus nouvellcs, tout nn ensemble de 
livres etait i cr6er, et la librairio classique 
6l6mentaire, il 6 tail facile de le prevoir, allait 
acqu^irir un d6vclo[)[)emcnt insolilc. M. Jules 
Delalain fut un d**s premiers a prendre I 'ini- 
tiative : uved I'ardeur qui lui etait naturelle, il 
fit appel aux membres du corjjs enseignant 
et provoqua les plus auloris^s d'entre eux a 
refondro ou a rtdiger les livres indispensables 
aux maitres et aux eleves. Cette question de 
renseigncrnent Alemtsntaire Penflammait; il 
n'y voyaiL pus seulement le diWeluppement de 
ses affaires, il poursuivait un hut plus en rap- 



m 



CHRONIQUE. 



port avecses sentiments : faci liter aux enfants | distinction en s'occupant des lors avcc pr6di 



les premieres notions dc la lecture. Et non 
contend dans cot objet. de se melLre en rela- 
tion avec ties pmfesscurs de merits et c! expe- 
rience, il entrcprit lui-meme, an foyer do son 
jeunc menage, !e herceau de ses premiers-nils 
sous les yeux, d experimenter et de coordon- 
ner les m61bodes qui pouvaient ie plus aisrt- 
menl conduire a rcnsci&nemcnt du premier 
Age. C'est pour atleindrc en resuHat qu'il a 
bien des fois derob6 A la iibrairie des figures 
qu'il cunsacrail & /'Ami cfe Venfance *. 

La part que M. Dotal am prenait ainsi a la 
creation d'un cours complet d'unscignomcuL 
primairc no lui JaisaiL cependant pas perdro 
de vue Fenseignement secondare, pour lequel 
sa niaison avail tonu le premier rang 1 * A ec 
moment de transition et d 'expansion classiques, 
ii im porta it qu'on im Ja vit pas d^eboir, II s'y 
appliqua rlsolument. Mettant a profit des 
eonnaissanecs acquises dans les classes on dans 
la pratique, maintus fuis il re mania avcc avarn 
tage Je plan de livres < j u i lui elaient soumis 
el tni^a d'une main sure le cadre de publica- 
tions a adapter aux. uouvwius pro^ramin<;s. 
C est a ses suggestions, a se.- conseils, qu'nn 
doit le typo dc plusitfiirs otivra^es on usai^e 
dans iiis lycees, S'il nc resta jias sans rivamt 
dans les publications d'enseigriement seeon- 
daire, on lui doit cetLe justice qn*U In'sita 
rarement a entreprendre celles qui lui sem- 
btaient etrc d'nn inh\ret suftisanl, et qa'it a 
attache son nom <1 des ujuvrcs d'une veritable 
importance. 

Sans doute ii eiU pu dormer a sa librairie 
tine extension qti'i! a vu suns envia prendre a 
d'autres ; rien no lui manquait jionr eela. Cost 
volontairement ot par execs de scrnpuio qu 'il 
s'esi burne. (L aimait & embracer dun coup 
d'ctil Fensemble dc aes operations, lit puis il 
entendait n'oft'rir aux Aleves et aux inaUres 
que des ouvrages soigneusemenl rovus, cnao 
tement curries, et pour ce soin il ne s'tm 
rapportaU qu*a lui-mem«, piein de enll.e salu- 
taire peosee, quil ne faul metlrc anx mains 
des enfants rien qui puisne bJesst;r cos impres- 
sionnables organisations. 

II 

F.es services rend as a i'enseignement par Ics 
publications de la libniirie Oelalain avaieitt 
attir6 sur son chef 1'altentioa du minislre du 
rinstruction publitfue, qui voulul attaclier a Ui 
maison le litre d'lmprwteur do V University. 
M. Delalain s'eflbrpadujustkHer eetle Iiunorahlii 



1* C'esl soua ce lilro gfinriral que M, Dclutain a pu- 
hltiS un putit Cours t onmprciiaiil : tin Ahwtldaire it t s- 
iructif ft Vii4rvssatit , un Faliliet ifes aif'nnts, un 



teetion de la iegi^iation universilaire, 

frtippc des difficultfis qu'on cproavait^ au 
ministere et aillcni-s, a retro uvcr les documents 
j universitaires di.sse mints parlouL, il consul le 
projet de fonder nn recueii qui ras&umblfit et 
groupfLl Tnctbodiquenient les renseignements 
qui interessent tous cenx que leurs fonctions 
on leur f^oftl appoEIcnt a connaltre des cbostis 
de rtmsiiigncmcnt. La collaboration quil 
avail prAccdemment donnfie a la Gazette da 
X Instruction publique le disposal^ par une 
penic naturelie, a eette entreprise. C'est au 
inois de lV^rier i 8 4S que ]>arut le premier 
numero do Recuril den lots et acies de I Instruc- 
tion publiqud ; commencA a la veille d'une 
revolution 7 il en a traverse sans encomljn: 
plusieury anlres^ et jusqu'au l' r Janvier \R11 
M. Delalain en est resLe le direeteur g^rrant i . 

Dans uq ordre d'idt^cs identique^ il publia : 
La Ivl du il\ mars ISM) sur t'ensc'Qncment; 
expliqu&e H comments }utr m;s motifs y lus actes 
Iwjislatifs et la jurisprudence. Fruit depatien- 
te?H rccUercbfss et d'un remarq liable esprit 
de classification, ce eotmnontaire contient 
la solution des principles questions que peut 
Huuiyver r*!3n':cntion do la Sol. Le sueces qui 
accuuillit cette nnnio^rapbie, suv le Litre do 
laqnelU^ par niodestie autant que par pi6tfi 
filiate, le nom de sa more se trouve a^socie au 
sien 2 , <;1 l^s felicitations (pi'en refiirunl « les 
aaleurs » t encoura^rent M. Delalain a cunt- 
pletcr et a amt'diorer son travail; en IHa'f, 
1 1 en faisaiL paraitre, en un volume du 
2;i0 [>af*es, mie nouvelle Edition sous ct\ til re : 
La lot sw U vnsidtjnement du \\\ mars 1&!j0 ? 
vombinee nvt'C le dccrct-lui d<i i) mnra 18i>^ et tu 
hi du 14- juin 1Br)i, nccQmpfujMe dc notes 
cxplicativcs. De niihnc qui' ^a dcvu-ricierc, elU> 
<ibtint le.s sunVapjfiS des hommes compelents- 

Attenlif a re-lever Jes moditications qn<: la 
succession {les lois ou des arrelAs ministeriei^ 
apportait aux attributions des ibnetionnaires 
aduiirdstratifs ou aux. programmes-, M. Dela- 
lain 6dila dc 1 B4j"S> a 1870^ dany un ordre et 
avee une clartfi qui out fait de lui in common- 
tatcurjure des documtmts ufficiels sur 1' in- 
struction publique r i^ la LGyislution de Ven- 
Mifjncmcnt smmdaire special ( 1 fcu'9) ; 1'* la Le- 
tjis latum des £tnblissemetUs tib?'Ca dHnsiructiim 
pubUijuH (1870) ; ',\* tes Lou de I' instruct ion pri- 
rnaire combiitdcs enira ?Ak$ y avcc indication den 
ttecivts H ttn'&lte j-tndus puw Irur t-wvuliott 



\ * C «fet M, Paul Uelalain *pii, ^ eelH; (ULt; 3 ;t pri^ Ia 

li. Gnlto juiljlicaLiaru ainsi r|(io [)|iusi«urw £iutr^H T 
inrrv, do M. DrUkin f:t,<iL it r.ti Kim <lo Ch;iriL|>l"iJJs. 



CHRONIQUE. 



163 



(1870); 4° la Legislation des litres honorifiques 
de Vinstruction publique (1800). 

A ccs publications qui visent surtont Tin- 
struction primaire et secondaire, i] en joignit 
nne autre, VAnnuaire de V instruction publique, 
veritable vade mecum de tout officier de l'llni- 
versite. Commenc6 en i 850, cet etat dti per- 
sonnel enseignant a etc s'ameiiorant chaquc 
annee sous Tinspiration de son editeur. C'est 
avec amour en effet que M. Delalain Iedevelop- 
pait et le rendait chaque jonr plus indispen- 
sable et plus cher a ses lecteurs. 

II ne faut pas ouhlier, dans cettc revue suc- 
cinate des travaux de M. Delalain, la collection 
desprogrammesd'admissionaux Ecolesdu gou- 
vernement et aux principales administrations 
publiqnes; c'a etc \k un veritable service 
rendu a tout le monde, mais snrlont aux chefs 
destitutions, auxquels cette collection four- 
nissait le moyen de conseiller les peres de fa- 
mille snr la carrierc a donner a leurs enfants. 
Notons enfin la part qu'i! a prise a la publi- 
cation de plnsicurs ouvrages stir des matioros 
^instruction publique : OomptabiHM des lycees, 
Rccueil des circulairrs et instructions, Diction- 
naire d ] instruction primaire, etc. 

Cos creations, nous en sommes convaincu, 
lui snrvivront. Llles lui avaient acquis, sur 
toutes les questions de jurisprudence universi- 
taire, nne competence, une auforite qu'on se 
plai.saita invoquer et que son inepuisable obli- 
geance s*empressait de melt re an service de 
chaeim. C Vita it la recompense qu'i! appreciait 
le plus. Tnterpre'e du corps enseignant, le mi- 
nis! re de 1'instrnction publique lui decerna le 
litre d 'officier d*academie, et plus tard celui 
d*officier de Instruction publique. 



Ill 



Inattention qifil donriait anx sujets univer- 
sitaires n'absorbait pas, tant s'en faut, l'aetivite 
de M. Delalain. La propriety litteraire a fait 
aussi Tolijet de ses etudes, et lui doit plu- 
sieurs publications. 

A tonfe epoqtie, la consecration de la 
propriety litteraire et la ponrsuife de la con- 
trefafon ont preoccupfi n bon droit la lihrai- 
rie franeaise; on pent memo affirmer que le 
besoin de rnett.ro a convert des intends cmn- 
munsa conlrihne pour bcaucoup ;\ la fonda- 
tion du Cercle fie la librairie. En 1H;>8 
M. Delalain en elait le president. Lorsque s'ou- 
vrit le Congres de Druxelles, dit « de la pro- 
priety litteraire et artistiquo », il se trouvail 
tout naturellenaetit dosigne pour representor 
le^ opinions de ses confreres a ee rendez- 
vous international. Aim dVclairer le dehat, il 
avail, eu la patience de reehercher Tetat de la 
legislation sur la propriete des onivros de Tes- 



prit dans tous les Etats de TKurope oh Ton en 
rencontrait des traces, et des documents qu'il 
avait ainsi groupes il composait une interes- 
sante brochure sous ce titre : Legislation de la 
propzicte litteraire et artistique, suivie des Con- 
ventions intcrnaiionales , brochure dont le pu- 
blic a depuis enleve cinq editions successives. 
Puis, accompagne de son fils Paul, qui lui ser- 
vait de secretaire, il se rendit en Belgique. La,, 
il prit une part active aux travaux des com- 
missions ainsi qn'aux deliberations en stan- 
ces publiques. S'il ne s'y est declare partisan 
que d'une extension des droits des auteurs snr 
leurs oMivros et non de la pcrpotuile, en tou- 
tes occasions on Ta vn le champion le plus 
convaincu de la reconnaissance de ces droits, 
en favour des nations etrangeres, m6me sans 
reciprocity, telle onfm que la loi franeaise Fa 
Iiroclamee la premiere si chevalerosquement- 
Dans un compte rendu qu'il a public du Con- 
gres de Bruxelles, M. Romberg, directeur des 
affaires industrielles an ministerede rinterienr 
de Belgique, rendait a. M. Delalain le temoi- 
gnage suivant : « Nous nous faisons un devoir 
de const ater ici la part de collaboration de 
M. Jules Delalain, qui, apros avoir etc Tun 
des auxiliaires les pluszeles du Congres, a bien 
von In nous aider a reunir les textcs que nous 
publions » 

A pros la cloture du Congres, M. Delalain, qui 
en avait. ete Tune des In micros, n'a ccsse de so 
tenir an courant do lout ce qui s'est fait sur 
la propriety litteraire. En 1807, quand la loi du 
ti juillet cut modifie, en Taccroissant, la du- 
ree des droits des auteurs, coordonnant les do- 
cuments nonveaux avec les aneiens, il fit pa- 
rait re sous ee litre : Nouvelle legislation des 
droits rfr propriete litteraire et artistique, ac~ 
compugyule de notes explicativcs et suivie d'un 
resume' de la legislation des pays etrangers, la 
sixieme edition de sa publication premiere. 

En !S(i7 encore, il donnait une troisieme 
edition de son Rpcueil des conventions conclues 
pur la France pour la reconnaissance des droits 
dr propriety litteraire et artistique, ouvrage 
dans lequel il expose I'efaf du droit interna- 
tional franeais of. on il donne le tableau des 
conventions pass^es par les pays strangers. 
(Test un veritable code sur la matiere et, au 
palais memo, on y a souvenf recours. 



IV 



A pros avoir, X plnsicurs reprises, fait partie 
de la Chambre des imprimeurs, M. Delalain en 
avait ete, en t8W>, elu president. 1806-1867, 
c'est pour rimprimerie une epoque de luttes. 
Toutes les questions politique* qui I'enser- 
renf sont tour a to»ir agitees : brevets, respon- 
sabilite, concurrence <le TEtat. II faut de plu- 



164 



CHRONIQUE. 



sieurs cotes a la fois faire face a I'adversaire 
et choisir les armes. M. Delalain fut a la hau- 
teur des circonstances. Lui qui, par situa- 
tion personnelle, n'avait rien a esperer ou k 
craindre du lcgislaleur, il cmbrassa la cause 
de la corporation avee une ardeur, un devouc- 
menl qui ne se dementi rent pas. Soit qu'il fal- 
!ut porter la parole aupres des ministres, mi 
fouiller les archives pour leur emprunier 
quelquc document ignore, on le vit to uj ours 
pret. La lutte ne lui deplaisait pas. 

C'est a sa laborieuse initiative qu'on doit 
cette serie d'aclcs administrates qui, reunis 
sous le titre dc Documents officielset publics en 
1808, ont jete une eclatanle lumicre snr le re- 
gime de rimprimerie en France; c'est lui qui, 
piece a piece, a reconslilue 1*6 tat civil de notre 
profession, beureux de metlre ainsi aux mains 
de scs confreres des tilres irrecusables dc leur 
droit a une indemnitc alors que, soit dans les 
conseils du gouvernement, soit dans la presse, 
un couranl d'opinion lendait a supprimer les 
brevets d'imprimenr. 

M. Delalain, du reste, disons-le en passant, 
n'elail pas partisan des nouveaules. La libcrt6 
de rimprimerie luisemblait un present fnnesfe 
fait a la societe, en meme temps qu'clle 6tail 
une attcinte a des situations acquises. Dans la 
haute id6e qu'il sYslait faite de la profession 
d imprimeur, il n'admr.Uait pas qu'il fut loi- 
sihle a quiconqne de 1'cxercer, ni que la loi 
supprimat pour elle cos garanties qu'on 
trouve a 1'entree de carrieres moins semees 
d'ecueils. La liberie lui apparaissait encore 
comme un principe dcstrucleur du Tart typo- 
graphique. II s'en montra done, en toute cir- 
constancc x I'adversaire rcsolu. Contre la inc- 
suro })rojetee, contre riniquite qu'elle consa- 
crait, il combattit de la plume et de la parole | 
et souleva en un seul faisceau tous les interests 
alarmes. A son appel les principaux impri- 
ineurs de France se reunirent a Paris, et, le 
31 mars 1867, il presidait un Gongrcs dont les 
resolutions, quclque unanimes qu'elles aient 
etc, ne devaient pas influer heaucoup sur les 
intentions arret6es en baut lieu. 

En 1869, un second congres, reuni pour 
repondre a un questionnaire ministeriel, appc- 
lait dc nouveau M. Delalain a le presider. 

Ces tem[>s s'eloignent ; pourtant je vois 
encore notre si regrette (confrere, les traits il- 
lumines a la pensee de faire ceuvre utile, pren- 
dre place iiu iauleuil a cot6 des Mame, des Da- 
nel et des Silberman ! 

Lorsque la question de la rcsponsabilitje des 
imprimeurs tut soulevee devant les poqvoirs 
publics, les documents manquaicnl pour la 
discuter a fond ; ou pressentait une legislation 
draconienne, des penalites multipliees; nul 
n'en avait letexte sous les yeux, et |>ersonno 



parmi nous qui osat en sonder les profondeurs. 
M. Delalain cut ce courage, et il dressa le Ta- 
bleau des responsabiliUs et pe'nalith auxquelles 
les maitres imprimeurs soht soumis* L'o&uvre 
accomplie, comme le magicien du conte, il 
rcculait epouvante devant elle : c'est qu'en 
effet il y avait releve , independamment de 
peines accessoires, 76 cas d'amende et 40 cas 
d'emprisonnement. Tel 6lait, en effet, tel est 
encore le privil6ge des imprimeurs I 

Aussi, avec quelle energie, quelle g6riercuse 
emotion il d6fendit devant les m ini sires ou de- 
vant les commissions parlementaires les droits 
nalurels d'une corporation composee, apres 
tout, d'honneles gens. 

Dans le meme ordrc d'idees, il fit paraitrc, 
aussi en 1 BOR, un Tableau compart de la legis- 
lation de la presse litttraire et scientiflquc, et dc 
la presse politique et sociale. 

Lnfin, c'est lui qui, toujours sur la brcche, 
a redige cette importanle brochure : Question 
de Vimprimcric nationalc, a 1'occasion de la- 
quellc M. Herault, depute, a depose, au nom 
de la commission des petitions, un si remar- 
quable rapport. 



Les travaux que nous venons d'enum^rer 
suffiraient amplement, on en conviendra, Ala 
notoriety de M. Delalain ; ils ne sont cepen- 
dant qu'unc ]>artie de son oeuvre, et nous en 
omettons bon nombre a coup sOr. L'6tude le 
passionnait, il avait pour les recherches biblio- 
grapbiqucs un goilt prononce et une merveil- 
leuse aptitude. Conduit A Montpellier en vue 
d'une convalescence a consolidcr, et sous Ins- 
piration d'un pieux sentiment, il entreprend 
une notice historique sur les Penitents blancs 
ct les Penitents blcus dc Montpellier : le Jour- 
nal de la Librairie en a rendu compte en son 
temps. Archive^bibliothequespubliquesetpar- 
ticulieres, il fouille tout, et, impatient comme 
un jeune homme ou comme un auteur, il 
ne pent pas attendrc sa rentree a Paris et fait 
imprimer sur place sa composition. 

Anterieurement il avait fait paraltre sous cc 
tilre ; la Typographic francaise et Hrangere d 
I'Exposition universelle de 1835, une revue 
critique de Fetal de rimprimerie A cette date; 
c'est une fori interessante brochure, qui aujour- 
d'hui encore se lit avec plaisir et avec fruit. 

C'est lui qui r6digeait pour le Journal de la 
Librairie ou pour VAnnuaire du Cercle ces 
articles de jurisprudence ou de legislation qui 
ont et6 des guides surs pour chacun de nous. 

C'est lui qui, dans la Question des livres sco- 
laircsy reunissait, disposait chronologtquemenl 
et commentait les monuments de la jurispru- 
dence universilaire en matiere d'autorisation 
de livres classiques. 






CHR0N1QUE. 



165 



On lui doit cgalement la remarquable no- 
tice sur Ambroise Firmin-Didot, qua inseijSe 
noire journal. Lie d v amiti6 avcc cei illiistre 
confrere, M. Delalain n 'avait pu laisser a d aju- 
tres le soin de raconter sa vie et ses travaux. ; 

Enfin quelques jonrs avant sa mort, et se 
croyant sur du lendemain, il adrcssait a $cs 
amis le premier fascicule d'une Legislation de 
I'Imprimcriect de la Librairie. 

Dou6 d'un esprit des pins droits", ainsi que 
d'une reelle perspicacity il fut, en outre, bien 
des fois choisi commc arbitrepar ses confreres 
et pr6para la solution des plus importantes 
affaires. Ses avis eclaires, son amour de la Con- 
corde ont prevcnu souvent ou mis a neant des 
contestations pretes a s'cngager. Quelle que 
fut sa decision, on l'acccptait avec deference, 
personne n'etait tent6 de se plaindre, tant on 
avait confiancc dans son inebranlable impar- 
tialite. 

Quelque considerable qu'il paraisse, nn pa- 
reil labeur ne depassaitpas les forces de M. Dc- 
lalain; il suffisait a tout. Do 18;>7 a 1872, il 
avait memo accepte les fonctions d 'adjoint au 
maire du I> c arrondissement, fonctions qn'une 
cruelle maladie Pa seule conduit a rcsigner. 
Jamais, du reste, il n'a compte lorsqu'il s'est agi 
des int6rets de Timprimorie el de la librairie, 
jamais il ne lenr a marchande ni son temi)sni 
sa bourse. To u jours le premier A la peine, sa 
modestie ne rechercbait pas Thonneur. II n'a- 
vait pas brigue lapresidence du Ccrcle, il fut 
flatle d'y fit re appele et se voua avec tant de zele 
au dcveloppement de cette institution, que le 
Conseil d'administration, reconnaissant, luide- 
oerna a I'nnanimile un jelon d'or, frappe a son 
intention. 11 n 'avait pas noh plus ambitionne 
la pr^sidence de la Cbambre des imprimeurs ; 
elle lui fut offerte, et nous avons dit la la- 
con brillante dont il l'a exercee. lino circon- 
stance se presenta pourtant oil il sollicita les 
suffrages de ses confreres : une place eta it va- 
cante a la Cbambre de commerce; il se mit 
sur les rangs; sa grande situation, ses travaux, 
sa longue exp6rience, le designaient pour cette 
fonction, couronncment envi6 d'une carriere 
■xommerciale. Le resultat de Telection ne lui 
fut pas favorable. Sans en conserver d'amer- 
tume, il fut eependant attriste de cet echec, 
moins que ses amis toutefois, et se tint depuis 
lors un peu a l'ecart. 



VI 



Dirons-nous maintenant combien M. Dela- 
lain 6tait bon, combien il etait charitable, el 
comme sa bienfaisance etait discrete? Ce n'est 
jamais en vain qu'on a fait appel a son couir, 
et on pcut dire de lui qu'il avait ton jours la 
main ouverte. 



En 1870, lors du si6ge de Paris, il s'est im- 
pose de Iourdes charges' pour nourrirceux que 
le mainour du temps ne lui permettait plus 
d'occuper. 

Plein de solliciiude pour ses 1 ottvriers, pour 
ses emplo} r 6s, il s'ingen iait saris cesse a,' assurer 
la paix de leurs vieux jonrs. En cela encore 
eependant, il n'adoptait pas les idees d'une cer- 
taine ecolc. Quelque souci qu'il efit du bien- 
cLre de ses cooperateurs, il n'6tait pas partisan 
de la cooperation; e'est en pere, et non en as- 
soci<S, (pi'il lour constituait annuellement des 
avantages sous forme de livrets de caisse des 
retraites. Cost dans ce meme esprit qu'en 1867, 
au mepris de sesint6rets, mais pour maintenir 
intacte l'autorite patronale, il promulguait 
pour sa maison un tarif plus elev6 que celui 
qu'imposait a la memo epoquc la Societe typo- 
graphique aux divers ateliers de Paris. 

Sa preoccupation constante semblait etre de 
ne faire autour de soi que des heureux. Lui- 
meme l'a et6, autant qu'on pcut l'etre en ce 
inonde : uni pendant quarante ans a uno 
vaillante et affectueuse compagne, entour6 de 
la consideration generate, il a 61eve, il a etabli 
une nornbreuse et belle famille, aux joies et 
aux douleurs de laquelle nous avons tous eu 
l'occasion de prendre part. En 1867 il avait 
associc ses tils a sa maison d'imprimerie et de 
librairie. 11 terminait les travaux relatifs a. sa 
liquidation, se retirant peu a peu des affaires 
actives. Pour se remettre de quelque fatigue, 
il <Hait all6 passer quelques jours a Boissy-sous 
St- Yon, dans la propri6t6 de son frere, lorsque 
le 9 juillct la mort est venue brusquement le 
surprendre. 

Une bien dure epreuve l'avait d'ailleurs 
altcint : il y a quinze mois, M me Delalain mou- 
rait entre ses bras, cnlcv6c, en pleine sant6,en 
moins d'une benre, a sa famille eploree. Sin- 
gnliere rigueur du sort! e'est au moment 
memo oil, proparant sa retraite, il etait sur le 
point de prendre avec elle .possession d'un 
charmant hotel qu'il venait d'acquerira Passyl 
M. Delalain no se remit jamais de ce coup; 
quelque distraction qu'il parut chercher , 
voyages ou travaux litl^raires, une teinte de 
melancolie ne cessa des lors d'empreindre 
ses traits. S'il ne se retira pas compl6tement 
de ce cercle d'imprimeurs et de libraires au 
milieu duquel s'est 6coulee sa vie, on ne le 
voyait plus qn'a de rares intervalles, et seule- 
ment lorsqu'il estimait <iu'il y avait pour la 
corporation quelque chose d'utile a. faire, ou 
quelque chose de bienvcillant a dire a que!- 
qu'un. 

L'honneur de ivlraeer une vie si bien rem- 
plie et de rendre horn mage a cette pure me- 
moire a dii tenter plus d'un des amis de M. De- 
lalain. Quelque poo autoris6 que je fusse, je 






166 



CHRONIQUE. 



Pai sollicite. Un pieux devoir my poussait. 
Dans ses epancheraents intimes il m'en avail 
exprime le voeu. Certes il ne pensait pas fitre 
ravi si tot a Inflection de tous; mais il lui sem- 
blait doux, le moment supreme arrivant, d'etre 
assure qne ses titres an souvenir de ses con- 
freres seraient rappeles par une voix amie. Je 
my suis eflbrce. Et si maintenant Ton n'a pas 
senti tout FaUachement que j'avais pour cot 
homme de bien, c'est que ma plume a <He in- 
sufGsante a Texprimer. 

Ch. Noblkt. 



VARI^T^S. 

Nous avons reproduit derniercment, d'apres 
la Typologie-Tucker y un compto rendu de la 
solennite d'ouverture de Proposition caxlo- 
nienne. Les details complementaires qui sui- 
vent, emprunfes an meme journal, dnnneront 
k nos lecteurs une idee de Por^anisation de 
cetle exposition ct de Pinteret exceptionnel 
qu'ellc prescnte. 

Les exemplaires 6manant de la premiere 
presse etablic par Caxton en Angleterre sont 
au nombro de 11)2; ils comprcnncnt plus de 
80 ouvrages distincts sur 00 que, au dire de 
ceux qui ont fouille dans les archives, il a d 1 1 
imprimcr. A trois exceptions pres, tous ces 
ouvrages sont repr6sentcs soit en realitc, suit 
en fac-similc, et ont et6 classes ]>ar M. Blades 
en gronpes distincts. Le grand bibliophile, se 
basant sur Poeil du caractere emnlove, a forme 
huit gronpes. II est arrive a etablir ainsi, an- 
tantqu'il lui a ete possible, un ordre chrono- 
logique. Tous ces volumes sont exposes on dis- 
poses de facon a fonrnir une juste idee du pro- 
gres de I'art typographique en Angleterre et 
en Ecosse depuis la date de son introduction 
jusqiPa la. mort du eelebre importatcur. Sur 
les 102 exemp!aire< dont Caxton est indubita- 
blement Pimprimenr, 57 ont ete envoyos par 
le comte Spencer, 19 par le bibliothccaire de 
Puniversit6 de Cambridge, 18 par le due de 
Devonshire, 4 par la Heine; les autres, par hi 
Bodleian Library, Sion College, Parchevequc 
de Canterbury, le comte Beanchamp, le mar- 
quis d'Aileshury, Eton College, le comte de 
Leicester, etc. Les univorsites de Cu;ttingue ct 
de Cand ont envoye chacune un exemplaire. 

Les deux ti*rs environ des ouvrages imp ri- 
mes par Caxton — c'est-A-dire do ceux encore 
existants — ne portent aucune date. II n'otait 
done possible d'elablir tin ordre chmnologiqiic 
qu'en agissant comme a fait M. Blades, c'esl-;\- 
dire en etudiant la forme et les particularity's 
des caracteres avee lesquels ont Ate composes 
les ouvrages dates. Cbacun des groupes sus 



mentionnes appartient a one sp6cialitc evi- 
dente dans Poeil du caractere employe. Pour 
obtenir cet important resultat, le savant et pa- 
tient bibliophile a du, egalement, classer les 
difl'e* rents types; par exemple, le n° 1 — ainsi 
etiquete — est celui qui a servi pour les livres 
imprimes A. Bruges; type qui figure, pour la 
premiere fois, dans The Recuyell; le n° 2 est le 
premier crnploy6 a Westminter, tel qu'on le 
trouve dans la premiere edition (1477) des 
Dictcs and Sayinges, ce type a drt <Hre apporte 
de Bruges. II etait probablement dojA. us6 en 
1478, et une nou voile fonte (n° 2*) du meme 
ocil et pour laquelle les lettres moins abimees 
du n° 2, apres avoir et6 retouchees. servirent 
de modeles aux graveurs des nouveaux poin- 
cons, dura environ trois ans, antrement dit, 
depuis la publication de The Cordial en 1470 
jusqu'a celle du Tully inclnsivement. De 1470 
a. 1484 on s'est servi d'un caractere particulier 
ou special (n° 3), un caractere a missels peu 
adaptcau texte d'un ouvrage ordinaire et qui est 
affects A la composition de titres cou rants, etc. 
Pendant cct inlepvalle (en 1480), apparut la 
fonte n° 4, dans The Chronicles, laquelle dis- 
parut a son tour, quatre ans plus tard, apres 
la publication du Confessio, en 1{84. Les ma- 
trices en furent neanmoins utilisees pour la 
fonte snivanfe (n° 4*). Letype n° li fut employe- 
]>onr la premiere fois A. la composition do 
Pouvrage intitule Bookc of (ioode Manner ca 
(1487) et dura assez longtemps pour servir a 
1'impression du Doctrinal, en 1480. Fayts of 
Arms fut le premier livreimprim6 ceite meme 
ann6e (1480) avec le type n° <>, (jui n'est autre 
que le n° 2 retouch6 et *legerement modifi^. 
Ce dernier snrvecut a Caxton et servit apriSs 
sa mort a son successeur Wynken de Worde. 

Les collections occupent deux longues gale- 
ries au-dessns 1'une de 1'autre, ainsi que qne!- 
qnes salles adjaccntes momentanement em- 
jjruntees au grand Musee de South Kensing- 
ton. Nous allons indiquer la f;icon dont (dies 
sont classics ; mais, au prealable, nous devons 
fa ire la remarque que chaque classe — il sera 
facile de le constater — ne se Irouve pas exclu- 
sivement rassemblee dans un rayon special : 

Classk. A. — IVoduclions de William Caxton 
et ant res de son temps, montrant le deve- 
Joppement de Tart typographique en Angle- 
terre et en Ecosse. 

Classe B. — Le developpemcnt de Tart dans 
les autres pays. 

Classe C — Les progres de la typographic en 
Angleterre compares ;\ ceux des autres na- 
tions. 

Classe D. — Specimens remarquables par leur 
rarct6 ou par la beaute de Pirnpression et 
I'excellence de leur execution typograplu- 
que. 



CHRONIQUE. 



<«7 



Classe E. — Specimens d'impressions sur cli- 
ches, etc. 

Classe F. — Musique imprim^e. 

Classe G. — Vignettes ct gravures sur bois et 
autres illustrations. 

Classe H. — Portraits et autographies d'au- 
lenrs, de libraires, d'imprimeurs et de fon- 
deurs dislingu6s. 

Classk I. — Ouvrages traitant d'imprimerie. 

Classe K. — Curiosites et objets divers. 

Classe L. — Caracteres et autres objets for- 
niant le materiel d'une imprimerie. 

Classe M. — Stereotypic et electrotypie. 

(Classe N. — Taille-douce, lithographic et 
photographic. 

Classe 0. — Papeterie. 

Une fois arrive an guichet d'entree, nous 
nous Irouvons dans une espt>ce d'antichambre 
dont les murs sont couvcrts d'exemplaires des 
plus aneiens journaux — la London Gazette est, 
naturellement, du nombre — et d'imprim6s 
fails pendant la guerre civile du xvn e siecle, 
ainsi que de superhes epreuves de billets de 
banqne exposees par la maison Bradbury, 
Wilkinson et (X Quelques pas de plus 
nous conduisent aux galeries inferieures, d'ou 
le bruit des machines en mouvemcnt se fait 
entendre de loin et nous avert.it d'avanee de la 
nature de leur contenu. Fn appuyant sur la 
gauche, nous entrons <ians « la salle de coin po- 
sition*), amenagee de la facon la plus complete 
par MM. Miller et Richard. Rien n'y manque ; 
rangs, casses, rayons, marbres, chassis, presses 
A epreuves en galee; en nn mot, tout ce qui a 
rapport au travail du compositeur dans une 
maison anglaise ; et le tout fabriqne sur des 
modeles d'une superiority reconnuc. 

Nousvoicimaintenantau milieu des machines 
A composer; le nombre di'* passe cclut de nos 
previsions. Cello qui a le plus fixe notre atten- 
tion, au point de vne pratique, est la machine 
A composer A laquellc Tinvcnteur, M. Hooker, 
a donne le nom de « Clowes », celui de la 
grande maison de Londres qui Ta adoptee; 
cette machine est d'une simplicity remarquable. 
Nous y voyons nn adolescent ayant A la main 
gauche un petit modele decasseen cuivre avec 
tous ses cassetins et de la grandeur d'une 
petite page in-4°, ct tenant de la main droite 
un petit stylet dont il frappe chaque cassetin 
correspondant a la lettre dont il a besoin. Ce 
stylet, en touchant les cassetins respect ifs de la 
petite casse nuMallique, interrompt un courant 
electrique d'ou rrsulte I'echappement des lettres 
vouluesdes glissieres oil eMes sont assorties, et 
au moyen de rubans continuellement in us par 
une tringle de transmission en communication 
avec une force motrice quelconque, les lettres 
tombent anssi vile qu'il lui est possible de 
porter le stylet (run cassetin A l'autre, ce qui 



se fait deux fois plus rapidernent que la distri- 
bution ordinaire par le compositeur le pins 
habile. Puis viennent d'autres machines de 
mfime nature, mais de modeles difT£ rents, eel le 
de M. Muller et cede de M. Hattersley, entre 
autres; cette derniere a l'avantage de comple- 
ter le travail de la composition par la justifica- 
tion des lignes, et remet, au moyen d'une 
distribution mecanique, les lettres dans leurs 
glissieres respectives. Mais toutes ces choses 
nous semblent fitre speculatives — jusqu ici, 
du moins. Passons done outre. 

Nous remarquons ensuite, sans toutefoia 
nous y arreter trop longtemps, malgre la haute 
importance du sujet, une vitrine contenant 
tout un assortiment d'encres d imprimerie fa* 
briquees par MM. A. R. Fleming et C° et ar- 
ranges dans le meine ordre qu'A rExpositiod 
Internationale de Vienne, oii elles remporte- 
rent, cornme recompense, la grande medaille. 

Voici maintenant les presses A bras. La pre- 
miere qui arreUe nos regards est une relique 
archi-venerable. C'est une presse A deux coups; 
elle a ete deterree dans la ville de Bath par 
1'infatigahle M. Hlades, qui l'a expos6een com- 
pazine d'une casse et d'un caractere (fac-simi- 
le) dont se servait Caxton. (Test un veteran de 
la typographic qui la fait fonctionner et qui, 
nprfes avoir compos*'; avec le caractere susdit 
et avec l'orthographe du xv^ siecle le verset 
de la (ienese : And God saide. Let Lyghte be, 
and anone Lyghte was (Ft Dieu dit : Que la 
lumiere soit et aussilot la lumiere fut), encre 
sa petite forme au moyen des balles encore en 
usage du temps qu'il etait apprenti; il en dis- 
trihue les epreuves tirees A qui veut bien lui 
en demander. A cote de ce vieillard A cheveux 
blancs se trouve placee, pour servir de con- 
traste, uim machine A composer, celle de Hei- 
nernann, qu'une jeune tille fait mouvoir avec 
une dexterite remarquable. Cette salle con- 
tient d autres presses en bois plus ou moins an- 
ciennes; 1'une d'elles a servi de jouet ou de 
passe-temps A Tin fort une Charles I« r . Ce n'est 
pas sans quelque etonnement — mais nous 
mettons encore cette anomalie sur le compte 
du contraste qu'il a etc juge A propos d'etablir 
— que nous apercevons une machine A impri- 
mer les billets ou cachets de chemins de fer, 
aecompagnee de son compteur automatique; 
la premiere les imprime, les perfore, les nu- 
merote pendant <{ue la seconde les compte et 
les separe en paquets d'un nombre determine, 
et cela avec une celerity et une precision qu'on 
a peine A com prendre. 

Apres les presses en bois viennent, par or- 
dre de succession, les presses en fer inventees 
par le comte Stanhope. Celle que nous aper- 
cevons sur le premier plan est sans doute la 
premiere qu'il ait fait const rnire; comme con- 



rfs^V- 



'<■ .. -J- 



168r<> 



CHWWfl^: 



sequeoce, nous Jui devans le respect. La grande, 
presse.eolombiemi^,..4 quelques pas <}e l£, n'a 
pas le me" me. droit a notre veneration, car 
toute gigantesquequ'elle soit, elle est brillante 
de jeunesse, et M. Powell, par qui elle est ex- 
posee^ aurait .raison d'en fitre Ger. Entro cette 
derniere et la presse dito « Albion, » invented 
par Cope en 1824, se trouvent une table a encre 
et ud rouleau pareil a ceux actuellement en 
usage et dont l'invention, due a Edward Cow- 
per, remonte a l'ann6e 1818. MM. Hopkinson 
et Cope exposent une presse « Albion » d'un 
modele moderne a cot6 de celle mentionn6e 
plus haut et qui a 616 construite sur les pre- 
miers dessins de l'inventeur. D'autres presses, 
se rapprochant plus ou moins du m£me genre, 
ont ete envoy 6es par M. F. Ullmer et par 
MM. Blades, cette derniere sortant des ateliers 
de.M- Notting. 

Nous arrivons aux presses affect6cs a la 
taille-douce et a la lithogra]>hic. Parmi ces 
dernieres s'en trouve une qu'a premiere vue 
onpourrait prendre pour un immense gibet, 
mais qui n'est autre chose qu'un modele de la 
presse lithographique construite par Roland 
Blades d'apres le plan fourni par Senefelder 
lui-mfime lors de l'obtention de son brevet, et 
sur laquelle un ouvrier imprime, pour la de- 
lectation des nombreux spectateurs qui l'cn- 
tourent, leportraitdu susdit inventeur. Et dans 
la merne salle — toujours par esprit de con- 
traste — nous voyons une presse lithographi- 
que moderne pareille a celles employees par 
MM. Maclure et Macdonald, et sur laquelle se 
tire, en presence du public, le eelebre dessin, 
d'apres le tableau de Maelise, representant la 
visite d'Edouard IV aux ateliers de Caxton. 

La salle dans laquelle nous nous trouvons 
en ce moment contient une veritable olla po- 
drida d'ustensiles necessaires a la confection 
d'une feuille imprim6e. Nous assistons a ses 
diverses phases, depuis le moment oil elle est 
encore a l'<Hat de chiffon, jusqu'a celui ou elle 
sort des mains du brocheur. Ainsi, nous som- 
mes en presence d'un moulin k bras pour la 
fabrication du papier; il est expose par 
MM. Portal, auxquels est confie le soin de pre- 
parer le papier sur lequel s'inipriment les 
billets de la Banque d'Angleterre ; les ouvriers 
sont presents; ils d6montrent la lacon dont ils 
operent pour prod u ire, a la main, ce papier 
qu'on dit inimitable. Tout pros de la, nous trou- 
vons un superbe modele de la machine a fa- 
briquer le papier de M. Bryan Donkin. Puis 
nous nous arrCtons devant une machine a fon- 
dre les caracteres qui se trouve reI6guee dans 
un coin de la salle et qui a ete envoyee par 
MM. Reed et Fox, et non loin de la nous voyons 
une autre machine, cette fois automatiquc, de 
MM. Johnson et Atkinson, marchant a la va- 



peur ; cette machine produit des lettres toutes 
prates a melt're dans le cotripostecfr aUssi rfiP ! 
pidehment qu'on pourrait les compter. Et 
pourquoi cette machine a composer* ne fee v 
trouve-t-ello pas avec celles de sa' categorie? 
C'est que M. Mackie, qui en est l'inventeur, 
prefere se servir du caractere &u fur et a 
mesurc qu'il est 'fondu ' et le Jeter a la fonte 
apres qu'il a pass6 sous presse au lieu de le 
distribuer. 11 pretenil y trouver Une economie. 
Le mGme arbre de transmission met en mou- 
vement une machine a graver, ainsi qu'un 
coupoir-guillotine dont la pldtine-pressoir et 
le couteau ont naturellement la vapeur pour 
force motrice. 

Tout dans cette galerie a Fair d'fitre en pate; 
c'est un vrai salmigondis de machines, depres- 
ses, de casses, de caracteres, de cliches, de tout 
ce que nous connaissionsetde ce que nous ne con- 
naissions pas; mais cedesordre apparent secom- 
prend par le fait que les objets d'une nature 
identique sont parfois forc£ment dissemin6s 
pour r6pohdre aux besoins d'une demonstra- 
tion pratique, et Ton devine pourquoi la ma- 
chine a composer se trouve cote a cote de 
celle a fond re les caracteres. 

Nous avouons franchement qu'en l'absence 
du catalogue, qui s'est fait si longtemps atten- 
dre, nous nous fussions difficilement retrouv6 
dans ce pele-mGle d6dalicn, qui n'a de raison 
d'etre ^u'autant qu'il est bien entendu que 
celui qui s'y aventure est cense en connaitre 
la cause et en tenir le fil. 

Mais Tlieure s'avance et nous n'avons pas le 
temps de nous arrOter, autrement que pour y 
jeter un coup d'feil devant les presses d'in- 
vention moderne du genre de la « Minerve, » 
« Bremner, » la « Liberty », etc.; nous consa- 
crons toutefois quelques minutes a etudier le 
fonctionnement d'une autre machine dont la 
simplicit6 nous a particulierement frapp6 et 
qui a pour rosultat d'imprimer, a mesure que 
se fait la com position, les deux operations 6tant 
pour ainsi dire simultaneous. Nous voudrions 
bien nous depecher, mais il nous reste A voir 
dans cette salle d'assortiments le pressoir 
Boomer et Boschcrt dont la Typologie a donn6 
Ja description dans un precedent num6ro; 
c'est une machine a pression d'une puissance 
extraordinaire etqui, comme nous Favons deja 
dit, est destinee a rendre, sous plus d'un rap- 
port, de r6els services a la typographic. 

(La suite prochabiemmt.) 



Le Seer Maire-Gtir ant , Blanchct. 



Piri?. - Tyt>. Pillot et Uumoulin, rc« do» Gr.- Augnftins, 5. 



66 n Anru&e. 2- 36rie. 



N° 41. 



13 Octobre 1877, 



CHRONIQUE 




DU JOURNAL GENERAL 



IE ET DE LA L1BRAIR1E. 



de ritnprimwifl el iln la r^ietom, rue Koiia parte, 1. 



Sommairk : Documents vfficicls. 



VariiUs : Exposition univuuielle <Je 1HT8. 



DOCUMENTS OFFICIELS. 



M. le President du Cercle do la librairio 
vient de recevoirdu minislore de Pinslruction 
publique la lellre suivanfe, stir laquelle nous 
appelons Pallenlion lie nos confreres. 



« Paris, le 4 octobre 1 B77 + 



« Monsieur 1c President, 

« Monsieur le Minislre do rinslrudion pu- 
blique vient d'adresseraux Roctours one circu- 
laire qui me parait avoir poor vous et vns 
confreres un intenH parl.ioulinr. Kile no sanraif, 
on lous eas, rf^tre inienx phu;ee qnVnfre vos 
mains, car persomie plus quo vous no pent 
nous meltre on mesiire d'fix^ctit^r le pro jet de 
M. le Ministry. Portnelloz-rnni donn. Monsieur 
le President, de vmjs envover quetques cx<?m- 
plaires do cello circulairo ot de voiis prior de 
voulolr bion la cnmninniqtior a vos colli^^rnes, 
on lour demandant soil do nous fuire parvonir 
I os publications qu'ils seraient disposes u nnus 
oonfinr, suit do nous signaler celles quo nous 
ilovrions personnel lenient reclamer aux au- 
lours. 

« Agroez, Monsieur le President, i 'assurance 
do nut haute consideration, 

(i I'our lo hi redo ur des sciences ol dos 
lei I res absent, 

u L'' Suux- IHrrrh'ttr, 

m J\ Si iivui\. .) 



Nous avnns roproduit dans noire Chronique 
da 22 soptcinbro la circulaire, adressce par 
M. lo Ministre de 1'inst ruction publique aux 
reetours, et nous no doutons pas que MM. les 
eVblcurs do publications classiques n'en arent 
pris ennnaissance. M. lo President du Corcle 
emit devoir oependant inviter scs confreres ii 
s'on penetrer do nonveau et a so mettre en 
mosuro d'apporler lo plus large concours au 
projot pi inleressanl el si pratique a la fois de 
M. le ministre de Pinstniclion publique. 



YARI&T63. 



Exposition universelle de 1S78 k Paris* 

(In ancicn typog raphe, Lien connu de Pim- 
primerie parisienne, M, Alkan alne, avail form6 
lo urn jot do joindre a Tone des classes de notre 
ijrando exhibition, colic do 1'Kxposition lusto- 
I'iifuo^ unc Exposition complete de la typogra- 
phies dopnis son invcnlion jnsqu'a nos jours. 
Lo programme qn'il avail soumis a Tadminis- 
1 ration sora lu avoc intorol, et. il serail ban, 
ponsons-nnus, (Pun fiardcr souvenirj si plus 
tard vonait it s'or^ r aniHcr en Franco quelque 
Brando 3o!enml£ lypo^rapiiitpje comme celle 
dont I'Angloterre viont d'etre le theatre. 

Nous avons cru devoir fuiro preceder le tra- 
vail do M, Alkan de la lettre qui lui a £16 en- 
vovoe par !o connnissaire general de I'Exposi- 
lion, M. Kiant/, on response ;\ la demande qui 
iivail^t.1" 1 adrossoo li oe dernier d'en autori^er la 
piiblioaliiHi dans un journal lypot;rapbique. 

41 









: ^:,\i." ; ■ ■'- -..y^-- . ^ ■ "';*■-;■; 



170 



CrfRONIQUE. 



« Paris, le 4 4 aout 1877. 
« A Monsieur Alkan &ih6, a Patis. 

« Monsieur, 

« J'apprcnds avcc uric tres-rcelle satisfaction, 
par la lettrc que vous m'avoz ^crilc le 3 do ce 
moiSj qu'un journal special de typographic 
vous offro ae puolier le rnemoire que vous 
m'avez adrcsse. Je no vois, pour no qui nous 
concerne, aucun inconvenient a oot to publica- 
tion, qui ne saurait manque r d'ofirir un tres- 
serieux intoret. 

a Je vous prie soulemont de vouloir bion 
faire remarqucr quo nous n'avons pn adopter 
votre projet dans son ensemble pour 1'I^x posi- 
tion, afin de ne point Iaissor supposor qu'il a 
<Hc deroge an rfcglernent de l'Exposition hist o- 
rique, d'apres lequel, ainsi que je vous I'ai 
annonce par uric leltre du ;> fovrier, it a rfe 
d6cid£ quo cette Exposition s'arreteraitau seuil 
(lii xix* siecle et qu'aueun objet posf/uaeur a 
I'ah 1800 ne serait aduiis dans les galeries du 
Trocad6ro. 

« Agrecz, etc. 

« Le Scnateur, Commissaire general, 

Sign 6 : Krantz. » 

MliMOillE adtcss6 a M. Krantz, Scnateur, 
Commissaire g6n6ral (\<; V Exposition dr. 4 878. 

Paris, le VI Janvier 1 S77 . 

Monsieur le Senateur, 

UOfficiel du 17 eourant (Janvier dernier) 
renferme YArreU de Son Excellence le Ministre 
de r Agriculture et du Commerce rclatif a fou- 
verture, en 1878, d'unc Exposition historiuuc 
de UAH ancien dans tons las pays it de VEAhnn- 
yraphie des pcuplcs ctrangers d I 'Europe , ot je 
prends; a cette occasion, la liberie de vous 
adresser le present rnemoire, pour proposer 
de joindre <L la cinquieme section (Manuscuits, 
Livres, Incunahles, Dkssins, Mkliuhks) une 
EXPOSITION TYPOGRAPHICAL i qui en ior- 
merait lo curieux complement. 

Cette exhibition so cornposcrait, a eAle d'in- 
cuhables, a cOtode cos editions de renfanee de 
Pimprimerie, et les primant, des premiers 
essais do l'art typographique qui so trouvent 
a la Bibliotheque Nationals, a la Mazarine et 
dans quclques biblioth&qucs e.trangcres. On y 
joindrait les livressortis des presses d'tllrich Go- 
ring, Pintroductcur de rimprimerie a Paris, 
av&mt et pendant son association aver Marl in 
Crantz ou Krantz 2 et Michel Friburger, presses 
qui fonctionnerentala Sorbonne 3 . Pour noire 



part, nous fournirions, entre autres, deux ou- 
vrages imprimis par Goring 4 , et un Missel, de 
Tours, rmprimeaUouen parMartin^Morin, avec 
samarqueen rouge etnoir, et une tres-curieuse 
gravnre sur bois qui est un veritable chef- 
d'o'uvre pour l'epoque 6 . Co livre est d'uno 
excessive rarete, car la curieuse bibliotheque 
de Tours, si riche d'ailleurs, n'en possede 
memo pas d'exemplaire, pas plus que la Ki- 
bliotheque nationale ni celle de Rouen. 

La Mollande elle-meme, qui revendi([ne, de 
son coir, l'invenlion de rimprimerie en types 
mobile's, on l'altribuant a. Laurent Coster ou 
Rosier, enverrait les premiers essais d 'un 
homme qui a pu penser a rimprimerie en 
memo temps que Gutenberg, ear l'heure de 
celle. sublime invention avait sonm'>, rimpri- 
merie on caracleres mobiles devait voirle join*. 

La vilh* d 'An vers vient d'acquerir du des- 
cendanl de Christopbe Planlin (qui elait no- 
en Touraine) non-seulemenl rimmeuble du 
crlebre imprimeur do cette ville, mais encore 
lout son cabinet, avec les autographes (la 
correspondance) des homines eelebres de son 
temps, quclquos portraits curieux sous plus 
d'nn rapport, et louleson imprimerie. La Hel- 
giqne, d 'accord avOc leconseil rnunieipal d'An- 
vers, ne vondra pas roster en arriere des auires 
nations : elle nous envorra cartes la partie la 
plus eurieusc et la plus interessante de cette 
illustration typographique. 

A pros les pnunieres productions de rimpri- 
merie et les incunables, complement oblige, 
pourraient so placer les portraits points 7 , gra- 
ves, lithographies et photographies, et niAme 
les pastels et miniatures, les autographes d'im- 
primeurs celebres anciens ot modernes, pour 
lesquels nous f'ournirons aussi notre contin- 
gent s . 

Imis viendratent d'anciennes ^ravures sur 
bois, c*esl-a-dii'e les bois eux-memos,el b^s bois 
plus modernes de la collection de M. de Lies- 
ville, qui vient d'fttre nomme membre du jury 
d 'admission, et ce a la satisfaction de tons les 
amateurs 1 *. Nous exposerions, de notre c6to, un 
ancien bois grave representant saint Jean Porle- 
Laline, <l'apres el peut-etre par Sobastion Le- 
clorc. On sail que ce saint est le patron des 
imprimeurs et des libraires. 

La Itibliothcque nationale conliorait ses an- 
citmnes et |>remieres cartes A jouer; de jneme 
que M. Gamier, ancien imjji'iimuii' do Char- 
Ires, et M. do Liesvillc, (jue nous venons de e.i- 
ler. les nioules qui servirent a Pimpression 
modei'ne de ce jeu. On croit que les premieres 
carles a jouer imprimces ont pu oontribuer a 
riuvenlion <bH'iinj>rimerie ? en (ant que pro- 
cede. I a boll aire. 

Peut-etre M. Chaix s(i decide! ail-i I a exposor 
a nouveau rimprimerie en miniature de son 



CHRONIQUE. 



471 



pore 10 , on bien, ce qui serait peul-elrc ]>lus 
con vendible, on detacherait-il quelqnos pieces 
rnYpOrtanies, telles, par exemple, qu'un modele 
realu'it, fOrt hi on ex^cn'M, de la p rosso dite 
Stanhope, d'anfarit plus qu'elte lend a dispa- 
raitrc lout a fait des a'tel'i'ers typographiV|nCs 
on gorieraT. — M. llhaix n'onbliorail pas nun 

1 P A . ' 

plus uric reduction parfaite d'uno pressemeca- 
niquo. 

II cxistait autrefois a rimprimcrie llallard, 
dont nous parlous dans i;i nolo 7, nn petit 
modele d'uno anoionno p rosso on bois. II serait 
interessant (to pouvoir lo rotronver, oar cos 
pressos primitives, qui vinro.nl, tout do suifo 
apres Ie pressoirde Gutenberg ot sa presse en- 
coro informe, nVxislenl plus que dans quo.l- 
(fuos vieilles imprimeries do nos provinces, el. 
nn jour il no so ra plus possible d'en retrouver 
lo nioindro. vestige. 

Nous donnerinns le modele on for d'uno po- 
lite prosso ordinaire, redone dans do.s pro por- 
tions inathoniaiiipics, puis mi ancion moulea 
fondre los earacleres do Lobe, qui exisiail du 
temps do Moni'i IV. Oulro sou aneiennete, il 
est tres-eurieux eonimo oxomplo dos rmi'iirs 
de nos ancolros, on oe qii'on v lit los doux in- 
scriptions suivanlos : « i.k inou nv skioxkvu 

SOIT IlKNKlT. KAI0T PAH MoY C. 1 1 1 L\. A U M K LKHI-:' 

i/an dk <;tiAoi«: KiOi. » Ainsi, il Mail d'usage. 
do fa ire. uuo priere, d'invoquer l>ieu, avanl. di* 
commeneer son travail joiirnalier. La seonnde 
inscription nous apprond quo lo fondour Mail, 
on memo 1emps son propre mecanieien. 

Nous ponrrions eneore moltro ;\ relieexpn- 
silion los matrioos imaginees par llorhan, pour 
un nouveau modo do slereot ypage. Los hidot. 
s'associerenl avoo col honinio ingenious pour 
exploiter son precede 11 . 

On y vorrait figurer aussi les planolios ori fi- 
nales on roliof dos assignats, auxqnelles llor- 
han travail la cornrno dossinafeur, graveur ol. 
ondour. Nolens, on passant, quo la Itanquc do 
France, qui fait executor en eo moment do 
nouvelles planches aim d'entraver la eonlre- 
faeon, pourrait. s'tnspiror do oorlainos forrnos 
do loll res dos assi^nals, si eot etablissemenl. 
voulait loutefois s'en donnor la peine ot renon- 
eer a la routine. 

La Itanquc de Krarico elle-rneiiie, qui a oroo 
unmusee secret do la plus grande impnrlance, 
possede, eroyons-nous, quelques planolios ori- 
ginates des assignats. Dans lous los eas, il on 
existe aux Archives nationales, el, nous en pos- 
sesions uno. 

Les portraits dent nous avons parlo phis" 
haul ot los aulographes, auxquels on joindrail 
d'ancionnos gravuros roprosenlanl I'injprimo- 
rie, viendraienl prendre plaoo dansdes vitrines, 
sous des monlres etsur des pupitrcs tournanl 
en forme dV'ventails. 



On n'ouhlierait pas les anciens sp6cimens 
do fond or ie en caractfcrcs, et les modeles gra- 
ves, si rares, de belles ecrilnres italiennes et 
francaises, et nos ^raveurs pourraient en tirer 
d'utilos onseiiirnerncnts. 

Tine place serait r^servoe ;\ d'anciennes gra- 
vures sur hois d'Allicrt Diireretde plusienrs 
a utres. 

(Juanf ;\ noils, sur les bnit <a dix mille vo- 
lunu'S, piooes ot documents que nous poss/'dons 
sur rinipriinerie, la lihrairie, la fonderie en 
caraolores, la gravun% la papetcrie, la storoo- 
typie el. ions les arts ot metiers qui en depen- 
dent, nous on dotachorions volonliers tout co 
qui pourra inlerosser e.ol.te Kxfiosition. 

On v joindrail. quolqinis busies anciens et 
in ode rues. \a\ Cerclede la librairieposse-de celui 
do feu M. Pagnerro, son fondalcuir. La maison 
ilaehelfe donnerait celui i\u chef de sa colos- 
sale lihrairio. l/impi'iinerif^-Iibrairie de I)idot 7 
eolui do son ancion chef dont nous avons si- 
i^nalo to portrait point ; eufin, nous somrnes 
poss(*sseur du husto de IMorre-rrancois Didoi, 
par lloudon, oi nous Lenverrions a Texposition 
du 'froeadoro. — Ndiisni eonnaissons plusieui's 
aulrosdola. fatnilh^ ties Debure, alliee a cello 
dos Didot. 

Dolo^ue, en lttiO, par rimprirnorio et la 
fonderie parisiennes lors de rinauguration de 
la slaluo de (In ten berg A Strasbourg, nous 
avons fail don nor A noire ref.our, par Ie sculp- 
loiir Oavid, le nmdMe qui so voil. dans la cour 
d'lionneur do rimprimerie nafionah^, et rien 
no s'opposerait, ruuis ponsons, a co (pie ce mo- 
dolo prit place a l'lixposition de 1H78, d'aulant 
plus, helas! que la statue de Strasbourg ne 
nous apparfienl plus. 

Cello Kxposition typographique recevrail. 
aussi noire eolleolion tres-curieuse et unique 
do modaillons, iiiedailles, jolons el cliches I y- 
pographiques et bibliojioliques, en argent, en 
bronze et en elain. 

Pi-oju-iolairo d<»s marques des libraires et 
iniprimefirs qui ord, s( k rvi a 1'edil.iondu Manuel 
(lu libra ir (i donnrte par feu M. Silvestrc 12 , dont 
la gravure, indiquoe jjar nous, a. ete obtenue 
par un proeode do laiile-douce lypographi6e, 
nous serious heureux de pouvoir les montrer 
en masse an [mblic. 

On reunirait non-seuleirient les livrcs pour 
loins reliures at'listiqu<^s 7 conimc la Commis- 
sion nous La indiqu^, mais il landrail encore 
les olasser a part pour lours amies sur les plats 
of los dos. Hien ru^ s(?rail plus int^ressant (pie 
do former nn groupe ih\ livrosayant appartenn 
a do grands person na^es de loules les /q)oques 
et do tons los rallies. (a\ serait la d'ailleurs Ie 
plan d'un fulur inusee de reliures beraldiojues 
mi anuoriees 11 . 



%z^p^^y'^^;^:^ ;~? -'■ -^ 



472 



CHRONIQUE. 



Ce que je viens d'avoir I'honneur de propo- 
ser 4 la Commission de reposition univer- 
selle de 1 878, l'Angleferre va Fexe>,iiter, en 
partie, cette annte, pnnr le quatrieme cenfe- 
naire de rinirodnction de l'imprimerio dans 
ses foyers par William C;ixton, ainsi qu'on 
pourra en juger par le programme detaiHe (pic 
j 'attends do Londres, etquoje m'empresscrai, 
tout aussitiH son arrivee, d'ollVir a la (Commis- 
sion. On verra comhien notre plan est phis 
elendu. 

Si vous dai^nez , Monsieur le Senaleur, 
a^reer notre ])rojet, qui ne forme nullemenl 
double emploi, il n'y aurait pas uri momnil. a 
perdre pour provoqner les divers envois, tes 
classer et les reunir inethodiquement. 

Qnoi qn'il en soit efc advienne, j*ai I'liorineur 
d'etre. Monsieur le Senateur, avec un profond 
respect, 

Vufre Ires-humble et tres-obeissant 
serviteur. 

A I.KAN Ai.NK. 



NOTKS. 



1. Si mon projet est. favorablemont areueilli, n-.U*' 
Imposition t ypo<^raphique pourra devenir, apres sa 
cloture, un musce special, dont la place est marquee 
d'avance a rhnprimerie national*'.. 

L 2. Ce Martin Kraut/. (Hail peut-etre. uu aieul de M. le 
senateur; c'cst unc recherche a faire. 

'{. Kn 1 S73, on a place" le huste dM'li ie Cerium a la 
Bibliotheque Sainte-Cencvieve, an has des escatiers. 

4. On trouvera dauslabihliotliequc, unique. do M. Am- 
broise Firmin-Didot le Vwyilr imprime par (Icrin^, 
exeinplaire qui nous a appartcnu et (pic nous avons 
code an bibliophile passioning stir ses plus vivos ins- 
tances. 

5. (Vest par crretir que nous avons mis Mirhri, an 
lieu de Martin, dans le JMcinoire que nous avons cn- 
voye a M. In st'mateur. 

V). he* ^ravures sur hois qui (latent des premiers 
temps de I'invenliou dc 1'imprinierie sent d'autanl phis 
remarquables qu'clles ctaicnt tailloes, commc Ton sait, 
sur bois de. til. 

7. Nous possednns, dans notre. collection, le portrait 
peint d'une dame Ballard, execute, sans mil doute, par 
un artiste, de reputation. Cette dame tient a la main 
li'.HAt/fvmctif ffr i'Juijin'ftirrir. L'ori^ine de la f'amille 
Ballard, cnnirne iinpriuu'.ur, retnoutc a Henri II. — 
II existe. aussi un portrait print d'un aneien iniju ime.ur 
che/. le Ills on les benders d'un aneien lihraire de 
Reims, de inernc (pie (pielques tableaux represent ant 
Fiinprimcne, dans nos musees de province et dans 
eeux de IVitrantfer. Dans un de ces musees, on voil. 
un portrait en pied de. (', ulenber^, tenant en main nu 



eomposteur moderne. Cet nnachrontame de. l'art a 
maiiquA de devenir plus j^rave pour la statue de Cu- 
tenbertf qui est a Strasbourg, e.t naturellement au mo- 
dele de l'lmprimerie nationale. Au moment on Ton 
allait jeter en motile cette statue, nous remarquames 
que la for nut en types mobiles, placee pres de Finven- 
teur de riinprlmerie, ('ttait serree avec dcs coins en 
bois el entourage de garnitures en plomb, iirventfiespar 
MoM, deux proea'des modernes. David avait copie tout 
cela a rimprimerie normale de Jules Didot. Ce fu 
done par suite de nos observations techniques que la 
forme f'ut serree avec des vis, et la garniture, rempla- 
eec pardu bois. — M. Alfred Didot fournirait le por- 
trait do son grand-pere, qui est dans la galerie des 
frauds homines de Versailles. On sait qu'il vient de 
faint don a la municipality d'Afhencs du portrait de 
son pe.rc. Tons ceux qui connurent ce venerable pa- 
triarehe de la typographic, franeaisc out admin' ee 
portrait d'une resscmblanee frappante, au dernier 
Salon. 11 a ele peint par M. Bacalowiez. C'est une 
hen reuse idee, d'avoir oflerl ce portrait a la Crece, 
que feu M. Ambroise Didot a tant ainu'e. 

K. La demission, par exemple, sur pareheniin, de 
Sebastien Cramoisy, en favour de son petit-iils Mabre- 
Cramnisy, enmme directeurde rimprimerie royale en 
survivance . 

!). Kn dehors d'une riclut collection dc la'iencats, s 
nialt.rait.ee, helas ! pendant le sie^e, M. de Liesville 
pnssede une reunion interessante de vieux bois, (ju'il 
a publics en fdusieiirs laseicnles dans le format fcrand 
in- folio. 

10. Cet. exlrait d'imjirinierie a route autant (pi'une 
iinprimerie pour fayt dc bo/i, c'est -a-d ire. .'{0,000 a 
4 0,000 francs, car tout, y a ete calcule et reduit 
dans des proportions vraiinent mathematiques. 

1 ! . Herhau avait adopte coin me marque, la t finite 
tifpo(jraplrit{)ti\ e'est-a-dire les trois tAtes c.ons.aen'es 
de Cutenber^, Kust et Schodfer, que. Ton voit sur les 
litres des nomhrenses editions stereotypes (de Ilerhan 
et do Didot), tons ouvra^es superieurement imprirnes. 
Cette marque a depuis etc reproduite bien des fois. 

12. M. Davioud, Phabile architecte, estallie a la fa- 
il li lie Silvestnt. 

i.'t. Feu M. Mutteley, un elztniriophiln <-6lebre, que 
nous trouvaines inert un matin, et che/. lequel nous 
times apposer de suite les seniles, avait rualheureuse- 
nienl I/'.^ik' sa bibliitthecpie, aver, sa belle collection 
de livres armories, ;i la Bibliot.heqii« du Louvre, dent 
on connalt le triste sort. Ce pauvre Motteley, qui soi- 
^im it tant ses livres, avait deja forme le projet d'un 
pareil musec. 



Lc Secr<ituire-(icr<rnt y Blancuot. 



1 * : 1 1- i r- . — 'I'yp. I'll I ft (;t I I.j n: i;h I in , no- .If (..( . • -\ .O'n ' 



66* Ann6e. 2« S6rie. 



N a 42. 



20 Octobre 187T. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GIiNKRAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE- 



Paris, au Ccrcle (le la Librairie, do Iintprimerie el dt v la Papctcrie, rue Bonaparte, 1* 



i t 



/,v'.v y ;>> 

Sommairi-:: Cmfgr^^ntrrnnHonnl fres Hihliathwptcs. — Jlf. Kugcnc Plan. — VaritHds (suite). 
f ^V N&croiygie. — Few/?.? publiqucs. 

- , ? ; ; \ — kJ_ 



x iff ■ • '«- • / 

Congr6s internati(hs^«J^^^!U3y^tlieqTies. 



Le Congres International dos Bibliolhf i qnes, 
qui s'esl tenn A Londros dans les premiers 
jours d'octobre, vient do terminer soslravaux. 
TJnc eentaine de ]>ihIiotJu>qnf v s du Koyanme- 
1 1 n i , parmi lesquelles les bihliolheques de 
Londros, colics d'Oxford, do Cambridge, de 
Manchester, de Birmingham, do Liverpool, de 
Clasoow, d'lvlimbonrg, do Dublin el d'autres 
villes s'olaionl fail representor a. cello reunion. 
Des deloguos etaient venns d'Ameriqne, d'lla- 
3ie, do DanemarU, do Creee, etc. 

M. le Mimstre do l'lnstruction publiquc avail 
envoye nno (Commission franeaisc composed 
de M. lo baron de Walleville, direclour dos 
sciences ol lefiresau Ministere de l'lnstruction 
publiqno, <le ML L. Delislo, adminisfralonr do 
la Bibli dheque nationale, rnembro do 1'Insli- 
iut; de M. Cuillaume Depping, bibliothecaire 
a la Bibliothoque Sainle-Cenevievc, membro 
Jionorairo do 1* Association dos bibliolhocaires 
ame>ieains, ol de M. Octavo Sachol, de la lie- 
vue britanniquc. Cos delegues ont <Ue 1'objoi 
de Faeeueil le plus empresse do Ja part des 
Anglais. 

lis ont on Lhonneur d'etre reeus par lo lord- 
maire, oi d'assisler au grand banquet don no, 
jeudi dernier, dans l'Egyplian-Mall, a Mansion- 
House, oil, en ce qui concorne la Franco, des 
toasts ont 6te portfe par M. le baron de Wat- 
teville, et par M, Leopold Delisle. Lepremier a 
porte lasanto du lord-maire, et de la Corpora- 
tion de Londros, laquelle marche a la tele du 
commerce, de l'industrie et du progres dans 
la Grande-Bretagne ; Je second, aprcs avoir 
rappeJe les fructueux echanges qui ont eu Jieu 

Chroniqu£ t 1877. 



depuis longlemps entro les bibliof heqnes an- 
glaises el cellos du continent, s'est felicite des 
rapports de plus en plus droits qui existent 
outre les deux pays. 

La voille, la Commission franoaiso avail pn 
visitor dans lesmoindros details los collodions 
si rurieuses et la belle bibliot.lieque de Caild- 
hall, I'holel de ville do la cite do Londros. 

Cetle visito a etc suivie d'autres mm moins 
interessanles, iaitos aux principals hihliolbe- 
qtieselaux grands £tablissements scientifiques 
de Londros. Les delegnos y ont reeu partout 
I'accuoil le plus bienveillanl. 

l:m dehors de va\s excursions, le temps a 616 
rempli par les discussions du Congres, dont 
les soancfis avai(mt lieu deux fois par jour. 
D'utiles propositions, sur lesquelles n4>us au- 
rons lien de revenir, y ont ete einises tant par 
los bibliotbecairos du pays que par ccux de 
Telranger. M. lo baron de Wattoville a pris 
plusieurs fois la parole, el a signale entre au- 
Ires ce qui avail <H6 fait en I'ranco pour le de- 
velopjteaienl d<;s ]>ibIiotbeques jjojjulaires et 
des bihliolheques scolairos, cos dernieres au- 
jonrd'bui au noml)re de 17,000, et comptant 

1 ,, r ;00,0()0 volumes, avec une circulation de 

2 millions; une question import ante a et6 sou- 
Jevee par M. (iuillaume Depping, cello do J'ar- 
chitecljire dos bihliolheques, qui laisse encore 
beaucoup ;\ deslror : celte question a donn6 
lieu k une discussion approfondie a laquelle 
les Am6ricains et les Anglais ont apporlfe l& 
concours de leur exp6rience. 



Lu m^rae temj)S que le Congres internatio- 
nal des hibliolhecaires, a eu lieu, dans les M- 
liments de la London- Institution, une exposi- 
tion inlcressanto d'objets servant au materieL 



42 






174 



CHR0N1QUE. 



des. bibliotheques. Les Anglais ont reconnu 
Favantage que pr6senterait, pour les organ isa- 
teurs et administrateurs de bibliotheques, la 
permanence d'une exposition de ce genre ; 
aussi Fassociation qui s'est constitute a la suite 
du Congres a-t-elle decide en principe la crea- 
tion d'un mus6e bibliograpbique compose, non 
pas commo le nom de mus£e semblerait Fin- 
diquer, de raretes, de curiosites en fait de 
livres, mais simplement d'appareils et d'objets 
entrant dans le materiel des bibliotheques, 
par consequent un musee essentiellcment pra- 
tique. 

Deja les Am6ricains avaicnt pris les devants : 
FAssociation des bibliotbecaires americains a, 
en effet, ctabli depuis 187G un musce biblio- 
graphique qui est en voie dcdevcloppementct 
qui est appeie a rendre de grands services aux 
bibliotbeques des£tats-Unis. 

Les delegu£s francais cnvoyes par le minis- 
tere de Finstruction publiquc pour assister au 
Congres ct visiter les bibliotbeques de Londres 
ont examin6 avec beauconpd'interet et etudi6 
les objets faisant partie de l'exposition, la pre- 
miere de ce genre qui ait eu lieu en Europe. 

On nous rapporte qn'une des curiosites du 
Congres qui vient de tinir a ete la presence de 
bibliotbecaires du scxe feminin venues des 
fitats-Unis. 

II y avait parmi les assistants, et suivant 
assidtiment les discussions, la represcntante de 
la bibliotheque d'un college pour femmes, le 
Wellesley-College, ou Ton donne Teducation a 
400 jcunes lilies, ct oil les professeurs et le 
proviseur sont des femmes. II parait qu'aux 
£tats-Unis on emploie beaucoup de femmes 
aux travaux des bibliotbeques : a celle de [Bos- 
ton, sur un personnel de plus de cent pcrson- 
nes, les deux tiers appartiennent au sexe femi- 
nin. Quelques-unes de ces bibliothecaircs- 
femmes sont fort instruites : on en cite qui 
savent parfaitement le grec, Ic latin et les Ian- 
gues vivantes. On les utilise pour la prepara- 
tion des catalogues, dont ellcs se tirent fort ha- 
bilement ; ellcs relfcvent les titrcs des livrcs 
cspagnols, francais, aliemands, russes, etc. 

La formation de FAssociation des bibliotbe- 
ques anglaises, dont nousparlions plus bant, a 
termin6 le Congres, dont deux des dclegu£s 
francais, MM. 0. de Wattcville et L. Delisle 
avaicnt ete, nous avions omisde le dire, choisis 
corame vice- presidents, et deux autres , 
MM. Guillaume Depping et Octave Sacbot, eius 
membres du Conseil. L 'Association dont il 
s'agitaet6 form6e, a- t-il et6 dit, en vue d'amG- 
liorer la condition sociale des bibliothecaires 
et deles faire sortir de Fetat d'obscurit6 ou en 
general ils ont ete laiss£s jusqn'ici. 

{Journal ojficiel.) 



M. Eugfene PL.ON, 

Chevalier de la Legion d'honneur. 

Par decret en date du i \ octobre, rendu sur 
la proposition du ministre de Fagriculture et 
du commerce, M. Eugene Plon, imprimeur- 
Iibraire, ancicn vice-president du Cercle de la 
Librairie, a ete nomme chevalier de la Legion 
d'honneur. II pourra paraitre opportun d'ex- 
poscr sommairement les titres nombreux qui 
le designaient depuis longtemps pour cetle re- 
compense et de rappeler avec quelle distinc- 
tion il a su, pendant pres de vingt-cinq ans, 
allier la pratique de son art a la profession de 
librairc et au culte deslettrcs. 

A dix-sept ans, Eugene Plon debutait dans 
rimprimerie de son pfcre; initie par ce grand 
maitrc a la composition typographique, a la 
conduite des presses mecaniques, il sut conci- 
lier 1'etude du droit avec ces travaux techni- 
ques. Licencie en droit a vingt ans, il partit 
alors, a Fexemple de plusieurs d'entre nous, 
demandant a l'etranger un complement de- 
struction profcssionnellc et resta une annee 
chez MM. Bradbury et Evans, a Londres. A son 
rctour, vers 1857., son perc Iui confia la direc- 
tion des travaux de sa maison, dont il resta 
cependant jusqu'a son dernier jour le chef et 
Finspirateur. 

En 1802, nous voyons Eugene Plon prendre 
avec M. Firmin Didot une part active aux tra- 
vaux d'une Commission officielle chargee de 
preparer un projet de Ioi pour reglementer la 
propriete iitteraire et artistique ct coordonner 
dans un code unique la legislation spcciale; ii 
fut secretaire adjoint de cctte Commission dont 
les proccs-verbaux ont ete publics en 18G3, et 
nous y trouvons le temoignage de Futile con- 
cours qu'il Iui a prete. 

Le souvenir des origines de la famille Iui 
donna quelques ann6es plus tard le desir de 
visiter Ic Danemark; F amour inne des beaux- 
arts Iui inspira la pensee de rechcrcher les 
traces du grand artiste Thorwaldsen ; il con- 
sulta la memoire de ceux qui avaient connu 
1'illustrc sculpteur, leur demandant ces details 
in times et familiers qui complement le tableau 
de sa vie et de son ceuvre. Le succes qu'obtint 
le livre d'Eugene Plon, dans le monde des arts, 
a ete consacre par deux editions en France * et 
par cinq editions en langues etrangercs 2 ; il a 
eu une portee inattendue de 1'auteur en res- 
serrant plus etroitement les liens de sympatbie 
qui unissentle Danemark et la France. 

1. 1RG7 ct 1874. 

2. Boston, Roberts brothers, 1873; 2d american edi- 
tion, Boston, 1874; London, R. Bentleyj Firenzo, G. 
Barbera, 1874 j Wien, 1874, Ceroid. 



CHRONIQUE. 



175 



En 1871, Eugene Plon prend, a cOte de son 
pere, une part considerable dans la publica- 
tion de cette histoire politique et militaire de 
Ja guerre par les ambassadeurs, lcs ministres, 
les generaux et les amiraux qui ont eu la di- 
rection de la guerre (1 4 vol. dont un alias). 

Depuis 1872, date nefaste ou Henri Plon fut 
enleve" a Inflection de ses confreres etde sa fa- 
mille, Eugene Plon a dirige, avec le concours 
de son beau-frere, Robert Nourrit, etdeM.Per- 
rin, ses associes, cette maison a laquelle son 
pere avait conquis un rang si eleve. Les efforts 
d ? Eugene Plon se dirigerent tout d'abord sur 
lc developpement de cette Bibliotheque des 
voyages, si heureusement commencee sous 
Pinspiralion de son pere, par le livredu comte 
de Beauvoir, oil sont Yenus prendre place les 
r6cits du marquis de Compiegne, de MM. II. 
Havard, J. Gamier, Jurien de la Graviero, 
Lentheric, Lenoir, vicomte de Vogu6, Vandal, 
Yriarte, etc., etc. D 'autre part, il continue la 
grande serie des publications bistoriques et lit- 
teraires avec Marie Stuart, le Chevalier de 
Boufflers ct madamc do Sabran, Stanislas- An- 
gus te Voniatowski ct madame Geoffrin, la Vic 
d'un Vati^icien de Venisc, etc. 

Parmi ses publications illustrecs, grands el 
petits ont appr£cie ces livres ou Bertall et Stop 
tiennent a la fois le crayon et la plume. Dans 
un genre plus insfructif, citons Amsterdam et 
Venisc de Henry Havard. 

Comnic publications ayant un caractere na- 
tional, je rappellerai le Mus6c des Archives 
nationalcs et Vlnvcntaire des richesses <Vart de 
la France. 

11 me faut renoncer & 6nume>er bien d'au- 
tres publications de cette librairie, egalement 
soignees, ou l'execution materielle est excel- 
lentc. Je donnerai seulement le titre d'un se- 
cond ouvrage d'Eugene Plon : Lc Sculp teur da- 
nois Bisse?i, et jem'arrele pour rendre un juste 
bomrnage h son modeste et distingue" collabo- 
rateur, Robert Nourrit, qui a cree* cette nou- 
velle collection d'eeuvres cstimables du do- 
maine de la literature, parmi Iesquelles il 
sufOt de citer les Romans d'Henry Greville. 
Robert Nourrit a devine le talent de cet 6cri- 
vain; le public luia donn6 raison. 

La r6compense accorded par le ministre de 
Fagriculture et du commerce a l'ancien vice- 
president du Gercle de la librairie est justifiee 
par le soin pieux avec lequel il a continue les 
bonnes traditions typographiques de la maison 
paternelle, par ses importantes publications. 
Elle sera parfaitement accueillie par ses col- 
legues de l'imprimerie et de la librairie; elle 
honore nos professions dans la personne d'un 
de ses reprSsentanls les plus distingu£s et les 

plus sympathiqoes. 

E. I$«. 



VARI£t£S. 

(Suite.) 

Nous avons eu tort de parler de la vapeur 
comme force motrice des machines contenues 
dans cette salle, car nous nous apercevons 
maintenant que e'est par le gaz que tout y est 
mis en mouvement, et nous felicitons since- 
rement M. Otto, de Dcntz, Tinventeur, et 
MM. Crossley freres, les constructeurs du joli 
appareil horizontal de la force, dit-on, de plus 
de trois chevaux, qu'ils ont r6ussi a produire. 

Nous ne pouvons cependant passer sous si- 
lence la jolie petite presse <t Modele » de 
Squintani, que nous trouvons dans le voisi- 
nage de !a petite machine « Quadrant », de 
M. Powel, et sur laquelle M. Shore, de Wool- 
wich, fait des impressions en deux coulcurs 
sans le secours de pointures. M. Powell expose 
rgalement un perforateur m^canique et une 
machine a. calculer. Puis voici une machine 
lithographique construite par MM. Newsum, 
Wood ct Dyson, de Leeds; une machine typo- 
graj>hi(]ue, par MM. Harrild, la « Bremner, » 
dont la repulalion est deja faite ; la machine 
Wharfedale, de Payne, expose© par MM. Hop- 
kinson et Cope, la scule machine a petits cy- 
lindres encore construite qui permettcdese pas- 
ser de receveur de feuilles. Mais il nous est 
impossible de les enu merer toutes, et, reelle- 
ment, a quoi bon, a moins d'en fa ire une des- 
cription s6rieuse et d'en fa ire ressortir lesqua- 
lites? 

Done, nous nous arrotons, et, levant les 
yeux, nous voyons que lcs mors sont converts 
de dessins de presses et de machines de tout 
genre, parmi Iesquelles cclle de M. Walter, 
du Times , ct bon n ombre de specimens d'i op- 
pressions typographiques et autres. 

Traversant la salle contenant Iachaudi6re et 
la machine portative qui met en mouvement 
la plus grande partiede l'outillagc mecanique, 
nous entrons dans une piece sp^cialement 
construite pour pcrmettre a MM. Dcllagana de 
faire une ample exposition de Icurs differents 
j>rocedes de stereotypic et d electrotypie. Tout 
ce qui a rapport a cet art s'y trouve rassembie, 
— e'est, sans contredit, le plus complet ate- 
lier de stereotypic qui sc puisse concevoir. Les 
viirines in urates contiennent des echantillons 
de cliches, formes planes et cintrees, de pe- 
tile ou de grande dimension. II fait chaud ici 
et nous respirons plus a l'aise a rnesure que 
nous approchons de la j>orte; nous ne sorti- 
rons pas, cependant, sans nous arreter un 
instant devant un appareil de stereotypic in- 
vente par M. Nicholson, appareil qui permet 
a chaque imprimeur de faire ses propres cli- 
ches. Un peu plus loin, nous remarquons des 



^•v.rv ■; v <\ ■ * 



176 



CHRONIQUE. 



antiquit6s typographiqucs sous la forme do 
cliches fondus par William Ged, ct par d\a li- 
tres, ant6rieurs a lui, provcnant des Pays-Bas 
bien avant que le clichagc moderne soil vonu 
en aide a rimprimerie. Les blocs et les epreu- 
vesqu'on en a tirecs sont de nature a inte- 
resser sericusemcnt ceux qui s'occupent de 
stereotypic. 

Hevenu au point de depart, ct apres avoir 
jete un coupd'mil rapide sur les outils dontse 
servaient jadis les fondeurs en caracleres — 
une inMrcssante contribution de M. Floisch- 
mann, d'Haarlem — nous montons les mar- 
ches de 1'escalier conduisant a la galorie su- 
p6rieure, et le long duquel nous voyons sus- 
pendus, a droite et a. gauche, les portraits des 
imprirneurs les plus renommes dWnjjjIoferre 
et d'autres pays. Sur le premier carre sont 
exposes des eel 1 an til Jons du nouveau precede 
connu sous le nom de « lifholype », dont l'u- 
sage est appcJe, avant peu, a se general iser. 
Deux ou trois pas de. plus nous mellent en 
face des Bibles et des Prayer-hooks (livrcs de 
prieros) de l'imprimeric de rUuiversito d'Ox- 
ibrd, ainsi que c el les de MM. Fyie et Spot- 
iiswoode et de MM. Hamster. Kl, quelle col- 
lection remarquable de livrcs orienfaux n'a- 
vons-nous pas maintenant sous les yeux — 
remarquable surlout au point devue typogra- 
phique — collection qui reprosente 1'apport 
dans l'cxposition de M. S. Austin, de, Hertford. 
Dans la direction opposee, nos regards s'arre- 
tent sur des specimens de fonderie, veritahles 
chefs-d'ouivre venant d'Oxford, ainsi que d'au- 
tres de la maison Derriey, de Paris. Sur le 
carre sup^rieur nous voyons, a notre gauche, 
une rangee de livres imprimes par MM. Gilbert, 
et lUvington en une multitude de langucs ; 
une collection babrlique, en un mot. et, a col£, 
d'autres specimens de earacleres de la fonderie 
de MM. Heed et Fox. Ft voila (pie maintenant 
nous nous trouvons en pays de connaissance, 
car nous ne nous y trompons pas : e'est bien la 
le portrait de William Caxfon et de tous ceux 
de sa famille qui lui ont succedr dans sa fon- 
derie; ils semblent etre la pour veiller sur le 
tresor de poincons, de matrices et an Ires objets 
faisant partiede l'outillage des premiers initios 
a cot art sans Iequel nous ne serions, en Ku- 
rope 7 guere plus avarices en fait d imprimeric 
que ne le sont les Chinois et aulres pcuples de 
Pextreme Orient. 

(La suite ywochainmicnt.) 



N^CROLOGIE. 

La scmaine qui prend fin anjourd'Iiui a etc 
des plustristcs pournos industries. 

La mort a frappe pr6matnremcnt les chefs 



de deux maisons importantes dc Hbrairie ct 
d 'imprimeric parisiennes. 

M. Abel Prion, T6diteur bien connu, a sne- 
comb6' le premier, a FAge de cinquante-trois 
ans; ses fun^railles ont 6le c61fibrees mardi, a 
Teglise Notre-Damc-des-Champs, 

Quelques heuresplus tard, atteinl en pleine 
jeunesse, expirait M. Louis Lahure, le direc- 
tenr de Pirnprinicrie generale. II comptait a 
]ieine trente-et-un ans! Ses obseques ont en 
lieu a Saint-Germain-des-Pres. 

L T nc fonle considerable de con fre res ct d'a- 
mis, doulonrcusernent impressionnes, a ac- 
compagne jusqu'a. leur derniere demeure ces 
deux membres regrett^s de notre Cercle. 



■ '» " I rm «- 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

Lundi 2i> octobrc 1877 ct jour suivtmL — IJ- 
vres anciens el, nioderncs, prinoipalement sur 
le theatre et sur le xvni" sieele. — Libraire : 
A. Labitte. 

Mcrcrcdi 7 novemhrr, 1877 ct jours suivants* 
— Livrcs de la biblioUieque do M. F. G. — Li- 
braire : A. Gretaine. 

Lundi 2f> nove.mbrc 1877 ct jours suivnnts. — 
Livres anciens et modernes, ayant compose la 
hibliotheque de M. Gh. *** (de S...). — Li- 
braire : A. Labitte. 

Francfort sur -Mein. 

Lundi 29 octobrc \ 877 ct jours suivnnts. — 
Verzeichniss der von Herrn M. S. Sugcnheim, 
verfasser der Geschichte der Jesuiten, etc. — 
Libraire-expert : Joseph Baer und Co. 

Lou vain. 

Hue de Naraur, iG. 

Lundi 22, mardi 23, mcrcredi 24 ct jcudi 
2;> octobrc 1877. — Livres de droit, d'enre^is- 
trement, d'histoire, etc., provenant d'un an- 
cien fonctionnaire de 1 administration, et col- 
lection remarquable de livres de m6decine et 
d'instru merits de chirurgie, provenant de feu 
M. Noel, professeur a la faculte de medecine de 
Louvain. — Libraire : Ernile Fonteyn. 



Le SecrMaire-G^rant y Blanchot, 



Tarts. — typ. Pillet et Dumoalin, roe doa Gr.-AugQBtiDB, 5, 



66* AimGe. 2* S6rie. 



N« 43. 



27 Octobre 18OT« 



CHRONIQUE 



1)U JOURNAL OKNKHAL 



DK L'IMPIUMKIVIE KT DK L\ UBIUIIUE 



Paris, ;m Ordi: dr l;i LihrainV, ilr l'lni|iriflieri(! fl iii i U V aptotic, hip Itonaparlo, 1, 



SOMM,\] 




'aits divers, — J^m'/d* (mute &t fin), ■**■ Fenfej pztftliqucs. 



JURI 



Tribunal correctionnel de Castres. 

Attdtt'Mfi du -i.'l <>t'i<>l>vt> 1877* 
ma^H'*i-:sti-: m:x i':li-:c["kiths. — pkhkiiii-: i':u:m l o- 

II AM-:. IMNUUKIJfl. ULTKS [H-: UKl'tH'- 

CON DAMN ATlctN. 

hayvhlie.atHm snn$ rh'?fat prv.nfnhte d'wi mtmi- 
nifenio. adrt'ssi* nuir. clrrttmrs cun$titw\ rnthitr. 
ppjultnit hi piriodr {'drrtarulr, Vinfravtiiin 
prtlvitr, ft imnii'.ytiv lt x x articifs 14 H \i\ dv in 
hi du 21 uvlidirt: 1H|4. 

Lou franchises cdieir.es p<tr r<ivtleh' M da la luidu 
:t0 nuvainhvv, 187!> nunt jhis vn puur nbjr.t 
d'ritumvror V imprint rur dt i s MUjutUms d hti 
imposeus par la luidv IBii, 

M. Fraysso, imprinnuir a faisfnts, avail nj- 
fusfi do fairo i\ l;i soiis-pr/dnritims lo di'qiAl (Tun 
manifesto sij^n 6 par divers rlocttmrs puur smi- 
i«nir la ft.indidalnre d<; M. Ohai'los Simon, so 
biisant sur Particle 3 dc lajoi du 30 novembro 
JR7!>, qui, d'apres Favis du oomiM des juris- 
CQuftnHnfi, In dispensail dn d^pHL adminisiratif 
pendant la periods Electoral e. 

M. Frayssn jl Ato poursnivi pnnr infraction 
anx articles \h nL 10 do [a loi du iM udobrc 
1814, 

I.o Tribunal a r^nd ti I© ju^innonl siuvanl : 

ft AUcudu qu'il riSsultu du pit'ciVvirhaL, tit dail- 
liiiirti ili; la dilcUraLion du pnWwm lui-m^iii^, quo (inlui- 
ri ? impriincur k Ca^trt^ a jmbliu <:t livn'% avauL ilW 
avoir otlWituA lu di^pot a. la pn'fccturii ihi Tn.ru on :i U 
ttfiunqirijfuotiin; de CauLi^s, un &ait par lni inipriinr, 
fhisLiri^, h rMru plararrl^ cmnimnivaiit par ccs nidU : 

Chronitjur) 1877. 



Kiwi fans du 14 wfaJjr/? 1S77, /1 MM. lea tifacteum de 

In pyt'jjtifhu* riy^ons'f'n'jd^in dfi ('n^tr* 1 *, fti^TiE F ! |nr 
jihintiiiirH rlontfMirs nt jtjijtrouv* 1 - pjir nu ^.indidiitj 

tt Mt'iiuhi (jut) (X 1 r.'iit ^mistitiift l*iufrarlinn pnWnn 
^1 innii« pur l»s ai'ticl^w H <'t 10 tie la hd du iJi qk- 

(t Atlf-udii quo. o.VkI \VLLHFim»riL quo, pour fair« dis- 
ji.'irniti'i', h\ d^lit, Ifi [n-^v^nu nivn([i]o lfrf ilirtpniiiLidniJ 
i\v L':irLii:ln '.I du la lni tin 30 imvwnhro tS7!i; qu'il Li,L 
vr.ii i]uc If pri'veuu a t\**\ [\fiu\smt la jusnorle (:lcctn- 
rain, (it (jiuj IVicriL, pr^alaUoaicut. h t;i puhlicaLimu 
jlvjilL <'L<' (li'ijiDno an jiaivjucl, ma i^ quii len fraiioliUija 
imnviillrs i:(lic,ttj(^ jidr Unlit. [irlit:|r. ,'S n'finL [^irf f>u p^iv 
u[(]vi tYv.vvti&vw rimprniiE^ir 'li'H (iliUftatifnitf aim lni- 
piiKA(ts p:ir lc-dtt article ii ; 

<( Attoauhi qu'il jV'snlt^ Wwu <W* rli'^iVMiU d'tllfthorrt- 
tifin U^dslaLivd qua l\i\is <U> la noitind^imi iioiuithm* 
])nurn\\'ifiiij»;r 1« pmjrl. d« loi t'tviit *pi<: l f nrtuila It, L«l 
qu'il k<i ^nmpftrtn, ilinjirinwtit ciii^pLionrifdleii'iont, pon- 
ilrtnL l.i piirLOtlii «U.'i;lo«dij, 1 iinpriiTi^ur du ddpiH i lni 
jirCfiCtit par k J(u dfi lKTi, ot <jhh la il<U;l oration en 
liiL i'ail^ par M, Hicarfl, Tun des nippnrUiirs, pnur 
(■Ublir i[u<! raiiKiLidcntiMiL pmpnufi p:ir M. Ma/tuau H 
avant pour ol>jfl tlii fafalUi'i' rop^ratiun ihi ilopAt, 
n't'Litt point ii^L-ftssaire; mais qu^uiKiinn modification 
a'cHt iiit.nrveniiOj nialgry frtiln, da.iiH lc tnxio rlci Varti- 
clii 3, *it ([u'oii pi'iWnce il«ti ti h niim d<^ wtUi dlsipofli- 
Liuii, Ins di^pinihea rjuVUu ttabllL «ti I'ilvjiio* dna ftutrus 
ptirsoiiUfts piiiivcnl rjitirourir wins nu lifnudcr i aucunc 
(aaiLrariiUfi on li)foiii]taLi!ii9iLu; 

u Pur cvs motif's, 

« lai tribunal fOiitlamiu: FnyssL: ;l la pi;iim i\o, ](* fr. 
ilVuneudd i't n\n ilopyim, jj 



FAITS DIVERS, 



M. Ku^'no Plon, dont nous annoncions an 
jir^c^dnrU mimftm la nomination dans Tordro 
d« la I^ion d'iionn^nr, a rftuni, a cctta occa- 
sidii, Lout lc personnel de sa rnaison dans an 
banquet qui a oti lien Baiucdi dernier. Lrs 



43 



u$< 



CHRONKJUE. 



convict etaient an nombre tie plus de deux 
cents, ol la pins Tranche cordial it £ n'a cesse do 
presidcr a cetle reunion toutc de famille. 



L'administration de la Bibliothcque nalio- 
nale vient de realiser nn progres important. 
Les bulletins de demande formulas par les 
lectenrs sont envoyes aux exlr6mitcs des calo- 
rics par des tubes pneumatiques analogues a 
ceux employes dans les bureaux telegraph i- 
ques pour le transport des depeches a destina- 
tion de Paris. 

Unc sonncrie electrique annonce cbaqnc (bis 
le depart du bulletin cxp6di6. II en resulte 
quo l'employe stalionnant a l'autre bout de 
ligne se trouve a son poste lors de Karri vee. 
On n'a pas cru devoir adopter ce mode rapide 
de transport pour les livres eux-momes, de 
crainte de leur f.iire subir des chocs dange- 
gcreux. Mais deja, grace a r.elte locomotive, le 
temps necessaire au service du public est iv- 
duit d'un tiers. Cetle disposition ingenieuse 
est adoptee a l'avance pour les nouvelles gale- 
ries de la rue Colbert, dont radministratiGn 
entrera en possession dans une quinzame do 
jours, et dont le developpemenl est immensd. 

Le transport des livres sera faeilile par des 
dispositions d'un ant re genre. 



Un ouvrage qui vient de pa rait re en Alle- 
magne fournit les renseignements snivants 
snr l'elat de la prcssc catholiquc en ce pays, 
ainsi qu'en Suisse et dans la partie allemande 
de FAutriche. 

En Prusse, il se publie 140 journaux catho- 
liquestirant ;Y 37!), 900 exemplaires; en Au- 
triche, 77, ayaut une circulation de 113,800; 
en Baviere, le nombre de ces journaux est de 
77, lour circulation de !>83,800; en Suisse, il 
parait 53 journaux, tirant.a 138,000 exem- 
plaires; dans la Hesse, 12 journaux, a 
77,500 exemplaires; a Bade, egalement 
12 journaux, a. 39,400; en Wurtemberg, 
1 1 journaux, a 42,700; en Saxe, 3 journaux, a 
1,700; a Oldembourg, 1, a 800; a Hombourg, 
1, a 700 exemplaires ; etc. 



—a-iTi | tm i ■ 



vari£t£s. 

(Suite et fin.) 

Voici, ]>ar excmple, une machine a fondre 
les caraeteres, que nos ancetres no connais- 
flaient pas et qui semble depaysce parmi ces 
vieilleries. C/est que le progres a rnarche; 
nous n en voulons pour preuve que les eahiers 
de specimens fournis par la fonderie de 
Chiswell Street, depuis sa fondation jus- 



qu'A present, et que de nombreux visiteurs 
prennent un plaisir particulier a fcuilleter et ;\ 
comparer les mis aux ant res. Sur )e mur op- 
pos6, nous apercevons une forme de la der- 
nierc edition du flcllows's Vocket Dictionary, 
compos6 en brilliant, un caractere d'un nou- 
veau corps en Anglelerrc, specialement fondu 
par MM. Miller et Richard, sur qnatro points et 
demi pour la production de ce petit chef- 
d'uuivre de typographic que tous les critiques 
s'acccrdent a louer comme le plus correct et le 
plus com plot, multum iwparvo, qui ail encore 
paru. 

* 

Prenanl. la galeric qui fait suite au vestibule 
contenanl les portraits \ Thuile dont nous ve- 
nous de faire mention, nous remarquons na- 
turellement le cont^astc existant entre le bruit 
d'en has et le calme qui regne en haut. C'est 
qu'iei se trouve Imposition du travail accom- 
pli, non eehii du travail en train ; ici sont des 
livres, des productions typograph>qncs, de tout 
genre : des Bibles datant de l^ili, des Litur- 
gies, des cahiersde plain-chant, des albums de 
musique, des ouvrages illustres, des carles 
goographiques, des livres im primes en Orient 
par les Orientaux eux-mAines et dans lours 
caraeteres respcclifs, le lout dispose de facon a 
(burner one idee des pi ogres qu'a fails 1'impri- 
merie en Angleterre et a. 1'rtranger depuis 
I'epoque de son invention. Cette galerie supe- 
rienre est bieu eclairee et parfaitement appro- 
priate, sous tous les rapports, au genre d'objets 
qui y sont deposes. Le mur de gauche est en 
partie couvcrt par la grande collection de 
M. Caspari, demontcant le perfectionnement 
(pie la gravnre a atteint depuis le commence- 
ment du siecle actuel. Nous y vovons d'abord 
deux gravures sur bois anterieures <i Tinven- 
tion des caraeteres mobiles; el les sont colo- 
rizes i\ la main et col lees au dos de la couver- 
ture d'un oavrage manuserit, Laus Virginia; 
Tune represenlc saint Cbristophe et porte la 
date de 142:!, l'autre, V Annonciation do la 
Vicrye, sans millesime. Le Saint Christophe 
est particulierement interessant comme etant 
un do^ plus unci ens im primes connus et qui 
soient denature a fournir la preuve incontestable 
de Femploi d'encre d imprimeiie avant l'in- 
vention des caraeteres mobiles.- Une gravure 
de sainte Brigitte : cede gravure semble avoir 
cte transferee sur papier au moyen d'un frot- 
toir; elle a du; 6tre coloriee ensuite avec des 
substances gelatineuses. Cinq livres imprimes 
sur des blocs — un des blocs est egalement 
expose — dont deux sont des exemplaires de la 
IHblia pauperum ; ils contiennent de courts ex- 
1 raits de la Bible, lesquels ont 616 illustr6s, 
d 'une faeon remarquable, par des gravures 
represenlant quelques-uns des ]>rincij)aux ev6- 
neinents de I'Ancien etdu Nouveau Testament. 



CHR0N1QUE. 



47$ 



Colin de ces volumes qui est le mioux conserve 
a 616 envoy6 par le com to de Leicester, qui a 
6galement adresse un exemplaire de YArs mo- 
riendi. Un des livres les plus importants est le 
Speculum humanas salvationis, un in-folio dont 
le texte est imprim6 & la presse sur caractere 
m6tallique en encre noire, et dont les gra- 
vures, en encre d'un brun clair, sont repro- 
duitesau moyen du froUoir. Un autre in-folio, 
date de 1448, Die Kunsi Ciromancia, fournit le 
premier exemple d'un ouvrage imprim6 en 
retiration. Ces blocs, ainsi que les exemplaires 
qu'ils ont produils, ont servi d'6chelons pour 
arriver a l'impression sur caracteres mobiles. 
An nombre des productions expos6es se trouve 
V Indulgence de Nicolas V, la premiere de 
loutes, portant une dato; elle fut imprim6e 
par Gutenberg, a Mayence, en 1455; les deux 
volumes de la Bible Mazarine, le seul ouvrage 
complet qui ait 6t6 publie jusqu'alors; le 
Psautier, appartenaat au comte Spencer, im- 
prim6 a Mayence, sur velin, en 1457, vmgtans 
avant le premier ouvrage dat6 que publia Cax- 
ton; un autre exemplaire du meme volume, 
envoy6 par la reine; la premiere 6dition du 
premier ouvrage classique lat«n qui ait jamais 
e t e i m pri m e , Cicero , Officia ct Paradoxa, p u bl i6 
a Mayence en 1 465 ; le premier livre imprinu; 
a Paris, une Bible, dat6e de 1 475. 

Les villes d'AHemagne representees par 
ordre cbronologique sont : Strasbourg et Bam- 
berg, 1461 ; Cologne, 14Gli; Augsbourg, 1468; 
Nuremberg, 1470; Spire, 1471; Ulm et Lss- 
ling, 1472; Lubeck, 1475, — toutes dates ante- 
rieures a celle du premier livre auquel Caxton 
ait attacb6 un mill6sime; Leipzig, 1480; Tubin- 
gen, 1408. Si Strasbourg se trouve plae6 im- 
m6diatement apres Mayence, quoique le pre- 
mier ouvrage date qui ait 6t6 imprim6 dans 
cette ville par Jean Mantelini porte le mille- 
sime de 1471, c'est qu'on a conserve, a Fri- 
bourg, une Bible imprim6e par Gutenberg sur 
laquelle le rubricatcur a peinten rouge la date 
de 1460 comrne celle de 1'annee de son travail. 
Ce n'est qu'en 1860 que cette curieuse d6cou- 
verte fut faite, et Linteressante nouvelle ne 
tarda pas a se r6pandrc. L'authenticit6 en est 
du reste adrnise par des personnes dignes de 
foi en pareille matiere; nous ne cilerons que 
le bibliothecaire de Tuniversit6 do Cambridge, 
M. Bradshaw. 

Rome commando une bonne part d'intcret 
dans cette fete commemorative. Conrad Sweyn- 
beim et Arnold Pannartz, deux des ouvriers 
de Gutenberg a Mayence, crurent devoir, apr6s 
la prise d'assaut de cette ville par Adolphe de 
Nassau, s'enfuir en Italic, ou ils reussirent a 
monter une presse dans le monastere de Su- 
biaco. C'est la qu'ils imprimerent le premier 
livre qui ai' paru sous le ciel italien, un Cicero 



in-4, avec le mill6sime de 1465. Deux ans plus 
ta r d (1467), ils se laisserent persuader d'aller a 
Rome, oil ils produisirent un autre Cicero. 
L 'exemplaire que le comte Spencer expose est, 
dit-on, compos6 des premieres feuilles du pre- 
mier ouvrage imprim6 a Rome et le premier 
livre qui ait 6t6 imprim6 en caracteres ro- 
mains. En 1470, ces memes fugitifs produi- 
sirent, sur v6lin, un Virgilc illumin6 et un 
Plinc dans un style tout a fait exceptionnel. 
L\'inn6e suivanie, ils publierent la premiere 
Bible qui parut a Rome ; du moins on est con- 
vent! de lui attribuer la date de 1471, bien que 
la page de litre ne porte pas de date. On ac- 
corde, neanmoins, le droit d'anciennet6 a la 
Bible de Mayence que nous avons mentionn6e 
plus bant. Le scjour de Rome ne fut pas favo- 
rable aux deux imporlateurs de l'art typogra- 
phique dans les fttals de l'tfglise; ils y firent 
iaillite. 11 est arriv6 sotivcnt que rimprimerie 
ne se montra pas g6nerense en vers ses enfants ; 
elle exigc d'eux des sacrifices qui en font par- 
ibis des martyrs. 

Passons maintenant a Milan. C'est a cette 
ville que revient Phonneur d'avoir produit le 
premier livre imprim6 en caracteres grecs, ct 
c'est encore a Lord Spencer que nous sommes 
redcvables du plaisir d'avoir sous les yeux un 
exemplaire de la premiere edition : c'est une 
grammaire in-4, publi6e par Lascaris en 1476. 
Le premier ouvrage classique grec et latin, les 
Fables d'JZsope, fut egalement publi6 a Milan 
en 1480. La premiere 6diCon de PUrarque pa- 
rut en 1470 ; le premier Aide, en grec et latin, 
en 1494, ainsi qu'un Virgilc en illumin6, pre- 
mier livre imprim6 en caracteres italiques, par 
le meme Aide, en 1501. On rapporte que les 
poi neons en furent graves en imitation de 
1 ecriture du Dante. La lettre initiale a ceci de 
remarquable qu'elle represente des moutons 
attroupes aulour d'un instrument de musique 
pareil a la musette des Bucoliques. 

Nous devons signaler un livre de messe, 
grand format, publ'6 en 1515, et dont les let- 
tres initiales, ainsi que les portees du plain- 
chant, sont imprimees en encre rouge; la 
meme remarquc s'applique au premier Dante , 
public' en 1482. 

Florence so distingue, en 1488, par la pre- 
miere edition d'Homere dont rimprimerie se 
soit bonor6e. 

11 est evident que nous ne citons ici que les 
ouvragos marquants. Nous ferons observer que 
Lord Charles Brudenell-Bruce a si intelligem- 
ment re-parti le tout dans cette derniere sec- 
tion, qu'elle exige relativement peu de temps 
au visiteur pour se p6n6trer de la valeur de 
tout ce qu'elle renferme; il nous en faudrait, a 
nous, beaucoup plus pout (Hablirserieusement 




pplfpf^^ 



180 



CHRON1QUE, 



uno nomenclature de tout ee quo nous avons 
sous les yeux en cet instant. 

Mais le temps nous prosse, et nous n'uvons 
pas encore visite la salle de Caxton ni celle qui 
lui est contiguo et d'nn interfit presque egal. 
Nous Jes avons reserves pour la bonne Lou- 
che, contrairement a plusiours de nos con- 
freres qui ont commence^ lour menu par le 
dessert. 

tSfous passons done do la grande salle dans 
une salle plus petite, — trop petite mfimo, — 
dans laquelie M. HIados a depose toutes les 
productions du premier imprimeur anglais et 
toutes les pieces et documents qu'il lui a 616 
possible de rassemhler so rattachant n celui 
dont on c61ebre la memoire. Nous sommes 
dans la u Caxton room » ! 

En y entrant, la premiere chose que nous 
voyons, dans une vitrine & pari, est nn exem- 
plairo des Dictcs and Sayingcs of the Philoso- 
phers, le premier livro imprime en Anglo- 
terro, et, lout a cAt6, Ic rcgistre authenliquo 
des acles, — autrement dit le journal, — de 
Jderccrs'Hal! (IIGlel de la corporation des Mer- 
ciers) et celui do Felat civil de T6glise (lisoz 
paroisse)deSainte-Marguerile. Dans le promior 
so trouve le ieuillet ou est constatee la somino 
payee pour le eontrat d'apprentissagc de Wil- 
liam Caxton, et un autre contonant la copio 
d'une lettre qui lui fut adressee, a. Bruges, en 
sa qualite de governor ou repr6scntant de la 
corporation des Merciers anglais dans cette 
villa ; le dernier fait mention de la somme 
payee pour les torches bruises a son enterre- 
ment, en 1491. La photographic d'un rnanus- 
crit attribuc a Caxton, actu ell e ment dans la 
lubliothequo Pcpysienno , a Cambridge, est 
egalement expose*;. 

Ind6pendammont des rares productions de 
Colard Mansion ct de Caxton, la sallo conliont 
une nombreuso collection de medaillons a 
Tefflgie d'anciens imprimeurs, ainsi que des 
specimens docaracteres anglais et etrangors et 
des ouvrages (an nonibre de 400 et plus) trai- 
tant de typograpbie an double point de vuo 
historique et technique. Cette bibliotheque 
speciale est presquo en entier la propriet6 de 
M. Blades. Les murs sont en outre garnis do 
portraits a l'huile des pluscelebres imprimeurs 
des siecles precedents et dont quelquos-uns 
font partie de la riche collection de Stationers' 
Hall. Kile est aussidivisee par sections, la qua- 
triome contenant les ouvrages imprirn6s par 
los con tern porains de Caxton dont les noms 
suivent : Rood, plus tard Rood et II unto (1478 
4 4485), a Oxford; le Maltre d'ecole (School- 
master) do Saint-Albans (1480 a 4480); John 
Letton, plus tard Letton et Machlinia, ensuitc 
W. Machlinia (4481 a 4 485), a Londrcs. 

La cinquieine section de cette exposition est 



consaoree aux ouvrages dont Enumeration 
suit, ouvrages imprimes en Angleterre et 
en I^cosse apres la mort de Caxton : i\ WesU 
minster, par Wynken de Worde, son succes- 
seur ; a Loodres, dans Fleet-Street, par Pyn- 
son, le premior typographe qui ait introduit 
les caracteres romains en Angleterre ; et par 
les premiers imprimeurs etablis a Southwark 
(4525), Ipswich (1548), Worcester (4550), Nor- 
wich (1501), fidimbourg (1508), Saint-Andrew's 
(1555) et Glasgow (4038). 

Donner uno idee do la valeur do toutes ces 
reliques serait chose fort difficile ;" il faut los 
voir pour en connaltre le prix. Cetto senlo 
salle, plus speoialement consacr^e a. Caxton, 
merite qu'on la vienne voir des antipodes ; 
done tous ceux qui n'en sont eloigned quo 
d'une containe de lieues no so repentiront cer- 
tainement pas d 'avoir oncouru quelques mi^ 
nutes de mal de mor pour y passer uno heure 
ou deux, mflmo des journoes entieres. II no 
faut pas oublier que la prochaine celebration 
n'auralieu que dans cent ans. 

On devait s'attendro a co que Proposition 
caxtonionno attirat do partout des milliers de 
visitours, et los journaux anglais publient 
quotidiennement la liste des plus illustres 
parmi oux. Nous y avons remarque cntre 
autres, pour la France, les noms do MM. Alkan 
alne, Berthier, A. Chaix,G. Charavay, C. Chou- 
quet, J. Clave, L. Delisle, Dcrriey jeune, 
A. F. Didot, Hachette et C% 11. J. Tucker ot 
Waller, de Paris; A. Maine, de Tours; .1. P. A. 
Madden, de Versailles. 



VENTES PUBLIQUES, 

Paris (raaison Silvestre). 

Liindi 2!) oetnbro 1877 H jour saivant. — Li- 
vres anciens et modernes, principaloment sur 
le theatre et sur le xvni sieclo, — Libraire : 
A. Labittc. 

Merer edi 7 novembre 1877 at jours suivants. 
— Livres de la bibliotheque de M. F. G. — Li- 
braire : A- Crotalno. 

Lundi 2G novembre 4 877 et jours sulvants. — 
Livres anciens et modernes ay ant compose la 
bibliotheque de M. Clu *** (de S...)- — U- 
l>raire : A. Lahitto. 

Francfort-sur-Mein. 

Lundi 29 octobre 4 877 at jours sulvants. — 
Verzeichniss von der Ilerrn M. S. Sugenheim, 
Verfasser der Ceschichte der Jesuiten, etc. — 
Libraire-expert : Joseph Bacr und Co. 



Le Secr4taire-G6rant 9 Blancbot. 



Paris. — Typ. Pillet et Dumoulin, roe dos Gr.-AugualicB, 5. 



66* Arm6e. 2* S6rie. 



N* 44, 



3 Novembre 18TT- 



CHRONIQUE 



DU JOUBNAL GfiNEIlAL 



m L'IMPRIMEUIE ET DE LA LIBRAIRIE. 






^^^jittJ^Mt ik h JilHUuic, de J'ltiijiriiiiisic el di'Ja I'apieric, rue Bouafarlf, 1, 






^GUH^mK I Conleff d'^mnistrat ion du Cercte de la Librairie. ^ Nicrofagie, — V< 



antes publiqwi 



/'Viiui?;/ 



CQNSElb P T ADMINISTRATION 



CD CEBCI-E DK LA LIBRA HUE, 



Pr&cis-verbat de la s&ance du 2J3 odobre 1877 



Prudence de M. Basset. 

La stance est ouverte a 2 heures. 

U mem hres presents ;■ deux s'excuaect par 
Jcttres. 

M. le Sechktaihk donne lecture du proems- 
verbal de la stance du 2t seplentbfe, qui est 
adopts, 

M. le TnfisoiiiPR fait conniiitre l'filat des 
caisscs. 

M. le President annonce qu'il a rneu do 
MM- Henri et Paul Delalain I'avis que M. JuJus 
Delalain, leur pere, avail l£gu£ au Cere In 
vingt-cinq volumes a choisir dans sa Jjiblio- 

thfeque, 

M. le President, &e i'aisant rmterpreto do ses 
collogues, expriina £ M. Henri Delalain com- 
)>icn 1*1 ponsejl est louche" de utitlc dernierc 
inarque d'attachement donnee par M. Jules 
Delajaiin au Cercle de la Librairie, 

M r lfi President donne lecture de )a leltre 

« Monsieur le President, 

u Le Coqiite international dos poids et me- 
3ures nous a charges da remercier le Cerelo 
do la librairie de Tex tibiae ohligeanoe avec 
laquelle il a bien voulu me lire de nmiveau 
ses locaux a la disposition du Comite poursy 
reunir pendant la session de cotte an nee. 

u NtiU3 saisissons cette occasion de vous 

ChrGJiiquff, 1377- 



presenter, Monsieur le President, Texpression 
de noire pariaitc consideration. 

a Le Vrlsitlent, u Z,e Secretaire, 

a funeral Juajxkz « D 1, Ad. Hibch. » 

Une bourse a lYxole Lavoisier est vot£enu 
profit du jeune Coussin, (He d'un employe de lit 
librairiu Del&hayB. 

PJiisionrs seeours sont accord 6s. 

M. le President annonce au conseil qu'il :\ 
v.u le regret de recevoir la demission du 
M. Weill. 

MM. Krandus et Gaste sont admis comme 
membres du Cercle. 

D em andent a etre ad mis : 

1° M. Hebert, Hbraire-fiditcur, r. Perronet 1, 
pr/jsenU: par MM EnLile fJailliere 6t Fouret; 

2° M. Alexis Labnre, imprimeur, rue do 
Fleurus, 0, presents par MM. Emile Hait Jifern 
et Bapsl. 

La stance est Iftvtfe a 1 h. 45 minutes. 

Pour exlrait : 

Le SacrUairti, 

A- Te^pmeiw 



P W l ■.■■ 



N6GROLOGIE, 



l,oul» LAHUHE. — Abel FILON. 

La BiblitMjraphie de la France enregistrait il 
y a quolques jours ies pcrtes nouvelles 6pr0u 
vf^es par le Cercle do la Librairie et de l'lm- 
primcrie. La mort, frappunt en mfimo temps 
MM. Louis Lalmre et Abel Pilon, ne noti3 amfenc 
a rapproclier ces deux noms que pour rendre 
i la m^rnoire do 3ympathiquea collogues le 
picnx hominage qui lour est drt. 



44 



??$$!^^^ 



! -" 



m 



CHRONIQUK. 



Louis-Justin Lahure, directcnrde Flmprime- 
rie generale, n6 ft Paris lo 20 septcmbre 18i(>, 
morta Paris lc 17 oetobre 1877, appartenait do 
naissance a nos industries. Son pere, imprimeur 
de 1830 ;\ 180R, qui avail epouse M»« Crapelot 1 , 
fut Fassoci6 dc (i.-A. Crapelet, dc 1830 ;1 jan- 
vicr 1M2, sous la raison sociale : G.-A. Cra- 
pelet et prendre. Kn 1 842, lc soin de sa sante 
d6termina M. O.-A. Crapelet a se retirer; 
M. Lahuro s'associa alors avecM. CAi. Crapelet, 
son beau-frere, sons la raison sociale : Cra- 
pelet fils ain6 et Ch. Laburc. 

Je no m'arrole ici que pour rendre hom- 
mage a la beaut/; d'execution des livres sorlis 
de leurs presses, et surtout a lour correction 
typograpbique ; pour mentionner 1 'imporlanie 
publication de Domolomhe, Cours dc Code 
civil, commence par eux en 184a, dont 2!) vo- 
lumes sont parus, dont le 30° est sous presse. 
A pros vin^t ans d'oxercice de la typographic, 
en 185(>, Ch. Crapelet rcnonoait a line profes- 
sion dans Jaquelle son grand-perc et son pore 
avaient conquis une veritable illustration, et 
M. Ch. Lahore devint seul chef de Fimprimerie. 

L'accroissemont (|n'il donnait a son etablis- 
sement et la provision dime expropriation 
pour l'isolement du jardin du Luxembourg 
amenerent M. Ch. Lahore <\ transferer sos ate- 
liers de la rue de Vaugirard, !), sur un vaslo 
terrain precedemment oecupe par une bras- 
serie. Le 1°' 'Janvier 18oi), commenea ;\ f'onc- 
tionner rimprirnerie de la rue de Flenrus. 

Dos 18,'>i, Cli. Lahore commenea la publica- 
tion du Journal pour tous, feuille hebdoma- 
daire dont la creation lui hi I inspiree par 
Fimmense succes qu'obtenait en Angleterre le 
Family Herald, et d'autres revues similaires 
(Family magazines) ou Ton donnait pour un 
penny des romans honnetcs, des nouvelles, 
des variety instructives et des illustrations 
nombreuses. 

Le Journal pour tous cut de suite un im- 
mense succes, et, par la facilite nouvelle alors 
en France qu'il donnait d'acheter an numero 
et pour la somme de dix centimes un journal 
litteraire, a la Ibis rempli do texte bien choisi 
et d'illustrations, developpa singulierement le 
gout de la lecture dans toutes les classes do la 
soeiete. Four tirer le Journal pour tous y M. Ch. 
Lahure acbeta la plus grande machine, a im- 
prirner qu'il y cut alors a Paris ; elle lirait a la 
fois quatre exemplaircs d'un numero, ohaque 
numero mesurait comme papier 0,02 sur 0,!*2. 
Le papier pour quatre exemplaires mesurait 
done 2 in. 48 sur 3 in. OX. Le Journal pour 
tous devint bi-bebdomadaire en 1800; oe dou- 
blemcnt peut-etre, et d'aulre part des concur- 
rences sans nombro nees do ?on succes, ralen- 

1. Dcvcrm vouf sans erdaiits, M. CI,. Lahure so nj- 
tnaria avoc M l,r Deque v.'iuvillor. 



tirent un peu pins lard la vogue enorme dont 
il avail, joui; ii continua loutcfois a paraitre 
jusqu'A. la lin de lSG'.L 

Nous eiterons encore comme due ;\ 1 'initia- 
tive de M. Ch. I ahnre, la Semaine des En f ants, 
fondee en Janvier 18:>7, inspiration gracieuse 
qui, a pro? une longue suite d'annees hou- 
ivuses, apres des jours moins heureux s'arreta 
en 187b, laissant la place an Magasin d* Educa- 
tion et de recreation public- par Hetzel, et au 
Journal dc la Jounesse fonde en I 873 par de 
puissants edi tours, et i in prime par M. E. Mar- 
tinet avec un soin appreeie. 

En 18'ifi, M. Lahore cntroprit encore la Bi- 
bliotheque des mcilleurs romans Strangers, tra- 
duits en franoais sous la direction de M. Paul 
Lorain, publication utile dont la pensee naquit 
pendant un voyage en Angleterre, qui out le 
merite de populariser en France les meillcurs 
romans anglais de Hulwer, Dickens, Miss Cum- 
mins, Currer Hell, W. Collins, Thackeray, 
Mayne Heid; les Nouvelles allemandos do 
Zscbokke, (ierstacker, Hacklander; les Nou- 
velles hollandaises d(\ Van Lennep, les ('ontes 
russes tie Tonr^iKuielV, et autres (ouvres mo- 
rales pouvant prendre place sur la table de la 
famille. (^ette collection debuta par Opulence 
et Miscr(, de Mistress Stephen. Kile ohtint un 
succes que la direction de M. Lorain et le choix 
(his ouvragesqni la composaient oxpliquent suf- 
fisamment. 

Kn 18a(i encore, M. Ch. Lahure commenea 
la collection ries Classiquas frayicais, e^alement 
in-18 jesus, dont la bonne correction et lo bon 
marche lucent a]>j>recios, mais ;\ mon avis 
d'unc composition typoi^raphifjue un pen trop 
com pad e. 

Komposes et cliches a rimprirnerie Lahure 
qui en etait editeur, mis en vonte a la lihrairie 
Hachette, qui n'en ^lait ;\ Fori^ine (pie ven- 
deur, ces deux, collections fnrent codecs, en 
iS(\t) y avec les proprietes litteraires et le mate- 
riel, a MM. Hachette et (>', entre les mains des- 
quels leur succes .Vest continue. XSUistoire de 
France (4 vol. in -4, il lustres) edilee j»ar (m. 
Lahure fut encore une cntreprise beiireuse, 
suivie do la publication de Yllistolre contempo- 
rainc dc la France. 

J'ai cite des jonrnaux qui out e.esse d<; pa- 
raitre, des collections dont lc tirade fait anjoui- 
d nui sur cliches, en dehors do Paris, ne porte 
plus la signature de leur cr^aleur; j'aurais en- 
core a parler d line Edition do, Moliere, illustree * 
f>ar (^amille Klia/al, de la Bible illustree, des 
(jontes et Leyendes, et d'autres publications 
pour lesquels M. Kb. Lahure ne fut pas moins 
bien inspire. 

Je m'arrete pour citer quelques #ros labours 
auxijiiels le nom de M. Lahore; devra rosier 
attache : plusieurs editions de la Ohimie de 



CHRONIQUK. 



1S3 



Kegnault, plnsiours editions de la Chimie in- 
dustrielle de Pay en, les derniers volumes de 
l'llippoerafe, texte et traduction de Li I Ire, les 
Divtionnaircs de Houillel, Bi'dcze, Quiehoral, 
Vapereau, Littre (1)ict>onnaire de la law/ no 
franchise), la Collection des Grajids eerivahis, 
le Tour du monde, la &d let-turn dm (\uitles~ 
Joanna, les ouvragos de, MM. Ihiruy, Fi- 
ijuier, etc., etc.. 

Le Bulletin du RtfdiophUe, la collection Te- 
chener. 11 me land rait, rcprnduire le rata'o^ue 
des prineipaux editeurs de Paris pendant 
trenle ans. 

Je dnis nne mention speciale aux publica- 
tions de grand luxe en t reprises par M. Ar- 
men^aud. line premiere edition des Gulerirs 
publiuws dr. {'Europe : Rama, avail, ete im j*ri- 
mee rhez (Llaye (18. r >;>); une seeonde edition 
Cut fade ehez M. Lahiire ainsi que les tomes II, 
III de ce magnifique ouvra^e; puis suecessive- 
menf les Reinrs du nwnde. hi Revolution frun- 
raise, la Russia. I, 'impression de ees volumes 
fail le plus grand hnnneur a M. Lahure, 
eomme aussi les gravuros stir aeier, sureuivre 
et snr hois a 1'editeur et au\ artistes. 

Kn 1861, M. Charles Lahure fui. de-con'- de 
la Legion J'honneur. 

Lors de la revision du farif fy pogrnphique, 
M. (Hi Lahore fui. charge par les onvriers d'im- 
piimer pourleur eomple, les Oraisnns funehrcs 
de IJossuet a nn exeniplaire unique nll'ert a 
M. Iterrver, rilluslre avoeat, comme remer- 
eiment de sa plaidoirie. Kn sus de cet exeni- 
plaire, it n'existe que les deux exeinplaires du 
depAl, legal. M. Lahure (it. preuve en cello 
eirconstance d'un rare desinlerossemenf . 

Apres trente-deux ans d'une aussi j^rande 
activite eommereiale, M. <«h. Lahure a cede le 
p' r Janvier i 869 la direction de son imprime- 
rie ii son bis aim's Louis Lahore, donf. nous 
cnregislrons la perlo au debut de cet article, 
et donf il nous reste a ret racer It; Imp court- 
passage (Jans Tins industries. 

Louis Lahure fit an college Saint-Louis les 
plus brillantcs etudes, entra immedialemenl 
apres a l'imprimerie pafernelle en octobre |N6;> 
el lui donna do suite nn /ele concerns. Lex- 
tension apportee par son pore a son elahlisse- 
inentlui impnsa, lors de la retraife de M. Kb. 
Lahure, one lonrde charge ;Y la hauteur de 
laquelle il s'est ennsfammenl monlre. La 
douceur, la droiture, I'amenite de son carac- 
tere, la solidite de sen jugement out etc ap- 
preciates de ceux d'entre nous qui eurent le 
privilege de le eonnaitre iiifimement. A vingl- 
deux ans, nous 1'avons vu d'une nudurile pre- 
eoce dormer tout son temps, tons ses soins a 
la direction des travaux. Ln 1871), il fut nomine 
secretaire de la Chambre des imprimeurs. 

Dans ce rude labour de rimprimerie, il efait, 



dopuis le mois de Janvier 1866, second^ par 
son frere Alexis, (pie ses qualites personnelles 
reenmmandenl aux memos sympathies. 

Notre tristessc est a mere si nous songeons 
aux dures epreuves stihies par cette famillo 
depuis mi an. Louis et Alexis Laliure per- 
daient chacun nn His Fannee dernierc. Lonis 
Lahure, au prinfenms do la vie, laisse nne 
jeune veuve dont il avail pu, bien avant son 
manage, apprecier les eminentes qualites. Ses 
tout, jeunes onfanls n'auronf pas connu leur 
pere ! M. (Charles Lahure, si epronve ]>ar \e. 
eours (his annees, sc; veil ravir, avant, Tage, 
nn lils qui s'etaif eflorT.e d'adoucir ]>our lui 
les peines rjui sont le partake de chacun en ce 
monde. 

Si nous nqiortons notre pens/'e snr ce 
p^rand etahlissement , ]>atriinoine de cette fa- 
mille, nous envisai^eons 1'avenir avec skrfi- 
nite ei ((jnliance. M. Alexis Lalmi't^, prepare ;V 
la mission qui lui inr.ombe par nn concours 
de on/.e ans a I'imprimerie, continuera di«rnc- 
ment I'leuvre coniiee' a ses jeunes et vaillanfes 
mains. 11 os! assure du concours eclaii'e, d'un 
homme jusbmumt estiinA, de Innime date 
rompu a la direction des ^randes affaires, (pie 
sa modestie me defend de nommor; il trou- 
\era nn auxiiiaire devoue dans un vieux ser- 
viteur depuis vint^t ans attache a. cette mai- 
son et dont chacun de nous apprecie ('expe- 
rience. 

Picrre-Ahel Piro.x, naipiit a Nesh»s (Seine- 
el.-(hse) le 7 oclobre 1 82 1 ; il etnit lils d'un 
tailhun- de pieia-es qui s'elait acquis uno. tno- 
desbi aisant'e et le seal ^arcon snr cinq enfants. 
11 i-ectit jusqu'a 1'a^e d( k seize ans une instruc- 
tion elementaire et fut ensuiie connnis chez 
divers enti-epreruuirs d<i travaux publics; I'nn 
d'eux lui contia, mal^ie son j(Oin<^ ag-e, la 
direction d'un <h^ ses chantiers : e'est ainsi 
<pi 'il surveilla une jiarl.ie d(\s travaux du che- 
min de fer de Versailles (rive gauche), ceux 
du Mont-Valerien et du fort de IlictHre. Kn 
IS.'iO el. 18. r i1, il executa meine pour son 
conipte pfu'sonmd divfsrs travaux qui lui fu- 
rent confies [iar radministration dtts pouts et 
chaussecs. 

Les evf'uienuuits politi^pies de cette e-poquc 
etant. venus ralentir les travaux, il ceda aux 
conseils de son heau-frere, deja libraire i Pa- 
lis, et s'associa <ivee lui. 

(a\\\(\ association n'eut <pie tjuehjucs mois 
d'existence et ne fut pas prospere. H6s(^u a 
(.(Miler un nouvel efl'ort, Ahid Pilon sYdablit 
sold, rue Hautefeuillc, n° i ; e'etait a la fin de 

ik:>:l 

Dcvenu proprietaint de la Vic de Jesus- 
Christ par I 'abbe lirispot, il eut la pensee 
d'illusti'er cet ouvra^t^ en y adjoi^nant la 
collection des cent trento t:oui|»ositions des 






184 



CHRONIQUE. 



freres Wierx qui, au xvr siecle, avaient ete 
jointes au texte du Pere Jer6me Natalis. 

Cette Vfe de Je'sus-Christ formait deux vo- 
lumes in-folio et le prix en etait de 85 fr. La 
vente d'un ouvrage de ce genre et a cette epo- 
que pouvait fitre difficile. C'est alors que Pi Ion 
eut Fingenieuse pensee d'en fractionner le 
payement a raison de Irente francs par annee . 
Le succes de cette idee depassa toute previ- 
sion et en quelques annees plus de 30,000 
exemplaires de l'ouvrage furent vendus. En- 
hardi par la reussite de cette combinaison, 
Pilon voulut appliquer son systeme de cr6dit 
pi la vente generale des ouvrages de librairie, 
etcreer, a cote dm grands editeurs, une puis- 
sance de vente destinee a elargir le cbamp de 
leur clientele, en faisant penctrer leurs publi- 
cations du plus haut prix dans un monde qui 
ne pouvait y pr6tendre jusque-Ia. 

MM. Firmin Didot ? Hachette, Plon, Morel et 
d'autres editeurs encore en courage rent ses ef- 
forts; bientot c'est par miiliers d'exemplaires 
qu'il fallut compter la vente a credit du Bic- 
tionnaire de la Conversation et da la Lecture, 
du Bictionnaire de la Langue francaise, de 
Littre, du Tour du Monde } etd'une foule d'au- 
tres grands ouvrages. 

Pilon apporta un puissant concours au pla- 
cement des deux grandes publications de l'im- 
?rimerie Lemercier; il devjnt editeur du 
antMon des illustrations franchises au XIX 
siecle (Hi vol. in-folio avec portraits, biogra- 
grapbies et autographes des hommes les plus 
marquants) et du Coneile cecum6nique de Rome, 
4860 (8 vol. in-folio avec portraits, autogra- 
pbes, reproduction de tableaux d'apres les 
photographies, avec planches en chronio, en li- 
thographic et en gravure sur bois et sur acier). 

II se rend it acquereur du grand Atlas de 
geographic ancienne et moderne, compose et 
dresse par Dufour, edite, il y a vingt ans, par 
Paulin et Lechevalier (1857), du Bictionnaire 
universelle d'Histoirc naturelle entrepris en 
1839 par Charles d'Orbigny, cede par lux a 
M. L. Martinet, exploits successivement par 
MM. Renard et Martinet, par MM. Jlonard et 
Louis Houssiaux, par M. Lavaysse pour compto 
de M. Olivier Moquin-Tandon 7 etenfln ced6 re- 
cemment par les liquidateurs de ce dernier ;\ 
Pilon. 11 y a quelques semaines, il achetait aux 
encheres le R&gne v6g6tal, de Herincq et Reveil. 

EnGn, au moment de sa mort, il 'allait faire 
paraltre Fatlas departemental de la France, de 
j'A!g6rie et des Colonies (JOB cartes in-fplio et 
environ 350 pages in-folio, petit texte). 

Depuis plusieurs annees il donnait ses soins 
a la vente du grand Dictionnaire de Larousse ; 
i\ avait passe avec I'auteur de cet ouvrage un 
trait6 qui lui assurait le monopolc de cette 
vente, d'apres son systeme de credit. 



Depuis 1§69 ce meme systeme de vente 
avait ete applique aux publications musical es. 
A raison de cinq francs par mois, il donnait les 
ceuvres de musique vocale, instrumentale et 
de piano ed£t6es par MM* Brandue, ChoudepS, 
Escudier, Qros, peugel,. Lemoipe, etc., etc, 

Au mois d'o£tobre 1875, il avait mari6 sa 
fllle unique a M. Armand Le Vasseur, avocat a 
la Cour d'appel de Paris, qui, quelques mois 
pips tard devenait son associe, et dont chacun 
de nous a pu apprecier le caractere et les hau^ 
tes aptitudes. 

M. Le Vasseur se trouve aujourd'hui seul a 
la t£te de la maison, qui entre ses mains pre- 
serve les memes garanties de bonne direction 
et de loyaute commerciale. 

Que le lecteur reflechisse a la quantity 
d'hommes appartenant a nos industries quece 
mode de vente a fait vivre, aux millions de 
volumes qu'il a repandus parrni toutes les 
classes de la societe, et Ton appreciera exacte- 
ment 1'importanco des services qu'il a rendus 
aux editeurs et au public. 

Pilon laissera parmi tons ceux qui ont eu des 
rapports d'affaires avec lui le souvenir d'une 
intelligence commerciale de premier ordre ; 
il sera un exemple de ce que peut le travail 
qu'il poussa a l'exces et dont il a ete la vic- 
time. Pilon, veritablement le fils de ses ceuvres, 
aura sa place dans Hiistoire de notre com- 
merce comme ayant cree un instrument de 
vente d'une puissance extraordinaire, le cre- 
dit. Fn permettant a chacun de se procurer 
facilement tous les ouvrages utiles, il a contri- 
bu6 au developpement de Pinstruction dans 
une large mesure ; son nom doit echapper a 
l'oubli. Le sillon qu'il a trace sera suiti. 



VENTES PUBLIQUES. 

Paris (maiBon Silvestre), 

Mereredi 7 novembre 1877 et jourg suivants. 

— Livres de la bibliqtbeque de M. F. G. — Li- 
braire ; A. Cretaine. 

Lundi 26 novembre 1877 et jours suivants. — 
Livres anciens et modernes ayant compose la 
bibliotheque de M. Cti. *** (de S.%.). — Li- 
braire : A. Labitto. 

Nantes, rue Scribe (h6tel dea VenLea). 

Lundi 12: novembre et les trois jours suivants. 

— Livres anciens et modernes provenant de la 
bibliotheque de M. P. E.... — Libraire : A.-L. 
Morel. 



Le Secrttaxre-Gerant, Blanchot. 



Paris. -^Tjp. Pillet et pumoaU»,riie d«» Or.-Aqgoetins, 5. 



66* Aiui6e. 2' S6rie. 



N° 45. 



10 Novembre 1877* 



be r:i 




ONIQUE 



1NAL GliNKlUL 



ET DE LA LIBRUR1E 



Paris, au Orrli 1 A? la l.ihrairw\ do V Impriinorit* i l I ill* la Paprterip, iiift Ifonaprle, L 

SoMMAIRE : L'Annvnire de In Librairie pou?- 1878. — Avis & MM, lex Libraircs ddtmllants. 

Jurisprudence, — Fails divers, — Ventes pubiiques. 



L'Ammaire de la Librairie pour 1878. 



Les lecteurs de la Ckronique ont pu apprcn- 
dre par les proefcs-vcrbaux dn Conseil d'ad mi- 
nistration du Ccrclc, publics chaqnc mois, 
qu'une commission avaif, etc nominee a I'titlei 
do recberchcr les clnin^emeiits cL arnfdiora- 
lions cju'Ll serait possible d'apporter a VAn- 
nuaire de la Librairie. 

Cetie com mission, apn l :s nvoir <Hudit'! plu- 
sieurs propositions does a 1 'initiative d'nn do 
ses mernbres, propositions inLnressaritcs assn- 
rGment, inais dont Lex6eulioii a psmi devoir 
rencontrer, pour le moment du moins t de .se- 
rialises dif(icult£s, a decide que les dispositions 
adoptees jusquM ce jour seraient mainleniies 
pour reditiou prochainu. Une saule modilka- 
lion sera introduitc; elle consistera dans ['ad- 
dition, a l;i fin du volume-, d'une tubUs alpba- 
b6liquc des librairos, imprinrunjrs, fabrictints 
et marcbandsdc papier, etublis dans les depar- 
tments, uvwc 1 'indication do leur residence. 
I -lis rechcrcbes, grace a cette table, devien- 
dront cxtreniemcnt facilcs. 

La redaction du nouvel an nu aire est con Gee, 
coinino par lo passe, an go rant du Cerde, 
M, Itlanchot, qui no n^gligera anemic source 
de rensoi^nemenls pour arriver a. 1 Exactitude 
la plus :natis<faisan1e. L'un des inernbres dts la 
commission, M, Odent, veul bien ^« cburprer 
do ryxecution do la. table euiuplemcntaire dont 
1'idee hii appartienL 

La nouvdlc ediliun de VAnnuairti da la Li- 
brairie paraUra da us le con rant d avril pro- 
cliain. Nous prions instaninmrit nos ennlrores 
du nous envuyer d jcl la. to us les renseipim- 
nmnts et corrections qn'ils ju^eronl utiles; 
c'esl une collaboration que nous nous crayons 
le droit dc leur demander dans leur propro 
intereL non moins quo duns riuterel general. 

CJtronique, 1S77. 



Avis a MM. les Lifcraires d^taillants pour 
la vente des livres d'6trennes. 



Au mois de de'eembre dernier, MM. les li- 
braircs detaillantii se sonl plaints du prejudice 
que letir cansaicnt les annonces de livres d'6- 
tronnos a des prix inierieurs aux prix forts 
tailus par ccrlaines maisons de vente au detail. 

Les cdilenrs inieresses se sont r6unis poar 
rl^lilirrer sur ces plaintes, et le Journal de la 
Librairir. du 8 fevrier 1877 a annonc^ qu'ila 
avaient (f ^te d'avis que la puhliciW donn^e i 
des conditions de vente 4 prix reduits ttait k 
bi foi* i^rt'rjudiciable aux intertits des libraires 
d^taitlarUs et a ia bonne nolori6l6 des publi- 
cations, et qn'ils avaient r^solu d'agir de coa- 
cert j>our obtunir de tons luurs correspondants, 
libraire^ on aulres, la suppression d'annonces 
dfi livres A prix rid u its par voie de catalogues, 
j>ros]j(ictus ou an nonces dans les journaux. « 

Cette resolution a 6te, en effet, mise a exe- 
cution. Des dfcmarchts ont ^te failes par les 
editeurs an pros des principales maisons de 
venle au detail en vue d'obtcnir que leurs an- 
nonees n'indiquent plus, ii Lavenir, d'autres 
prix que les prii forls. tLes dtjmarches ont &\& 
fcavorablement acoucillics* 

Au ruonient oil cbacun prepare ses annonces 
(^t ses cataloj^ue-s d-'eirennes^ il nous a paru 
utile de placer ccs fails sous les ye use de nos 
lecleurs, alin du leor rappeler les conditions 
dans lesqueLIcs Tinteret commuri exige que ces 
an nonces et catalogues soient r^dig^s cette 
annee. 



j~ i r> r 



45 



186 



CHRONIQDE. 



JURISPRUDENCE. 

COUR D'APPEL BE PARIS (4° ch.). 

PreVidence <le M. Kohatlt de Fleury. 
Audience du 3 aout 1877. 

PROPRIET& LITTERAIRE- — DROITS I>\\UTEUR. — 

ENFANTS ET PETITS-ENKANTS. LEO ATA1UKS I)K 

L'UN d'eUX. ASSIUILMION. LOI 1>K 1N;>'k 

— LOI DE 1 80(>. — AUGMENTATION I)K LA DlMtEK 
I)E CHS DROITS. 

Le Ugataire universal de Vun des cm f ants d'un 
auteur d'ouvrages litteraires, pieces de thhl- 
tre y 6crits politiqucs, etc., jouit des avantajjes 
attache's a la proprieU de ces muvrcs, en con- 
currence avec les autres enfants de cet aidenr 
ou les enfants de ceux-ci et pendant tout le 
temps quits ont droit d'en jonir. 

M. Etienne, auleur dramatique, dont les 
ouvrages sont connus do Lous cenx qui aiment 
I os ceuvrcs do Fesprit, est deeede inembrc de 
FAcademie francaise le \ dinars 48i;>, apres 
sa femme, decedee le 10 mai 1844; il laissait 
deux enfants, un f lis, Henry Etienne, ct une 
fillc, M me Pages, chez laquelle il s'etait retire 
depuis le d^eesde M mo Etienne. 

Dans Facto liiiuidut if de sa succession, en 
date du M decembre I8i, r >, ses enfants sent 
convenus de laisser en comniun : 1° le droit 
d'imprimer et de fa ire hnprimer, pendant tout 
le temps voulu ]>ar la loi, les diflerenls ou- 
vrages de leur pere, son theatre, ses teuvres 
politiques et ses autres umvres iaites en colla- 
boration; "2° plusieurs manuserits publics ou 
inedits, et notaniinenl une comedie inaehevee 
destinee au Thealre-Francais ; 3" et !es droits 
d'auteur pour les representations de ses difiV'- 
rents (uiv rages dramatiques, le caractere par- 
tieulier de cette partie de Fact if conimun jus- 
titiant, a-t-on dit, son maintien dans Findivi- 
sion. 

M. Henry Etienne est decide en t8;>I, lais- 
sant deux tils, MM. Felix et Eilmond Etienne, 
et une iille, M U1(; Thcuveny. M mc Pages, sa 
sceur, est decedee A son tour sans enfants en 
i8oo, laissant pour legataires d'ohjets parlicu- 
liers ses neveux et sa niece, et pom- son lega- 
taire universel son mari, M. Pages. 

A cette epoqne, les droits sur la propriete 
lilteraire au profit des enfants efaient liinites 
A trente ans A partir du deces de leur pere, 
par la loi du fc avril 1845. lis devaient s'ctein- 
dre, pour la famille Etienne, le 13 mars 187.';, 
lorsque survinl la loi du 14 juillet i86ti qui, 
de trente ans, porta ces droits A cinquante an- 
n6es. 

Avec cette loi, la eoncorde ne devait plus 



[ 



r6gner dans cette famille Etienne, et bientot 
les neveux de M rao Pages pr6tendirent que le 
testament de leur tante etait impuissant A 
investir son mari des droits que les lois sur la 
propri6tc litteraire n'assumicnt qn'A ellc seule 
commc enfant d'un auteur; que ces droits 
s'ctaient eteints avec elle; qn'ils leur avaient 
fait retour A eux, enfants Etienne; que seuls 
desormais ils avaient le droit d'en jouir, ainsi 
(pie de oeux que leur avail, concedes la loi du 
i 4 juillet 1800, q u i nc pouvait profiler qu'A 
eux. lis ont soutenu des lors <pie les droits 
d auleur A percevoir sur les muvres de 
M. Etienne, leur aieul, ne pouvaient elre tou- 
ches que par eux, et comme M. Pages, voyant 
la difficulty passer du domaine de la discussion 
theorique dans le domaine des pretentions (]ue 
Injustice devait regler, avait, des le 23 mai 
1X74, signifie a M. Roger, agent g6n6ral de la 
Society des auteurs et compositeurs dramati- 
ques, dont faisait partie M. Etienno, une de- 
fense expresse de leur payer la totalite de ees 
droits, ils Font assigne en main-lev6e ])ure et 
simple de cette defense et en autorisalion de 
toucher seuls, au contraire et A son exclusion, 
his droits d auleur dont s'agit. 

A Fappui de cette demande, ils ont soutenu 
d'ahord que la volonte de la testatrico etait 
contraire a son mari, et ils ont invoque les 
termes du testament, dans lequel elle n'avait 
pas parle des droits d'auteur provenant de son 
pere. lis ont soutenu ensuite que M ,no Pages 
elant d6cedee en 18G. f ), la loi (jui regissait son 
testament etait eelle des 8-ti) avril 1 8!j4 ; que 
la loi d< 4 18C>() avait eU' 1 . prejtaree en vue <Fune 
assimilation complete de la propriete lilt6raire 
A la j>rojn'iete ordinaire, etqu'elle avait, sinon 
en tolalite, au moins dans une large mesure, 
realise Fintention de ceux (]ui Favaient pro- 
posee ; mais <[u'il etait impossible de voir dans 
la legislation anterieure, depuis la loi des 
10-2i juillet \1 ( X\ jusqu'A celle des 8 et 19 avril 
tsbi, une assimilation du droit de Fauteur 
A un droit de propriete; sous cette legislation, 
sa propriete est temporaire; il en est dcpouillG 
sans indemnity au profit du domaine ]>ublic, 
1'ordre des successions y est interverti, sa 
veuve y occupe le premier rang, les enfants 
ne viennent qu'ensuile, et a leur defaut, A de- 
iaul de petits-enfanls, les autres beritiers n'ont 
de droits quo pendant dix ans. En realite, di- 
sent-ils, e'est le public qui est le veritable h6ri- 
tier de FauUmr, e'est lui <jui doit en definitive 
prendre ]>ossession apres ces beritiers d'un 
jour; done il n'y a pas 1A une propriete ordi- 
naire, une propriety que les ayants-droit puis- 
sent 16gucr. S'il en ^tait autrement, il arrive- 
rait qu'un etranger pourrait etre plus favoris^ 
qu'un he>itior en ligne colIat6rale; car, sous 
Fempire de la loi de 18o4, ces h6ritiai*s n'a- 



•Vlv 



'V^vr : ^£ 



CHRONIQUE. 



W 



vaient droit qu'i une jonissance do dix ans, 
tandis qu'un stranger, legatairc d'un des en- 
fants, pourrait jouir des droits d'auteur pen- 
dant une duree heaucoup plus lon^ue. Dans 
Ie systeme contrairc, il d^pendrait done d'un 
des enfants de changer Tordre de succession 
special ctabli par la loi, et d'appeler par son 
tesf anient un et ranker, au lieu des petils-en- 
fants, i recueillir les droits d'auteur. Ce serait 
en opposition absolue avec le vteu <1o la loi, 
qui est de voir l'muvrc fombcr dans le do- 
maine public aussitOt qu'il n'y a plus ni veuve 
ni descendants, car si le legalaire d'un des en- 
fants survit senl, il sera un obstacle a la prise 
de possession du public. 

Sans doutc, il result era de tout eel a, au pro- 
fit des enfants survivants, un accroissement de 
propriety non ecrit dans la loi ; mais cet accrois- 
sement resultera de la force des choses et de la 
nature de ce droit special qui est absolu merit 
indivisible. 

Le Tribunal civil de la Seine, par jugement 
dn 14 Janvier 1876, a accueilli Irs pretentions 
de M. Pages dans les tonnes suivants : 

« Le Tribunal, 

« Attendu quo les peiits-enfants d'Ktienno, aute.ur 
de plusieurs pieces de. theatre, demandent qu'il soil, 
declare" que setds its out qualito pour reeuoillir, a 
PeAelusion de tons autres et uotamment de Pn^es, 
veuf et le^atairo uuiversel dr. lour (.ante, fille d'Ktieune, 
les droits d'auteur proveuant des o-uvres dramatiques 
de eelui-oi ; qu'eu consequence, i! soil fait main-leyee 
pure et simple de la defense si^niliee par Pa<;es a 
lament general des Auteurs drainaliques, de leur 
payer la to tali to" de its droits; 

« Attendu que le deeret da lit Janvier 1701 porte, 
dans son article !J : a que les ln';ri tiers on cession- 
naires des auteurs sennit propriotaires des ouvra^es 
de ees derniers; » 

« One eelui du 10 juillet 17<).'l, article l ( ' r ; dispose, 
que les auteurs d'ecrits en tons genres jouiront dn 
droit exelusif d'en et'dor la propriete ; 

« Attendu ipie la nature du droit aiusi oonslit.ue est. 
eerlainc; qu'il s'a^it ineontostablement d'une propricte 
regie par les prineipes de la loi ^enerale en taut qu'il 
n'y aura pas (He dero"/e par des textes spi'ciaux; 

« Attendu quo les sen les derogations qui n'sultont 
de ees textes sunt relatives au caraetere temporairo 
du droit et a rinterver^ion, au profit dn la femnie de, 
1'auteur, de l'ordre sueeessoral ordinaire.; 

« Attendu que, par consequent, Particle 711 dn 
Code civil demeure pleinement applicable a la pro- 
priete litteraire, laquelle est, eouformoment a cet ar- 
ticle, transmissible par succession, par donations 
eutre vifs ou testameutaircs et par l'efl'et des obli^a- 

tions ; 

« Attendu que l'application du droit eommun est si 
ueu contraire a la nature de la propriete litteraire, 
que la loi du 19 juillet 18(i(J, relative aux droits des 
heritiers et ayants cause <les auteurs, declare que ces 
droits restenmt regies confonnement aux prescriptions 

dn Code civil; 

« Attendu quo Pa^es, le^ataire uuiversel de sa 
fernmej a truuvC dans la succession de cel!e-ci la 



moitie indivise de la propriete" des oouvres d'Etienne ; 
« Qu'il a recueilli cette part au memo titre que les 
autres valeurs hereditaires ; 

« One, saisi de plein droit, en l'absence d'heVitiers 
reservataires, des biens de la testatrice, il s'est trouvd, 
a Petard de chacun de ses biens, le continuateur de 
sa personne ; 

« Qu'il doit done exercer le droit de propriete lit- 
teraire avec la memo (Uendue et dans les memes 
conditions que la testatrice qu'il reprcsente; 

« Attendu qu'il a ete objects quo, jusqu'a la loi de 
1800, la dun'e de l'cxereiee <les droits accordes par le 
deeret du 10 juillet 1 70*5 aux heritiers ou cession- 
naires n'aurait ete otendue qu'au profit des enfants; 

« Quv, uotamment, ce serait en favour de ces der- 
niers souls qu'aurait dispose la loi du 8 avril 1854, 
sous 1'einpire. de laquelle s'est ouvertc la succession 
de la dame. Pa^es; 

« Qu'en consequence, le, droit de. Pages devrait 
etre rest rei nt a un terme de dix ana; 

<f Mais attendu que les lois antericures a i860, et 
spi'eialement celle du 8 avril 1854, out eonfere aux 
enfants la jonissance c\]ict6e a leur profit, sans au- 
cune restriction, des ouvra^es <le leurs auteurs; 

« Qu'elle leur en a done laisse la Jibre disposition, 
oonformement au droit eommun, et, par suite, la pos- 
sibility de Iransmettre cette, jonissance dans les con- 
ditions de duree qui leur etait aeoordee a eux-memes ; 
u Attendu, au surplus, que l'application du deeret 
du 10 juillet 179,'t, si elle pouvait avoir lieu, aurait pour 
consequence IVstinetion du droit de Padres et non un 
aecrinsseruent au profit des demandeurs, accroissement 
que rcpoussent suit les prineipes ^I'neranx, suit sur- 
toiit 1'espriL des lois speeialcs; 

« Qu'en cflel, les limitations apporteV,s a la dureV, 
du droit des auteurs ou de leurs ayants cause font 
ete dans Pinteret public et non dans un interCt privd; 
« Qu'elb's ne tendent pas a organiser une succes- 
sion de jonissance particuliere^ mais a liater le mo- 
ment do la jonissance de tons; 

<( Qu'ainsi les demandeurs seraie.nt sans mtcVet et 
des lors s;ms droit a iuvoque.i- une, dec.bi'anee flout ils 
ue sauraient proliter ; 

« Attendu qu'il resultc de, v.<> qui vient d'etre (lit, 
(ju'il est inutile de reclicrcher quel serait au profit de 
Pn^es I'etVet du paele de famille du 17 decern bre 184. r >, 
tnaintenant a 1'e^ard des o-uvres d'Ktienne l'indivi- 
sion entre ses beriti<;rs; 
« Par ces motifs, 

« Declar-e l<;s consorts Ktienno et Theuveny mal 
fomles ilans leurs demandes ctuilre Pa^es, les en de- 
boiife ; 

« Detdare Paf;es, en sa qualite de b'^ataire univer- 
sel de sa fern me,, proprietairo pour moitie, pendant tout 
le. temps accord/ 1 ; p;ir la loi du S avril 1854, du droit de 
publication et de reproduction des icuvres litteraires et 
politiques d'Ktienne, si ce droit n'a pas ete antcVieu- 
retnent c/'dc a des tiers, comme auss des droits pereus 
par suite de. la representation des n'uvres dramatiques 
dudit I'Hieunc, et ce, a partir dti d(ices de la dame 
Pa-es; 

(( famdamne les eon.-orts Ktieauu; et 1 neuveny aux 
d/qiens. j> 

MM. Ktienno fils ot M me Theuveny ont inter- 
jet^ (U i , co jii^ement un appel principal. 

M° Huard a devcloppe les rnoyens de cet 
appel. 






r^.: 1 - 



■ ■'."■ / "., 



4 88 



CHR0N1QUE. 



M. Pages, de son c,616, ainterjeteun appcl 
incident pour fairc decider que cc nVdait pas 
sealement la loi de i8, r >4 qui lui devait profiler, 
ce qui n'avait pas etc, d'ailleurs, contests 
dans le jugement, mais aussi la loi de 186<> 
dont Papplication a sa situation avait amene 
le d6bat, et que le Tribunal, ayant oublie de 
la viser dans le dispositif de son jugement 
apres en avoir, dans ses motifs, assure le be- 
n60ce a M. Pages, il y avait lieu, en appel, de 
comblcr cette lacune. 

M e Gt^ry a defendu le jugement et soutenu 
les conclusions de l'appel incident. 

Conformement aux conclusions de M. Tavo- 
cat general Manuel, la Cour a rendu l'arret 
suivant : 

« La Cour, 

« Sur l'appel principal : 

<( Considerant que lo testament du 24 juin 1862, de 
la femme Pag-es, est concu dans les tcrmes les plus 
nets ; qu'il cotitient une institution de leg-ataire uni- 
versel a charge de legs particulicrs; qu'il ne fait au- 
cune mention particulierc des u>uvres litteVaires d'K- 
tienne pi 1 ; re et qu'il suit que cette propriete est dans 
sa succession au meme tttre que les autres biens mo- 
biliers ; 

« Considerant que lo preamimlo du testament, qui 
lemoi^ne do Pinlention de ne pas Jaisser substster 1'in- 
division entre sen mari et ses nrvcuv, n*a trait et ne 
pent avoir trait qu'aux autres liiens qu'elle laisserait ; 
que la nature meme de la propriete litteraire la ren- 
dait eommune entre Irs avants droit; 

<c Ou'on ne pent dune invoquor ^intention de la les- 
tatriee pour enlever a son mari et attribuer a ses ne- 
veux la part de la propriete des o-uvres d'Ktienne 
residant en sa personne ; 

« Adoptant, au surplus, les motifs des premiers 
ju^es eu ee qu lis ne sunt pas eontraires a eeux qui 
precedent ; 

« Sur l'appel incident et les conclusions addition- 
nclles et reetificatives : 

« Considerant que. Pages conchit a ce (pie la Cour 
repare une omission du jugement; qu'il expose qu'il a 
demande que la justice reconnut sa propriete a la 
moitie des (nivres d'Ktiennu, en invoquant h^s ]<>is de 
1854 et 18(ib; que eepeudant les premiers out admis 
sa propriete pendant le temps ediete par la loi de 18o4, 
en ce que la feumie Pa^es etait deeodee sous l'empire 
de cette loi, et ne reconnaissent la iaeulte du testa teur 
que pour la condition de, duree qui lui est aeeordee a 
lui-meine par la legislation exi^tante; 

« Considerant (pie Pages etait, par le testament de 
sa femme,, investi du droit (pie les aneiennos lois eon- 
feraient aux enf'ants de, l'auteur litteraire sur ses o>u- 
vres ; que ce droit, devenu sa propriete, a <Ue niodilie 
quanta sa duree par une disposition legislative, avant 
qu'il perdlt do sa valeur entre ses mains ; (pie, lega- 
taire uinversel et ayant a ee litre la propriete comme 
l'aurait cue sa femme (pi'il continual t, il a protito de 
^extension quo la loi de 1S(>(> accordait, sans aucune 
modification des droits acquis; 

« Qu'en effet, l'arliele l*- r de ladite loi no fait que 
porter do trente a cimpiante ans la duree do la con- 
cession telle qu'elle existe pour les enlants ; 



« Qu'ainsi c'esl a bon droit que Pa^cs demande que 
lo jugement soit complete eu ce sen?, et qu'il y a Hen 
de le modifier sur cc point; 

« Par ces motifs, 

« Met le jugement & ncant eu ce qu'il n'a pas dit 
que la duree du droit de Pages etait tixee tant par la 
lui de 1854 que par la loi de 18(K> ; 

« Emendant quant a ce., 

« Conlirme la sentence, et y ajoutanl, (lit que le 
temps pendant lequel Pages est declare proprietaire 
pour moitie^ est celui accorde par la loi du 14 juillet 
186G ; le jugement sortissant eil'et pour le surplus ; 

« Sur les autres (ins, moyens et conclusions des par- 
ties, les met hors de cause ; 

« Condamne les appelants principaux a Pamende et 
aux depens des deux appels. » 



FAITS DIVERS. 



M. le ministre de Pinstruction publique vient 
de nommer ofGcier d'acade-mie M. Ales (Jean- 
Alesson), dirccteur du journal les Gauloises, 
pour d'itnportanls travaux bibliographiques 
.sur la lilurgie du moyen Age. 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvestre). 

Lundi 12 novambrc 1877. — Hons livres mo- 
dernes ])rovenant de M. M. L. — Libraire : 
Haelielin-Deflorenne. 

Lundi \\), mavdi 20 et merer edi 21 novem- 
bra 1 877. — lions livrcs de sciences, arts, beaux- 
arts, litterature, lustoirc, etc., composant la 
lnbliotlieqne d'nn amateur de ju'ovince. — Li- 
braire : Aug. Aubry. 

Lundi 2('» novumbre 1877 et jours suivants. — 
Livres anciens et inodernes ayant composfi la 
bibliolheque de M. Ch. *** (de S...). — Li- 
brairc : A. I.abitle. 



Nantes, rue Scribe (luUel des ventes). 

luundi 12 novembrc et les trots jours suivants. 
— Livres anciens et inodernes provenant de la 
bibliotlieque de M. P. E.... — Libraire : A.-L. 
Morel. 

Lundi \\) et mardi 20 novembre 1877. — 

Collection de M. I*. I«] de Nantes. Lstarnpes 

aneiennes et inodernes. Kcole du xvm° siecle. 
l*ortraits, pi«'iC(^s hisloriques, dessins, atjua- 
relles, gotiaelies. — Libraire; : Vier. 

Le Seer Uaire-G6r ant, Blanchot. 



I*ari8. — Typ. fillet et Duaaouliu, roe des Gr.- AugUBtius, 5, 



" V 



66° AnnSe. 2- S6rie. 



N° 46. 



17 Novembre 1877. 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GfiN^RAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 




e la Librairie, de rimpriraeric et do la Papelcrie, rue Bonaparte, 1. 

imercinux. — Documents officials : Convention do poate entre !a France 
its divers. — Ouvrages ofjerts au Cercle, — Ventes publiques. 



DOCUMENTS COMMERCIAUX. 



Les documents statistiqnes ronnis par r administration des douanes nous permeltent do dresser 
le tableau comparatif suivant do nos cxportations pendant les nenf premiers inois do 1877, 187B 
et 1875 : 



1877 

fr. 

Carton en fondles 320,303 

Papier A Icttrcs - 1,311,101 

Papiers soic, pclure, parchemin 1,400, Hi 1 

Papier a eerire, a imprimer, a dessiner 0,112,215 

Livres en langues mortes on etrangoros 1,540,533 

Livres en langne franeaise 10,243,301 

Gravures '. 4,950,908 

Lithographies . 882,539 

Photographies 530,545 

Musique gravee 281,912 

Cartes A jouer 227, 70?) 



1876 

fr. 

452,247 

1 ,085,074 

1,200 ; 572 

7,100,820 

1,257,035 

10,117,389 

4-,794,8B3 

1,213,73!) 

033,019 

200,002 

311,250 



1875 

fr. 

479,787 
1,802,458 
1,107,708 
7,875,110 
1,351,234 
11,302,553 
4,235,035 

1,051,09:; 

083,073 
203,187 

28,!,3, r ;:; 



•^ • * >^<» « 



DOCUMENTS OFFICIELS. 



Convention de Poste entre la France 

et 1 Uruguay. 

Le president de la Republique franeaise, 
Sur le rapport du ministre des affaires etran- 
geres, 

D£crete : 

Art. l or . — Urre convention de poste ayant 
et6 sign6e, le 10 Janvier 1874, entre la France 
et la republique do I'Uruguay; rAsscmhlee 

Chroniqwf, \H11. 



nationale, par une loi voice le 13 juillet 1874, 
ayant approuve cet acte, et les ratifications en 
ayant ele" ochangees A Paris, le 20 octobre 
1877, Iadite convention, dont la teneur suit, 
rccevra sa pleine (it entierc execution : 

Art. l ,r . — II y aura entre Tad ministration 
des posies de France et l'adniinistration des 
postes del'tlruguay un echange perindique et 
regulier delettres, d'echantillons, de marchan- 
dises et d'ini primes de ton to nature par les 
moyens de communication et de transport ci- 
apres designed, savoir : 

1° Paries paquebots a vapeur que le Gou- 
vernement francais et le gouverncment orien- 
tal pourront juger A propos de fro tor on de 



46 






190 



CHRONIQEE. 



subventionner pour operer le transport des 
correspondances entre la France et FUruguay; 

2° Par les Mliments a vapeur du commerce 
naviguant entre les ports de la France et les 
ports de FUruguay ; 

3° Par les paquehols a vapeur britanniques 
faisant un service r6gulier entre les ports de 
laGrande-Bretagno et les ports dc FUruguay: 

Art. 2. — Les personnes qui voudront en- 
voyer des lettres ordinaircs, e'est-a-dire non 
recommandees, soit de la France et de FAlg6- 
rie pour l'Uruguay, soit de l'Uruguay pour la 
France et FAlgerie, pourront, a leur ehoix, 
laisser le port desdiles lettres A la charge des 
destinataires ou payer cc port d'avance jus- 
qu'& destination. 

Le prix du port des lettres adressees de l'un 
des deux Flats dans Taut re sera regie" co n for- 
me in en L au tar if ei-dessous. 



DKSICNATION 



des 



lkttkks. 



Me In France et de 

l'Al^eric pour 

Lettres I FUrugu.'iy. 

.'ifTranehies]<Ie FUrujjiwiy pirnr 

la France, et 

FAlgerie. 



Mr. la Franco et <lc. 

l'Algc-rie pour 

V[ fni^uay. 
\de FUruguay pour: 

la France t't 

FAlgerie. 



PHIX DE POUT 

a payor pour cluujue lettre 

et par chuquc 

poids (it; 1 (rrutnuiCH 

nu fraction * i *i 10 grammes 



Lettres 
non 

aflVancljics 



par 








les hahi 


lants 




par 


do 




les 


lahitunts 


la Franco 




de 


*:t (1 


* 


ru 


ni^uay. 


I'AlKt- 


nr. 






fr. 


c. 


r.ci 


t(.'MIll<>«. 


i 


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j> 


» 




20 


)> 


» 




20 


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j) 




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Art. 3. — Inde-pendamment des faxes fixees 
par 1 'article 2 precedent, les lettres non affran- 
chies designees audit, article seront passibles a 
la charge des destinataircs d'un droit fixe de 
trente centimes on de six centesiuios, snivant 
le cas. 

Art. 4. — Les lettres expedites a d^eouvert, 
par la voie de la France on par Fintermediaire 
des paquebnts-postes franeais, soit des pays 
mentionnos au tableau A annexe a la presente 
convention pour l'Uruguay, soit de l'Uruguay 
pources inAuie- pays, seront echangees, entre 
Fadminist ration des postes de France et Fad- 
ministration des postes de l'Uruguay, aux con- 
ditions enoncees dans Iedit tableau. 

Art. 5. — L'administraation des posies de 



France pourra livrer k T administration des 
postes orientales des lettres recommandees a 
destination de l'Uruguay. 

De son c616, Fadministration des postes de 
FUruguay pourra livrer a Fad ministration des 
postes de France des lettres recommandees A 
destination de la France et de FAlgerie, et, 
autant que possible, & destination des pays 
auxquels la France sert d 'intermedial re. 

Le port des lettres recommandees devra 
tou jours Ctre acquitte* d'avance jusqu'i desti- 
nation. 

To ule lettre rccommandee adrcss6c dc Fun 
des deux pays dans l'aulre supportera, au de- 
part, en sus de la taxe applicable & une lettre 
ordinaire affranchie du m£me poids, un droit 
lixe de cinquanfe centimes on de dix centesi- 
uios, suivant le cas. 

Le port des lettres recommandees expedites 
de FUruguay a destination des pays auxquels 
la France sert d'intermediaire sera double dc 
celui des lettres originates pour la nieme des- 
tination. 

Art. b\ — Dans le cas ou quelque lettre rc- 
commandee viendrait a etrc perdue, celle des 
deux administrations snr le territoire de la- 
q nolle la perte aura eu lieu payera ;\ Fenvoyeur 
;\ litre de dedommagernent une indernnite de 
cinquanle francs, dans le delai de trois mois 
a dater du jour de la reclamation; ntais il 
est entendu que les reclamations ue seront 
admises (pie dans les six inois qui suivront la 
date du d6po t des chargements ; pass*'; ee 
terrne, les deux administrations nc seront te- 
nues, Fune envers Fautre, & aucune indern- 
nite. 

Art. 7. — Tout paquel contenant des echan- 
tillons de marchandises, des journaux, des 
gazettes, des ouv rages period ique.s, des livres 
broches, des livres relies en cuir ou en carton, 
sans aucune garniture, des brochures, des pa- 
piers de musique, des catalogues, des prospec- 
tus, des annonccs et des avis divers imprimis, 
graves, lithographies ou autographies, qui sera 
expedi6 de la France ou de FAlgerie pour 
FUruguay, sera affranchi jusqu'a, destination 
moyennant le payement d'une taxe de quinze 
centimes par quarante grairimes ou fraction de 
quarante grammes, et r6eiproquement tout 
paquet contenant des objets de me me nature 
qui sera expedie de FUruguay pour la France 
ou FAlgerie sera alfranchi jusqu'a destination 
moyennant le payement d'une taxe de trois 
centesimos par quarante grammes ou fraction 
de (juarante grammes. 

Art. 8. — Les echantillons de marchandises 
ne seront admis A jouir de la moderation de 
taxe qui leur est accordee par Farticle prece- 
dent qu'autant qu'ils n'auront aucune valeur, 



CHRONIQUE. 



191 



qu 'ils seront aflranchis, qu'ils seront places 
sous bande ou de manifcre a ne laisser aucun 
doute sur leur nature, et qu'ils ne porteront 
d'autre eeriture a la main que Fadresse du 
destinataire, une marque de fabrique ou de 
marchand, des numeros d'ordre et des prix. 

Les eehanlillons de marcbandises qui ne 
rernpliront pas ces conditions seront taxes 
com me lettres. 

Art. 0. — Les journaux, gazettes, ouvrages 
periodiques, livres brocbes, livres relies en cuir 
ou en carton, sans aucune garniture, brochu- 
res, papiers de musique, catalogues, prospec- 
tus, annonces et avis divers, imprimis, gra- 
ves, lithographies ou autographies qui seront 
expedies par la voie de la France ou par Fin- 
termediaire des paquebols-postes francais, soil 
des pays designed dans le tableau B annexe a 
la presente convention pour FUruguay, soit 
de rUrnguay pour ces mAmes types, seront 
eehanges entre 1 'administration des posies orien- 
tal es aux conditions enonc6es dans Iedit ta- 
bleau B. 

Art. 10. — Pour jouir des moderations de 
port accordees par les articles 7 el. 9 pn're- 
dents, les journaux, ga/.etles, onvrages perio- 
diques, livres brocbes, livres relies en euiret 
en carton, sans aucune garniture, brochures, 
papiers de musique, catalogues, prospectus, 
annonces et avis divers imprimes, graves, li- 
thographies ou autographies, devront. etre af- 
f ranch is jusqu'aux I i mites respectivement 
fixees par lesdits articles, mis sous bande et 
ne poiter aucune eeriture, chitTre ou signe 
quelconque a, la main, si ce n'est 1'adresse du 
destinataire, la signal ure de Ten voyeur et la 
date. Ceux desdits objets qui ne reuniront pas 
ces conditions seront considered comme lettres 
et traitos en consequence. 

11 est entendu que les dispositions conte- 
nues dans les articles susmentionnes n'inlir- 
ment en aucune maniere le droit qu'ont les 
administrations des posies des deux pays de 
ne pas ett'ecluer, sur leurs territoires respce- 
tifs, le transport et la distribution de ceux des 
objets d6sign6s auxdils articles a. Fegard des- 
quels il n 'a u rait pas 6le satisfait aux lois, or- 
donnances ou decrels <r ui reglent Ins conditions 
de leur publication et de leur circulation, lant 
en France que dans FUruguay. 

Art. 11. — JI est fonnellemenl convenu entre 
les parties contraetantes que les lettres, les 
echantillons de marcbandises et les imprimes 
de toute nature adresses de l'un des deux pays 
dans l'autre et aflYanchis jusqn'a destination, 
eonformement aux dispositions de la presente 
convention, ne poujrront, sous aucun pr6texte 
et a quelque titre que ce soit, etre irappes 
dans le pays de destination, d'une laxe ou 



d'un droit quelconque a la charge des desti- 
nataires. 

Art. 13. — Les lettres ordinaircs ou recom- 
mand^es, les echantillons de marcbandises et 
imprimes de toute nature, mal adresses ou 
mal diriges, seront, sans aucun delai, r6cipro- 
quement renvoy6s par Fintermediaire des bu- 
reaux d'eehange respectifs, pour les prix aux- 
quels Foflice envoyeur aura livre ces objets en 
compte a Fautre office. 

Les objets de mArne nature qui auront ete 
adresses a des destinataires ayant change de 
residence seront respeetivement rendus char- 
ges du port qui an rait du etre paye par les 
destinataires. 

Les lettres ordinaircs, les echantillons de 
marcbandises et les imprimes de toute nature 
qui auront (He primitivement livres a Fadmi- 
nistration des posies de France ou a Tad minis- 
tration des posies de niruguay par d'autres 
administrations et qui, par suite; du change- 
ment de residence des destinataires, devront 
etre reexpedies de Tun des deux pays pour 
l'autre, seront reeiproqucment livres charges 
du port exigible au lieu de la precedente des- 
tination. 

Art. 14. — Les lettres ordinaircs ou reeom- 
marwb'es, les echantillons de marcbandises et 
les im primes de toute nature eehanges entre 
les administrations des posies de France et de 
niruguay, qui -seront lombes en rebut pour 
quelque cause que ce soit, devront etre ren- 
voyes, de part et d'autre, a la fin de chaque 
inois, el plus souventsi fa ire se peut. 

Ceux de ces ohjots <iui auront ele livres en 
compte seront rendus pour le prix pour lequcl 
ils auront ele originairement eomples par Fof- 
iice envoyeur. 

Quant a ceux qui auront ete livres affranch is 
jusqnYi destination ou jusqn'a la frontiere de 
Foflice correspondant, ils seront renvoyes sans 
taxe ui decomple. 

Art. 17. — La presente convention aura force 
et valeur ;\ partir du jour donl les deux parties 
conviendront, des que la promulgation en aura 
ele faite d'apres les lois parliculieres a chaenn 
des deux Ktats; et elle demeurera obligatoire, 
d'annee en an nee, jusqn'a ce que Tune des 
deux parties contraetantes ait annonce a Fautre, 
inais mi an a l'avance, son intention d'en faire 
cesser les effets. 

Kn lbi de quoi, les plenipotentiaircs respect ifs 
ont signe la presente convention et y ont ;ip- 
pose leurs cachets. 

Fait en double original et signe a Paris, le 
10 Janvier 187i. 

(L. S ) tiifpiti : due Decazes. 

(L. S.) Siyn6 : M. Magaiunos Cehvantes. 



j m^+ ■■■ »■ - 






r \./*- 



192 



v-v. 



/ 



CHRONIQUE. 



FAITS DIVERS. 

M. Alphonse Lcduc, £diteurde musique, qui 
a popularise en France nos partitions d'operas 
par ses editions-bijou a bon marche, vieni 
d'etre nommo officicr d 'academic. M. Leduc 
est membrc du Cerelc do la librairie. 



Un Anglais, M. James Farmer, a trouvfi le 
moyen d'adapteraux machines typographiques 
a papier sans fin deux rouleaux de papier au 
lieu d'un. Ce nonveau systeme pormet, dit-on, 
au Manchester Guardian, journal dc grand for- 
mat, d'obtcnir un tiragc de 2Ii,000 exemplaires 
a rtieure. 



Les typographes autrichiens se proposent de 
ctMebrer avec une grande solennite, en 18S:>, 
le quatrieme centenaire do l'introduction de 
l'imprimerie a Vienne. 



.1 i 1 *'! i^p^ t 



Ouvrages offerts au Cercle. 



M. J. Rothschild vient d'offrir a la biblio- 
thfcqne du Cercle de la librairie, au nom de 
M. Joseph Whitaker, la deuxieme edition du 
Reference Catalogue of current Literature, qui a 
paru tout recemrnent. 

M. Whitaker, editcur-proprietaire du Book- 
sellcr, a dote la librairie anglaise d'un colossal 
vade-mecum (il ne peso pas moins de trois ki- 
logrammes et demi) donl l'incon testable utility 
sera appreciec non-scu lenient eu Angleterre, 
mais partout ou la langue anglaise compte des 
lecteurs. 

Onytrouve reunis environ t, r >0 catalogues 
des prineipaux editenrs anglais ct americains, 
en tele desquels est dressc par ordrc alphabe- 
tique un Index donnant les titres de 40,000 ou- 
vrages. LYmonc6 de ce nombre permet de se 
faire une idee de la somine dc travail qu'une 
pareille classification a do dern under a son au- 
teur et de la perseverance qu'il lui a fallu dc- 
ployer pour \u mener a bonne, fin. 

Toutes les nmvres de la litierature modcrne 
y sont en registries. Si vous desire/ eonnaitre 
les publications panics dans cesderniers temps 
sur Shakespeare, vous trouvez ;\ la page 174 
remuneration de 70 titres s'y rapportant. Les 
questions d'ac.Lualilc vous attircnt-elles? Voici, 
a la )>age 101, une liste de i0 ouvrages sur la 
Turquie, voire mAme un livre de cuisine tur- 
que. Les etudes, commentaires, etc., sur la 
Bible ne comprennent pas moins de 205 titres. 

Get Index general est preced6 d'unc liste des 
pseudonym (is adoptes par un grand nombre 



d'dcrivains anglais, soit dans les journaux, soit 
dans les livres. 

Quinze mi lie kilos de papier ont et6 mis en 
oeuvre pour Limpression a 4,000 exemplaires 
de ce monumental catalogue. Tons ces exem- 
plaires 6taient vendus avant de quitter l'atelier 
du relieur. Disons a la louange de ce dernier 
qu il a execute un veritable tour de force en 
trouvant le moyen de rendre d'un maniement 
facile un volume qui n'a pas moins de 17 cen- 
timetres d'epaisscur. 



YENTES PUBLIQUES. 



Paris (maison Silvcstre). 

Lundi 10, mardi 20 et mercredi 21 novcm- 
bre 1 877, — Rons livres de sciences, arts, beaux- 
arts, litterature, histoire, etc., composant la 
bibliotheque d'un amateur de province. — Li- 
braire : Aug. Aubry. 

Lundi 10 novembrc 1877 et jours suivants. — 
Livres d'histoire naturelle, composant la bi- 
bliotheqne de feu M. HeymYs, ancien directeur 
du musee de Marseille. — Li bra ire : K. Dev- 
rolle tils. 

Lundi 20 novembrc 1877 et jours suivants. — 
Livres anciens et modcrnes ayant compose la 
bibliotheque de M. Ch. *** (de S...). — Li- 
braire : A. Labitle. 

Nantes, rue Scribe (hALel <les ventes). 

Lundi 10 et, mardi 20 novembrc 1877. — 

Collection de M. P. K , de Nantes. Lstampes 

anciennes et modernes. Lcolc du xviu siccle. 
Portraits, pieces historiques, dessins, aqua- 
relles, gouaches. — Libraire : Vier. 

Bruxelles. 

10, Pctite-Ruc-de-l'Kcuyer. 

Lundi \\) novembrc et les seft jours suivants. 

— Livres anciens et modcrnes provenant de 
plusieurs bibliophiles, en partiede feu M. J.-J. 
Altnieyer, professeuraruniversitede Unix el les. 

— Libraire: A. Bluff. 



Le Seer Hair e-G^r an t y Blanchot. 



Paris. — Typ. Pillct et Durnoulin, roe <)es Gr.- Auguetius, 5. 



66' Aan6e. 2« S6rlo. 



N* 47, 



24 Novembre 1877/ 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



BE L'TMPRIMERIE ET DE LA LIBRAIRIE. 



Paris, a 



SoMMAtRE : Cons< 




, ifc riiiiprimcrie el de la raprtrri**, rue Bonaparte, I, 



ercfe <te/a Lihrairie* — Jurisprudence* — La Distribution 

\x a rhtiprimcrie Chaix* 



GONSEIL D' ADMINISTRATION 



DO CERCLE DE LA T.IBRAI1UK. 



Procds-verbal de la seance du \tinovembrc 187 



Prfisidenca do M. IUsset. 

La stance £$i ouvurte Ci i) boures du soir. 

-1] Tticnihrcs promts * 3 s'cxcuscnt par 
luUres, 

M. u-: Si:f:uLTAinr donne loci. tiro du proofs- 
verbal do la sram-.c tin !!*('» oclojjn.^ qui est 

JLtlfJpf/j. 

M. lk r J'nj : :xniiF-:n fit.iL conn nitre* 17: 1 at d<^ 
caisses. 

M. u-: PursmnNT doruto iKdutv d imo lid. in- 
ij iii hji n iHt; udressr** par uii lihraini de la pro- 
vince ipd si^ plaint des prix h^s-n'duiis aux- 
<piels rerlairis do scs <;(infri;rt:s veud^nl lis 
livres elassujues t^t dnnande ipn: le Oirfde in- 
tervi<Miin: pour mrtlm un imuf n rt't nfais. Lf L 
(j(*t^< 4 M deride iju'il wltsLienUra de tuui.e inU'r- 
venl.ion, panx qu*il n'y a la (jtj'ini faiLde con- 
cuiTiMUT, cmiimerciid*; qu'il n 'a ni ie drniL m 
If; jmuvoir d'empeeSmr- 

Le < loriscij 1 s'oecup^ ensnite de di verses (pus- 
Lions d'urdre int^rieur. 

IL vote urn; hourse enfifero a IY^oIo du ft rue 
Trudaini 1 , en reniplaremciii de la d(uni bourse 
votee. J'anriili; clrrrni^no iiii prolit du jenrn; hc- 
moulin, frfcre d'nn employf: de la niaison < jjai x, 
Odb* decision esl. moliW'e par les hmnies nods 
oUemifs par Ii; jiiiinc Dumouliii. 

Uu secours est accord A, 

Le (Icmscil rer.oit la demission dc M, Pages. 

Citroniquv, 1877. 



MM. Ilrhi'rl. et Ales is Lahore sont ad mis 

coming mdinhrns du Ceroid* 
Ln si'iincc est \v.\h\ a I hcurcs. 

Pour oxlnilt : 
La Secretaire, 

A. Templjek. 



JURISPRUDEWCE. 



Tribunal correctionnel d'Anxerre, 

PrAsidence de hL R£.tif. 
Mis!-: i-:n vr:.\Ti: ue ijvhks i-:t iniocjiniiiis sans aii- 

nXUSATJO.N. LJBRAFIU^ TILTlVE. CON DAM- 
NATION. 

\a\ siciu* S<!imilj marchimd d« nnnvcaulfeilt 
CouIuti^t's-^tJi^Voiuie, t-st pn'ivtfnu d» mise en 
viifik; id. fJt^ disLriljiilion d« livrtis et brocliuros 
sans lauUHisaliun prescrite par 1 'article 6 de 
la lot du *27 jtiiJIct 18i0. 

Par Tor^-me dii M° Harold, son avocat, Seu- 
rat pitdcnd tjii'micunc peine nc lui est appli- 
r.iiblo : 

1° Parcrt quo Particle fi de la )m pn'cit^c a 
i'l«; aliro^ r o par rarLic!o3d« la loi du 2JI decern- 
brr. l«7a; 

2 df Parci; quo, dans inns h*s cas, cot article 
citnr,rrno souleiiicril, h; rntj>orbi^e stir la voiu 
puhjijpio; 

3 H> 1'arcft ([uayant [ail la declaration ]>res- 
(M-it<s ]!iir l r ar!ifd<i "2 do diVmi da 10 septcmhrc 
iS7(>, il doit rtn; consider A ninime librairo 
et afTnuichi v.n cotlc qualiLe de touto autorisa- 
tinn. 

Le Tribunal a rendu lc jugemcat suivaut_: 

47 



*-- -■■;;.' ■-•■■•' .-.■•• ■ •■ . ■■■.'■. ■ ■■- . . •■ ' . ■ ■ . r . . t 

."■.''-,.'.'-' ' ■ ■ < ■ ■ ■ ■ .,.■- 

t9i CtttiOMQtitf. 



■!-/t 



<c Le Tribunal, 

€< Sur le premier moyen : 

« Atteadu que la loi du 29 decembre 4875 n'a en 
aucune maniere abroge 1'article de la loi de 1849, 
precite ; 

« Que dans son article 4, elle confirme an contraire, 
la loi de 1849, en indiquant dans les articles 5, 6, 7, 
8 et 9, les diverses juridictions qui, a l'avenir, con- 
nattront des delitsdepresse; 

<( Attenduque Particle 2 precite a seulemcnt eu pour 
but d'enlever a l'autorit6 administrative le droit d'in- 
terdire la vente ou la distribution sur la voie publiquc, 
comme mesure particuliere, d'un journal determine. 

« Que, dans respece, il ne s'agit pas de Pinterdio 
tion d'un journal special, maisdu defaut (Valorisation 
relative a tous les journaux: mis en "vente; 

« Sur le deuxiemc moyen : 

<t Attendu que les termes de Particle G sont gene- 
raux et absolus; qu'ils s'appliquent a tous distributees 
ou colporteurs de livres, ecrits, brochures, gravures 
ou lithographies, que la distribution ait lieu a domicile 
ou sur la voie publique; 

« Que la jurisprudence de la Cour de cassation ne 
laisse aucun doute a cet egard; qu'olle remonte a un 
arret du 25 avril 1850 et est rostee la memo depuis 
cette epoque; 

« Sur le troisieme moyen : 

« Attendu que les libraires, anterieuremenl au de- 
eret de 1870, etaient soumis a Pobtention d'un brevet 
pour Pexercicc de leur profession; que ce brevet avait 
ete considere par les Tribunaux comme nne autorisa- 
tion tacite de l'autorile administrative, a Peffet de 
vendre et distribuer les ecrits mentionn6s dans Particle 
6 de la loi de 1849 precite; 

« Attendu que, depuis le decret do 1870, la pro- 
fession de libraire etant devenue libre, le brevet n'est 
plus necessaire et que chaque libraire est sculement 
tenu de faire une declaration au ministere do 1'inte- 
rieur. 

« Attendu que, bien quo la modificatiou ci-dessus 
constatee dans la position des libraires ne semble plus 
devoir left faire considerer comme dispenses d'autorisa- 
tion prealable, la jurisprudence a continue a maintenir 
en leur faveur Piramunitd dont ils avaient toujours joui 
depuis 1849, en ayant egard sans doute aux paranties 
qu'ils offraient par Pexercice de leur profession; 

« Que la Cour de cassation, par un arret rendu le ,'i 
decembre 1871, a, en effet, decide .- que si les libraires 
pouvaient vendre les journaux sans etre pourvus d'une 
autorisation, cette immunite ne leur etait aecordee 
qu'autant qu'ils exercent serieusement la profession de 
libraire : 

« Que le fait seul de la declaration prcscrito par le 
decret du 10 septcmbre 1870, pour Pexercice de la 
profession de libraire, ne saurait soustraire l'auteur 
d'une distribution k 1'application de la loi du colpor- 
tage, si cette declaration n'a d autre but que d'eluder 
la loi, et si le declarant n'a pas entrepris un commerce 
serieux de librairie ; 

« Attendu qu'il reste a faire application de ces pre- 
cipes a Pespecesoumise au tribunal; 

« Attendu qu'il resulte des proces-verbaux dresses 
par la gendarmerie et le juge de paix de Goulanges- 
Rur-Yonnc, ainsi que des debats, que Seurat n avail 
jamais exerce la profession de libraire; 

« Qu'il n'a fait aucune des etudes necessities par 
cette profession; 



« Qu'il n'a ete trouve a son domicile que quinze vo- 
lumes et des brocbures, la plupart politiqnes, qui no 
peuvent etre considerees comme livres; 

« Attendu que Seuratne justifie d'aucune comptabi- 
Iite relativement a des ventes ou a des acquisitions de 
livres, ni d'aucunes relations avec des maisons de 
librairie; 

« Que la mise en vente des journaux et imprimis 
avait lieu dans le magasin memo ou il fait son com- 
merce habituel; 

« Attendu qu'il r£sulto des faits ci-dessus constates 
et des circonstanccs memos dans lesquelles s'est pro- 
rluite la declaration de librairie, que cette declaration 
n'a eu lieu que pour cinder la loi, et que Sou rat ne 
saurait en aucune maniere etre considere comme so 
livrant serieusement au commerce de la librairie; 

« Que, par suite, il y a lieu de lui faire application 
de Particle (J de la loi du 27 juillet 1840; 

« Vu ledit article, ensemble les articles 23 de ladite 
loi et 4G3 do Code penal; 

« Attendu qifil existe dans la cause des oirconstances 
attenuantes, 

« Condamnc Seurat en KJ francs d 'amende et aux 
frnis. 

« Ordonne la restitution des livres el brochures sai- 
sis. » 



- > * m rf > >- 



La Distribution des Prix a limprimerie 

Chaix. 

I] no nous a. pas (He possible jusqu'a ce jour, 
faute de place, He rend re eompte, ainsi que 
nous avons 1'habitnde de lc faire tons les ans, 
de la distribution des prix aux eleves de IVicole 
professionnelle de Pimprimcric Cliaix. Nous 
donnons, d'apres le Gutenberg- Journal, le reeit 
dclai!16 de cette belle feto de famillc, <jue 
Tinauguration du buste de Napoleon Cdiaix, le 
fondateur d(; la maison, a rentlue ])lus solen- 
nclle que jamais. 

Les ateliers avaient ete elegamment trans- 
fonnes en nne salle de reception. La galcrie 
superieure, garnie de Jjanquotlcs, donnait 
place aux Invites, et une eslrade elevee en 
avant de la salle de composition, au rez-dc- 
cbaussee, recevait les mcinbres de VlJarmonic 
do, Montmartre, Tune des meilleures societes 
inusicales de Paris. 

Au milieu de la galeric, en face de Testrade, 
et par consequent an centre du vastc para 116- 
Iogrammo que forment les ateliers, s'elevait 
sur son piedestal le busle enmarbrc de M. Na- 
poleon (lhaix, du au ciseau du sculpteur Crauk. 
Derriero cette image du fondateur de Tune des 
]>lus iinportantes imprimerics de Paris eurenl 
placees les recompenses que i'on allait distri- 
buer dans un instant. 

A dix lieures, M. Cliaix prenait place au bu- 
reau et ouvrait la seance f>ar quelques jiaroles 
empreintes de cetle courtoisie <{tii lui est ha- 
bituelle, et tendant a donner a celte solennife 
son veritable caractere de fele de famille. 
Nous reproduisons avec plaisir cette petite 



CHROftlQUE. 



19$ 



allocution, parce qu'elle fera connaitre les 
principaux invites qui entouraient lo mattre 
de la Maison. 

Mesdames et Messieurs, 

La fete de famillc qui nous reunit chaquc annee a 
l'occasion de la distribution des prix aura, cette fois, 
plus d'importance que d'ordinaire. 

C'est qu'ayant a placer, dans les ateliers, le bustc 
de mon pere, qui fut a la fois le fondateur do WSUi- 
blissement et le cnktcur de lYtcolo profession nolle, 
uous ue pouvions choisir, pour cette inauguration, un 
jour plus favorable quo, celui on se trouvent rassem— 
bles les anciens ouvriers de la maison et les jeimcs 
apprcntis que nous avons a recompenser. 

Et jc suis d'autant plus heureux de cette coinci- 
dence qu'clle a ameue" parmi nous quelques-uns de 
ecux avec lesqnels mon pere a commence^ sa carriere, 
en 1845, dans la rue Neuve-des-Bons-Enfants. 

Ge qui ajoutc encore a l'ticlat de notre petite solen- 
u\US, c'est la presence des bonorables persounes qui 
out bien voulu accepter notre invitation et donner 
ainsi un t<Smoignagc de l'interct qu'elles portent a la 
jeunesse ouvriere, en mftmc temps qu'im souvenir a 
riiomnie. de bien .auquel nous devons la premiere 
organisation de l'enseiguement professionne! dans la 
maison. 

C'est d'abord M. Charles Robert, vice-president de 
la Societe* de, protection du travail des enfrmts.dans 
les manufactures, et M. Jules Perm, secretaire de 
cette utile association. 

C'est M. 1101101*6 Arnould, le venere secretaire, ge- 
neral de la Soeiete nationale d'encon fakement an 
bien, qui a consaere sa vie a la reciierehe et a la re- 
compense des belles actions et dont la sympathie, 
comme celle de M. Charles Robert, est aequise a tout 
ee qui touche a replication eta ['instruction populaire. 

C'est M. Ferry, le maire de notre arrondissement 
et mon ami, qui donnait 1'annee derniere, a nos ap- 
prentis, des conseils si sages et si pratiques. - — Vous 
vous souvenez, mes enfants, des paroles qu'il vous 
adressait alors : « Comme vous, disait-il en se donnant 
« pour excmple, j'ai etc apprenti ; mais je n'al pas 
« et6 entoure de sollieitude et de soins; aussi, qiuuid 
« je me rappelle les conditions de I'apprentissage 
« il v «'» quarante ans, je puis vous aflinne.r que vous 
« ctes les heureux d'a. present et eertainemeut l'espoir 
« de Tavenir ! » 

C'est 1' honorable president de la Chambrc des im- 
primeurs do Paris, M. Charles Noblet, et M. Lemer- 
cier, president de la Chambre des lithographes, qui 
out bien voulu venir encouragor vos efforts, applaud ir 
a vos sueees et assister a rinauguratiou du buste de 
celui qui fut leur confrere et leur ami. 

C'est mon eollegue et ami, JM. Georges Masson, 
qui a largeinent eonl.rihue a l'organisation de nos 
cours de sciences usuelles en nous ofVrant gonereusc- 
ment les tableaux qui servent a faire les lecons. 

Ce sent MM. de IJagnaux et Divry, membres des 
Commissions locales chargces de surveiller I'e-iecn- 
tion de la loi sur le travail des enfants, eL M. Maurice., 
mspectour divisionnaire. 

Ce sent enlin ces amis, ces clients bienvoillant.s, res 
collaborateurs de la premiere lieu re, que je voudrais 
pouvoir citer tons, pour signaler leurs titres a noire 
sympathie. 

II en est un cependant que je tiens il rcmercicr 



sp^cialement de sVHrc joint a nous, c'est M. L£on 
Lecerf. 

M. Lion Lecerf a (He, il y a trente-deux ans, 1c 
premier ouvrier de mon pere dans la rue Neuve-des- 
Bons-Enfants. A eux deux, ils composaient alors tout 
l'atelier, et il me permettra de lui rappeler que c'est 
lui qui me donna les premieres notions de la compo- 
sitions. Depuis, M. Ltton Lecerf est devenu, comme 
mon pere, chef de maison, et c'est avec un veritable 
bonheur que je le vois aujourd'hui parmi nous. 

En memc temps que tons ces amis de la maison, je 
veux remercier eeux qui nous out seeonde, avec taut 
d'empressement dans 1'organisation de cette fete de 
famille et, parliculiercment, Texcellente, musique de 
« l'Harmonie de Montmartre », qui, sous la direction 
de M. Muratet, donne a notre seance mi eclat inac- 
coutume. 

J'espere quo fexpose des travaux de nos jeunes 
gens, dont il vous sera donne" lecture tout a l'heure, 
ne manquera pns de vous inte>csser egalemcnt. 

Dans ce eompte rendu, vous remarquerez Pimpor- 
tance que nous avons donntfe a r^pargne. 

Nous mi nous bornons plus a constitner le pecule 
de nos jeunes ouvriers, nous leur apprenons a y par- 
ticiper cux-mAmes, et cet enseignement n'est pas, 
suivant nous, moins utile an travailleur (pie l'appren- 
tissage du nuttier. I/ouvrier, pent, en effet, gagner 
beauenup; mais s'il ne sail pas epargner, mieux vau- 
drait qu'il nVut qu'im modeste salaire et plus de pre- 
voYanee pour les temps difiiciles. 

Je ne veu\ pas etendre davantage ces observations 
et, apres le moreeau de musi(pie que nous aliens 
entendre, je donnerai la parole an (die! du service 
de Pimprimerio, que j'ai prie, en sa q liable" de plus 
ancien apprenti 'hi la maison, de vous retraeor la vie 
et his travaux de mon pere. M. Fleurant doit a son 
travail, a sa eonduito et a sa perseverance, le poste 
qu'il oeeupe aujourd'hui ; aussi eitorai-je son passe 
comme exemple a nos eleves ; ear c'est bien de lui 
qu'on pent dire « qu'il avail le baton de innrdchal 
dans sa giberne de sohhit »- 

Les reprrsenfants de la pressft lypn^raphiquo 
j>arisienri(^ efuient an ^ruml rornplef. 

I.e ]u*o^i*.*imnifi avail *HA ainsi ordonne rjuo 
chatino jiartie de la irle ^tait s^part'so par un 
moreeau de musique, puise dans le repertoire 
de V Harmonic do Montmartre. 

M. Fleurant pril ensuile la parole pour faire 
!e panegyrique de M. Napoleon Cbaix. (^et 
honneur revenait de droit h M. Fleurant, 6\i.\e 
de M. N. Chaix et actuellem^nt directeur du 
vasle etablisserncnt quo son fils a su encore 
a^randir. 

Nous reproduisons en cntior cet inUiressant 
diseours : 

M. N;q»oleon Chaix est n6 a Chateauroux, le 27 avril 
1807. 

Apres avoir fait son apprentissage et travaille <tu 
province comme compositeur, il vint a Paris, oil tl di- 
i-igea, a vingt-cinq ans, uiui important; imprimerie ; 
mais sa nature entrcprcnante H'accommodait mal des 
fonctions s^dentaires de prote, et il ue tarda pas a 
rcver des horizons plus vastes; il entrevoyait line 
grande place a prendre et de puissants travaux indus- 
tries a aceomplir. 



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CHaONlQUE. 



G'est en 1845, a 1'a.ge de trente-huit ans, qu'il crea 

10 magnifique etablissement qui rccoit aujourd'hui 
Fimage destin6c a perpetuor sa memoire. 

L'^uergie, la prudence, la rapidite de conception, 
jointes k uno bonte* ct a une honorabilite reconnues, 
Etaient la base de son caractere. II avail prevu les do- 
veloppements fulurs de ses ateliers en eonstruisant sur 
des plans entierement inconnus jnsque la rimmense 
vaisseau qui oontient aujourd'hui le nombrcux person- 
nel ct Toutillage perfectionnc qui font de rimprimerie 
et de la librairie centrales des chemins de fer un eta- 
blissement industriel de premier ordrc. 

M- Napoleon Chaix avail sur toutes choses des no- 
tions sures; son jugement droit ne le Irompait jamais. 

11 etait ennemi de 1' « a- peu pres » 3 exif^eail en tout 
la precision et ne laissait rien an hasard. Aussi, point 
do talonncment, point de precipitation. 11 cn'ait tons 
les services dans de justes proportions, surveillant les 
details, voyant tout par lui-meme, ehaque chose ve- 
nant a sa place, en sou temps, a mesure des besoins 
et de l'extension acquisc. Cost ainsi qu'il a commence 
avee quatre machines et quclques ouvriers seulement 
et que chaque aunCe a vu se produire des agrandisse- 
ments nouvnaiix., 

II etait accessible a tons, ecoutant les ohservations 
de chacun, appreciant la justesse des propositions 
faitcs, tenant comple des efforts individuels et encou- 
rageant ies bonnes intentions. Quant aux qualiu's du 
emur, il faisait le hien sans compter, soulageant dis- 
cretement les infortunes et ne voulant pas qu 'on lui 
rappelat sus bien fails. Les ancieus etaient ses amis, et 
les relations journalieres etaient de sa part empreintes 
d'une amonite constante. 

L'ordre vl l'eeonomie etaient enseitfnes et pratiques 
sous son impulsion; pas de deponses inutiles, inais tou- 
jours le necessairo, sans pareirnonie. Aussi, chose digue 
de remarque, jamais, rn^me dans les temps troubles, 
la « banque » n'a <He en retard. 

Les publications c.reees par M. Napoleon Ghaix, 
aussi nombreusos qu'iinporlantcs, sont conuues et ap- 
pre.eices du monde entier. 

M. Napoleon Ghaix a disparu trop vile pour recevoir 
la recompense publique, due a uue vin si hien reinphe; 
inais sun ills ct collaborateur, elevu a la bonne, (-cole 
de sou pore et qui en continue si pariaitenient la tra- 
dition, a vu sa poitrine ornoe du ruban de. la legion 
d'honneur et d'autres distinetioiis honorifiquos, com- 
pensation legitime et approuvee de tons. 

Lj\ doit prendre place tin incident charmant. 
M. (lhaix rccovait a 1'instanl les palmesacade- 
miques <jn "il 6tail charge de reinettre, de la 
part de M. le ministre de l'instruclinn publi- 
que, a. M. Dubois, chef du service? de la librai- 
rie de 1'etablisseinent, et qui fait dans 1'eeole 
professionnolle lo cours de riiisloire de I'iin- 
j>rimorie. 

Aux paroles ilatteuses (juc M. (ili.'iix lui 
adressa, M. Dubois repondit avee beaucoup 
d';\-j^roi^os epic ccttc distinction, lout honora- 
ble qu'clleiYit pour lui, devail j>lus encore aj>- 
I>artenir au coinmun drapeau sous lecpiel cha- 
cun se ranfj;e avee bonheur et sur lccjuel est 
inscrile cette devise : La Maison pour chacun. 
Tous pour la Maison. 

M. Je maircjdu IX arrondisscment, de son 



cote, annoncc 5. l'assistance que M. le baron 
Edmond de Rothschild vient do doter d'une 
somme do i 00,000 francs les 6coles profession- 
nelles de l'arrondissement, pour le revenu etre 
destined a venir en aide aux families pauvrcs 
des Aleves de ccs 6coles et leur iicrmetlre de 
poursuivre rccuvre commencee par leurs en- 
fan ts. 

M. Hcrger, employ6 de retablissement et ;\ 
qui est conh*6o la direction de l'ecole profes- 
sionnelle, fait ensuite un tres-re in arq liable 
expose de renseignement et des resultats o))- 
tenus pendant Tannce. 

Mais nous tenons ^ constatcr inun6diate- 
ment les salutaircs r6sultatsqui ont 6te obtc- 
nus par {'application de ]'6pargne dans le pro- 
*;ranimo d'education mis en pratique dans les 
cours do lY^cole. I,a (^laisse d'epargne scolaire 
fonclionne avee le plus louable sneers, et bon 
noinbre d'anc.iens apprentis ct d'ouvriers de la 
maison vienncnt y apporter cc qu ilsarrachent. 
a des distractions loujours cou tenses et. tro[» 
souvent nuisibles. 

La distribution des prix a eLe faite alors aux 
('deves. 

("es prix consistaient en de fort beaux vo- 
lumes ofVerts par la Soeiele pour le d^velop- 
peinent de rinstruction en K ranee, par la So- 
eiele d'eneourai^einenl au bien; en livrets de 
la caisso d't'qvirgne, olfeits par M. I.et-erf, un 
ancien eleve de la maison, v.l par M. Chaix, 
ainsi que de tres-beaux livres uliU k s et inslruc-' 
tifs ; des nianuels professionnels, de curieux 
travaux typographiqucs, des (ibjets d'un usa^*^ 
jeurnalier : press(;-papier, eeritoires; outils 
personnels a Touvrier, souvenirs preeienx qui 
seront. conserves religieuseincnt par leurs hcu- 
reux posscsseurs. 

J-miin M. (Charles Robert a pris la parole et, 
dans une brillante impi'ovisation, il a resume 
ses impressions sur celle matin 6e si heureuse- 
ment reinplie. II a fait ressortir le bum qu'on 
pourrait attendre d'exemples suivis dans un 
pared ordrc d'idees. (a>mbien ? a-t-i! dit, sont 
preferables aux theories ereuses, aux etudes 
plaloniipies des (juestions soeinles, ces applica- 
tions sa^es el saluiaires des principos les plus 
louables et h;s plus feeonds. La volonte et Ta-'- 
tivitA bumaines sont d(^s puissances compara- 
bles a la vaptuir, a-t.-il ajoule, s'appuyant sur 
une heii nmsci citation d'un philosoplie Suisse, 
et M. Lliaix a realise une fois de i»lus, par des 
tails, la vt'rite d(; eel axionie : « Vouloir e/est 
pouvoir ! » 

J*uis Ton s'est separe en (important nrui i in - 
pression profonde (Tun aussi hienfa^anL 
e\(iinple. 



Le Secr&aire-Gtrant, Blanchot. 



Taris. — Typ. Tillot et Dumoalin, rue des Gr.- Augustus, U. 



* ■ 



,, " ;■ •o>. '-'I - ".■* 



.». f*. 



'V ■"■: \vy, 



66* Ann6e. 2« Stole. 



N° 48. 



l er D6cembre 1899, 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIRRAIRIE 



Sommaire : Co 
Decoav 




irie, de limprimeric ct <Ie, la Papelerie, rue Bonaparte, 1. 



'estind ait Cei^cle de la Librairie. — Jurisprudence.— Faits divers: 
gtrvAL5fii Aivre de Tobie ; — Propri6te litteraire. — Ventes publiques. 



Construction de 1'Immeuble destine au 
Cercle de la Librairie. 



La Socie*t6 civile constitute pour l'acquisi- 
tion d'un terrain, et la construction sur ce 
terrain d'un HAtcl a 1 'usage du Cercle de la 
librairic, de rimprimeric, de la papelcrie, da 
commerce de la musique, des estampes ct de 
toutes les professions qui concourent a la publi- 
cation des ojuvres de la literature, des sciences 
et des arts, vient d'acqu6rir un. terrain d'envi- 
ron 400 metres de superlicie, situ6 sur le 
boulevard Saint-Germain, a Tangle de la rue 
Gregoi re- de -Tours , non loin des magasins du 
Grand-Cond6. 

M. Charles Carnicr, membre de l'Institut ? 
architecte de l'Ope'ra, choisi par la Soctfjte 
pour rectification de ITlOtel, s'occupe des plans, 
et les travaux commenceront aussitOt apres la 
mauvaise saison. 

Aux termes de l'article 10 des statuts de la 
Soci6t6, le premier versement doit fitre du 
quart de chaque action de 1,000 francs, soit 
de 250 francs, que la Socicle" va faire encaisser 
afln de pouvoir payer des a present une partie 
du prix de l'acquisition du terrain et les 
frais. 

Ce pavement aura lieu en ^change d'un 
titre provisoire qui servira de quittance. 

Le Conseil d 'administration de la Soci6t6 a 
decide que le complement de chaque action 
sera exigible a raison de 100 francs par tri- 
mestre, sauf le dernier versement, qui sera de 
150 francs, aGn de parfaire le chiffre de 
1 ,000 francs, comme suit : 



CUronique, 1877. 



C)0 

3° 

4.0 

5° 

0° 



i 



a 



l or vers 1 , courant de decembre 1877, 250 fr. 

fin mars 1878, 100 

— juin 1878, iOO 

— septembre!878, 100 

— decembre 1878, 100 

— mars 1879, 100 

— juin 1879, 100 
8°etdernierverst, — septembre 1879, 150 

l,000fr. 

Lors du dernier versement, le titre provi- 
soire sera 6chang6 contre un titre d6finitif. 

Les souscripteurs pourront payer par antici- 
pation, si cela leur convient. 

Les interGts a 3 0/0 des sommes encaissees 
seront pay6s semestriellement et d^duits des 
versements a faire par les souscripteurs. 

Une Assemble g6n6rale des membres de la 
Society sera convoqu6e dans le courant de 
fevrier 1878. 



•s »»». 



►"*— 



JURISPRUDENCE. 



COUIt DE CASSATION (chambrc des requites). 

Preaidence de M. Bedarrides, president. 

bulletin du 20 novembre, 

1. PROPKIETE LITTERAIRE : — DROITS d'aUTEURS ; — 

convention; — intention des parties; — 
appreciation souvkhaine- ii. acte.* — in- 
terpretation; — legislation contemporaine . 

III. LOIS DE 1854 ET DE 1800 : — PROLONGA- 
TION DES DELAIS DE JOUIS3ANCE ; BENE>1- 

CIAIRES DE LA MESURK. IV. TERUES DES CON- 



48 









Uf> - 



"( 'V.*.* 



Am 



CHRONIQUE. 



TRATS; — POUVOIR ^INTERPRETATION DESJUGES 
DU FAIT. 

T. L 'arret qui declare, en fait, qu'un auteur 
et un editeur n'ont eu en vue, lors de leur 
convention passee en 4823, que les droits 
d'auteurs tels qu'ils etaient regies par la legis- 
lation alors existante, et non les prolongations 
eventuelles qui seraient apport6es a ces droits 
par les lois posterieures, contient une appre- 
ciation souveraine sur laquelle la Cour de 
cassation n'a pas a exercer son con t role. 

II. En principe, d'ailleurs, les actes doivent 
Ctre interprets eu egard aux lois en vigucur 
au moment oil ils ont etc passes : quels que 
soient les termes d'une convention , elle ne 
comprend que leschosessur lesquelles il parait 
que les parties se sont propose de contracter. 
(Art. 1163 C. civ.) 

III. Au surplus, Parrel decide avec raison 
que c'est aux heritiers de Pauteur, et non ;\ 
Pediteur cessionnaire, que les lois des 8 avril 
1854 et 14 juillet 1800 ont entendu accorder 
le profit des prolongations de jouissance qui y 
sont 6dictees. (Conf. arret de la chambre cri- 
minelledu 28 mai 1875.) 

L'arret, dans tous les cas, ne saurait, en le 
decidant ainsi, avoir viole l'article Ii44 ni les 
articles 1122 et 1602 du Code civil, puisqu'il 
s'agit, dans la cause, non d'un droit sur un 
ohjet mat6riel dont lesaceroissemenls auraient 
profile au proprietaire, inais d'un simple droit 
de reproduction limite quant a sa duree, quel 
que soit le nom sous lequel les parties Paient 
designe. 

IV. En cherchant et en determinant le sens 
que les parties ont, dans leur convention, atta- 
ch6 aux mots « propriety absolue », un arret 
ne fait qu'interpreter cette convention dans les 
limites du pouvoir imparti aux jnges du fait. 

Rejet, au rapport de M. le conseiller Dareste 
et conform^ment aux conclusions de M. l'avo- 
cat general Robinet de C16ry, du pourvoi du 
sieur Barba contre un arr£t de la Cour d'appel 
de Paris, du 19 mai 1876, rendu au profit du 
sieur Degorce-Cadot. — M e Sabatier, avocat. 

(Gazette des Tiibunawv.) 



0m *- 



M. (i. Depping, bibliothecaire a Sainte-Ce- 
nevieve et attache a la redaction du Journal 
officiel, a bien voulu nous adresser la lettre 
suivante : 

« Paris, 20 novembre 1877. 

« Monsieur, 

« Permettez-inoi de me servir de la voie de 
votre journal pour une rectification, bien que 
cette rectification ne s'applique point a vous 



personnellement. Si je prends la libert6 de la 
faire ici, c'est qu'il s'agit d'une question ou les 
editeurs sont en jeu, et qui concerne par con* 
sequent la librairie. 

« Dans le dernier numero de son excellent 
recueil : The American and Oriental Literary 
Record (extra-number, October 1877), M.Triib- 
ner, libraire a Londres, a publi6 un compte 
rendu complet des seances du Congres inter- 
national des Bibliothe'caires, qui s'est tenu en 
cette ville, dans les premiers jours d'octobre 
(du 2 au K). 

« Faisant partie de la d61egation francaise 
envoyee par le]Ministere de 1'Instruction publi- 
que pour assister a. ce Congres, j'ai eu l'hon- 
ncur d'y presenter plusieurs motions, une 
entre autres, relative a. la cooperation en com- 
mun des [Bibliotheques pour l'oeuvre des Ca- 
talogues, au moins en ce qui concerne les 
livres imprimes. 

« Mais, d'apres le compte rendu cite plus 
haut, j'aurais demande que les editeurs, en 
faisant imprimer et en publiant un ouvrage, 
fissent, du mGme coup, imprimer a part et, 
naturellement, X un certain nombre d'exem- 
plaires, le litre de cet ouvrage : ces titres, dis- 
tribute en meme temps que les ouvrages eux- 
memes, auraient pu etre ensuite colics sur des 
cartes, et ces cartes inserees a leur rang dans 
les catalogues. 

« Telle n'est pas la motion que j'ai presen- 
ile. Je me suis borne a. ceci : 

« Dans l'etat present des ehoscs, cbaque 
bibliotbeque est obligee de dresser son propre 
catalogue, quoique beaucoup d'entre elles 
n'aient souvent pas les ressources necessaires 
pour le faire convenablement. II y a done an- 
tant de catalogues a dresser qu'il y a de bi- 
bliotheques. Or, la matiere a cataloguer etant 
la meme pour un meme ouvrage, que cet 
ouvrage se trouve depose dans n'importe 
quelle bibliotheque, & Paris, a Bordeaux, a 
Marseille, a Lyon, a Lille, a Nancy ou ailleurs, 
ne serait-il pas ])Ius simple que la besogne ne 
fnt faite qu'une seule fois? Les titres des livres 
a cataloguer ayant et6 relev6s, on en opererait 
la reproduction et la multiplication par un 
proeed6 quelconque: autographic, impression, 
heliotypie, etc., et ces reproductions seraient 
distributes aux difTe rentes bibliotheques d'un 
meme pays; elles ]>ourraient meme l'elre a 
des bibliotheques etrangeres, si des arrange- 
ments etaient conclus en consequence. 

« Cette idee, dont je ne revendique point la 
paternit6, avait deja etc emise en Angleterre, 
et d6veloppee en Amerique. Ce que, pour ma 
part, j'ai demand6 au Congres, c'est qu'on 
passat de la thcorie a l'execution, c'est qu'on 
experimental le systeme, afin de verifier s'il 
etaitbon et praticable et, que, pour s'en assu- 



i, ' V ' -, 



v. -TV 



CBRONIQUE. 



199 



rer, on commencat en prenant non pas toutes 
les matieres a la fois, mais une seule matiere 
deiermin£e. 

« Quant a l'autre systeme, celui dont j'ai 
parl6 plus haut, oil les 6diteurs feraient impri- 
mera un certain nombre d'exemplaires les ti- 
tres des ouvrages qu'ils mettent en vente, il a 
trouv£ un d6fenseur dans le savant profcsscnr 
Max Muller. M. Max Miiller n'assistait pas an 
Congres de Londrcs ; mais, dans une lettre qui 
a 6te lnc en stance publique, il arccommando 
I application de ce systeme, en mfime temps, 
du reste, qu'il d6montrait combien l'oeuvre 
des catalogues serait simplifiee et les defenses 
diminnees si l'on avait recours a la cooperation 
des diverses bibliotheques entreelles. 

« Deja, M. Justin Winsor, bibjiothecaire do 
l'Universite Harvard aux £ta.tsTlJnis,que nous 
avons eu le plaisir de voir et d'entendre au 
Congres de Londres, avait patronnS la mftme 
idee, que le Publishers Weekly, edite par 
M. Leypoldt, a New-York, avait vivcnient sou- 

tenue. 

« Le plan de M. Winsor elait le snivant : 
« II s'engageait a faire faire, a sa bibliothe- 
que (il dirigeait alors celle de Boston, Boston 
Public Library), le catalogue des ouvrages dont 
les editeurs lui auraient communique, a l'a- 
vance, un exemplaire avant la publication. 
Les titres ainsi relev^s auraient etc impmm's 
sur des fcuilles volantes de papier fort, ou de 
carton mince, fcuilles qui devaienl fit re ven- 
dues en merne temps que l'ouvrage. 

« Ces feuilles devaient fitre couverics d'an- 
nonces sur le recto et sur le 'verso : c'elait la 
le benefice de 1'editeur dans l'opcration. Seu- 
lement, sur le recto de la feuille, au milieu, 
il elait Jaiss6 un espace vide. C'cst dans ce 
blanc qu'on devait imprimer le titrc de l'ou- 
vrage, titrerelevebibliographiquement,comme 

nous r avons dit, par des hibliotbecaires de pro- 
fession. 

« Les bibliotheques, en achetant l'ouvrage, 
se seraient procure egalement la feuille qui 
I'accompagnait; on en cut alors decoupe le 
milieu, qui aurait forme des cartes portantlY:- 
nonce bibliograpbique du titre de Touvrage 
(on aurait eu soin, bien entendu, de convenir 
d'avance dun format unique, e'est-a-dire du 
format le plus usite" dans ces bibliotheques pour 
cartes de catalogue), et ces etablissements au- 
raient eu ainsi leur catalogue tout fait. 

« Veuillez agreer, Monsieur, 

(1. Depimng, 

Bibliothecaire a la Bibliotheque Sainte-(i«n«- 
vieve, un dea dd]6tfii6s au Gon^s interna- 
tional des bibliothdcaires a Londrcs. 



FAITS DIVERS. 



D6couverte du texte original du livre 

de Tobie. 

On lit dans VJJnivers du 19 novembre : 

« Nous sommes en mesure de donner a nos 
lecteurs la primeur d'une nouvelle qui n'est 
pas encore arrivee en France. 

On vient de faire en Angleterre une decou- 
verte importante pour la literature biblique. 
M. Neubauer, sous-bibliothecaire de la biblio- 
theque Bodlfiienne, a retrouve dans un manus- 
crit he*brcu recemment acquis le texte chaldeeu 
du livre de Tobie. Saint JerOmc, dans la pre- 
face de sa traduction de ce livre, adressee aux 
6vfiqu.es Chromatius et Iieiiodore, leur dit : 
Exigitis mim, ut librum chaldaeo sermone 
conscriptum, ad latinum stylum traham, librum 
utique Tobix. II est a croirc que ie texte 
decouvert par le l) p Neubauer est celuila 
mfime qu'a traduit saint Jerome, a part 
quclqncs differences et peut-fitre des retouches. 
Le style du Tobie chaldecn indique que e'est 
la Toriginal du livre. 

Le Tobie de la Vulgate differe de celui des 
Septanle en plusieurs points, mais surtout 
parce que le Tobie grec parle a la premiere 
personne, tandis que le Tobie latin parle a la 
troisieme. Dans le chaldeen, il parle aussi a la 
troisieme personne. Sur d'autres points, le 
chaldecn se rapprocbe plus des Septante que 
de la Vulgate. 

\)n certain nombre de mots douteux, qui 
ont embarrass6 les critiques dans les versions 
de Tobie, sunt eclaircis dans le chaldeeu. Le 
chien n'est pas mentionne dans le texte do 
M. Neubauer. La fin du livre, A partir do XI, 
20, manque. La conclusion est plus courte et 
difWente. Elle parait avoir et6 abr6gee. Ce 
n'est, du reste, que quand le manuscrit aura 
et6 public qu'on pourra retudier serieuse- 
ment. » 



La Propriete litteraire. 

La Corrcspondencia do Espaua annonce que 
M. Germond de Lavigne, vice-president de la 
Society des gens de lettres de Paris, a eu avec 
M. Silvela, ministre des affaires etrangeres, et 
avec Ie comte de Toreno, ministre des beaux- 
arts, plusieurs conferences dans lesquelles on 
s'est occupe de la necessity dV:dairer quelques 
points essentiels du projet de loi sur la pro- 
priete* litteraire pr6sente dan.-* la derniere le- 
gislature, et de Tinted qu'il y aurait a pre- 
parer une nouvelle convention Internationale 



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CHRONIQUE. 



entre l'Espagne et la France, aGn de donner de 
plus grandes garanties a la propriety interna- 
tional dans les deux pays. 

M. de Lavigne a aussi eu dcs conferences a 
ce sujet avec M. Castelar, pr6sident de TAsso- 
ciation dcs Scrivains ot des artistes, et a vu 
toutes ses observations, sur cette importante 
question, accueillies favorablement. 



L'Association des imprimeurs et librairesde 
lltalie a tenu son assemblee gendrale annuel le 
a Milan, le 14 octobre dernier. Dans cette 
reunion, le president de l'association, M. Tre- 
ves, a annonce qu'il avait dii, a son "grand 
regret, abandonner 1'idee d'une exposition 
collective de la librairie italienne a PExposi- 
tion internationale de Paris, par suile de l'in- 
suffisanco de concours que le comito d'organi- 
sation avait rencontrce, malgre* tons ses efforts. 
II a exprim6, en revanche, sa satisfaction pour 
le bon resultatqui avait etc obtcnu en ce qui 
concerne la composition d'un catalogue col- 
lectif, auquei 05 cditeurs avaient d6ja donn6 
leur adh6sion. 



II a ete import6 en Angleterrc, dans le cou- 
rant de Tannee 1876, 13,857 quintaux de livres 
etrangers representant une valeur de 150,000 
livres sterling. La plus grande partie prove- 
nait de la France et de rAllemagne. L'expor- 
tation a et6 de 82,080 quintaux, d'une valeur 
de 881,839 livres sterling. En gravurcs et li- 
thographies, il a ete imports 5,054,377 planches, 
la plupart 6galement venues de France et 
d'Allomagne, pour une somme de 50,017 liv. 
sterling. Les tableaux, dossins et photographies 
importes, et provenant pour la plupart de la 
France et de la Bclgique, avaient une valeur 
de 549,501 livres sterling. 

(Journal officicL) 



Nous avons deja parlc d'une encyclopedic 
chinoise dont, malgre son extreme rarete, un 
exemplaire s'est trouv6 disponiblc el dont on 
esperait que le British Museum pourrait iairo 
l'acquisition. Cetto cspcrance vient de se rea- 
liser, et le d^partement auquei preside le pro- 
fesseur Douglas est maintonant en possession 
de cette ouuvre colossalo. 

Cette encyclop6die de Htterature dont les 
administratcurs du British Museum, par une 
heureuse chance, viennent d'aequerir un exem- 
plaire de Yeditio princeps , a pour titro : 
« Koo kin too shoo tseih ching », ce qui veut 
dire : Collection complete de livres anciens et 
modernes, avec illustrations. 



Pendant le regne de 1'empereur Kang-ho 
(1661-1721), ce monarque, a raison des altera- 
tions graduelles qui s'introduisaient dan9 les 
ouvrages les plus importants, jugea necessaire 
d'en faire une reimpression d'apres les an- 
ciennes Editions. Dans ce but, il nomma une 
commission chargee de comprendre, dans une 
immense collection, les reimpressions de tous 
les ouvrages qui meritaient d'elre conserved. 

Pour cette entreprise, un as3ortiment com- 
pletde caracteres de cuivre fut fondu, et quand 
les commissaires eurent termine leur ceuvre, 
ils purent mettre sous les yeux de 1'empereur 
une preuve palpable de leur diligence sous la 
forme d'une compilation de G,100 volumes. 

Le contenu est divis6 en 34 parties, qui em- 
hrassent des ouvrages relatifs a tous les sujets 
de la literature nationale. II n'en fut d'abord 
lire qu'un nombre restreint d'cxemplaires, et 
pen apres, le gouvernement cedant aux n6ces- 
sites d'une criscmon6laires, lit fondre et trans- 
former en monnaie tous les caracteres de cuivre. 
(Test ainsi qu'il n'existe qu'un tres-petit nombre 
d'cxemplaires de la premiere Edition. II est 
extremement rare d'en voir un qui soit en 
vente; cela est pourtant arriv6 a Pekin, pour 
celui que le British Museum vient d'acheter. 

(Journal officicL) 



VENTES PUBLIQUES. 



Amsterdam. 

Lundi 17 deccmbre 1877 et jours suivants. — ■ 
Hibliothequos delaiss6es par MM. David Koning 
et P. Langerhuizen. — Libraire : Frederik 
Muller et C°. 

Louvain. 

Rue de Namur, 16. 

Lundi 10, mardi 11, mercredi 12, jeudi 13 et 
vendredi 14 d6ccmbre \ 877. — Grande collection 
de livres provenant des bibliotheques de plu- 
sieurs mortuaires, contenant des livres de theo- 
logie, de dogmatique, d'histoire, etc. — Li- 
braire ; Ch. Peeters. 



Le Secrttaire-Gerant, Blanchot. 



Parii.— Typ. fillet et Dumoulin, roe des Gr.-AagastiQS, 3. 



66° Ann6e. 2« S6rie. 



N° 49. 



->Y-. ,-j 



8 D6cembre 1877. 






CHRONIQUE 



DU JOURNAL GliNEIlAL 



DE L'IMPRIMERIE ET DE LA LIRRAIRIE. 



Paris, au Ccrclc de la Librairie, de rimprimcric ot de la Papelcrie, rue Bonaparte, 1, 







Sommaihe : Cortftrttction de Tlvpntuhlp. dostind mi Cerclc de la Lihrairie. — Jurisprudence.—* Exposition 

ymiverselle de 18m V- Fails divers. — Ne'crologie. — Ventes publiques* 

h ■ /*' ■ £ 




/ 



Construction 

Cercle 



// 



r&fc!g$efcj>i'e destine au 
defertTbrairie . 



AVIS MIX SOUSC1UPTKUHS. 

La Social*' civile constitute pour requisi- 
tion d'un terrain, et la construction sur cm 
terrain d'un Hotel a I'usage du Cercle de la 
librairie, de 1 imprimerie, de hi papelerie, du 
conimcrco de la musique, des estampes et de 
ioutes les professions qui concourent A la publi- 
cation des umvres de la litterature, des sciences 
et des arts, vient d'aequcrir nn terrain d'envi- 
ron 400 metres de superbcie, situe sur le 
boulevard Saint-Germain, A Fannie de la rue 
(iregoire-de-Tours , non loin des magasins du 
(i rand -Con de. 

M. Charles Gamier, membre 'de 1 institut, j 
archifecte de 1'Opera, cboisi par la Societe 
pour l'edification de niotel, s'occupedes plans, 
et les travail x conimenceront aussitot apres la 
mauvaise saison. 

Aux tonnes de i 'article 10 des [staluts de la 
Socief.6, le premier versement doit etre du 
quart de cbaque action de 1,000 francs, suit 
de 2IJ0 francs, que la Societe va faire eneaisser 
afln de pouvoir payer des a present une parlie 
du prix de 1'acquisition du terrain et les 
frais. 

Go payement aura lieu en reliance d'un 
litre provisoiro qui scrvirade quittance. 

Le Conseil d'administration de la Societe- a 
decide (pie le complement de chaque action 
sera exigible A raison de 100 francs par tri- 
mestre, sauf le dernier versement, qui sera de 

ChroJliqur, 1877. 



150 francs, afin de parfairo le cbiffre de 
1,000 francs, comme suit: 

I «r vers 1 , courant de decembre 1877, 2o0fr. 



2° -- fin mars 1878, 

3" — --" juin 1878, 

i? — — septcntbre 1878, 

;i° — - decembre 1878, 

(>« — — mars 187!), 

7" -■- — juin 1K70, 
S (t el dernier vers', — septembre 1871), 



100 
100 
100 
100 
100 
100 

i:;o 



l,000fr. 



Lors du dernier versement, le titre provi- 
soiro sera ('change centre un titre definitif. 

Les souscriptenrs pourront payer par antici- 
pation, si cola leur convient. 

Les interets a 3 0/0 des somines encaissees 
seront pay 6s semestriellement et deduits des 
versements A faire par les souscripteurs. 

thie Assemblee gene-rale des inembres de la 
Societe sera convoquee dans le courant de 
ievrier 1878. 



— » O^ >*^ 



J URI SPRUDENGE . 



COUR DK CASSATION (cbambrc des roqufites). 

Pn'jsidence do M. Bedaurides, pr6sident. 

Audiences das 10 at 20 novcmltre. 

IMIOPRIKTK LITTKRAIRK. — CESSION, PIIOLON- 

CATION LKGALE. ]i£ltITIERS. 

La convmtion far laquelle un uuteur cede la 
projwielc dc ses wuvres a un 6diteur, doit 



V) 






■'■•i- 



502' 



CHRONIQOE. 



4tre interpret 6e d'apris la hi qui rdgissait 
cette proprUU au moment du contrat dc 
cession. 

En consequence, quelques gCnfraux que soient 
ks termes de la cession, la duHe du droit 
exclusif de reproduction se trouve limite'e par 
la loi en vigueur au moment du contrat, et la 
prolongation accordCe par des his posttiricu- 
res profite, a moins de stipulations contraires, 
aux hCritiers et non aux cessionnaires de 
Vauteur. 

Nous avons fait connaitre dans notre prece- 
dente chronique le rejet du pourvoi de 
M. Barba, contre Parret de la Cour d'appel de 
Paris da 19 mai -1 870, rendu au profit de 
M. Degorce-Cadot, cessionnaire des heriticrs 
Pigault-Lebrun. 

Nous donnons aujourd'hui Parret de la 
Cour de cassation : 

« La Cour, 

« Oui M. le conseiller |I)areste en son rap- 
port; Pavocat du demandeur en ses observa- 
tions, et M. Pavocat general de Clery, en ses 
conclusions ; 

« Sur le premier moyen de cassation, tire 
de la violation des articles -144, 1122, 1002 du 
Code civil, de Particle 1°' de la loi des 19-24 
juillet 1793, des articles 39 et 40 du decret du 
5 fevrier 1810, de Particle unique de la loi 
des 14-19 juillet 1800 : 

« Attend u que l'arret attaqufi declare, on 
fait, que Pigault-Lebrun et Barba n'ont en 
en vue, lors de la convention de 1823, que les 
droits d'auteurs tels qu'ils etaient regies par la 
legislation alors existante et non les prolon- 
gations eventuelles qui seraient apportees a 
ces droits par des lois posterieures ; 

« Que cette declaration du juge du fait, 
fondee sur Pinterpr6tation de la convention 
etdes circonstances, suffit pour justifier Parrot 
attaqu6 ; 

« Attendu, au surplus, qu'en principe les 
contrats doivent etre interprets en egard aux 
lois en vigueur au moment ou its ont ete 
formes; que, quelque generaux que soient 
les termes d'une convention, elle nc com- 
prend que les cboses sur lesquelles il para 1 1* 
que les parties se sont propose de contractor 
(Code civil, art. 1163); 

« Que, d'ailleurs, il s'agit au proces non 
d'un droit sur un objet materiel dont les 
accroissements prolitent au proprietaire, mais 
d'un simple droit de reproduction essentielle- 
ment limite, quant a sa duree, quel que soit 
le nom sous lequel les parties Paient designe ; 

« Qu'enQn Parret attaque ne fait pas obstacle 
a ce que Barba ecoule les editions loyalement 
faites par lui avant Pexpiration de son droit ; 



« Que, des lors, en declarant que les pro- 
longations accordees par les lois de 4854 et de 
1860 profitaient aux h£ri tiers de l'auteur, et 
non a P6diteur, l'arret attaque n'a viole ni 
Particle Ii44, ni les articles 4222 et 1602 du 
Code civil, ni aucune des lois citees a Pappni 
du pourvoi ; 

* a Sur le deuxieme moyen, pris de la viola- 
tion de Particle 1134 du Code civil; 

« Attendu qu'en cberchant et en determi- 
nant le sens que les parties avaient attache & 
ces termes : « Propriety absolue, » lors de la 
convention de 1823, Parret attaque n'a fait 
qu 'interpreter cette convention, comme il en 
avait le droit, et qu'en donnant cette interpre- 
tation, loin de violer Particle 4134 du Code 
civil, il en fait au contraire la plus juste 
application ; 

« Par ces motifs, 

« Hejette le pourvoi. >> 



m ^ i * — * *• 



Exposition universelle de 1878 & Paris 



Les comites charges des installations inle- 
rieures ont des reunions nonrbreuses et pour- 
suivent lenr mission avec la plus grande acti- 
vity. On peut, des a present, citer un certain 
nornbre de classes dont les travaux sont termi- 
n(';s, c'ost-a-dire qui sont en mesure de proce- 
der a leur [amenagement, et ont dresse leur 
plan de detail, et assure le budget desressour- 
ees necessaires <3i leur organisation. Nous indi- 
querons notamment la classe 44 (industries fo- 
rostieres), la classe 48 (teinture et appret 
d'eloffes, la classe 49 (cuirs et peaux), la 
classe 50 (procedes d'exploitation des mines et 
m6tallurgie), la classe 53 (materiel des arts 
ehimiques), la classe J>7 (materiel et procedes 
de tissage), la classe l\S (materiel de la confec- 
tion de vetements), la classe 62 (carrosserie), 
la classe 04 (materiel descliemins de fer), etc. 

En raison de cet avancement rapide des tra- 
vaux, la chambre de commerce de Paris a 
pris les mesures necessaires ;\ la manutenlion 
des marchandises destinees a 1 'Exposition, et 
elle a adress6 aux commissaires generaux 
etrangers et aux presidents des comites d 'in- 
stallation des classes francaises, au Champ-de- 
Mars et au Trocadero, la circulaire suivante, 
dont nous'croyons devoir reproduire le texte : 

« J'ai Phonneur de vous informer que, par 
deliberation du 21 mars 1877, la chambre de 
commerce a decide que son service de manu- 
tention, etabli pres de la Douane centrale de 
Paris, serait, comme en 18,'j, r > et en 1867, mis a 



!•"■*. 



CHRONIQUE. 



203 



la disposition des exposants fran^ais et stran- 
gers pendant toute la dur6e de l'Exposition 
universelle de 1878, sous le titre d'Agence ge- 
nerate. 

« En douane, les operations de la manuten- 
tion comprennent : la reception, le pesage et 
Louverture des colis; le deballage des mar- 
chandises : la declaration a l'entr<;c et a la sor- 
tie; le remballage des m arch and ises; le pe- 
sage, le cubage et le marquage des colis; enfin 
le rechargement pour le lieu de destination. 

« Aux termes de l'article 37 du reglement 
general, Tenceinte de 1'Exposition pour la par- 
tie etrangere est constituee en entrepot r£el de 
douane. L'ad ministration des douanes y 6ta- 
blira un service special pres duquel fonction- 
nera comme auxiliaire celui de l'Agence ge- 
neral e de la chambre de commerce. 

<c Pourvue d'ouvriers habiles, experiment's 
et admis par 1 administration -des douanes, 
l'Agence generate tiendra, a partir du i or Jan- 
vier prochain, son service et ses equipes en 
permanence dans le batiment de Imposition 
au Cbamp-de-Mars et au Trocad6ro, et sera 
ainsi en mesure, avec un puissant materiel, 
qui comprendra des grues roulantes et a va- 
pour, de satisfaire a tous les besoins qui pour- 
raient se rev61er tant a l'arrivee qu'au depart 
des marchandises des exposants. 

« Elle se chargera, en outre, d'enlever apres 
le deballage les caisses vides avec leurs fourni- 
lures, de les garder dans des magasins sp6- 
ciaux pendant toute la dur6e de PExposition, 
avec garantie contre les chances d'incendie, et 
cnfin de les rapporter aux exposants apres la 
cloture de PExposition. 

« Pour faciliter encore a MM. les exposants 
Strangers ou francais qui d6sireraient envoyer 
]>ar anticipation a Paris les colis destines a TEx- 
position universelle de 1878, la chambre de 
commerce reduira ses tarifs de magasinage de 
■if) p. 100 dans les magasins qu'elle administre 
a la Douane ccntrale do Paris, rue de la Douane, 

n° 17. 

« Ces tarifs comprennent : l'entr6e, la sortie 
et le d6pAt, toute manutention de d6charge- 
ment et de rechargement comprise. » 

Voici les prix d'aprfcs Iesquels se feront ces 
operations : 

A l'arrivee, la reception, le d6chargement, 
renregistrernent et la conduite a pied d'ceuvre 
conteront i fr. 50 par colis de 100 kil. et 50 c. 
par fraction de 50 kil. en sus; l'ouverture et le 
deballage, i fr. 50 et 75 c. pour les monies 
poids. 

Pour les marchandises fragiles, telles que 
bronzes, cristaux et objets d'art, il sera percu, 
pour l'ouverture et le deballage, 2 fr. 2V> en 
sus. 



Pour la conservation des caisses, le transport 
(aller et retour), le gardiennage, lassurance, 
il sera per^u 3 fr. par caisse de 1 metre cube 
et ao-dessous; 75 c. pour chaque metre cube 
en sus. 

Au depart, Temballage, la fermeture, le pe- 
sage, le marquage et le rechargement des colis 
eonteront 3 fr. par 100 kil. 

A regard des colis qui seraient envoy6s par 
anticipation a la douane centrale de Paris, ils 
seront recus dans les magasins au prix de 1 fr. 
les 100 kil. (dechargement, sejour, assurance 
contre Tinccndie et rechargement compris). 



FAITS DIVERS. 



Le Tribunal civil de la Seine est appeie a 
juger une interessante question de propriety 
litteraire. 

M. Michel Masson fils reclame a son pere la 
copropriete" de toutes les oeuvres litteraires pro- 
duites par son pere, et ce, comme heritier de 
mtre d6ced6e. 

La l re chambre, saisie du procfcs, jugera 
la question de savoir si la propriete litteraire 
est personnelle ou constitue un bien mobilier 
tomhant danslacommunaute. 

M r Jorct-Desclozieres plaidera pour M. Michel 
Masson iils. 

M« Nogent Saint-Laurens plaidera pour 
M. Michel Masson pere. 



Nous lisons dans le Moniteur de la jpapetc- 
rie francaisc. 

« Un affreux ev6nement vient d'ensanglanter 
1'usine de Montfourat (Gironde), une des plus 
importantes papeteries de la region. 

« Le 19 novembre, a 3heures et demie, un 
lessiveur cylindrique a 6clate, r6pandant la 
mort et entassant les ruines dans ce bel eta- 
blissernent, ou, un instant auparavant, le tra- 
vail regulier suivait paisiblement son cours. 
Au bruit de I'explosion, chacun cherchait a 
fuir au milieu des eboulements. Toute la par- 
tie posterieure de Tusine a ete detruite. M. Au- 
guste Vorster, directeur de la fabrique, et 
quatre ouvriers ont et6 tu6s. En outre, six 
ouvriers ont 616 blesses, parmi Iesquels il en 
est trois dont T6tat inspire de vives inquietu- 
des. La pi u part de ces in fortunes etaient ou 
sont charges de famille. Si les victimes sont 
aussi nombreuses, c'est qu'au moment de la 



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ClfttlONlQUE. 



catastrophe on 6tait occup6 a cliargcr dc chif- 
fons un, second lessiveur. 

« Toute Fusino est arrot6e pour environ un 
mois, Les dommages mal6riels, 6valu6s d'une 
fa$on approximative a ^0,000 francs, sont con- 
verts par plusieurs assurances. 

« On ne saurait determiner avcc precision la 
cause de Fcxplosion, car le lessiveur avail 6te 
sous une pression constante de 2 1/2 atmo- 
spheres, et pouvait aller jusqu'a 5. 

<( Ce n'est que le lendemain, vers 11 henres 
du matin, aprcs une nuil de travail, qu'on a 
pu reironver le corps de M. Auguste Vorster, 
sous un am as dc di'combrcs et de debris de 
toutes sortes. 11 est evident quo la mort fut 
instantanee. 

M. Auguste Vorsier 6tait a peine age" de 
trenlc ans. 11 avait su deja fa ire apprecier son 
intelligence, son esprit droit ainsi que son ca- 
ractere laborieux, et Ton pouvait prevoir qu'il 
deviendrait un des meilleurs fabricanls de la 
nouvelle generation de Ja papeterie. 

Le Moniteur dc la papeterie francaise ajoute 
qu'a la nouvelle de la catastrophe, MM. Wolf 
pere et fils et P. Manoury pensaut elre en cette 
circonstance les interpretes de rindustrie el 
du commerce de la papeterie, out propose 
d'ouvrir dans les bureaux du journal une 
souscription en faveur des vidimus, s'inseri- 
vant eux-m6mes tout d'abord pour une somme 
de ;JO0 francs. 



La CJiambre des rcpr6sentanls de Washing- 
ton vient d'udopter hi projet de loi aulorisanl 
le gouverncment des Ktats-llnis k accepter 
Finvitation de la France a prendre part a 
FExposition universelle de 1878. 

Pour subvenir aux frais de la section des 
Ktats-Unis, la Chambre des representants a 
vote un credit de l;iO,000 dollars. 



-i.'Kis* 



NECROLOGIE 



Nous avons hi regret d'annoncer la mort (hi 
M me Firmin-Didot, m'eMicard, dec6d6e (jn son 
chateau de Sorcl-Moussel (Eure-et-Loir), a FAge 
de quatre-vingl-un ans. Madame Didot a suc- 
comb6 presque suhiLcme.nl, a la suite d'une 
attaque de paralysie. 

Digno compagne dc IVmiinent 6diteur Am- 
broise Firmin-Didot, mort Fan dernier, et 
mere de M. Alfred Didot et de M m ° V« Des 

Vergers, M ,u<> Didot etait une femme d'une dis- 



tinction rare, aussi recommandable par les 
dons de Fesprit que par les qualites du cocur, 
Jusqu'au dernier moment, malgr6 son grand 
age, elle continua a diriger sa maison et sut la 
maintenir ce qu'ellc avait 616 pendant tant 
d'ann6es, le rendez-vous rcchcrch6 d'une so- 
ci6t6 d'61ite. 

On sait A Paris aussi bien qu'A. Sorel quelle 
fut Fetendue de sa sollicitudo et de son d6- 
voucment charitable pour ccux qui souffrent. 
(Vest elle, on ne Fa pas oul>H6, qui, pendant 
le si6go de Paris, in stall a une ambulance dans 
le local de la librairie, rue Jacob. En 1871, 
elle apporta A M mo Thiers un conconrs des plus 
ardents pour la fondalion de Foeuvre admi- 
rable du sou des chaumieres. Elle cultivait 
les arts non sans succes. La petite 6glise de 
Sorel possede un chemin de croix, muvro de 
son ciseau ; on lui doit egalemenl un buste de 
son mari, qui a 6t6 admis a Funo de nos expo- 
sitions. 



— >^»*^Sl,C— 



VENTES PUBLIQUES. 



Besangon. 

Lundi 10 (Ucembre 1877 et jours suivants. — 
Collection important e de livres : theologie, 
droit, sciences, Iill6rature, livres illustres, his- 
toire g6n6rale des provinces. 2100 runn6ros. — 
Libraire ; Ch. Marion. 

Amsterdam. 

Lundi 17 ddcembre 4 877 et jours suivants. — 
ItiblioLbeques delaiss6es par MM. David Koning 
eL P. Langerhuizen. — Libraire : Fred6rik 
Muller cL C°. 

Louvain. 



It ue de Namur, 1G, 



Lundi 10, mardi 11, mercredi 12, jeudi 13 el 
vendredi 14 ddcernbre 1877. — (irande colledion 
de livres provenanl des biblioLh6ques de plu- 
sieurs mortuaires, contenant des livres de Lh6o- 
logie, de dogmatique, d'histoire, etc. — Li- 
braire : Ch. Peeters. 



Le Seer itaire-G Aran /, Blanchot, 



i'.iriK. — Typ. Pilliit et Lluuiou I in, i"t3 «• <l<'a Gr.- Au^of-tins, 5. 



•> S 



66 e Ann6e. 2« S6He. 



-% 



N° 50. 



15 D6cembre 1877. 



/'•$> DE 



CHRONIQUE 



DU JOURNAL GtiNKRAL 



PIUMERIE ET DE LA LIBRAIRIE 



\ ■ _ Paris, atfxcrclc de la Lilirairie, de I'lmprimcric el de la Papelerie, rue Bonaparte, \. 

So MM air k z Jurisprudence. — Academic, des inscriptions et belles-lettres. — Fails divers. — Ventes 

publiques* 



JURISPRUDENCE 



Tribunal correctionnel de Paris fs«ch.). 

PRfcSIDENCE DK M. BOIUj^C.fcU. 

Audiences des 20 novembrc et (> de'cenn ] » v •. 

MM. CHOUDKNS CONTRE M. CASTKLLANO. DROIT 

li'AUDITlOiN. — DROIT I>'KJ>mON. COPIK IMJNIv 

PARTITION PAR UN lURKf.TKIJR. CO NTH KK A CON. 

— airs de La Boulanycrc kt dk La Famille 
Trouillat. 

MM. Choudcns pere ol His, editeurs do mu- 
siqun, demeurant a Paris, rue Saint-Hooore, 
205, ont assigne dcvanlle Tribunal correction- 
nel M. Castellano, direclenr du Chatelct, place 
dti Clultelel, en conlrefacon, a propos de 
Pexecution, sur son theatre, d'airs fires de la 
Boulangerc et de la Famille Trouillat. 

MM. Choudens soutiennent qu'ils ont acquis de .lac- 
(pics Offenhaeh et de L<'on Vasseur la propriiHo pleine 
et entiere des operas : la Hoiilnngcrr a des ecus et de 
la Famille Trouillat, et qu'ils ont seuls le droit de pu- 
blier, editer et vendro lesdits ouvra^es; les theatres, 
disent-ils, qui veulent representor tout on partie de la 
fioula ii(j ere ou de la Famille Trouillat, doivent traitor 
avee Choudens pore et ills pour obtcnir la musique 
neecssaire aux representations. Or, M. Castellano a 
fait orehestrer et copier deux fragments important* et 
a siicees, qui chaqne soir ont ete" hisses: 1° de la ltou~ 
lanyere a des e'eus (Nous sommes trois cents i'emelles) ; 
2° de la Famille Trouillat (Cost les Normands), ct 
qu'il a introduits dans les Sept Chateaux du Diablc, 
f eerie representee au ChAielet. 

MM. Castellano a done commis, au detri- 
ment des editcurs-proprietaires , coneluent 
MM. Choudens, une conlrefacon qui leur est 
prejudicial)!*;. 

C/troniquc, 1K7T. 



lis demandent, en consequence la confisca- 
tion des cxemplaires contrcfails, et la condain- 
nation de M. Castellano a 10,000 francs de 
dommages-interets pour reparation du preju- 
dice eprouve. 

M° Ponillet, avocat de MM. Choudens pere el 
His, d6veloppe ces conclusions. 

M° Oscar Falateuf presente la defense de 
M. Castellano. 

II expose que sou client, par stiitc d'mi traite pass*'; 
avee la Societe des Autours et Compositeurs de must- 
que, <lont Choudens fait partie, est on possession, 
moyennant une rodevauce lixe, du droit de faire 
executor sur les theatres qu'il diri^e toutea les iruv res 
des sor.ti'taires. Peut-on eomprendre <:e droit d'audi- 
tion avee oette restriction (pie pretend etablir l'odi- 
teur; <:elui-ci alors pourrait ainsi aiuiiliiler le droit 
d'audition en rrfnsaiit do vendro la partition on en la 
vendant nn prix exa^Ore. La pretention de M. Chou- 
dens est d'autant moins admissihle qu'il ne fait partie 
de la Sor.iele qu'en qualite d'editeur; or, en ee,tte qua- 
lite t il touetic une part des droits a chaque represen- 
tation. 

I,e defenseur sifxnale TinipossihiltU' poor le directour 
d'aoheter une voluinineuse partition comnie celle de la 
Mueftc, jiar exemple, pour en choisir \\\\ seul air. La 
partition est ecrite, orchestree pour cent executants, et 
M. Castellano est force de faire reduire ies aecompa- 
^nements en raison de son orchet-tre, tout en respee- 
tant la melodic. Si, dans une, soiree, il a fait entendre 
par exemph des airs de vinijt operas dilferents, aiira- 
t-il ete dans l'ohli^ation d'acheter vin^t partitions dif- 
ferentes ? 

M e Falateuf donne lecture au Tribunal d'une 
consultation redigee sur la demande de la 
societe des Auteurs, (Compositeurs et Editeurs 
de musi([ue par ses conseils judieiaires. Cetle 
consultation conclut contre M. Choudens et en 
faveur de M. (Castellano. 

M. Potier, suhstitut, requiert l'application de 
la loi. 



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206 



CHRONIQUE. 



Le Tribunal rend 1c jugement suivant : 

« Le Tribunal, 
« En la forme: 

« Attendu que la quality des demandeurs n est pas 
contestee ; 

« Attendu que le droit do propriety des auteurs 
d'oeuvres dramatiques on musieales est protege: l°par 
la loi des 13 et 10 Janvier 1791 en ce qui regarde la 
representation publique desdites reuvres ; 2° par la loi 
du 19 juillet 1703 pour ce qui eu concerne la reprodne- 
tion on l'edilion ; 

« Attend u qu'il est judicial rement etabli et meme 
avouo par le prevenu qu'il a, depnis moins de trois 
ana, a Paris, fait orchestrer et copier 1'air ayant pour 
titre : Nous sommes trois cents' fvmelles, tire" do la 
lioulangere a des (kits, opera de Leon Vasseur, pour 
lesdits airs Atre chantes sur le theatre du Chatelet, 
dans les representations publiques et pnyantes de la 
f eerie dite les Sept ehdteaux d?/ Diable ; 

« Attendn qoo si, par suite de conventions passees 
nvec la SocuUe des Auteurs, Compositeurs et Kditeurs 
de musiquo, dont font partie Offenbach, Leon Vasseur 
et Choudens, leurs ccssionnaires, Castellano est auto- 
rise a representor, sur le theatre dont il est directenr, 
les n'uvres desdits assoeies, il reste, toutefois soumis 
aux r^^ r les du droit comnuin pour la reproduction on 
1'edition de ces menies o'uvres; 

« Qu'il resulte, en efVet, des termes precis de Par- 
ticle 20 des statuts de ladite Sooieto, que, le droit 
d'edition des o-uvres musicales reste en dehors de ses 
attributions, eelui d'audition <Hant seul alieW; a son 
profit par les compositeurs qui en font partie ; 

« One Castellano ne petit done invoqtier utilement, 
dans 1'esjii-ee, Tautorisation do ladite Societo ; 

« Qu'il ne pent davantnj^e exciper de sa bonne foi, 
lorsquo, par suite, de son Industrie, il sait mieux que 
tout autre, que la partition (Tune o'uvre musieale eom- 
prend necessairement tous les moreeaux arlaptes a 
ohaque instrument pouvant scrvir a son execution; 

« Que si la reproduction incrimincc a etc manus- 
crite, elle n'en est pas moins delictueuse, les termes 
de l'article 425 du Code penal n'etant pas limitatifs ; 

« Que Castellano a ainsi cornmis le debt prcvu et 
puni par l'article 425 p recite et les articles 427, 428 
et 420 du memo Code; 

« Et statuant sur les requisitions de la partie, civile : 

« Attendu que Choudens pern et fds out rtprmivu 
des fails ci-dessus caraeUSrises m) prejudice dont Cas- 
tellano leur doit reparation ; 

« Que Us Tribunal a les elements pour en 6valuer 
des a present l'importance ; 

« Par ces motifs, 

« Paisant application des dispositions do la loi ; 

« Condamne Castellano a 100 francs d'amende; 

« Le ermdamne. ■ a payer a Choudens et tils la 
somme de 1,200 francs, a titre de douuna<res-interets ; 

« Ordonue la confiscation des evemplaires eontre- 
f'aits. » 

Acad£mie 
des Inscriptions et Belles-Lettres. 

Seance publique annuelle. 

L'Acadernie des inscriptions et. belles-lettres 
a term le 7 decern bre, sous la presidence de 
M. Ravaisson, sa seance publique annuelle. 



M. Ravaisson a la un discours sur les prix 
decerncs cette annee et sur les sujets de prix 
proposes. Nous publions plus loin la liste des 
prix. M. Ravaisson a fail connaHre les divers 
travaux qui ont particulierement attire Patten- 
tion de PAcademie. Le sujet propose pour le 
prix ordinaire a decerner en 1377 ctait de 
recucillir et d'cxpliquer les inscriptions inte- 
ressant Phistoirc de France pour la pe>iode 
comprise entre Pavtmement de Pepin le Bref et 
la mort de Philippe P r , e'est-a-dire sous les 
Carlovingiens et les premiers rois capetiens. 
L'auteurdu travail couronne est M. Robert de 
Lasteyrie, « jeune savant, a dit M. Ravaisson, 
dont PAcademie avait dej;Y couronne, il y a 
deux ans, nne excellente i^tude sur les eorntes 
et les vicomles de Limoges poste>ieurs k l'an 
1000. » 

Le discours de M. Ravaisson n'a pas 6t6 
seulement un rapport. 11 contient des conside- 
Vations elcvees, on Pauteur,aprcs avoir rappele 
les origines et T si Ton nous perrnet ce terme, 
la destination de PAcademie des inscriptions et 
belles-lettres, a finalement analyse les rapports 
qui existent entre le vrai et le beau. Son elo- 
quente peroraison n'est autre chose que le 
developpcment de la grande pens6e de Platon : 
Le beau ^st la splendour du vrai. 

Apres M. Ravaisson, on a entendu M. Wal- 
lon, secretaire perpetuel de PAcademie. 
M. Wallon a donno U;cture d'une Notice hisfo- 
ri(pie sur la vie et les travaux du vicomte 
Kmmanucl de Rouge, excellent morceau de 
critique hiographique et scientifique, int^res- 
sant par le snjet memo et par la clart6 de 
Pexposition. M. de Rouge est entre vaillam- 
ment dans le champ d 'etudes et d'investigations 
ouvert par Champollion. Avec lui, les myste- 
rcs do PEgypte ont Hvr6 une partie de leurs 
secrets; les sphinx ontcess6 de liraver par leurs 
6nigmes la curiosity de la science contempo- 
raine; les hi6roglyphes ont H6 declnfTres; les 
diverses sortes d'ecritures antiques ont e(6 
elassees ; les premiers elements de Palphabet 
moderne ont ete retrouves sur les monuments 
les plus anciens. Voila 1'etude a laquelle M. de 
Rouge a consacre sa vie. Sur Phomme m£me, 
sur son caraclere simjde, modeste, religieux, 
M. Wallon a donn6 des details sou vent ton - 
chants. Dans le savant il a relrouve Phomme, 
et il a reconstitue nne physionomie digne de 
sympathie et de respect. 

La seance s*est terrnin6e par une lecture de 
M. Gaston Paris. Nous passons ici de PEgypte 
an moyen age, et de Ramses k Charlemagne. 
La Chanson du pdlcrinage de Charlemagne est 
une des plus curieuses chansons de geste qui 
nous soient rest^es, et Pune des plus divertis- 
santes. Ce n'est plus Charlemagne guerrier, 
avec sa puissante ep£e, et suivi par des armies 



■.x r i. ,.■[... i 



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• * 



CHRONIQUE. 



207 



Voiei li list** des prix deeernes par TAeade- 
mie des inscriptions et belles-lettres: 

PRIX OROINAlllK. 

1/ Academic avait proroge a Tan nee 1877 le 
sujet suivant, qn'elle avait deja propose pour 
fan nee 1875 : 

« Histoire de la piraterie dans les pays me- 
diterraneans depuis les temps les plus anciens 
jusqu'a la tin du regno deConstantin IcCrand.» 

Cette question ay ant ele rnise an coneours 
deux fois sans resultats satisfaisants, 1'Aeade- 
mie la retire et la remplace par one autre. 

L'Academie avail en outre propose pour 
Tannee 1877 le sujet suivant: 

« Hecueillir et expliqucr, pour la pcriodc 
comprise entre Tavenement de Pepin-le-Brcf 
et la mort de Philippe K r , les inscriptions qui 
penvent interesser Thistoire de France. » 

L'Aeademie decerne le prix a M. Robert de 
Lastoyrie. 

ANTIOUITKS I)K LA FRANCE. 

L'Academie d6cerne : 

La \ ri ' medaille a M. Rernav pour son Inven- 
taire des seeaux de la Pieardie. 

La t>" medaille a M. Ilrosselard pour son 

M^nuure e'pigraphique ft historigtie sur It's tnm- 



innombrables et invincibles, mais Charlemagne 
pelerin, voyageant de Paris a Jerusalem, de 
Jerusalem a Constantinople, et de Constanti- 
nople a Paris. Ses douze pairs sont avec lui, et 
Dieu sait tous les prodiges que la verve moitie 
goguenarde, moitie epique du poete fait eclore 
sous leurs pas. La Chanson du pelerinage de 
Charlemagne est un des monuments les plus 
precienx du moyen Age, soit an point de vue 
de Thistoire, soitau point de vue de la langue. 
Oui, Thistoire a beaucoup a prendre dans la 
16gende. L'imagination populaire avec ses fan- 
taisies capricieuses, Tidee que nos ai'eux se 
faisaient de Charlemagne, mCme dans leurs 
jcux d'esprit, ne sont point inditlYirentes pour 
juger une 6poqne, sans parlerdes mille details 
on les contemporains se peignaient eux-m£mes 
dans leur vie habituelle. Nous savons par la 
Chanson de Charlemagne ce qu'etait un pcle- 
rinage anx Lieux Saints avant les croisades, 
avant que 1'ideo frit venue de drlivrer ou de 
conquerir le tombeau du Christ; ce (pie les 
pelerins emportaient avec eux, le chernin qu'ils 
prcnaient, etc. Ces poemes sollieitent tous les 
genres d'erudition. Us ont en outre Tavantagc 
d'etre amusants, surtout lorsqu'ils sont bien 
iraduits et bien racontes,, et M. (iaslon Paris 
a montre qiTt'l n'eJail pas seulement un savant, 
niais un homme d'esprit. 

(I)cbats.) 



beaux des emirs Beni-Zeiyan et de Boabdil, 
dernier roi de Grenade , d6couverts a Tlemcen. 

La ;t c medaille a M. Peigne-Delacourt pour 
son Histoire de Vabhaye de Notre-Dame d'Ours- 
eamp. 

Des mentions honorables sont accord£es : 

1° AM. Chabaneau pour sa Grammaire li- 
mousine t 

:>° A M. ftion de Marlavagnc pour son His- 
toire de la cath6dralc de Rodcz. 

3° A M. Richard pour son etude intilul6e : 
les Collibcrts. 

4° A M. Raynaud pour son 6lude sur le Dia- 
leete picard dans le Ponthicu. 

:>° A M. Brassart pour son Histoire du cha- 
teau et de la ehdtellenie de houai. \\ vol. 

fr A M. Drapeyron pour son e>sai sur le 
caractere &e\<iLuttc de V Aquitaine et de VAus- 
trasie sous les Merovinyiens et les Carlovingiens. 

MUX KOiNltK PAH I.K HAHON OOItKIlT. 

Le premier prix a ete- decern6 a M. Celestin 
Port pour son Dictionuaire historiquc, gtogra- 
phigne et bioyrnphique de Maine-^t-Loirc. 
Tomes I et II. 

Le second prix, a M. Roschach pour ses 
Etudes historlques sur la province de Langue- 
doc, depuis la rtgenee d'Annc d'Autriche jus- 
([11 a la creation des departements, \{\\W- 171)0. 

iuux ro.NitK pah M. noani.N. 



L'Academie avait prorog6 a l'annee 1877 les 
dt»ux questions snivantcs : 

« 1° IHscutcr 1'authenticite, determiner la 
date et apprecier la valeur des textes hagio- 
graphiques qui se raj»porlent X Thistoire de la 
Canlc sons Clovis I rr . 

« 1° Kaire Thistoire des Ismail ions et des 
rnonveinents sectaires qui s'y rattachent dans 
le sein de Tislatnisme. » 

Ces deux questions avant deja ete [>ropos6es 
plusieurs fois sans resultats satisfaisants, TAca- 
demie les retire dn coneours et les remplace 
|>ar deux autres. 

L'Academie avait egalement prorogfi a Tan- 
n<j(; 1877 le sujet suivant : 

« Hecueillir les notns des dieux mentionn^s 
dans les inscriptions babyloniennes et assy- 
riennes tracees sur his statutes, bas-reliefs des 
palais, cylindres, amulettes, etc., et tacher 
d'arriver a constituer, par le rapprocliement 
de ces lextes, un pantheon assyrien. » 

L'Acad^mie'ne decerne pas de prix ; mais, 
vu Tinterfit que presentcnt d(\y\ deux des M^- 
moires d6poses surcette (juestion, elle proroge 
le coneours a Tann6e 1879. 

L'Academie avait en outre propose, pour la 
inAme annee, la question suivante : 

« Lxposer Tecononiie politique de Tltgypte 



V," • ' >-' '.'■' ". 



^^/^ .;."■ '•':-■";''■■■ ".:.■ _ 

CHR0N1QUE. 



i,* 



208 



depuis Ja conquete de co pays par les Romains 
jusqu'a la conquete arabe. » 

Aucun Memoire n'ayant 6t6'depos6 sur ce 
sujet, TAcad^mie proroge Ie concours a. l'an- 
nee 1880. 

PRIX BRUNEI". 

M. Brunet, par son teslanaent en date du 
14 novembre 1867 } a fonde" un j)rix iriennaldc 
3,000 fr. pour « un ouvrage de bibliographic 
savanle que I'Academie des inscriptions, qui 
en choisira elle-meme Ie sujet, jugera le plus 
digne de cette recompense ». 

L'Academie, se proposant d'appliquer suc- 
cessivement cc prix aux diverses branches de 
I'erudition, avait.mis au concours, pour Tan- 
nee 1877, le sujet suivant : 

<( Faire la bibliographic de cellos des amvres 
ocrites au moyen age, en vers franeais on pro- 
veucaux, qui ont el6 pnblioes depuis 1'origine 
de Tim prim erie. Tndiquer en outre les manus- 
crits on elles se trouvent. » 

Quatre Memoires ont eh' 1 envoyes au con- 
cours : trois d'enlre eux ont oflert des qualites 
recommandables; mais_, en raison (rune exe- 
cution trop incomplete on de rimperfeclion de 
la methode, auciin'n'a paru meriler le prix. 

MUX STANISLAS JULIKN. 

Par son lesiarnent olographe, en date du 
2fi octobre 187<2, M. Stanislas Julien, membre 
de l'lnstitut, a legue i I'Academie. des Inscrip- 
tions et Helles-Lettres nne rente de 1,J>00i'r. 
poar fonder un prix annuel enfaveurdu meil- 
leur ouvragcrelalif a la Chine. 

L'Academie decern c le prix a M. Phi last re, 
lieutenant de vaisscau, auteur du Code anna- 
mite. 

L'Academie a proroge a Tannee 1878 les 
concours sur les snjets suivants : 

Le Senut romain sous la rCpublique et Vem- 
pire jusqu'a la mart de Thtodose, et rUistuirc 
de la Syria, depuis la. cojiqwHc musuhnanc jus- 
qua la chute des Qmmiades. 

En 1878 aussi scrad^eerne un prix, en vertu 
du legs Helalande Ciuorineau, a I'ouvrage qui 
sera juge- Ie moil leur sur la Languc fran- 
caise. 

Des concours ont etc" ouverts pour Pannee 
prochaine sur YHistoire de la civilisation sous 
le Khalifat, et sur les Crandes Chroniques de 
France. 

Dautres auront lieu pour 1879 sur les Insti- 
tutions politiqites, administratives et judiciaires 
dureijnede Charles V, et sur la LUUrature 
grecque en Kgypte. 

Pour 1880, dos concours sont ouverts sur 



YHistoire des impdts indirects chez les Bomains, 
et sur la Geographic de V Occident, telle que la 
comprirent et I'exposerent dans leurs ecrits les 
Juifs du mo}*en Age, sur la Vic et les CEuvres 
de Christine de Pisan, sur les Castes de Vlnde, 
sur Jes Ecrits d'Eustathe, le commentateur 
d'Homere au xin°siecle. 



■*»*»^» 



FAITS DIVERS. 



Le ministre des affaires etrangeres et le mi- 
nistre de l'agriculture et du commerce ont 
sign 6, le 8 d 6ce mbre, avec S. Exc. M. le mar- 
quis de Molins, ambassadeur de Sa Majesty 
Catholiqoe, une convention de commerce qui 
stipule, entre autres dispositions, la suppres- 
sion des droits diflerentiels, en vertu de la 
concession reciproque du traitement de la na- 
tion la plus favorisce. 

Cette convention entrera en vigueur des 
qu'elle aura ete ratifi6e, apres raccomplisse- 
ment des formalites prescrites par les lois 
constitnfionnellcs des deux pays. 



■a tf * 0m f 



VENTES PUBLIQUES. 



Paris (niaison Silv^stre). 

Samedi 15 d6cembre 1877, a sept hen res et 
domie du soir. — Lett res autographes compo- 
sant le cabinet de feu M. le marquis de Loyac. 
— Li bra ire : J. Charavay. 

Mcrcredi 1!) et jeudi 20 dCcembrc. — Livres 
anciens et modernes. — Libraire : A. Chos- 
son ner}'. 

Amsterdam. 

Lundi 17 de'ecmbre 1877 et jours suivants. — 
Itibliotheques dclaissees par MM. David Koning 
et P. Lunge rh uizen. — Libraire : Frederik 
Muller et C<\ 

Bruxelles. 

10, Petite-Huc-dc-rKtiuyur. 

Lundi 17 de'ecmbre 1877 ct les cinq jours sui- 
vants. — Livres anciens (it modernes, provc- 
nant rle plusiours bibliophiles, en partie de feu 
M. Adolphe Dillons, artiste j>einlre. — Li- 
braire : A. lilufT. 



Le Secr4taire-G4rant<, BLANCOOT- 



( > 'iriB. — Typ. IMUot «t I)ii!fniuh;i, wv. rle.H tir.- Au^nf i ma, fi, 



66* Ann6e. 2« S6rle. 



N* 51. 



22 D6cembre 1877, 




CHRONIQUE 



DU JOURNAL GENERAL 



IMERIE ET DE LA LIBRAIRIE- 



(g, h ! r -^i- 

i - z Parii, . a£ Tcrcjccjje fc 



cjje h Librairie, de rimprimerie ct <lc la Papclerie, rue Bonaparte, 1. 



./j 



SommauqV u'i^llij^mimHr. — Jurisprudence. — Faits divers. — VariH&s ; La St^nochromie. 



Avis au public. 



CORRESPONDANCK AVKC LES KTATS-UIMIK 
PAR LA VOIK I»*AN(;LETKKRK. 

Les expeditions d'Angleterre des malles a 
destination des fitats-Unis auront lieu n'^ulie- 
remcnt, en 1878, trois fois par semaine, le 
mercredi, le vendredi et le dimanche (depart 
dc Queenstown) au moyen des paquehots des 
compagnies Cnnard, Inman et White Star 
Lines. 

Pour profiler des departs indiques ci-dessus, 
les correspondances a destination des Etats- 
Unis devront etre expedites de Paris, au plus 
tard, la veillc au matin (mardi, jeudi et sa- 
medi) par le Irain-poste partant de la gare du 
Nord a 7 ii . .'*:> in. du matin. 

Les correspondances destinees par les en- 
voyeurs a (Hre recxpediees d'Angleterre sur 
New-York au moyen d'autres services (pie 
ccux dfcignes plus haut, devront presenter 
tres-cxplicitement 1 indication du steamer a 
employer pour leur transmission et du port 
hritanniquc d'embarquement. 

Quant aux expeditions sur les Ktals-Unis par 
la voie du Havre, elles continueront a etre 
effectuees, chaquc semaine (le samedi), au 
moyen despaquebots-postc franeais et des stea- 
mers hanibourgeois. 



LIVRES ET IMIOTOfiHAPHIKS A DKST1 NATION 
DES KTATS-UNIS. 

L'ad ministration des postes americaines 
vient de notificr qu'aux termes d'une decision 
r6cente, il ne sera plus donne eours dans son 
service aux livres et photographies adresse\s 
d'Europe aux Ktats-Unis par la voie de la 

Chroniqw;, 1877. 



poste, et qui seraient passibles de droits de 
douane a leur entree sur le territoire ameri- 
cain. 

Les droits de douane appli cables aux filats- 
Unis, a l'importation, aux livres et photogra- 
phies, ne sont pas exigibies pour les categories 
suivantes : 

i° Ouvragcs editesdepuis plus de vingt ans; 

2° Hevues et recueils d'un caractere perin- 
dique ; 

3° Livres d'une valeur commerciale non su- 
perienre A 1 dollar (Ii fr.); 

4° Photographies dcstin6es a des parents ou 
amis et expedites isolfiment en une trop petite 
quantity pour pouvoir constituer nn envoi 
commercial. 

Par consequent, en dehors des exceptions 
enu merges ci-dessus, il ne pourra plus etre fait 
usage, par le commerce, de la voie de la poste 
pour l'expedition de livres et de photographies 
aux Ktats-Unis. 



JURISPRUDENCE. 

Tribunal civil de la Seine (3° chain bre). 
Prtisidence de M. QufciiENET. 

t Audience du 28 novemhre 1H77. 

AUTEUIt. IMU>l»IUKTK 1NDUSTHI ELLK. — I>ROCEDE 

IIKKVKTK. OMISSION DU NOM I)K l'iNVEN- 

TKIJK. IMIOTOGKAPII1E. 

L'auteur qui., sans Clever son wuvre a la hau- 
teur d'un ouvraqe technique, sernblc mtmc 
inspire par les sentiments d'un inttrit pro- 
fessionncl et mercantile, ne peut, en cxj>osant 
Vital d'une science au 'moment* on il frrit, 



210 CHftGWIQUlE. 



tire term, en livrant ses iUments a la publi- 
cit6, de se pre'ocuper de ceux qui en Hcla- 
ment Vid£e premi&rc. 

Voici dans quelles circonstances de fait le 
Tribunal a r6solu Timportante question de 
propri6t6 industrielle qui precede. 

M. Carette, photographe a Lille, est invon- 
teur d'un proc6d6 pholo^raphique dit « agran- 
dissement universel » , Dans le courani de Fan- 
nie 1876, M. Liebert, photographe ;V Paris, 
publiait un ouvrage intitule : la Photographic 
au charbon misc a la portdc de tous. 

M. Carette a pnHendu qu'en exposant son 
proc6d6 et en n'indiquant pas qu'il etait bre- 
vets et quel en Halt Tinventeur, M. Li6bert 
lui a caus6 un prejudice dont il demandait 
reparation au moyen : 1° d'une provision de 
2,000- francs et de dommages-inteWHs a fixer 
par 6tat; 2° de Intercalation dans les exern- 
plaires non vendus, d'un carton indiquant le 
nom de l'inventeur, et 3° de {'insertion dans 
dix journaux de Paris et des departements. 

Le Tribunal, apres avoir entendu M° Pa- 
taille, avocat du demandeur; M° Huard, 
avocat de M. Liebert, et les conclusions de 
M. le substitul Angot des Kotours, a rendu le 
jugement suivant : 

« Le Tribunal, 

« Attendu qu'il resulte de l'examcn des documents 
dn proct':s que le procede* dVu/randissements photo^ra- 
phiqucs aver, cliches au charbon, rapport*' par Liebert 
mix pages 138, 139 et H3 de l'ouvra^e par lui public 3 
en 187G, sous le litre : la Photoyrapfrie au charbon 
mine a la portfo da fous y est bien reellemeut la 
meme, a quclques details prcs, que celui qui, d'aprcs 
la description qui y est jointe, a fait l'objet du brevet 
d'invention pris par Carette, sons la date du 23 mars 
1875, pour un mode de travail photographique dit 
« a^randissement universe], procede Carette »; 

« Attendu toutelois que la relation de ee procede 
sans la mention de sou inventeur et sans faire con- 
naitre qu'il etait breveto au profit de cc dernier, ne 
pent etre retenue a grief ermtre Liebert; 

« Attendu, en effet, que IVtcrivain qui expose dans 
un ouvrage technique Tetat d'nne science au moment 
on il ecrit, doit etre enticement maitre de son reuvre 
et des conditions dans lesquelles il lui parait utile de la 
roaliser; 

<< Qu'il irnporte, dans Hnteret de la science, qu'il 
puisse la concevoir en dehors de unite acception de 
personnes ; 

« One les elements d'une science appartiennent au 
domainc public, du moment ou ils out ete livres a la 
publicity de quelque manic-re que ce soil; que chacun 
peut les citer, les discuter, les repandre, sans avoir a 
se preoccuper de ceux qui en rcclament 1'idc-e pre- 
miere; 

« Qu'il estdu droit de l'auteur d'un travail seienti- 
fiquo d'en puiser les donnees partout ou il peut les 
trouvcr, soit dans ses propres etudes, suit dans les 
observations de ses predecessours ou de ses contempo- 
rains; 

« Que lui im^oser le devoir do recherher et de signa- 
ler les inventeurs dont le nom se rattache aux prin- 



cipes scientifiques qu'il rappelle, ce serait, dans bien 
des cas, lui demander un travail impossible et toujours 
l'exposer a compromettre 1'autonte, Pindependance et 
la sincente do ses appreciations par leur subordination 
a- des questions do personnes; 

« Qu'il importe pen qu'une formule ou un prootVM 
recents, susceptible^ d'une application pratique, aient 
fait Tobjet d'un brevet, la loi qui present la publicite 
des brevets ayant en expressement pour but d'en 
livrer la connaissance a tous, et de faire servir eha- 
que invention particuliere au progres general de la 
science; 

« Qu'en n'imposant point a 1'ecrivain qui s'empare 
de la notion nouvelle pour la consigner dans un ou- 
vrage d'ensemble, le devoir d'en accuser l'auteur, la 
loi lui a abandonno Tappr6ciation des convenances qu'il 
pourrait y avoir a le faire ; 

« Que s'il est des circonstances ou la loyaute com- 
mando de rappeler a l'occasion d'un precede le nom de 
son inventeur, il peut etre, dans bien des cas, de la di- 
gnite d'un auteur de l'eviter, pour ne point paraitre 
faire acte <lc reclame en favour d'une exploitation in- 
dustrielle, on de son interet, pour ne point s'exposer 
aux difficnltes pouvant naitre de revendicattons de 
priorite de la part d'inventeurs rivaux; 

<c Que ni legalement, ni moralcmtmt, un (Scrivain nv 
peut done etre teuu de donner satisfaction aux preten- 
tions personnedles qui pourraient se prod ui re a l'occa- 
sion de,s faits scientifiques dont il rend eompte ; 

« Attendu que bien que Touvrage de Liebert ne 
puisse etre elev«5 a la hauteur d'un ouvrage de pure 
science, et qu'il semble plutut 'mspire par les senti- 
ments d'un interet professionnel et mercantile, il no 
doit pas moins etre place sous la protection de ces 
principes ; 

« Que l'auteur traitant de la photographie ditc au 
charbon, et des applications induslrielles qu'elle recoit, 
devait etre necessairement appele a parlor, pour ne 
point demeurer "mcomplet, du procede r.wendique par 
Caretto, et qui, par cela seul qu'il avait et6 port6 a la 
connaissance du public, faisait partie des elements 
scientifiques de cette branebe de la photographic, mais 
(pie rien ne Tobli^eait a reveler le nom de l'inventeur 
et a faire de son travail un auxiliairc de publicity pour 
ce dernier; 

' « Qu'il ne pourrait etre tenu de le completer dans 
le sens de la demande de Carette qu'autant qu'il lui 
aurait cause un prejudice, soit en s'approp riant indu- 
ment le merite de son invention, soit parce qu'il aurait 
compromis les droits lui resultant dc son brevet; 

« Mais attendu qu'aucune de ces causes de prejudice 
n'est justifiee; 

« Que dans aucune partie de son travail, Liebert ne 
revendique que eomme bien ou comnie invente par lui 
le procede qu'il ddcrit sous le titre : Operation pour 
obtenir une position par transparence agrandie <l'apres 
un petit ne^atif; 

« Qu'une interpretation excessive pourrait seule attri- 
buer cette porten aux expressions suivantes par les- 
quelles debute, a la page 138, la description de cette 
methode : « Ici nous procedons d'une facon compl6te- 
« merit diffdrente », expressions qui semblent plutot 
employees ponr accentuer et marquer le nouvel ordre 
d'ideeR dans le^piel s*en{;aKe l'ecrivain que pour s'attri- 
buer la paternite du systemo qu'il va decrire; 

« Que d'ailleurs renaemble du chapitre proteste 
centre le sens que Carette attache a cette phrase; 



CHRONIQUE. 



2U 



« Attendu d'autre part que la divulgation du pre- 
cede de Carette n T a pu porter atteiute a son "brevet; 
tpie son droit d'exploiter seul ce precede r. 3 mine auss 
eelui d'en poursuivre les contrefacteurs, n'est nullcment 
cnmproiuis; 

« Que si son devoir de vigilance est rendu pins 
etroit par le silence garde par Li^bert snr le brevet, 
eet inconvenient, inherent a la divulgation de tout 
precede industriel, est compense^ par la publicity 
que recoit son systeme et par I'elo^e que Liebert e n 
fait; 

« Quil irnporte de remanpier d'ailleurs (pie Liebert 
qui a entendu redder, ainsi qu'il le dit page It, un 
coura complet de photograpbie, et qui a rapport k de 
nombreux procedes dont i>lusieurs sont brevetes, n\'i 
fait connattre pour auenn d'eirx, pns memo pour celui 
dc Lambert qui eependant lui appartient, le brevet qui 
le protege et qu'il a ainsi fait one situation egale a 
tons les in ventolins, n'envisageant leurs decouvertes que 
par le cAte technique et iaissant ;'« eliaeun le- soin de- 
porter a la connaissance du public et de d/fendre ses 
droits particuliers; 

« Par ces motifs, 

« Dobontc le. deinandeur de. sa demande; 

« ftl le condanme au\ depens. » 



FAITS DIVERS. 

M. Charles Lorillenx vient de marier son'fils, 
M. Rcno\ avec M" c Alice Ledoux. La nouvclle 
de cet heurenx evenement de famille sera, 
nous en sommes srirs, accueillie avec plaisir 
de tons les lecteurs du Journal dc Id Librairic, 
parmi lesquelsnotre excellent confrere cornpte 

tant d'amis. 

Hier jeudi, cne foule empressee, que l'eglise 
de la Madeleine n'a pu toute contenir, venait 
tSmoignerde Teslime et de Inflection que eha- 
cun porte Acette famille, qui occupe une place 
si honorable dans nos industries. Presqne to us 
les membrcs du Cercle assistaient a la ceremo- 
nie, et les principals maisons d'imprimerie 
et de librairie y avaient des repr6sent,ants. 

C'etait plaisir de voir les jeunes epoux heu- 
reux des marques de sympathie qu'ils rcce- 
vaient a 1'envi et des souhaits que Ton formait 

pour eux. 

M. Rene Lorillenx, en se mariant, n'ahan- 
donne pas nos industries. II va prendre desor- 
mais sa part de direction dans l'important 
6tablissement que son pere n a cesse de devc- 
lopper. 



Un incendie considerable a defrnit, dans la 
nuit du 8 decembre, un des plus grands et des 
plusanciens ctablissements typographiques de 
la province, 1'iinprinieric Landa, a Chalon- 

sur-SaOne. 

Le feu, qui avait pris naissance dans une 
maison voisine, gagna rimprimerie par la toi- 
ture. Celle-ci bientot s'effondra, entrainant 



successi vement dans sa chute les trois stages, 
qui disparurent dans un immense brasier. 

On cut le temps cependant de sauver quel- 
ques meubles et des livres, mais il fut malheu- 
reusement impossible de preserver, faute de 
sccours sufGsants, les machines, les papiers et 
presses lithographiques. 



Le Musee britanniqne vient de faire acheter 
A Pekin un exemplaire en (J, 10!) volumes de 
la grand e Encyclopedic chi noise puhliec au 
xvii'- sieele par ordre de rernpereur Kanghi. 

Les caracteres en cuivre qui ont scrvi A 
faire le tirage ayant etc fondus pen de temps 
apres pour Aire convert is en monnaie, il 
n'existe qu'un nombre excessivement limit*' 
d'exemplaires de eel, ouvrago, dont le litre 
exact est Collection complete (Vauvriujcs anciens 
rt modcrncs, accompatjnw dc dessins. 11 sera 
prochainement envoye an British Museum. 

Les (1,10!) volumes chinois ne formeraient 
sans doute pas autant do matierc que les 10 
de TKncyelopedie Larousse; mais cette collec- 
tion est unique en Europe, car not re Biblio- 
theqne Nationale n'en possede pas d'exem- 
plaire. 



*S2W*~ 



VARIETES 



La Stenochromie. 

Nous annoncions il y a quelques mois, dans 
le Bulletin, la creation, a Paris, d'une impri- 
merie d'un nouveau genre. Kile est aujour- 
d'hui en ]>leine activity, et les resultats qu'elle 
donne sont assez curieux pour que nous en en- 
tretenions nos lecteurs. 

L'idee premiere de ce genre d'impression, 
qui permet d'obtenir simultan^ment un nom- 
bre ind6fini de couleurs, appartient a l'inven- 
teur de la lithographic, Senefelder. II en est 
lait mention dans le journal le Lithographe , 
public A Paris de 1837 A 1848. Plus tard, nn 
Anglais, M. Johnson, de. Kemington, essaya 
d'en tirer parti et se decida a publier, en 1872, 
le r6sulfat de ses travaux, r6sultat trop incom- 
jdet pour que ses precedes cussenl. une appli- 
cation serieuse. C'est alors que commenc6rent 
les patientes recherches de M. Otto Radde, de 
Hambourg; elles durerent plusieurs annees, et 
ahoutirent en On A la stenochromie. 

La stenochromie est une invention de toutes 
pieces. Pourun genre aussi en dehors des don- 
nees actuelles, il a fallu tout creer, materiaux 
et ontillage, et la grande simplicity dans le 
travail A laquelle est arriv6 M. Otto Radde in- 
dique la somme considerable de , recherches 
auxquelles il a do se livrer. 



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CHftONlQUE. 



Dans Limpression chromo, chaque couleur 
exige une planche speciale, une impression 
distincte ; les tons s'obtiennent suivant les com- 
binaisons de l'artiste, par les superpositions de 
ces couleurs. Un chromo necessite done l'6ta- 
blissement d'un grand nombre de planches, 
dont la plus simple exige toujours, de la part 
de celui qui la fait, du talent et une grande 
pratique. Le tirage n 'off re pas moins de diffi- 
cultos. Le j)apier, d'exccllente qualit6, est d'a- 
bord soumis a Taction de puissants laminoirs 
qui le glacent autant qu'il est possible de lc 
faire : plus il y a de planches et plusil faut y 
veiller, jionr eviter les dilatations ou les con- 
tractions qui nuiraient au reperage des cou- 
leurs, car sans rep6rage parfait il n'y a pas de 
chromo. Lorsque le tirage de la premiere plan- 
che est fait, on ne peut commencer le tirage 
de la seconde qu'autant que Fimpression a at- 
teint le degr6 voulu de siccite. II faut ajouler 
a ces inconv£nients celui non moins grand de 
trouver de bons ouvriers imprimeurs, sachant 
l>ien preparer les tons et conduire reguliere- 
menl une impression en couleurs, et ce n'est 
pas la moindrc difficulte. 

Pour ('impression st/mochromique, il n'y a 
plus qu'unc planche, sorle de mosaique repre- 
sentant exactenient le tableau, Taqnarelle, la 
gouache ou la tenf.ure a reprodnirc; la matiere 
dont eel to planche est compose*! est fusible et 
soluble dans les essences, et e'est la ce qui en 
perm el 1'iinpression. 

La planche, placee sur le plateau d'une 
presse speciale, est. recouverte d'une fine mous- 
se! ine, chargee de la protegcr contre tout frot- 
tement. Une feuille de papier sans colic est 
imbibeed'essence de terebenthine, margee, re- 
couverte d'une feuille de zinc, et tin chariot 
portanl plusienrs cylindres, dont le role est de 
donner la pression voulue, passe sur le tout. 
L'effet de cetle pression lenle est de faire com- 
pletemcnt adherer la feuille a imprimer a la 
mousseline, I'essence dissout une conchc tres- 
I6gere de la mosaique, et la capillarite fait le 
reste. On sort la feuille imprimee avec la plus, 
grande nettetc el eomplolement traversoe par 
la couleur. Ainsi oblenue, l'impression est tout 
a fait inalterable. 

On conceit quo la plus grande difficulte qu'a 
du avoir a surmonter M. Hadde reside dans la 
composition et la fabrication de ses blocs do 
mosaique. f/cst, en effet, ce qui a retardo de 
plusienrs annees la misc au jour de son inven- 
tion. A ce point de vue, son atelier de composi- 
tion de lavenue de rObservatoire est tout ce 
qu'il y a de plus interessant a visiter. 

Dans une vaste salle du rez-de-chaussee, des 
tables sont disposees devant les fenetres, et, a 
chaque table, travailie une jeune fillc. Lhacune 
a devant elle le chAssis dans lequel elle compose 



la mosaique; a droitc , des fourneaux a. gaz et 
une s6rie de capsules, a gauche, une v6ritable 
palette de peintre, ou les couleurs sont rempla- 
cees par des blocs de composition ayant les dif- 
ferents tons des peintures a reproduire. Le 
modele est sous ses yeux, et un caique fidele, 
sur feuille de gelatine, est assujetti a Tun des 
cotes du chassis ou elle va disposer les cou- 
leurs. A l'aide de ce caique, la coloriste d61i- 
mite a peu pres, par des cales en hois ou en 
carton, un des tons du modele, fait fondre la 
couleur necessaire, la coule et attend quclques 
instants que la matiere soit solidifiee, puis elle 
abat le caique, delimite les contours, et, avec 
une lame mince, mont6e comme les scies a de- 
couper, enleve bien perpendiculairement toute 
la couleur qui depasse le trace. 

L'epaisseur des planches st6nochromiques 
est etablie suivant le nombre des tirages 
qu'elles doivent produire ; de hauteur ordi- 
naire, ellespenvent suffire a 1,500 exemplaires. 
Ici, l'impression chromo aurait l'avantage sur 
la stenochromie, si la facility d'etablir les plan- 
ches de mosaique ne permettait a cette der- 
niere de remplacer a bon eomptc celles epui- 
sees. 

Nous ajouterons que la stenochromie n'exclut 
pas la chromolithographie; au contraire, elle 
y a recours pour les belles reproductions artis- 
tiques. La lithographic vient alors terminer 
reflet et attenuer ce que pourrait presenter de 
dur a \\va\ la juxtaposition de tons trop crus. 
Dans ce cas, la stenochromie fait V&bauche 
finie, et la chromolithographie terminc. 

Suivant le sujet, une ou deux impressions 
lithograph